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AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 15 décembre 2025 39 minContradictoireMixteSantéAgriculture & alimentation

Dermatose bovine : pourquoi les éleveurs se révoltent-ils ?

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Présentateur

France Culture. Les matins de France Culture. Guillaume Herner.

0:07
Invité

C'est donc la colère paysanne, une crise agricole de plus, avec cette fois-ci au cœur de cette crise, une épisodie de dermatose nodulaire contagieuse qui touche les bovins et qui est partie du sud-ouest, un mouvement de protestation des éleveurs qui est en train de s'étendre pour essayer de comprendre ce qui se déroule. Emmanuel Soubéran, bonjour. Vous avez une vision internationale des choses puisque vous êtes directrice générale de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale depuis le 1er août 2024. Barbara Dufour, bonjour. Vous êtes vétérinaire épidémiologiste. Vous allez nous expliquer ce qu'est cette maladie et en quoi elle touche les bovins.

Vous êtes également professeure émérite à l'École Nationale Vétérinaire d'Alfort. Et puis enfin, Christelle Gâche, bonjour. Vous aussi, vous êtes vétérinaire, mais vous êtes directrice du réseau des groupements de défense sanitaire, une fédération nationale de groupements de défense sanitaire du bétail qui regroupe plus de 50 000 éleveurs en France. Donc vous allez nous expliquer un peu comment ces éleveurs vivent cette crise et pourquoi leur colère. Peut-être tout d'abord, Barbara Dufour, nous dire en quoi consiste cette maladie. Alors c'est une maladie virale grave des bovins, une sorte de variole des bovins.

C'est-à-dire que les animaux, quand ils sont atteints par cette maladie, présentent des signes des nodules sur l'ensemble de la peau et sur les muqueuses, une fièvre très importante. 10% d'entre eux vont mourir de cette maladie. Et 50% ne vont pas présenter de signes cliniques, mais vont quand même être contagieux pour les autres. Donc c'est une maladie grave, avec d'énormes pertes de production, des pertes directes, c'est-à-dire des animaux qui meurent, souffrance animale évidemment. Et puis surtout, une grande contagiosité de cette maladie qui se fait soit par contact direct, les animaux les uns à côté des autres, soit par contact indirect. On a beaucoup parlé des mouches.

Alors les mouches ont joué sûrement un rôle important cet été. Ce sont des mouches piqueuses qui transportent le virus de manière passive sur leur pièce buccale. Elles commencent à piquer sur un animal, elles sont dérangées, elles vont sur un autre. Elles ne transmettent pas sur de longues distances, ni sur un long temps. Elles transmettent sur des courtes distances, 2-3 kilomètres, et sur un temps de quelques heures. Par contre, les croûtes, les animaux avec ces nodules, au bout d'un moment ces nodules sulcères, il y a des croûtes, dans ces croûtes, le virus peut résister pendant plusieurs semaines, voire mois.

Et puis c'est une maladie qui est aussi insidieuse dans la mesure où le délai de ce qu'on appelle d'incubation, c'est-à-dire entre le moment où l'animal se contamine et le moment où il fait des signes cliniques, peut être très long, de l'ordre de 3 semaines à 4 semaines. Donc on ne voit rien pendant un certain temps, ce qui fait qu'il y a dû y avoir des mouvements d'animaux, pendant des périodes où on ne voyait encore rien, qui peuvent expliquer le fait qu'il y ait différents départements touchés en France actuellement. Maladie grave, dites-vous, maladie qui ne touche que les bovins.

Parmi les interrogations, il y a bien sûr ce que vous imaginez au sujet des épisodis et de leurs conséquences, Barbara Dufour, vous qui êtes vétérinaire. Alors c'est une maladie strictement bovine, elle peut toucher des bisons, d'autres types de bovidés, de bovins, mais elle ne touche pas l'homme, si c'est ça la question, donc elle n'est pas transmissible à l'homme. Pour autant, elle provoque des pertes économiques qui indirectement touchent la communauté des éleveurs et puis celle des consommateurs aussi, non pas qu'ils soient réceptifs à ce virus, mais par contre, évidemment, les pertes économiques peuvent indirectement les impacter.

Emmanuel Soubéran, est-ce que la France est seule touchée ? Comment se déroule l'évolution, la propagation d'une épisodie de ce type d'un pays à l'autre ? Alors la France n'est pas du tout le seul pays touché. C'est une maladie qu'on a identifiée en Afrique, en Zambie en 1929. C'est une maladie qui est endémique en Afrique subsaharienne, qui dès les années 2010 s'est diffusée au Moyen-Orient, puis dans les Balkans, elle a été éradiquée en 2018, en Asie aussi, où elle est devenue endémique. Et puis plus récemment, on l'a trouvée en Sardaigne, puis en Italie continentale, puis en France, puis en Espagne. Donc la France n'est pas du tout le seul pays touché.

Les moyens de diffusion de cette maladie, c'est par les animaux, les transports d'animaux malades, ou pas encore malades, mais en incubation. Et puis aussi par les insectes, puisque comme l'a expliqué Barbara Dufour, c'est une maladie vectorielle, donc qui est transmise aussi par des insectes. Est-ce que c'est une maladie qui est liée aux techniques modernes d'élevage ? Encore une fois, je vous l'ai dit, elle est endémique dans un certain nombre de pays où les techniques ne sont pas particulièrement modernes. Donc non, ce n'est pas une maladie qui est liée aux techniques modernes d'élevage. Et c'est une maladie qui, effectivement, est très transmissible, très contagieuse, très grave.

Et c'est la raison pour laquelle elle fait partie des maladies listées, dites listées, au sein de l'Organisation mondiale de la santé animale. Et si je posais la question, Barbara Dufour, sur les techniques modernes d'élevage, c'est parce que, bien entendu, on se pose la question de savoir s'il y a plus ou moins d'épisodis aujourd'hui, alors que, je ne sais pas, les animaux peuvent vivre dans une certaine promiscuité, alors qu'il peut y avoir peut-être aussi une certaine vulnérabilité des bêtes ? Je ne parlerai pas de vulnérabilité différente des bêtes, parce que, comme l'a expliqué Emmanuel Souberan, ça touche des animaux très différents.

Moi, j'étais au Cambodge pour une ONG que je préside il n'y a pas très longtemps. J'ai vu des foyers endémiques de dermatoses nodulaires contagieuses sur des bovins tout à fait rustiques, des ébus, etc. Par contre, ce qui est sûr, c'est que les mouvements d'animaux se sont nettement intensifiés. Et ces mouvements, ils sont beaucoup plus modernes et contemporains, et ils accompagnent nos épisodes aussi, comme ils ont accompagné nos épidémies. On a eu l'occasion tous de s'en rendre compte à propos de la Covid-19. Donc, c'est les mouvements qui expliquent l'importance de ces mouvements qui peuvent expliquer la diffusion de ces maladies.

Et là, ça veut dire, Christelle gâche, qu'il y a de plus en plus de bêtes qui rejoignent d'autres troupeaux. Comment ça se passe en France ? Je pense qu'il y avait deux races principales de vaches qu'il y avait peu de mouvements dans les troupeaux. Ça n'est pas le cas.

7:02
Locuteur non identifié

Il y a effectivement, comme l'a expliqué Barbara, différents facteurs qui expliquent qu'aujourd'hui, on a plusieurs maladies qui peuvent circuler en France, et notamment cette globalisation des échanges, des mouvements d'animaux. Et finalement, c'est l'activité humaine qui va être le principal facteur de diffusion des maladies aujourd'hui.

7:19
Invité

Et aujourd'hui, est-ce que cela fait partie d'une liste, puisque cette maladie n'est pas la seule que l'on surveille ? Est-ce qu'il y a d'autres épisodiers dont vous redoutez la survenance ? Par exemple, chez les bovins, je ne sais pas, Emmanuel Soubéran ? Il y a beaucoup d'autres maladies auxquelles il faut penser, et auxquelles pense nécessairement, j'imagine, la France. On peut parler de la fièvre afteuse, par exemple, qui a fait une incursion il y a quelques mois en Allemagne, qui a été jugulée en Allemagne, qui a fait une incursion aussi en République tchèque. Donc ça, c'est une maladie très contagieuse qui pourrait arriver et auxquelles on doit se préparer.

Sur d'autres espèces, on a la peste porcine africaine, par exemple, qui vient d'être avec l'apparition d'un foyer en Espagne récemment et des foyers très proches en Italie. Donc oui, il faut se préparer. Il faut se préparer, Barbara Dufour, ce que l'on ne comprend pas, lorsqu'on n'est pas spécialiste de cette question, c'est l'abattage des bêtes. Pourquoi faut-il les abattre ? Pourquoi faut-il abattre tout un troupeau ? Expliquez-nous. Alors, je l'ai dit tout à l'heure, c'est une maladie extrêmement contagieuse. Donc, quand on observe les symptômes, la maladie est peut-être déjà dans le troupeau depuis plusieurs semaines, 3-4 semaines.

J'ai dit aussi tout à l'heure que 50% des animaux infectés et contagieux ne présentent pas de signe clinique. Donc, vous comprenez bien que quand on observe dans un troupeau des signes sur un certain nombre d'animaux, d'abord, ces animaux-là, malheureusement, souffrent beaucoup et, je l'ai dit, ça fait partie de la protection animale de mettre fin à leur jour de manière... Est-ce que c'est une maladie qui fait souffrir même si les bêtes survivent ? Oui, bien sûr. Ils sont extrêmement amoindris. Les plaies qu'ils ont sur la peau sont très importantes et sont à la fois, évidemment, très délétères en ce qui concerne la peau.

Ultérieurement, on ne peut plus utiliser la peau, mais les animaux souffrent. Il ne faut pas... Bien sûr qu'ils souffrent. Ils souffrent de manière importante.

Donc, quand on observe la maladie, compte tenu à la fois de la présence de mouches, dont j'ai dit qu'elles transmettent tout à l'heure, de la proximité des animaux, notamment des animaux laitiers, qui sont réunis très régulièrement, compte tenu de tout ça, il est évident qu'il y a un certain nombre d'animaux qui sont également infectés et qui vont soit ne pas faire de signes cliniques et risquer de contaminer les troupeaux voisins sans qu'on s'en rende compte, soit faire des signes cliniques tardivement et retarder considérablement, augmenter le risque pour les autres élevages. Je voudrais juste dire un mot sur l'abattage. C'est quelque chose de terrible pour les éleveurs.

C'est psychologiquement très, très difficile à vivre. C'est aussi un acte de grande solidarité par rapport à leurs camarades autour. C'est-à-dire que si on abat un élevage, c'est pour protéger ceux qui sont autour. Ce qui fait que c'est toujours un peu surprenant de voir des éleveurs qui manifestent pour soutenir leurs camarades, on peut tout à fait le comprendre, mais un petit peu contre leurs intérêts. Si on arrêtait de faire l'abattage, il y aurait infiniment plus de troupeaux infectés et infiniment plus de risques. Pourquoi ne pas vacciner les bêtes ? J'ai lu un certain nombre d'articles là-dessus.

C'est très compliqué, ça rappelle l'époque du Covid avec des taux de couverture, ce genre de questions. Expliquez-nous simplement si c'est possible. Barbara Dufour, pourquoi la vaccination n'est pas en première intention quelque chose que l'on fait ? Vous allez, je crois, le comprendre très rapidement. Nous avons 17 millions de bovins en France. Actuellement, il y a eu, impacté par cette maladie, 100 foyers, 110, 111 exactement. J'ai lu 3 000 animaux abattus. On est obligé d'abattre un peu plus de 3 000 animaux. 3 000 versus 18 millions. Par ailleurs, la vaccination n'est pas efficace du jour au lendemain.

La vaccination est efficace au bout de 3 à 4 semaines parce que là aussi, il s'agit d'un vaccin vivant, un virus qu'on a atténué, qu'on a modifié. Et donc, il faut que les animaux réagissent à l'immunité. Donc, si on était débordé par les foyers, si on avait d'un coup 1 000, 1 500 foyers, peut-être qu'il faudrait se poser la question d'une vaccination généralisée, comme ça a été le cas en Grèce, dans les Balkans, dans les années 2016, 15-16. Ils ont fait une vaccination généralisée. Mais parce qu'ils ont eu des milliers de foyers.

Tant qu'on a un petit nombre de foyers, il est beaucoup plus pertinent, sur le plan des éleveurs, sur le plan du coût également, sur le coût global, collectif, sur le plan des éleveurs, sur le plan du commerce international aussi, de ne faire qu'une vaccination locale, périphocale, autour des foyers, pour empêcher le virus de sortir de ses foyers. Christelle Gâche, comment on fait, justement, dans les élevages ? Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?

12:06
Locuteur non identifié

Aujourd'hui, les élevages qui sont situés dans les zones réglementées, c'est-à-dire les zones situées autour des foyers, effectivement, doivent vacciner leurs animaux. Et c'est là où la solidarité doit se mettre en place pour que cette vaccination soit réalisée le plus rapidement possible. Ce qu'on cherche à atteindre, c'est l'immunité collective. C'est-à-dire avoir un maximum d'animaux vaccinés pour empêcher la propagation et la diffusion de la maladie. C'est vraiment un des piliers les plus importants de cette stratégie, encore une fois, pour arriver à éradiquer, éliminer ce virus du territoire.

12:39
Invité

Mais alors, puisqu'on a dit que le problème, c'est qu'aujourd'hui, les bêtes circulaient beaucoup, qu'il y avait différents moyens de contagion, est-ce que c'est possible de dire que l'épizotie, elle est contenue, je ne sais pas, en Haute-Garonne ?

12:53
Locuteur non identifié

Alors, effectivement, dans les différents piliers, on a parlé de la vaccination, on a parlé de l'abattage, on en a oublié deux, la surveillance quotidienne des animaux par les éleveurs pour détecter précocement les foyers et les restrictions de mouvement. Et ce pilier de restrictions de mouvement, même si elle est également très impactante pour les éleveurs qui ne peuvent plus commercer leurs animaux de la même façon qu'avant, elle est vraiment très importante. L'idée, c'est de mettre sous cloche, finalement, une zone géographique, le temps de vacciner un maximum d'animaux et que l'immunité collective soit atteinte.

13:23
Invité

Et cette immunité collective, elle peut être atteinte dans quelles conditions ? Parce que ça, c'est quelque chose que l'on a vu internationalement. Emmanuel Souberan, vous qui êtes directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé animale, on sait, par exemple, comment on s'est débarrassé de cette maladie dans les Balkans ? Oui, on s'est débarrassé de cette maladie dans les Balkans. C'est un bon exemple de solidarité entre les pays puisque plusieurs pays étaient atteints. Donc, on a vraiment eu un travail dans lequel l'OMSA, l'Organisation mondiale de la santé animale, a été très active, mais de mettre tous les pays autour de la table, de faire en sorte qu'ils travaillent ensemble.

Là-bas, c'est effectivement la vaccination et l'abattage qui ont été appliqués avec en plus des mesures de restrictions des mouvements. Mais en effet, chaque situation épidémiologique est différente. Donc, avoir une bonne couverture vaccinale, on dit traditionnellement que c'est 70%. Enfin, je parle devant le professeur de l'école vétérinaire d'Alfort. Mais voilà, dans une zone, pour avoir une bonne couverture vaccinale, il faut au moins 70% des animaux vaccinés. Mais peut-être Barbara pourrait confirmer. Oui, ça dépend un petit peu de la contagiosité de la maladie, mais entre 70 et 80% d'animaux correctement vaccinés.

Correctement vaccinés, ça veut dire ayant une réaction immunitaire au vaccin. Donc, avec un bon vaccin et avec le temps nécessaire avant d'être infecté. Et dans l'intervalle, est-ce qu'il y a un risque à consommer de la viande, du lait, d'une bête contaminée ? Aucun. Il n'y a aucun risque à consommer de la viande ou du lait d'un animal contaminé. Mais je rappelle qu'en France et d'une manière générale en Europe, on ne consomme pas les animaux malades. Donc ça, c'est quand même quelque chose d'extrêmement important et quand même d'extrêmement... une règle générale pour l'ensemble de nos animaux.

Comme vous avez dit que les signes de la maladie pouvaient ne pas se détecter, j'imaginais, Barbara Dufour, qu'on pouvait ignorer qu'une bête était malade. Oui, alors c'est pour ça aussi que dans les troupeaux infectés, on abat et on détruit, malheureusement pour les éleveurs, la totalité des animaux. Christelle Gache, un commentaire.

15:40
Locuteur non identifié

Oui, effectivement, c'est ce qu'a rappelé Barbara, c'est-à-dire que là, on cherche à avoir une immunité collective entre 70 et 90%. Aujourd'hui, dans les territoires qui ont été infectés en 1er, fin juin, je pense notamment au Savoie, on est à 100% de vaccination, d'animaux vaccinés. Donc là, on sait que ça fonctionne, cette stratégie fonctionne, on n'a plus de circulation dans cette zone-là. donc il faut continuer de vacciner et c'est vraiment, je pense, cette action qui doit être aujourd'hui au cœur de notre mobilisation.

Et puis effectivement, Barbara l'a expliqué, aujourd'hui, les animaux malades ne rentrent pas dans la chaîne alimentaire, c'est important de le rappeler, quelle que soit la maladie.

16:21
Invité

Et les éleveurs poursuivent la vaccination puisque là aussi, si les animaux circulent, est-ce qu'il ne faudrait pas dépasser, on parle de la Savoie, aller, je ne sais pas, vers l'un, le Jura, les autres régions environnantes ?

16:35
Locuteur non identifié

Aujourd'hui, les restrictions de mouvement, elles s'établissent dans un rayon de 50 km autour des foyers. Donc, on a ce cordon sanitaire, on va dire, qui nous permet d'être rassurés sur l'absence de diffusion de la maladie. En tout cas, c'est le rayon qui est retenu dans le cadre de cette maladie.

16:51
Invité

On continue d'évoquer cette crise agricole, on va voir son versant politique dans une vingtaine de minutes, on sera également en duplex avec un éleveur qui nous expliquera pourquoi certains éleveurs sont en colère, d'autres inquiets et puis on évoquera aussi ce que l'opinion appelle les outrances et les fake news qui se déchaînent au sujet de cette maladie. 8h sur France Culture.

17:17
Présentateur

6h30, 9h, les matins de France Culture. Guillaume Erner.

17:21
Invité

Oui, nous continuons d'évoquer cette dermatose nodulaire, donc c'est une maladie qui touche les bovins mais c'est aussi une colère qui touche beaucoup d'éleveurs avec ses différentes dimensions symboliques, politiques, qu'a évoqué Jean Lémarie. Nous sommes en compagnie de Christelle Gâche qui est vétérinaire et directrice du réseau des groupements de défense sanitaire. Vous regroupez près de 50 000 éleveurs. Barbara Dufour, vétérinaire, pardon, épidémiologiste, professeure émérite à l'école nationale vétérinaire. Vous nous avez expliqué pourquoi on poursuivait cette politique d'isolement et d'abattage de certains troupeaux touchés. Actuellement, il y a eu un peu plus de 3 000 bêtes abattues.

Emmanuel Soubéran, vous êtes directrice générale de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale. Vous avez dit qu'il y avait un certain nombre de pays qui avaient été atteints par cette maladie et les Balkans avaient réussi à aujourd'hui éradiquer la dermatose nodulaire. Et puis, nous sommes en ligne avec un éleveur, Étienne Fourmont. Bonjour. Bonjour. Étienne Fourmont, vous êtes un influenceur agricole. C'est comme ça aussi que l'on pourrait vous appeler et vous présenter. Vous êtes installé à Viray en Champagne, donc dans la Sarthe. Vous avez 120 vaches et vous êtes membre de la FNSEA. Pourriez-vous nous dire comment vous vivez cette crise agricole ?

18:51
Locuteur non identifié

Je pense comme tous les paysans, très mal. Très mal parce que la maladie est grave et que ça touche des troupeaux et qu'on abat des troupeaux et très mal parce qu'on est en train de se déchirer entre nous sur savoir s'il faut abattre ou pas abattre et on est en train de politiser l'histoire alors que la DNC se moque totalement de savoir si vous votez à droite, à gauche, à la conf, à la CR. Donc, ça devient triste et ça devient assez horrible.

19:23
Invité

Qu'est-ce que vous voudriez, vous ?

19:26
Locuteur non identifié

Moi, personnellement, ma position, je l'ai toujours soutenue. C'est l'abattage total quand il y a un cas de DNC dans le troupeau. Ce que je veux, c'est qu'on écoute les vétérinaires, ce que je veux, c'est qu'on écoute la science, ce que je veux, c'est qu'on protège les bovins français et qu'on arrête de partir dans des guerres syndicales ou politiques.

19:49
Invité

D'après certains journaux, l'opinion, par exemple, ce matin, apparemment, il y a beaucoup de fake news qui circulent parmi les éleveurs.

19:58
Locuteur non identifié

Oui, il y a beaucoup de fake news qui circulent parmi les éleveurs. Je suis bien placé pour le savoir et pour le voir puisque, comme vous le disiez, je suis très actif sur les réseaux sociaux et je discute avec beaucoup d'éleveurs et je vois beaucoup de fausses informations qui circulent. J'essaie d'en débunker quelques-unes.

20:13
Invité

Qu'est-ce qui se passe ? Parce que nous, évidemment, on est largement moins profondes de ces discussions que vous. Alors, qu'est-ce qu'ils racontent certains de vos collègues, Étienne Fourmont ?

20:27
Locuteur non identifié

La dernière, c'était la plus grosse. C'était que, dans le cas où il y a eu la manifestation avant-hier, il y a 2-3 jours, que les vétérinaires n'auraient pas voulu euthanasier les animaux et que 70 vétérinaires ont été radiés de l'ordre parce qu'ils ne voulaient pas abattre les animaux. Elle a beaucoup circulé ce week-end, celle-là, qui est évidemment fausse, mais elle a été lancée et tous les anti-vax, tous les anti-abattage l'ont repris. Et c'est des informations comme ça qui circulent à droite, à gauche ou des messages qui disent qu'il ne faut pas déclarer la DNC quand un troupeau est touché parce que sinon, ils vont venir abattre le troupeau.

Voilà, c'est des horreurs comme ça qui circulent, qui font encore plus de mal, qui rajoutent du mal à la situation et c'est vrai que c'est compliqué à vivre.

21:11
Invité

Dites-moi par ailleurs, Étienne Fourmont, donc vous, vous avez 120 vaches, donc c'est une belle exploitation. Comment vivez-vous indépendamment de cette maladie ? Comment viviez-vous ? Quelle est la situation des éleveurs bovins ? Donc vous faites du lait, j'imagine que vous faites de la viande aussi. Comment ça se passe ces temps-ci ?

21:31
Locuteur non identifié

Oui, alors en production laitière, 2025, on a connu un peu une baisse du prix du lait. On reste sur des années meilleures que, on va dire, 2020 ou 2021 ou 2019. Le cours de la viande aussi a beaucoup augmenté depuis un an, donc ça, c'est plutôt positif. Maintenant, on est tous sur les dents et on attend tous de savoir comment ça va se passer parce que la situation devient compliquée. Mais par contre, Mercosur, charges administratives, ça, on n'a rien dans le... Pour le coup, on rajoute des contraintes aux contraintes et je pense que c'est ce qui est en train d'exploser dans le sud. L'ADNC, c'est l'étincelle qui va mettre le feu à la poudrière. Un commentaire,

22:19
Invité

Christelle Gach, vous qui regroupez un grand nombre d'éleveurs.

22:23
Locuteur non identifié

Oui, on est sur une crise sanitaire quand même inédite. La maladie, elle est complexe, tant sur le plan épidémiologique que sur le plan sociétal, mais effectivement, l'éleveur l'a très bien rappelé. Alors, complexe, parce qu'il y a une durée d'incubation assez longue, il y a une phase d'amplification, il y a des animaux qui sont asymptomatiques, il y a des mesures très contraignantes, on l'a rappelé.

22:43
Invité

Oui, donc c'est une saloperie, mais sur le plan social, qu'est-ce qui est compliqué ?

22:49
Locuteur non identifié

Donc, c'est une maladie qui légitimement apporte de la peur, il y a des craintes, beaucoup d'interrogations, effectivement, il y a une politisation de la crise sanitaire, une ultra-médiatisation avec les réseaux sociaux, les fake news, on en a parlé. Donc, il y a toute cette complexité aujourd'hui dans la gestion de crise.

23:08
Invité

Jean-Lémarie, vous avez donc évoqué cette maladie dans votre billet politique. Bon, à chaque crise agricole, il y a un volet politique parce qu'il y a peu d'agriculteurs, mais ils sont très politiques.

23:21
Locuteur non identifié

Ce qui est frappant, là, effectivement, au-delà des divisions qu'on évoquait au sein même du mouvement syndical agricole, c'est à quel point les crises s'ajoutent, se mêlent, se confondent et sont parfois, d'ailleurs, entretenues telles des braises par le monde politique, alors que c'est déjà dans l'absolu extrêmement compliqué à suivre et à appréhender. La question que je me pose moi ce matin et elle est peut-être pour notre invité éleveur à distance aussi, quel serait le bon moyen de partager un constat chez les uns, chez les autres, de mettre aujourd'hui tout le monde autour de la table alors que la défiance, encore une fois, semble très importante ?

Le bon moyen c'est d'écouter la science, je pense, c'est d'écouter les vétérinaires, c'est qu'on soit pragmatique, qu'on, je n'ai pas envie de dire que c'est foutu d'avance, mais qu'on garde notre calme et qu'on analyse froidement, c'est difficile à dire, mais froidement la situation et que, voilà, je pense que c'est ça qu'il faut faire. Après, je suis éleveur, je serai touché par la DNC, je serai effondré, évidemment, mais c'est compliqué, quoi.

24:30
Invité

Parce que, Étienne Fourmont, vous, vous représentez les éleveurs, donc là, en l'occurrence, vous êtes syndiqué à la FNSEA, mais les deux autres syndicats, eux, qui participent à la colère, sont à la fois donc à l'extrême droite et plutôt à l'extrême gauche et eux, ils sont très éloignés de partager votre sentiment. Comment vous l'expliquez ?

24:56
Locuteur non identifié

Alors, je suis adhérent à la FNSEA, je ne suis pas responsable du tout, je ne suis pas responsable du tout, ni politique, je tiens à le préciser, je n'ai aucune responsabilité, donc... Non, et à l'heure, vous avez le droit d'être syndiqué. Ah non, mais tout à fait, mais ce que je veux dire, c'est que je parle de responsabilité et je ne dois rien à personne dans mes messages. Ils réagissent, j'ai presque envie de dire comme toujours, ils ont réagi en opposition à la FNSEA et en opposition au gouvernement, voilà, c'est un peu ce que je ressens sur le terrain.

Ils réagissent beaucoup dans l'émotion puisque c'est ce qui fait gagner des voix aujourd'hui quand vous politisez la chose ou syndicalisez la chose, on va dire. Donc, voilà, c'est leur avis, je pense qu'ils sont sincères dans leur position, mais il y a toujours ce côté, comme vous l'avez expliqué, très politisé, très syndical qui fait que, de toute façon, maintenant, aujourd'hui, on a perdu le contrôle de la raison, je pense.

25:53
Invité

Barbara Dufour, tout ça ne nous rajeunit pas, on a l'impression de revivre le Covid, mais cette fois-ci, pour les bovins, donc on retrouve les mêmes questions, les mêmes problématiques sur le vaccin. Alors, bon, je ne mènerai pas le parallèle jusqu'au bout, mais il y a quand même un même scepticisme à l'égard de la science qui s'exprime. Oui, c'est tout à fait vrai ce que vous dites et ce scepticisme vis-à-vis de la science exprime la défiance dont a parlé Jean-Lémarie tout à l'heure. Elle est globale, elle est vis-à-vis aussi du gouvernement, elle est vis-à-vis de notre absence, j'allais dire, de budget aujourd'hui.

Enfin, tous ces éléments-là jouent, y compris sur des aspects très techniques. Moi, je voudrais rappeler deux choses sur le plan technique. Aujourd'hui, on a eu 111 foyers en France, on a abattu, comme vous l'avez rappelé, un peu plus de 3 000 bovins. Donc, c'est très peu de choses. Rappelons-nous quand même qu'aujourd'hui, chaque jour, dans les abattoirs français, on abat environ 11 000 bovins pour la consommation. Donc, je mets juste en perspective depuis le mois de juin jusqu'à maintenant, on a abattu un peu plus de 3 000 bovins alors que chaque jour, c'est 11 000 en France. Alors, vous allez me dire, d'un côté, on les consomme, de l'autre, on ne les a pas consommés.

Bien sûr, mais ça ne change pas énormément de choses. Je voudrais dire quand même que les 111 éleveurs qui ont été dans une détresse réelle et ils l'ont fait pour solidarité pour les autres et que si on arrêtait ça, on n'aurait peut-être pas 111 foyers, mais peut-être 1 000, 2 000, 3 000 foyers avec 10 % de mortalité et puis notre capacité à échanger avec nos collègues de l'Union Européenne, on vend chaque année, vous l'avez rappelé, près de 1 700 000 broutards sur l'Espagne et sur l'Italie, ce serait terminé.

Donc, moi j'entends ce que dit l'éleveur là qui vient de s'exprimer de manière très raisonnable, c'est-à-dire qu'à un moment donné, surtout que lui il est dans une zone où il n'a pas tellement envie que ça arrive et je le comprends parfaitement, quelque part, ces gens-là sont protégés par les mesures qui sont prises. Donc, on peut s'élever contre ces mesures pour des raisons à la fois de détresse des individus, d'exploitation un petit peu de cette détresse par certains, mais il faut savoir que ces mesures, elles protègent le troupeau français, c'est-à-dire nos 17 millions de bovins. Voilà.

Christelle Gach, quels sont les arguments qui portent et ceux qui ne portent pas auprès de vos adhérents puisque je rappelle que vous représentez 50 000 éleveurs, l'aspect sanitaire donc des choses auprès d'eux ?

28:21
Locuteur non identifié

Alors oui, le réseau des GEDES représente beaucoup plus que 50 000 éleveurs en la quasi-totalité des éleveurs bovins en France aujourd'hui. Effectivement, la solidarité, Barbara l'a bien expliqué, quand un éleveur abat son troupeau, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'il protège une dizaine de troupeaux autour et il n'y a que de cette façon-là qu'on pourra effectivement éradiquer la maladie. L'objectif, c'est d'éradiquer la maladie et donc forcément, on a des mesures très fortes et très contraignantes. On évalue, on critique des mesures de gestion toujours au regard de l'objectif qu'on se donne.

Éradiquer une maladie, c'est compliqué et l'action doit être collective et transpartisane pour réussir ce change.

29:03
Invité

Surtout que les maladies, est-ce qu'on a dit, Emmanuel Soubéran, vous qui êtes directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé animale, on a dit que ces maladies, elles circulaient. La France n'est évidemment pas le seul pays touché par cet épisodier. Certains pays l'ont éradiqué. Il y a aussi un certain nombre de contextes qui expliquent le développement de ces maladies. Par exemple, le réchauffement climatique qui lui aussi a un facteur aggravant. Tout à fait. On a un certain nombre et en particulier sur les maladies dites vectorielles comme la dermatose nodulaire qui est une maladie qui est transmissible, on l'a vu, par des insectes.

En fait, le changement climatique a des impacts sur l'évolution de ces insectes. Petit à petit, ils arrivent de plus en plus vers le nord. Donc, on a une évolution des maladies qui est très impactée par le changement climatique avec aussi des questions qui sont liées à la sécheresse, à l'absence d'eau dans certaines régions, etc., qui impactent directement la santé animale. Et la santé animale, on a toujours le sentiment que c'est une question de vétérinaire. C'est un sujet technique à gérer par les vétérinaires. En réalité, améliorer la santé animale, ça va avoir des impacts évidemment sur la sécurité alimentaire, c'est-à-dire la production, mais aussi sur la santé publique.

Ce n'est pas le cas dans le cas de cette maladie, mais il y a d'autres maladies qui sont transmissibles à l'homme. Ça peut avoir un impact sur la biodiversité aussi. Beaucoup de maladies sont transmissibles des animaux sauvages aux animaux de rente. Et puis, le lien avec le changement climatique est évident. Donc, c'est un sujet qui en réalité est technique, doit être géré de manière technique et on doit le gérer en se basant sur la science, mais il a des impacts politiques finalement ce que vous disiez et c'est nécessaire que ces sujets soient pris en compte au niveau politique. Barbara Dufour, vous opinez du chef.

Oui, je suis tout à fait d'accord avec ce qui est dit sur le réchauffement climatique notamment et sur son impact sur les maladies. Il faudrait rajouter à ça quand même la circulation, l'impact, on en a parlé dans la première partie, l'impact de la circulation des animaux, c'est-à-dire qu'on fait circuler beaucoup plus les animaux qu'on ne le faisait auparavant et ça présente des risques. Je voudrais dire une autre chose aussi sur la vaccination.

Noyer l'ensemble de la France sous la vaccination outre le fait qu'économiquement ça ne tiendrait pas et ça ne tiendrait pas pour nos exports, pour plein de choses, c'est quelque chose sur lequel les éleveurs sont demandeurs à un moment donné mais quand il faut entretenir cette vaccination c'est plus compliqué. Et on l'a vu sur d'autres épisodes qui ont eu lieu cet été, je pense notamment à la fièvre cataralovine dans l'Ouest où on a eu aussi une épisode aussi strictement animale dont on a peu parlé où on avait des vaccins disponibles où ils étaient à disposition des éleveurs et où les éleveurs ont finalement assez peu vacciné. Pourquoi ?

Probablement parce que les contraintes vaccinales sont lourdes même s'ils ne payent pas le vaccin, il faut qu'ils injectent le vaccin soit eux-mêmes soit qu'ils fassent appel à un vétérinaire qu'ils rémunèrent à ce moment-là. il faut attraper les animaux il faut les contraindre il y a une gestion vraiment quotidienne qui est complexe. Etienne Fourmont est-ce que vous vous vaccinez vos bêtes comment ça se passe aujourd'hui vis-à-vis non seulement de cette maladie mais d'autres maladies parce qu'on a quand même éradiqué beaucoup de maladies et d'épisodis.

32:33
Locuteur non identifié

Oui, oui. Alors concernant la DNC pour l'instant on n'a pas de vaccin on n'est pas en zone touchée. puisque vous êtes dans la Sarthe. Exactement dans l'ouest dans le grand ouest de la France.

Donc pour l'instant on n'a pas de vaccin FCO vous en parliez à l'instant je n'ai pas vacciné pour la FCO tout simplement parce que les variants changent beaucoup pour la FCO et du coup on a plusieurs vaccins différents et l'impact de la FCO ça s'est surtout joué sur la reproduction des animaux c'est-à-dire que les vaches étaient difficiles à inséminer enfin elles ne prenaient pas l'insémination du coup le coût économique est entre guillemets moindre mais on n'est pas du tout sur la même maladie que l'ADNC Oui parce qu'il y a d'autres maladies

33:16
Invité

alors des maladies très graves des maladies aussi qui peuvent contaminer les hommes par exemple la tuberculose bovine maintenant il y a beaucoup d'élevage où on voit le panneau tuberculose éradiqué dans cet élevage-là ça s'est passé comment par exemple pour les éleveurs vis-à-vis de ces maladies qui sont très surveillées parce que la tuberculose bovine elle est transmissible à l'homme Étienne Oui

33:43
Locuteur non identifié

nous on n'a pas moi je n'ai pas été touché heureusement par la tuberculose dans notre région peu à ma connaissance mais c'est comme la DNC c'est-à-dire qu'on a abattu des troupeaux aussi on a abattu des animaux et on n'en a pas fait je pense qu'il y a un côté très on a tellement maintenant politisé la situation et les médias se sont emparés et on en parle beaucoup beaucoup aujourd'hui mais des maladies en élevage on en a toujours connu et je pense qu'on en connaîtra toujours et je pense que c'est même le gros sujet qui devrait plus nous inquiéter c'est nous adapter aux futures maladies qui vont arriver sur nos élevages dans les années qui viennent parce qu'on voit la DNC aujourd'hui mais il y en a d'autres qui peuvent aussi arriver avec le changement climatique et je pense que c'est le gros sujet où l'État doit vraiment s'adapter à ça

34:26
Invité

Barbara Dufour Oui un mot sur tuberculose et aussi sur bruxellose ce sont vraiment des succès entre guillemets alors la tuberculose c'est pas fini et notamment dans le sud-ouest il y en a encore mais tout l'ouest de la France tout le nord de la France a réussi à assainir le troupeau de tuberculose alors que c'est très compliqué là on n'a pas du tout de vaccins on a des tests qui sont compliqués à mettre en oeuvre et pour la bruxellose on a réussi on a éradiqué toute la France et ça ce sont des maladies transmissibles à l'aube et extrêmement lourdes pour la santé publique Emmanuel Soubéran il y a aussi une question d'exportation puisque la viande française elle n'est pas seulement consommée en France bien sûr Oui en fait lorsque l'on liste une maladie au niveau de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale on définit en fait les conditions dans lesquelles un commerce sûr peut avoir lieu donc en effet lorsqu'une maladie est introduite dans un pays et bien il y a des règles qui vont s'appliquer des normes internationales qui sont reconnues et qui vont compliquer le commerce non pas pour compliquer le commerce mais surtout pour faire en sorte que ce commerce qui existe ne soit pas une source de diffusion des maladies donc c'est finalement tous les pays qui en bénéficient et je voudrais vraiment insister sur cette notion de solidarité dont on a déjà parlé plusieurs fois depuis le début aujourd'hui solidarité entre les pays solidarité entre les éleveurs et puis solidarité aussi qui est nécessaire sur les filières parce que les efforts que font les éleveurs dans leurs élevages dans le cadre de politiques publiques menées par l'Etat et c'est vrai dans tous les pays du monde bien sûr c'est pour eux c'est pour la santé de leurs animaux c'est pour la production mais c'est aussi pour l'aval de la filière qui va pouvoir avoir des produits de qualité et pour le consommateur in fine Christelle Gâche

36:16
Locuteur non identifié

oui oui tout à fait Emmanuel l'a bien résumé on a aujourd'hui des maladies enfin on ne peut pas raisonner à l'échelle d'un territoire les maladies elles ne connaissent pas de frontières donc toutes ces mesures de stratégie doivent se raisonner à l'échelon européen voire international

36:32
Invité

bon ce qui se passe Jean Lémarie c'est que la période étant chaude politiquement en matière de réchauffement climatique il risque d'y avoir là aussi des instrumentalisations

36:44
Locuteur non identifié

elle est chaude de tous les côtés et puis encore une fois il faut regarder simultanément des aspects très affectifs et tellement compréhensibles encore une fois ce que les éleveurs subissent est extrêmement dur il faut le dire il faut le redire et puis cette situation politique objective on parle de situation internationale et commerciale le débat sur le Mercosur il est brutal il est vif ce qui se joue en ce moment en Europe la capacité de la France à faire valoir sa voix aujourd'hui elle est très limitée Emmanuel Macron a redit hier soir que le compte n'y était pas sur le Mercosur mais il a face à lui des partenaires européens qui eux pressent la commission européenne d'aller au bout de cet accord avec les pays du Mercosur

37:24
Invité

un mot de conclusion Barbara Dufour la conclusion c'est que on a presque gagné contre la DNCB la dermatose de l'hier contagieuse il faut qu'on poursuive moi je suis j'ai l'intime conviction alors je suis souvent un peu optimiste mais j'ai l'intime conviction qu'on aura peut-être encore quelques foyers mais le plus gros est derrière donc si on poursuit comme ça dans quelques mois on parlera d'autres choses de l'influenza aviaire on parlera encore de la tuberculose etc mais on parlera plus de cette maladie on aura gagné contre elle donc il faut que les efforts se poursuivent y compris évidemment dans la douleur et je comprends la douleur des éleveurs merci beaucoup Barbara Dufour vous êtes vétérinaire épidémiologiste Christelle Gâche vétérinaire directrice du réseau des groupements de défense sanitaire l'éleveur et youtubeur youtubeur ça s'écrit comme skiber les tartines Etienne Fourmont et puis Emmanuel Souberan directrice générale de l'organisation mondiale de la santé animale un mot pour vous dire que vous pouvez entendre le LSD donc la série documentaire de Pauline Chanut le monde après le spécisme d'en finir avec l'oppression des animaux ce LSD a été réalisé par Clémence Grosse dans quelques instants mes camarades François Saltiel Lucille Comeau et le journal le 8h45 d'Anne Lorchouin