L'invité de Bourdin Direct : Nadine Morano - 19/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Nadine Morano, bonjour.
Bonjour.
Députée européenne. Vous êtes rare sur les plateaux télé.
Je viens, vous me dites ça.
Mais non, mais c'est vrai, je ne sais pas. Bon, d'accord. Invitez-moi plus souvent. Bon, allez, on va commencer avec l'affaire Fillon. J'avais envie d'en parler. Vous avez vu ce qui s'est passé ? La magistrate en charge de l'enquête affirme avoir subi des pressions pour ouvrir une information judiciaire. Pression du procureur général. Eliane Oulette, qui dirigeait le parquet financier, nommé par François Hollande, a d'abord résisté, évoquant la nécessité d'avoir plus d'éléments. Puis, Eliane Oulette a ouvert l'information judiciaire le 24 février 2017. Finalement, elle a dit aussi qu'elle était persuadée qu'elle avait suffisamment d'éléments pour le faire. Quelle réaction ?
Est-ce que vous pensez...
Je ne suis même pas consternée.
Est-ce que vous pensez que le pouvoir, à l'époque, a volé l'élection à François Fillon ?
Oui, mais on n'a pas arrêté de le dire, M. Bourdin. Donc, il faut reprendre un petit peu nos déclarations à ce moment-là. On a bien vu cette célérité de la justice, du parquet national financier, qui, sur la base d'un article du Canard Enchaîné, s'autosaisit avec une rapidité incroyable. Et voilà, en fait, le parquet national financier était devenu un bras armé politique pour, allez, on va dire, assassiner politiquement notre candidat. Cette élection, elle était considérée comme imperdable. Donc, il fallait bien opérer d'une manière un peu plus violente et tactique.
Enfin, François Fillon l'a perdu aussi de sa faute, en partie quand même, non ?
Je pense que sa communication n'a pas été très bonne en la matière, mais je crois aussi que les faits le démontrent. Il y a eu des pressions. Elle le dit. Bon, c'est dommage qu'elle le dise que maintenant. Mais on n'est pas dupe. Personne n'est dupe. Donc, François Fillon a été, d'ailleurs, médiatiquement condamné. C'est ce qui était profondément scandaleux. Il y avait un jugement médiatique. Donc, il était dans un piège, dans une espèce de souricière. C'était absolument dramatique. Et pour la première fois de la Ve République, la droite n'a pas eu de candidat au second tour de l'élection présidentielle. Ce qui est... Oui, c'est une opération...
Ça va peut-être vous arriver en 2022 aussi, hein ? Oui, à bon, c'est quoi ? Que la droite n'ait pas de candidat, je ne sais pas, au second tour de la présidentielle. Vous avez... Tiens, la droite qui est en pleine recomposition, non ? Je ne sais pas, parce que j'ai entendu hier Robert Ménard, qui était à votre place, nous dire que Marine Le Pen ne serait pas élue en 2022. Vous êtes d'accord, d'ailleurs ?
Oui, je pense que Marine Le Pen n'a aucune chance d'être élue présidente de la République.
Mais pourquoi ?
Pourquoi dites-vous tout cela ? Mais pourquoi ? Parce qu'elle incarne encore le ras-le-bol, elle incarne la contestation, elle n'incarne pas une forme de proposition crédible. C'est une réalité, d'ailleurs, Robert Ménard le disait à votre micro hier, son programme économique est une hérésie. Enfin, la retraite à 60 ans, tout ce qu'elle est... Mais elle est l'anti-construction pour la France, pour son avenir. On ne peut pas mettre entre les mains de Marine Le Pen l'avenir de la France. Enfin, ce n'est pas possible, ce n'est même pas crédible.
Robert Ménard appelait justement un autre rassemblement, avec d'autres personnalités, avec la droite, avec certains des Républicains. Vous seriez prêts à travailler avec lui ?
Mais nous, on se parle régulièrement, pour ne rien vous cacher, on s'est même appelé hier, vous voyez. Après son intervention ? Oui, parce que moi, je lui ai dit que j'avais une analyse différente s'agissant des partis politiques, parce que je pense que les partis politiques ont un rôle majeur, contrairement à ce qu'il dit. Alors, je comprends, lui, il n'appartient pas à un parti politique. Moi, j'ai appartenu au Rassemblement pour la République, j'ai appartenu au RPR et maintenant chez les Républicains.
Nous avons une organisation territoriale de gens qui partagent nos convictions, nos valeurs, nos idées, qui viennent dans notre parti politique, qui travaillent dans nos fédérations départementales. Et aujourd'hui, on représente dans les communes les plus gros bastions de la droite et le centre. C'est nous qui les avons, mais parce que nous sommes implantés, nous avons des racines locales dans les territoires. Et puis, notre ADN, c'est le gaullisme. J'allais en parler. Notre ADN, nous, c'est le gaullisme. Donc, franchement...
Oui, Robert Ménard qui n'est pas particulièrement gaulliste.
Oui, mais moi, oui. C'est le début de mon engagement politique.
Mais vous pourriez créer un grand rassemblement.
Maintenant, il faut construire l'avenir.
Il faut construire l'avenir. 2022 approche.
Oui, mais 2022 approche. Et puis, vous savez, quand j'entends sur les plateaux télé la première opposition, la force d'opposition, c'est Marine Le Pen. Mais enfin, excusez-moi, la réalité, c'est que le nombre de parlementaires, de députés qui incarnent l'opposition, la vraie opposition, ce sont les Républicains. Nous avons plus de 100 députés, plus nos sénateurs, plus les députés européens. C'est une force parlementaire qui nous pose, de fait, comme la première force d'opposition. Et puis, sur notre territoire...
Mais pourquoi est-ce que les Français ne le voient pas, ne le sentent pas ? Parce que vous n'existez pas suffisamment ? Parce que vous n'avez pas de leader ? Vous avez un leader ? Qui est votre leader aujourd'hui ? Qui serait votre candidat en 2022 ? Tiens, aujourd'hui.
Vous le connaissez ? Vous l'avez rappelé tout à l'heure, nous avons subi une très lourde défaite électorale. De ça, il a fallu se reconstruire. Nous faisons par nos territoires, puisque, encore une fois, le premier tour des élections municipales ont démontré notre force locale.
Vous allez perdre peut-être Marseille, vous allez peut-être... On verra, on verra.
Pour l'instant, nous sommes en position de force partout dans les territoires. Et c'est ça qui est important. Peut-être Toulouse, nous verrons. Non mais...
Oui, on verra.
On verra, mais simplement, déjà, rien que le premier tour nous démontre que nous sommes encore en force. Sur l'ensemble des communes de France, où nous avions nos candidats. Et sans compter toutes les communes que nous avons gagnées au premier tour. De mémoire, on est à 56% des villes de plus de 9000 habitants. Donc, il faut quand même regarder ce que sont les Républicains. Nous, on est un parti de gouvernement. On n'est pas un parti contestataire. On n'a pas vocation à se fourvoyer dans la démagogie, dans des propositions qui ne sont pas réalistes, dans des propositions qui vont endetter le pays, qui ne prépareront pas l'avenir pour nos enfants. Ce n'est pas ça, nous.
Et la réalité, c'est que nous devons occuper justement cette voie centrale pour l'alternance pour la France. Alors oui, pour l'instant, c'est vrai, vous avez raison, même si nous sommes en ordre de bataille, nous n'avons pas d'incarnation présidentielle. Et pour ne rien vous cacher, ça nous affaiblit un peu. Donc, je suis pressée d'avoir... Vous avez une idée ?
Oui.
Vous avez une idée ? Il faut nous donner encore un peu de temps. D'abord, nous n'allons pas...
Est-ce que vous voyez à l'horizon poindre le visage de votre candidat ou votre candidate ? Un homme ou une femme ?
Notre force aussi, c'est que nous avons beaucoup de personnalités, de talents dans notre famille politique. Et de personnalités d'expérience. Parce que ça aussi, ça compte. Parce qu'on nous a fait un nouveau monde. Là, on clique sur Internet et on pose sa candidature pour être député. Ce n'est pas ça, la vie politique. Il faut de l'expérience. Il faut des convictions profondes. Il faut une vision pour la France. C'est tout ça aussi, être candidat à des élections.
Il faut être gaulliste. Votre candidat devrait être gaulliste. Non, enfin, je dis gaulliste parce que tout le monde se revendique du gaullisme aujourd'hui.
Oui, mais être gaulliste, ça veut dire quoi ? C'est d'abord un message, vous savez. C'est d'abord... C'est être aussi décolonisateur. Non, mais hier, on a fêté l'appel du 18 juin. Oui. Et cet appel, c'était quoi ? C'était un appel à la résistance, c'est le contraire de ce que fait M. Castaner et de M. Macron qui, eux, mettent un pied, un genou à terre. Genou à terre. Moi, quand je l'ai entendu chez vous, Christophe Castaner, heureusement que j'étais assise. Parce que sinon, je serais tombée de l'armoire. Voilà quelqu'un qui est ministre de l'Intérieur et qui a toléré une manifestation illégale. C'est le contraire du gaullisme.
Le gaullisme, c'est l'ordre, c'est l'autorité de l'État, c'est l'indépendance, c'est la puissance.
La manifestation de soutien à Adama Traoré, c'est ça.
Mais c'est scandaleux. Enfin, vous vous rendez compte que...
Vous l'auriez interdit de vous ?
Mais bien sûr que je... Alors, il faut savoir. Où nous sommes en crise sanitaire et les rassemblements publics de plus de 10 personnes sont interdits, ou ça n'est pas interdit et vous permettez les manifestations. D'ailleurs, vous aurez constaté que le préfet de police a fait un article 40 pour dénoncer justement cette manifestation illégale, contrairement à son ministre de l'Intérieur. Donc, complètement en porte-à-faux avec le ministre de l'Intérieur.
Vous l'aime bien, le préfet de police.
Moi, j'aime l'autorité, j'aime l'ordre. Et moi, je ne supporte plus ce qu'on voit aujourd'hui. Alors, ces minorités tyranniques, là, qui veulent venir débouler des statuts parce qu'il y a eu un fait très grave aux Etats-Unis, vouloir calquer ce qui s'est passé aux Etats-Unis. En France, je trouve ça scandaleux. Parce que la manifestation de soutien à Adama Traoré, l'affaire Traoré n'a rien de racial, M. Bourdin, mais rien. Rien. Elle n'a rien de racial. D'ailleurs, comme vous le savez, deux gendarmes qui ont procédé à son arrestation sont entiers.
Mais on est dans une affaire judiciaire et dans un acte politique d'une espèce de minorité tyrannique qui veut faire pression, là encore, sur la justice. Et vous avez un ministre de l'Intérieur qui, de fait, s'est positionné du côté des délinquants et n'a pas soutenu ce qui aurait dû être son devoir et le respect de sa fonction. Ces hommes, il aurait dû soutenir la police, les gendarmes et même les policiers municipaux. L'ensemble de nos forces de sécurité, aujourd'hui, il les a désarmées moralement.
Vous avez trouvé une cible de tout ça, c'est Christophe Castaner. Non, non, c'est même pas ma cible. Moi, c'est même pas ma cible, Christophe Castaner.
Je fais un constat, mais je vais vous dire la réelle cible aujourd'hui. C'est Emmanuel Macron, M. Bourdin. Quand M. Macron, le Président de la République, vient faire une déclaration télévisée et qu'il dit son respect aux forces de l'ordre, la reconnaissance de la nation aux forces de l'ordre, ce sont des mots. Les actes auraient mérité qu'il dénette M. Castaner de ses fonctions. On ne peut pas dire qu'on va tolérer une manifestation interdite. Il n'y a plus d'ordre. On ne peut pas dire que sous soupçon avéré de racisme, on prend des mesures de sanction. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Tout ça est contraire à la mission, à la fonction du ministre de l'Intérieur couvert par le Président de la République. Je suis désolée. C'est le Président de la République, aujourd'hui, qui est le chef de l'État. Eh bien, le chef de l'État n'est pas à la hauteur.
On n'accepte ni la capitulation, ni la servitude, disait Charles de Gaulle.
Il parlait aussi de bon sens et d'honneur, le général de Gaulle. Voyez-vous aujourd'hui du bon sens dans les politiques qui sont menées ?
Emmanuel Macron a perdu son honneur ?
Non, enfin, il a profondément affaibli la France. Franchement, M. Bourdin, il a profondément affaibli la France. Je ne parle même pas du spectacle de la fête de la musique à l'Élysée. Rappelez-vous, c'était pitoyable. L'image de la France, sa force sur la scène internationale, sa force aussi d'un point de vue économique. La France est très affaiblie, comme vous le voyez. On va entrer à ce Conseil européen extrêmement affaibli.
Je vais en parler, important aujourd'hui.
Oui, c'est très important.
Nadine Morano, quelques mots encore sur De Gaulle. Marine Le Pen est gaulliste, Jean-Luc Mélenchon est gaulliste, tout le monde est gaulliste, il n'y a plus d'égaulliste.
Elle a fait une faute majeure. Elle aurait dû s'abstenir. D'abord, elle y va la veille, le jour de la capitulation, d'un point de vue historique. Elle s'impose, alors que chacun sait que les racines du Front National se sont faites sur l'antigaullisme. Ce ne sont pas des gaullistes, ce sont des antigaullistes. Et pendant toute sa carrière, Marine Le Pen a accompagné son père. Alors après, si elle avait voulu changer de braquet politique, dans ce cas-là, elle créait un autre mouvement politique et elle se construisait une autre vision de la France. Mais elle ne peut pas se réclamer du gaullisme quand j'ai entendu dire qu'il n'y a pas de parti politique de filiation au général De Gaulle.
Pardon, le RPR et le parti de filiation à cette époque-là, dans lequel moi je suis rentrée, puisque nous sommes de la même génération à peu près avec Marine Le Pen. Elle oublie ça, elle oublie le RPF, elle oublie le RPR, elle oublie l'UMP, elle oublie les Républicains. Ça la dérange, mais la réalité, c'est que la filiation gaulliste, c'est nous.
Alors, Marine Le Pen demande un moratoire sur l'immigration. C'est possible ça ? Un moratoire sur l'immigration ?
Moi, je crois tout simplement, mais moi je le dis, je n'attends pas Marine Le Pen pour parler des questions migratoires, comme vous le savez. On voit qu'aujourd'hui, on a une immigration beaucoup trop importante, une intégration défaillante, et quand l'ensemble de nos compatriotes voit sur les plateaux télé ce qu'ils ont vu à Dijon ou ailleurs, je crois que ça n'est plus possible. Il faut limiter massivement l'immigration dans notre pays, il faut renvoyer chez eux tous ceux qui sont en situation illégale, il faut renvoyer les demandeurs d'asile qui commettent des délits et des crimes chez nous. Voilà, je veux dire, il faut une politique de fermeté.
Difficile de renvoyer des demandeurs d'asile.
Difficile.
Quand ils sont demandeurs d'asile et qu'ils commettent un délit, ou quand ils se promènent avec des bases de baseball.
Difficile d'expulser des réfugiés, Nadine Morano.
Parce que j'entends ça ici ou là. Mais la Convention de Genève existe. Non mais, quand ils n'ont pas obtenu le statut de réfugié...
Vous savez, quand on est réfugié. Je ne parle pas de ceux qui ne l'ont pas obtenu, je parle des réfugiés. Nadine Morano. Non, parce que j'ai entendu dire, il faut renvoyer les réfugiés, mais ce n'est pas possible.
Non mais, M. Bourdin, on a une législation, comme vous le savez.
Oui.
Bon, il faut voir que tous ceux... Enfin, il y a une très grosse partie de ceux qui sont en situation illégale, déboutés du droit d'asile. Donc, déboutés du droit d'asile, ils doivent être reconduits chez eux. Et comme vous le savez, c'est à peine un tiers de gens qui ont été déboutés du droit d'asile qu'on renvoie chez eux. Donc, en fait, vous savez très bien que la reconduite ne fonctionne pas. Moi, j'ai été dans un centre de rétention administrative. Je peux vous dire que même les personnels qui y travaillent sont atterrés.
Parce que ceux qui sont là, qui devraient être renvoyés chez eux, parce qu'ils sont justement en centre de rétention administrative pour pouvoir être renvoyés chez eux, quand ils n'obtiennent pas l'autorisation du pays d'origine pour repartir, le laissé-passer consulaire, eh bien, on ne les renvoie pas. Et au bout du délai, quand le délai est fini, on les fait ressortir du centre de rétention administrative. C'est une catastrophe.
Nadine Morano, on parle beaucoup de racisme en ce moment, déboulonner des statuts.
Oui, il faut enlever le mot race du dictionnaire.
Vous mangez...
Vous avez entendu ça ?
Oui, j'ai entendu.
Oui, mais il faudrait peut-être aussi enlever le mot problème du dictionnaire, comme ça, peut-être qu'on en aurait pu.
Nadine Morano, vous mangez du riz Uncle Benz ? Vous avez vu ce débat, non ? Vous n'avez pas vu le packaging qu'il jugeait raciste aux Etats-Unis ?
Oui, non mais... Moi, quand j'ai vu qu'autant nos portes-le-vent étaient déprogrammés, qu'est-ce que vous voulez ? Moi, j'ai adoré Autant nos portes-le-vent, je l'ai regardé plusieurs fois, et je pense que c'était un chef-d'oeuvre.
Est-ce que vous êtes favorable à l'instauration de statistiques ethniques ?
Je pense que ce serait intéressant de savoir... Oui, moi, je ne suis pas défavorable aux statistiques ethniques. Je ne suis pas défavorable. Voir un peu comment est composé notre pays, qui arrive, qui se retrouve en prison, comment est composé notre population carcérale. Je pense que les Français ont le droit de savoir...
Ce serait le seul objectif. Et non pas pour lutter contre les discriminations.
Lutter contre les discriminations... Elles existent. Elles existent.
Elles sont même en augmentation.
Oui, mais... D'après la Ligue des droits de l'homme. Oui, mais je ne pense pas que le racisme, quand on parle de racisme, qui est basé sur la couleur de peau, on appartient tous à l'espèce humaine, qu'on soit noir, blanc, qu'on soit blanc. On est tous pareils. On a les mêmes droits, mais aussi on a les mêmes devoirs. Je crois que ce qui dérange surtout, dans des pays qui subissent une immigration forcée, on va dire forcée, parce que les gens qui arrivent dans notre pays, qui sont venus en demandant l'asile, sans respecter les règles, qui ne repartent pas, les gens ne tolèrent plus cette immigration forcée. Et en même temps, c'est des comportements que les gens ne tolèrent plus.
Donc, ce n'est pas un racisme de couleur de peau. C'est plutôt un racisme qui correspond à un comportement de communauté et de culture qu'on veut nous imposer qui n'est pas la nôtre.
Justement, il y a un rapport de la Commission consultative des droits de l'homme qui dit que 45% des Français pensent que l'islam est une menace pour l'identité de la France. Vous aussi ?
Oui, moi, je pense que l'islamisme... Je ne pense pas que les musulmans...
Je vois l'islam. Je ne parle pas d'islamisme. Je veux faire la différence, quand même.
Oui, mais quand vous avez aujourd'hui... Moi, j'ai beaucoup côtoyé des gens qui sont issus de l'immigration. Moi, j'ai grandi dans un quartier populaire, comme vous le savez. Vous savez que dans un quartier populaire, on a tendance à nous faire croire qu'il y a des gens issus de l'immigration, mais il y a aussi des blonds aux yeux bleus qui sont dans ces quartiers populaires. Et je peux vous dire qu'à l'époque, les populations immigrées y étaient minoritaires en termes de nombre. Après, quand vous avez une population qui devient immigrée, mais de manière beaucoup plus importante dans un quartier... Moi, dans l'école où j'ai grandi maintenant, où je suis allée quand j'étais...
Il y a aussi de la mixité, beaucoup de mixité de plus en plus, non ?
Non, non, il y a beaucoup de mamans voilées qui viennent chercher leurs enfants à l'école. Je suis allée constater par moi-même. Bon, on voit qu'aujourd'hui, il y a un basculement de population. Moi, il n'y avait pas de mosquée dans mon temps, dans mon quartier. Maintenant, il y en a deux. Et en revanche, l'église, la Vierge des pauvres, il n'y a quasi plus de fidèles qui y va. Donc, quand il doit y avoir une religion, puisque nous sommes dans un État laïque, la République est laïque, mais la France a des racines chrétiennes. Eh bien, je crois que chacun doit pratiquer sa religion dans le respect de nos lois. De nos lois.
Et c'est en cela que l'islam est considéré comme une menace quand vous voyez l'islamisme et les radicaux islamistes vouloir imposer leurs règles et leurs lois dans les quartiers populaires.
Manuel Valls dit, la guerre entre races risque de remplacer ou va remplacer la lutte des classes. Vous êtes d'accord ?
Oui, il n'a pas tort. Il n'a pas tort. Mais c'est une vérité. Quand vous avez aujourd'hui des Tchétchènes qui combattent contre des Maghrébins qui se retrouvent à la mosquée pour faire un pacte de non-agression, excusez-moi, mais dans quel pays on vit ? Mais moi, j'en ai ras-le-bol de tout ça. Quand j'entends les Tchétchènes nous dire, ah ben oui, mais nous, on est venus défendre un jeune, on doit respecter nos lois. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce n'est pas une communauté contre une autre. C'est la justice ici qui doit régner. C'est l'autorité de l'État. C'est l'ordre. Qu'est-ce que ça veut dire, ces communautés qui viennent se bagarrer chez nous ?
Moi, je ne veux pas d'une libanisation de la France. Quand j'entends, ah ben oui, mais on veut déboulonner les statuts parce que, vous comprenez, nous, Français issus de l'immigration, qu'est-ce que ça veut dire, Français issus de l'immigration ? Ben, quand on est Français, on est Français,
on accepte... Vous savez que beaucoup de ces Tchétchènes sont devenus Français.
On accepte, quand on veut venir en France, et quand on veut devenir Français, et quand on est devenu Français, eh bien, on accepte notre culture, on accepte nos lois, on accepte notre histoire avec. Parce que si on n'est pas content, on prend ses valises et on s'en va.
C'est clair. Alors, je terminerai sur l'Union Européenne. Plan de relance, 750 milliards d'euros. Est-ce qu'il faut vraiment mutualiser les dettes ?
Écoutez, je suis assez sceptique sur la proposition qui nous est faite par la Commission. On va voir. Il va y avoir des discussions qui vont être...
Mais j'ai même vu que le Parlement demandait 2 000 milliards.
Mais, alors, bon... Non, mais, ce qu'il faut voir, la proposition qui sera faite, qui va être examinée, la proposition de la Commission va être examinée par les États membres. D'abord, tout le monde n'entre pas dans cet examen avec l'esprit fait de la même manière. C'est-à-dire que l'Allemagne entre dans cette post-crise Covid avec beaucoup plus d'atouts économiques. Oui, non, mais d'accord. Non, mais d'accord. Vous avez des pays plus faibles...
750 milliards, faut-il, oui ou non, mutualiser la dette ?
750 milliards, dont 500 milliards de subventions, 250 milliards d'emprunts. Qui rembourse ? Quand ? Comment ? Et beaucoup de pays, ce qu'on appelle les pays frugaux, c'est-à-dire ceux qui savent bien gérer, ont vraiment des réserves parce qu'ils veulent savoir. Nous, on serait le troisième pays qui bénéficierait de ces subventions. C'est bien. Oui, non, mais c'est bien, mais il faut savoir qui paye et comment. Donc, tout ça n'est pas encore très clair. Moi, je crois qu'il faut, évidemment, qu'on soit solidaires ensemble. Il faut voir maintenant les modalités. Pas trop d'endettement, je vous le dis, parce que s'il faut payer pour les autres, on n'est pas sortis.
Parce que nous, on est quand même très mal barrés. Quand vous voyez nos résultats au premier trimestre, s'agissant du PIB, c'est nous qui sommes un des pays les plus touchés, avec moins 5,8 du produit intérieur brut en moins, alors que l'Espagne est à moins 5,2 et l'Italie à moins 4,7. L'Allemagne, elle, part avec les reins beaucoup plus solides.
Merci Nadine Morano d'être venue nous voir. Merci à vous. Il est 8h55, RMC et BFM TV.
RMC.
Nadine Morano