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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 septembre 2017 9 minContradictoireActualité / polémiqueOutre-merSécuritéEnvironnement & énergie

Victorin Lurel sur Irma : "L'Etat devrait faire d'avantage, mieux et autrement"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Comment les Guadeloupéens ont-ils ressenti le non-passage de José ?

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Les secours vont-ils pouvoir s'organiser maintenant ?

  • 2:29RelanceRéponse partielle

    Donnez-vous raison à Marine Le Pen sur le manque de préparation ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    L'envoi de 240 gendarmes et du GIGN est-il une réponse appropriée aux pillages ?

  • 4:26RelanceÉludée

    La rumeur des 250 prisonniers évadés armés a-t-elle été démentie ?

  • 5:02FerméeRéponse directe

    Réclamez-vous l'envoi de l'armée à Saint-Martin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « Comme un soulagement, parce qu'on appréhendait vraiment le passage d'un deuxième cyclone, catégorie 3+, voire 4 »
  • 1:10Invité politiqueChiffre
    « Il faut davantage, il faut plus de forces de sécurité, plus de moyens et de moyens projetables sur les deux îles »
  • 1:58Invité politiqueChiffre
    « On me dit qu'il y a 410 gendarmes déjà sur place »
  • 2:06Invité politiqueChiffre
    « Moi, j'ai constaté le départ de 102 gendarmes »
  • 2:13Invité politiqueChiffre
    « On va en envoyer 240 supplémentaires, un A400M, bref »
  • 2:13Invité politiqueChiffre
    « On envoie d'autres forces, une quarantaine de membres du GIGN et du GIPN »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « On aurait pu évacuer notamment les malades avant le cyclone »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « On a les moyens dans la République française de déployer sur des terres françaises des moyens conséquents et dans les meilleurs délais »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « Non, pas à ma connaissance jusqu'ici, puisque j'ai vu un témoignage de gendarmes pour dire oui, c'est une réalité »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Certains l'avaient fait, notamment à Sondigorn »
  • 6:59Invité politiqueFait
    « Cette fois-ci, les gens, oui, une belle partie de la population n'a pas souhaité le faire »
  • 8:20Invité politiqueChiffre
    « C'est 40 000 habitants, y compris les émigrés »

Temps de parole

  • Victorin Lurel75 %
  • Présentateur24 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux, sur France Inter. Bonjour Victorin Lurel. Bonjour. Ancien ministre des Outre-mer du gouvernement Aéros, ancien président de la région Guadeloupe, vous avez aussi été député de Saint-Martin. Vous êtes en ligne de Pointe-à-Pitre, il est 2h22 chez vous et merci d'avoir veillé tard pour répondre à nos questions. Le pire semble donc passer, après Irma, José a finalement s'est éloigné. Comment les Guadeloupéens, jusqu'au nord de Saint-Martin, ont-ils ressenti le non-passage, finalement, de José ?

0:35
Victorin Lurel

Comme un soulagement, parce qu'on appréhendait vraiment le passage d'un deuxième cyclone, catégorie 3+, voire 4, au moment où nous parlons, ça s'est rapproché de la Floride et des Keys, transformé en cyclone de catégorie 4. Ce sont des monstres. Et donc, c'est véritablement un soulagement pour les habitants des îles du Nord, comme on dit ici, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

1:01
Présentateur

Alors, moins de menaces pour les îles françaises et franco-néerlandaises, ça veut dire que les secours vont pouvoir s'organiser ? Comment, à présent, vont s'organiser les secours ?

1:10
Victorin Lurel

Alors, il faut espérer que ce que fait l'État et l'État fait le job, il faut le dire, mais que l'État devrait, à mon sens, et on en a discuté avec les plus hautes autorités, faire davantage, mieux et autrement. Il faut davantage, il faut plus de forces de sécurité, plus de moyens et de moyens projetables sur les deux îles. Faire, en fait, un peu ce qui a été fait dans la partie néerlandaise de l'île, avec des soldats, l'armée, qui est dans tous les quartiers et qui contrôle. Ce n'est pas le cas dans la partie française.

Alors, au moment où je vous parle, le président de la République a centralisé un peu les choses à l'Élysée, d'après ce que j'ai cru comprendre, que des forces supplémentaires seront déployées. On me dit qu'il y a 410 gendarmes déjà sur place. Ce n'est pas ce que constate la population, mais ce sont des ressentis. Moi, j'ai constaté le départ de 102 gendarmes. On va en envoyer 240 supplémentaires, un A400M, bref. On envoie d'autres forces, une quarantaine de membres du GIGN et du GIPN. Bref, il faut faire davantage. Oui, davantage. L'État a pris conscience qu'il faut davantage de moyens et une autre sécurisation sur place.

2:29
Présentateur

Victorin Lurel, vous semblez donner raison au propos de Marine Le Pen, quand elle disait hier que, finalement, rien n'avait été prévu avant la saison cyclonique ?

2:38
Victorin Lurel

Alors, ce n'est pas ma référence, il est vrai, mais un cyclone est prévisible, ce n'est pas un tremblement de terre. Et que, oui, d'aucun pense ici qu'on aurait pu évacuer notamment les malades avant le cyclone. D'autant plus qu'avec les moyens de prévision, un cyclone de force sec, c'est véritablement cataclysmique. Et c'est le cas aujourd'hui. On aurait pu évacuer avant. Bon, on ne l'a pas fait, on le fait après. Donc, il faut des moyens, il faut de la logistique, il faut du transport. Et c'est ce que l'État fait aujourd'hui. Donc, je crois que c'est remonté au meilleur niveau. On a véritablement pris conscience des choses.

3:17
Présentateur

À propos des pillages, Victorin Lurel, à propos des pillages, est-ce que l'envoi de 240 gendarmes, plus des hommes, du GIGN, du GIPN également, est-ce que tout cela est une réponse appropriée à la situation en ce moment ?

3:29
Victorin Lurel

C'est une réponse appropriée, mais elle pourrait être un peu plus rapide. Et quand on dit faire mieux, c'est ça. On a les moyens dans la République française de déployer sur des terres françaises des moyens conséquents et dans les meilleurs délais. Donc, moi, j'ai eu personnellement à le dire, si j'ose dire au président de la République, lui-même, qu'on va faire mieux. Je comprends que les décisions ont été prises encore hier, peut-être aujourd'hui même, et qu'il ne faut pas attendre qu'un jour, un mois, pour acheminer tout cela. Donc, je crois qu'il y a une meilleure prise de conscience. Il y a un ministre, une ministre sur place, qui fait également son travail. Quelle est la difficulté ?

Vous avez deux îles séparées par une frontière fictive, depuis 1648, traité de Concordia. C'est pour eux. Il y a une prison qui a été détruite et tous les prisonniers sont libres et armés. Donc, c'est vrai qu'on voit ça dans...

4:26
Présentateur

Ça a été démenti, cette version, cette rumeur des 250 prisonniers qui seraient évadés d'une prison de Saint-Martin en emportant des armes ? Ça a été démenti, notamment par le gouvernement ?

4:36
Victorin Lurel

Non, pas à ma connaissance jusqu'ici, puisque j'ai vu un témoignage de gendarmes pour dire oui, c'est une réalité. Vos confrères de BFM l'ont retransmis. Donc, pour le moment, je n'ai pas de démenti. Il est certain que la sécurité n'est pas assurée. En tout cas, pas suffisamment. Il faudra faire mieux. C'est la raison pour laquelle il y a renforcement de moyens en personnel militaire. Est-ce qu'il faut donc envoyer l'armée ? Oui. Vous réclamez l'armée à Saint-Martin ? Oui, absolument. La partie hollandaise l'a fait. Vous avez des soldats néerlandais partout, dans les quartiers de Saint-Martin. Donc, la partie hollandaise.

Aujourd'hui, au-delà des gendarmes, il faut peut-être, oui, des soldats. Il faut le 33ème RIMA pour les travaux. Oui, il faut des ingénieurs, il faut un bateau hôpital pour évacuer. Ensuite, il y a les évacuations qui font polémiques ici. Ce n'est pas facile pour l'État de gérer ça. Simplement, il faut une meilleure communication. Faire autrement, c'est ça. Il faut expliquer que les familles des gendarmes doivent être évacuées. Ma condition de faire comprendre qu'un gendarme travaille mieux quand sa famille est ailleurs. Deuxièmement, les touristes sont là, ils ont des assurances. Il y a des affritteurs, il y a des tour opérateurs qui doivent évacuer. Mais l'État doit expliquer ça.

Vous savez, aux États-Unis, ils font des pointes où les trois heures, et tout est sur la table, tout est su. Donc, il n'y a pas de polémique. Les réseaux sociaux ne peuvent pas polluer l'atmosphère. Aujourd'hui, c'est un peu ça. Mais il faut comprendre le vécu des gens. Les gens ont vécu un traumatisme qui est profond. Les gens qui sont en larmes, qui ne peuvent plus se contenir, et qui sont parfois menacés dans leur vie. Ils n'ont plus peur de l'ouragan. J'osais passer à côté, mais aujourd'hui, ils ont peur pour leur vie. Lors des précédents passages d'ouragan en Guadeloupe,

6:21
Présentateur

la population n'a pas toujours respecté les consignes d'évacuation. Pour quelles raisons, d'abord ?

6:26
Victorin Lurel

Alors, en Guadeloupe, oui, on le fait à Guadeloupe, comme on dit, ici, continental. À Saint-Martin, ça a été autre chose. Il y a eu un précédent en 1995, avec le siffle de Louis. On a demandé aux bidonvilles, aux barraquements de fortune, faits de briques et de brocs, d'évacuer. Certains l'avaient fait, notamment à Sondigorn. Ça veut dire d'ailleurs terrain sableux. C'est une petite langue de terre qui avance sur la mer et qui est dans une zone dite de submersion, donc inondable. Cette fois-ci, les gens, oui, une belle partie de la population n'a pas souhaité le faire. Pourquoi ? En 1995, après le cyclone, on a passé des bulldozers parce qu'il s'agissait de gens en situation irrégulière.

Des gens de la Caraïbe qui sont là. Saint-Martin, il y a une fausse idée de Saint-Martin. Vous avez des gens riches. Trump passe à sa maison là-bas. Des milliardaires ont des villas absolument somptuels. Mais vous avez des bidonvilles. Vous avez des quartiers absolument insalubres, faits, je vous dis, avec des moyens de fortune, avançant sur la mer. C'est une petite île de 80 km², dont 53, 54 km² appartenant à la France. L'autre, c'est la partie hollandaise, très autonome. Ils anticipent, ils envoient l'armée tout de suite avant le cyclone. Donc là, aujourd'hui, on fait ce qu'il faut faire après coup. Donc oui, on peut toujours critiquer ça. Aujourd'hui, il faut faire pour le mieux.

C'est ce que tente de faire l'État, avec des moyens de les renforcer.

7:49
Présentateur

On a entendu, juste avant cette intervention dans le journal de 8h, le délégué outre-mer au conservatoire du littoral, Alain Brondeau. Il rappelait que le plan d'urbanisme de Saint-Martin remonte à 1990. Or, depuis, la population a été multipliée par 5. Ça a entraîné une urbanisation sauvage. Et ça a contribué à plus de risques sur Saint-Martin quand un cyclone arrive ?

8:13
Victorin Lurel

C'est absolument possible, parce qu'il y a un problème d'assainissement, d'urbanisation et de construction. C'est évident. Mais il faut savoir que Saint-Martin, c'est une petite île. C'est 40 000 habitants, y compris les émigrés. C'est 8 000 habitants à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy. Au total, vous avez 40 000 à 50 000 personnes. On peut gérer ça. À mon sens, on peut gérer ça mieux.

8:37
Présentateur

Victorin Lurel, on va reprendre cette conversation dans un instant, après la revue de presse, dans quelques minutes. Je signale aussi que les bruits que l'on entend derrière vous sont les grenouilles, je crois. Les grenouilles de nuit qui passent très bien sous les tropiques. Les petites grenouilles invisibles le jour, qu'on entend beaucoup la nuit en Guadeloupe. À tout de suite, Victorin Lurel. Sur France Inter, il est 8h30. Il est à 4h30.

9:03
Locuteur

Je vais faire 5h30.