Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 14 janvier 2025 11 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSécuritéImmigration & asile

La gauche est allée se vendre auprès de François Bayrou ! - Laurent Jacobelli (France Info)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse partielle

    Bonjour Laurent Jacobelli.

  • 0:05OuverteRéponse directe

    François Bayrou, dans quel état d'esprit vous allez l'écouter ?

  • 0:41FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous pourriez suivre les insomnies pour la motion de censure ?

  • 1:36FerméeÉludée

    Vous vous sentez isolée aujourd'hui ?

  • 1:59ComplaisanteRéponse partielle

    Ce nouveau Front populaire, il est décrédibilisé.

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Vous aviez déposé une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28Invité politiqueFait
    « nous n'oublions pas que M. Bayrou était finalement macroniste avant Emmanuel Macron lui-même. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « ils vont négocier quelque chose d'un peu confus sur la réforme des retraites, une espèce de mise en parenthèse »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Pour qui ? Ce qu'il faut, c'est abroger cette réforme des retraites, qui est injuste, qui n'économise finalement pas tant d'argent que ça »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « le comité d'orientation des retraites a déjà dit qu'avec la réforme, il y aurait encore des milliards à aller chercher qui manqueraient dans les caisses. »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « Les problèmes de fonds, c'est simple, c'est la productivité des entreprises françaises. Et là, il faut faire quelque chose sur l'allègement des normes, l'allègement des taxes et la natalité. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « quelle est la contrepartie que va donner François Bayrou ? Forcément, la gauche, c'est un vampire de l'impôt. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Exclure son père du parti qu'il avait fondé, c'est, j'imagine, extrêmement difficile. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « Les cadres ont changé, mais les idées ont-elles changé ? »
  • 9:03Invité politiqueFait
    « L'immigration, la sécurité, la place de la France dans le monde, le rôle de l'Europe par rapport à la France. Toutes ces questions qu'il avait mises au cœur du débat politique »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli69 %
  • Présentateur31 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli.

0:01
Laurent Jacobelli

Bonjour.

0:01
Présentateur

Aujourd'hui c'est donc le discours de politique générale du Premier ministre. François Bayrou, tout simplement, dans quel état d'esprit vous allez l'écouter ?

0:08
Laurent Jacobelli

Sans naïveté et avec curiosité, on va voir ce que le Premier ministre a à nous annoncer. Quelle sera sa politique ? Est-ce qu'il va prendre en compte la parole des Français, leur demande dans les urnes ? Est-ce qu'il va mettre fin au matraquage fiscal ? Est-ce qu'il va aider aux petites et moyennes entreprises ? Est-ce qu'il va prendre en compte les questions de sécurité, d'immigration ? Tout ça, on attend ce soir, mais je l'ai dit, sans naïveté, parce que nous n'oublions pas que M. Bayrou était finalement macroniste avant Emmanuel Macron lui-même. Donc peu d'espoir de rupture, mais nous restons vigilants et attentifs.

0:37
Présentateur

Sans naïveté et avec aussi une possibilité de censure. On sait déjà que les insomnies vont déposer une motion de censure. Est-ce que vous, a priori, vous pourriez les suivre ? Ou alors au moment du budget, quelle est votre position ?

0:50
Laurent Jacobelli

La censure, c'est finalement le seul moyen parfois qu'ont les députés lorsqu'on leur impose un 49-3, notamment sur un budget. Et c'est donc une réponse institutionnelle. Nous, nous aurons cette réponse institutionnelle si demain, le budget qui nous est proposé ne nous convient pas. C'est-à-dire que si...

1:05
Présentateur

Mais pour le moment, a priori, vous laissez faire et avancer.

1:09
Laurent Jacobelli

Nous ne sommes pas pour la censure, a priori. Nous sommes pour le calme de nos institutions. En revanche, nous sommes les défenseurs de nos électeurs. Nous sommes là pour faire avancer leur parole. Et si jamais il y a quelque chose qui nous paraît contraire à l'intérêt général, alors nous agirons, bien évidemment.

1:24
Présentateur

Pour ce discours de politique générale, il y a eu des tractations assez inédites, il faut le dire, pendant deux semaines à Bercy. Des tractations, beaucoup avec la gauche. Beaucoup trop. Est-ce que vous vous... Alors, beaucoup trop. Vous vous êtes sentie isolée ? Vous vous sentez isolée aujourd'hui ?

1:38
Laurent Jacobelli

Non, ce n'est pas la question. La question est que cette gauche de la trahison politique... Pourquoi de la trahison politique ? C'est une gauche qui a trahi ses valeurs pour aller s'acoquiner à la France insoumise.

1:49
Présentateur

Pour aller donc de la gauche de gouvernement, les socialistes.

1:51
Laurent Jacobelli

La liste de gouvernement qui, pour moi, n'a plus rien de gouvernement. À partir du moment où on s'est fait élire avec M. Boyard, M. Delogu et Mme Panot, on n'a plus rien de gauche de gouvernement.

1:59
Présentateur

Ce nouveau Front populaire, il est décrédibilisé. Première trahison.

2:02
Laurent Jacobelli

Deuxième trahison, ils vont négocier quelque chose d'un peu confus sur la réforme des retraites, une espèce de mise en parenthèse, alors dont on ne sait pas très bien si c'est simplement la mise au congélateur, l'abandon pur et simple, tout simplement pour se remettre dans le jeu politique. Mais s'ils obtiennent cette suspension ? Mais quelle suspension ? La suspension de la réforme des retraites. Pour qui ?

Ce qu'il faut, c'est abroger cette réforme des retraites, qui est injuste, qui n'économise finalement pas tant d'argent que ça, et qui est odieuse pour ceux qui ont commencé à travailler, par exemple, avant 20 ans, qui ont eu des métiers durs et pour lesquels on demande encore plus d'efforts.

2:36
Présentateur

Vous aviez déposé en septembre une proposition de loi, justement pour abroger cette réforme des retraites, pour revenir à 62 ans, si jamais ils obtiennent ce mot suspension dans le discours de politique générale de François Bayrou, c'est ce qu'on va guetter et écouter aujourd'hui. Vous leur direz bien joué ? Vous avez au moins obtenu ça pour les Français ?

2:53
Laurent Jacobelli

Mais suspension, pendant combien de temps ? Pour qui ? Avec quelle échéance ? Qu'est-ce qui se passe après ? Qui paye ?

3:00
Présentateur

Justement, il y aura des discussions, ce serait une porte ouverte pour revenir sur cette réforme.

3:04
Laurent Jacobelli

La gauche est allée se vendre pour un plat de lentilles auprès du Premier ministre, tout simplement pour se remettre dans le jeu et pour faire oublier les écarts de conduite de la France insoumise auxquels ils sont associés. Tout cela, c'est tactique. L'intérêt des Français, je vais vous le dire, la gauche, ça fait bien longtemps qu'elle l'a oublié. Aujourd'hui, ce qui compte, c'est les indemnités qui tombent à chaque fin de mois sur les comptes bancaires des députés socialistes. C'est ça qui les intéresse. Et donc, pour sauver ça, ils sont prêts à tout, quitte à sacrifier les électeurs qui ont voté pour eux pour la réforme des retraites.

3:32
Présentateur

Ce jugement politique, on l'entend bien, mais vous dites être les représentants du peuple, pouvoir les écouter. Est-ce que ça ne permettrait pas quand même d'obtenir cette victoire ? Est-ce que vous, vous ne seriez pas satisfait ? Si aujourd'hui, François Bayrou prononce le mot « suspension », est-ce que vous serez satisfait ?

3:49
Laurent Jacobelli

Non, nous voulons l'abrogation de la réforme des retraites. Voilà, alors suspendre, c'est quelques mois de répit, c'est toujours ça. C'est pour rien. C'est toujours ça. Mais cette réforme des retraites, elle ne sert à rien. Je vais vous dire, le comité d'orientation des retraites a déjà dit qu'avec la réforme, il y aurait encore des milliards à aller chercher qui manqueraient dans les caisses. Pourquoi ? Parce qu'on ne règle pas les problèmes de fonds. Les problèmes de fonds, c'est simple, c'est la productivité des entreprises françaises. Et là, il faut faire quelque chose sur l'allègement des normes, l'allègement des taxes et la natalité.

Là aussi, il y a une vraie politique à mettre en place pour accompagner les familles qui veulent des enfants. Tant qu'on n'a pas réglé ces deux problèmes, on aura un souci pour financer les retraites. Le reste, c'est de la facilité intellectuelle. J'allais même dire de la paresse. Dire aux Français, chaque année, vous allez devoir travailler un an de plus, ça ne règle aucun problème, mais ça met beaucoup de nos compatriotes dans une situation difficile.

4:37
Présentateur

De manière plus générale, on a le sentiment que François Bayrou va plutôt chercher ses appuis du côté de la gauche. Contrairement à Michel Barnier, qui vous avait reçu à plusieurs reprises, Marine Le Pen a eu ces mots il y a quelques jours, elle a dit « c'est mal parti ». Qu'est-ce que vous en pensez ?

4:54
Laurent Jacobelli

Oui, c'est mal parti, parce que je vous l'ai dit tout à l'heure, les Français en ont marre du matraquage fiscal, ils en ont marre des normes abusives, de l'écologie punitive, ils en ont marre de tout ça. En s'acoquinant avec la gauche, quelle est la contrepartie que va donner François Bayrou ? Forcément, la gauche, c'est un vampire de l'impôt. Donc il va leur donner des gages fiscaux qui vont aller dans le sens de plus en plus de taxation.

5:14
Présentateur

Donc vous sortez votre carton rouge, vous dites à François Bayrou, attention aux mots que vous allez prononcer dans le discours cet après-midi.

5:19
Laurent Jacobelli

Bien sûr, mais François Bayrou est sous surveillance du Rassemblement National, clairement, et nous serons très vigilants aux questions fiscales, aux questions sociales, aux questions de sécurité et aux questions d'immigration. Nous voulons des avancées dans ces domaines et surtout pas des reculs. Concrètement, sous surveillance, ça veut dire quoi ? Mais ça veut dire que nous allons analyser chaque mesure qu'il va prendre. Et je vais vous dire, c'est le budget qui montre bien en chiffres quelle est la volonté politique derrière. Et soit ça nous convient, et bien tout va bien. Nous proposerons des amendements. S'il en accepte certains, tant mieux.

En revanche, si on se retrouve avec un budget barnier légèrement maquillé, et bien ce sera, même cause ont les mêmes effets, et ce sera censure. Censure de nouveau.

5:57
Présentateur

Il y a un point que je souhaitais aborder avec vous qui concerne plus votre parti politique, votre famille politique. Jean-Marie Le Pen a été enterrée ce week-end à la Trinité. Et Marine Le Pen a donné une interview, ce week-end également, dans laquelle elle affirme qu'elle ne se pardonnerait jamais la décision d'avoir exclu son père du Front National en 2015, je la cite, jusqu'à la fin de mon existence. Je me poserai toujours la question, est-ce que j'aurais pu faire autrement ? Alors, je vous avoue qu'on s'y perd un peu.

6:25
Laurent Jacobelli

Non, moi en tout cas, je ne l'ai pas lu comme vous. Moi j'ai compris qu'il y avait chez Marine Le Pen d'abord une force politique forte, c'est quelqu'un qui ne recule pas, elle a eu une décision difficile à prendre.

6:37
Présentateur

C'est justement à quoi avait servi cette décision ?

6:39
Laurent Jacobelli

Absolument. Je suis capable de prendre une décision contre mon père. Exclure son père du parti qu'il avait fondé, c'est, j'imagine, extrêmement difficile. Pourquoi le regretter aujourd'hui ? Mais parce qu'au moment où elle perd son papa, elle se dit, j'imagine en tout cas, s'il y avait eu la possibilité, elle aurait, j'imagine, aimé faire autrement, elle aurait aimé qu'il y ait une autre possibilité.

6:59
Présentateur

Mais ça veut dire quoi, faire autrement ? On parle de Jean-Marie Le Pen qui, à l'époque, avait de nouveau fait une sortie pour dire que les chambres à gaz étaient un détail de la Seconde Guerre mondiale.

7:09
Laurent Jacobelli

Je pense que c'est ce qu'elle aurait souhaité, c'est qu'il ne prononce plus ce type de phrase. Maintenant, vous savez, la force des convictions, la force d'un dirigeant politique, c'est quelqu'un qui sait se surpasser, qui sait mettre sa personne, ses sentiments, derrière l'intérêt général. Et je crois que Marine Le Pen, elle a fait preuve de cette force de caractère que peu d'hommes politiques et de femmes politiques ont.

Je pense qu'elle montre là qu'elle a toutes les qualités pour demain devenir le chef d'État dont nous avons besoin, c'est-à-dire avec de la conviction, avec de la fermeté, avec du courage, et qui sait parfois mettre sa vie personnelle au second plan, derrière l'intérêt général. C'est ce qui nous a beaucoup manqué.

7:45
Présentateur

Oui, mais tout de même, il reste une question sur l'ADN du Rassemblement National. On entend bien qu'il puisse y avoir le chagrin d'une fille au moment du décès de son père. Mais revenir sur ce moment de rupture, sur ce moment d'exclusion, c'est aussi revenir sur ce moment de dédiabolisation. Non, je ne crois pas. C'était l'enjeu quand elle a exclu son père du père.

8:04
Laurent Jacobelli

Je ne crois pas, je crois que simplement elle partage ses sentiments, elle se livre humainement, mais quoi de plus normal dans cette période dont on peut tous comprendre qu'elle est particulière pour elle. Elle a perdu son père. Oui, mais c'est une femme politique, les mots ont un sens, Laurent Jacobi. Les mots ont un sens et elle montre là qu'au-delà du chagrin qu'elle avait à l'époque de prendre cette décision, au-delà de la peine que cela a pu lui causer, elle a quand même pris cette décision parce qu'elle allait dans le sens de l'intérêt général. Moi, c'est ça que je retiens et je retiens cette force de caractère, une fois encore assez rare chez nos dirigeants politiques.

8:35
Présentateur

Mais du coup, quelle est la place de l'héritage de Jean-Marie Le Pen dans le Rassemblement National ?

8:39
Laurent Jacobelli

D'abord, il a fondé le Front National, mais aujourd'hui, le Rassemblement National est un parti assez différent. Les cadres ont changé, nous sommes un parti de gouvernement. Je pense que tout est clair aujourd'hui. Est-ce que les idées ont changé ? En revanche, il y a des thèmes.

8:49
Présentateur

Les cadres ont changé, mais les idées ont-elles changé ?

8:51
Laurent Jacobelli

En tout cas, il y a des thèmes que Jean-Marie Le Pen avait mis au cœur du débat politique qui restent aujourd'hui, les thèmes que nous abordons et que d'autres abordent. D'ailleurs, je le vois avec beaucoup de curiosité et parfois un peu d'amusement chez d'autres partis. L'immigration, la sécurité, la place de la France dans le monde, le rôle de l'Europe par rapport à la France. Toutes ces questions qu'il avait mises au cœur du débat politique alors que personne n'en parlait. Il y avait une espèce d'omerta, comme si tout le monde était d'accord là-dessus. Il a permis à certains Français d'avoir accès à la politique alors que les autres partis les boudaient. Tout ça, il l'a apporté.

Et cela, évidemment, nous le représentons toujours puisque nous avons toujours aujourd'hui ces thèmes au cœur de notre programme. Et là où je dis que c'était un personnage politique qui a marqué l'histoire, c'est que d'autres partis se sont emparés de ces thèmes aujourd'hui comme quoi il n'avait pas forcément tort.

9:34
Présentateur

Pardon, mais vous-même, vous devez vous y perdre de devoir aujourd'hui défendre l'héritage de Jean-Marie Le Pen. Vous venez du parti Debout la France. Vous avez été le directeur de campagne de Nicolas Dupont-Aignan. Vous êtes dans une situation assez inconfortable aujourd'hui.

9:47
Laurent Jacobelli

Non, pas du tout, parce que je sais très bien qui je suis. Moi, j'ai adhéré au Rassemblement National pour Marine Le Pen, pour sa vision des choses, son programme politique, son envie de diriger notre pays dans le sens de l'intérêt général. Pour autant, n'ayant moi-même jamais voté pour Jean-Marie Le Pen, je ne suis pas naïf, j'aime la politique, et je vois bien que c'est un personnage qui a apporté des choses à la politique française.

10:07
Présentateur

Un dernier mot, il va y avoir une messe organisée justement par le parti, dans deux jours, jeudi, pour son enterrement. Est-ce que vous y serez présent ?

10:14
Laurent Jacobelli

Je vais tout faire pour y être, oui, oui. Question de calendrier, parce que je pense qu'il faut qu'on soutienne Marine Le Pen, qui est quelqu'un pour laquelle, moi en tout cas, j'ai beaucoup d'admiration et beaucoup d'amitié dans ces moments difficiles.

10:25
Présentateur

On l'aura bien compris. Merci Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National.

10:28
Laurent Jacobelli

Merci beaucoup Laurent Jacobelli.