Réveillon,OQTF: l'interview en intégralité de la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Quel dispositif le ministère de l'Intérieur a-t-il déployé en matière de force de l'ordre pour le Réveillon ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes inquiète face aux menaces identifiées ?
- 3:00RelanceRéponse directe
Des menaces d'attentat demain soir ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Vous conseillez aux familles de se rendre sur les Champs-Élysées malgré les risques ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Comment expliquer le dysfonctionnement sur l'OQTF de l'agresseur ?
- 7:30RelanceRéponse directe
Deux ans après le rapport de la Cour des comptes, rien n'a changé sur l'interconnexion des fichiers ?
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L'invité du jour, c'est la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, Marie-Pierre Védrenne. Bonsoir. Merci d'être avec Avec nous ce soir sur BFM TV, à mes côtés, Marie Chantray est restée là, chef de politique de BFM TV.
Maxime Clia-Erosa, journaliste police-justice du service justice effectivement de BFM TV avec vous. On a plusieurs dossiers, plusieurs sujets à aborder mais le premier d'entre eux effectivement on parlait des voeux du président de la République demain soir. Il y a aussi des milliers de Français qui vont se rendre peut-être dans la rue sur les Champs-Elysées ou ailleurs partout en France pour fêter la fin de l'année 2025, le début de l'année 2026.
Malheureusement, c'est souvent aussi synonyme de débordement. Très concrètement, quel dispositif le ministère de l'Intérieur a-t-il déployé en matière de force de l'ordre demain Vous avez raison d'abord de souligner que ce doit être un moment festif et que justement c'est l'objectif du ministère de l'Intérieur. Le ministre Nunez l'a rappelé ce matin, notre objectif avec 90 000 policiers et gendarmes qui sont déployés dans toute la France et 10 000 dans Paris et la Petite Couronne, c'est justement de préserver ce moment de festivité.
Faire en sorte que tous les Français et les Françaises qui veulent aller dans l'espace public, le ministère ne dit à personne par contre de ne pas aller dans le ministère, dans l'espace public. C'est véritablement l'objectif de faire en sorte que ça reste un moment festif. Donc l'enjeu c'est de prévenir.
Est-ce que vous êtes inquiète ? Il n'y a pas de raison d'être plus inquiète que d'habitude. L'objectif c'est justement bien de prévenir et en fait quand on ne veut pas être inquiète justement, on analyse toutes les failles qui pourraient avoir lieu, tout aussi l'utilisation, je pense qu'on peut parler aussi des morsiers par exemple, je pense que tout le monde l'a en tête, d'instruments qui qui pourraient être détournés de leur usage pour être utilisés notamment contre les forces de l'ordre.
Donc moi j'ai confiance justement dans les forces de l'ordre, dans les forces de sécurité. On a bien vu que dans très nombreuses années, je repense tout à l'heure dans votre plateau, on évoquait notamment les Jeux Olympiques. On a bien vu que dans certains grands événements, on sait être à la hauteur et je suis convaincu.
Il y a quand même des menaces qui sont mises en avant, notamment dans une note que vous avez pu consulter, Maxime. Oui, absolument, le service que le service Police Justice a pu consulter, une Une note qui provient de la DESPAP, donc la direction de la sécurité publique de l'agglomération parisienne. Selon cette note, deux niveaux de menaces ont principalement été identifiés en ce qui concerne la plaque parisienne, d'une part la menace terroriste toujours très présente notamment avec des actions un petit peu disperses au vu des tensions internationales qui pèsent.
Le deuxième risque également ce sont les Les phénomènes de bandes, les exactions et faits de violences urbaines. Le préfet de police, M. Fort, qui a également demandé à ce que des patrouilles soient renforcées.
Une présence visible des forces de l'ordre dans la rue. Ces menaces, on le disait, concernent la plaque parisienne, Paris et la Petite Couronne. Est-ce que ce sont des menaces que vous avez également peut-être identifiées ailleurs dans le reste du territoire national Sur le premier point, sur la menace terroriste.
On le sait, c'est une menace qui reste malheureusement élevée, qui reste permanente. Donc oui, on le sait bien, vous avez rappelé la situation internationale qui reste critique. Donc il faut spécifiquement un jour de 31 décembre être vigilant.
Donc c'est le cas, c'est justement la mobilisation qui est faite par les services de renseignement ou par la DGSI, là encore dans un objectif de prévenir et de détecter. Moi j'ai aussi, là encore, toute confiance dans nos forces de renseignement pour prévenir justement cette menace qui, je le dis, reste élevée et permanente. Sur justement plutôt entre guillemets les violences urbaines, là aussi il s'agissait de prévenir.
Donc on le sait, c'est quelque chose qu'on...
L'objectif est de l'éviter, l'objectif est vraiment de l'encadrer aussi. Moi j'invite notamment, il y a quelques jours j'étais à Mulhouse dans un déplacement justement pour étudier avec les forces de sécurité, quels étaient les dispositifs qui étaient mis en place. On avait notamment une association de jeunes dans un quartier difficile à Mulhouse qui sensibilisait d'autres jeunes sur la dangerosité pour eux-mêmes. – Mais quand on parle des attentats, il y a des Des menaces d'attentat demain soir ?
Je vous l'ai dit, malheureusement, la menace terroriste, ça reste une menace permanente et élevée. Mais une question naïve, vous en tant que ministre délégué à l'intérieur, vous êtes déployé avec le ministre de l l'intérieur également, tous les porte-parole de la police nationale, à une famille demain qui souhaite se déplacer, qui souhaite aller sur les Champs-Elysées. Vous leur dites quoi ?
Est-ce que vous leur conseillez d'y aller ? Ça reste un moment de fête. On s'interroge aussi.
C'est un peu la ligne de crête entre une communication que vous faites, transparente et en même temps de fait l'effet aussi c'est un peu d'inquiétude forcément. Je conçois et c'est normal de rester inquiet on l'a dit face à une menace qui malheureusement reste permanente et élevé avec un engagement très fort de nos forces de renseignement justement pour détecter et déjouer. On le sait aussi sur la menace terroriste, elle n'est plus telle qu'on l'a connue il y a une dizaine d'années.
C'est maintenant un phénomène encore plus difficile avec des projections différentes, avec des phénomènes de violence minoritaire. Donc c'est quelque chose justement que nos forces de sécurité et de renseignement aussi connaissent. Donc vous le dites aussi, c'est un moment qui se veut festif.
Donc l'objectif ce n'est pas de dire aux Français ou aux Deux Françaises restez chez vous. C'est par contre de dire, allez-y mais soyez prudents, soyez vigilants également. On a appris ce matin que l'homme soupçonné d'avoir agressé trois femmes au couton dans le métro parisien vendredi dernier, présenté comme un ressortissant d'origine de Malienne, qui avait fait l'objet d'une OQTF, était en réalité français.
Comment est-ce qu'on a pu louper ça ? Oui, vous avez raison de dire que, et le ministre nous naisse d'employer ce terme, un dysfonctionnement à loupé un dysfonctionnement à louper écoutez alors qu on va revenir sur le contexte effectivement samedi dysfonctionnement c'est de la langue de bois non non non c'est un c'est un véritable dysfonctionnement c'est-à-dire que samedi nous faisons face à trois agressions et d'abord je tiens à apporter mon soutien à ces trois victimes. Nous avons après les forces de l'ordre qui justement sont très réactifs et qui appréhendent le suspect.
Le suspect jusqu'alors effectivement il était connu seulement de nos services en tant que malien, néo-Mali. Mais c'est au moment de la perquisition alors qu'avant jamais il n'a été fait état par lui-même, qu'il avait et qu'il disposait de la nationalité française. Donc c'est la perquisition qui fait découvrir.
Malgré un passage en centre de rétention. Effectivement, il y a effectivement un passage en centre de rétention. Il y a une OQTF qui était prise parce qu'on le pensait seulement malien.
C'est vrai que vous avez raison de dire qu'il y nous regardent. Même nous, on tombe de notre chaise. Vous dites...
Je l'entends et je vous le redis et je partage le mot dans le constat par le ministre Nunes de dysfonctionnement. C'est-à-dire que oui, il est français. Il est de filiation par son papa, justement, française à l'âge de 9 ans.
Et comment ils ont pu penser qu'ils n'étaient pas français ? Écoutez, justement, nous, l'objectif maintenant, c'est d'analyser pourquoi, justement, le fichier avec toutes les personnes qui disposent d'une carte national d'identité ou d'un passeport, est-ce qu'il a été vérifié ? Comment il a été vérifié ?
Ça n'a pas pu justement être fait. Donc oui, il faut faire la lumière maintenant. – Je rajoute quand même que ce suspect était connu des services il était déjà passé en audience présentation devant un juge des libertés de la détention là il a fait cette agression il a été interpellé ensuite par les forces de l'ordre à aucun moment de son parcours, il n'a été relevé Donc oui, c'est pour ça qu'on peut parler légitimement de dysfonctionnement on aurait dû vérifier et on aurait dû par ses vérifications Certains ont considéré qu'ils ne faisaient pas français, si j'ose dire.
C'est le cas ? Écoutez, l'objectif pour nous, moi quand lundi matin je suis intervenue chez vos confrères, on était en phase de vérification justement si oui ou non suite à la perquisition cette pièce d identité qu'on a trouvée était justement tangible, etc. Maintenant on le sait, c'est vrai, il est français donc maintenant à nous de faire effectivement la lumière, est-ce que oui ou non il y a eu un contrôle sur ça Vous pensez qu'il ne les fait pas ?
L'objectif, ça sera d'échanger aussi avec ceux qui ont mené les différents points au niveau des différents timings mais je le redis et je partage les mots du du ministre Lounaise, il y a clairement un dysfonctionnement. Donc à nous de justement voir comment est né ce dysfonctionnement. La Cour des comptes relevait dans un rapport daté de janvier 2024 l'interconnexion défaillante entre tous les services, notamment pour les personnes en situation irrégulière, estimant, je cite, que les systèmes d'information éclatés et faiblement interconnectés.
À cause de cela, l'administration ne dispose pas d'une vision complète du parcours de chacun. On parle d'un rapport qui date de janvier 2024. Nous sommes bientôt en janvier 2026. deux ans plus tard, rien n'a changé ?
Je pense qu'effectivement, nous avons un sujet vis-à-vis de l'interopérabilité et de l'interconnexion entre les différents fichiers que peuvent avoir les différentes administrations, que ce soit justement sur le volet territorial sur le volet national et qu'il faut absolument avancer sur ce point parce qu'effectivement comme on le voit en cas d'espèces et dans le cas présent ça conduit quand même effectivement à des dysfonctionnements et à des suspicions qui qui peuvent être portées vis-à-vis de notre institution. Et ça, c'est pas normal. Madame la ministre, il y a une consigne aussi que vous avez donnée ces derniers jours, on le disait dans la lutte contre de nouvelles formes de « stupéfie », entre guillemets.
C'est ainsi que c'est considéré par deux ministres, la lutte contre le protoxyde d Est-ce que vous avez donné des consignes pour demain soir ? Les forces de l'ordre sont incitées à interpeller des gens qui seraient avec du protoxyde d'azote. Jusqu'à présent, effectivement, la difficulté vis-à-vis du protoxyde d'azote, c'est que je pense, d'une part, on n'a pas mesuré à quel point c'était un fléau et la dangerosité de son détournement de consommation.
C'est une drogue pour vous ? Oui, pour moi, oui, clairement. On doit changer la qualification vis-à-vis du protoxyde d'azote.
Avec une amende à 38 euros, je crois, c'est ce que nous est là pour toi. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est assez difficile ?
Pour le moment, la législation n'est clairement pas suffisante. Vous savez qu'à l'Assemblée nationale...
Il faut aller plus loin. Oui, pour moi, clairement, il faut aller plus loin. Il y a deux propositions de loi qui ont été adoptées au Sénat et à l'Assemblée nationale.
Moi, je pense qu'il faut repartir de la proposition de loi du Sénat qui est, à mon sens, justement, peut-être plus réaliste parce qu'il ne faut pas être dans le symbole et dire qu'on va interdire. On voit bien sur d'autres enjeux les difficultés que nous pouvons avoir. Donc il faut changer la qualification.
Il faut permettre à nos forces de sécurité, de travailler sur le transport, sur justement la consommation, sur le détournement qui en est fait et de donner tous les leviers parce que, je le redis, c'est un véritable fléau. Et aller du protoxyde d'azote, c'est aussi dangereux que fumer du cannabis Je pense qu'effectivement, inhaler le protoxyde d'azote jusqu'à présent, je pense que peut-être la différence, c'est que ce n'est pas analysé et perçu dans l'opinion publique jusqu'à présent comme un facteur aussi dangereux et un facteur qui peut conduire à la mort. Je crois que jusqu'à présent, notre problématique a été de présenter toujours le protoxyde d'azote comme un gaz hilarant.
Et donc non, progressivement, par malheureusement des drames qui se sont produits, je pense notamment évidemment au décès de Matisse ou à d'autres jeunes, on se rend compte de la dangerosité du protoxyde d'azote. Un arrêté préfectoral a été pris à Paris pour interdire l'usage, la la détention, le transport de protoxyde d'azote. C'est le cas dans plusieurs départements.
Le Rhône, les Bouches du Rhône ne pendent citer qu'eux. Concrètement, c'est-à-dire que pour les préfectures qui n'ont pas pris d'arrêté, n'importe qui peut consommer...
Non, non, non, effectivement, il y a de Très brièvement, de très nombreux arrêtés municipaux et préfectoraux ont été pris. La difficulté effectivement c'est que ça ne couvre pas finalement l'entièreté du territoire et que jusqu'à présent c'est la vente auprès des mineurs qui est sanctionnée. Donc d'où la nécessité de véritablement reprendre le projet de loi.
Marie-pierre Vedrenne