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interviewLe Média· 18 mai 2026 23 min

LE MENSONGE DU POUVOIR POUR VOUS FAIRE TRAVAILLER PLUS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'idée de base c'est toujour ça. Les français sont des fignants. Les français travaillent pas assez.

Il faut qu'ils travaillent plus. On attaque quoi ? On attaque souvent la question de la durée du travail dans sa longueur et donc du fait qu'il faut qu'il travaille jusqu'à 67 ans, qu'ils acceptent des conditions de travail plus difficiles.

Il y avait un économiste Kan qui disait "Dans les années 80, on travaillera 3 heures par jour." Ça a pas été le cas parce que les gains de les productivités n'ont pas été partagés à l'ensemble de la population. On peut pas d'un côté nous parler constamment d'innovations qui vont arriver dans nos vies type IA et cetera et faire en sorte que ces innovations qui devrait augmenter la productivité dont on n'est pas sûr ne permettent pas de baisser le temps de travail.

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porsché au média. On a un message très important à vous dire. On a besoin de 10000 donateurs mensuels avant le 30 juillet.

Notre survie en dépend. Alors, soyons fous, faites partie des 3000 donateurs mensuels des premières 48 heures à partir de 5 € par mois et défiscalisable. Permettez au premier médiia téléind de France d'exister.

Rendez-vous sur capsured.v.fr.

Notre survie ne dépend que de vous. Bonjour Thomas. Salut Lisa.

Alors avec toi aujourd'hui au programme, faut-il mettre fin au jour férier et on ira quand même checker la visite écholoniale de Macron au Kenya. C'est parti. [musique] Les Français ne travaillent pas assez, pas assez longtemps.

Ont trop de vacances, trop de fériers et en mai, on entend la même rangaine. Les travailleurs et travailleuses ont trop de privilèges. Vous vous souvenez, François Baou avait proposé la suppression de deux jours fériers pour relancer l'économie.

Là, ce mois-ci, Gabriel Atal était dans son combat pour autoriser à travailler le 1er mai. Thomas Linsé estime qu'un jour férier en semaine correspond à environ 1,5 milliards d'euros de production en moins. C'était l'argument des Macronises pour faire des économies.

On est d'accord qu'on peut pas prendre que cette donnée là en compte ? Ah non, non, on peut pas prendre que cette donnée-là. Alors le chiffre est vrai, mais là je pense qu'on ouvre une porte qui peut qui peut être très dangereuse parce que après si on vous dit que ça rapporte 1,5 donc dans ce cas-là on va aller supprimer les 10 jours de de férier qu'il y a dans une année 9 10 jours hein et puis après on va se dire bah pourquoi on supprimerait pas la moitié des weekends et ainsi de suite.

Et oui, c'est vrai que si on supprime les 104 jours de weekend queon a dans une année, on va retrouver six points de croissance en plus. Mais à mon avis sur le long terme, ça risque d'être un peu compliqué parce que des gens des gens vont peut-être mourir au travail. Voilà.

Mais non, donc il faut faire attention quand on regarde l'impact économique grosso modo des jours fériers. Euh c'est c'est vraiment on est sur le fil du rasoir, c'est une légère perte, c'est moin 006 points. Voilà, grosso modo de de de perte de PIB.

Euh après ça dépend des secteurs mais mais quand on regarde l'ensemble, ça reste très peu et quand on regarde des années, il y aurait plus de ponts comme c'est le cas par exemple cette année en en mai, on a euh grosso modo avec les ponts, les jours fériers, on va avoir deux jours fériers de plus que le mai de l'année dernière. Bon bah quand on regarde des années où on va être un peu plus avantagé euh comme ça en terme de de jour férier qui tombe pas un dimanche mais qui tombe en semaine avec des années où il n'y a pas ça, c'est on se rend compte que c'est pas ça l'impact majeur qu'il peut y avoir sur sur la croissance. économique surtout qu'il y a des perdants et des gagnants quand il y a des jours fériers comme ça.

Oui, il y a des il y a des perdants et des gagnants. Il y a des secteurs alors bien sûr les secteurs de la construction du BTP, des secteurs qu'on qui ont besoin de on va dire de de plusieurs jours pour arriver à à à une production finale peuvent être impactés. Mais mais les jours fériers ont cette cet avantage qu'ils sont prévisibles à long terme.

Le calendrier, il est là, on sait comment s'organiser. Donc on peut prévoir le fait qu'il y ait un jour férier en milieu de semaine. Mais après, il y a des secteurs gagnants.

Le tourisme, les secteurs du loisir sont des secteurs qui sont également gagnants. C'est pour ça que au final quand on regarde d'un point de vue global macroéconomique, on est sur une perte vraiment très faible. C'est je l'ai dit hein - 0,06 points de de PIB par jour férier, ce qui est pas grand-chose et parfois on a des des des jours comme aujourd'h comme cette année en mai, on va avoir des jours fériers en plus.

Mais quand on regarde l'ensemble de l'année, on travaillera plus que l'année dernière parce que il y a plein il y a plein d'autres jours fériers qui sont répartis dans l'année différemment. Aller chercher un milliard par-ci par là, c'est pas c'est pas comme ça qu'on redresse l'économie d'un pays de toute façon. Non, de toute façon euh c'est pas en travaillant plus qu'on va redresser forcément euh euh un pays.

Alors, c'est que c'est pour moi c'est une volonté quelque part euh de bah de de casser euh en fait euh euh cette idée euh que il doit y avoir des réglementations sur les temps de travail, sur les heures supplémentaires, sur les les salaires mieux payés le weekend et et et les et les jours fériers. Et c'est pour ça que c'est quand même quelque chose qui revient dans le débat depuis très longtemps. Le MED par exemple avait proposé en 2014 à l'époque son plan pour faire 1 million d'emplois et il proposait de supprimer de jours fériers.

Voilà ce qu'avait ditou et il estimait des gars complètement fous en terme d'emploi, 100000 emplois, un point de croissance, ce qui était complètement farfelu comme souvent les prévisions d'emploi du MEDF. Oui. Non, c'est pas une question d'économie.

C'est une idéologie de s'attaquer au jours férier. C'est une et une stratégie aussi pour pas parler d'autres choses. La stratégie globale, c'est de dire que les français travaillent pas assez.

C'est ça l'idée de base, c'est toujours dire ça. Les Français sont des feignants, les Français travaillent pas assez, il faut qu'il travaillent plus. Et donc là, quand on dit il faut qu'il travaille plus, on attaque quoi ?

B, on attaque souvent la question de la durée du travail dans sa longueur et donc du fait qu'il faut qu'il travaille jusqu'à 67 ans, du fait aussi qu'il faille qu'ils acceptent des des conditions de travail plus difficiles. Or, ce que l'on constate, c'est c'est plutôt l'inverse, c'est que chaque fois qu'un pays s'enrichit, son temps de travail diminue. Les les les pays qui travaillent le plus, c'est les pays d'Asie, le Bangladesh, le Cambodge, certains pays d'Amérique latine, le le Mexique.

En Europe, c'est la Roumanie, c'est la Grèce à qui on a imposé d'augmenter son temps de travail. C'est d'ailleurs un des seuls pays de l'OCDE qui augmenté son temps de travail ces dernières années. Les autres, on va vers une réduction du temps de travail et euh et c'est le sens de l'histoire parce qu'on est beaucoup plus productif.

Donc la vraie question c'est la productivité et quels sont les leviers pour que des gens soient plus productifs au travail. On sait très bien que la pression au travail et cetera amène au burnout. Donc c'est plutôt est-ce que les gens s'épanouissent dans leur travail ?

Est-ce que les conditions de travail sont bonnes ? Est-ce que la qualité du travail est bonne ? On entend toujours cette petite musique comme tu le disais, les les Français travaillent moins que les autres et il faut savoir que c'est faux he France info l'a montré.

Les libéraux adorent s'appuyer sur les chiffres de l'OCDE, sauf que l'indicateur utilisé prend en compte toute la population, même les enfants. Et finalement, quand on regarde vraiment l'indicateur du nombre d'heures travaillé par personne en emploi, donc temps partiel ou temps plein, les Français en emploi travaillent travaillent en moyenne 1494 heures chaque année. C'est moins que la moyenne européenne estimée à 1570 he mais par contre c'est plus que l'Allemagne ou les Pays-Bas par exemple. on adore se comparer avec l'Allemagne.

Donc on peut voir qu'en fait que ce soit pour redresser un pays ou faire des économies ou bon nous on n'est pas très économici, on est plus recette mais on voit que c'est pas le nombre d'heures travailler qui est important en fait. C'est juste pour comme ça on a un débat en plateau pendant une semaine sur est-ce qu'on travaille trop ou pas et on parle pas de profit, on parle pas de comment est gérer l'économie, on parle pas de comment redistribuer les profits. Exactement.

Là, tu as eu raison déjà de de de de rappeler euh cette fake news disant que les Français travailleraient moins que les autres. En réalité, c'est plus compliqué que ça. Et et on se rend compte que au final sur certains points, ils travaillent plus que d'autres.

Quand on prend l'ensemble des des types de travail, travailleurs indépendant, travailleurs salariés, parfois on repasse dans des classements au-dessus de de de nos voisins. Donc la vraie question n'est pas encore une fois le temps de travail. La question c'est est-ce que les gens s'épanouisent dans leur travail ?

Est-ce que la qualité de travail est bonne ? parce que quelqu'un qui s'épanoui dans son travail dont la qualité de travail est bonne, bah il a aucune raison de ne pas travailler en réalité. Et là, ça se passe se passe bien.

Est-ce que l'objectif de long terme est un objectif euh sympathique ou un objectif juste de donner sur le court terme des profits supplémentaires aux actionnaires ? Parce que on nous a déjà dit qu'il fallait travailler plus. Sarkozy l'a dit, il a dit travailler plus pour gagner plus.

Aujourd'hui, on se rend compte que les gens travaillent plus pour gagner pareil ou même moins parce qu'il y a eu l'inflation, il y a eu tout un tas de choses qui ont augmenté très fortement comme l'immobilier et le vrai problème des gens aujourd'hui, c'est que avec leur salaire, ils ont du mal à terminer même des salaires parfois qui sont au-dessus du SMIC, dans la moyenne, ils ont du mal à terminer leur fin de mois. Donc voilà, c'est la vraie question aujourd'hui, c'est comment on redonne du pouvoir d'achat aux gens, comment on repartage mieux l'ensemble de la richesse créée euh et aussi comment on redonne un sens au travail. Et donc ça passe par la qualité du travail.

Ce qu'avait dit dans son livre notre ami Nicolas Framont, les Français détestent pas lundi. Ce qui déteste c'est plutôt le leur travail he me semble-til c'est quelque chose comme ça le capitalisme et il a pas tout à fait tort là-dessus. La question du temps de travail c'est central surtout à un an 2027 ça va évidemment faire partie des débats.

On se rappelle de Sandrine Rousseau qui avait mis en avant le droit à la paresse qui s'était fait un petit peu bah clairement harceler là-dessus. On voit des programmes à gauche qui mettent en avant les 32h les 28h. On voit que du côté Philippe, c'est plus bon bah va falloir charbonner.

Comment tu te positionnes sur comment tu te positionnes sur ces questions là ? Est-ce que aujourd'hui c'est réalisable de travailler 30 heures par semaine ou pas ? Euh est-ce que économiquement que ce soit macro ou micro, c'est possible par exemple pour les PME et cetera.

Comment tu vois un peu cette questionlà de du temps de travail ? Ce qui est ce qui est intéressant, c'est que comme on l'a dit, nous avons quand même normalement euh une baisse du temps de travail historique dans le temps. On peut pas d'un côté nous parler constamment d'innovations qui vont arriver dans nos vies type IA et cetera euh et faire en sorte que ces innovations qui devraient augmenter la productivité dont on n'est pas sûr ne permettent pas derrière de soulager l'être humain et de baisser le temps de travail.

Il y avait un économiste Kan qui disait "Dans les années 80, on travaillera 3 heures par jour." Ça a pas été le cas parce que toutes les innovations en fait elles ont les gains de les productivités n'ont pas été partagé à l'ensemble de la population. Et moi j'ai peur qu'avec ce soit pareil.

C'està-dire qu'on demande à quelqu'un au lieu de faire deux dossiers, il en fasse trois quatre avec l'IA et qu'on ne réduise pas le temps de travail. Donc il y a il y a cette vraie question qu'il faut mettre au cœur du sujet, c'est comment on repartage les gains les gains de productivité. Après sur le temps de travail, le but c'est pas de faire travailler plus longtemps des gens qui ont un travail, c'est qu'on soit plus nombreux à travailler.

On a des millions de chômeurs. Exactement. On a des millions de chômeurs, on a aussi beaucoup de gens qui sont Oui, on a plus de 5 millions de chômeurs avec des gens qui sont en travail précaire et qui aimeraient travailler plus.

Donc la vraie question, c'est comment on repartage mieux euh ce travail-là ? Et moi, je suis persuadé que dans beaucoup de domaines, il y a des il y a un temps de travail qui est imposé et sur le temps de travail, il y a un certain nombre d'heures où les gens sont moins productifs parce qu'ils ont plus envie de travailler et cetera et que si on réduisait ce temps de travail, il y aurait un investissement beaucoup plus conséquent parce qu'il serait que derrière voilà, ils peuvent ils peuvent faire autre chose. Donc la réduction du temps de travail, elle doit alors il y a plusieurs façons de la faire mais il faudrait pas demander aux gens de faire en moins de temps ce qu'ils font habituellement.

C'était un peu souvent ce que la voix que prenait Gabriel Atal mais mais il faut à un moment se dire voilà que nous sommes sur une une traî historique et que tant de travail et production n'ont rien à voir. En réalité, il y a des gens qui veulent faire travailler des gens de plus de 65 ans, mais s'ils sont fatigués, cassés, quelle productivité ils auront moindre ? À quoi ça sert de de si ce n'est pour les pour vouloir les punir ?

ça sert ça sert à rien. Donc la vraie question c'est voilà la productivité et dans quelles conditions tu vas bien travailler et être mieux à ton travail. C'est ça c'est ça la clé de de départ.

Et si le la réduction du temps de travail qui est un effet historique le permet, bah pourquoi pas ? Est-ce que c'est important que la gauche remette au cœur ce genre de débat pour 2027 ? Parce que en ce moment l'agenda médiatico-politique est quand même baladé par les libéraux et ou l'extrême droite si ce n'est des fois ils ont des thèmes commun.

Par exemple la France insoumise quand François Baou a voulu supprimer de jours fériers et ben 6 mois après pas que la France insoumise d'ailleurs il y a aussi tout l'après le la primaire à gauche je pense à Clémentine Autin qui qui ont qui disent bah nous on veut rajouter de jours fériers au jour férier déjà présent. Est-ce que c'est une bonne stratégie politique ça de tirer la fenêtre d'Overton plus à gauche ? Ouais.

Bah bien sûr. La la la gauche ne veut pas être que sur la défensive, elle doit être aussi force de proposition et elle doit être capable de proposer des choses et même de manifester pour proposer des choses. Et c'est vrai que là quand on a eu les 5èes semaines de congé, au début c'est toujours la même chose.

Les gens disent "C'est impossible" et cetera. Et là ces derniers temps, on se rend compte que on a souvent manifesté pour être contre une réforme et pas en en force de proposition. Donc, il faut pas hésiter à aller sur des questions de de réduction du temps qui ont été documentées par des gens extrêmement sérieux et dont on peut réutiliser et même des expériences parfois qui ont été faites par des PME dont on peut réutiliser en fait les résultats pour mener des combats bien sûr.

Emmanuel Macron était au Kenya la semaine dernière pour le sommet Africa Forward. Visite encore remarquée hein pour le président français qui n'a pas pu s'empêcher de remake Tintin à Nérobi. Je vous renvoie vers le super récap de ma collègue Marion Lopez.

Macron tente de recycler la France Afrique au Kenya. Entre colonialisme et concurrence avec la Chine et l'Inde, la France veut défendre ses intérêts économiques sur le continent africain. Sauf que Thomas, la donne a changé depuis 20 ans.

Oui, la donne a changé. En fait, à partir des années 2000, euh on a vu euh euh apparaître euh des pays émergents comme la Chine qui sont venus concurrencer, on va dire, les les pays qui avaient euh euh un avantage historique sur les pays africains, c'est-à-dire les les anciennes colonies. En réalité, la France était très présente dans l'Afrique francophone, le Sénégal, le Gabon, le Congo et avait ces compagnies, notamment ces compagnies pétrolières comme Total qui avaient des des partages de production très intéressants et des parts de production extrêmement intéressantes.

C'était le cas dans d'autres pays avec des anciennes colonies, l'Italie en Libye, des pays anglophones dans dans des pays anglophones africains et les et les des pays émergents comme la Chine et même les États-Unis qui sont dit tiens, on va aller voir ce qui s'y passe sont arrivés ce qui a ouvert finalement la concurrence dans des appels d'offre dans pour les investissements étrangers et ce qui a placé beaucoup plus qu'avant les pays africains dans des positions de force. Voilà, parce qu'elles peuvent faire jouer la concurrence. Euh, les pays dit développés ont toujours maintenu euh le continent africain dans une sorte de semi-dépendance.

On veut que vous vous développiez mais pas trop quand même avec nos règles que nous on a fait au niveau de l'OMC. Euh est-ce que la concurrence entre les pays euh Chine, Inde, France, Russie peut amener les pays africains à s'indépendantiser même si les règles du jeu sont faites contre eux ? Voilà, les règles du jeu, tuas tu as raison de le rappeler, les règles du jeu sont fait contre eux euh parce qu'ils ont des des des problèmes pour avoir accès à des financements, ce qui n'est pas le cas des pays riches puisque le système bancaire fonctionne déjà selon les règles que eux ont fixé.

Donc nous, on peut lever très facilement de l'argent pour des projets parfois un peu bizarres et et eux pour des projets parfois qui peuvent être concrets, ça va être ça va être plus compliqué. Et puis ils vendent des matières premières majoritairement sur des marchés qui sont extrêmement volatiles, qui dépendent aussi beaucoup de la finance, de produits financiers. euh qui sont faits et et donc qui leur rend très difficile la possibilité de de de planifier des des recettes euh publ.

Associé à ça, ils ont aussi euh pour beaucoup une dépendance très forte vis-à-vis de l'industrie euh notamment extractive, comment on fort un puit de pétrole et cetera. Seul les grandes compagnies savent le faire et eux ne savent pas le faire. Oui, le savoir.

Voilà. Mais la mise en concurrence peut les placer en position de force pour mieux négocier des contrats à leur avantage en disant voilà la Chine m'offre ça, vous vous m'offrez ça, donc je fais jouer euh euh la concurrence. Après, il faut avoir cette volonté de la faire jouer parce que chaque pays, il faut pas être être complètement naïf, chaque pays défend ses intérêts.

La France quand elle va négocier, elle défend enfin les compagnies défendent les intérêts qui les avantagent et les compagnies chinoises également. Donc il faut que les pays africains, moi si j'étais conseiller d'un d'un pays qui faisait face à des investisseurs, je leur dirais d'être beaucoup plus agressif dans la négociation. La concurrence en fait, elle peut aussi niveler vers le bas les réglementations.

On le voit bien parfois chez nous quand tout le monde est d'accord pour baisser des réglementations, même parfois des concurrents. Quand il s'agit en Europe de faire baisser, je sais pas moi, les les l'objectif de de zéro moteur thermique, là vous avez Volkswagen, Renault, des concurrents qui sont d'accord pour faire péter cette réglementation. Donc, il faut que ce soit les l'État qui tiennent le rapport de force en disant "Je fais jouer la concurrence" à condition d'avoir un avantage pour moi.

Euh même si ces pays ont une volonté impérialiste, je parle de des de la Chine, de la France et cetera, le fait qu'il y a une concurrence, ça casse du coup un petit peu le le une sorte de monopole en terme d'indépendance. Tout le monde a une volonté dans dans le business international et surtout dans le commerce international. Tout le monde a une volonté d'imposer euh sa loi.

C'est la loi du plus fort. Voilà. Souvent euh donc on essaie d'avoir euh la meilleure part d'une rente minière, le moins d'impôts possible et ça nous vivons également euh chez nous.

Euh la seule différence c'est que euh nous nous n'avons pas qu'une volonté d'impérialisme. Nous avons un héritage où nous avons colonisé ces pays pendant très longtemps. Et quand nous sommes sortis de la colonisation, nous avons gardé un certain nombre de de de choses comme le fran le franc CFA, mais également des entreprises comme s'il y avait eu un changement de commandement, mais qui ont quand même des des des avantages comme on en voit pas dans d'autres dans d'autres pays.

Et c'est ça qui fait que aujourd'hui c'est cette cet historique fait que la France est dans une position plus difficile aujourd'hui vis-à-vis de l'Afrique que certains nouveaux arrivants euh comme la Chine qui peut-être ont les mêmes conditions de travail que ou les mêmes volontés que la France. Emmanuel Macron en plus n'a pas pu s'empêcher de jouer au colon hein, à couper la parole, à demander à la salle de ster. C'est une scène qui a quand même marqué mais parce que c'est aussi très révélateur en fait de comment se place encore la France par rapport au pays africains.

Oui, je je pense pas que on est on aurait vu un président chinois faire ça. C'est c'est ça en fait l'idée, c'est que quand vous avez une histoire coloniale avec un pays, il faut quand même enfin il faut savoir se tenir. Enfin là, imaginez-vous cette scène dans un pays européen.

Imaginons, on est dans un pays européen, vous avez un sommet et vous avez, je sais pas moi, le président d'un pays africain, même le président d'un pays asiatique, même le président d'un pays d'Amérique latine. On va dire, on va prendre le sud global qui commencerait à intervenir, à dire aux gens, "Taisez-vous." Est-ce que est-ce que un cadre, imaginez-vous un mec qui a fait je sais pas moi, Lena qui est conseiller de du ministre de l'économie allemand, il accepterait qu'un mec lui dise ça de que qu'un qu'un qu'un qu'un président du Bangladesh ou duou du Vietnam ou de africain lui disent taisez-vous.

Il accepterait pas, ce serait un scandale. On dirait on fait pas ça. Surtout fait pas ça dans un pays haute où on est invité.

En plus si c'était Macron qui recevait à Paris, il peut dire écoutez là, il est dans le pays haute et il se permet de prendre le micro et d'intervenir. La politique néocoloniale encore en place quoi. Voilà.

Quelle image vous donnez ? aux gens si ce n'est leur rappeler qu'il y a eu un un passé colonial et c'est pas la première fois, il y a eu cette fois-là aussi où il était devant des étudiants parlant de l'électrification et vous avez le président du pays en question qui est parti et Macron a dit le tuto a dit il est parti rallumer la clime ou je ne sais pas quoi ou réparer la clime. Donc là pareil c'est des choses qui euh imaginez-vous on recevrait des des gens à Paris et quelqu'un tutoirit Macron disant tu vas ramener la clime.

On trouverait ça scandaleux. Donc ça ça ça ancre dans la tête des gens euh ben que il y a un passé colonial et je pense que ça n'aide pas à avoir une relation équilibrée entre la France et et euh les pays des pays africains. Un passé colonial, une posture très raciste et puis euh le fait que il y a encore du colonialisme aujourd'hui de la part de la France vis-à-vis de plus de énormément de pays africains.

Exactement. Euh parce qu'il y a pas que le passé. Oui.

Euh c'est quoi les les leviers aujourd'hui du développement pour les pays africains ? Sachant qu'ils sont pas du tout tous égaux. On parle de plus d'une cinquantaine de pays avec des problématiques différentes.

Ouais. Et effectivement, ils sont pas tous égaux. Des problématiques sont différentes.

Certains sont sur le pétrole, don sur d'autres matières premières. Certains ont des niveaux de développement plus avancés que d'autres. Mais après, il y a quand même des caractéristiques qu'on retrouve dans l'ensemble des pays du sud global vis-à-vis des pays du nord. c'est que ils sont dans un monde où les pays du nord se sont développés avant eux, euh détiennent finalement les règles euh économiques, qu'est-ce qu'on doit faire pour se développer ?

Alors que souvent ils ne se sont pas développés de la même façon. Euh la France, quand elle s'est développée, elle a utilisé beaucoup de protectionnisme. Elle s'est appuyé quand même sur les matières premières de de de de colonie.

Elle a elle a refusé d'ouvrir son industrie à des à des industries étrangères et les États-Unis également. Or là, on impose ça aux pays pauvres, ce qui les met, alors qu'ils sont euh ils ont ils sont euh moins moins développés sur beaucoup de secteurs, ce qui ce qui met le peu d'industrie qu'ils arrivent à créer en concurrence avec des gens qui sont là depuis très longtemps et donc ils perdent à ce jeu de la concurrence. Donc dans ce cadre-là euh où il y a un échange inégal, euh où il y a des accès au financement difficiles, le tout premier levier, c'est de faire en sorte encore une fois de tenir une forme d'agressivité dans la négociation de contrat de partage de production que ce soit pétrolière et minière parce que qui dit plus de de d'agressivité dit un meilleur partage, donc plus de recettes publiques pour le pays qui peut-être un premier levier de financement.

Une fois que vous avez ces recettes publiques, il faut absolument obliger les compagnies qui investissent en Afrique de jouer le jeu du transfert de compétence comme l'ont fait les Chinois pour ce que disait Maotung. Ne nous donnez pas du poisson, apprenez-nous à pêcher du poisson. Et là, il faut absolument que les pays africains arrivent à transformer euh leur matière première sur place, avoir une industrie qui serait une industrie industrie, voilà, une industrie nationale qui serait une industrie industrialisante.

Vous commencez à transformer puis vous distribuez et ainsi de suite. Pas euh une économie qui tienne sur une extraction faite par une compagnie étrangère qui va transformer dans son pays, qui revend qui vous revend directement à la chose. C'est pas possible là.

C'està dire que vous perdez à tout sur tous les tableaux. Donc ça c'est ça c'est très important. Et une fois qu'on a ça, et ben je pense que la question des financements sera beaucoup plus facile à obtenir.

Donc le premier levier, c'est faire jouer la concurrence comme ils peuvent le faire aujourd'hui en ayant une stratégie beaucoup plus agressive dans le partage de production. Ne jamais hésiter. Ça c'est le le le tout premier levier.

Mais mais la plupart des économistes africains ou des haut fonctionnaires africains que j'ai pu rencontrer, ils savent ça en fait. Ils le savent. Ils savent sur beaucoup de choses qu'il y a un jeu de dupe.

Ils savent quand ils vont écrire un un rapport au FMI pour avoir une annulation de dette ou pour avoir des financements. [musique] Ils savent que ce qui marque dedans, c'est pas la solution, mais ils font ça pour avoir ça. Donc tout le monde sait en réalité qu'il y a un cadre aujourd'hui, un cadre économique, des règles économiques qui qui empêchent ou qui rendent plus difficile le développement de l'Afrique et et et de beaucoup d'ailleurs de de de pays en développement.

Donc c'est pas qu'une question de volonté, c'est aussi un cadre euh qui est qui est qui qui est qui est qui est qui est imposé et qui rend les choses beaucoup plus difficiles. Et je le rappelle, le média a absolument besoin de vous. Nous devons réunir 10000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour assurer la survie du média à 1 an de 2027.

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Ah.

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