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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 juin 2020 26 min

Logement, transports, terrasses, sécurité... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Anne Hidalgo, vous avez participé hier soir au grand débat diffusé sur France Info et France 3 Paris Île-de-France et francebleu.fr. Comment vous l'avez vécu ce débat ? On a senti une certaine tension sur le plateau.

0:17
Anne Hidalgo

D'abord c'est toujours un peu éprouvant un débat, moi je suis toujours quand même à la fois stressée parce que c'est un exercice important. Ce qui est difficile dans ce type de débat c'est vraiment de parler du fond, de ne pas se laisser entraîner dans les approximations, les caricatures. Et c'est toujours un peu complexe, je ne sais pas si les parisiens sont sortis de là en connaissant mieux les propositions des unes et des autres, je l'espère. C'est nécessaire pour la démocratie mais c'est vrai que je regrette souvent que la mauvaise foi, la caricature fasse à ce point partie du jeu. Et c'était le cas hier soir d'après vous ?

Oui bien sûr c'était le cas, vous savez j'ai suivi beaucoup d'attaques et je n'ai pas répondu à tout mais quand même il y avait des mensonges éhontés. Je pense notamment à Rachida Dati qui manie cet art parce qu'elle le manie avec grand art.

1:15
Présentateur

Et sur quel sujet en particulier ?

1:17
Anne Hidalgo

Il y a toujours beaucoup de sujets, vous savez, beaucoup d'approximations sur ce que l'on fait, sur une méconnaissance souvent d'ailleurs des sujets, l'une comme l'autre, qui vous expliquent qu'il faudrait faire du logement pour les classes moyennes en oubliant ce qui est fait et ce qu'on fait et en ne reconnaissant pas avec honnêteté au moins ce qui est fait. Je pense que le débat politique mérite quand même d'abord le respect des personnes, moi j'ai été assez effarée de voir cette passe d'armes entre elles. On peut faire de la politique en faisant ses propositions mais il faut être respectueux de ses adversaires. J'ai trouvé que c'était quand même ces passes d'armes assez étranges.

D'autant plus étranges qu'en fait elles se partagent quand même la même tête de liste dans le cinquième arrondissement. Donc j'avais envie de leur dire mais finalement, dans le cinquième arrondissement, il se passe quoi là ? Elle s'accusait l'une et l'autre d'être la candidate soit des Le Pen, soit une candidate homophobe. Regardez sur la liste de Madame Berthoud et vous aurez du mal à vous y retrouver.

2:19
Invité

Renaud Deli. Ça veut dire Agnelco que vous avez le sentiment pour ce second tour de vous retrouver un peu seule face à deux candidates à vos yeux jumelles en quelque sorte ?

2:28
Anne Hidalgo

Non, je ne vais pas du tout commenter parce que moi ce qui m'importe c'est quand même de m'adresser aux Parisiens en leur disant voilà dans quelle situation on est. La crise du Covid a d'ailleurs changé beaucoup de choses. Nous avons avec David Béliard fait un manifeste avec des propositions en réactualisant nos propositions. Je pense que les Parisiens comme les Français d'ailleurs sortent de cette période avec à la fois de l'inquiétude et de l'envie de reprendre une nouvelle vie dont on sait qu'elle ne va pas être exactement comme avant. Donc ce que j'ai envie de porter dans cette fin de campagne c'est ce projet. Vers quoi on va ? Vers quelle société ? Vers quel monde on va ?

Parce qu'il va falloir accomplir des changements radicaux.

3:09
Invité

Justement, venons-en à ces conséquences de l'épidémie sur la vie des Parisiens. Beaucoup de Parisiens ont eu du mal à vivre ces deux mois de confinement évidemment souvent dans des appartements assez petits. Et on a un phénomène qui n'est pas né avec l'épidémie puisque déjà plus de 10 000 Parisiens quittent la capitale chaque année. Mais on a un phénomène, on voit que de plus en plus de Parisiens envisagent de quitter Paris pour aller s'installer au vert en quelque sorte. Est-ce que c'est un phénomène qui vous inquiète de voir Paris se vider ? Et est-ce que vous voulez garder à tout prix les habitants dans la ville ?

3:40
Anne Hidalgo

D'abord Paris ne se vide pas. Le phénomène auquel vous faites référence c'est une variation de 10 000 habitants par an qui est une variation tout à fait saisonnière.

3:50
Invité

60 000 pendant votre mandat là ? 60 000 départs ?

3:53
Anne Hidalgo

Oui mais pas que pendant mon mandat d'ailleurs depuis 2011. Mais c'est un élément qui fait partie de ce qu'on appelle la dédensification de la ville. Nous avons construit du logement, du logement social mais nous avons aussi desserré. Vous savez on a fait tout un plan très important. Donc c'est plutôt une bonne chose que les Parisiens s'en aillent ? Non, pas que les Parisiens s'en aillent mais de dédensifier. Donc vous savez on a deux phénomènes dans cette dédensification. On a fait de la résorption d'habitants salubres et donc ça, ça veut dire quoi ? On a réparé, refait des logements mais en les agrandissant. Donc forcément ça veut dire moins de monde dans ces mêmes appartements.

Et le deuxième élément aussi que l'on a observé ces dernières années, c'est des phénomènes comme Airbnb qui sont venus prendre beaucoup de logements aux Parisiens sur le marché locatif et qui ont rendu les choses plus difficiles. Donc c'est un phénomène. Évidemment qu'une ville elle doit être attractive. Paris est très attractif, ça parmi les mensonges d'hier. Franchement, quand on veut être maire de Paris, on ne parle pas de sa ville avec autant de dénigrement. Ça n'est pas possible. Mais il y a quand même un constat qui doit être fait. Paris est une ville très attractive. Je le redis bien sûr, il y a la crise du coronavirus.

5:11
Invité

Pourquoi cet exil ?

5:12
Anne Hidalgo

Ce n'est pas de l'exil, je réfute ce mot-là. D'ailleurs ce sont des variations. Paris a toujours été une ville dans laquelle certains viennent, s'installent durablement et d'autres viennent et repartent. C'est une ville. Pourquoi il y a autant de locataires ? Parce que justement c'est une ville aussi qui est une ville où on vient, on repart, on fait une partie de sa ville et on repart. Il y a quand même 10 000 personnes qui partent chaque année. Et ça c'est dans l'histoire de Paris. 10 000 personnes qui partent chaque année, ça fait partie de ces variations saisonnières. Et les prévisions d'ailleurs de l'INSEE montrent que ça va réaugmenter à partir de 2024-2025.

Donc on n'est pas du tout dans une fuite de Paris. Écoutez, franchement, quand j'ai été élue maire en 2014, on me disait Paris se meurt, Paris est en train de devenir une ville musée, l'attractivité est là. Croyez qu'on a gagné les Jeux olympiques et paralympiques comment ? Mais est-ce que la sociologie de Paris ne change pas ? En étant une ville que Madame Dati, quand même, quand Madame Dati nous parle des berges de Seine en expliquant que ce sont des latrines à ciel ouvert, mais à quel Parisien ça parle ? Est-ce que vous constatez tout de même un changement dans la sociologie à Paris ?

6:22
Présentateur

Est-ce que Paris est en train de se bourgeoiser, de devenir une ville de super riches ?

6:25
Anne Hidalgo

Non, pas du tout. Paris compte 80% de classes moyennes et de catégories populaires. Et c'est lié à quelque chose de très précis, c'est lié à notre politique du logement. Nous avons fait depuis 2001 et vraiment réaccru à partir de 2014, du logement, du logement pour les classes moyennes, du logement social. Et donc nous avons un parc social à Paris qui est, nous avons 22,5% de la population qui est dans le parc social à Paris, ce qui pour une très grande capitale comme la nôtre est assez exceptionnel. Et un parc social en bon état puisque vous avez été attaqué là-dessus par Rachida Dati. Et un parc social que nous avons rénové là aussi.

Vous pouvez aller vérifier, d'ailleurs toutes les données sont en open data à la ville de Paris. Mais nous avons engagé un plan de rénovation. Alors bien sûr, ça ne se fait pas en un jour. Bien sûr, il y a des logements. Je pense à ceux qui ont été ce qu'on appelle les HBM, les immeubles en briques rouges qui ont été construits dans les années 50 et puis tout le parc des années 60-70 n'a pas été fait de façon durable. C'est très énergivore. Donc bien sûr qu'il y a beaucoup de travail encore de rénovation. Mais nous l'avons fait, nous l'avons engagé. D'ailleurs, pas simplement dans le parc social, aussi avec beaucoup de copropriétés privées.

7:45
Présentateur

Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate à votre réélection. Vous restez avec nous. On va parler dans un instant de votre projet pour le périphérique, notamment juste après l'info à 8h40 avec Stéphane Milhomme.

7:55
Invité

C'est très important que les enfants retrouvent l'école. Le crédo de Jean-Michel Blanquer sur France Info. Avant lundi prochain, le ministre de l'Éducation promet des conditions d'accueil plus souples, plus besoin de faire respecter le mètre de distance entre deux enfants en maternelle. En primaire, cela devient une simple recommandation. Et si ce n'est pas possible au collège, dit-il, les enfants devront porter un masque. Un plan massif de départ volontaire attendu chez Air France. La compagnie aérienne entend, selon les syndicats, supprimer 8 000 à 10 000 postes d'ici deux ans. Sur France Inter, Bruno Le Maire ne confirme pas ces chiffres.

Mais oui, il y aura des ajustements nécessaires pour sauver la compagnie aérienne. Il ne veut pas de départ contraint. La SNCF lourdement endettée, 5 milliards d'euros. Le ministre de l'Économie fera le point cette fois et cet après-midi avec le PDG Jean-Pierre Farandou. Et puis, c'est bien le 27 septembre que débutera le tournoi Roland-Garros. C'est jusqu'au 11 octobre. Reste à attendre l'évolution de la situation sanitaire pour l'accueil du public. La Fédération française de tennis écarte absolument l'hypothèse de jouer les matchs à huis clos. France Info. Et tout est plus clair.

8:58
Présentateur

Anne Hidalgo, la maire de Paris, est candidate à un second mandat et l'invité du 830 de France Info. Vous avez publié il y a deux jours maintenant seulement un sort de programme commun avec Europe Écologie L'Hiver. Un manifeste. Un manifeste qui vous a rejoint entre les deux tours. et notamment, vous vous engagez à faire de Paris une zone 30 dans toute la ville et à transformer le boulevard périphérique en boulevard urbain, limitation à 50 km heure et même dans un second temps, des passages piétons et des pistes cyclables. Est-ce que tout ça est réaliste ? Bien sûr.

9:29
Anne Hidalgo

D'abord, on a fait un travail au Conseil de Paris avant même ce manifeste avec tous les élus de tous bords différents. D'ailleurs, c'était un élu de l'opposition, aujourd'hui tête de liste de Mme Buzyn dans le 14e arrondissement, Éric Azière, qui présidait cette commission qui a abouti à un projet dans lequel il y a les 50 km heure dans lequel il y a la transformation du périphérique en boulevard urbain avec notamment une première échéance avant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 puis une deuxième échéance après. Et tout ça a été voté à l'unanimité. Donc oui, dans ce manifeste...

10:04
Présentateur

Et ça ne figurait pas dans votre programme avant le ralliement d'Éric Béliard ?

10:07
Anne Hidalgo

Dans le programme, on n'était pas allé dans ce détail mais bien sûr que tout ce travail sur la transformation du périphérique figurait déjà et d'ailleurs, on ne le fait pas tout seul puisque nous avons mis en place un atelier du périphérique avec tous les maires et donc c'est quelque chose que nous partageons.

10:21
Invité

Concrètement, qu'est-ce que c'est le périphérique transformé en boulevard urbain ? Ça veut dire quoi ? Des feux rouges ? Des passages piétons ?

10:26
Anne Hidalgo

Ça veut dire un endroit plus apaisé. Ça veut dire pas une autoroute urbaine. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas arriver... Moins de voies ? Moins de voies, ça veut dire par exemple... Ça c'est un point très consensuel sur lequel tous les élus d'ailleurs de tous bords se sont entendus. Avoir une file pour le covoiturage, les véhicules propres, pour les transports en commun, les taxis. Avoir aussi cette idée d'une voie cyclable. Des plantations d'arbres aussi, des plantations d'arbres sur les abords du périphérique. Ce sont des éléments qui ont été beaucoup étudiés. Ça deviendra les maréchaux en fait.

Et une sorte de maréchaux parce que c'est vrai que, en fait, le périphérique joue un rôle important dans la mobilité de la métropole, évidemment. Et l'idée n'est pas d'intervenir brutalement. Mais le périphérique... Le périphérique, à 2024, première échéance...

11:20
Présentateur

A 2024, il y aura les arbres, la piste cyclable et...

11:23
Anne Hidalgo

Il n'y aura pas tout, évidemment, parce que les arbres, ça pousse et ça prend du temps pour pousser. J'espère que vous n'avez pas planté des graines et attendre que... Non, non, on a déjà commencé à planter beaucoup d'arbres autour du périphérique. Mais 2024, il y aura déjà une première avancée avec, je pense... Des feaux et des voies de bus. En tous les cas, une voie qui soit réservée aux taxis, aux véhicules propres, aux transports en commun et peut-être plus encore. Ensuite, bien sûr, vous savez, ce périphérique crée aussi une barrière urbaine, une frontière urbaine entre Paris et ses voisins. Entre Paris et le Grand Paris.

Et donc, il y a tout ce travail avec les maires des communes limitrophes et même plus éloignées pour lisser, pour faire des passages. Il y a des endroits où on a recouvert le périphérique. Je pense à la porte des Lilas, je pense à la porte de Vembes. Et on voit bien qu'on a créé des espaces à la fois de respiration pour les habitants, mais aussi de rencontres pour les habitants des deux côtés.

12:21
Présentateur

Les périphériques, ils relient aussi des banlieues de l'Est et de l'Ouest, du Nord et du Sud. Vous n'avez pas peur de couper le lien entre ces banlieues ?

12:30
Anne Hidalgo

Absolument pas. Parce que les Franciliens passent par le périphérique. Il faut qu'on se projette dans le monde qui vient. Parce qu'on ne peut pas faire à chaque fois comme si les alertes sur le changement climatique, sur la pollution, n'étaient que de petites alertes. Donc, il faut se projeter. Et dans cette projection, qui est la mienne, qui est la nôtre, il y a d'abord miser sur les transports en commun. Faire en sorte qu'il y ait du confort pour les personnes. L'immense majorité des Franciliens utilisent les transports en commun. Ensuite, offrir des alternatives. Des alternatives notamment avec ce qu'on appelle les circulations douces. Les vélos, évidemment, les vélos.

Et vous avez vu comment, à Paris, mais aussi autour de nous, les fameuses coronapistes ont fleuri et deviennent une réponse, une vraie réponse. Et vous les maintiendrez.

13:18
Invité

Justement, en Hidalgo, vous avez annoncé que vous les maintiendrez, ces fameuses coronapistes. 50 km de pistes temporaires que vous aviez installées par le gouvernement. Et dans le manifeste, justement, Paris en commun, que vous co-signez avec vos alliés écologistes, vous écrivez d'ailleurs dans ce manifeste, les pistes cyclables temporaires ne sont que les prémices de cette ville 100% vélo que nous construirons. C'est quoi une ville 100% vélo ?

13:39
Anne Hidalgo

Tout le monde à vélo ? Non, ce n'est pas tout le monde à vélo parce que beaucoup de personnes ne pourront pas le faire. Et puis, c'est un choix. Mais quand même, quand vous voyez ce qui s'est passé ces dernières années, nous avons fait des pistes sécurisées, ces fameuses pistes bidirectionnelles. Il y a eu, au moment notamment des grèves de l'année dernière, une utilisation du vélo comme alternative à la grève des transports.

14:03
Invité

Mais là, vous écrivez que vous voulez construire une ville 100% vélo.

14:05
Anne Hidalgo

Oui, parce qu'aujourd'hui, vous savez, d'abord, il faut qu'on puisse rouler à vélo partout, dans toutes les rues de Paris, sans se sentir en danger. C'est ça, le 100% vélo. Ça ne veut pas dire que 100% des Parisiens vont faire du vélo. Mais quand vous regardez l'augmentation de la pratique du vélo, d'ailleurs, à tout âge, c'est devenu quelque chose qui s'impose comme un moyen de transport, y compris pour les trajets de domicile-travail. Pourquoi ? Parce qu'il y a les infrastructures. En fait, le vélo arrive quand il y a les infrastructures sécurisées, ce que nous avons fait, et on va aller plus loin.

14:38
Invité

Si vous projetez justement à terme, votre rêve, c'est une ville sans voiture, c'est ça ?

14:43
Anne Hidalgo

C'est une ville avec très peu de voitures, c'est-à-dire évidemment une ville dans laquelle seuls ceux qui ne peuvent pas se passer d'un véhicule personnel utilisent leur véhicule personnel. Et tous les autres ont des propositions alternatives. Transport en commun, ce qui est quand même l'essentiel, mais aussi vélo, mais aussi voiture en autopartage.

15:02
Invité

Mais on peut vivre dans Paris parfaitement sans voiture, bien sûr, à Inago, mais pour sortir ou pour y entrer, parfois, la voiture, c'est-à-dire ? Est-ce que c'est un peu une ville confinée ? Pas du tout. Où effectivement on fait tout à pied, un quart d'heure, on fait du vélo ?

15:13
Anne Hidalgo

On a beaucoup de possibilités. D'ailleurs, vous savez, Autolib a existé pendant quelque temps, ça n'a pas été sur le plan économique quelque chose d'intéressant, ni pour l'opérateur Bolloré, ni pour la ville.

15:29
Invité

Et la gestion de la ville d'Autolib a été critiquée par vos adversaires ?

15:32
Anne Hidalgo

Non, ce n'est pas Paris qui gérait Autolib, mais en tous les cas, j'ai pris la décision, et j'ai bien fait, parce que ça préservait les intérêts des Parisiens, d'arrêter ce système-là et d'en mettre en place un autre. Et d'en mettre en place un autre. Puisque aujourd'hui, si vous allez, vous avez Car2Go, Free2Move, vous avez plusieurs opérateurs. Mais on ne s'y perd pas un peu ? Pas du tout, il suffit. Vous savez, les vrais utilisateurs, ceux qui en ont besoin, ils ont leurs applications sur leur téléphone, j'en fais partie, et on les utilise assez facilement.

Et vous avez notamment des possibilités, y compris de louer des véhicules électriques, ou pas électriques, mais des véhicules hybrides, mais surtout électriques, pour aller même sur des locations de moyenne longue durée, qui sont très bien, qui vous permettent de partir en week-end, sans problème, de quitter Paris si vous en avez besoin. Donc, il y a toutes ces possibilités-là. Vous savez ce qu'on est en train de faire, en fait ? C'est quand même de sortir de cette dépendance à la voiture individuelle, qui coûte cher, qui coûte cher à ceux qui en ont une, mais qui coûte cher en termes de pollution, qui coûte cher en termes de sécurité routière.

Et nous allons vers une liberté, qui est de dire, au moment où je dois me déplacer, je choisis mon mode de déplacement, parce que j'ai une palette de déplacement suffisamment... Mais ce que disent vos adversaires, c'est que justement,

16:47
Présentateur

vous ne laissez pas le choix aux habitants de Paris, qui doivent abandonner la voiture.

16:51
Anne Hidalgo

Ils disent beaucoup de choses qui sont fausses. S'ils pensent que le modèle de la ville de demain, c'est celui des années 60, avec une ville qui s'adapte à la voiture, je leur laisse ce modèle-là. Ce n'est pas du tout le mien. Et au moins, une élection municipale, ça présente la clarté de choisir l'orientation qui est la nôtre. Donc les parisiens ont le choix, mais ils sont quand même fortement accompagnés vers le vélo. Et ils sont souvent très heureux. Et ils me le disent, vous savez. Et les franciliens aussi. Mais vous savez, les franciliens, ils viennent à Paris en transport en commun. Ils viennent à Paris en transport en commun.

Le mythe de la personne qui serait de catégorie sociale, pas très élevée, pas beaucoup de revenus, et qui serait entravée par la politique parisienne, c'est un mythe. Vous savez, ceux qui viennent à Paris... Ça n'existe pas, c'est un mythe. C'est pas ça. C'est que ceux qui viennent à Paris en voiture, venant notamment de l'île de France, ou qui traversent Paris, c'est plutôt des CSP+, et des hommes en majorité, seuls dans leur voiture. Donc non, l'autosolisme et l'égoïsme, il faut aller vers un autre modèle. On continue de parler transport et on continue de parler... Je termine juste un instant.

On ne peut pas se dire qu'il faut aller vers une société, celle qui vient, celle qu'on doit construire pour nos enfants, doit être plus écologique et plus solidaire, et en même temps s'accrocher comme ça à des espèces de totems du passé. Non, l'avenir de Paris n'est pas dans la voiture individuelle.

18:25
Présentateur

Anne Hidalgo, maire de Paris, candidate à sa réélection, invitée de France Info ce matin. On continue de discuter notamment de votre réponse face à la crise du coronavirus, juste après un coup d'œil sur le fil.

18:34
Invité

Le gouvernement ne veut pas de départ contraint. Chez Air France, réaction du ministre de l'économie, Bruno Le Maire, sur France Inter. Il réagit à cette annonce des syndicats de la compagnie aérienne. Air France entend supprimer plus de 15% de ses effectifs d'ici 2022. Cela représente 8 000 à 10 000 postes. Plus souples les conditions d'accueil des élèves de la maternelle au collège. Le ministre de l'éducation donne des détails sur France Info avant la rentrée des classes de lundi. Plus besoin de faire respecter le maître de distance, par exemple, entre deux enfants à la maternelle.

Pour Jean-Michel Blanquer, il est surtout important qu'il y ait le plus d'élèves possibles qui reviennent à partir de lundi. L'infirmière interpellée avant-hier lors de manifestations de soignants convoqués en correctionnel fin septembre. Elle est poursuivie pour outrage et rébellion, violence aux policiers. À la fin du rassemblement aux Invalides, elle venait de jeter des pierres sur les agents. Pendant sa garde à vue, elle a expliqué qu'elle avait craqué. Et puis au Mont-Valérien, près de Paris. Puis à Londres, invité par le gouvernement britannique, Emmanuel Macron commémore aujourd'hui l'appel du 18 juin 1940, lancé par le général de Gaulle. France Info. Et tout est plus clair.

19:42
Présentateur

Anne Hidalgo, la maire de Paris, candidate à un second mandat et l'invité du 830 de France Info face à la crise économique qui est née de la crise du coronavirus. Vous avez déjà mis 200 millions d'euros sur la table à la mairie de Paris, notamment en exonération de charges et de loyers pour les commerçants. Hier soir, pendant le grand débat, une de vos adversaires, Agnès Buzyn, a eu cette proposition. Elle, elle veut que les commerçants puissent ouvrir plus tard leur commerce.

20:08
Invité

L'extension des horaires, elle ne coûte pas à la ville. Elle permet à tous ceux qui veulent travailler plus de pouvoir récupérer du chiffre d'affaires le soir ou le week-end. Ce n'est pas forcément jusqu'à minuit. Ça peut être 22 heures.

20:20
Présentateur

Ouvrir les commerces jusqu'à 22 heures, est-ce que c'est une bonne idée ?

20:23
Anne Hidalgo

Écoutez, d'abord, il faudrait que les commerces ne ferment pas parce qu'il va y avoir des faillites nombreuses. D'où votre plan de... Oui, il faut des propositions efficaces, immédiates, correspondant... Elle propose la même chose, Agnès Buzyn, les exonérations de charges

20:37
Présentateur

pendant un an.

20:38
Anne Hidalgo

Il faut être pragmatique et regarder la situation telle qu'elle est aujourd'hui. De quoi ont besoin les entreprises parisiennes et franciliennes ? Je pense aux restaurateurs, je pense à toutes ces entreprises dans le domaine culturel aussi. Elles ont besoin d'abord qu'on les aide, qu'on leur permette de passer le cap pour ne pas fermer le rideau. Voilà. Ça, c'est la première chose. Ensuite, faire en sorte que les clients reviennent, que les spectateurs reviennent dans les salles de spectacle. Et donc, il va falloir les accompagner. Et donc, nous avons mis en place un plan de soutien. D'ailleurs, qui a été un plan décidé très rapidement et avec, je pense, beaucoup d'agilité. Le 18 mai.

Le 18 mai. Nous avons voté ce plan pendant le confinement avec l'ensemble des conseillers de Paris. Mais le fait de dire aux restaurateurs, vous allez pouvoir vous étendre sur l'espace public gratuitement et vous n'aurez qu'à faire une déclaration et bien sûr, respecter une charte un certain nombre de règles du jeu. Ça a été quelque chose. Nous avons plus de 6 000. Alors ça, c'est jusqu'au 30 septembre. Beaucoup d'entre eux me disent on aimerait bien continuer. Donc, je leur dis écoutez, si vous respectez bien la charte, si ça ne fait pas de bruit, parce qu'évidemment, il y a les nuisances sonores, le soir, si vous démontez bien la terrasse à 22 heures. Donc, s'ils jouent le jeu,

22:01
Présentateur

vous pourrez prolonger.

22:01
Anne Hidalgo

Voilà, s'ils jouent le jeu, on pourra prolonger. En tous les cas, moi, je trouve que ces images-là de Paris, en plus, je veux leur dire aux restaurateurs qu'ils ont fait des choses très très jolies. Ils ont, avec beaucoup de goût, souvent, installé des terrasses qui ajoutent quelque chose de très beau. Et parfois, sur la place de parking, et ça tombe bien, vous voulez en supprimer la moitié. Et sur les places de parking que nous voulons en partie supprimer, parce qu'effectivement, le règne de la voiture, ce n'est plus tout à fait le projet que nous avons pour Paris.

22:29
Présentateur

Mais juste pour que ce soit bien clair, pour vous, ouvrir les commerces plus tard, jusqu'à 22h, par exemple, ça n'est pas...

22:36
Anne Hidalgo

D'abord, ça n'a pas de sens aujourd'hui. Vous le voyez bien. Et puis, par ailleurs, on a vu aussi, quand même, qu'il y avait toute une catégorie de femmes et d'hommes qui travaillaient dans le commerce, qui ont été une première ligne qui a été maintenue pendant le Covid et qui a été très courageuse parce qu'elle a permis l'ouverture des magasins, notamment alimentaires. Il y a un moment, il faut quand même qu'on revienne à quelque chose d'un peu raisonnable, respectueux des droits des salariés, des droits humains. Je ne suis pas sûre que la ville, devenant un grand marché 24h sur 24, soit le modèle auquel les Parisiens aspirent.

Donc, et puis, ce n'est pas très sérieux de proposer ça, alors que le sujet, c'est que les commerces ne ferment pas rideaux.

23:24
Invité

vous publiez donc à Nidalgo ce manifeste pour pari en commun que vous co-signez avec vos alliés écologistes, avec David Béliard. Il y a 34 pages, c'est extrêmement riche, dense. Il n'y a pas une ligne sur les questions de sécurité ?

23:37
Anne Hidalgo

C'est un manifeste que nous avons voulu être une interprétation de ce qui s'est passé pendant la crise du Covid et de ce que nous voulons affirmer et confirmer. Donc, il y a beaucoup de choses sur l'écologie. Il y a beaucoup de choses sur le soutien à l'économie, sur le soutien à la culture, sur la jeunesse, parce que mettre en place un plan avec des emplois pour les jeunes, des contrats d'apprentissage ou des services civiques, c'est important. Mais donc, il n'y a rien sur la sécurité ? Et je n'y reviens sur la sécurité, ce n'est pas le sujet numéro un qui est sorti de cette question du Covid. Mais c'est un vrai problème, je vais y revenir.

24:15
Invité

Ce n'est pas que les écologistes n'ont pas voulu co-signer vos propositions en la matière ?

24:18
Anne Hidalgo

Oh non, vous savez, moi je suis très claire là-dessus. Ma position, c'est que Paris a besoin d'une police municipale. J'espère vraiment que cette police municipale verra le jour. On le voit dans toutes les villes de France.

24:29
Invité

Vous avez convaincu David Béliard qui était hostile à cette police municipale ?

24:32
Anne Hidalgo

Écoutez, voilà, on gouverne ensemble et on n'est pas d'accord à 100%, mais on se respecte. Et j'ai porté, je porte cette idée qui est d'ailleurs approuvée par la grande majorité des Parisiens. La police nationale, aujourd'hui, on le voit, est confrontée d'abord à un manque d'effectifs qui est latent dans toutes les villes de France. J'en parle beaucoup avec mes collègues maires. Hier, j'étais au téléphone avec François Rebsamen. Rebsamen. Une police municipale non armée d'armes létales, ce qui est le cas de quasiment toutes les polices municipales de France, qui a des armes qui permettent des interpellations, des menottes, etc.

Mais comme dans toutes les polices municipales de France, vous savez, il y a très peu de polices municipales en France qui ont opté pour des armes létales. Elle se distingue de la police nationale. Elle permettra d'ailleurs à la police nationale peut-être... de se recentrer sur ces missions premières. Il y a des sujets aujourd'hui que la police... Je veux juste dire un mot parce que vraiment ça bousille la vie de plein de gens. C'est quand même la question du trafic des stupéfiants. Là, on n'en peut plus. On n'en peut plus dans les quartiers du nord-est parisien où il y a des trafics de crack et autres types de trafics.

Je demande vraiment au préfet de police, au ministre de l'Intérieur de faire en sorte que cette situation soit améliorée. Ça relève de la police nationale parce que la lutte contre les stupéfiants ne sera jamais de compétence de police municipale.

25:59
Présentateur

Anne Hidalgo, merci beaucoup. Merci à vous. Maire de Paris, candidate à votre réélection d'avoir été ce matin l'invité du 830 de France Info.

26:05
Anne Hidalgo

Merci beaucoup.