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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 janvier 2024 23 min

Casting gouvernemental, inflation, prix de l'électricité... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel.

0:05
Fabien Roussel

Bonjour à vous et bonne année, bonne santé, ainsi qu'à tous vos auditeurs.

0:09
Présentateur

Merci à vous. Depuis l'annonce de la nomination de Gabriel Attal à Matignon, les principales critiques viennent de la gauche et pourtant, si on regarde son parcours à Gabriel Attal, il vient plutôt de la gauche, de la social-démocratie, il a milité au Parti Socialiste, il a été au cabinet de Marisol Touraine, sous François Hollande. Bref, c'est quoi le problème ?

0:28
Fabien Roussel

Le problème, c'est que quand même, Gabriel Attal, il n'est pas vierge. Tout jeune qu'il est, il est ministre sous Macron depuis 6 ans, c'est-à-dire 2018, dès l'élection du président de la République. Et le bilan de ce gouvernement, dont il est comptable, il est catastrophique. D'un côté, on a une smicardisation de la France, on va en parler, c'est-à-dire des salaires qui sont extrêmement bas, une inflation qui est haute, un taux de pauvreté qui est de plus de 14% dans notre pays, et de l'autre, on a vu les fortunes des plus riches de France exploser.

Depuis que Gabriel Attal a été ministre, pour la première fois en 2018, les plus grandes fortunes de France, les 500 plus grandes fortunes de France, ont vu leur patrimoine passer de 500 milliards d'euros en 2018, 570 milliards d'euros en 2018, à 1170 milliards d'euros en 2023.

1:21
Présentateur

Ça, c'est la situation en transmission profil de Gabriel Attal.

1:24
Fabien Roussel

Ce que je veux dire, c'est que ce gouvernement, les gouvernements qui se sont succédés, auxquels a participé Gabriel Attal, comme ministre du budget, des comptes publics, comme porte-parole du gouvernement, comme ministre de l'éducation nationale, ont été des gouvernements qui ont appliqué des cures d'austérité au peuple, au monde du travail, aux services publics. Ils ont fait du mal à la France. Ils ont rabougri la France, qui est devenue une France des bas salaires et avec des services publics exsangues. Et je pense notamment à celui de l'éducation nationale et de la santé qui souffrent aujourd'hui.

Et c'est pour cela que je me fais très très peu d'illusions sur ce qu'il va mettre en œuvre. Mais, mais, j'attends quand même son discours de politique générale et j'attends qu'il apporte des réponses fortes à nos concitoyens sur le pouvoir d'achat, sur les salaires, sur les services publics. Sur le discours de politique générale.

2:14
Locuteur non identifié

Est-ce que vous allez demander, comme le demande la France insoumise, que ce discours de politique générale soit suivi d'un vote de confiance ?

2:22
Fabien Roussel

C'est la moindre des choses. Mais, d'ailleurs, si Gabriel Attal voulait innover et sortir de la com, parce qu'ils sont forts en com, très très forts en com, j'aimerais bien qu'ils prennent des engagements. Par exemple, essayer de construire une majorité solide sur la base d'un projet de proposition qu'il présenterait à l'Assemblée et aux Français.

2:42
Locuteur non identifié

Ça fait 20 mois que la majorité essaye au coup par coup.

2:46
Fabien Roussel

Oui, mais parce qu'ils essayent de répondre autant aux demandes de la droite et de l'extrême droite que de la gauche. Ça, ça ne marche pas. Ce sont des projets politiques différents pour la France. Et donc, moi, je lance un défi à Gabriel Attal. Je lui lance un défi. Par exemple, il pourrait dire lors de son discours de politique générale qu'il s'engage, devant l'Assemblée nationale, à ne plus utiliser le 49-3. Mais c'est impossible.

3:11
Locuteur non identifié

Vous le savez bien, il y a des budgets à voter et il n'y a pas une seule majorité relative.

3:16
Fabien Roussel

Alors, si c'est impossible, moi, je ne fais plus de politique. Enfin, la politique, c'est justement réussir à soulever des montagnes, à trouver des compromis dans le dialogue et à faire des choix politiques.

3:26
Locuteur non identifié

La politique, elle a ses règles aussi en France. Quand vous votez le budget, c'est que vous n'êtes pas dans l'opposition.

3:30
Fabien Roussel

Ou il fait un choix politique de construire un budget de la nation et de la sécurité sociale avec la droite et l'extrême droite. Et ils assument ce choix libéral. Et ils auront leur majorité. Ou il le fait avec la partie gauche de l'Assemblée nationale. Et il investit dans les retraites, dans les services publics, dans les salaires, dans le défi climatique. Et il trouvera une majorité à construire. Il n'aura pas besoin d'utiliser le 49-3.

3:54
Locuteur non identifié

Vous êtes d'accord avec Xavier Bertrand qui, ici même, à votre place hier, disait, ça aurait été beaucoup plus clair, qu'Emmanuel Macron nomme un Premier ministre clairement de droite. Pour construire une majorité. Peut-être.

4:05
Fabien Roussel

Moi, ce que j'ai toujours dit, c'est que peu importe le nom et la personne, c'est l'orientation politique qui est déterminante. Les Français souffrent. La vie quotidienne de nos concitoyens est de plus en plus difficile. Je vous parlais de ce taux de pauvreté qui augmente dans notre pays. Il y a aujourd'hui 2 millions de salariés pauvres dans notre pays. Des salariés pauvres. On va parler des salaires parce que c'est important, Fabien Roussel. Il y a des personnes qui vont au travail et qui dorment dans leur voiture. On les attendait. Mais Fabien Roussel. On ne peut pas faire de la politique.

On ne peut pas parler de gouvernement et de ce que l'on attend d'un gouvernement sans parler de ce qui se passe dans notre pays. Et nous avons des propositions à gauche. Nous, le Parti communiste français a des propositions. J'ai des propositions à proposer au gouvernement pour changer radicalement, éradiquer la pauvreté, répondre à la France du travail.

4:53
Présentateur

Pourquoi ne pas aller plus loin, Fabien Roussel ? Vous savez que le Premier ministre est en train d'élaborer son nouveau gouvernement. Il a multiplié les réunions avec le Président de la République. S'il décide de jouer l'ouverture à gauche et qu'il vous appelle, vous y allez, vous ?

5:06
Fabien Roussel

Mais encore une fois, je répondrai toujours à une demande qui va dans le sens de la défense de l'intérêt du pays, l'intérêt des travailleurs, l'intérêt de la nation. Ça veut dire que tout dépend du projet qui est mis sur la table. Les communistes ont participé à la reconstruction de la France en 1945 avec le général de Gaulle, qui n'était pas de notre orientation politique. Mais pourtant, il y avait l'intérêt de la nation et la nécessité de reconstruire ensemble le pays qui avait été dévasté, qui était en ruine au lendemain de la guerre. Et nous avons construit, bâti le programme des jours heureux et créé la sécurité sociale ensemble.

5:40
Présentateur

Donc vous pouvez discuter avec Gabriel Attal pour une entrée au gouvernement.

5:42
Fabien Roussel

Nous avons toujours été, nous, de ceux qui, disons, on juge sur pièce. Ce qui veut dire, très concrètement, que si aujourd'hui il y avait sur la table un programme qui met au cœur le progrès social, l'ambition collective pour le pays, répondre aux urgences sociales et aux défis climatiques en même temps, un gouvernement qui dit, oui, on va faire les investissements publics colossaux pour nos services publics, reconstruire la France du travail,

6:10
Locuteur non identifié

tirés par l'eau qui dit... Fabien Roussel, est-ce que vous êtes en train de rêver, Fabien Roussel ? Est-ce que la configuration de l'Assemblée nationale aujourd'hui permet ce que vous dites là ? Ça semble complètement impossible.

6:22
Fabien Roussel

Mais ne pensez-vous pas que l'État dans lequel est notre pays aujourd'hui, avec cette situation de pauvreté, avec cet appauvrissement des travailleurs, ne nécessite pas, au contraire, de voir grand, d'avoir une grande ambition dans le pays, d'ouvrir grand les bras et de dire, ensemble, on va reconstruire la France. C'est ce que je porte comme projet avec la France des jours heureux. C'est-à-dire de ne pas avancer avec des œillères, en ne parlant qu'à un camp, mais au contraire, en disant, nous avons des défis colossaux à relever.

Autant le défi climatique, regardez ce qui se passe dans le Pas-de-Calais, on va peut-être en dire un mot, le défi climatique qui nécessite des investissements publics énormes, mais aussi de mobiliser le capital privé. Le dépassement droite-gauche. Et de l'autre côté, des urgences sociales importantes. Comment voulez-vous, et là je vais répondre directement à votre question sur une participation au gouvernement, comment pouvez-vous imaginer, par exemple, qu'un communiste, qu'un dirigeant du Parti communiste français puisse participer à un gouvernement qui, par exemple, ne reviendrait pas sur la réforme à 64 ans, indérosée au monde du travail ?

Mais non, mais ça c'est très concret pour les Français. Parce que d'un seul côté, les Français souffrent de salaires qui n'augmentent pas alors que les factures augmentent, et de l'autre, on leur demande de travailler plus pour ne pas gagner plus. Et donc à un moment donné, ça coince. Et nous qui défendons le monde du travail et le progrès social, on ne pourrait pas participer à un gouvernement qui continuerait de demander aux Français « Allez, bosser, et vous ne gagnerez pas de plus, et faites des efforts. »

7:46
Présentateur

Mais Fabien Roussel, vous dites quand même, je vais lui laisser du temps à Gabriel Attal, je vais lui laisser faire ses preuves. C'est pas ce que dit la France insoumise, et ils disent, Mathilde Panot, elle dit...

7:53
Fabien Roussel

Oui, mais vous devez remarquer que je ne suis pas de la France insoumise.

7:54
Présentateur

Oui, elle dit motion de censure directement. Vous la voterez, cette motion de censure, si elle est déposée par la France insoumise ?

8:00
Fabien Roussel

Oui, mais vous devez remarquer que je ne suis pas de la France insoumise. Moi, j'attends de voir, je juge sur pièce, j'attends d'écouter le discours de politique générale, j'attends de savoir ce qu'il va dire. J'ai déjà interpellé le Premier ministre Gabriel Attal, que je connais, j'ai fait un débat avec lui à la fête de l'UMA sur la vie chère, le pouvoir d'achat. Donc on se connaît, on se pratique. Je lui ai demandé d'être reçu le 3 février prochain pour justement parler pouvoir d'achat et vie chère. S'il me reçoit avant, tant mieux. J'ai un tas de propositions à lui mettre sur la table. Et après, moi, je juge sur pièce. C'est lui, c'est le Premier ministre, c'est pas moi.

8:34
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.

8:39
Locuteur non identifié

Et le secrétaire général du Parti communiste, Fabien Roussel, est avec nous. L'inflation, on en parlait avant le fil info, l'inflation a enregistré un petit rebond en décembre dernier. On est à 3,7% sur un an, surtout à cause des prix de l'énergie. Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, dit que les produits dans l'alimentaire vont baisser pour certains, ce que confirment les distributeurs. Est-ce qu'on est, selon vous, sur la bonne voie ?

8:59
Fabien Roussel

Bruno Le Maire, il me fait penser à ma demi-heure main. On ne sait pas s'il n'a pas une boule chez lui à Bercy. Il y a des prévisionnistes quand même. Il s'appuie sur des choses sérieuses. La réalité, c'est qu'en 3 ans, l'inflation cumulée, elle s'élève à près de 20%. 18% disent l'ensemble des économistes. 18% d'augmentation de l'alimentation, des prix des factures d'énergie, etc. En revanche, les salaires n'ont pas évolué de la même manière. Hormis le SMIC qui est indexé sur l'inflation, qui a augmenté de 13... Mais 13% en 2 ans. Voilà, 13% en 2 ans. Tant mieux pour ceux qui sont au SMIC. Mais tous ceux qui sont juste au-dessus du SMIC n'ont rien vu.

N'ont rien vu comme augmentation, à part les entreprises vertueuses, qui ont fait le choix d'augmenter l'ensemble de leurs salariés.

9:44
Locuteur non identifié

Si on reprend les derniers chiffres disponibles, c'est quand même important. L'INSEE, le salaire moyen a augmenté de 5% sur un an au deuxième trimestre 2023,

9:51
Fabien Roussel

l'inflation de 5,2%. Oui, et bien moi, justement, entre les chiffres avancés par les uns et par le gouvernement, j'ai lancé une opération vérité sur les salaires, il y a quelques jours, et j'ai demandé aux Français, aux salariés, de nous envoyer sur une adresse mail, salaire, avec un S, arrobase pcf.fr, leurs fiches de paye, en masquant leur nom, bien sûr, et en indiquant leur ancienneté. En quelques heures, j'ai été ramené, j'ai reçu des dizaines de fiches de paye. C'est édifiant, édifiant, ce que l'on a. En plus, avec des témoignages. Mais si vous regardez les cas particuliers, là, on parle de chiffres avancés. Non, non, non, non, moi, je vous parle de la vie des gens.

Je vous parle de la vie des gens, et je demande au Premier ministre de se pencher sur ce que vivent nos concitoyens. Madame, ici, une dame qui travaille chez Jibo, une entreprise dans le privé, depuis 1989, 34 ans d'ancienneté, heureusement que ma fille de 27 ans vit avec moi et m'aide financièrement, fiche de paye, 34 ans d'ancienneté, 1661, 49. J'ai ici une aide-soignante à Grenoble dans l'Isère, une aide-soignante pour un diplômé d'État, salaire 1536,26. J'en ai tout plein de ce niveau-là. Je vous en donne une dernière.

Une dernière, parce que ça aussi, il faut l'entendre, une chercheuse en biologie en Bretagne, Bac plus 8, Bac plus 8, et avec 8 ans d'ancienneté, elle a un salaire net de 2798. On va dire que c'est haut, mais enfin, quand on dit à nos enfants, faites des études, il faut investir dans la recherche. Comment voulez-vous que les jeunes chercheurs n'aillent pas chercher du boulot à l'étranger quand ils sont payés 2 800 euros net dans notre pays ? Vous voulez quoi, Fabien Roussel ? Ce que je veux, et ce sont les propositions que je formule auprès du gouvernement, et j'ai déposé une proposition de loi en ce sens.

Je souhaite que l'on rétablisse en France l'échelle mobile des salaires, c'est-à-dire que l'ensemble des salaires soient indexés sur l'inflation. Tout le monde dit que l'inflation...

11:43
Présentateur

Ça fait des mois que la gauche la demande, et ça fait des mois que le gouvernement dit non.

11:46
Fabien Roussel

Eh bien, on continue. Eh bien, moi, je continue. C'est la raison pour laquelle la campagne pour le pouvoir d'achat et la hausse des salaires que les communistes, leurs élus, leurs parlementaires lancent depuis plusieurs mois, nous allons l'amplifier et nous donnons rendez-vous. Nous donnons rendez-vous le samedi 3 février à Matignon pour remettre l'ensemble de ces pétitions et remettre des milliers de fiches de paye. Donc, j'invite les travailleurs à nous les envoyer.

12:07
Présentateur

Attendez, vous donnez rendez-vous, mais le Premier ministre, il va vous recevoir ? Ou c'est vous qui voulez vous imposer ?

12:11
Fabien Roussel

J'espère qu'il va me recevoir quand même. À un moment donné, je suis quand même... Vous lui avez écrit, vous avez les choses dans l'ordre ? Bien sûr, je lui ai écrit, je lui ai demandé, et puis je lui propose une date. Je suis positif comme mec. Je lui propose même une date. Et avec des propositions concrètes. Indexer les salaires sur l'inflation, c'est la moindre des choses. La deuxième chose que nous demandons, c'est de pouvoir faire en sorte que les exonérations de cotisations qui sont aujourd'hui plafonnées jusqu'à 1,6 fois le SMIC provoquent une véritable trappe à bas salaire.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, plus de 60% des salariés sont en dessous de 1,6 fois le SMIC, dont une majorité de femmes. Une majorité de femmes qui sont dans des métiers essentiels et qui subissent cette trappe à bas salaire. C'est en plus une inégalité.

12:57
Présentateur

Ce que vous proposez, Fabien Roussel, vous savez qu'il y a des contre-arguments. Par exemple, l'indexation des salaires sur l'inflation, le gouvernement dit non, ça va conduire à une spirale inflationniste.

13:08
Fabien Roussel

Aujourd'hui, les salaires sont extrêmement bas et l'inflation est provoquée par les super dividendes que les grandes entreprises, l'industrie agroalimentaire, l'industrie verse à leurs actionnaires. Vous avez vu les chiffres ? Vous avez vu les chiffres des dividendes en 2023 ? 97 milliards d'euros. Quand Gabriel Attal est arrivé au gouvernement pour la première fois en 2018, les dividendes versés aux actionnaires, c'était 53 milliards d'euros. Ça a doublé ! Ça a doublé depuis qu'il est ministre, depuis que le président de la République... Mais en France, il n'y a pas que des multinationales,

13:41
Présentateur

il n'y a pas que des super entreprises, Fabien Roussel. Si vous dites à une PME, il va falloir augmenter les salaires.

13:46
Fabien Roussel

Mais les PME, je les rencontre tous les jours. Vous savez ce que me disent les patrons ? Vous savez ce que me disent les patrons quand je les reçois ? Je leur dis, fermez les yeux, je suis président de la République. Qu'est-ce que vous attendez d'un président de la République ? Voilà, je leur dis... Eh bien, les problèmes qu'ils me posent en priorité, ce n'est pas les cotisations sociales. Ils me disent l'énergie qui a été multipliée par 3, l'énergie qui a été multipliée par 3, les assurances qui ont été multipliées et les matières premières. Eh bien, moi, président de la République, oui, je veux agir. Sur le prix de l'énergie, je veux agir sur l'énergie. Allez-y.

Je veux agir sur l'énergie, les assurances et les matières premières.

14:23
Locuteur non identifié

Il y a le prix de l'électricité qui est censé augmenter au 1er février prochain. Et alors, surprise, la commission de régulation qui était censée annoncer aujourd'hui proposer une hausse, en fait, elle propose une légère baisse. Donc, s'il y a une hausse qui est prévue au budget, il faut le rappeler, une hausse de 10%, ça dépendra strictement du gouvernement. Ce sera le... Exactement. Qu'est-ce que vous préconisez ? Il faut que le gouvernement renonce.

14:46
Fabien Roussel

Ce que nous avons en France, grâce notamment aux investissements et aux choix politiques faits à l'époque par le général de Gaulle et tous ceux qui ont contribué à ça, dont les communistes, la France a un atout maître dans notre pays. C'est la filière nucléaire. Plus les investissements que nous avons faits dans l'hydraulique, les barrages et l'éolien. Nous avons la capacité de produire en France toute l'électricité décarbonée dont nous avons besoin. Mais là, ce n'est pas le coup de l'électricité. Donc, je propose de diviser par trois la facture d'électricité. Oui, ne me regardez pas avec des grands yeux, c'est possible.

Diviser par trois la facture d'électricité des entreprises, des collectivités, des ménages, des services publics et des foyers. C'est possible. Or, ce que fait le gouvernement, c'est possible parce que nous avons la maîtrise.

15:31
Locuteur non identifié

EGF va vous dire justement que pour prévoir ce qu'a fait le général de Gaulle et avec le soutien des communistes en effet il y a 40 ans, pour prévoir le nucléaire dans les 40 prochaines années, il faut des prix assez élevés.

15:41
Fabien Roussel

Quand la France était au lendemain de la guerre, quand la France était en ruine, exsangue, il y avait des dirigeants politiques comme de Gaulle et comme Thorez qui avaient de grandes ambitions pour le pays et qui ont su le faire. Mais ce n'est plus la même France en 2024, Fabien Roussel. Non mais arrêtez, c'est pas vrai. Arrêtez avec ça. La France était en ruine et exsangue et elle a su faire les investissements qu'il fallait. Aujourd'hui, la France est riche, produit beaucoup de richesses, mais on a un gouvernement qui multiplie les taxes, les taxes et les taxes notamment sur l'électricité. Et le gouvernement ne prévoit pas de baisser l'électricité.

Le gouvernement prévoit une nouvelle hausse d'électricité de 10% au 1er février. C'est du vol. C'est du vol. C'est une honte. C'est pour ça que moi, je ne ferai pas comme le gouvernement. Je proposerai de baisser tout de suite les taxes qui pèsent sur l'électricité. Je sortirai du marché européen de l'énergie, le marché spéculatif de l'énergie, pour que la France retrouve sa souveraineté. Et c'est d'ailleurs la campagne que nous allons mener avec Léon Desfontaines aux élections européennes.

Nous serons les seuls à gauche à mener cette campagne pour sortir du marché européen de l'énergie, construire un service public de l'électricité en France avec une entreprise publique, un EPIC, et enfin investir dans le nucléaire et le renouvelable pour pouvoir proposer à nos entreprises, aux salariés et aux ménages, l'électricité divisée par trois. C'est l'atout maître de la France. L'atout maître de la France, c'est son énergie, ce sont ses investissements. Et c'est ce que je propose pour mon pays.

17:03
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia. On est toujours avec Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français. Vous êtes député du Nord, Fabien Roussel, département touché comme le Pas-de-Calais par les inondations. Gabriel Attal était sur place avant-hier pour parer à l'urgence. Mais ce qu'on comprend quand on va voir les habitants, quand on va les interroger, c'est qu'ils vous en veulent, à vous, décideurs politiques, État, région, département, députés, sénateurs, maires. Ils ont l'impression que personne n'a les réponses aux questions qu'ils posent, que personne ne prend ses responsabilités. Est-ce que vous plaidez coupables ?

17:40
Fabien Roussel

Surtout, je les comprends. Mais je les comprends parce que ce qu'ils vivent, je ne sais pas si on le mesure bien. Je suis content d'ailleurs que le Premier ministre ait fait le choix d'y aller tout de suite pour voir sur place, d'écouter ce qu'ils disent, ce que j'ai fait moi-même. Je suis allé à Saint-Etienne-aux-Monts, à Boulogne. J'ai échangé avec le maire de Arc et le président du Conseil départemental du Pas-de-Calais pour mesurer l'ampleur des dégâts des familles ont tout perdu. Des chefs d'entreprise ont tout perdu, tout perdu. Leurs maisons, leurs affaires, leurs activités, tout perdu. Vous avez tout constaté, mais est-ce que vous êtes bougé ? Et ensuite, je les ai entendus.

Je les ai entendus nous dire que ça fait des années qu'ils demandent à ce que l'on cure là, jusqu'à son débouché sur la mer. Le dernier qu'a curé là, son débouché vers la mer, c'est Percheron. Ça n'a pas été fait depuis l'ancien président de la région Percheron. Il y a des communes qui n'ont que deux employés communaux à qui on demande de nettoyer le cours d'eau qu'il y a dans leur commune. C'est impossible. On a déshabillé les communes. Donc en fait, ce que je dis, c'est que l'État a une grande responsabilité. Il a délégué, délégué, délégué, sans donner les moyens aux collectivités de faire, l'entretien, des cours d'eau, des machins, etc.

C'est à l'État de reprendre la main, de reprendre la main sur tous les aménagements qu'il faut faire et pas le faire dans dix ans, le faire immédiatement.

18:56
Locuteur non identifié

C'est juste une question de moyens et de décision politique parce que certains disent aussi en fait, d'abord un, ce curtage des canaux, il ne servirait pas forcément à grand-chose et deuxièmement, il y a un sujet de biodiversité.

19:07
Fabien Roussel

Il y a un débat sur faut-il curer ou pas curer. Il y a les procurés et les anticurés, ce qui n'a rien à voir avec l'Église d'ailleurs. Mais en tout cas, il y a un vrai débat là-dessus. Mais ce qui est sûr, c'est que quand on cure le fond des canaux, c'est que ça n'empêche pas les grandes crues exceptionnelles, mais ça limite quand même. C'est ce que me disent les gens. Si la crue n'avait pas été de 1 mètre, mais juste de 50 centimètres, ça aurait sauvé plus d'habitations et de lieux. Et ensuite, ils nous demandent aujourd'hui d'avoir des moyens, ces grandes pompes qui viennent du sud ou de pays européens, de les garder sur place.

Ils ont l'angoisse aujourd'hui que d'ici le mois de mars, il y ait de nouvelles crues et donc il faut leur donner rapidement de quoi se protéger, notamment, ces bidons vous allez me dire, mais les bâtardos. C'est-à-dire, ces blocs que l'on met devant les portes pour empêcher que l'eau rentre dans les maisons. Il y a quelques entreprises seulement qui les produisent, ils en veulent beaucoup plus pour pouvoir les installer rapidement. Ce sont des choses très concrètes auxquelles il faut répondre. Enfin, dernière chose, je pense aux salariés qui subissent du chômage partiel à cause de ces crues. Ils ne touchent aujourd'hui que 60% de leur salaire brut. Ce n'est pas de leur faute, bon Dieu !

Pourquoi on ne leur maintient pas leur salaire à 100% le temps que l'entreprise, elle retrouve les moyens ?

20:24
Présentateur

C'est à l'État de combler la différence ?

20:25
Fabien Roussel

Mais bien sûr ! Mais bien sûr ! Ils n'ont pas à payer ça de la même manière que les gens n'ont pas à payer de franchise pour ce qui leur arrive et je salue la décision du président de la région et de l'État et j'espère que l'État va le faire pour que ce ne soit pas que la région qui paye pour prendre en charge des franchises, des assurances.

20:41
Locuteur non identifié

Les Européennes, il faut qu'on en parle parce que c'est dans moins de six mois, votre tête de liste s'appelle, vous l'avez nommé tout à l'heure, Léon Desfontaines. Vous avez visiblement, Fabien Roussel, envie d'y être puisque vous serez candidat vous aussi sur la liste, est-ce que vous serez en position éligible ?

20:54
Fabien Roussel

On n'est pas en train de parler de place, on est en train de construire la liste et on est en train de construire la liste avec des responsables syndicaux issus du monde du travail parce qu'on veut une liste qui parle aux travailleurs et il y a une énergéticienne déjà, une responsable syndicale de la FSU, donc des lycées professionnels, il y en aura d'autres, je pense notamment au RAIL.

21:15
Locuteur non identifié

Pourquoi y aller alors ? Parce que vous voulez être député européen ?

21:17
Fabien Roussel

Et ensuite, il y aura, vous avez vu, l'engagement d'Arnaud Montebourg qui sera présent, GRS, d'Emmanuel Morel, député européen sortant, qui sera présent sur notre liste et d'autres encore.

21:27
Présentateur

Il y a quand même une question de place parce qu'on veut savoir si vous y allez vraiment ou si c'est juste pour faire de la com'.

21:31
Fabien Roussel

Ah non, bon, enfin, attendez, mais non. Donc vous avez envie d'aller à Bruxelles ? Moi je ne suis pas de ce genre-là, vous savez que dans...

21:38
Présentateur

C'est ironique là ce que vous dites ?

21:39
Fabien Roussel

Non, non, moi je suis pour faire en sorte que notre liste fasse le meilleur résultat et qu'elle envoie au Parlement européen des députés communistes, mais pas seulement communistes, d'autres, d'autres partis, des responsables syndicaux pour défendre la France, sa souveraineté alimentaire, énergétique, retrouver, reprendre la main sur nos choix économiques et politiques. Mais pardon, parce que nous avons voté non au traité constitutionnel de 2005 et nous voulons faire respecter la parole des Français.

22:08
Locuteur non identifié

Mais ça il le dit Léon Desfontaines, pourquoi est-ce qu'il y aurait besoin que vous y alliez sur cette liste ? C'est parce qu'il ne fait pas le poids face à Jordan-Bardelag,

22:15
Fabien Roussel

Gabriel Attal, Marion Maréchal ? Justement, nous faisons partie, nous aussi, de ceux qui faisons confiance à la jeunesse. Léon Desfontaines a 27 ans, plein de force et de vigueur, il a été responsable national de la jeunesse communiste, il a parcouru la France, il est Damien, il la connaît par cœur, et donc entouré de André Chassaigne, député spécialiste de l'agriculture notamment, entouré d'Emmanuel Morel, de moi, de responsables syndicaux. De vous, et donc des gens beaucoup plus connus que lui.

Nous allons construire une liste pleine d'ambition pour notre pays et pour le monde du travail et je suis certain que nous y arriverons et ce sera d'ailleurs un événement que enfin une liste défendue par le parti communiste et d'autres arrive à envoyer des députés européens puisque ça n'est plus arrivé depuis 2009.

22:58
Locuteur non identifié

Eh bien, on verra ça. Merci beaucoup Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste, était l'invité du 8.30 France Info ce matin.

Casting gouvernemental, inflation, prix de l'électricité... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote