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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 mars 2026 23 min

Rapatriement des Français au Moyen-Orient, situation au Liban, hausse du prix de l'énergie... Le "8h30 franceinfo" d'Éléonore Caroit

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Eleonore Carrois, et bienvenue sur France Info. Bonjour Camille, du Nouvel Obs qui nous accompagne ce matin. Vous êtes donc Eleonore Carrois, ministre déléguée à la francophonie, mais aussi des Français de l'étranger. Beaucoup de questions bien sûr à vous poser, cette guerre au Moyen-Orient qui se poursuit. On va commencer par la question des rapatriements. Vous êtes en charge du dossier dans la zone. Hier soir, un avion de rapatriement d'Air France a été contraint de faire demi-tour en raison de tirs de missiles. Il ne transportait pas de rapatriés, mais il était en route pour aller les chercher. Écoutons le témoignage d'une Française, Claudia, qui devait monter à bord.

Alors on va l'écouter un petit peu plus tard. Qu'est-ce qui s'est passé avec cet avion, dites-nous ?

0:52
Éléonore Caroit

Oui absolument. Comme vous le savez, depuis le début des bombardements, nous avons trouvé des solutions pour permettre aux Français qui se sont signalés, qui le souhaitent et qui sont particulièrement vulnérables de rentrer en France. Nous avons déjà fait rentrer un certain nombre de nos compatriotes. Et là, cet avion avait été affrété par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour permettre à des personnes qui se trouvent en ce moment aux Émirats Arabes Unis de rentrer. Mais effectivement, les conditions ne permettant pas à cet avion de se poser à Abu Dhabi, il a été dérouté.

Raison pour laquelle nous avons dû reprogrammer ses départs, mais ce sont des opérations qui sont en cours.

1:29
Invité

Mais il n'y avait pas, pardon, de moyens de garantir sa sécurité à cet avion ?

1:33
Éléonore Caroit

Il n'y avait pas de moyens à ce moment-là de garantir qu'il pouvait se poser en sécurité. Et comme vous le savez, et le président de la République l'a rappelé, le ministre des Affaires étrangères également, la sécurité de nos compatriotes est notre priorité absolue. Évidemment que nous faisons tout, nous déployons tous les moyens pour leur permettre de rentrer au plus vite. Et nous comprenons leur détresse et leur angoisse, mais il faut qu'ils rentrent en sécurité.

1:54
Présentateur

Mais ça veut dire que quand l'avion a décollé, vous aviez eu un feu vert qui vous disait que la voie était libre. Et entre-temps, qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que ce sont les Israéliens, les Américains, les Iraniens qui vous disent « non, on n'y allait plus » ?

2:09
Éléonore Caroit

Ce détail-là, je ne pourrais pas vous le donner. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est qu'il a été évalué, que les conditions n'étaient pas réunies pour que l'avion puisse se poser en sécurité et repartir avec nos concitoyens en sécurité. Et une fois de plus, nous faisons tout, nous mobilisons un centre de crise à Paris, à Nantes, dans nos différents postes, les 15 pays qui sont touchés dans la région, pour pouvoir répondre au plus vite, pour avoir un centre d'appel 24h sur 24, 7 jours sur 7, pour pouvoir vraiment répondre aux cas les plus urgents.

2:40
Invité

Mais tout cela, de manière sûre, bien évidemment. Justement, on a entendu ce matin sur France Info des témoignages, notamment d'une mère de famille qui devait embarquer avec ses enfants dans cet avion, qui ne l'a pas fait. Ils sont où, ces passagers qui devaient monter à bord hier ? Ils sont encore à Dubaï ? Ils sont encore chez eux ? Vous avez trouvé une solution ?

2:57
Éléonore Caroit

Oui, absolument. Alors, ils ont tous été informés. D'ailleurs, j'étais, moi, hier soir, au centre de crise, et je m'attendais à ce qu'il y ait un pic d'appel, potentiellement, de la part de ces concitoyens. Mais en réalité, ils avaient déjà reçu l'information. Parce que nous faisons, en plus de répondre aux appels... Mais ils sont où ? Ils sont dans les hôtels, dans les lieux... Il y a encore de nouvelles solutions ce matin. Alors, ils n'ont pas encore tous été remis sur des vols, mais nous finissons de les mettre, de s'attribuer à des vols qui sont déjà en route.

Donc, je pense que le message important ce matin, c'est de dire « Cet avion-là, dans ces conditions-là, à cette heure-là, sur ce créneau-là, ne présentez pas les conditions de sécurité. » Mais nous avons d'autres vols, plusieurs vols, qui sont en ce moment en train d'être programmés pour permettre aux concitoyens. Dès aujourd'hui ? Dès aujourd'hui, absolument.

3:43
Invité

On voulait faire un point sur les chiffres, justement, avec vous. Hier, Jean-Noël Barraud a déclaré que 5 000 Français s'étaient manifestés pour rentrer. On sait qu'il y a 400 000 Français sur la zone, dont à peu près 40 000 de passage, qui n'y vivent pas, qui n'y résident pas à l'année. Il vient d'où, ce chiffre de 5 000 ?

4:03
Éléonore Caroit

Alors, comme vous le dites, on a aujourd'hui 415 000 Français qui se sont inscrits d'une façon ou d'une autre. Et deux façons de s'inscrire, soit le registre des Français de l'étranger pour les Français qui vivent sur place, dans les différents pays, soit le fil d'Ariane qui est normalement destiné aux voyageurs de passage. Le fil d'Ariane, il faut savoir que dans certains pays, aux Émirats notamment, c'est plus de 200 % d'inscriptions. Aujourd'hui, on est à 41 500 Français qui se sont inscrits sur le fil d'Ariane.

4:31
Invité

C'est une façon de se signaler auprès des autorités françaises en disant « on est là », mais sur le nombre de Français qui veulent rentrer... J'y viens, j'y viens, ne vous inquiétez pas. On est à tout bien précis.

4:40
Éléonore Caroit

Mais c'est important, justement, c'est important d'être précise sur les chiffres. Sur ce montant-là, sur ces 41 500 personnes, certains, en commentaire, ont indiqué qu'ils souhaitent être rapatriés, qu'ils ont une condition médicale, une vulnérabilité particulière. Et d'autres ont également appelé le numéro du centre de crise en indiquant qu'ils souhaitaient être rapatriés. Lorsque l'on regarde ceux qui ont vraiment fait cette demande express, c'est ce chiffre qui apparaît. Mais ça pourrait être beaucoup plus, si je vous entends. Ça pourrait effectivement être plus.

Mais de la même manière, lorsque l'on indique le nombre de personnes qui ont effectivement été rapatriées par le gouvernement français... 750 a déclaré le ministre hier. C'est ce que le ministre a dit hier, exactement. Et c'est un chiffre qui, évidemment, évolue, parce que dès que d'autres avions seront partis, ça augmentera considérablement. Et vous dites que c'est plus dans les faits ? Dans les faits, c'est plus aussi, parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ça, ce sont des vols avec des places affrétées par le ministère, identifiées et donc données à des personnes vulnérables.

Mais par ailleurs, toute la journée, toute la nuit, nous trouvons aussi des solutions par des vols commerciaux, nous orientons les personnes qui nous appellent pour qu'ils puissent partir aussi par leurs propres moyens.

5:46
Invité

Vous dites, ce chiffre 750, ça ne tient pas en compte la débrouille, quoi. C'est-à-dire qu'ils ont pris un taxi, un bus, qu'ils sont allés dans les pays limitrophes pour trouver un avion.

5:53
Éléonore Caroit

Exactement. Et vous dites la débrouille, mais en réalité, moi, ce que j'aimerais transmettre à nos concitoyens comme message, c'est qu'aujourd'hui, vous avez certains espaces aériens qui sont encore ouverts. C'est le cas du Sultanah Doman, c'est le cas de la Jordanie, c'est le cas de l'Égypte, c'est le cas du Liban. Et lorsqu'ils le peuvent, lorsqu'ils peuvent partir en sécurité par un vol commercial, nous leur recommandons de le faire, y compris nous avons des concitoyens qui sont arrivés à Londres, qui sont arrivés avec des vols, pas nécessairement à Paris directement,

6:21
Invité

mais il faut véritablement qu'ils sachent qu'ils... Mais ce n'est pas un aveu d'appuissance, pardonnez-moi, de la part des autorités françaises, de dire, si vous pouvez vous débrouiller autrement, allez-y, parce que nous, on n'est pas capables ni de vous affrêter un avion militaire,

6:32
Éléonore Caroit

ni d'assurer la sécurité des vols d'Air France. Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. D'ailleurs, nous sommes un des seuls pays qui a affrété des avions dès le début de la crise et qui, justement, a des places réservées pour les plus vulnérables. Et vous voyez bien qu'on est en train de parler de dizaines de milliers de personnes qui sont sur la zone, enfin de centaines de milliers de personnes qui sont sur la zone et de milliers de personnes qui souhaitent partir. Donc, évidemment, le temps de les évacuer, même si nous pouvions le faire, serait extrêmement long et les personnes veulent évidemment rentrer. Et notre conseil, c'est, si vous le pouvez, partez.

D'autres pays ont dit à leurs ressortissants, purement et simplement, débrouillez-vous, quittez la zone et n'ont pas mis en place ces dispositifs que nous avons mis en place.

7:09
Présentateur

Ça fait une semaine que la guerre a débuté. Vous estimez qu'il faudra combien de temps pour rapatrier tous les Français qui le souhaitent ?

7:16
Éléonore Caroit

C'est, comme je vous le dis, assez difficile à estimer parce que notre objectif, ce n'est pas de rapatrier tous les Français. D'ailleurs, ça prendrait effectivement beaucoup de temps. Notre objectif, c'est que tous ceux qui le souhaitent puissent rentrer, y compris par leurs propres moyens. C'est pour ça qu'aujourd'hui, tant que des vols commerciaux sont disponibles et nous espérons évidemment que des vols le seront davantage. Et il y a certains pays qui ont ouvert, mais par intermittence, comme c'est le cas des Émirats Arabes Unis, nous leur recommandons de rentrer.

7:43
Présentateur

Et c'est toujours la priorité accordée aux personnes qu'on dit vulnérables, c'est ça ?

7:48
Éléonore Caroit

Pour les personnes qui sont rapatriées par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, que ce soit sur des vols commerciaux affrétés ou sur des vols militaires, oui, évidemment, nous prenons en priorité les personnes dites vulnérables. Après, vous avez une question aussi logistique. Je vous donne un exemple. Moi, j'ai été accueillir à Roissy, un avion qui venait du Sultanat d'Omane, mais qui transportait quasiment uniquement des passagers qui étaient en réalité à Dubaï. Ces personnes-là, lorsqu'on a eu la confirmation qu'on avait un slot pour avoir un vol Air France qui décolle de Mascate, on les a informés. C'est ceux qui ont décidé de faire le trajet.

Alors, on a mis à disposition des transports. D'autres étaient venus par leurs propres moyens. Et c'est ceux qui ont accepté de faire, à ce moment-là, 10 heures de route. Aujourd'hui, je comprends que les conditions sont améliorées, mais tout est très, très évolutif. Et donc, ils sont arrivés jusqu'à Mascate et qui ont pris ce vol. Et donc, il y avait aussi des personnes qui étaient présentes parce que l'idée était de remplir, évidemment, le plus possible les avions.

8:47
Invité

Vous évoquiez des vols militaires. Aujourd'hui, il y a des vols militaires qui sont en train d'être organisés pour aller chercher les Français dans la zone ? Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères,

8:56
Éléonore Caroit

en coopération avec le ministère des Armées, met à disposition des avions qui permettraient de rapatrier nos concitoyens et, comme je vous le disais, effectivement aussi des vols militaires. Et vous savez combien ? Dans combien de temps ? À quel niveau ? Alors, justement, quand je vous dis que nous sommes en train d'examiner des solutions, y compris pour aujourd'hui, cela fait aussi partie des différentes solutions qui sont à l'étude. Et ce qu'il faut voir aussi, c'est que dans les avions militaires, vous avez différents types d'avions avec des capacités différentes, avec des itinéraires différents.

Donc, le message que je peux vous transmettre, c'est que nous faisons tout pour permettre de rapatrier, et tous les pays ne le font pas, encore une fois, rapatrier nos concitoyens les plus vulnérables et permettre à tous ceux qui les souhaitent de rentrer.

9:36
Présentateur

Vous n'avez pas de chiffre à nous donner ce matin sur le nombre d'avions aujourd'hui qui sont éventuellement prévus pour rapatrier des Français ?

9:43
Éléonore Caroit

Je peux vous dire qu'il y en a plusieurs, déjà, et que nous souhaitons qu'ils puissent partir au plus vite et qu'il y en a déjà quatre qui sont arrivés. Donc, l'avion qui est venu de Mascate, deux qui sont partis de la base d'Abu Dhabi. Et puis, on n'en a pas encore parlé, mais c'est important de le dire, pour nos concitoyens qui sont en Israël et qui peuvent passer la frontière vers l'Égypte et vers la Jordanie, nous avons déjà fait venir un avion qui a été affrété par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, depuis Charmelscher, qui nous a permis de rapatrier nos concitoyens qui étaient en Israël. Et il y en aura, effectivement, d'autres.

Et on a du personnel de nos consulats, de notre consulat de Tel Aviv et de notre consulat du Caire qui sont à disposition, sur place, à la frontière.

10:22
Présentateur

Et là, ça représente combien de Français ?

10:24
Éléonore Caroit

Ça représente aussi des centaines de Français qui sont effectivement en demande, qui sont plus vulnérables et qui souhaitent rentrer.

10:29
Présentateur

Et nous sommes toujours avec Eleonore Carrois,

10:37
Invité

ministre déléguée des Français de l'étranger auprès du ministère des Affaires étrangères et de l'Europe. L'actualité, c'est aussi la situation au Liban où l'armée israélienne a appelé à évacuer la banlieue sud de Beyrouth, un quartier réputé pour être le bastion du Hezbollah et des raids aériens israéliens dans le sud du pays. Cette nuit même, l'ambassadeur libanais à Paris, Rabi Shaher, était sur France Info ce matin. On l'écoute. La banlieue sud du Liban, elle est en désastre complet. Israël, hier, a fait à peu près 12 raids et puis elle a poussé, elle a forcé l'évacuation d'à peu près 300 000 personnes. Ils se sont arrachés de leur maison, de leur vie.

Alors l'ambassadeur libanais accuse Israël de pousser son pays, je le cite, dans le chaos. Est-ce que c'est aussi votre sentiment ?

11:19
Éléonore Caroit

Ce que nous demandons, c'est évidemment un arrêt de ces combats qui touchent des populations civiles, y compris une très très large communauté française qui est présente au Liban aujourd'hui. Nous appelons évidemment le Hezbollah à cesser. Exactement, exactement et probablement davantage, qui, je le rappelle, peuvent encore sortir avec des vols commerciaux qui sont encore opérationnels à Beyrouth. Donc évidemment que nous appelons à une désescalade au Liban, mais partout au Moyen-Orient. Et nous appelons le Hezbollah à cesser ses frappes et Israël à s'abstenir d'intervenir militairement au Liban. Vous savez, il devait y avoir une conférence...

11:57
Présentateur

Vous appelez Israël à s'abstenir d'intervenir, mais manifestement, Israël n'écoute pas la France.

12:03
Éléonore Caroit

Nous avions prévu cette semaine au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères une conférence en soutien, notamment à l'armée libanaise et aux populations civiles, parce que notre objectif, c'est de permettre au Liban de combattre justement ces groupes armés, de les démanteler, de les empêcher d'agir, et surtout de permettre à ce pays, à ce pays ami, allié, si important pour la France, francophone d'ailleurs, de retrouver une stabilité et de retrouver la paix. Et nous sommes toujours engagés. Nous envoyons en ce moment de l'aide humanitaire, du matériel médical pour venir en aide aux populations et nous appelons à la désescalade.

Le président de la République s'est entretenu avec tous les leaders de la région pour permettre justement de désescalader cette situation.

12:48
Invité

La formulation appelée à la désescalade, est-ce que ce n'est pas un peu faible compte tenu des enjeux ? Vous êtes avocate en droit international de formation. Vous savez que même dans un conflit armé, les déplacements civils sont interdits sauf à de rares exceptions pour leur sécurité. Quel regard vous portez sur l'ordre de l'armée israélienne qui a paniqué la panique, l'exit sur les routes de centaines de milliers de Libanais, y compris des vieux, des jeunes, des enfants sur les routes ?

13:13
Éléonore Caroit

Et comme je vous dis, la position de la France, c'est véritablement d'être un partenaire fiable dans la région, engagé. Je ne vois pas d'autres pays qui soient engagés à ce point en soutien justement à ces populations.

13:23
Invité

Mais il n'y a pas une façon de condamner plus fortement cette ordre d'évacuation ?

13:27
Éléonore Caroit

Mais vous pouvez condamner si vous le souhaitez. C'est important. Et d'ailleurs, lorsque l'on dit abstenez-vous d'intervenir militairement, je veux dire, le message est assez clair. Et lorsque l'on dit aussi au Hezbollah de ne pas faire basculer le Liban dans ce conflit, ce que disent d'ailleurs aussi les autorités libanaises, nous le disons aussi très fermement. Maintenant, ce qu'il faut faire, c'est trouver des moyens concrets pour permettre cette désescalade et pour permettre aux populations d'être en sécurité.

Lorsque vous envoyez du matériel militaire pour renforcer les capacités de l'armée libanaise et lorsque vous venez en aide aux populations civiles, vous êtes en train d'agir dans la région pour le Liban.

14:02
Présentateur

Sauf que l'armée libanaise a reçu l'ordre de ne pas intervenir face à l'armée israélienne.

14:06
Éléonore Caroit

Oui, non mais ce que je veux vous dire, c'est qu'on est en train de préparer aussi l'après, la stabilité et surtout la souveraineté de ce pays. Mais à ce stade, encore une fois, mettez-vous à la place des personnes qui sont aujourd'hui au Liban. Ce que nous devons faire, c'est justement

14:21
Invité

que le ministre des Finances israéliens issu de l'extrême droite qui a menacé le quartier du sud de Beyrouth, Bezalels Motrich, de la même dévastation que celle qu'il a infligée à Khan Younes, la grande ville du sud de la bande de Kazanaz, dont on sait qu'elle a été détruite. Est-ce que vous redoutez pas un carnage ?

14:40
Éléonore Caroit

Ce que nous faisons, c'est éviter, essayer, par tous les moyens, les moyens diplomatiques, par le dialogue, le dialogue avec toutes les parties prenantes, que cela n'ait lieu. Parce que notre priorité, c'est d'assurer la stabilité dans la région, la désescalade. Ce n'est pas notre guerre, je pense que cela a été dit. Ce n'est pas nous qui sommes des acteurs aujourd'hui. Nous sommes des partenaires fiables d'un certain nombre de pays dans la région, des alliés historiques d'un pays comme le Liban. et ce que nous voulons, c'est permettre à ces populations, à ces pays de retrouver un calme en étant une puissance de dialogue, de diplomatie.

Ce que fait le président de la République en ce moment en appelant tous ses homologues, ce que fait aussi le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et ce que nous faisons en réalité à tous les niveaux.

15:22
Présentateur

Et Léonore Carroi, l'Espagne a condamné très fermement par la voix de son premier ministre Pedro Sanchez la guerre menée par les Américains et les Israéliens. Emmanuel Macron, lui, a eu des propos plus mesurés. Il a souligné, certes, l'absence de cadre international, mais il souligne aussi la responsabilité première de l'Iran. Est-ce que sa position n'est pas un petit peu trop ambiguë ?

15:45
Éléonore Caroit

Moi, je ne trouve absolument pas qu'elle soit ambiguë. Je pense que le président de la République a rappelé que depuis des années, l'Iran ne respecte pas ses engagements internationaux, continue un programme militaire et n'est pas respectueux du droit international. Et le président de la République a aussi appelé surtout, et je pense que c'est important de le dire, à une désescalade. Et ce ne sont pas que des mots, ce sont des actes.

C'est lorsqu'il s'entretient avec tous ses homologues, lorsqu'il s'entretient, y compris avec Netanyahou, avec lequel il n'avait pas eu d'échange depuis déjà des mois, c'est aussi une façon de réétablir un dialogue pour que la situation puisse se calmer, notamment pour protéger nos ressortissants. Je rappelle que c'est notre priorité absolue pour protéger aussi nos emprises dans la région et tous nos intérêts dans la région, et puis pour permettre la libre circulation, parce que tout cela a évidemment une conséquence très importante dans le commerce international.

16:37
Invité

On va y revenir sur ces conséquences, mais avant, la question qui se pose, c'est quand même, vous avez dit, ce n'est pas notre guerre, la question c'est notre degré d'implication dans cette guerre. Dans ce contexte, il y a des ravitailleurs américains qui se sont posés sur la base militaire française à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. Votre ministre de tutelle, Jean-Noël Barraud, a évoqué une opération de routine, on l'écoute, c'était hier soir. Ce sont des opérations de routine dans le cadre de l'OTAN qui permettent aux Etats-Unis de se poser de temps à autre sur cette base en France.

Mais étant donné le contexte, nous avons exigé de la part des Etats-Unis qu'aucun moyen bénéficiant de cet accueil à Istres ne soit ensuite utilisé dans le cadre des opérations menées par les Etats-Unis en Iran et nous en avons obtenu la garantie. Elouan Arcaro, on aimerait comprendre les avions américains qui viennent faire le plein, grosso modo, chez nous dans le sud de la France. Comment est-ce que vous allez pouvoir vous assurer qu'ils ne ravitaillent pas à leur tour des appareils, des avions qui participent à cette guerre ?

17:36
Éléonore Caroit

Je pense qu'il faut poser cette question au ministère des Armées. Moi, je m'en remets à ce que je viens d'entendre de la part du ministre.

17:42
Invité

Ce n'était pas très clair, c'est pour ça qu'on a posé la question.

17:44
Éléonore Caroit

C'est un avion de ravitaillement et c'est un avion qui se pose dans le cadre d'opérations qui existent déjà. Et je pense que c'est important au moment où nous vivons et compte tenu de la gravité de la situation au Moyen-Orient de ne pas faire enfler des polémiques

18:00
Invité

ne sont plus beaucoup impliqués, prévenus dans leurs opérations ?

18:03
Éléonore Caroit

En ce moment, si vous avez un ravitailleur qui se pose que ce sont des opérations qui sont déjà prévues dans le cadre de nos engagements internationaux, dans le cadre de nos engagements en matière de sécurité de l'OTAN, je pense qu'il faut surtout être très précis et ne pas donner l'impression que d'une façon ou d'une autre, nous participons, nous intervenons. Aujourd'hui, tout ce que nous faisons est assuré. C'est un peu la question. On dit qu'on ne se trouve pas dans le contexte actuel de présence militaire américaine.

C'est pour ça que c'est important de dire, la France aujourd'hui, ce qu'elle fait, c'est rétablir le dialogue, chercher les voies diplomatiques, permettre justement d'assurer la liberté de circulation, y compris des marchandises, y compris du ravitaillement en énergie, protéger ses concitoyens et ça, c'est vraiment notre priorité absolue mais en aucun cas, aujourd'hui, nous ne participons à ce conflit.

18:46
Présentateur

Et l'honneur Carrois, cette guerre a déjà des répercussions, en tout cas, sur le portefeuille des Français puisque les prix à la pompe sont en hausse ces derniers jours, 15 à 20 centimes pour le gasoil, notamment chiffre avancé par le ministre de l'Économie. Ce matin, qu'a prévu de faire le gouvernement ? Est-ce qu'il est envisagé d'éventuellement bloquer les prix temporairement ?

19:10
Éléonore Caroit

Il est évidemment beaucoup trop tôt pour penser à des mesures de long terme. Aujourd'hui, ce que le gouvernement fait et ce sur quoi nous sommes tous pleinement mobilisés, c'est encore une fois la désescalade, c'est permettre la circulation, notamment par le détroit d'Hormuz, le président de la République l'a rappelé, le ministre Jean-Noël Barraud aussi. Vous voyez, il y a 20% du commerce, du transit. Il transite par ce détroit. Mais vouloir le libérer

19:31
Invité

et sécuriser ce détroit, ça n'empêche pas de regarder aussi dans le même temps qu'est-ce qu'on peut faire ici chez nous pour éviter une flambée des prix à la pompe. Concrètement, est-ce que vous regardez les mécanismes ? Je vous pose la question parce qu'hier chez nous, Dominique Schellcher, le PDG de Coopérative U, à qui on posait cette question des prix à la pompe, notamment dans ses magasins, rappelait que plus de la moitié du prix à la pompe était constitué de taxes et que donc finalement le grand gagnant de la hausse du prix de l'essence, c'était le gouvernement et l'État.

19:57
Éléonore Caroit

L'État n'est évidemment pas le grand gagnant de la hausse des prix de l'essence et nous, notre intérêt, c'est évidemment de protéger le pouvoir d'achat des Français et de protéger leur portefeuille. Maintenant, ce que sont en train de faire en ce moment le ministre de l'Économie et la ministre de l'Énergie, c'est de regarder avec tous les écosystèmes pour qu'il n'y ait pas d'abus, pour qu'il n'y ait pas d'augmentation qui ne soit pas liée au contexte international.

20:20
Invité

Lutter contre les abus

20:21
Éléonore Caroit

et contre les fraudes.

20:22
Invité

Exactement. Est-ce qu'il y a aussi des outils, je reprends la question de Thomas, nécessaires qui sont disponibles pour le gouvernement afin de juguler cette hausse des prix ? À ce stade, vous comprenez

20:31
Éléonore Caroit

que les choses évoluent très rapidement et qu'il est impossible de savoir quel impact ça aura sur le long terme, d'autant que notre ambition à ce stade, là où nous mettons vraiment notre énergie, c'est de faire en sorte que le commerce puisse reprendre et qu'il n'y ait pas justement cette flambée qui est en tout cas attendue ou crainte. Donc vraiment, de faire en sorte... Dès à présent, si on va faire le plein

20:54
Présentateur

pour sa voiture, là on se rend vraiment compte, on se rapproche des 2 euros le litre.

20:57
Éléonore Caroit

Mais aujourd'hui, ce qu'on va faire, c'est véritablement réouvrir ses voies de navigation

21:01
Invité

pour enrayer cette situation-là. Au-delà de la question des prix, il y a la question de la pénurie. Alors elle a été vraiment écartée par Roland Lescure, votre collègue qui était ici mercredi. En même temps, elle a été écartée temporairement, c'est-à-dire si le blocage continue quelques jours, quelques semaines. On avait cru comprendre qu'au-delà de 3 semaines, ça serait compliqué. Est-ce que vous nous dites aujourd'hui, si le blocage du Détroit-Dormous se poursuit au-delà de 3 semaines, il y a des risques cette fois de pénurie ? Aujourd'hui, il faut regarder

21:30
Éléonore Caroit

qu'on est dans une situation qui est extrêmement régionalisée, dangereuse, avec des incertitudes, mais que nous sommes des acteurs et que nous sommes là pour stabiliser, pour faire en sorte justement que la circulation puisse reprendre. Donc, je ne vais pas vous faire une projection parce que ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes dans l'action pour faire en sorte que ce commerce puisse avoir lieu et que ces hypothèses que vous envisagez n'adviennent pas. On est dans l'action, mais on n'a aucune capacité de se projeter, si je vous entends.

On n'est pas, on ne sait pas qu'on n'a pas de capacité de se projeter, mais c'est qu'aujourd'hui, ce que l'on veut, c'est éviter que cela n'ait lieu. Donc, nous sommes plutôt qu'il n'y ait pas justement cette pénurie qui est crainte et tous ces scénarii qui sont en train d'être envisagés et que l'on puisse reprendre un commerce normal qui, du coup, n'affecte pas l'économie et le portefeuille des Français.

22:24
Présentateur

Merci beaucoup, Eleonore Carrois, ministre déléguée chargée de la francophonie et des Français de l'étranger. Vous nous annonciez il y a quelques minutes que plusieurs vols sont en train d'être programmés, des vols de rapatriement à destination du Moyen-Orient. Merci, Camille Vigogne-Lecouade.