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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 avril 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesRetraites

Jean Castex : "Derrière Marine, il y a toujours Le Pen"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vous êtes Premier ministre de la France encore quelques jours seulement ou jusqu'à la semaine prochaine ?

  • 1:27OuverteRéponse partielle

    Êtes-vous confiant quant à l'issue de l'élection présidentielle ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Si un habitant de Prades vous dit qu'il ne veut pas voter Macron mais ne veut pas non plus voter Le Pen, que lui répondez-vous ?

  • 4:52RelanceRéponse partielle

    Comment expliquez-vous la montée de l'extrême droite malgré les engagements d'Emmanuel Macron ?

  • 5:37RelanceRéponse partielle

    Les Gilets jaunes et la taxe carbone, vous assumez votre part dans la montée des extrêmes ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    Que répondez-vous aux écologistes qui doutent du tournant écologique d'Emmanuel Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Jusqu'à la semaine prochaine, assurément. »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « Je suis de ceux qui espèrent fortement que le président de la République, Emmanuel Macron, sera réélu dimanche. »
  • 0:47Invité politiquePromesse
    « Je présenterai ma démission et celle du gouvernement au président de la République. »
  • 3:07Invité politiqueFait
    « S'abstenir, c'est finalement mettre dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen. »
  • 4:09Invité politiqueFait
    « Quand on ne peut pas dire, je m'affranchis des traités européens, je veux diminuer la contribution de la France à l'Union Européenne et faire croire, c'est un mensonge, qu'on veut rester dans l'Europe. »
  • 5:47Invité politiqueFait
    « Regardez la crise sanitaire, qui a eu des conséquences économiques et sociales extrêmement lourdes. »
  • 6:16Invité politiqueChiffre
    « On a empêché des milliers de faillites, on a protégé des millions de salariés du chômage par l'activité partielle. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Auditeur13 %
  • Présentateur11 %
  • Auditeur 23 %
  • Auditeur 32 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le Premier ministre qui dialoguera avec vous dans une quinzaine de minutes vos questions au 01 45 24 7000 et via l'application de France Inter. Jean Castex, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. D'ailleurs, vous êtes Premier ministre de la France encore quelques jours seulement ou jusqu'à la semaine prochaine, dites-nous ?

0:22
Invité politique

Jusqu'à la semaine prochaine, assurément. Bon, après, je pense que vous connaissez la tradition républicaine. Évidemment, je suis de ceux qui espèrent fortement que le président de la République, Emmanuel Macron, sera réélu dimanche. Mais c'est notre sujet de mobilisation majeure cette semaine. Donc, après cette réélection, dans les jours qui suivent, comme le veut, je le disais à la tradition, je présenterai ma démission et celle du gouvernement au président de la République.

0:51
Auditeur

Donc, jusqu'à la semaine prochaine. Théoriquement, selon les textes, vous avez le droit de rester jusqu'aux législatives.

0:57
Invité politique

Encore une fois, tout dépend du sort des urnes dimanche. Mais, bon, je suis de ceux qui pensent, le président de la République l'a dit, qu'une impulsion nouvelle après la réélection du président doit être trouvée. Mais, je vous dirais qu'en réalité, ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est le deuxième tour des élections présidentielles.

1:18
Présentateur

Précisément. Un coup d'œil au dernier sondage, même s'il reste serré, il donne l'avantage à Emmanuel Macron avec quelques points de plus sur Marine Le Pen. 56-44 pour le dernier en date publié hier soir. À l'approche du second tour, êtes-vous tout de même confiant ce matin quant à l'issue de cette élection ?

1:35
Invité politique

Où je suis extrêmement mobilisé. Bon, les sondages, on ne va pas se lancer dans des tirades sur les sondages. Souvenez-vous de ce qui s'est passé juste avant le premier tour. Bon, donc, j'ai quand même, je n'ai pas une forme d'inquiétude, mais en tout cas, vraiment, en écoutant autour de moi, en regardant ce qui se passe, je pense que rien n'est joué et qu'il ne faudrait surtout pas tirer de chiffres tels que ceux que vous venez de donner, l'idée que, comme on dit, l'élection est pliée, que le match est plié. Donc, il ne l'est pas, il ne l'est jamais. Les Français, vous savez, sont extrêmement jaloux de leur prérogative, de leur souveraineté. C'est bien normal.

Donc, nous devons les convaincre que le programme d'Emmanuel Macron est le meilleur pour la France et pour eux.

2:23
Auditeur

Alors, justement, dans votre ville de Prades, chez vous, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête du premier tour avec 27% des voix, suivi par Marine Le Pen, et Emmanuel Macron est en troisième position. Si vous avez un habitant de Prades qui vient vous voir et qui vous dit, Jean Castex, moi, je n'ai pas envie que Marine Le Pen soit présidente de la République, mais je n'ai pas non plus envie de voter pour Emmanuel Macron, je pense m'abstenir. Si vous aviez une minute pour le convaincre qu'il a tort, qu'il faut y aller, et voter Macron à vos yeux.

2:52
Invité politique

Alors, d'abord, je vous rappelle que ce n'est pas tout à fait nouveau. Au dernier scrutin, ces scores et cette hiérarchie étaient dans le même ordre. Je dirais à l'électeur de Prades, comme à l'électeur de France, si vous me permettez, que s'abstenir, c'est finalement mettre dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Or, il y a des différences fondamentales. Il y a des différences fondamentales pour la vie quotidienne des Françaises et des Français. Si Marine Le Pen est en tête dimanche, moi, je dis et j'explique qu'il y aura des conséquences pour notre vie quotidienne, pour l'économie, pour la souveraineté de la France, très graves. Lesquelles ? Très graves. Pour notre économie, quoi ?

On va prendre quelques exemples, si vous voulez bien. Il y en a un que je mets en tête, l'Europe, la sortie de l'Europe. La sortie de l'Europe... Elle ne veut pas sortir de l'Europe. Eh oui, non, mais ça, madame Salamé, excusez-moi, là aussi, le problème de madame Le Pen est extrêmement difficile à suivre. Extrêmement difficile à suivre. Ça change tous les jours. Je l'ai encore entendu hier par un représentant du Rassemblement National sur votre antenne. Quand on ne peut pas dire, je m'affranchis des traités européens, je veux diminuer la contribution de la France à l'Union Européenne et faire croire, c'est un mensonge, qu'on veut rester dans l'Europe.

Les conséquences seraient, pour notre vie quotidienne, pour nos agriculteurs, pour la compétitivité de notre économie, pour l'emploi, tout à fait dramatique. J'allais dire aussi pour ce que sont les valeurs de la France et ce, madame Salamé. Je dis pardon, monsieur de Borand, au moment même, parce qu'il faut entendre certains arguments sur l'Europe, où, en particulier à l'initiative de la France et d'Emmanuel Macron, l'Europe joue pour notre protection. On l'a vu avec le plan de relance. On le voit dans la guerre en Ukraine. joue un rôle de plus en plus grand et passe d'une Europe strictement économique et du libre-échange à une Europe plus politique et plus au service des pauvres citoyens.

4:52
Présentateur

Mais Jean Castex, si l'on additionne seulement les résultats de Marine Le Pen, d'Éric Zemmour, de Nicolas Dupont-Aignan, on est à 33% des voix. Comment expliquez-vous que l'extrême droite soit si haute alors que, vous le savez bien, Emmanuel Macron avait pris au soir de son élection l'engagement que les Français n'auraient plus de raison de voter pour les extrêmes au terme de ce quinquennat. On y est, là, au terme de ce quinquennat. Explication.

5:15
Invité politique

Au terme de ce quinquennat, qui, en France comme ailleurs, a été marqué par des crises majeures qui ont forcément bouleversé nos concitoyens. Bouleversé, je ne vais pas... On peut parler des Gilets jaunes, mais dans la période...

5:29
Auditeur

Il y a certaines crises dont vous êtes aussi un peu responsable. Les Gilets jaunes, la taxe carbone, on ne va pas refaire le match.

5:37
Invité politique

On ne va pas refaire le match parce que je suis de ceux qui pensent que l'affaire des Gilets jaunes remonte à beaucoup plus loin. Mais restons sur la période où j'ai assumé la responsabilité du gouvernement. Regardez la crise sanitaire, qui a eu des conséquences économiques et sociales extrêmement lourdes. La crise en Ukraine, tout ça, évidemment, inquiète les opinions. Je veux quand même leur dire, vous disiez dans quelques jours, je ne serai plus Premier ministre.

Je veux quand même dire à mes concitoyens qui nous écoutent que, sous l'autorité d'Emmanuel Macron, nous avons, j'entendais votre chronique sur la Chine il y a un instant, géré quand même dans un esprit de protection de nos concitoyens cette crise sanitaire. On a empêché des milliers de faillites, on a protégé des millions de salariés du chômage par l'activité partielle. Mais pourquoi les extrêmes si hauts ? Mais parce qu'encore une fois, on le voit bien, il y a une inquiétude. Ces crises ont impacté, le confinement a eu des effets qui ne sont pas simplement sanitaires, qui sont aussi psychologiques. Donc, moi, je comprends très bien les difficultés.

6:38
Auditeur

Vous ne prenez pas votre part, M. le Premier ministre, vous ne prenez pas votre part après 5 ans de gouvernement ou d'exécutif ou de présidence d'Emmanuel Macron sur cette montée des extrêmes.

6:47
Invité politique

Bien entendu, mais bien entendu. C'est-à-dire, Mme Le Pen n'a jamais rien géré, jamais rien gouverné. Nous avons géré ce magnifique pays qu'est la France, qui est un pays qui aime contrôler ses dirigeants, aime contester l'exercice du pouvoir. C'est normal. Bien sûr qu'il y a eu, le président de la République lui-même l'a dit, sûrement des erreurs qui ont été faites, etc. Bien sûr que nous prenons notre part. Mais attention, attention, attention, le pire est toujours possible. Et Mme Le Pen, qui se présente sous des atours sympathiques, de bonne mère, de famille, la politique de Mme Le Pen, les Le Pen restent les Le Pen, serait dramatique pour notre pays.

7:30
Présentateur

Emmanuel Macron ne cesse depuis une semaine, Jean Castex, de parler d'écologie, d'accélérer son tournant écologique, de faire sa mue intellectuelle vers l'écologie, ce qui laisse les écologistes assez circonspects, comme Julien Bayou, le patron d'Europe Écologie Les Verts. Je cite ses propos. Emmanuel Macron, écolo, je n'y crois pas. Il avait cinq ans pour agir et il ne l'a pas fait. Il a été condamné pour inaction climatique, donc il n'y a aucune raison de croire véritablement ses promesses. Fin de citation. Que lui répondez-vous ?

8:02
Invité politique

Je veux, lui et surtout l'ensemble de mes concitoyens, le convaincre et lui dire que nous avons agi sur le terrain de l'écologie. Je vais y revenir, si vous me permettez. Et que ce que propose Emmanuel Macron, effectivement, c'est d'accélérer et d'accélérer encore. Nous avons agi sur le terrain de l'écologie. Je vais prendre quelques exemples, si vous voulez bien. Par exemple, en favorisant massivement le recours aux transports propres et aux transports ferroviaires. Qui, sinon mon gouvernement, sous l'autorité d'Emmanuel Macron, a réinvesti le fret, plus d'un milliard d'euros dans les deux dernières années. J'ai réouvert la ligne des primeurs entre Perpignan et Rangis.

Qui, autant que nous, aura rouvert des petites lignes de desserte du territoire ? Plus de 9000 kilomètres, refait à neuf avec, bien entendu, les régions dont il faut se féliciter de l'action. J'ai rouvert moi-même la ligne Épinale-Saint-Dié dans les Vosges. Mais là, on parle d'une mutation. Qui a rouvert les trains de nuit ? J'ai rouvert Paris-Nice, Paris-Tarbe, demain Paris-Aurillac. Bon, de la même manière, regardez la question de l'isolation des logements. Avec ma prime Rénov' 700 000, c'est inédit. Logements rénovés et en particulier, 80% des bénéficiaires de cette prime sont des ménages modèles.

9:25
Auditeur

Monsieur le Premier ministre, on ne va pas refaire le match là aussi sur le quinquennat. Je réponds à la question de M. Demorand. Je réponds à la question de M. Demorand. Vous avez raison, mais on pourrait vous rétorquer que vous avez réintroduit les néonicotinoïdes, que vous n'avez pas aboli le glyphosate. On pourrait aussi citer ce que... On pourrait aussi voir le verre à moitié vide également. Est-ce que vous avez un regret ? Est-ce qu'il y a quelque chose que vous auriez pu faire pendant ces 5 ans sur l'écologie que vous n'avez pas fait ?

9:52
Invité politique

Je pense par exemple que nous aurions pu aller encore plus loin dans cette approche territoriale, notamment sur les énergies renouvelables, sur la prise en compte des circuits courts. Tout ça se développe, mais je pense qu'on aurait pu encore faire mieux. Et je me réjouis vivement. J'ai évidemment suivi de près les déclarations à Marseille du président de la République, qu'il est, vous l'avez entendu, entre autres orientations, pour permettre de passer la sur-multiplier, pour aller plus vite, comme dit M. Demorand, de choisir une approche au plus près du terrain, en associant encore plus les citoyens, les collectivités, les forces vives autour des territoires.

10:30
Auditeur

Une dernière question sur l'écologie, parce que ça intéresse beaucoup nos auditeurs. Une des recommandations du rapport du GIEC, c'est de promouvoir la sobriété. La sobriété énergétique, c'est un concept qui a été repris par Emmanuel Macron dans cet entre-deux-tours. Ça veut dire quoi concrètement ? Qu'il faudra des lois pour inciter les Français à moins prendre l'avion, à moins prendre leur voiture, à moins se chauffer ? Vous pensez que ce sera ça aussi, le second mandat d'Emmanuel Macron s'il est élu ?

10:51
Invité politique

Et à moins produire ? Ou est-ce qu'il faut produire plus ? Alors, d'abord, je vous signale, dans toutes les questions que vous avez posées, on a déjà pris des dispositions. On parlait moins prendre l'avion, 2h30 de Paris, on privilégie le train, c'est dans la loi. Donc on a déjà fait sur ce terrain des choses. Oui, bien sûr qu'il faut la meilleure énergie, on a déjà dit avant moi, c'est celle qu'on ne consomme pas. Donc oui, bien sûr que la sobriété énergétique.

Ceci dit, je le dis à toutes celles et ceux qui nous écoutent, le défi de notre génération, du quinquennat à venir d'aujourd'hui et de demain, c'est justement de savoir réussir cette transition écologique et maintenir le progrès économique et social. C'est à notre portée. Quand Emmanuel Macron dit, je veux à la fois le plein emploi, c'est-à-dire 5%, je dis au passage, vous voyez, on ne parle plus de questions de chômage qui ont occupé toutes les élections présidentielles depuis 1980, c'est à mettre à l'actif du président sortant.

Donc il nous faut concilier, Léa Salamé, il nous faut impérativement concilier la sobriété énergétique, la transition écologique et la croissance économique et sociale. C'est à notre portée. Produire mieux, produire de façon décarbonée, produire de façon économe, mais continuer, oui, à produire, continuer à donner du pouvoir d'achat. Vous savez, la meilleure réponse au pouvoir d'achat, la meilleure réponse à la pauvreté, c'est le retour à l'emploi.

12:20
Présentateur

Jean Castex, éclairez-nous parce que sur les retraites, on n'a pas bien compris la proposition d'Emmanuel Macron. Avant le premier tour, à notre micro, il disait lui-même qu'il voulait aller très vite sur cette réforme des retraites à 65 ans. Après le premier tour, les 65 ans ne sont plus un dogme, il veut un relèvement progressif, il parle d'un référendum. Donc, question simple, si Emmanuel Macron est réélu à la fin du quinquennat, on partira à la retraite à 65 ans ou pas ?

12:50
Invité politique

À la fin du quinquennat à venir ? Non ! Non ! Alors, là-dessus, que ce soit très clair, le président de la République n'a pas changé d'objectif et de cap, je vais y revenir, mais vous avez tout à fait raison, il a fait des adaptations importantes sur la méthode. Oui, il y a eu un premier tour, il y a des enseignements, vous ne pouvez pas, en permanence, être en train de dire, le président de la République n'écoute pas, c'est Jupiter qui décide tout seul dans son coin. Je peux témoigner comme premier ministre que ça n'est d'ailleurs pas vrai. Et puis, lorsqu'il écoute, lorsqu'il adapte, sans renoncer à l'objectif, dire, mais alors, qu'est-ce qui se passe ?

13:30
Auditeur

Oui, mais enfin, de la même manière qu'on relève et qu'on a relevé hier à votre place avec Louis Alliot, les changements de pied de Marine Le Pen sur les éoliennes ou sur le voile, on peut noter quand même que, à ce micro, Emmanuel Macron, avant le premier tour, nous a dit, on va aller très vite sur la retraite à 65 ans. Pardon !

13:43
Invité politique

Mais, pardon, excusez-moi, changer le rythme d'une réforme, c'est écouter, ce n'est pas se renier, ce n'est pas un changement de pied, comme on fait en permanence sur le voile, sur les éoliennes, sur l'économie, Madame Le Pen et ses partisans. Bon, là, un mot quand même, je voudrais le redire là aussi avec l'expérience qui est la mienne. De quoi s'agit-il ? Je rappelle quand même que, hors carrière longue, que nous allons conserver, au d'ores et déjà, aujourd'hui, en moyenne, les Français partent à la retraite à 63 ans et demi. Qu'est-ce qui se passe si on ne fait rien sur les retraites ? Le déficit va s'accroître. 9 milliards en 2025, 12 milliards en 2027, 17 milliards en 2030.

Ça veut dire quoi ? Ce n'est pas un problème d'équilibrer les comptes, c'est d'équilibrer nos retraites. Les retraites, le niveau des pensions va baisser. C'est exactement le contraire que veut Emmanuel Macron. Préserver les pensions des Français et même porter le minimum de pensions, parce que j'entends quand je me promène, beaucoup en France, les petites retraites, ce n'est pas cher. On a déjà revalorisé sous ce qu'on a, notamment les petites retraites agricoles, notamment, y compris, pardon, celles des conjoints. On va les porter à 1100 euros.

Le président de la République a annoncé qu'en cas de réélection, dès le mois de juillet, les retraites toutes seraient revalorisées de 4%, comme on va le faire aussi, je le dis au passage, pour le SMIC. Donc, oui, il y a une place à la négociation. Oui, il est nécessaire qu'il y ait une progressivité. Ça ne va pas tomber comme ça, mais il faut absolument que nous améliorions le sort des retraités en sauvegardant notre régime.

15:24
Présentateur

Allez, la parole à Ahmed, aux standards de France Inter. Bonjour et bienvenue !

15:29
Auditeur

Bonjour, messieurs, dames, et bonjour, monsieur le Premier ministre.

15:32
Invité politique

Bonjour.

15:34
Auditeur

Voilà ma question. Moi, je suis un électeur insoumis. J'ai voté Mélenchon au premier tour des élections. Et suite au résultat, nous avons vu le candidat Macron, après des années de mépris et d'indifférence, il a fait mine d'envoyer des signaux aux électeurs de gauche, et ce qui peut se comprendre, ce qui est normal. Mais le propos est chelou, et si vous voulez que cela ne ressemble pas à de la manipulation, soyez clair. Moi, je vous le dis, que le candidat abandonne la réforme des retraites, qu'il abandonne sa volonté de faire une sorte de travail forcé pour les titulaires du RSA, ils seront très nombreux à voter sans hésitation pour Macron.

Sur les retraites, les projections du corps ne vont pas dans le sens de ce que vous dites, monsieur. Après 2020, la part des dépenses de retraite dans le PIB va diminuer à même législation.

16:23
Présentateur

Donc, enlevez les retraites, enlevez la réforme du RSA sous condition, et vous voterez Macron, c'est le sens de votre question. Ahmed, merci de l'avoir posé Jean Castex.

16:32
Invité politique

Oui, bonjour, re-bonjour Ahmed plutôt. Je persiste malheureusement, et je signe notre régime de retraite, par répartition, car nous sommes tous très attachés, est malheureusement menacé. Enfin, vous voyez, on ne peut pas inventer de tels épouvantails. Je ne vois pas quel serait l'intérêt. D'ailleurs, je ne vous convaincrai pas, pas plus que toutes celles et ceux qui m'écoutent. Donc, oui, le système de retraite doit être réformé dans le sens que j'ai dit, mais n'oubliez pas, Ahmed, qu'on va le faire aussi dans le sens de la justice. On va préserver, comme je l'ai dit, les carrières longues. On a apporté la précision que les systèmes d'invalidité qui marchent actuellement seront préservés.

Nous avons également indiqué que la pénibilité, les métiers pénibles, feront l'objet d'une concertation avec les partenaires sociaux. Donc, nous allons tenir compte des spécificités qui marquent la vie au travail et qui méritent effectivement que la réforme des retraites s'applique de façon juste et progressive. Mais, si vous voulez, je pense qu'en responsabilité, il faut non pas vous séduire, mais vous convaincre. Je pense que c'est dans l'intérêt, et en particulier des gens qui ont une petite pension, que cette réforme est indispensable. Il y a un autre sujet que je n'ai pas évoqué jeudi pour Ahmed, c'est la dépendance.

Parce que, à quoi ça sert de partir plus tôt en retraite, si on n'est pas bien soigné ? Si la dépendance qui s'accroît avec l'âge est insuffisante ou mal prise en charge ? Donc, ce que nous ferons, c'est que les économies indispensables sur le régime de retraite seront toutes rendues aux Françaises et aux Français pour vivre mieux sa retraite et notamment ceux qui ont des petites pensions.

18:24
Présentateur

Retour aux standards. Frédéric, bonjour.

18:26
Auditeur

Oui, bonjour à tout, M. Tricelli, bonjour. Une petite remarque d'abord. Je pense qu'il est difficile de dire qu'il y a un problème des retraites tant qu'une seule retraite chapeau et un seul parachute doré obscène sera versé. Alors, ma question est la suivante. Je suis frappé. Quand M. Nemoura vous demande, ou Mme Salmé vous demande, quels sont les arguments pour voter pour M. Macron, vous nous expliquez pourquoi il ne faut pas voter pour Mme Le Pen. Comme si, en fait, vous n'aviez pas de votre côté de projet mobilisateur à proposer aux Français. Et je pense que c'est malheureusement la réalité.

18:59
Présentateur

Merci Frédéric pour cette question. Quel projet mobilisateur positif à proposer aux Français, à part celui de ne pas voter Mme Le Pen ? Jean Castex.

19:08
Invité politique

Alors, ce projet mobilisateur, je l'ai évoqué à plusieurs reprises.

19:13
Présentateur

Mais vous entendez la musique de ce que dit Frédéric ?

19:17
Invité politique

Bien sûr, mais ça fait un moment que je parcours le pays, j'entends tout ça. Bien sûr, bien sûr que j'entends tout ça. Ça ne mobilise pas, ça ne peut pas qu'être un vote négatif, il faut aussi donner envie. Il faut aussi...

19:30
Auditeur

Vous entendez, on en a marre de voter contre.

19:32
Invité politique

Oui, mais, comment dire, c'est quand même curieux. Parce qu'au premier tour, c'était tout le monde contre Macron. Donc, ce vote contre, on l'a déjà eu. Et maintenant, on le rétorque en sens inverse. Donc, le président de la République a un projet pour la France, qui est un projet d'abord visant à assurer le retour au plein emploi. Il est crédible, car nous avons déjà commencé. Nous avons, sous ce quinquennat, créé plus d'un million d'emplois. Je le dis parce que ça aussi, ça passe un peu sous les radars, mais c'est un sujet fondamental. Nous avons le projet, je le dis à monsieur, de recouvrer, par la France et par l'Europe, notre souveraineté économique et notamment industrielle.

Mme Samy, écoutez-moi encore, pardon. Ce pays, depuis 1980, a perdu 50 000 emplois industriels par an. Depuis trois ans, nous recréons des emplois industriels. Nous relocalisons des industries dans le domaine pharmaceutique, dans le domaine du jouet. J'ai plein d'exemples à vous donner.

20:35
Auditeur

Ça reste encore faible. Oui, ça reste encore faible.

20:38
Invité politique

Nous avons inversé la tendance et le projet du pays, c'est qu'il soit plus résilient, plus souverain. Nous avons des projets en matière de formation. Nous avons des projets en matière d'école. Je le dis qu'on n'en parle pas, mais qui a dédoublé des classes pour tous ces enfants, notamment dans les quartiers difficiles, 350 000 élèves concernés ? Nous allons continuer. Donc il y a un vrai projet pour la France, social, sociétal, économique, de reconquête. D'une France forte, d'une France qui repose sur ses valeurs. Oui, il y a une différence avec Mme Le Pen. Pardon. Oui, il y a une différence. Je l'affirme ici, très forte.

Même si Mme Le Pen, moi, tout ça, dans des propositions contradictoires, apparaît comme une dame gentille. J'aime beaucoup, je ne sais pas vous, Mme Salamé, les femmes de La Fontaine. Vous connaissez les femmes de La Fontaine ? Oui, oui, oui, oui. Il y en a une, je vous le dis, je la vois apparaître avec ses chats, voyez, pour se rendre aimable et sympathique. Et ça me rappelle une femme, je ne sais pas, elle est merveilleuse. Ce sont toujours d'actualité, ces femmes, qui s'appellent le chat, la belette et le petit lapin. Là, il y a un chat qui s'appelle Ramina Grobis. C'est un chat, dit La Fontaine, faisant la chatte mythe. Ce chat, il est tout doux, tout gentil.

Et quand ce pauvre petit lapin et cette pauvre belette arrivent jusqu'à lui, il les croque, il les mange. Bon, c'est ça. Derrière Marine, il y a toujours un Le Pen. Il faut quand même le rappeler.

21:58
Auditeur

Jean Castex, qui nous fait du Fabrice Luquini ce matin. Il y a une décision qui est parue hier...

22:03
Invité politique

La Fontaine, c'est magnifique, c'est tellement d'actualité.

22:05
Auditeur

Alors, pardon de vous ramener à quelque chose de plus prosaïque. La décision de supprimer le corps diplomatique a été publiée au journal officiel. C'est une décision qui a beaucoup fait réagir hier et dans tous les bords politiques. Cette décision que vous avez prise de supprimer le corps diplomatique. L'ancien ambassadeur de France à Washington, Gérard Arrault, qui est pourtant plutôt de votre camp, déplore que la France soit le seul grand pays occidental sans diplomate professionnel. Pour Michel Barnier, LR, cette réforme est une erreur. Jean-Luc Mélenchon pointe, lui, que la France voit détruire au bout de plusieurs siècles son réseau diplomatique, le deuxième du monde.

Pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron veut remplacer les serviteurs de l'État impartiaux par du copinage. Pourquoi une telle suppression ? Alors que le monde est si tourmenté.

22:46
Invité politique

Toutes ces appréciations sont inexactes, on va dire au mieux, qu'elles relèvent d'une mauvaise connaissance de la réforme. La réforme qu'on a, c'est celle de tout l'ensemble des cadres supérieurs de l'État. Pas que le corps diplomatique qui concerne. Nous avons une haute fonction publique et en particulier des diplomates de très grande qualité. Ils conserveront un corps, un statut, une impartialité, une formation, un recrutement par concours. Mais oui, mais oui, regardez les textes. Mais si, la différence, c'est qu'il faut qu'ils s'ouvrent davantage tous ces corps. Il faut qu'il y ait plus de diversité qu'il y en a aujourd'hui.

Il faut qu'il y ait plus de transversalité entre eux, c'est-à-dire de passerelles. Il faut, pardonnez-moi, ça ne concerne pas que le corps diplomatique, qu'ils aillent davantage sur le terrain. Un seul chiffre pour vos auditeurs, parce que tout ça, ça paraît d'outilier.

23:36
Auditeur

Ça veut dire quelque chose qu'il n'y ait plus de corps diplomatique pour les gens. La diplomatie, ça dit quelque chose, ça dit quelque chose de la France, de la grandeur de la France.

23:42
Invité politique

Ne confondons pas le statut et le métier. Il restera toujours un métier que nous allons même renforcer. Juste un chiffre. Pour ceux qui nous écoutent, 90% des fonctionnaires dans ce pays, de l'État, sont dans les territoires. Sont dans les territoires, d'accord ? Et 90% des hauts fonctionnaires sont à Paris. Il faut changer cette logique. C'est l'objet de cette réforme. C'est une réforme qui va renforcer l'encadrement super de l'État et le rendre plus proche.

24:13
Auditeur

Vous-même, vous êtes passé des territoires à Paris en tant que hauts fonctionnaires. Jean Castex, il reste une minute. J'ai une question. Est-ce que vous allez faire ce grand parti, là, dont on entend parler, ce grand mouvement qui regrouperait DPS, DLR, tout ça dans un grand, grand, grand parti ? Est-ce que c'est ça qui se dessine après la présidentielle ?

24:31
Invité politique

La priorité du jour, c'est clair, c'est le dimanche 24 avril. C'est de gagner l'élection présidentielle. C'est de faire en sorte que notre pays reste fidèle à lui-même. Il a un rendez-vous très important avec lui-même.

24:49
Auditeur

Vous ne voulez pas nous dire ce que ce sera le lendemain ?

24:51
Invité politique

A chaque jour suffit sa peine.

24:53
Auditeur

Quel rôle jouerez-vous ? Quel rôle vous jouerez dans le prochain quinquennat ?

24:57
Invité politique

Bon, ça, je ne pense pas entre nous que ce soit une question majeure.

25:02
Présentateur

Victor de Lyon vous demande, il est très intéressé, que ferez-vous après votre passage à Matignon ?

25:07
Invité politique

Écoutez, que Victor ne s'inquiète pas, je trouverai nécessairement à me rendre utile pour mon pays. À Paris ou en région ? Nous verrons bien, mais enfin bon, l'essentiel c'est le sort du pays entre nous, ce n'est pas le mien, ce n'est pas mon sort personnel.

25:22
Présentateur

Merci. Monsieur le Premier ministre, d'avoir été au micro de France Inter. Il est 8h45. Merci à vous.