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interviewLCP (sur YouTube)· 3 juillet 2026 61 min

Canicules : les Français face à la fournaise | Chaque voix compte - 03/07/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voixde sur LCP. C'est vendredi et comme chaque vendredi puisque chaque voix compte, c'est à vous que nous donnons la parole. Cette émission pourrait s'appeler comme le film, vous savez le jour d'après, le jour d'après la canicule.

Ça pourrait être aussi le jour d'avant la prochaine canicule. Peut-être connaissez-vous ce proverbe chinois qui dit "Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres construisent des moulins. Et quand c'est le vent du changement climatique, est-ce qu'il faut faire les deux ?" On en parle ce soir avec vous Carole Guillerme.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes député modem du Finistère.

Merci d'être là au côté de Eva SAS. Bonsoir. Bonsoir.

Député de Paris. Vous êtes également rapporteur de la mission d'information sur les moyens consacrés à l'adaptation au changement climatique. Et qu' alors Guillaume Carole Guillerme, je vous ai mis dans le finistère, vous êtes dans scène, pardonnez-moi.

Et je salue François Gémen Bonsoir François. Vous êtes membre du JC, c-directeur de l'Observatoire Défense et climat et vous publiez parler du climat sans plomber l'atmosphère aux édition AUD Jacob. C'est ce qu'on va aussi essayer de faire encore ce soir.

Merci d'avoir accepté de répondre aux questions et aux inquiétudes de notre public. J'ai autour de moi parents d'élèves, agriculteurs, constructeur de maison, mais aussi des Bretons qui ne pensaient jamais avoir aussi chaud un jour. Tous, vous allez le voir, ont des questions à vous poser.

On va parler de notre santé, de nos habitats, de nos forêts, de nos champs et on va parler en fait de ce que vous voulez aussi puisque cette émission c'est la vôtre. Alors, je compte sur vous. Vous intervenez à tout moment, il y a des micros, vous levez la main.

Cette émission c'est la vôtre. Installez-vous confortablement. Chaque voit compte, c'est parti.

C'est difficile de ne pas commencer avec un chiffre ce soir. 2025, c'est donc le nombre de décès qu'aurait causé la canicule de la semaine passée en France. C'est des données qui ont été publiées ce matin par Santé publique France.

Ça fait une hausse de la mortalité de 29 %. C'est un bilan qui va forcément évoluer à mesure que remonteront les certificats d'essais à domicile notamment. Et oui, des gens sont morts, d'autres ont dû être hospitalisés et nous sommes tous en fait traumatisés par cette barre des 40°grés franchi pendant 3 jours sur quasiment tout le territoire.

Les images de la semaine d'abord avec Dario Bergogn. Pendant de semaines, la France a viré écarlate. Une carte sans cesse rouge, des records de température battu un peu partout avec un thermomètre dépassant les 40°gr dans plus de 80 départements historiques.

Jamais connu cette chaleur. Je pense que c'est la première fois. École surchauffée, galère dans les transports, nuit tropicale, événement annulés et surtout des hôpitaux saturés.

Le bilan humain est lourd, 2025 décès supplémentaires lors de la semaine du 22 juin et surtout provisoire. Ces chiffres de 2025 décès supplémentaires concernent environ 60 % des certificats de décès. Vous savez, c'est les certificats électroniques.

Il y a des certificats papiers de décès qui ne sont pas encore consolidés. Donc ces chiffres peuvent encore évoluer à la ils vont évoluer de façon certaine on trouve une augmentation de 91 % de décès à domicile par rapport à la semaine précédente. Un bilan sanitaire jugé désastreux par les oppositions.

Les écologistes ont même déposé une motion de censure pour dénoncer l'impréparation du gouvernement face à cette canicule. Il y aura une commission d'enquête et il y aura une censure. Vous n'êtes pas à votre place.

Les morts, vous les avez sur la conscience. La politique que vous donnez est une politique inégalitaire. Pourtant, le gouvernement multiplie les cellules de crise.

La dernière hier à Marseille, le sud de la France s'enflamme. L'hexagone s'est dessé avec ses températures, rendant plus faciles les départs de feu. On en compte déjà plus de 30 depuis mercredi.

Vu l'ampleur des dégâts, la fumée qui est très épaisse, qu'on arrive plus beaucoup à respirer, qu'on sent les cendres qui arrivent sur la peau, bah on est pas grand-chose quand la nature se déchaîne comme ça. Un hexagone brûlant et qui n'est pas prêt de se refroidir. prochaine vague de chaleur est déjà attendue dans les prochains jours.

De quoi inquiéter de nombreux Français prêt à se ruer en magasin pour espérer obtenir un ventilateur ou un climatiseur. Outil essentiel face à des vagues de chaleur qui se sont multipliées. Depuis 2017, la France en a connu 18, là où le siècle dernier, elle en comptait seulement trois par décennies.

Et selon les prévisions de ce modèle américain, les 50°grés pourraient même être atteints dans le sud durant la mi-juillete. Alors avant de commencer avec le public, François Gemen, on a bien entendu là, il y a un modèle météo qui prévoit 50°gr dans le Sud-Ouest le 17 juillet prochain. Il se trouve que c'est un modèle américain.

C'est une erreur ou c'est sérieux ? C'est une possibilité. Maintenant, sincèrement, je m'avancerai pas.

Ça reste compliqué de faire de la prévision météo au-delà de 3 à 4 jours. Ça c'est pas des prévisions, c'est des modélisations. Maintenant sur les 50°, on peut pas exclure effectivement l'hypothèse que d'ici la moitié du siècle certains jours, on aille gratter la barre des 50°R notamment dans les grands centres urbains.

Donc c'est pas du tout une hypothèse impossible à imaginer. Par contre, je m'avancerai pas jusqu'à aller dire que le 17 juillet, on aura 50°. Ça ça me paraît un peu tôt de le dire alors qu'on est encore que le 3 juillet.

Donc à 15 jours. Oui, c'est ça. C'est c'est dans 14 jours, le 17 juillet.

C'est compliqué de modéliser des compliqué de faire de la modélisation de la prévision météo à plus de 4 5 jours. Oui. Moi, je voulais faire un premier tour de table d'abord avec vous mesdames les députés pour vous demander l'image que vous vous retiendrez de cette canicule et de des jours qui ont suivi.

Vass, bah je pense que le plus dur c'est effectivement le chiffre de mort que vous venez d'annoncer et il faut vraiment se rendre compte que effectivement la canicule tue et qu'on a besoin de se préparer collectivement. Le gouvernement avait publié le 3e plan national d'adaptation il y a 1 an. Nous, il y a 1 an nous avions dit déjà que les moyens étaient insuffisants.

Malheureusement, malgré nos alertes, et bien nous sommes maintenant pleinement dans la canicule et ses conséquences. Carole Guerme, ben c'est évidemment cette carte à laquelle on ne saurait s'habituer réellement. C'est vrai qu'une une France à 40°, on avait peine à à l'envisager il y a encore quelques années de de cela.

Le Jacari évidemment construit euh cette augmentation à + 4°gr. Aujourd'hui, on la ressent, on la ressent les uns et les autres physiquement. euh de là à parler d'une impréparation du gouvernement, je pense que le débat nous permettra de de relativiser le le propos.

Toujours est-il que évidemment comme vient de l'indiquer ma ma collègue, euh il y a ce chiffre de surmortalité aujourd'hui qui nous alerte les uns et les autres sur mortalité et euh conséquence également sur la faune et la flore qui doit nous aler on va avoir évidemment aussi l'occasion d'en d'en parler. Je voudrais donner la parole pour commencer à Anthony. Bonsoir Anthony.

Anthony Chauvin, docteur Chauvin, vous êtes médecin urgentiste à l'hôpital Lariboisière à Paris. D'abord, quelle est la situation dans votre hôpital ce soir ? Ce soir, les choses s'améliorent parce que les hôpitaux se sont quand même mis en ordre de bataille, hein, pour pouvoir accueillir l'ensemble des patients nécessitant l'hospitalisation.

Donc on va dire que le flux plus conséquent lié à la canicule est en train de finir d'être géré, on va dire. Donc on va dire c'està-dire que les patients qui sont arrivés en hypermie, en état de déshydratation ou en décompensation, c'est des patients qui se qui se sont remis depuis et qui vont pouvoir sortir. Oui, pour la grande majorité, oui, heureusement.

Maintenant, euh il faut bien se rendre compte que cette canicule a été à l'origine d'un quelque chose de très important, savoir le plan blanc. Donc je sais pas si pour définir pour tout le monde, c'est-à-dire qu'on a dû déprogrammer dans la prise en charge des patients qui étaient prévu dans les hôpitaux. Ce qui fait que pour pouvoir prendre en charge tous les patients en hyperterme, on a dû décaler les soins quand même de pas mal de de citoyens.

Ce qui fait qu'on parle d'une mortalité liée à la canicule. Mais il va falloir bien faire attention à une chose, c'est qu'on a peut-être aussi créé une surmortalité dans un second temps avec des gens qu'on risque de prendre en charge en décalé. Ça, on l'a connu avec le Covid et ça, il faut pas l'oublier aussi.

Est-ce que vous avez perdu des patients aussi ? Bien sûr, on en a perdu aussi bien à l'hôpital qui sont arrivés un peu trop tardivement, on va dire, mais aussi bien en préhospitalier. On a jamais fait autant d'arrêt cardiaque avec les équipes du SMUR, ceux qui interviennent au domicile.

Sans compter effectivement, comme l'a dit madame la ministre, il y a des gens que l'on va découvrir bientôt morts chez eux, hein. C'est c'est dramatique mais c'est comme ça. Exactement.

Et on a pu bah malheureusement dans les quartiers nord-parisiens mettre en évidence une vraie inégalité climatique avec des gens qui vivent dans des logements qui sont non ventilés, non ventilables sous les toits, avec des gens qui ont pas les moyens de fuir euh la chaleur et se mettre au frais. Et ça c'est une vraie une vraie difficulté qu'il va falloir prendre prendre en charge. Ces gens qui habitent sous les toits de Paris, c'est gens que vous avez vu arriver en masse à l'hôpital.

Oui, en masse et aussi chez qui on est intervenu malheureusement et parfois trop tard. Il y a des gens chez qui pour donner des chiffres, il faisaient de l'ordre de 55°gr. On a récupéré des patients qui étaient à 43°gr de température, ils sont mis en arrêt cardiaque.

Voilà, c'est des chiffres qui sont quand même assez importants à mettre à mettre en évidence. Le corps peut monter à 43 parce que dans un conscient collectif, on pense tous que on s'arrête à 42. Non, non, mais on le supporte pas effectivement.

Donc, c'est des gens qui sont mis en arrêt cardiaque dans le contexte d'hypertermie. Euh le gouvernement a commandé en urgence 30000 climatiseurs mobiles pour les hôpitaux. Vous en avez reçu à l'arriboisière déjà ?

Oui, tout à fait. Oui, oui, on en a reçu. Euh, j'ai pas de chiffres exacts donc je pourrais pas m'avancer.

Il y a beaucoup de petits moyens qui ont été mis en place, que ce soit les couvertures de survie, inonder les les toits des bâtiments pour essayer de de faire Vous avez mis des couvertures de survie aux fenêtres de l'hôpital. Bah parce que alors le on a un nouveau bâtiment qui va arriver mais l'hôpital Laariboisière est aussi un vieux bâtiment de France pour lequel il y a pas de climatisation dans toutes les structures. Donc ça pose un vrai souci et là l'urgence est aussi là c'est si on veut que le système de santé tienne, il faut faire en sorte qu'il soit en capacité d'accueillir les patients parce que de des patients hyper terme le premier traitement c'est de de refroidir les gens.

Donc quand vous accueille dans des bâtiments qui sont surchauffés ça pose aussi une vraie question de qualité de prise en charge de nos patients. Vous êtes monté à combien dans certaines chambres à la risaine ? 28 40 38 40 H vous avez la représentation nationale une partie en tout cas ce soir devant vous.

Est-ce que vous avez des questions à poser à nos députés ? Bah ma question c'est c'est plus une constatation et j'espère que en tout cas sur les la on va dire la mise à jour la la des nouveaux bâtiments qui vont sortir juste qu'on prenne des hôpitaux qu'on prennent bien en tout cas en en compte cette problématique-là parce que nous on on est toujours un peu un peu gêné de prendre en charge nos patients avec des conditions dégradées et du coup il faut vraiment que les nouveaux hôpitaux répondent aussi à ces euh à ces demandes à cette demande-là et une vraie climatisation de une vraie qualité à la fois pour les soignants aussi, on va pas se cacher, mais aussi surtout pour les patients pour pouvoir les prendre en charge de manière qualitative, pour que ce soit des vrais zéos de fraîcheur pour pouvoir les prendre correctement en charge. Qui veut lui répondre ?

Chacune votre tour ? Moi, j'ai peut-être un biais, un tropisme commissaire de aux finances, mais c'est vrai que je pense que les moyens sont encore insuffisants. Il a été annoncé le passage de 300 à 600 millions d'euros sur euh la rénovation des hôpitaux et l'isolation thermique et en particulier le confort d'été.

Moi, j'ai lu un rapport de Ligas qui disait qu'il fallait plutôt entre 1,5 et 2 milliards d'euros. Je pense qu'il faut vraiment mettre les moyens. Là, c'est vraiment les personnes les plus vulnérables, y compris d'ailleurs de la climatisation ou du rafraîchissement puisque comme vous le savez, il y a par exemple à Paris, il y a fraîcheur de Paris qui fait de la fraîcheur urbaine, donc des réseaux de froid et les hôpitaux commencent à être il y a un premier hôpital en tout cas qui a été raccordé.

Donc il faut envisager toutes les solutions, euh le les protections solaires bien sûr, mais aussi dans les le cas des hôpitaux, la climatisation évidemment. Carole Guerme. Oui, c'est vrai que cette cette canicule et cette hausse soudaine qui a vocation évidemment à à se à se répéter et à s'amplifier euh touche les infrastructures de nos services publics dans leur globalité, les hôpitaux, euh les écoles, on l'a vu, je l'ai vu dans mes dans ma circonscription et évidemment dans dans ma commune singulièrement.

Ça nous pousse les uns et les autres à nous adapter parfois à trouver aussi des solutions qui avoisinent le le système D en tout cas pour passer cette cette étape-là. Toujours est-il que cela va supposer, plusieurs rapports l'ont souligné à minte reprise, un effort d'investissement supplémentaire. On a eu à un moment le rapport pisaniferie notamment qui a mis en exerg la la part d'investissement public que nous dev nous devrions consacrer à cela. mais la part d'investissement euh privé également.

Donc on a une responsabilité qui est a priori assez collective sur le sujet, que ce soit la part de l'État, la part du secteur privé, les collectivités publiques aussi euh sur leurs compétences scolaires. Tout cela pour adapter euh et rentrer pleinement dans ce monde un peu nouveau. On a eu tendance à penser l'investissement dans les hivers, l'isolation de Renavant.

Il va falloir penser évidemment ce plan, ce grand plan chaud aussi et avec une priorité donnée au logement, aux écoles, aux hôpitaux évidemment. On va y revenir. Je voudrais rester en particulier sur l'hôpital et sur cette histoire de clim mobile.

Est-ce que c'est adapté par ailleurs à des chambres d'hôpital une un climatiseur mobile ? Est-ce que il y a un danger de propagation des maladies ? Est-ce que c'est un appareil qui est compatible avec l'hygiène d'une chambre d'hôpital ?

Bah ça effectivement c'est une très bonne question parce que on n' pas une surveillance de qualité des euh des flux. d'air. Euh donc ça pose une vraie question de sur ce point-là.

Alors la majorité des patients qui venaient dans le contexte d'hyperthermie, c'était de l'hypertermie simple si je puis dire. Mais effectivement d'un point de vue purement qualité, on ne peut pas le suivre de manière correcte. Et donc ça c'est la limite, on va dire du système.

Mais on a fait comme on a pu. Et puis il y a quand même une grosse grosse part de bricolage. Je voudrais vous lire une lettre qui a été envoyée ce matin par l'Agence régionale de santé des pays de Loire. lettre envoyée au directeur d'établissement de l'enseignement catholique et que LCP s'est procuré.

Cette lettre dit "Suite à la période de forte chaleur, plusieurs établissements de santé de la région et notamment le centre hospitalier de Saint-Nazer manque d'équipement de rafraîchissement pour les chambres des patients. Malgré des commandes passées, les fournisseurs sont actuellement en rupture de stock. Les livraisons ne pourront pas intervenir rapidement.

Alors à l'approche des vacances, l'ARS souhaite savoir si certains établissements de l'enseignement catholique disposent de climatiseurs mobiles ou de rafraîchisseurs d'air qui pourraient être prêté temporairement aux établissements de santé pendant les vacances. Pendant les vacances. Vous saviez que la RS pouvait envoyer ce genre de lettre de presque de solidarité de Non, je l'ignorais mais je constate effectivement qu'on est dans le bricolage dans nombre de d'écoles d'hôpitaux et qu'on fait face comme on peut.

J'ai vu moi j'étais en l'occurrence dans une école au 315 Charton la semaine dernière et effectivement on on scotchait des couvertures de survie sur les fenêtres. Je ne pense pas que ce soit la meilleure façon de de d'aborder ce sujet. Malheureusement, c'est vrai que comme il y a une impréparation et bien on gère l'urgence et il faut faire ce qui ce qui peut être fait euh dans l'urgence, il y compris la distribution de de climatiseurs dans les écoles.

Et pourquoi pas de se faire prêter ce des écoles privées catholiques, c'est plutôt malin de la part de la RS, même si effectivement on voit bien que c'est du rafistelage et du bricolage, mais nécessité fait loi et c'est vrai que ces climatiseurs seront pas utilisés pendant les périodes de vacances alors que les hôpitaux en ont besoin. Vous validez Carol Guerme cette initiative ? Bon alors je je m connaissais également l'initiative.

Cela étant, ça nous rappelle aussi un peu l'époque l'époque du Covid sur une autre urgence, mais le recours à la solidarité et aux solutions de bonne àoi entre les uns et les autres. Bon, je crois que sur une période de de crise notamment de crise climatique comme celle-là, c'est plutôt le bon réflexe aussi à adopter sans faire de la politique politicienne évidemment. Pardon un mot là la différence avec le Covid c'est que c'était anticipable et que on savait évidemment qu'il allait avoir des conséquence du dérèglement climatique.

Donc il y a une nécessité. Je suis d'accord avec vous sur le fait que la responsabilité est partagée et qu'il faut que tout le monde rentre dans cette nouvelle ère et que et comprenne que les conséquences vont être importantes. Ce qui avait peut-être pas été anticipé, c'est la longueur de cette canicule effectivement et le fait qu'elle arrive en période scolaire.

C'est parce qu'on est ça arrive de plus en plus tôt mais enfin je pense que François Gemmen me détent et là on le sait. Donc maintenant il faut mettre en place les moyens. Bon, la bonne nouvelle, c'est que les c'est les vacances scolaires qui commencent ce soir.

Je voudrais donner la parole à Mathilde. Mathilde, bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes parents d'élèves FCPE, vous avez deux filles qui sont scolarisées à Paris. Bon, ça y est, l'école est finie. Euh, ce soir.

Donc, la bonne nouvelle, c'est qu'elles n'auront pas à subir la vague de chaleur de la semaine prochaine. Elles vont au centre la semaine prochaine, c'est dans les écoles. Ah oui, les les centres de loisirs sont dans les écoles.

Il a fait jusqu'à combien dans les classes de vos filles ? Alors, on a commencé à organiser des relevés. Un des relevés a quand même montré 38,6° dans les salles de classe et plus de 40° dans la cour de récréation.

Donc c'est quand même des Vous avez fait comment ? Vous avez enlevé les filles de l'école ? On a on a fourni les thermomètres à l'école.

On en est quand même là. On a organisé des relevés euh voilà nous-même en récupérant les données. On est dans un bâtiment hyper vêtuste he je sais pas si on peut montrer à l'écran la photo des des toits.

On a les images de votre école. Oui. Donc c'est c'est quand même impressionnant.

Euh, on a eu des malaises des enfants, on a eu des des nausées, des vomissements, des mauxs de tête. On a appelé le SAMU. Je pense qu'on a participé à l'engorgement en fait du du système hospitalier.

On est en tension et aujourd'hui en fait, on parle même plus de confort thermique. En fait, on parle de mise en danger de d'une population vulnérable. En fait, je ne pensais jamais avoir à dire ça.

Les l'école rend nos enfants malades. En fait, il y a quand même un bah quand vous récupérez votre petit à l'hôpital. Exactement.

Et pourtant donc je rebondis sur ce que vous sur ce que vous disiez. En fait, c'est pas une surprise. Et le on a à Paris, on a la chance d'avoir eu euh le rapport Paris à 50° qui est sorti spécifiquement à Paris, spécifiquement sur sur le les villes et on a toute une section dédiée à l'école.

Et en fait, c'est déjà marqué ce qu'il faut faire dedans. Il faut isoler, il faut débitfumer, il faut végétaliser. En fait, c'est marqué.

Donc aujourd'hui, nous on se sent complètement abandonné par nos institutions. On parlait de système D, je je suis désolée, même les choses peu coûteuses et pas techniquement complexes à mettre en place qui sont des stores, des brumisateurs, des des brasseurs d'air, on ne les a pas et on est obligé donc je suis accompagnée de ma collègue qui est aussi membre de d'une association de cette même école. En fait, on est obligé donc de fournir des thermomètres, d'acheter des brumisateurs, de les installer, d'aller à Castorama pour trouver les petits morceaux.

Je sais même pas comment ça c'est pas moi qui l'ai fait mais trouver ça pour pour installer de scotcher des couvertures de survie enfin je je on est quand même c'est c'est quand même assez compliqué à c'est c'est c'est pas entendable je c'est pas une surpris vous êtesous un parent d'élèves parmi d'autres on en a reçu aussi sur le plateau de chaque voix compte depuis la vague de de chaleur il y a une colère froide qui s'exprime aussi aussi bien à l'hôpital que dans les écoles sur cette impréparation aussi Carole Guillerm Oui, la protection des enfants aussi. Oui. Oui, mais absolument.

Enfin, on est tous euh absolument touchés concernés par cela. Euh on le vit les uns et les autres. Nous aussi comme membre de la représentation euh nationale euh on partage évidemment euh ce cri de de de détresse, de colère.

Euh je parlais à dessin de responsabilité collective et vous citiziez à juste titre le rapport sur Paris à 50° qui valait rapport d'alarme d'alarme et d'alerte mais aussi rapport pour penser l'adaptation d'une ville qui est très minérale et qui doit penser justement la vie sous des températures beaucoup plus élevées que dans le dans le passé. Je parlais à dessin, je disais de responsabilité collective parce qu'il y a évidemment ce que l'État doit engager, l'argent qui doit être mis sur la table et il y a également le rôle qui euh est celui des collectivités territoriales. Euh dans ma commune à Châtillon, dans les Hautes Senes ou dans les villes de ma circonscription, des travaux ont été engagés sur la désimperméabilisation des cours d'école de manière justement à anticiper c élévation des des températures.

Ça ne suffit évidemment pas. Dans toutes les écoles, dans une fraction en tout cas des écoles de France, certaines ont été fermées justement du du fait de cette inadaptation. On doit engager ces ces travaux-là et à dessin évidemment, il faut que ce soit l'état euh les collectivités, le secteur privé encore une fois euh qui engage ce ce mouvement notamment mouvement financier pour penser le monde de demain.

C'est pas pardon, je poursuis, je suis peut-être un peu longue. Euh ça n'est pas évidemment enfin on attend tous une réponse immédiate. On attend tous avec impatience ce qu'on vit cette semaine, la baisse des températures.

On nous dit à tous bon bah préparez-vous à la vague numéro 2, numéro 3 à la vérité de cette canicule et à vivre encore des températures peut-être qui sait selon les provisions encore plus haute 50°gr d'ici à quelques semaines. On ne peut s'en satisfaire évidemment notre responsabilité en tout cas c'est d'anticiper justement ce ce monde là. La réponse immédiate, elle est faite euh et elle met en en tension euh on en a bien conscience euh nos infrastructures hospitalières, nos écoles.

Euh mais notre responsabilité immédiate sera de donner une réponse de moyen à long terme. François, j'emmène la situation des écoles. Euh bon, vous êtes par ailleurs, vous arrivez de Belgique, c'est aussi Non, j'habite à Paris, je suis parent d'élève à Paris.

J'ai cotisé pour des climatiseurs dans l'école de mes enfants, dans l'école publique de mes enfants. Donc, je connais très très bien cette situation. Ça vous met en colère ?

Euh, ça me désole. Il faut rappeler que c'est en Europe que les canicules font le plus de morts et en Europe, c'est à Paris que les canicules sont les plus mortelles. Alors, pourquoi à Paris ?

Pas parce qu'il fait plus chaud qu'ailleurs, pas parce que les Parisiens sont plus fragiles que les autres, mais simplement parce que la ville est extraordinairement dense. C'est une des villes où la densité de population est la plus élevée du monde à Paris. C'est aussi une ville très minérale, on l'a dit, et c'est une ville avec des bâtiments qui sont très anciens, qui sont pour beaucoup historiques, qui sont difficiles à climatiser, difficile à rénover.

Il y a parfois des normes, il faut le dire, qui empêchent la climatisation des bâtiments. Et c'est aussi une ville, il faut le dire, qui manque de moyens, qui est très endetté et l'État français n'a guère plus de moyens. Et et donc on se retrouve dans cette situation véritablement où si on meurt plus des canicules à Paris qu'ailleurs, c'est pas parce qu'il y pas plus chaud qu'au Yémen, en Irak ou en Iran, mais simplement parce que le bâtiment n'est pas du tout adapté.

On a conçu les bâtiments pour qu'ils soient résistants au froid, pas pour qu'il soit résistant au chaud. Et donc, il faut changer complètement de paradigme. Et on voit bien à quel point le marché immobilier déraisonne aussi.

On on parlait des victimes qui habitent sous les toits. Il faut rappeler que les risques de mortalité de mourir euh lors d'une vague de chaleur sont quatre fois plus élevé quand vous habitez un appartement sous les toits plutôt qu'un appartement aux étages inférieurs. Or, ce sont les appartements qui sont les plus recherchés sur le marché immobilier.

Vous payez 10 ou 15 % plus cher pour un appartement au dernier étage sous les toits que pour un appartement en étage inférieur. On voit bien à quel point on marche sur la tête et à quel point nous devons absolument nous rendre compte. Mais quoi vous dites ?

Quoi ? Vous dites il faut plus habiter sous les toits. Je dis pas qu'il faut plus habiter sous les toit mais il y a quand même un certain paradoxe à ce que ce soit les appartements les plus recherchés du marché.

Ça va l'être moins sans doute. Ça va sans doute l'être moins alors que ce sont sur les appartements où l'on meurt le plus quatre fois plus de risque de mortalité dans un appartement sous l'étoil. Euh je suis député de Paris donc je vais vous répondre et je trouve ça aussi inacceptable ce que les enfants ont vécu et vont vivre parce qu'en vérité vous l'avez dit c'est les centres de loisirs qui prennent le relais dans les écoles.

La mairie n'a pas rien fait. Elle a fait notamment beaucoup de végétérisation et beaucoup de cours oasis et l'objectif c'est d'avoir toutes les écoles en cours oasis. Mais vous avez raison, ce n'est pas suffisant et ce n'est pas acceptable.

Donc je pense que là pour le coup la mairie a pris la mesure du retard qu'elle avait pris en matière d'isolation thermique et de confort d'été comme on dit à Thort d'ailleurs sur les écoles. Je voudrais aussi dire que l'État doit faire sa part, que chacun doit faire sa part, que si on regarde le fond vert en l'occurrence qui était là où était logé où est logé le cofinancement de l'État pour l'isolation thermique des écoles et qui comprend le confort d'été. Au départ, il y avait un un grand plan de rénovation de l'ensemble des écoles et la première année, il y a eu 1092 euh projets d'isolation des écoles qui ont été accompagnées.

L'année d'après, on est tombé à 360. Le problème, vous voyez, c'est la constance dans l'effort. Le problème, c'est vraiment de d'avoir d'avoir une politique de long terme et de ne pas faire des coûts comme ça où une année, on va faire en 1000 rénovations d'école et l'année d'après, les forces se relâchent sous euh la contrainte budgétaire la plupart du temps d'ailleurs.

Et donc, l'important, c'est vraiment de redonner du long terme et de la constance dans les politiques d'adaptation et dans les politiques écologiques de magnire général. Ça fait plusieurs fois qu'on parle de rénovation thermique et du bâti. En fait, il y a eu deux grosses deux gros débats dans cette vague de de chaleur.

Il y a eu la clime et et le bâti. On va parler de la clime dans un instant, mais je voudrais qu'on reste sur le bâti. François Gemen, vous avez dit il y a des normes, il y a en particulier cette vague de canicule, elle nous a permis de découvrir une réglementation qui porte le dou20.

Ouais. 1892 pages pour lister toutes les modalités d'application de la réglementation environnementale qui s'appliquent à toutes les constructions neuves depuis 2022. Je voudrais donner la parole à Sébastien.

Sébastien Mea, vous dirigez une entreprise de construction en l'occurrence de construction en bois. Vous fabriquez ce qu'on appelle des bâtiments passifs. Effectivement, c'est quoi ?

Alors, effectivement, je fabrique des bâtiments passifs et je livre des bâtiments passifs. C'est des bâtiments qui sont très faibles consommation. Donc, ils sont imaginés à la fois pour l'hiver mais aussi pour l'été.

Donc pour le confort d'été. Pour le confort d'été. Voilà.

Mais pardon euh le passif, ça résiste à des chaleurs au-delà de 40°. Alors, factuellement, euh quand vous m'avez invité à l'émission, j'ai appelé le gestionnaire d'un d'un collège à Valenton que j'ai livré en 2021 et euh elle m'a dit "Mais c'est formidable, on a envie de venir au boulot. Il fait 26° à l'intérieur, il y a pas de clim, c'est juste de la ventilation et il fait 40 à l'extérieur.

Et alors, c'est quoi les modalités de construction en d'un bâtiment passif ? Pardon ? Euh alors c'est beaucoup d'ingénierie.

C'est beaucoup d'ingénierie. C'est une orientation du bâtiment, c'est une étanchéité à l'air qui est très recherchée, c'est une isolation forcément très importante et qui peut être aussi biosourcé. Comme ça, on remplit plusieurs cases.

Mais ce qu'on a beaucoup entendu cette semaine, c'est que on n pas un problème d'isolation. On a un problème de construction pour résister au froid de l'hiver et donc on emmagasine la chaleur à l'intérieur du bâtiment. Qu'est-ce qui fait que vos bâtis ne gardent pas cette chaleur à l'intérieur ?

Alors déjà, elle l'a fait peu rentrer. C'est-à-dire qu'on a une inertie du bâtiment qui est très très importante, une enveloppe qui est très importante qui permet que la chaleur ne rentre pas euh et que le bâtiment donc va dans son cycle va euh refroidir euh le va refroidir comment la nuit et donc va moins va le le le va moins chauffer et donc tous les matins si vous voulez, il sera moins chaud qu'un autre bâtiment. Mais même en cas de nuit tropicale parce que c'est vrai qu'on on on a des plein d'idées mais qui sont pas faites pour 40° et plus en fait.

Alors s'il fait 40° la nuit euh Oui mais là par exemple à Paris il a fait jusqu'à 30° la nuit sans qu'on descende en dessous. Alors ce qu'on a appelé les nuits tropicales. Ce ces bâtiments là il se trouvent à Valenton dans dans le dans le Val de Marne.

Il a il a très bien résisté. C'est c'est une preuve par l'exemple. Effectivement, quand il fait 30°gr nuit, il va il va aussi se dégrader, mais il va se dégrader beaucoup moins vite que les autres.

Voilà, un bâtiment qui n'a pas de cette stratégie, au bout de 2 jours, il fera trop chaud. Celui-là, il a tenu au moins au moins 10 jours. Vous avez entendu la polémique cette semaine sur cette fameuse réglementation RE 2020 ?

Alors, la RE 2020 va dans le bon sens, mais par rapport au confort d'été, elle va pas assez loin. Hm. Certains experts expliquent que c'est une réglementation qui empêche précisément de d'installer des appareils pour rafraîchir un bâtiment.

C'est le cas. Alors en fait l'a20 nous oblige à peu consommer. Si notre stratégie d'avoir un bâtiment euh qui est très très bien isolé et très bien pensé pour pouvoir ne pas consommer, il consommera pas et il sera conforme et et revint20.

Euh mon bâtiment passif euh à dans le Val de Marne. Donc ce collège, il est conforme rein20, il va au-delà de cette réglementation. Vous allez avoir des commandes là à la rentrée.

Alors non, mais le téléphone a beaucoup sonné ou le bâtiment c'est un cycle qui est long. Voilà, on parlait d'adaptation. Euh un projet de collège, c'est entre 5 et 10 ans en fonction des écueils que que les collectivités vont rencontrer.

Donc euh voilà, c'était le premier collège en France livré Passive House. Euh voilà, c'est un projet qui a commencé euh en 2015, qui a été livré en 2021. Pour qu'on comprenne bien, c'est un collège que vous avez construit entièrement ou que vous avez rénové avec du bâti qui était déjà existant ?

Alors, c'est un collège qu'on a construit entièrement. On est parti d'une feuille blanche et effectivement et aujourd'hui on peut pas reconstruire toutes les écoles. Effectivement c'est plus facile mais il y a des stratégies pour pour isoler les les bâtiments existants.

On le fait on le fait sur certaines écoles dans les sonnes ça fonctionne. On utilise des murs avec de de l'isolant en paille puisque la paille a la particularité d'avoir une inertie très importante. Ce qui va freiner si vous voulez le le l'entrée de la chaleur dans le bâtiment.

Certaines écoles, il faudrait les démolir hein, si on veut dire les choses honnêtement, il y a certaines écoles qui sont quasiment irrénovables et donc il faut assumer, je pense aussi le fait de démolir certaines écoles, certains hôpitaux, sinon ça va devenir complètement ingérable. C'est ce qu'on a fait quand quand Ousman rénove Paris, il démolit toute la ville et il reconstruit des bâtiments osmaniens. Alors évidemment, ça va pas être possible de tout démolir, mais sur certains bâtiments, il va sans doute falloir envisager de démolir et de reconstruire.

Le gros problème en réalité du bâti en France, c'est que l'essentiel des bâtiments sont déjà construits et que idéalement, il faudrait pouvoir tout construire en bâtiment passif. Et je sais pas si vous dirigez une PME, mais je souhaite que vous deveniez rapidement une multinationale du BDB parce que le gros enjeu, il est non seulement en France mais aussi dans toute une série de pays émergents où là le bâti n'est pas encore construit. Il faut d'urgence le construire selon ces techniques de bâtiment passif.

D'autant plus que dans beaucoup de pays, l'électricité n'est pas aussi décarbonié qu'en France et que avec l'explosion de la climatisation, ça va faire aussi exploser les émissions de gaz à effet de serre. Donc trouver des systèmes de ventilation, de rafraîchissement qui soient décarbonés, c'est la priorité numéro 1 pour le bâtiment dans le monde. Donc sincèrement, je vous le dis sérieusement sur ce truc de multinational du BTP des lzv six uses en France avec ma cube donc c'est il vous en faut 600.

Voilà. Vous allez réindustrialiser et ben ça c'est merci monsieur. Oui.

De de montrer que les solutions elles sont multiples et que la construction du bâtier elle est vraiment très importante. Il faut parler des protections solaires qui quand même rien qu'àelles sol peuvent baisser de 10°gr parfois quand elles sont performantes. La température c'est quoi les protections solaires ? les store, mais quand ils sont performants, ils permettent vraiment de de diminuer la température à l'intérieur.

Euh l'isolation bien sûr, je pense aussi à à au plan albedo, c'est-à-dire le fait de repeindre l'éto mais là aussi ça permet de rafraîchir. En tout cas, les solutions, elles seront multiples et puis aussi les les pompes à chaleur bien sûr réversibles qui pourront être un appui. Moi, je voudrais souligner une chose parce que l'enjeu, vous l'avez dit, c'est la rénovation du bâti et qu'on a une difficulté, c'est les architectes des bâtiments de France qui sont effectivement dans la conservation du patrimoine mais qui souvent empêchent la pause de volet et ça c'est vraiment un vrai problème.

Donc nous on plaide pour que les architectes des bâtiments de France prennent en compte les enjeux sanitaires et environnementaux dans avant les enjeux esthétiques. Pas seulement, pas seulement la conservation du patrimoine aussi penser à la santé des gens qui sont à l'intérieur de ces bâtiments. H je voudrais donner la parole à Edvig.

Où êtes-vous Edvig ? Bonsoir Edvig, vous vivez à Champille, c'est en Îléviline et euh vous vouliez aussi être là ce soir pour parler de votre engagement dans le collectif qui s'appelle Folépi qui est un collectif qui regoupe qui regroupe les habitants de de votre commune pour réfléchir à la façon d'habiter la ville durablement. Vous avez beaucoup beaucoup réfléchi là pendant la canicule parce que la canicule n'a pas épargné non plus l'île et vilain et la Bretagne en général.

Comment ça s'est passé entre vous ? Oui. Alors en fait le collectif les Folpi on l'a créé donc avec une collègue notamment pour essayer de mettre l'enjeu de la transition écologique et citoyenne au cœur de la ville.

Et donc plus que d'habiter autrement la ville, ça c'est beaucoup plus large en fait. on prend vraiment l'ensemble des considérations écologiques de la ville. Donc on essaie de faire de l'éducation à l'environnement, on essaie d'avoir un poids aussi envers notre municipalité en faisant à notre échelle du petit lobbing.

Euh voilà, on fait évidemment des réflexions autour de l'habitat et de l'urbanisme. On fait tout un tas de choses pour essayer vraiment d'engager cette réflexion autour de la transition environnementale. Vous avez des questions précises à poser à nos députés ?

Oui, on en a. puisque nous avons travaillé ensemble malgré la chaleur. Euh nous on avait surtout deux questions, on en avait une pour vous qui êtes élue dans la majorité présidentielle.

Euh on se on voyait bien le constat, le modèle, hein, c'est c'est le bloc central, on va dire, le bloc central, mais qui s'allit quand même régulièrement avec le gouvernement, avec la majorité relative avec la majorité relative en tout cas. Euh donc, on en avait une pour vous parce que nous ce qu'on constate en tout cas euh c'est que il y a un défaut entre la prise de parole, les prises de paroles régulières et les actes que vous mettez en place. Euh et euh nous à l'échelle de notre département, voire même de notre région, on a un exemple très concret qui s'est passé avec la sage vilaine où euh donc c'est le schéma de réaménagement des eaux de la Vienne pour qu'il y ait moins de nitrate dedans et où la FNSEA a fait une énorme pression pour réduire cette sage vilaine et le préfet cédé sous cette pression de la FNSEA et on a l'impression que le gouvernement et plus largement certains députés n'ont pas les épaules euh pour euh résister à cette à cet appel des des grands groupes, des multinationales, des milliardaires et cetera.

Et donc nous, notre question pour vous c'était est-ce que vous vous êtes prête aujourd'hui à prendre un engagement fort qui va pour les les lois et pour les projets de loi pour la transition euh écologique même si ça va à l'encontre de votre propre intérêt voir de l'intérêt de votre groupe majoritaire à l'Assemblée nationale. Et quand je dis vous, je dis parle en tant que vous députés mais aussi en tant que groupe à l'Assemblée nationale. On voit que toute cette enfin tout ce à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui bouleverse énormément de de choses et c'est ce que vous dites Edvig aujourd'hui mais parfois des intérêts en confrontation en contradiction et notre enjeu c'est un peu d'essayer de de tirer des des solutions qui permettent aux uns et aux autres de vivre mieux dans leur ville, dans leur région et cetera.

Euh je laisserai évidemment euh mes collègues euh Dil et Vilaen répondre pour euh euh cette question locale que vous avez. Euh pour ce qui me concerne, je n'ai évidemment aucune difficulté euh à vous dire que euh je suis très engagée en faveur de la transition écologique et euh contrairement à ce que l'on peut entendre parfois à l'endroit du gouvernement, à l'endroit de cette majorité euh relative avec laquelle je fonctionne, un nombre de lois ont pu être prises depuis le le début des quinquenas d'Emmanuel Macron et même avant cela à la vérité tout toute cette réflexion autour du dérèglement climatique de ces conséquences de notre adaptation de notre faculté d'atténuation évidemment du dérèglement climatique, d'adaptation de notre politique publique à échelle nationale et à échelle locale. Ça fait un certain nombre de décennies que des dispositifs ont pu être pris.

Je remontrai pas évidemment au Grenelles qui avait été lancé par Nicolas Sarkozi, je remonterai pas à l'accord de Paris qui a été négocié sous la présidence de de François Hollande. Je remonterai pas à la convention citoyenne sur le climat qui avait été lancée par Emmanuel Macron. En tout cas, je trouve que euh dans les politiques publiques, s'il y a un enjeu qui doit euh les uns et les autres nous rassembler, c'est précisément celui de la transition écologique.

Donc j'ai évidemment à titre personnel euh et je ne parlerai évidemment pas au nom des euh de de des collègues de mon groupe, mais nous avons d'ors et déjà voté un certain nombre de lois qui visaient à adapter et nous en voterons d'autres demain. Il y a un texte sur le logement qui viendra prendre compte de toutes ces ces remontées dont on discute aujourd'hui, qui va être bientôt discuté à l'Assemblée nationale. Donc évidemment, tout le monde s'empare de cela et j'ose dire au-delà des des polémiques politiciennes de manière assez transpartisane parfois aussi et en tout cas c'est ce à quoi j'aspire à titre personnel et toutes ces questions-là.

On parlait beaucoup au démarrage de cette de cette émission de l'enjeu financier. Évidemment, j'ose espérer que nous retrouverons l'entièreté de nos collègues au sein de l'hémicycle sur euh le budget qui sera discuté à partir d'octobre prochain et notamment sur cette question euh du financement de la transition écologique. Et Vas, vous voulez lui répondre ?

Non, j'allais dire ça dépend ce qu'il y a dedans le budget, c'est-à-dire le vraiment je je vous avez tout à fait raison le euh tout le monde est d'accord sur la transition écologique quand il s'agit de faire des discours. Tout le monde euh a compris je pense d'ailleurs euh l'importance mais dès que ça se heurte à des intérêts économiques ou des intérêts privés ou à des contraintes budgétaires, et bien là il y a des reculs. C'est là où vraiment pour le coup on est en désaccord, c'est que je pense que comme je le disais, il faut de la constance et il faut de la volonté politique.

Et ça veut dire oui, quand il y a du lobbing qui vient essayer de détricoter par exemple ce que ce que proposait la convention citoyenne pour le climat, et ben il faut savoir résister et donner priorité à l'écologie. Et ça c'est vraiment je pense qui différencie les différentes formations politiques et en tout cas ce qui nous différencie ici autour de cette table. On n'a pas fait exprès de vous mettre à côté de Sébastien.

Bonsoir Sébastien. Bonsoir. Non mais c'est pas grave, j'inviterai aussi Vich sur mon exploitation.

Vous êtes voilà explique pourquoi parce que Sébastien est agriculteur dans le Loiret et il préside la la FNSEA dans le Loiret. La FDSEA. Donc je voudrais qu'on regarde ensemble si vous voulez bien une image d'abord.

C'est la France avant et la France après la canicule. Vous allez le voir sur cette image. C'est des images satellites.

On est passé du vert au jaune en fait. C'estàd la France a littéralement séché et en particulier ses champs. Vous vous cultivez du blé, du maïs ?

C'est ça. Je cultive du blé, du maïs, de l'orge et du colza en fait du quotidien. Notre alimentation du quotidien.

Sûr. Vous avez fait un état des lieux des dégâts depuis la semaine dernière ? Oui, j'ai fait un état des lieux des dégâts.

Alors, concernant tout ce qui est céréales d'hiver, le le colza, l'orge et le blé sont en cours de récolte voire presque terminé. euh d'une manière très pré, une moisson très précoce, une moisson aussi bah pour les agriculteurs très difficile parce que enfin je vous livre le témoignage d'un collègue ce matin, on s'adaptait notamment aussi pour les déclenchements des incendies, la chaleur, on travaillait la nuit mais on avait encore du travail la journée et comme il dit au bout d'un moment, on va pas tenir longtemps parce que voilà, on ne dort plus mais on est on est dans une phase aussi sur les récoltes où c'est extrêmement important pour chaque agriculteur de de pouvoir les récolter. dans dans des conditions bonnes de qualité et de pouvoir les délivrer aux Français dans des conditions de qualité.

Donc en fait chaque que là votre blé, il est dans quel état là ? Donc le blé est en cours de récolte, c'est il a il a subi euh les acoûts euh climatiques qu'on a pu avoir météo, qu'on a pu avoir au cours de l'année avec des potentiels qui sont euh qui sont moyens moyens à médiocre et qui viennent euh je dirais euh euh réenchérir euh 3 années déjà difficiles he pour les producteurs de grande culture qui étaient 3 années avec des revenus négatifs et qui là on se on se propage vers la 4e année sur des sur des revenus négatifs. Je dirais aussi pour les pour les collègues éleveurs, on a parlé he mais sur les humains mais sur les animaux la physiologie c'est la même chose avec des retards, je veux dire des difficultés de croissance, d'alimentation voire des mortalités importantes dans les élevages sur lequel ben fallait aussi faire face et puis et puis toutes nos productions he que ça soit des arboriculteurs aussi des maréchés et cetera enfin sur ces températures là on on on perd énormément de choses.

Et après sur mon exploitation, j'ai des ce que j'ai du maïs et et des cultures entre guillemets qu'on appelle qu'on appelle d'été. Moi, j'ai la chance de pouvoir avoir un peu l'accès à l'eau et à l'irrigation qui qui permet de temporiser mais euh de temporiser voilà et de pouvoir sauver les cultures. Ça permet aussi aux éleveurs qui l'ont de pouvoir sauver les les fourrages pour les animaux parce que bon nombre d'éleveurs, ils se trouvent devant l'incapacité de pouvoir avoir suffisamment de marchandises pour nourrir leurs animaux.

Habituellement, je veux dire euh toutes les prairies euh sur lequel qu'on peut avoir, ils sont totalement sèches, hein, vous l'avez montré sur la carte. Donc euh les éleveurs se retrouve là-dedans. Donc euh en fait sur euh on parlait tout à l'heure euh je vais je vais aller un petit peu plus loin, hein, on on parlait d'impréparation, on parlait aussi, c'est madame la députée, il me semble, vous avez fait référence au Covid, enfin je dis il y a le Covid, il y a différentes crises qu'on a eu ou guerre Ukraine, Iran qu'on mis en exerbe nos dépendances.

Et et en ce moment en fait ce que les agriculteurs portent comme message c'est vraiment attention ne mettons pas en exerge en France par notre inadaptation plus de dépendance parce que en fait ça reviendrait à importer en fait ce que vous exposiez. Si on ne produit plus en France, on continuera à s'alimenter et on continuera à s'alimenter en l'important d'autres pays et parfois des pays qui produisent sur des méthodes qui sont pas du tout les nôtres et qui sont pas du tout sur les standards que les Français entendent défendre. Donc en fait le message des agriculteurs, c'est bien ça, hormis sur sur les discours, c'est de dire comment comment on peut s'adapter pour pouvoir continuer à produire en France et à produire sur nos territoires pour pouvoir alimenter les Français.

Je vais donner un chiffre qui va sans doute appuyer votre propos. On a su aujourd'hui le nombre de volailles de chair qui avait été perdu au cours de la semaine dernière pendant la canicule en France. On a perdu entre 2 millions et demi et 3 millions de de poulets.

Bon bah, on essaie de produire en France du poulet pour éviter de l'importer de Pologne ou d'Ukraine. Là, on a perdu entre 2 millions et 3 millions de volailles. Rien qu'en Bretagne, 6600 tonnes de volailles n'ont pas supporté la la chaleur.

Il y a aussi les usines d'écarissage qui n'ont pas réussi à suivre. C'est quoi l'urgence du moment pour vous Sébastien ? L'urgence du moment c'est de prendre les sujets concrets sérieusement.

Enfin, si je me remets sur ce que je connais le mieux, hein, sur sur le monde des grandes cultures, euh je dirais on a on a vécu un début d'année où on a eu des précipitations très importantes. Enfin, les plateaux télé, c'était avec des inondations très fortes, notamment dans le sud-ouest, mais pas que, avec des territoires et même des collègues qui avaient toutes leur récoltes sous l'eau. et euh on est on a été incapable, je veux dire, de pouvoir mobiliser, récolter une partie de cette eau pour la réutiliser en période de manque et euh cette période qu'on vit, cette eau qui peut être utilisée, je dirais aussi euh des stockages pour les pompiers lorsque il y a des incendies de récolte et qui puissent les prélever pour les agriculteurs qui puissent aussi irriguer des cultures et sauver ce qu'il y a à sauver.

Euh et aujourd'hui euh l'urgence, c'est euh qu'on puisse aussi avoir des débats sérieux pour pouvoir s'adapter et pouvoir continuer à produire en France et produire l'alimentation du quotidien en France. Alors, vous avez toutes les deux la parole pour lui répondre et puis après, je demanderai aussi à Franç. Je vais juste vite fait, j'ai j'ai une question pour les deux parlementaires présent.

En ce moment, au Parlement, on a un projet de loi d'urgence agricole qui est qui est en débat et ma question est très directe. Est-ce que vous comptez soutenir ce projet de loi quand il va revenir à l'Assemblée nationale ? Est-ce que vous comptez soutenir les paysans français qui sont au bord de la rupture ou alors est-ce que vous voulez totalement déléguer notre alimentation à l'importation ?

Je pense que vous allez avoir deux réponses bien différentes. Élément de contexte, le Sénat a adopté hier soir ce projet de loi d'urgence agricole en le modifiant largement. Qui répond en premier à Sébastien ?

Comme tu veux. Je vais répondre. Bon, j'ai pas de difficulté à dire que je voterai le texte qui évoluera évidemment dans la navette parlementaire.

Vous al là vraisemblablement ça va aller en commission mixte par après le Sénat. Oui. Absolument.

Absolument. Donc on verra la manière dont les évolutions qui ont été entérinées lors de la discussion au Sénat évolue. Mais je prendrai évidemment ma part dans ce vote là. et j'avais suivi évidemment les travaux en commission pour se faire.

Évidemment, votre témoignage est très poignant. Euh vous mettez le mot sur quelque chose auquel on doit les uns et les autres et encore une fois de manière assez transpartisane porter une grande attention qui est celui des dépendances que chaque crise révèle. Qu'il s'agisse du Covid, qu'il s'agisse de l'Ukraine, qu'il s'agisse aujourd'hui des enjeux climatiques qui qui nous touchent.

Évidemment que euh dans cette crise euh et aujourd'hui dans la peine et euh euh les efforts qui sont demandés notamment à nos agriculteur, une réponse doit être portée. Le projet de loi d'urgence agricole en fait partie, répond à quelques-unes de ces euh questions et interrogations, euh mais je suis assez partise. il y a quelques années de cela, un travail sur la planification écologique qui avait été engagée, je crois, et d'autres méthodes du type grenelle de l'environnement qui avait été engagé et qui avait vocation à mettre un certain nombre de personnes autour de la table.

Justement pour aborder cette question de l'adaptation en collectif et en collectivité, je crois qu'il est grand temps que nous réutilisions peut-être ce type de de méthode là pour répondre à l'ensemble des questions. Euh alors, on est d'accord sur la souveraineté alimentaire, on est d'accord sur la nécessité de l'adaptation, mais là où je vous rejoins pas effectivement c'est sur les retenus d'eau, le stockage de l'eau, les mégabassines que dont il faut rappeler quand même pour ceux qui nous écoutent bien sûr vous vous le savez mais que c'est du pompage dans les nappes fréatiques, que c'est pour vous répondre et vous arrêter parce qu'il y a des il y a il y a en fait c'est l'idée reçue. Moi personnellement, je j'ai la chance d'avoir une une réserve d'eau que mes parents ont pu faire dans les années 95, là où ça pouvait être fait.

Je je vous livre deux anecdotes déjà, c'est c'est un pompage qui se fait en rivière. Rivière qui est affluente de la scène. Enfin, je veux dire au moment où on s'inquiète du soif du pont de l'Alma, s'il a les pieds dans l'eau ou pas les pieds dans l'eau.

Donc déjà, c'est pas en AP. Et après sur on va aller un petit peu plus loin euh pour traduire, mais j'avais eu la chance une fois une personne qui qui faisait le tour aussi du stockage qui était une personne du Muséum d'histoire naturelle de Paris et qui m'a dit "Je viens faire euh des repères parce que il y a que là où je trouve énormément de biodiversité et énormément d'espèces." Donc on recrée on recrée aussi des points d'éléments dans le paysage favorable à la biodiversité.

Après sur le sujet je dirais on a des territoires qui sont totalement différents en France je ne jette pas la ter des napéatiques qui sont aussi de constitution différent ce que vous dites en fait c'est des secteurs des territoires en France où ils ont des naps fréatiques qui sont très superficielles et qui en fait tout l'hiver se comportent un peu comme une rivière et enfin on parle au niveau d'ouest de la France et notamment du marispoevin avec des des qui qui regorgent donc les agriculteurs en fait prélèvent la l'hiver pour pouvoir la réutiliser l'été sans avoir à pomper dans les naes fréatiques, ce qui n'est pas le cas dans d'autres parties du territoire. En fait, il faut qu'on soit juste sérieux sur le sujet et qu'on traite territoire par territoire sans forcément faire des raccourcis parce que c'est comme ça qu'on narrivera pas à s'adapter à des épisodes qu'on a vécu. On est d'accord sur le fait que ce soit territoire par territoire mais vous m'accorderez et vous l'avez dit que la plupart de seul qui doivent être construites c'est du pompage en aprire.

Par ailleurs euh vous le savez aussi, il y a une part de d'évaporation d'eau. Donc c'est pas non plus forcément euh entre 20 et 30. Il y a beaucoup d'études qui qui minimise euh cet effet d'évaporation par ailleurs.

Je je le précise moi je cite Christian Blard de CRS chacun chacun verra. Ensuite c'est rappeler quand même que aussi c'est 7 % des surfaces agricoles et que c'est 60 % qui va au maïs qui est qui vient euh faire de l'alimentation animale. Tout ça pour replacer le sujet.

Après moi là où peut-être on va être d'accord peut-être c'est que pour nous en tout cas le principal c'est surtout d'aménager pour retenir l'eau dans les sols. Donc ça veut dire par exemple reméandrer certains cours d'eau pour ralentir l'eau pour de façon à ce qu'elle reste dans les sols et pour nous c'est ça la bonne adaptation. C'est pour ça qu'on n'est pas forcément opposé.

Il y a des exemples euh plutôt euh réussis en sud vendé par exemple, mais on on pour nous le principal c'est vraiment d'adapter donc de retenir leur les territoires avec des avec des zones humides et de remplacer aussi par des cultures, par des variétés qui sont plus résistantes ou qui se récolent par exemple qui se sè en octobre ou qui et qui se récolte en avril. Voilà, le changement et l'adaptation aussi de des variétés est pour nous plus important effectivement que de construire des mégavassines. D'un mot, vous vous dites qu'il faut que vous abandonnez certaines cultures pour aller vers d'autres.

J'inviterai aussi madame la députée alors parce que vous vous comprenez qu'on se mettra pas d'accord ce soir sur le stockage de l'eau. Non non, mais je vais juste dire sur ma ferme en fait ce que vous exposez. Je j'applique une agriculture régénérative en faisant des couverts végétaux toute l'année et en seant en direct dans les couverts.

Mais là où je vous coupe, c'est que ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas à s'adapter à 30 35°. Et il y a aucune culture qui à 30 35° ne résiste.

Peut-être hormis peut-être hormis certaines cultures qui ont la chance d'avoir des mécanismes physiologiques et qui sont aussi le maïs. Juste je vous livre je vous livre en débat. François Gemen, je voulais vous entendre sur cette adaptation aussi de l'agriculture au réchauffement et bah il nourrissent aussi ils nourrissent les Français aussi les paysans.

Donc je pense qu'il faut d'abord rappeler que ce qui s'est passé la semaine dernière est une vraie catastrophe agricole. Il y a une réunion he même à Maton autour de Sébastien pour le bétail pour la volaille et cetera. Vous avez bien fait de rappeler les chiffres.

Euh et quand on discute de la climatisation par exemple, la question de la climatisation des hangars et des bâtiments agricoles où effectivement vive la volaille, les ports et cetera, ça va être en gros enjeu. On l'oublie souvent, les animaux souffrent aussi énormément de la chaleur. Cela étant dit, l'agriculture c'est un des secteurs, sinon le secteur le plus exposé aux impacts du changement climatique.

On pas climatiser les champs. Et de la même manière que le le climat de la France est en train de changer, ça veut dire que toute une série de cultures qui avaiit été envisagé, qui avait été mise en place en France pour un climat tempéré vont devoir évoluer. Pour moi, la grande question, c'est comment est-ce qu'on accompagne les agriculteurs dans l'évolution à la fois de certains modèles agricoles et aussi dans l'évolution des cultures qu'ils vont avoir.

Où est-ce qu'on va potentiellement cultiver des agrumes ? Par exemple, en France, la question de la vigne est aussi un gros gros sujet. Et le problème, c'est que on sait que l'agriculture est un secteur qui est économiquement très fragile avec beaucoup d'agriculteurs qui ne parviennent plus à toucher un revenu décent par rapport à leur activité.

Il y a aussi la question de l'amortissement du matériel agricole. On sait que c'est des investissements très très lourds. Quand vous avez investi pour telle moissonneuse batteuse ou pour tel engin agricole, vous allez voir une période de 10 ou 15 ans pour rentabiliser ces investissement.

Et donc la vraie question pour moi c'est comment est-ce qu'on parvient à faire évoluer à la fois les cultures en France et comment est-ce qu'on fait aussi évoluer le métier d'agriculteur ? Je pense que c'est un des métiers qui évoluera le plus sous l'effet du changement climatique, notamment parce que les sols par exemple peuvent contenir énormément de carbone. Et pour moi, la grande question, c'est comment est-ce qu'on va pouvoir valoriser et donc aussi monétiser le carbone qui est contenu dans les sols pour apporter un complément de revenu aux agriculteurs et qu'ils deviennent en quelque sorte des gardiens des sols.

À mon avis, une vraie réflexion à avoir aussi sur l'avenir non seulement des cultures elles-mêmes mais de la profession. Il y a Pierre aussi qui est là et je voudrais qu'on termine avec vous. Pierre, euh vous avez tenu à être avec nous ce soir.

Alors, vous vivez à Paris, vous avez travaillé pendant 20 ans comme consultant RSE, responsabilité sociétale des entreprises. On a beaucoup parlé ce soir d'adaptation. On a parlé de bilan.

Il y a il y aura aussi un bilan économique à tirer de cette vague de chaleur avec des entreprises qui ont dû s'arrêter, avec des chantiers qui ont dû s'arrêter. L'adaptation des entreprises au réchauffement climatique, vous ça a été le le sujet de votre carrière. Vous avez vu les choses évoluer ?

Alors effectivement, moi j'ai j'ai travaillé pendant les 12 dernières années de ma carrière dans la direction de développement durable d'une grande entreprise du secteur de l'énergie. Donc on la citera pas. On a vu effectivement monter en puissance ces questions.

On a commencé être attaché au directeur de la communication puis au secrétaire général puis à la direction de la stratégie et maintenant la direction est rattachée à la direction financière. Donc on voit bien que c'est quelque chose d'important, mais c'est vrai que que ces conséquences économiques de ces de ces canicules et de ces événements climatiques m'inquiètent aussi pour les PME. Quand on voit que il y a une une étude qui montrait que 68 % des dirigeants de PME ne considérait pas que l'adaptation au changement climatique était une priorité pour eux.

Euh alors, j'ai vu qu'il y avait toute une boîte à outils euh pour faire des diagnostics, pour les aider à à prendre en en charge c. Mais je voulais savoir et je voulais interpeller nos parlementaires pour savoir comment on pouvait mieux sensibiliser les entreprises à ces questions de d'adaptation au changement climatique qui euh et il y a un coût terrible de l'inaction qui fait que aujourd'hui d'ici 2050 si on ne fait rien, on peut avoir une baisse du PIB de l'ordre de 10 %. Donc c'est c'est quand même assez effrayant.

Assez vite toutes les deux. Euh alors, je relèverai une pointe d'optimisme quand même par rapport à à cela et je pense que depuis un certain nombre d'années, il y a une appropriation de ces enjeux-là qui peut être faite de la part de nos concitoyens. Vous en êtes le témoignage frappant aujourd'hui de la part de nos responsables politiques mais également de la part nos entreprises.

Je l'ai vécu à titre personnel. euh on a pu voir des formations euh se déployer, alors peut-être sur euh un certain niveau euh d'entreprise encore que euh et justement ayant vocation à euh mieux appréhender euh les enjeux de la transition écologique. Donc je pense que tout cela euh est euh peut-être encore euh trop en en jeunèse, mais que la vocation évidemment à se déployer sur les années qui viennent de manière brutale aujourd'hui incontestablement mais plus encore demain.

Alors moi je suis assez optimiste aussi parce que je pense qu'après cette canicule, il va y avoir quand même une prise de conscience importante vu l'impact notamment sur la productivité. Vous l'avez dit, le coût de l'inaction, c'est aussi ça et il y a une désorganisation du travail qui était liée à cette canicule et les chefs d'entreprise vous le savez, ils ont une obligation de résultats en matière de santé des travailleurs. Ils sont obligés de protéger leurs travailleurs.

Par ailleurs, effectivement économiquement, ils ont intérêt à le faire. Donc moi, je pense qu'il va y avoir quand même euh une une évolution, une prise de conscience. Après, il faut vraiment les accompagner.

Il y a déjà des dispositifs, mais c'est vrai que je pense qu'il faut qu'on aille plus loin euh à ce niveau-là. Je voudrais donner le dernier mot à François Géen. Euh vous avez un peu créé la surprise cette semaine en vous prononçant ouvertement euh en faveur de la climatisation.

Vous avez forcément vu comme nous les images de ces clients qui se sont jetés sur des climatiseurs chez Lidl à 179 €. Qu'est-ce qu'elle vous inspire ? ces images de presque de d'émeutes pour une clime de la colère contre Lidl qui a très clairement organisé ses émeux de ce chaos pour en faire une opération de communication un peu pathétique en exploitant un peu la misère des gens et leurs besoins effectivement de climatisation et ça montre bien la nécessité effectivement d'organiser cela sinon c'est le marché qui va s'en charger tout seul avec d'énormes inégalités c'est aussi un formidable engje industriel que de climatiser la France et oui il va falloir y venir.

Merci. Vous avez vu, ça passe vite une heure, je vous avais prévenu juste avant. Merci infiniment à tous d'être venus ce soir témoigner sur le plateau de chaque voix compte.

Cette émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Si vous aussi vous souhaitez faire partie du public de chaque voix compte, bien je vous invite à vous inscrire sur lcp.fr ou en flashant le QR code pour la dernière émission de la saison qui sera vendredi prochain le 10 juillet parce que chaque voix compte continue hein aussi la semaine prochaine on n'est pas en vacances.

Merci à nos deux députés du jour, Carole Guillerme et Evassas. Merci d'avoir joué le jeu et merci merci François Géen. Merci à vous chez vous.

On vous dit à mardi, on vous souhaite une bonne fin de semaine. Bye bye.