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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 janvier 2026 23 min

Interdiction des réseaux aux moins de 15 ans : “Une première étape”, pour Jean Philippe Tanguy, qui dit vouloir "aller plus loin"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info.

0:07
Locuteur 5

Et vous en prie, et bonne année, on a encore le droit. Ah oui, c'est encore le droit.

0:09
Présentateur

Et bonne année.

0:10
Locuteur 5

On est le 27 janvier. Bonjour à tous.

0:12
Présentateur

Deux personnes ont été tuées en trois semaines à Minneapolis, aux Etats-Unis. Derrière ces meurtres, la police de l'immigration et la police aux frontières, les bras armés de la politique de Donald Trump. Donald Trump, écoutez ce qu'en disait Jordan Bardella, le président de votre parti, lors de ses voeux en janvier 2025.

0:28
Locuteur 4

Moi, j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour le patriotisme de Donald Trump. L'élection de Trump est une bonne chose pour les Américains, et je me réjouis que les Américains aient fait ce choix.

0:42
Présentateur

Respect, admiration, bonne chose. Est-ce que vous rediriez la même chose aujourd'hui, Jean-Philippe Tanguy ?

0:47
Jean-Philippe Tanguy

Oui. Est-ce que Donald Trump est patriote ? Oui. Est-ce qu'il a été élu par les Américains ? Oui. Est-ce que c'est le président que les Français auraient choisi ? J'en doute. Voilà. Bon. Donc, nous, on a toujours été très clairs. Les peuples choisissent un dirigeant. On prend acte des choix des peuples. Et ces dirigeants défendent leurs intérêts. Et la France doit défendre les siens. Point final. Il y a eu une Trump mania à un moment au RN. Non, je ne crois pas. C'est une espèce de mode que les journalistes créent. Puis après, s'interrogent en propre mode. Non, mais vous pouvez isoler des passages, tout ce que vous voulez.

Mais y compris d'ailleurs, moi, sur ce plateau, je n'ai cessé de dire exactement ce que je vous dis aujourd'hui. à savoir que Donald Trump défendra les intérêts des Etats-Unis, uniquement des Etats-Unis. Les Etats-Unis, toute éternité ne s'intéresse qu'à eux, qu'à leurs intérêts. Ils ont des alliances quand ça sert à leurs intérêts. Ils n'ont pas d'alliances quand ça ne les sert pas. Ça fait 250 ans que ça dure. Et je pense que les Etats-Unis continueront à être ce qu'ils ont. Parce que moi, je crois à l'identité des peuples. Je crois à l'identité des nations. La France n'est pas les Etats-Unis. Il n'y a pas un désenchantement vis-à-vis de Donald Trump.

J'aimerais bien qu'une partie de la France cesse d'être toujours obsédée par les Etats-Unis. Il y a une partie des élites françaises qui sont toujours dans la projection sur les Etats-Unis, comme si l'inverse n'est pas vrai. Je veux dire qu'il n'y a aucune télévision ou radio aux Etats-Unis qui parle de la France toute la journée. Quand le président américain veut nous taxer, il parle de nous ? Absolument, d'ailleurs. J'espère que nous allons évidemment résister à ces menaces, prendre des dispositions qui permettent de nous protéger, notamment sur les médicaments. Parce qu'au-delà des déclarations qui sont faites, qu'est-ce qu'on est capable de défendre en France ?

Et si nous avions notre souveraineté sanitaire, comme le président Macron l'avait promis après le Covid, nous serions tranquilles. Mais comme ça n'a pas été fait, et comme nous ne sommes pas souverains malheureusement sur les médicaments comme sur autre chose, comme M. Trump demande des baisses de médicaments pour lui et qu'il demande que l'industrie pharmaceutique répercute les prix sur l'Europe et la France, évidemment, ça c'est très inquiétant et il faut réagir. Et ce n'est pas en vendant une partie de Sanofi aux Américains comme ça a été fait avec Opelia, qu'on va y arriver.

D'ailleurs, nous, on propose de récupérer, évidemment, les actifs pharmaceutiques qui ont été vendus ici ou là et qu'on produise en France des médicaments. Et c'est valable sur toutes les menaces que les Etats étrangers sont capables de faire contre la France, malheureusement.

2:58
Présentateur

Vous disiez à l'instant, comme Jordan Barlela, que la présidence Trump était une bonne chose pour les Américains. Alex Preti, infirmier de 37 ans, tué samedi par des agents de la police de l'immigration à Minneapolis, c'est le deuxième Américain tué en pleine rue par cette même police envoyée par Donald Trump. Comment vous qualifiez ce qu'il s'est passé ?

3:17
Jean-Philippe Tanguy

La justice, pardon, le qualifiera. J'espère que la vérité sera établie sur les faits. J'ai vu que c'était difficile, puisque visiblement il y a un conflit au sein d'institutions judiciaires américaines entre l'État fédéral et les autorités du Minnesota. J'ai vu qu'il y avait des procureurs, non pas sur ce cas-là, mais sur le premier cas, la dame qui a été abattue dans sa voiture. Visiblement il y a un conflit qui fait qu'il y a des procureurs du Minnesota qui ont démissionné, qui ne sont pas d'accord avec la procédure judiciaire entamée par l'Attendée Générale à Washington. Sur Alex Preti ? J'espère que les faits seront établis, que justice sera rendue.

Si évidemment ces personnes ont été victimes de débordements, de comportements inqualifiables de la police, j'espère que les faits seront établis. Les Etats-Unis sont en état de droit, comme la France, en tout cas en France, quand il y a un comportement inapproprié, voire un crime commis par les forces de l'ordre, il y a des procédures très strictes et la police française est la plus contrôlée du monde. Je ne pense pas que les Etats-Unis aient le même degré de contrôle. D'ailleurs c'est aussi pour ça, mais c'est aussi pour ça, moi j'aimerais...

4:20
Présentateur

Mais Marie-Marie Maréchelle parle d'un accident malheureux, elle dit que c'est dû à des militants d'extrême-gauche qui s'interposaient dans l'action policière, donc vous n'êtes pas d'accord avec Marie-Marie Maréchelle.

4:29
Jean-Philippe Tanguy

Moi je ne sais pas, vous savez, c'est-à-dire je ne sais pas ce qui s'est passé...

4:32
Présentateur

Vous voyez bien les images, l'homme est à terre, vous voyez les images ? Oui, mais ça les images, c'est une chose.

4:37
Jean-Philippe Tanguy

Vous voyez les images ? C'est qu'il y a deux citoyens américains qui sont morts, que c'est en soi une tragédie... Mais vous n'êtes pas sûr

4:43
Présentateur

que c'est la responsabilité de ces policiers ?

4:45
Jean-Philippe Tanguy

Je ne suis sûr de rien, moi. Moi je crois à la justice, je crois à l'institution judiciaire, je crois aux enquêtes, je crois que la justice établit des faits que ni les journalistes, ni les politiciens ne doivent établir à la place de la justice. Je crois que c'est ça les valeurs républicaines et que moi je pleure toute personne qui meurt sous les balles des forces de l'ordre ou qui meurt d'une manière générale et la justice doit établir la réalité.

Mais par contre, vous voyez, la France, enfin les élites françaises qui sont totalement obsédées tout le temps par le modèle américain devraient plutôt être fiers du modèle français car la police française, les forces de l'ordre françaises ne fonctionnent pas du tout comme les forces de l'ordre états-uniennes. Et un petit regard rétrospectif sur l'histoire de la violence aux Etats-Unis,

5:25
Locuteur 5

ce n'est pas vraiment les valeurs françaises. Et Donald Trump a en partie reculé en faisant partir une partie de sa police de l'immigration. Il y a un vif débat aux Etats-Unis sur sa santé et même sa santé mentale. Est-ce que parfois en l'observant vous pensez qu'il est fou ou sénile ?

5:39
Jean-Philippe Tanguy

Non mais pas du tout. Mais ça c'est quelque chose aussi des élites françaises ou européennes qui passent leur temps à psychiatriser leur adversaire plutôt que de regarder nos propres problèmes. Je veux dire, le fait qu'on a un comportement si rationnel avec Donald Trump ou les présidents américains parce que les mêmes élites européennes ont cautionné les mensonges sur la santé réelle pour le coup. Moi je n'ai rien contre lui à titre personnel de M. Biden pendant des années. Il y a une relation irrationnelle aux administrations américaines. C'est-à-dire que quand c'est les démocrates, une partie des élites françaises ne veulent pas voir ce que c'est que la puissance américaine.

C'est-à-dire que tout ce que les Etats-Unis ont fait contre nous, par exemple sous Barack Obama, contre Alstom, contre la BNP, contre les intérêts français, on ne le voyait pas parce que Barack Obama était soi-disant un dieu sur terre et quand c'est Donald Trump, c'est le diable sur terre. Moi j'aimerais qu'on ait une relation rationnelle avec les administrations américaines et qu'on voit que les Etats-Unis, au-delà de leur administration, défendent systématiquement leurs intérêts et ont un projet de société et des valeurs qui ne sont pas les valeurs françaises ni les valeurs européennes d'ailleurs.

Et j'aimerais que nous, parce que c'est ça la leçon de tout ça, on cesse de toujours aller chercher à l'étranger des modèles qui n'en sont pas et qu'on soit fier de la France, qu'on soit fier de l'identité française, qu'on construise quelque chose qui soit français en France et qui n'ait pas besoin toujours de se raccrocher à je ne sais quel modèle étranger. On peut s'inspirer des bonnes pratiques. Effectivement, mais parfois ça vient

6:54
Présentateur

de votre camp. Marion Aréchal, qui est votre alliée, votre seul alliée à l'Assemblée, elle dit qu'il faut s'inspirer de la méthode de Donald Trump. Donc la question c'est aujourd'hui, l'URN au pouvoir, est-ce qu'il s'inspirerait de certaines choses de Donald Trump et notamment en matière de lutte contre l'immigration parce que ça c'est un combat que vous partagez avec le président américain ?

7:15
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne pense pas que ce soit les mêmes défis, la même façon de procéder. Comment dire ? Qu'on soit, qu'on considère que Donald Trump fait des promesses et après qu'il s'en suivit des faits. Bon, c'est sans doute la seule chose dont on peut s'inspirer de Donald Trump mais ce n'est pas du tout la même politique qu'il faut mener en France. On n'est de toute façon pas dans la même situation. Les Etats-Unis sont un pays continent au sein de l'hémisphère américain. Nous, nous sommes un pays au confluent d'une péninsule euro-asiatique en face de l'Afrique. Ça n'a aucun rapport. Pas les mêmes méthodes au pouvoir.

Ce n'est pas la même situation, ce n'est pas les mêmes méthodes et ce n'est pas la même histoire. L'histoire de la violence, l'histoire du racisme aux Etats-Unis n'est pas du tout, et je m'en félicite, l'histoire française et je ne comprends pas cette obsession permanente. Enfin, je la comprends puisque je l'ai étudiée mais je la déplore.

8:00
Locuteur 5

On connaîtra ce matin le nombre de titres de séjour délivrés en France l'an dernier. Les délais d'obtention s'allongent 40 jours de plus pour une première demande en 2024 comparé à 2023. C'est la preuve que le gouvernement n'est pas aussi laxiste que vous le dites, non ?

8:11
Jean-Philippe Tanguy

On est à des niveaux très élevés. Le niveau est très élevé, très préoccupant et c'est une absence de contrôle qui n'a rien à voir aux promesses qui ont été faites aux Françaises et aux Français, en particulier à l'époque par Bruno Rotaillot. On est très loin des engagements de Bruno Rotaillot. De toute façon, ces gens n'ont pas la volonté de changer la politique migratoire et c'est pour ça qu'il n'y a que la rupture qu'incarnent Marine Le Pen et Jordan Bardella qui est capable de faire quelque chose sur ce dossier comme tant tous les autres d'ailleurs.

8:37
Présentateur

Ça, c'est ce que vous dites mais ce matin, Anaïs Place, qui est avocate notamment spécialisée dans le droit des autres rangers, dénonçait un problème d'idéologie en France justement parce qu'on a durci la loi, parce qu'on a durci les consignes au ministère de l'Intérieur. On demande plus d'expulsion, on réduit la durée des titres de séjour, ça rajoute du travail aux agents et il y a engorgement, retard, dysfonctionnement qui touchent aussi parfois ceux qui sont en situation régulière. Est-ce que ce n'est pas le signe que la France n'est pas laxiste, non ?

9:07
Jean-Philippe Tanguy

Non, que ce soit bureaucratique, c'est sans doute vrai, qu'il n'y ait pas assez de moyens pour le coup et d'agents dans les préfectures, c'est évident. En commission des finances, on étudie chaque année le budget attribué aux préfectures. Nos préfectures sont appauvries, ont été démembrées. Il faut dire que l'émergence des collectivités territoriales au détriment des services concentrés de l'État et des préfectures a été tragique, avec des recrutements, notamment dans les intercommunalités et les grandes régions qui ne servent pas beaucoup le service public.

Mais les moyens qui sont mis dans les baronies locales ne sont pas mises au service de la préfecture et les préfectures sont démunies et débordées par le phénomène migratoire qui, effectivement, peut toucher des honnêtes de gens à la fin, puisque comme on n'applique pas la loi pour les clandestins et les gens qui n'ont rien à faire chez nous, qui n'ont plus le droit de l'être, les personnes qui travaillent et qui respectent nos lois sont parfois touchées, effectivement, par cette incapacité à suivre. Mais c'est, une fois de plus, la submersion migratoire qui explique cela. C'est-à-dire, on ne va pas tout faciliter. Oui, oui, on est passé à plus de 500 000 par an migrants dans notre pays.

Et s'il ajoute cela, l'émigration des talents français, c'est dramatique. D'ailleurs, c'est intéressant parce qu'on parlait des Etats-Unis. Dans les nombreux tabous qui existent en France, c'est le sujet de l'émigration, c'est-à-dire le départ des talents de France vers les Etats-Unis, vers le Canada, vers la Suisse, vers le Luxembourg. On en parle très, très peu. C'est dommage parce qu'en fait, ce qui appauvrit aussi considérablement notre pays, c'est que beaucoup de jeunes, beaucoup de talents de toute formation, d'ailleurs, fuient notre pays parce qu'ils confèrent qu'il n'y a pas d'avenir en France. On peut devenir aussi

10:37
Présentateur

beaucoup de scientifiques et de talents américains qui n'ont pas envie de rester sous la politique de Donald Trump en ce moment.

10:43
Jean-Philippe Tanguy

C'est intéressant votre question, dame Lambret, parce que c'était un peu pipo parce qu'effectivement, on nous a annoncé beaucoup d'arrivées de talents des Etats-Unis. Il n'y a pas eu grand-chose. Il y a beaucoup eu dans les sciences humaines, c'est très sympathique, mais dans les sciences dures, il n'y a pas eu grand-chose.

10:55
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, en Iran, le bilan de la répression pourrait être bien plus élevé que les milliers de morts déjà confirmés. Le photojournaliste iranien, franco-iranien Reza, était l'invité de France Info ce matin. Il parle de 50 000 morts.

11:08
Locuteur 1

Le régime iranien ne va pas tomber par les manifestations. Ça, c'est impensable. Ce que, dans ma lettre, j'avais demandé il y a deux semaines à M. Macron en disant qu'il faut créer une coalition internationale de prendre une décision, quoi qu'il soit.

11:23
Présentateur

Est-ce que la France devrait créer une coalition internationale pour potentiellement intervenir en Iran ?

11:29
Jean-Philippe Tanguy

C'est vraiment une question très difficile. Ce n'est pas pour ne pas répondre, mais face évidemment à ce massacre et face au courage admirable des Iraniens, on a envie effectivement d'intervenir pour protéger ces personnes innocentes et courageuses. Mais les interventions étrangères finissent quasiment toujours mal, y compris pour le peuple libéré ou concerné.

Et il faut en fait que, même si c'est très difficile à dire évidemment, puisqu'on est très confortable ici, que le peuple iranien trouve le chemin de sa libération par lui-même et sa dignité par elle-même parce qu'effectivement les peuples qui sont libérés ou sauvés par des intérêts étrangers ont souvent beaucoup de mal à s'en remettre finalement.

12:05
Locuteur 5

Et on apprend que le porte-avions américain Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés hier au Moyen-Orient. On craint une intervention immédiate américaine. On craint ou pas d'ailleurs. Est-ce que pour vous ce serait... On comprend que vous prenez des pincettes évidemment au vu du recul historique, mais est-ce que pour vous c'est nécessaire une intervention américaine ?

12:20
Jean-Philippe Tanguy

Ça dépend de quelle intervention. Quand les Etats-Unis ont détruit les interventions nucléaires iraniennes, ça n'a pas perturbé le peuple iranien, ça n'a pas empêché de poursuivre son émancipation et sa libération. On peut intervenir ponctuellement pour affaiblir le régime, affaiblir les passes d'Aran, le régime des gardiens de la révolution. Il y a sans doute des interventions qui sont possibles et ponctuelles. La difficulté aussi, c'est d'être en lien aussi avec ces forces de libération, ces forces qui veulent libérer leur pays, qui sont, sauf erreur de ma part, pas organisées ou qui n'ont pas de représentants.

Par exemple, quand les Américains ont libéré la France, il y avait la France libre, il y avait des organisations de résistance qui permettaient de lier la libération du territoire par des nationaux et l'intervention étrangère. Aujourd'hui, sauf erreur de ma part, ces connexions n'existent pas et ça rend difficile la libération du peuple iranien et d'une aide étrangère.

13:08
Locuteur 5

Avec Jean-Philippe Tanguy,

13:13
Présentateur

député Rassemblement National de la Somme, Paul, on parle maintenant des réseaux sociaux

13:19
Locuteur 5

avec une avancée dans la nuit. Une loi qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans à partir de la rentrée prochaine a donc été votée cette nuit. Une étape majeure, salue le président Macron-Surix, parce que, écrit-il, le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre ni aux plateformes américaines ni aux réseaux chinois. Un texte soutenu par vous, soutenu par le Rassemblement National, mais vous pensez vraiment que ça suffira ? Non, vous avez raison, il faut aller plus loin,

13:40
Jean-Philippe Tanguy

il faut évidemment une politique éducative forte, une incitation pour nos jeunes à lire, à découvrir toutes les formes de culture, à s'approprier notre identité, notre héritage culturel pour développer leur esprit critique. L'interdiction des réseaux sociaux à elle seule ne suffit pas. J'espère que c'est une première étape ou une étape parmi d'autres pour retrouver un chemin éducatif par le haut. La dernière fois, ça avait achoppé sur la loi européenne. Oui, c'est une difficulté. Vous pensez que c'est la bonne ? Je ne sais pas. Écoutez, nous verrons, ce n'était pas du tout clair dans la discussion parlementaire, dans les interventions des uns et des autres et du gouvernement.

Les interventions de la Commission européenne également.

14:18
Présentateur

C'est une loi de communication,

14:19
Jean-Philippe Tanguy

dit la France Insoumise. Oui, je n'ai pas trop compris pourquoi ils n'avaient pas voté pour, parce que peut-être que cette loi est imparfaite, mais il y a beaucoup de lois imparfaites ou de propositions que les Insoumis font qui sont imparfaites. Des résolutions, par exemple, sur le Mercosur que les Insoumis ont faites et qu'on a votées de manière unanime, elles étaient aussi en soi imparfaites puisqu'on sait très bien qu'elles peuvent aller en contradiction avec la doctrine, les traités européens. Donc là, je n'ai pas compris la position des Insoumis à ne pas s'opposer le maximum au gouvernement, même quand ça va dans le bon sens.

Ce qui est certain, c'est que ce texte-là, par rapport à la question de M. Laroutourou sur l'Europe, nous montre aussi la tutelle de la Commission sur des sujets non pertinents. Les Françaises et les Français n'ont jamais voté, je crois, pour que l'Union européenne et la Commission européenne nous empêchent, par exemple, d'interdire à nos jeunes l'accès aux réseaux sociaux. C'est vrai que la pesanteur et l'abus de droit de la Commission européenne se fait de plus en plus sentir. J'ai parlé du Mercosur, on pourrait parler d'agriculture, de l'industrie.

Les Françaises et les Français se rendent compte que cette Commission européenne s'occupe beaucoup de restreindre les libertés des nations et nous protègent de rien.

15:14
Locuteur 5

Alors, justement, dans le même texte, il y a un sujet connexe, également une interdiction pour les jeunes, mais cette fois-ci, des téléphones portables au lycée. Ils ont ajouté, vous les députés, vous avez ajouté un amendement un peu compliqué que je vous résume. En fait, ce serait dans le règlement intérieur, il serait interdit d'utiliser les téléphones à l'intérieur, pendant les cours et dans les couloirs, mais par contre, ce serait autorisé dans une zone définie de la cour. Ça ne ressemble pas un peu à une usine à gaz ?

15:36
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais écoutez, on peut toujours progresser, ce texte va aller au Sénat, on peut toujours améliorer les choses, mais aussi les lycées, vous avez des adultes, vous avez des étudiants, enfin des lycéens qui ont plus de 18 ans, vous avez des lycéens qui sont en internat, qui sont là tout le temps, donc ils ont besoin du téléphone pour joindre leur famille, évidemment, et puis on n'est pas dans la même liberté à 18 ans qu'à 15 ans. À 18 ans, vous êtes un citoyen, vous pouvez voter, vous avez toute votre liberté civique à 15 ans, vous ne les avez pas. Et donc vous avez deux populations qui sont sur le même même lieu et qui n'ont pas les mêmes droits.

Donc on critique beaucoup, à juste raison d'ailleurs, les députés, les parlementaires, il faut toujours s'améliorer, mais parfois on essaie aussi de gérer la complexité de la société. C'est vrai que ce n'est pas facile parfois à traduire dans le droit, donc je demande un peu de bienveillance pour essayer d'améliorer le texte.

16:24
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, aux législatives en 2024, la presse avait pointé le profil de certains candidats à Rassemblement National. Jordan Bardella lui-même avait parlé de brebis galeuses. Nous sommes à deux mois des municipales, et je vous donne un exemple, votre tête de liste, Abel Fort, membre de l'organisation radicale La Cocarde étudiante et auteur d'un tweet raciste et antisémite en 2022 qui a été exhumé par Mediapart. Il s'appelle Quentin Mankollet et il commentait les naissances de sa commune, 72% de prénoms à consonance étrangère au dernier recensement, c'est du remplacement pur et dur et je n'ai même pas comptabilisé Elie et Samuel d'origine hébraïque. Comment vous appelez ce tweet ?

Il a dit lui-même

17:08
Jean-Philippe Tanguy

que ce tweet était incompréhensible et que comme il était incompréhensible, il l'a retiré, que ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Et vous ne retirez pas votre candidat ? Non, mais à partir du moment où il s'excuse et il considère que ce tweet était inapproprié, il n'avait rien à faire pas dû être compris et qu'il n'aurait pas dû être écrit, on considère que ça va dans le bon sens. Par ailleurs, il a d'autres engagements dans le parti qui fait qu'on considère que ces autres engagements et les valeurs et les propositions qu'il défendent prouvent que ce qu'il a écrit n'était pas la façon dont il a été compris. D'accord, donc on peut publier

17:39
Présentateur

un message raciste et antisémite mais ne pas le penser.

17:42
Jean-Philippe Tanguy

Madame Lambret, en soi, ce message n'est pas raciste ou antisémite.

17:46
Présentateur

Je n'ai même pas comptabilisé Elie et Samuel d'origine hébraïque.

17:49
Jean-Philippe Tanguy

Il le considère parce qu'il n'aurait pas dû être écrit et par exemple, il n'était pas condamnable par la justice. Il n'est pas xénophobe ni antisémite. Mais c'est un tweet qui n'a pas dû avoir lieu, qui pouvait donner lieu à l'interprétation qu'a donnée Agathe Lambret mais quand on a auditionné cette personne, il s'est avéré que ce n'était pas l'intention du tweet. Quand on voit que l'intention de la personne et que le tweet ou le propos, l'écriture, comment dire, transcrit, transmet, transparaître du racisme, de l'antisémitisme, de l'homophobie, de la misogynie, il dégage. Là, on peut aussi faire des erreurs.

Nul n'est parfait, on peut écrire des choses qui ne correspondent pas à son esprit. C'est arrivé à tout le monde d'avoir de tenir des propos qui ne correspondent pas à ce qu'on veut dire. Vous parlez juste d'erreur Jean-Philippe Tanguy,

18:30
Présentateur

il n'y a pas une erreur de casting pour vous, ce sont juste des erreurs, la multiplication de ces candidats qui ont des propos

18:37
Jean-Philippe Tanguy

douteux,

18:38
Locuteur 2

plus que douteux.

18:39
Jean-Philippe Tanguy

Quand il y a des erreurs de casting, ça peut arriver, ça dégage et ça dégage tout de suite. Mais le but des investigations est d'auditionner les gens, c'est aussi de comprendre si ces personnes ont fait une erreur, une maladresse ou une connerie, ça existe aussi. Ou si ça transparaît un engagement qui n'a rien à faire chez nous. Et d'ailleurs, je rappelle, parce que j'ai du mal à comprendre compte tenu des positions publiques et historiques de Marine Le Pen et Jordan Bardella, que toutes les personnes qui partagent des idées racistes, homophobes, xénophobes, misogynes n'ont rien à faire chez nous. Vous ne comprenez pas qu'ils soient maintenus candidats à Belfort ?

Je ne comprends même pas pourquoi ils viennent. Pourquoi ils soutiennent le Rassemblement National ? Est-ce que vous pensez

19:12
Locuteur 2

que ce sont vos idées qui attirent ce type

19:14
Jean-Philippe Tanguy

de profil, Jean-Philippe ?

19:16
Locuteur 2

Vous ne voyez pas du tout ?

19:17
Jean-Philippe Tanguy

Non, puisque les partis, pour le coup, qui eux sont ouvertement homophobes, misogynes, racistes, xénophobes, combattent le Rassemblement National. Par exemple, le Parti de la France de M. Thomas Joli peut être de groupuscule dont je ne comprends pas qu'il ne soit pas interdit depuis longtemps, qu'ils sont ouvertement racistes, combattent le Rassemblement National. Et grâce, alors,

19:35
Locuteur 5

j'aimerais vous interroger, il est déjà 8h54 et 50 secondes, on n'a pas le temps de faire tous les candidats qui posent des questions, mais juste à Grasse, il y a un soutien de votre candidat à la Rassemblement National, le candidat s'appelle Jean-Paul Camerano, et le soutien a claqué la porte après avoir lu sur le groupe WhatsApp de la campagne ses messages, vous direz en ligne les lire, je n'ai pas le temps de vous les lire, mais je demande un sandwich au jambon, ben non, ils ne font pas de port, le grand remplacement du moins des commerçants est bien en place à Grasse, il faut que Jean-Paul gagne ou sinon la prochaine élection en 2031, ce sera un musulman maire de Grasse comme à New York, est-ce que c'est normal de lire ça en 2026 sur un groupe WhatsApp de campagne d'un candidat RN chez vous, avec en plus un député RN dans la boucle, c'est normal ça ?

Ben je ne sais pas, je ne connais pas cette affaire,

20:09
Jean-Philippe Tanguy

donc il y aura sans doute une enquête. C'est tout ? Ben c'est la procédure qu'il doit y avoir, on ne peut pas juger les gens M. Larrouto sur un plateau de télé par rapport à des messages qu'on nous donne. Mais les propos

20:20
Locuteur 5

que je viens de vous donner,

20:20
Jean-Philippe Tanguy

ça vous choque ou pas ? Je ne sais pas, je ne sais pas si ces propos ont été tenus M. Larrouto. Vous ne croyez pas quand je vous dis qu'il y a des captures, c'est dans la presse, c'est dans Nice Matin, c'est dans Actu Nice. Vous avez une tendance collective dans une partie des journalistes à vouloir être des procureurs et des juges à la fois, c'est-à-dire énoncer une enquête, énoncer des faits et vouloir aussi faire la condamnation tout en disant toute la sainte journée que vous défendez l'état de droit. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Un parti politique a des procédures de discipline et il y a la justice à côté qui peut prendre le relais ou non.

Je ne rendrai pas de jugement par rapport à des choses que j'ignore. Et je ne comprends pas que des gens puissent le faire.

20:56
Présentateur

On vous entend Jean-Philippe Tanguy très vite parce qu'il faut qu'on passe à la question qui. Deux motions de censure vont être examinées aujourd'hui. Ils ont une du Rassemblement national. Pourtant, vous avez échoué vendredi à faire tomber le Premier ministre. Vous y croyez encore, vraiment ?

21:10
Jean-Philippe Tanguy

On ne sait jamais. J'ai vu que M. Barnier avait dit qu'il allait regarder les dépenses. Quand il va voir que les dépenses de l'État continuent d'augmenter ne sont pas du tout sous contrôle, peut-être va-t-il enfin prendre ses responsabilités avec d'autres. A savoir mettre fin à cet emballement de la dette qui est dans un effet boule de neige qui fait que la dette est hors contrôle et que chaque année ça coûte de plus en plus d'argent aux Français pour la rembourser au détriment des autres services publics. Peut-être que les Républicains vont se souvenir qu'ils ont quand même fait des promesses électorales à leurs électeurs. Je n'ai pas beaucoup d'illusions.

21:36
Locuteur 5

Il est 8h57 Jean-Philippe Tanguy Morandini. L'ERN a confirmé hier à l'AFP une information du point le maintien à l'antenne par ces news de l'animateur définitivement condamné pour corruption de mineurs crée un tel malaise jusque dans les rangs. Le pénis que Jordan Bardella a ordonné à tous les porte-parole et à tous les élus dont vous de ne plus aller sur son plateau. Que pensez-vous de cette consigne et comment vous a-t-elle été transmise ?

22:02
Jean-Philippe Tanguy

En l'occurrence il n'allait pas sur le plateau de M. Morandini depuis de très longues années. Et que pensez-vous de cette consigne ? Je pense que c'est une bonne consigne et qui correspond à nos valeurs. La condamnation. C'est exactement ce que je disais. Il y a la prise d'inoption d'innocence. Il n'y avait pas de raison de juger M. Morandini avant la justice. Il y a une décision qui a été rendue sur des faits qui sont quand même très graves. Et donc il n'y a pas de raison d'aller sur ce plateau des autres. Est-ce que vous déplorez

22:28
Présentateur

le fait que...

22:29
Jean-Philippe Tanguy

Ça c'est mon avis personnel.

22:30
Présentateur

Est-ce que vous déplorez le fait que Jean-Marc Morandini soit maintenu à l'antenne par CNews ?

22:35
Jean-Philippe Tanguy

Je n'ai pas à le déplorer. Je n'ai pas à m'immiscer dans la programmation de CNews. Je note des prises de parole courageuses d'un certain nombre de personnalités. Notamment Sonia Mavoc. Voilà. Après, si vous voulez, il ne faut pas non plus qu'il y ait la petite limite à ça. Il ne faut pas non plus qu'il y ait un deuxième procès. C'est-à-dire qu'on n'a pas à faire le procès du procès. Et bon, ça c'est la limite aussi de l'état droit. Il y a une peine qui a été donnée. Il n'y a pas été condamnée à perdre son emploi.

22:59
Locuteur 5

Est-ce que vous trouvez que votre parti a tardé parce qu'il y a certains porte-parole qui ont continué à s'y rendre

23:04
Jean-Philippe Tanguy

après la condamnation ? Non, ce n'est pas qu'on a tardé. Mais l'explication est beaucoup plus simple que ça. C'est qu'il y a eu beaucoup d'actualité la semaine dernière et que la décision n'avait pas été prise et que quand on s'est réunis, enfin, je n'y étais pas en l'occurrence, mais quand les instances se sont réunies, c'est-à-dire lundi, la décision visiblement a été prise immédiatement.

23:19
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Philippe Tanguy,

23:21
Jean-Philippe Tanguy

député à l'Assemblément national de la Somme, membre de la Commission des finances,

23:24
Présentateur

d'avoir répondu aux questions de France Info.