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ChroniqueNathalie Arthaud· 22 décembre 2025 3 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleDéfense

La trêve de Noël ? Quelle trêve ? Edito du 22/12/25

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Nathalie ArthaudFait
    « Les 750 salariés de Brandt vont recevoir leur lettre de licenciement là, à Noël. »
  • 0:30Nathalie ArthaudChiffre
    « 41 % des travailleurs empruntent pour payer leurs cadeaux de Noël. »
  • 3:00Nathalie ArthaudChiffre
    « Dimanche dernier, Macron s'est rendu auprès des militaires français déployés aux Émirats arabes unis et leur a offert un nouveau porte-avions, au coût exorbitant de 10 milliards d'euros. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

En ces fêtes de fin d'année, certains d'entre nous ont quelques jours de repos. L'occasion de passer un peu plus de temps en famille ou entre amis et personne ne s'en plaindra. Mais la prétendue féérie de Noël mise en scène dans les médias entre deux reportages sur les guerres est plus qu’indigeste.

Parce qu'en réalité, il n'y a pas de trêve pour la démagogie, pas de trêve pour le business, pas de trêve pour la misère et pour les guerres. Et il n'y a pas de trêve pour les attaques contre les travailleurs. Les 750 salariés de Brandt vont recevoir leur lettre de licenciement là, à Noël.

Et combien d'autres passeront ces fêtes le cœur serré parce qu'ils ont perdu leur travail ou parce qu'ils craignent d'être licenciés ? 41 % des travailleurs empruntent pour payer leurs cadeaux de Noël. Parce que la féerie de Noël ne va pas jusqu'à augmenter les salaires.

En fait, des millions de femmes et d'hommes en activité, en invalidité, au chômage ou à la retraite jonglent en permanence avec leur découvert. Et là, ils se mettront dans le rouge rien que pour acheter du chocolat et quelques cadeaux à leurs enfants ou à leurs petits enfants. Les conseils des journalistes télé pour bien choisir son foie gras ou pour sélectionner le meilleur vin ne sont clairement pas destinés à eux.

De véritable trêve, il n'y en a pas non plus pour les travailleurs immigrés qui font face à des problèmes de papiers ou de visa et qui parfois n'ont pas pu rassembler leur famille autour d'eux. Il n'y en a pas pour les petits éleveurs qui se réveillent chaque matin en se demandant s'ils ne vont pas découvrir une bête malade et s'ils ne devront pas en passer eux aussi par l'abattage de tout leur troupeau, le travail d'une vie. Quant à ceux qui dorment à la rue, ils ne verront de la féerie de Noël que les vitrines alléchantes et les illuminations publiques, Dans les prêches de Noël, on entendra les uns ou les autres en appeler à la paix, au cessez-le-feu, aux négociations, alors même que tous les dirigeants de la planète fourbissent leurs armes et préparent la guerre.

Dimanche dernier, Macron s'est rendu auprès des militaires français déployés aux Émirats arabes unis et leur a offert un nouveau porte-avions, au coût exorbitant de 10 milliards d'euros. Et quand il s'agit de dépenser pour la guerre, alors là, il n'est plus question de déficit abyssal ou de dette que nous allons laisser à nos enfants. Alors voilà la réalité, la réalité cruelle, angoissante et la prétendue féerie de Noël ne la fait pas disparaître, elle la met en relief.

Il ne devrait plus y avoir de place depuis longtemps pour la misère, pour l'exploitation, pour la domination des pays riches sur les pays pauvres, pour les guerres, parce que les richesses et les progrès emmagasinés par la société sont tels qu'ils pourraient profiter à tout le monde. Ce constat doit se transformer en perspective politique. Bâtir un monde meilleur pour les générations futures est possible.

C'est aux travailleurs, aux exploités, aux opprimés, aux révoltés de s'y atteler. Alors souhaitons que cette période de repos nous donne des forces et de l'énergie pour partir au combat contre cette société capitaliste si aberrante et révoltante.