L'accord sur la Nouvelle-Calédonie «pose beaucoup de questions constitutionnelles», affirme Laurent Jacobelli
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Le président Emmanuel Macron, le PS et les Républicains saluent cet accord. Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, fait part de sa prudence. Qu'en est-il du Rassemblement national ? En direct sur Europe 1, Laurent Jacobelli, député de la Moselle, porte-parole du RN. Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour. Monsieur Jacobelli, avant de nous répondre, écoutez justement l'avis de Virginie Ruffnac, la vice-présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, présidente du groupe Le Rassemblement Les Républicains. Elle était hier soir sur Europe 1.
On n'est pas indépendants. L'État exerce la souveraineté au travers de l'exercice des compétences régaliennes, du fait que le sol en Nouvelle-Calédonie est français. Et cet État est véritablement au sein de la République française. C'est en fait respecter tout simplement les trois référendums. Quand vous faites un accord, il faut aussi de l'autre côté faire un forme de pas. Or pour les indépendantistes, avoir ce nom d'État, c'était important, tout autant qu'une nationalité calédonienne aux côtés de la nationalité française. C'est une forme d'équilibre qu'on a trouvé et qui ne remet pas en cause le caractère français de la Nouvelle-Calédonie.
Alors cet accord, c'est vraiment l'équilibre, le compromis nécessaire, Laurent Jacobelli ?
Écoutez, pour avoir un compromis, je pense qu'il aurait fallu bien évidemment consulter et travailler avec toutes les forces de Nouvelle-Calédonie, aussi toutes les forces en France. Marine Le Pen est allée en Nouvelle-Calédonie. Elle a des propositions à faire. Elle avait demandé à participer aux négociations. Je vois qu'Emmanuel Macron et son équipe ont travaillé seuls. Or, sur un tel bouleversement constitutionnel, je pense qu'il aurait été beaucoup plus sage et beaucoup plus intelligent de prendre l'avis de toutes les forces politiques en Nouvelle-Calédonie ou sur l'Hexagone.
Maintenant, cet accord pousse beaucoup de questions et nous allons l'étudier dans le détail pour essayer d'y répondre. Des questions constitutionnelles, qu'est-ce qu'un État dans l'État ? Dans quelle mesure peut-on parler de souveraineté ? La notion est nouvelle et probablement compliquée. Compliquée aussi quand on sait que la France doit être, selon la Constitution, une et indivisible. Donc, on va regarder ça de près. Et puis, un manque flagrant d'ambition économique et de développement. Or, nous, nous pensons que la cohésion de la Nouvelle-Calédonie, la construction d'un avenir pour la Nouvelle-Calédonie, passe aussi par un avenir économique et la fin des incertitudes.
Donc, on est posé, réfléchi, parce que la question mérite, évidemment, beaucoup de prudence, beaucoup d'attention, beaucoup de respect des opinions en présence. Donc, nous étudions le texte. Il y a quand même beaucoup d'inconnus et beaucoup de questions qui se posent sur la démarche effectuée par le Président de la République.
Et concernant la double nationalité, Laurent Jacobelli, la nationalité française et calédonienne, c'est compatible ?
C'est ce sur quoi nous travaillons. Parce que, comme je le disais, la nation est une et indivisible. Donc, avoir un État dans l'État, comment ça se coordonne ? On voit bien que, dans le texte, la Nouvelle-Calédonie peut, du jour au lendemain, pratiquement se détacher de la France. Donc, il faut regarder ça dans le détail. C'est finalement une question constitutionnelle un peu surprenante qui nous est posée. Je pense que la réponse n'est pas immédiate, puisque ce modèle n'existe pas. Et que, donc, il mérite qu'on réponde à une question, notamment une autre question, pour tous les territoires français d'outre-mer.
Est-ce que ce n'est pas aussi un message qui est envoyé de distance vis-à-vis de la France ? Je n'ai pas la réponse. Nous n'avons pas la réponse. Une fois encore, tout cela est inédit. Certains diront innovant. Nous nous disons questionnant.
Mais vous seriez prêt à voter une modification de la Constitution pour y inscrire un futur État de la Nouvelle-Calédonie ?
Sur le principe, nous ne sommes fermés à rien. Nous allons l'étudier. Mais nous avons des points de vigilance sur l'unité de la nation, sur le fait que la Nouvelle-Calédonie soit à part entière membre de la communauté nationale française. Donc, nous allons regarder tout ça dans le détail. Vous savez, je le regrette une fois encore, Marine Le Pen n'a pas été associée aux négociations. Ça aurait probablement facilité les choses si toutes les forces politiques, notamment la première de France, avaient été consultées, inscrites dans un processus de discussion.
D'accord. En tout cas, Jean-Philippe Tanguy a dit qu'il n'était pas prêt à voter une modification de la Constitution.
Écoutez, nous allons voir dans le détail. C'est vrai qu'a priori, et je le répète, nous sommes très attachés à l'unité de la nation. Et on peut se demander s'il n'y a pas là un coin à cette unité proposée par cet accord.
Merci beaucoup Laurent Jacobelli, député. C'est moi qui vous remercie. Merci, député de la Moselle, porte-parole du VRN. Merci d'avoir été en direct sur Europe 1.
Laurent Jacobelli