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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 18 juillet 2026 43 minComplaisantDivertissementSolidarités & familleCulture, médias & sport

Football : supportrices, comme les autres

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 72 %Attaque 8 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que cette Coupe du Monde vous inspire concernant la place des supportrices ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Racontez-nous votre rencontre avec ce club.

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire être supportrice ? Vous êtes abonnée, vous êtes de tous les matchs ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous me parler de votre première expérience de stade ?

  • 8:13OuverteRéponse directe

    Maëva Lagarde, vous êtes membre de l'association Urgame 2, supportrice et ambassadrice auprès des Girondins de Bordeaux. Bonjour.

  • 9:08OuverteRéponse directe

    Tiffany Rubio, partons à Marseille à la rencontre de Cécile, 54 ans, membre des NTP pour Marseille trop puissant et fondatrice d'un sous-groupe de supportrices appelées les Cagolles de l'OM.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:00PrésentateurChiffre
    « Selon une étude Ipsos, en 1986, 70% des femmes se disaient indifférentes au football. »
  • 12:05PrésentateurChiffre
    « 38 ans plus tard, elles représentent 40% des personnes intéressées par ce sport. »
  • 23:10InvitéChiffre
    « On a reçu plus de 2300 réponses dont 56% parents d'hommes et 44% de femmes. »
  • 8:49InvitéChiffre
    « Nous, Jordans de Bordeaux, vu la situation actuellement, on était à 45 euros. »
  • 4:53InvitéChiffre
    « Un maillot, il faut compter combien ? C'est à peu près, je crois que c'est 100 euros à peu près. »
  • 5:01InvitéChiffre
    « Le flocage, je crois que c'est 25 euros avec les badges. »
  • 5:26InvitéChiffre
    « Donc il faut compter à peu près, on va dire 135, 140 euros. »
  • 32:52InvitéFait
    « c'est un espace symbolique d'abord parce que quand il s'est développé, le football, il s'est développé dans des communautés qui étaient des communautés ouvrières »
  • 33:20InvitéFait
    « La transmission aussi était de règle. »
  • 33:50InvitéFait
    « parmi les qualités qui étaient privilégiées parmi les joueurs, c'était aussi les qualités comme les hommes les revendiquaient de virilité, d'endurance, de force physique, etc. »
  • 40:28PrésentateurFait
    « Les assemblées élues devraient, au moins en partie, ressembler à la société au nom de laquelle elles décident. »
  • 41:22PrésentateurFait
    « Le législateur impose au parti politique un quota minimal de femmes sur les listes de candidats. »
  • 41:34PrésentateurFait
    « Saisie de la loi, le Conseil constitutionnel la censure en 1982. »
  • 42:04PrésentateurFait
    « En 1999, l'article 1er de la constitution est révisé. Il affirme désormais que la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. »

Temps de parole

  • Invité31 %
  • Présentateur21 %
  • Invité 218 %
  • Invité 314 %
  • Présentateur 27 %
  • Locuteur non identifié4 %
  • Invité 42 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans le magazine du week-end. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30 pour cette émission préparée par Léa Varin, réalisée par Marie Placé et à la technique Anthony Thomasson.

0:55
Invité

Je suis le chat noir de l'équipe de la France. Je m'excuse à tous les supporters parce que c'est de ma faute.

1:13
Présentateur

Ça fait toujours aussi mal mardi soir. Le rêve américain des bleus s'est achevé brutalement face à l'Espagne. Les Françaises étaient plus que jamais présentes pour les soutenir tout au long de cette Coupe du Monde. Comme elles soutiennent leur club le reste du temps, en tribune, dans les bars, les fanzones, les supportrices ont vibré et transmis leur passion. Non, sans difficulté, on va le voir tout au long de cette émission. Avec nous pour en parler en studio, Tiffany Rubio, supportrice du PSG, animatrice radio et créatrice de contenu. Bonjour. Bonjour Romy, merci pour l'invitation. C'est un plaisir. Et à distance, Patrick Mignon, sociologue spécialiste du supporterisme.

Ancien responsable du laboratoire de sociologie de l'INSEP. Bonjour. Bonjour. Maïva Lagarde, membre de l'association Urgame 2, supportrice et ambassadrice auprès des Girondins de Bordeaux. Bonjour. Bonjour Romy. Merci à vous trois d'avoir accepté notre invitation. Alors d'abord, un rapide tour de table en une phrase. Qu'est-ce que cette Coupe du Monde vous inspire concernant la place des supportrices ? Patrick Mignon, je commence avec vous.

2:17
Invité

Comment ça m'inspire ? Quand on voit les images à la télévision, on voit qu'il y a des femmes dans les tribunes, à peu près toutes les nations représentées. Voilà. Alors est-ce que c'est un effet de caméra ou est-ce que c'est un moyen de comptabiliser la présence féminine dans les tribunes ? Maintenant, je sais aussi que dans les familles, par exemple, les hommes et les femmes sont rassemblés devant la télévision. L'expérience non pas de cette Coupe du Monde, en partie de celle-là, dans les campings, aussi, il y a des femmes qui regardent le match devant un grand écran de télévision.

2:57
Présentateur

Donc elles sont visibles, une Coupe du Monde qui a fédéré. Maïva Lagarde ? Oui. Oui, parce que moi je trouve ça...

3:05
Invité

Pardon, allez-y.

3:05
Présentateur

Non, non, je vous en prie.

3:06
Invité

Non, je vous en disais, c'est génial de voir que les femmes s'intéressent de plus en plus au foot toute l'année pour suivre leur club, mais également pour supporter les Bleus ou d'autres équipes nationales. Oui, donc beaucoup de plaisir. Tiffany Rubio ? Alors oui, c'est vrai que quand il y a une compétition comme ça, Coupe du Monde, ça fédère beaucoup et forcément, les femmes ont de plus en plus la place dans les tribunes. Et moi, je le vois avec mon club en particulier aussi. On a notre place dans les tribunes, on est là, on supporte notre club. Et du coup, forcément, ça fait de plus en plus plaisir.

Et puis avec les couvertures médiatiques qu'il y a au fil du temps, puis les mentalités qui changent.

3:38
Présentateur

Ça normalise en fait la présence et la visibilité. Alors Tiffany Rubio, on poursuit avec vous, vous avez 38 ans, vous êtes supportrice de longue date du PSG. Vous portez fièrement le maillot aujourd'hui. Racontez-nous votre rencontre avec ce club.

3:50
Invité

Alors moi, il faut savoir que je suis une supportrice depuis le début des années 2000. Mon papa et mon frère supportent le club depuis très longtemps. Alors à l'époque, bien évidemment, quand on est plus jeune, on est une femme, on s'intéresse plus aux poupées ou on s'intéresse plus aux barbies, surtout à une époque où le foot, forcément, on voyait moins de femmes qu'à aujourd'hui. Et petit à petit, forcément, je me suis un petit peu intéressée parce qu'on regarde le foot. Mon papa et mon frère regardaient tous les matchs de foot. Et petit à petit, je me suis intéressée à ce club. Et je dirais dans les années 2000-2001, je me suis mis à fond dans le supportarisme.

Je supporte mon club et je suis devenue même plus supportrice que mon frère et mon père à aujourd'hui.

4:29
Présentateur

D'accord. Et qu'est-ce que ça veut dire être supportrice ? Vous êtes abonnée, vous êtes de tous les matchs, très concrètement, en termes d'investissement ?

4:36
Invité

Alors en termes d'investissement, ça me coûte très cher, ne serait-ce que les maillots. Je crois que j'en ai 28 en tout, donc ça me coûte beaucoup d'argent. Vous avez un ordre d'idées ? Franchement, je ne sais pas, parce qu'à l'époque, en plus, c'était beaucoup moins cher qu'aujourd'hui. D'accord. Et puis à l'époque... Un maillot, il faut compter combien ? C'est à peu près, je crois que c'est 100 euros à peu près. Et après, il y a le flocage qui va avec. Le flocage ? Le flocage, je crois que c'est 25 euros avec les badges. Et qu'est-ce que c'est le flocage pour ceux qui ne connaissent pas ? Alors en fait, vous floquez le nom du joueur et vous floquez les badges.

Soit vous floquez Ligue 1, soit vous floquez Ligue des champions. Et du coup, forcément, c'est 5 euros en plus. Par exemple, l'étoile aujourd'hui, parce que oui, nous sommes double champions d'Europe maintenant. Oui, la vie est belle pour les supporters du PSG. Ah, la vie est très belle. Depuis deux ans, c'est vrai qu'on revit, on renaît et ça fait plaisir. On a beaucoup mangé notre pain, comme on dit. Et là, ça fait vraiment plaisir. Donc les étoiles, je crois que c'est gratuit. Donc il faut compter à peu près, on va dire 135, 140 euros. D'accord.

Le maillot version supporter, parce qu'il y a le maillon aussi, maillot version joueur, qui est un peu plus cher et je crois que c'est à peu près 170 euros. Donc vous voyez, c'est un gros budget.

5:36
Présentateur

Oui, donc à ça s'ajoutent les places, les déplacements pour les chiffres. Donc c'est un budget. Est-ce que ça, pour vous, c'est obligatoire ? Est-ce qu'on n'est pas un vrai supporter si on ne dépense pas autant ?

5:48
Invité

Pas forcément, parce que je peux comprendre que les gens aujourd'hui n'ont pas le budget. Il y a des supporters parisiens qui n'habitent pas non plus Paris. Donc pour venir voir les matchs, que ce soit au Parc des Princes ou faire les déplacements, ça coûte encore plus cher. Moi, je parle de supporters vraiment quand on va regarder les matchs, quand on supporte notre équipe, peu importe qu'elle gagne ou qu'elle perde.

6:06
Présentateur

Avec le cœur donc, pas forcément le porte-monnaie.

6:08
Invité

Non, ce n'est pas le porte-monnaie. Ça reste mon avis, mais on n'a pas tous les moyens. Et je le redis, moi j'ai la chance de pouvoir m'acheter effectivement des maillots, de pouvoir aller voir des matchs. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. Et ce n'est pas ça être supporter. Ce n'est pas ne pas aller au Parc des Princes, c'est vraiment supporter son club quoi qu'il arrive.

6:22
Présentateur

Donc on a bien compris, vous n'êtes pas ce que l'on appelle une footix. Pour les footix, pour les plus jeunes qui nous écoutent, c'est la mascotte de la Coupe du Monde 98, créée par le graphiste Fabrice Pialo. C'est un coq bleu qui porte un maillot de l'équipe de France et qui désigne des personnes qui ne suivent que les gros matchs, qui supportent plusieurs équipes ou qui ne connaissent rien au foot, mais en parlent quand même. J'imagine que vous visualisez quelques personnes. Tiffany Rubio, vous pouvez me parler de votre première expérience de stade ?

6:49
Invité

Ma première, mon tout premier match que j'ai été voir, il me semble que c'est, je ne veux pas dire de bêtises, 2002 ou 2003, c'était un PSG Bordeaux. Et à l'époque, je m'en souviens parce que ça m'a marquée, il y avait encore Pedro Miguel Paoleta qui jouait au Girondins de Bordeaux et c'était sa dernière année. Il signait après, donc en 2003, c'est pour ça que je ne sais plus, au Parc des Princes, c'était 2002 ou 2003 le match. Il signait au Paris Saint-Germain l'année suivante, enfin le mercato suivant.

Et ce qui m'a marquée, c'est que le ballon est parti en touche et forcément, c'est Pedro Miguel Paoleta qui va récupérer le ballon et en tant que supporter, il y a eu certainement des noms d'oiseaux qui sont sortis. Et il a fait un geste du bras et je me suis dit, oh, ce n'est pas très gentil. Et il signait directement après au Paris Saint-Germain. Donc c'est très drôle parce que la ferveur, lorsqu'on va voir un match, est différente que quand on le regarde forcément à la télé. Vous pouvez nous parler un peu des sensations, très rapidement ? Alors les sensations, elles sont d'autant plus là quand on est en virage. parce qu'il faut savoir qu'il y a des côtés tribunes et des côtés virages.

Forcément, on est au cœur de l'ambiance. Alors le virage, pour ceux qui ne sont jamais allés voir un match de foot, qu'est-ce que c'est ? C'est sur les côtés, on va dire. C'est là où il y a le plus d'ambiance, quoi. Oui, c'est là où il y a les groupes de supporters. Et là, on est vraiment plongé dans l'ambiance du stade parce qu'on a tous les chants, on passe 90 minutes à sauter, à chanter. Enfin vraiment, on est au cœur de l'ambiance. Donc moi, forcément, quand je vais voir un match, je préfère être en virage, même si, malheureusement, j'ai beaucoup plus vécu de matchs en tribune qu'en virage.

8:13
Présentateur

Vous, Maëva Lagarde, c'est votre maman qui vous a initiée au football ?

8:17
Invité

Exactement. Moi, contrairement à Tiffany, c'est ma maman qui était fan de la Saint-Etienne dans les belles années de Saint-Etienne, les années 1976. Ils ont fait leur très belle épopée qui est d'aller au stade avec son papa. Et ensuite, dans ma jeunesse, j'allais voir mon papa jouer à un niveau très amateur. Et ensuite, j'ai commencé à supporter les Jordans de Bordeaux il y a 18 ans maintenant. Et maintenant, je suis abonnée au stade et je vais voir tous les matchs à domicile, quasiment tous les déplacements. Et pareil, un abonnement,

8:47
Présentateur

il faut compter combien à l'année ?

8:49
Invité

Alors nous, Jordans de Bordeaux, vu la situation actuellement, on était à 45 euros, donc ce n'était pas très cher. Mais ce qui coûte le plus cher après, ce sont, pour ma part, les déplacements, donc les frais, le péage, le gasoil, tout ce genre de frais annexes.

9:05
Présentateur

Bien sûr. Alors pour votre plus grand plaisir, Tiffany Rubio, partons à Marseille, à la rencontre de Cécile, 54 ans, membre des NTP, pour Marseille trop puissant et fondatrice d'un sous-groupe de supportrices appelées les Cagolles de l'OM. Ça ne s'invente pas, on l'écoute.

9:26
Invité

Comment vous êtes devenue supportrice ? Alors, tout simplement, par rapport à mon papa, qui était bien sûr supporter de l'OM dans les années 70, voire plus, il y a toujours été. Et un jour, mon père m'a dit, bon, ben, allez, tu viens avec moi au stade. J'avais 7 ans, c'était en 72. Et après, dès que je suis rentré dans le stade, ça a été un truc de fou, quoi. Tous ces gens, l'ambiance, mon père à fond. Et là, après, voilà, j'ai eu la fièvre, le truc du supporter, et j'allais toujours avec mon père au stade, quoi. Et est-ce que votre père changeait quand il était au stade ? Ah oui, ben oui. Ben oui, déjà, je ne l'ai jamais vu insulter, s'énerver.

Bon, des gros mots, quoi, il en disait toujours. Mais là, ce n'était pas pareil, quoi, voilà. Et le truc, c'est que j'avais droit aussi, moi, à dire des gros mots, parce que chaque fois, je restais, il me disait, non, mais au stade, tu as le droit, dès qu'on sort du stade, c'est terminé. Donc ça, ça m'est resté. Mes enfants aussi, je leur ai dit. Au stade, on a tous les droits.

10:35
Présentateur

Et l'intégralité de ce témoignage est à retrouver dans l'excellent documentaire de Léa Varin, réalisé par Laure Hélène Plancher, la légende d'épée, l'OM dans le cœur, qui raconte la vie du plus fervent supporter de l'OM, Patrice de Peretti, dit d'épée, disponible en podcast sur le site et l'application Radio France. Patrick Mignon, est-ce que ce type de récit est devenu banal aujourd'hui, ou est-ce que cela reste quand même atypique ?

11:02
Invité

Alors, écoutez, là, c'est toujours compliqué de donner des éléments chiffrés, parce que c'est... Voilà, on a des audiences générales, on a une idée, effectivement, d'un public féminin plus ou moins important à la télévision, plus ou moins dans les stades aussi. Voilà. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il y a une évolution générale. En gros, on peut la... Alors, on peut la faire. C'est intéressant, là, l'exemple de Marseille et de Saint-Étienne. Ça correspond à un moment où les clubs français reprennent une place dans l'univers du football européen, d'abord, et l'équipe de France, ensuite, au niveau mondial. Donc, il y a une initiation qui se fait de manière assez différente.

Si on prend le supporterisme... Alors, le supporterisme, quelle définition ? Alors, j'aimerais juste,

11:53
Présentateur

avant qu'on en vienne aux différents types de supporterisme, qu'on donne quelques chiffres. Selon une étude Ipsos, en 1986, 70% des femmes se disaient indifférentes au football. 38 ans plus tard, elles représentent 40% des personnes intéressées par ce sport. D'après une enquête de la LFP, la Ligue de football professionnelle, vous parliez de la place de l'équipe de France. Est-ce qu'on peut dire qu'il y a eu un shift à partir de la Coupe du Monde 98, Patrick Mignon ?

12:21
Invité

Oui, incontestablement. Incontestablement 98, ça marque vraiment un tournant dans, si on veut, l'assomption du football comme élément marquant les élusions de la société. C'est-à-dire qu'il y a un discours sur le football comme élément qui favorise une forme de modernisation de la société au sens notamment des relations. Alors, il y a les relations de genre, hommes-femmes, comme on a eu avec la France Black Blonde-Burl, l'idée aussi d'une amélioration ou d'une baisse de tension dans les relations entre les populations composant la société française, dont une partie était considérée ou sont toujours considérées par certains comme étant étrangères à l'espace français.

Voilà, 98, ça marque parce que la télévision, le foot était déjà un des grands moyens de développement médiatique et qui a profité du développement médiatique, explosion des chaînes, Canal+, etc. Investissement important de sponsoring et tout avec la télévision ont effectivement fait du football un support. Ce football est accessible de manière extrêmement facilement, pas nécessairement parce qu'avec les chaînes cryptées et les abonnements BIN ou Canal+, à leur époque, c'était pas complètement, c'était quelque chose qui était spécifique, un écran spécifique, mais de fait, voilà.

Et 98, le football est devenu un élément, si on veut, alors je laisse de côté la participation, mais un élément de l'intérêt, est devenu un élément d'intérêt pour les Français. Là, vous donnez le sondage de la LFP, mais par exemple, il y a des sondages qui étaient très très frappants avant 98 et maintenant. C'est-à-dire qu'à une époque, quand on faisait des sondages sur qu'est-ce qui va se passer, il y a la Coupe du Monde et la France, c'est là qu'ils vont penser, c'était globalement pas d'opinion, des chiffres très très forts au moins de la moitié des gens. Après 98, il y a beaucoup de gens, 80% des gens, ont quelque chose à dire.

14:26
Présentateur

Oui, il y a un intérêt national

14:28
Invité

tout d'un coup. Il y a un intérêt national. Alors là, c'est l'équipe de France, ce n'est pas les clubs. Et donc, on a deux problématiques un petit peu différentes.

14:35
Présentateur

Très bien. Venons-en maintenant à ces différents types de supporterisme. Dans les grandes lignes, de quoi parle-t-on ? Patrick Mignon ?

14:46
Invité

Oui. Oui, pardon. On parle du fait qu'il existe autour des équipes de football des gens qui viennent au stade parce qu'ils portent, ils expriment un soutien. Alors, le terme est utilisé, c'est souvent utilisé, indéfectible de leur club. Voilà. C'est l'idée, on y va, on est fidèle au club, on admire les joueurs et tout ça, ça fait partie de nous.

15:15
Présentateur

Donc, Tiffany Rubio qui est avec nous, c'est ce qu'on appelle, c'est les groupes de supporters, vous diriez ? C'est ça ? En termes de catégorie ?

15:22
Invité

Alors, justement, c'est là où le problème est assez intéressant. c'est qu'en fait, cette définition, par exemple, plaît beaucoup à la Ligue nationale de football parce que pour elle, le supporter et le vrai supporter, c'est celui qui vient au stade, qui s'assoit dans son siège ou qui est debout à l'époque où il n'y avait pas toutes les places assises et qui encourage son équipe. Voilà. Alors, qui se permet éventuellement du soutien, un petit peu de chauvinisme, mais ce n'est pas méchant. Cet élément, cette notion de soutien indéfectible, elle s'est aussi exprimée sous des formes différentes par ce qu'on appelle, alors, d'un côté, les hooligans, de l'autre côté, les ultras.

Je distingue les deux, mais qui ont été vues par la Ligue de football comme des gens qui étaient...

16:09
Présentateur

Alors, vous les distinguez comment ? Par un rapport à la violence ? Pour schématiser,

16:13
Invité

pour résumer ? D'accord. Pour résumer. Voilà, c'est ça. Et éventuellement, des connotations politiques très fortes, aussi bien en France que dans les pays voisins. mais il y a cette idée, pour les ultras, on reprend, parce que c'est la catégorie qui est devenue en quelque sorte majoritaire et de plus en plus acceptée par les autorités. Ce n'est pas toujours facile, mais ça arrive. Là, ce sont effectivement des groupes qui vont se constituer avec des projets effectivement d'expression de leur attachement au club à travers différentes choses.

Donc, à travers le fait d'aller au match, de prendre des abonnements quand on a les moyens, ce qui était soulevé sur effectivement le coût d'un soutien indéfectible et n'est pas négligeable. Aujourd'hui, il était moins il y a quelques décennies. Donc, voilà. Et ces groupes de supporters, eux, ils ont un petit problème. C'est qu'à l'origine, ils ont été considérés comme des éléments qui étaient des éléments parasites du football. Pourquoi ?

Parce que non seulement ils exprimaient leur soutien, mais en plus, ils exprimaient éventuellement leur mécontentement vis-à-vis du club, de la façon dont eux étaient traités et parce que le club, pour différentes raisons, alors intérêts économiques, ne respectait pas le droit des supporters d'exprimer leur avis, de donner leur avis sur les joueurs, sur l'entraîneur, sur la politique du club, etc.

17:45
Présentateur

D'accord. Et est-ce que les femmes s'investissent dans les mêmes formes de supporterisme que les hommes ou est-ce qu'il y a une différence, je pense, à leur présence dans ces groupes d'ultra ?

17:53
Invité

Alors, du coup, quand on reprend les groupes ultra ou ce qu'on va appeler le phénomène ultra, on va l'analyser un petit peu comme on a analysé la façon dont c'est un petit peu défait, la réalité de ce supporterisme indéfectible qui est un peu l'idéal du football, voilà, de cette fidélité j'en réunis autour du club et de voir, par exemple, qu'on va distinguer du fait des changements des modes de vie, des évolutions économiques, des disparités socio-économiques, etc., des évolutions, et là, qui vont être surtout exprimées, vous parlez des foot-ticks tout l'heure, bon, ça, c'était quelque chose que les ultras utilisaient beaucoup parce que ça désignait finalement les supporters d'opportunités, en quelque sorte, mais qui vont aussi dans d'autres vocabulaires utilisés, alors, par des collègues britanniques, par exemple, c'est-à-dire, on va parler des suiveurs, on va parler des flâneurs.

Et où est-ce qu'on trouve

19:02
Présentateur

le plus de femmes dans ces groupes ?

19:05
Invité

Les femmes, alors, la féminisation, c'est sûr que si vous prenez l'origine, alors, je laisse tomber les hooligans, enfin, je ne laisse pas tomber, les hooligans étaient majoritairement, même essentiellement masculins, chez les ultras, ça dépendait un petit peu des contextes. Le premier contexte ultra, qui est un contexte d'opposition à la fois contre entre supporters, entre certains groupes ultra et les groupes hooligans, entre les ultras et la police, parce que, voilà, il y avait l'idée que dès que les gens se manifestent un peu brillamment à la sortie du stade... Donc,

19:41
Présentateur

forcément, c'est une violence qui, évidemment, pouvait éloigner les femmes, on le comprend.

19:45
Invité

Voilà, c'était les femmes et, dans certains cas, autour du Parc des Princes ou d'autres stades, les populations d'origine immigrée. Évidemment. Tiffany Rubio,

19:55
Présentateur

vous souhaitez...

19:57
Invité

Oui, intervenir pour pour dire qu'effectivement, il y a de plus en plus de femmes... Alors, moi, j'ai parlé forcément en tout état de cause pour le Paris Saint-Germain, au Parc des Princes, il y a de plus en plus de femmes qui font partie des ultras et il y a de plus en plus de femmes aussi qui vont voir des matchs seules et je me prends en exemple. Moi, ça m'est déjà arrivé plusieurs fois depuis, je dirais peut-être deux, trois ans, d'aller voir des matchs toutes seules parce que le Parc des Princes, c'est ma maison et je me sens en sécurité.

Peut-être qu'effectivement, il y a des années, on n'aurait pas pu faire ça mais là, aujourd'hui, aller au Parc des Princes toute seule ne me dérange pas du tout. Il y a plus de sécurité qu'à une époque.

20:29
Présentateur

Justement, avant d'en venir à ce sujet, petite pause musicale avec Philippe Catherine et Elena Noguera, Euro 04.

20:35
Locuteur non identifié

Bienvenue si vous nous rejoignez

22:00
Présentateur

en direct sur France Culture dans ce magazine du week-end consacré aux supportrices de foot qui, on l'a vu en première partie de cette émission, sont de tous les matchs, suivent leur club et leur sélection, organisent des déplacements et animent même les virages. Pourtant, elles n'en restent pas moins des femmes dans un monde majoritairement masculin et si les lignes bougent, certaines discriminations perdurent. Maëva Lagarde, vous êtes membre de l'association Her Game 2, son match à elle aussi en français, fondé en 2021 au Royaume-Uni. L'association lutte contre le sexisme dans le monde du football et notamment dans les tribunes, théâtres de VSS, violences sexistes et sexuelles.

De quoi parle-t-on exactement et dans quelles proportions ?

22:39
Invité

Exactement, en fait, l'association lutte contre le sexisme et les violences et harcèlement sexistes et sexuelles et ça va du simple harcèlement même si c'est déjà trop, donc des remarques, des insultes contre des femmes liées à leur genre, ça peut aller jusqu'à des agressions sexuelles. en tribune ou également au niveau des palpations où on a eu beaucoup de cas de palpations.

23:01
Présentateur

On va y revenir. Dans quelle proportion est-ce que vous avez des chiffres ?

23:05
Invité

Alors nous, on a mené une étude au sein de l'association auprès de sept clubs de Ligue 1, de Ligue 2 et nationale. On a reçu plus de 2300 réponses dont 56% parents d'hommes et 44% de femmes et nous avons quand même 21% qui déclarent avoir été victimes ou témoins d'un comportement sexiste ou d'agressions sexuelles au stade. Donc, c'est certes que sur 2300 personnes mais ça montre quand même qu'une personne sur cinq a été victime ou témoins de violences ou harcèlement sexuels.

23:35
Présentateur

Justement, face à cela, depuis mars 2025, Urgame 2, votre association, a mis en place des QR codes et des safe zones, des zones sécurisées dans les enceintes de Ligue 1 et de Ligue 2. Comment est-ce que ça fonctionne ? Concrètement, que faire si l'on est victime ou témoin d'une agression dans un stade, Maëva Lagarde ?

23:54
Invité

La première chose à faire, c'est de, si possible, aller voir un stadié et si la victime en sent le besoin, elle peut être accompagnée dans ces safe zones. Donc, c'est des sortes d'infirmeries à l'écart de la tribune où la victime sera accompagnée par nos membres de l'association pour recueillir son témoignage et si elle le souhaite, elle peut également scanner notre QR code. C'est un QR code qui renvoie vers un formulaire de signalement. C'est des QR codes

24:21
Présentateur

qu'on trouve dans les toilettes, si je ne me trompe pas.

24:23
Invité

Exactement, dans les toilettes et dans les coursives, majoritairement dans les toilettes et également en ligne parce que la victime peut souhaiter ne pas le faire tout de suite et se dire y penser et le faire après coup. Il est également en ligne sur notre site internet, sur nos réseaux sociaux et en fait, c'est un formulaire qui peut être anonyme.

La victime renseigne des informations telles que où est-ce que ça s'est passé, qu'est-ce qui s'est passé, si possible d'écrire l'agresseur et ensuite, nous, on peut entrer en contact avec le club si la personne le souhaite et revenir vers la victime pour lui apporter tout notre soutien, lui parler des prochaines étapes, si elle le souhaite, porter plainte si elle le souhaite et ensuite, la rebasculer vers d'autres associations comme par exemple France Victime avec laquelle leur Game 2 est partenaire et qui pourra apporter un soutien psychologique et aussi juridique.

25:11
Présentateur

Comment votre initiative a été accueillie, reçue par les clubs de manière générale ?

25:17
Invité

Plutôt bien, puisque nous, on apporte au club des éléments pour les aider à appréhender ce genre de problème. On propose des ateliers de sensibilisation auprès des joueurs, mais pas que, donc auprès du staff, auprès des équipes de sécurité, auprès des hôtesses également, parce que malheureusement, des VSS, des violences sexistes, sexuelles, n'arrivent pas qu'en tribune, c'est également dans les espaces VIP. Donc, c'est plutôt bien accueilli. On a également fait des ateliers de sensibilisation auprès des supporters, donc du Paris Saint-Germain, de Toulouse et de Metz. Donc, nous, on apporte vraiment des éléments pour surtout sensibiliser pour que de tels agissements n'existent plus.

26:01
Présentateur

Alors, je le disais en première partie d'émission, le 31 mai 2025, je me tourne vers vous, Tiffany Rubio, le PSG décroche sa première ligue des champions, un soir de fête, malheureusement entaché par des dizaines de témoignages de femmes dénonçant des comportements violents et déplacés. Maéva Lagarde, est-ce qu'il y a une corrélation entre le nombre de VSS signalés et les résultats sportifs ?

26:25
Invité

Après, pour moi, même pour l'association, le football, malheureusement, c'est un reflet de la société. Donc, ce qui se passe dans la société peut également se passer dans le cadre d'un match de foot. Il y a une enquête britannique qui, peut-être il y a quelques années, qui a indiqué que le nombre de violences augmentait lorsqu'une équipe perdait. Malheureusement, on n'a pas de chiffres récents et surtout en France. Mais, j'ai envie de dire, ça ne devrait pas être lié, mais malheureusement, il y a toujours ce genre de problème.

26:55
Présentateur

Le 2 mai, des supportrices des Girondins de Bordeaux ont dénoncé des fouilles abusives, voire des agressions sexuelles de la part des forces de l'ordre en marge d'un match à Bayonne. Votre association a reçu une vingtaine de signalements et plusieurs plaintes ont été déposées. Maïva Lagarde, vous étiez présente, que s'est-il passé ?

27:14
Invité

Exactement. En fait, comme tous les matchs à l'extérieur, lorsque l'équipe, dans mon cas, les gens de Bordeaux se déplacent, nous avions une zone qui était réservée, donc un parquage. Et au niveau des palpations, au niveau de la sécurité, on a eu des supportrices, également des supporters, majoritairement des femmes, qui ont eu des palpations au niveau de la poitrine, au niveau des parties intimes, qui ont eu des pantalons qui ont été déboutonnés, baissés, des t-shirts levés. Et en fait, ça ne devrait pas se passer comme ça. Bien sûr, tout le monde est d'accord qu'on est dans une enceinte sportive et pour des mesures de sécurité, on doit vérifier qu'il n'y a pas de danger pour tout le monde.

Mais ça relève, pour certaines, d'agressions sexuelles. Et en fait, ce qui est important de rappeler, c'est que ce sont des femmes qui fouillent des femmes. Oui, d'accord. Souvent, les gens pensent que ce sont des femmes et oui, justement, ce sont des femmes qui fouillent des femmes. Et en fait, ce n'est pas mal. Donc nous, avec les ultramarines de Bordeaux, le groupe de supporters ultra de Bordeaux, nous avons contacté une dizaine d'instances politiques et sportives pour que des mesures soient prises et surtout que ça ne se reproduise plus. Là, c'était le cas ce soir-là,

28:19
Présentateur

c'était des femmes qui effectuaient les fouilles ?

28:21
Invité

Oui, exactement. Les hommes fouillent les femmes et les hommes fouillent les femmes. Oui, oui, ce qui est logique, oui. Mais même des femmes peuvent avoir ce genre de comportement.

28:29
Présentateur

Alors, interrogé par ici Gironde, les Girondins de Bordeaux disent suivre de très près la situation et espèrent que toute la lumière sera faite sur cette affaire. Tiffany Rubio, vous souhaitez intervenir ?

28:39
Invité

Oui, justement, j'allais poser la question si c'était des femmes qui fouillaient les femmes parce que normalement, c'est ce qui doit être fait. Moi, personnellement, et du coup, j'ai de la chance, je n'ai jamais eu de problème là-dessus quand je vais au Parc des Princes.

28:48
Présentateur

Le soir de la victoire, par exemple, du PSG

28:51
Invité

en Ligue des Champions ? Alors, la première soirée, c'est-à-dire la première fois où on était champion d'Europe, j'ai regardé le match avec mon papa et mon frère parce que historique et parce qu'on avait besoin de se retrouver en famille. Par contre, cette année, donc le 30 mai 2026, pour être double champion d'Europe, là, j'étais avec ma belle-sœur au stade pour aller voir le match. On était toutes les deux et franchement, je n'ai jamais eu de problème. Alors, j'ai touché du bois, j'ai touché ma tête mais là-dessus, c'est vrai que j'ai... Moi, vraiment, quand j'y vais, je me sens en sécurité parce que... Après, parce que je connais.

Je connais le Parc des Princes et encore une fois, c'est ma maison. C'est ma deuxième maison donc je connais. Maintenant, j'ai eu la chance de ne pas avoir d'agression là-dessus mais j'ai des propos, par exemple, sexistes quand je fais des lives.

29:33
Présentateur

On va y venir justement, décidément, transition parfaite, toute faite. Parce que cette Coupe du Monde, c'est aussi la première depuis l'émergence des outils génératifs d'intelligence artificielle. En ligne, des vidéos montrant de fausses supportrices dans les tribunes, aux physiques très stéréotypées et aux décolletés plongeants, ont généré des millions de vues mais ces vidéos sont en réalité des appâts en voyant vers des contenus pour adultes. Ces contenus étant, en théorie, interdits sur ces plateformes, l'IA permet de contourner la modération.

Tiffany Rubio, vous venez d'en parler, vous êtes créatrice de contenu, vous cumulez un peu plus de 49 000 abonnés et ces dérives en ligne, donc vous y êtes confrontée. On parle d'hypersexualisation, de harcèlement ?

30:16
Invité

Harcèlement, non, mais forcément des propos misogynes. Alors j'ai la chance, j'ai plus de gens positifs, on va dire, quand je fais mes lives que de gens négatifs. Après, je pars du principe où être aimée par tout le monde, c'est être aimée par personne. Donc à la rigueur, ça ne me dérange pas. Maintenant, les propos, j'essaye plutôt de les prendre à la dérision. Forcément, ça va être retourne à la cuisine. Donc bon, en général, je réponds que le bœuf bourguignon est déjà prêt. Voilà, j'essaye de toujours rester dans ma ligne et déjà être classe et soit je réponds, soit je ne réponds pas. Il y a une remise en cause de votre légitimité, j'imagine, de vos connaissances footballistiques ?

Il y en a beaucoup, il y en a beaucoup. C'est très marrant parce que forcément, quand je suis une femme, je supporte le pari Saint-Germain. Alors, il y en a beaucoup. Ça va être soit depuis le 31 mai 2025, ça va être soit depuis l'ère Qatari. Comme j'aime bien expliquer l'ère Qatari, à un moment donné, il y a des supporters qatariens, on va dire, il y en aura. Malheureusement, nous, supporters anciens, on va partir un jour ou l'autre et il n'y aura que des supporters qatari. Donc heureusement qu'ils sont là. Maintenant, moi, je suis supportrice bien avant l'ère qatari et forcément, on essaye de me piéger.

On va essayer de me poser des questions pour me piéger, pour savoir si vraiment je connais le pari Saint-Germain. On va me demander de dire... Alors, il y a des questions

31:23
Présentateur

que vous pouvez plus supporter d'entendre. Qu'est-ce que c'est qu'un coup franc ? Cite-moi trois joueurs. Est-ce que tu connais Claire Fontaine ?

31:30
Invité

Eh bien, bizarrement, je n'ai pas. Je n'ai pas, cite-moi... Enfin, j'ai plutôt, oui, cite-moi trois joueurs. Cite-moi le 11 titulaire de cette année. Ce qui est bête, en plus, c'est qu'en général, je regarde les matchs, je fais des lives avant matchs. Donc, en plus, la composition est devant moi. Donc, des fois, j'ai envie de répondre. Mais même si je ne peux pas te répondre avec la télé, je peux te répondre, j'ai la télé. Donc, la question ne sert pas. Ça va être quoi ? La création du club. Ça va être... On va me donner des noms de joueurs et je vais leur donner les prénoms. Et là, ils sont là. Ah oui, mais en fait, tu connais... Oui, je viens de t'expliquer que je connais bien.

Alors, je ne connais pas par cœur. Je ne suis pas un robot. Il y a plein de choses sur lesquelles je ne connais pas. Mais un minimum, quand même. Je suis supportrice depuis maintenant de nombreuses années. Si je ne connaissais pas un minimum mon club, ce serait dommage.

32:13
Présentateur

Maëva Lagarde, ça aussi, vous vous sentez remise en cause en tant que supportrice ?

32:18
Invité

Oui, on a souvent des remarques. Comme disait Tiffany, explique-moi la règle du hors-jeu ou alors tu viens seulement pour regarder les joueurs. Non, je suis tout autant légitime qu'un homme, en fait, pour venir au stade. Ce n'est pas son genre qui définit sa passion. Donc, c'est ce genre de réflexions. On les a donc au stade, mais également sur les réseaux sociaux. Peut-être que l'anonymat fait pousser des ailes, je ne sais pas, à certaines personnes. Mais malheureusement, c'est de plus en plus récurrent.

32:44
Présentateur

Patrick Mignon, pourquoi le football est un espace si symbolique de la masculinité ? Qu'est-ce qui s'y joue, en fait, sans mauvais jeu de mots ?

32:52
Invité

Écoutez, c'est un espace symbolique d'abord parce que quand il s'est développé, le football, il s'est développé dans des communautés qui étaient des communautés ouvrières, les grandes villes d'Angleterre, en France, à peu près sur le même modèle avec un petit peu de retard et dans lequel la division et dans lequel la division des loisirs entre les hommes et les femmes, l'existence d'espaces spécifiques au genre était de règle. La transmission aussi était de règle. On ne faisait pas comme le papa de la présidente de Marseille tout-puissant qui emmenait les filles au stade parce que ça, c'était une affaire effectivement qui sont faits des garçons.

La transmission, c'était un lieu masculin qui s'accompagnait en général, on va dire pour l'Angleterre, du peuple, mais globalement dans la France du fait de partager, à boire, etc., entre hommes à cette occasion-là, que parmi les qualités qui étaient privilégiées parmi les joueurs, c'était aussi les qualités comme les hommes les revendiquaient de virilité, d'endurance, de force physique, etc., parce que c'était un peu l'image que les gens cherchaient dans l'équipe, de leur renvoyer l'image d'eux-mêmes.

Voilà, ça a duré tant qu'à durer, si on veut, cette division forte liée à l'image du travail, travail de l'usine, travail dans les administrations, etc., avec ou non du travail féminin mais subalterne, ces choses-là se sont modifiées petit à petit, ce qui fait que, du coup, l'espace s'est ouvert, à la fois parce que les relations hommes-femmes se sont modifiées pour différentes raisons, que ce soit en raison, effectivement, de la place des revendications d'égalité des femmes, mais aussi du côté des hommes, de manière aussi une prise de conscience ou une difficulté ou une impossibilité d'assumer ce rôle de complète virilité qu'on a pu retrouver, effectivement, après, qu'en étant hooligan, qu'en étant un dur dans les tribunes, qu'en maintenant le langage misogyne, etc., ou de le retrouver, effectivement, dans ce qui était cité précédemment, c'est-à-dire se moquer, se moquer, chercher l'incompétence, etc.

Voilà. Donc, il y a des phénomènes qui n'existaient pas auparavant, sauf de manière très, très marginale, qui se sont développés. Moi, j'ai emmené mes filles voir les matchs de football comme j'en avais la possibilité au Parc des Princes ou au Stade de France. Voilà. Donc, les choses se sont changées. Alors,

35:34
Présentateur

justement, dans quelle mesure les femmes ont changé le football, selon vous ?

35:39
Invité

Quelles ont-elles le football ? Alors, changer le football, le football, c'est une machine très compliquée parce que c'est à la fois, si on veut, les équipes sur le terrain, donc c'est les styles de jeu, mais les styles de jeu qu'on pouvait considérer comme plutôt masculin ou plutôt féminin, enfin plutôt, plutôt à tendance non virile. Je pense par exemple aux confrontations de styles. Si vous voulez, par exemple, un style d'éditement au football, c'est un style qui va s'opposer à un style, au contraire, d'affrontement. Les pôles, mettre le corps pour empêcher d'avancer, tout ce qui va être l'anti-jeu à base de gestes brutaux.

Et l'évitement qui est le dribble, qui est la capacité de jongler, etc. Tout ça, c'est des éléments qui opposent des styles considérés comme mâles ou comme virils ou comme des styles qui sont, et des joueurs, qui seraient représentatifs de quelque chose qui serait, voilà, ou du côté, qui serait plutôt du côté féminin. C'est des choses qui vont se rejaillir dans les insultes que les gens vont jeter sur les joueurs, etc. Donc, c'est quelque chose qui, là encore... Donc,

36:54
Présentateur

vous voulez dire, si je résume, qu'elles ont féminisé le jeu, c'est ça ?

36:57
Invité

Non, elles n'ont pas féminisé le jeu. C'est-à-dire que le jeu lui-même s'est féminisé dans ce sens où les oppositions de tactique, par exemple, les oppositions, la prise en compte de styles de jeu qui n'étaient pas des styles de jeu uniquement fondés sur la capacité physique, etc., ont changé le jeu et ont fait quelque chose qui était plus attrayant, plus séducteur. Est-ce que c'est ça qui séduit les femmes ? Ça a commencé avant que les femmes s'intéressent de manière plus importante au football, puisque c'était, par exemple, l'opposition entre le football à la brésilienne et le football à l'Argentine, par exemple. Merci. Toujours extrêmement très, très viril. Oui, oui, on l'a vu encore.

Le football anglais, peut-être le même. Voilà. ou opposer le football anglais et, par exemple, certains aspects du football français à une époque. Voilà, toutes ces choses-là se jouent dans le football parce que c'est des conceptions tactiques. Comment fait-on pour prendre en défaut l'adversaire ?

37:54
Présentateur

On a bien compris, Patrick Mignon. Merci beaucoup. Pour finir, très rapidement, Tiffany Rubio, quel est pour vous le prochain grand match à remporter pour les femmes passionnées de football ?

38:03
Invité

Pour les fans passionnées de football ou pour les fans passionnées du Paris ? Les femmes, pardon. Alors moi, je supporte l'Espagne.

38:12
Présentateur

Non, alors le match symboliquement,

38:14
Invité

la bataille. Le souvenir que j'ai d'un match qui a... Non, non, non, une bataille à remporter, le prochain combat pour les supportrices. D'avoir de plus en plus encore de femmes dans les tribunes et peut-être des groupes de supporters qui se développent de plus en plus de femmes dans les tribunes. Il pourrait y en avoir au Parc des Princes, ça, ce serait pas mal.

38:32
Présentateur

Très bien. Merci beaucoup. Ce sera le mot de la fin. Maëva Lagarde, membre de l'association Urgame2, supportrice et ambassadrice auprès des Girondins de Bordeaux. Merci. Tiffany Rubio, supportrice du PSG, animatrice radio et créatrice de contenu. Merci Patrick Mignon, sociologue, spécialiste du supporterisme. Merci à vous de nous avoir suivis. Rendez-vous demain, même heure, pour une émission consacrée à la société iranienne, prise en étau entre un régime liberticide et une guerre qui menace sa souveraineté. Et pour la petite finale, face à l'Angleterre, à Miami, ce soir, allez les bleus, malgré tout.

39:06
Locuteur non identifié

Le fil droit présenté

39:43
Présentateur

par Julien Janenet, professeur de droit public à l'Université de Strasbourg, qui nous explique aujourd'hui comment la parité est devenue une règle de la vie politique française. Autant de femmes que d'hommes parmi nos élus. L'idée vous semble certainement évidente aujourd'hui. Et pourtant, pendant longtemps, les moyens imaginés pour atteindre cet objectif ont été jugés contraires à la Constitution. Comment cette parité est-elle devenue une règle de notre vie politique ?

Restituer cette évolution permet de rappeler que contrairement à ce que l'on entend parfois, le Conseil constitutionnel n'impose jamais sa vision de la Constitution de façon immuable en figeant le débat démocratique en bloquant certaines évolutions. Le constituant, en effet, a toujours le dernier mot. L'idée de départ est ancienne. Les assemblées élues devraient, au moins en partie, ressembler à la société au nom de laquelle elles décident. Et parmi les critères les plus évidents de cette représentativité, figure la présence à peu près égale de femmes et d'hommes. C'est ce qu'on appelle couramment la parité. Pendant longtemps, l'égalité électorale est pensée de manière strictement formelle.

Dans le prolongement de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la citoyenneté est abstraite. On ne distingue pas les citoyens selon leur sexe, leur âge, leur origine ou leur éventuelle religion. Tous sont égaux devant la loi et cela doit suffire. Mais cette égalité abstraite se heurte à une réalité tenace. Durant toute la seconde moitié du XXe siècle, les femmes sont massivement sous-représentées dans les assemblées élues. Au début des années 1980, après l'élection de François Mitterrand, une première tentative est faite pour corriger cette situation. Le législateur impose au parti politique un quota minimal de femmes sur les listes de candidats.

Une forme de discrimination positive destinée à lutter contre une exclusion de fait. Saisie de la loi, le Conseil constitutionnel la censure en 1982. Son raisonnement est simple, en distinguant les candidats selon leur sexe, la loi porte atteinte à l'égalité et à l'universalité du suffrage. A gauche, la décision est dénoncée comme conservatrice, mais le juge ne fait qu'appliquer la constitution telle qu'elle existe alors. Le verrou semble solide, il finit pourtant par sauter. A la fin des années 1990, le gouvernement de Lionel Jospin en effet revient à la charge. Cette fois, la stratégie est différente. Si la constitution empêche la parité, il faut la modifier.

En 1999, l'article 1er de la constitution est révisé. Il affirme désormais que la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Ce qui était inconstitutionnel devient possible. les lois sur la parité sont adoptées et déclarées conformes à la constitution. Là où elles sont contraignantes pour les élections municipales et régionales, les effets sont rapides et visibles. Là où elles le sont moins pour les élections législatives, les partis préfèrent parfois payer des pénalités plutôt que de changer leurs habitudes. Un quart de siècle plus tard, le paysage politique a profondément évolué.

L'égalité entre les femmes et les hommes, dans cette perspective, n'est plus seulement formelle, elle s'incarne dans la composition des conseils municipaux, départementaux et régionaux. Quant au conseil constitutionnel, il n'a pas imposé sa vision. Il a d'abord dit le droit, puis il a accompagné son évolution. Comme le rappelait le grand juriste Georges Vedel, le dernier mot ne revient pas au juge constitutionnel, mais aux constituants. Ce n'est pas le moindre des arguments en faveur du contrôle de constitutionnalité et des lois. Nous pouvons nous en réjouir.