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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 4 janvier 2023 18 minAutoproduit

Mon message pour la rentrée 2023

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour tout le monde, d'abord je vais vous dire ce que je ne vais pas faire, c'est présenter des vœux, je trouve ça, à force. J'en suis déjà là, on est quoi, le 2, le 3, le 2, j'en suis déjà peut-être à 200 vœux, vous pareil, hein. Alors, bon, en plus j'ai mon demande si ça ne pense pas à la poids, à sa force. Je n'ai pas remarqué que chaque année, il ne se passe jamais les choses qu'on a souhaitées et qu'on a voulu. Il vaut mieux laisser ça dormir de son bon sommeil, de son côté. En tout cas, bonne année. C'est une année qui commence dans une ambiance spéciale. D'abord, parce que vous avez vu qu'on a eu une température entre 16 et 20 degrés, suivant les endroits dans le pays.

Ça veut dire que le changement climatique, là, il est très, très, très avancé. Je vous ai dit à plusieurs reprises que je pense qu'il est irréversible. Donc, on va avoir droit maintenant au phénomène climatique qui résulte de chacune de ces états. Comme une fois, il a fait chaud, donc, il va se produire un certain nombre de choses qui, elles-mêmes, vont perturber d'autres cycles de la nature. On est entré là-dedans dans une ère d'incertitude sur l'impact qu'aura le changement climatique. Alors, j'ai été d'ailleurs très surpris de voir le président de la République dire qu'il pouvait prévoir la canicule de cet été ou même de cet hiver.

Bah, tout le monde, parce que les scientifiques l'annoncent depuis des années. J'ai trouvé ça un peu étrange. J'ai trouvé qu'il y avait une ambiance bizarre autour de lui, comme s'il n'était pas vraiment là, quoi. pas vraiment dans le monde dans lequel on vit. Ça fait 30 ans qu'on annonce le changement climatique. Ça fait à peu près 10 ans, ou peut-être, on va dire un peu moins, qu'on pense que non seulement il est en cours, mais surtout qu'il est irréversible. Et que maintenant, il faut prendre des mesures qui sont des mesures assez profondes. Pour inverser le cours des choses, ce n'est pas possible.

Mais pour empêcher que de nouveaux seuils soient franchis, qui rendraient la planète, bah, tout simplement inoccupable à force. Lui, il n'a pas l'air de comprendre ça, et je ne suis pas étonné que son gouvernement ait déjà été condamné trois fois pour une action climatique. Ça, c'est l'ambiance, hein, et le perdons jamais de vue. Parce que sinon, on se comporte d'une manière qui est irresponsable. La responsabilité, c'est d'affronter le réel comme il est. Et le réel comme il est, c'est le réel d'abord du changement climatique. Cette situation ne doit pas abolir notre sensibilité au reste.

Et surtout que le reste, c'est notre vie de tous les jours, notre vie sociale, notre vie familiale, notre vie culturelle, mais notre vie sociale. Et cette année, elle commence avec le projet de réforme des retraites, qui est celui du gouvernement. Le projet de réforme des retraites du gouvernement, personne ne l'obligeait à le présenter. C'est le gouvernement et M. Macron qui ont choisi de commencer l'année avec ça. C'est-à-dire de placer l'année, de placer le quinquennat, d'une certaine manière, sous le signe de cette réforme. Et d'une réforme qui ne s'impose d'aucune façon. Maintenant, les arguments, vous les avez déjà beaucoup entendus.

Vous allez les entendre encore beaucoup dans la campagne qui va commencer contre cette réforme. Je veux survoler rapidement une ou deux objections. La première de ces objections, c'est de dire, eh bien, nous faisons face à un déficit. Non, ce n'est pas vrai. Il n'y a pas de déficit. Les caisses sont non seulement pleines, mais débordent. En 2021, c'était 3 milliards d'excédents. En 2022, c'est 2,7 milliards de millions qui sont de l'excédent. Donc, ce n'est pas vrai que nous sommes dans un déficit. On nous dit, oui, mais il y aura bientôt un déficit.

Ça paraît énorme que des gens qui sont incapables de prévoir quoi que ce soit le reste du temps, qui sont naturellement absolument incapables de dire ce qui va se passer dans 6 mois, prétendent savoir ce qui va se passer sur le plan économique, sur le plan de l'emploi, et donc du niveau des cotisations sociales qui seront encaissées dans 5 ans, 6 ans, 7 ans, 10 ans. Donc, c'est un prétexte. Un prétexte. Pourquoi ? Parce que M.

Macron veut remplir sa feuille de route et dire, vous voyez, moi, j'ai été un beau président de droite, un beau président libéral, et j'ai tapé sur tout ce qui compte, tout ce qui était les symboles des réussites sociales de la France liés à un certain, comment dire, système issu des luttes de libération nationale, de la fin de la guerre et de la résistance.

Alors, c'est l'hôpital public, c'est la sécurité sociale, c'est l'école, c'est toutes ces choses qui ont été, une après l'autre, tellement mises mal en point qu'elles ne fonctionnent plus et que nous avons sous les yeux aujourd'hui une sorte de carmondisation, pour dire caronde, de l'État, de notre pays, comme dans les pays où on n'a pas ce qu'il faut pour faire tourner l'État correctement, pour faire des transports qui fonctionnent, pour faire des écoles qui fonctionnent, pour faire des hôpitaux qui fonctionnent, et on a vu pendant la période de Noël, par exemple, la protection civile intervenir dans un hôpital pour prendre le relais des urgences qui étaient totalement effondrés.

Donc, on en était là à faire en quelque sorte une mission humanitaire en plein pays, développée comme le nôtre, c'est une chose absolument incroyable. Donc, c'est ça qu'ils recherchent, c'est un nouvel affrontement pour montrer qu'il est le plus fort et que c'est lui qui continue à peser sur les événements, alors qu'à l'évidence, ce n'est pas le cas. Cette réforme n'a pas de raison d'être, sinon une raison d'être politique à laquelle, finalement, peu de monde comprend quelque chose. Vous avez vu que, peut-être que vous l'avez vu, ou suivi, ou su, M. Bayrou, qui est quand même l'homme qui a fait élire la première fois M. Macron, M.

Bayrou a proposé qu'on évite la réforme en augmentant légèrement, d'un point, les cotisations sociales patronales. Et si on fait ça, on atteint les objectifs d'équilibre qu'ils prétendent devoir atteindre parce qu'ils croient qu'il y aura une situation de déséquilibre. Je vous prends cet exemple, donc c'est faux de dire qu'on le fait parce que nous sommes dans une situation de difficulté financière. C'est faux de dire que l'avenir présentera cette situation de déséquilibre financier parce que l'organisme qui s'occupe des retraites a lui-même dit que ce n'était pas le cas. Alors, je ne vais pas faire le tour de tous les arguments.

Je crois déjà que le simple fait de dire qu'il n'y a pas de raison de faire ça est une raison suffisante pour s'y opposer. Pourquoi ? Parce qu'il faut quand même se rappeler de quoi on parle. On parle de faire partir des gens à 64 ans au lieu de 62 ans, sauf à avoir des cotes sur sa retraite. Mais l'âge légal serait 64 ans. Avant, on ne part pas. Il faut voir ce que ça veut dire, 64 ans. Il faut voir dans les métiers ce que ça veut dire. Vous voulez avoir des personnels qui nettoient les chambres dans les hôtels, dans les gares, etc., qui auront 64, 65 ans.

Ceux qui n'auront pas toutes leurs cotisations seront obligés de rester au travail plus longtemps avant d'atteindre le niveau plancher qui est donné pour finir aux retraites. Ça veut dire qu'ils ne partiront pas, si c'est 64 ans, avant 67 ou 70 ans. C'est ça dont on parle. C'est-à-dire d'épuiser des gens au travail. Et tout ça d'après une règle absurde qui dit « puisqu'on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps ». Non, on vit plus longtemps parce qu'on travaille moins longtemps. Et si on travaille moins longtemps, eh bien on vivra plus longtemps. Et je pense que c'est un atout qui a son importance dans l'existence.

Donc ce dont il est question, c'est de condamner les gens à des efforts qui n'ont jamais fait dans aucune génération précédente. Parce que voyez-vous, quand on considère la vie d'une personne, il faut tout prendre en compte. Prenons un exemple tout simple. Le temps de transport, les distances que l'on doit faire. Aujourd'hui, quel que soit votre temps de travail, quand vous êtes dans des grandes régions industrialisées, comme c'est le cas en région Île-de-France, eh bien ça veut dire plusieurs heures de transport par jour. On n'a jamais fait de telles distances dans le passé. Aujourd'hui, on fait 9 fois plus de kilomètres qu'on en faisait au milieu des années 50.

Et pourtant, on ne fait pas plus de déplacements quotidiens, 3 à 4. On fait 45 kilomètres par jour, en moyenne autrefois, ce n'était pas ça. Donc, ce temps de transport qui est devenu en enfer aujourd'hui, quand vous êtes sur la route, vous avez l'occasion de vous en rendre compte. Mais quand vous utilisez les transports en commun, vous êtes en train de vous rendre compte que ça se dégrade à une vitesse incroyable. Je parle là pour la région parisienne, mais pas seulement. C'est à peu près partout que c'est la même chose. trombose dans les métros quand il y en a, manque de chauffeurs pour les bus qui fait que les lignes sont de plus en plus aléatoires, etc.

Alors, c'est donc tous les aspects de la vie qu'il faut mettre ensemble et qui nous permettent de dire, même si l'on vit plus longtemps, ce qui est sûr, c'est que la vie est plus dure maintenant qu'elle ne l'était autrefois. Et ce paramètre aussi doit être pris en ligne de compte. Alors, la chance qu'on a, c'est que toutes les organisations confédérales syndicales sont d'accord pour s'opposer à ce passage à 64 ans. Disons que cette opposition commune est vraiment la bonne nouvelle. Ils sont tous d'accord, donc on va entrer dans des actions de masse et des actions frontales.

Restons-en, si vous voulez, pour le moment, pour ne pas aller creuser des difficultés qu'on ne serait plus maîtriser, à des mots d'ordre défensifs. Donc, nous ne voulons pas de la retraite que nous propose M. Macron et nous ne pouvons pas le croire, non seulement parce qu'il nous parle d'une crise qui n'existe pas, mais parce qu'il utilise des mots qui sont à l'évidence des mensonges. Par exemple, il dit, eh bien, nous devons faire cette réforme pour sauver notre régime par répartition. C'est quand même incroyable. C'est lui qui a voulu le démolir, le système par répartition.

Vous avez peut-être tous oublié, mais on a déjà eu une réforme des retraites qui est passée à l'Assemblée nationale que nous, les Insoumis, on avait retardé à 17 comités, autant qu'on pouvait, avec les autres groupes de gauche. On l'avait retardé, ils avaient fait un 49-3, donc s'ils voulaient, ils pouvaient présenter son texte, l'envoyer au Sénat. Non, ce n'est pas ça qu'il a fait. Mais pourquoi nous dit-il qu'il veut sauver le régime par répartition alors que c'est lui qui a essayé de le faire disparaître ? Donc tous les syndicats savent qu'ils ont en face d'eux un partenaire qui ment et qui n'est pas fiable.

C'est-à-dire qu'il ment, il dit des choses fausses et ensuite, quand il vous dit quelque chose et qu'il va le tenir, il ne le tient pas. Vous avez tous vu comment ça s'est passé pour les allocations d'hommage dont ils voulaient réduire la durée. Il a fallu que les syndicats menacent d'aller devant le Conseil d'État pour dire ce n'est pas ce qu'a voté l'Assemblée nationale, c'est autre chose que vous venez d'inventer par décret que vous venez de décider pour que le gouvernement se décide à retirer son texte. Mais ça prouve que ce gouvernement n'est pas fiable, il n'a pas de parole, il ne tient pas ce qu'il annonce qu'il va faire, notamment quand c'est voté par l'Assemblée nationale.

Telle qu'est la situation, nous devons nous attendre le 10 à une annonce de Mme Borne qui sera une annonce dure. Les syndicats ont annoncé eux-mêmes que quoi qu'il en soit, le soir même, ils se réuniraient et ils prendraient des initiatives d'action. On en entend parler, on a à peu près idée de ce que ça peut être, ils vont donc appeler à une action unie de tous les syndicats. Ça veut de soi qu'il va falloir que tout le monde s'y mette à leur côté, à leur appel, pour être aussi nombreux que possible dans l'action. On va voir quelle forme d'action ils nous proposent pour être avec eux.

De notre côté, nous avons décidé d'appuyer, je parle pour les Insoumis, absolument toutes les initiatives qui auront lieu dans ce domaine. Et en particulier, il y a une marche qui est organisée par une dizaine d'organisations de jeunesse le 21 janvier. Alors, cette date, on a décidé de la soutenir. Pourquoi ? Notamment à cause de son caractère symbolique extrêmement fort. C'est que ce sont des organisations de jeunesse qui appellent à cette mobilisation.

Et je crois qu'il faut qu'on montre que dans cette histoire de retraite, ce ne sont pas seulement concernés ceux qui ne partent pas, à la retraite, à tel ou à tel âge, mais toute la société parce que c'est une manière de vivre qui nous est présentée. Pour la résumer en un mot, comment on sent, la tendance historique est à la baisse du temps de travail pour produire des quantités de richesses qui ne m'ont jamais été aussi grandes à supposer que ce soit vraiment des richesses vu le nombre de choses inutiles qu'on produit et des besoins qu'on fabrique de toutes pièces par la publicité.

Mais en attendant, on produit plus de valeurs qu'on n'en a jamais produit avec moitié moins de temps de travail par rapport au début du XXe siècle. Par conséquent, rallonger la durée de travail dans la vie, c'est quelque chose qui va à contresens de l'histoire. En vérité, on pourrait travailler beaucoup moins. Et vous savez que les Insoumis, eux, sont partisans de travailler moins pour travailler mieux et surtout pour travailler tous. Donc cette mesure absurde qui consiste à mettre plus loin le départ à la retraite est un contresens historique complet et la chance qu'on a, c'est que cette fois-ci, on va pouvoir aller unis dans l'action.

Et si nous allons unis dans l'action, je pense que l'initiative des organisations de jeunesse est bonne parce que c'est non seulement une unité des salariés, mais c'est une unité des générations. Vous savez qu'il faut qu'on arrive à mobiliser tout le monde, pas seulement ceux qui sont salariés dans les entreprises et vont suivre les consignes syndicales, mais aussi ceux qui sont en étude, mais aussi ceux qui sont déjà à la retraite, mais ceux qui sont au chômage, bref, tous ceux qui ne sont pas directement présents dans l'entreprise. Alors, on va attendre de voir quelles sont les annonces des syndicats, mais on va les appuyer de toutes nos forces.

Voilà ce que je voulais vous dire à propos des retraites. Ce n'est pas moi qui ai décidé ça, c'est eux, c'est le gouvernement, c'est le président de la République. Ce n'est pas nous, les Insoumis, qui avons décidé qu'il fallait déclencher un combat frontal, nous le déclenchons parce qu'il faut le faire pour répondre à des problèmes concrets.

Si nous ne faisons rien, alors, non seulement l'âge de la retraite sera retardé, mais vous savez comme moi, qu'ils se sentiront en force, ils se sentiront plus arrogants que jamais, et ils le sont déjà beaucoup, au gouvernement et à la présidence de la République, et les autres mauvais coups vont continuer à pleuvoir sur ceux qui vivent de leur travail, et qui essayent d'en vivre, en tout cas, comme c'est le cas de tant et tant de ceux qui sont en train de m'écouter en ce moment. Je pense que les jeunes, les premiers, le 21, doivent se disposer dans la rue à montrer qu'ils prennent en charge les intérêts de la société toute entière, et pas seulement les leurs.

Donc, le 21 janvier, évidemment, il faut être tous dans la rue. Le 21 janvier, c'est notre grand rencard. À l'appel de disorganisation et jeunesse, le 21 janvier, on montre qu'on a compris dans quel monde on vit, et que dans ce monde-là, sans la lutte, il ne se passe rien. Maintenant, il faut que je vous dise, demain midi, je monte dans l'avion. Je monte dans l'avion parce que je n'ai pas le choix. Vous savez où je vais ? En Guyane. La Guyane, c'est une région de la République française qui est grande comme le Portugal, qui est à la frontière du Brésil, c'est la plus longue frontière de notre pays.

J'avais prévu, depuis les résultats de l'élection présidentielle, de refaire le tour des départements et territoires d'outre-mer. Bon, on ne peut faire ce tour que par avion. Je ne peux pas y aller à la nage, et il n'y a pas de bateau qui me permette de faire la jonction dans des conditions qui soient compatibles avec un calendrier bien rempli. Donc, je vais en Guyane. C'est le département et la terre de tous les contrastes parce que, je vous l'ai dit, c'est dans les Amériques, c'est la France, dans les Amériques. C'est la frontière la plus longue avec le Brésil. C'est quand même des choses qui dépayse pas mal, je crois, mais vous tous, c'est votre frontière.

Ce n'est pas la mienne, ni celle des Guyanais. La Guyane, c'est le contraste qu'il y a entre cette étendue immense. Ne croyez pas que parce qu'il y a une forêt, il n'y a personne dedans, vu qu'il ne se passe rien, il y a des tas de choses dans cette forêt, aussi bien sur le plan de la biodiversité que sur le plan des activités humaines. Je vous en reparlerai parce que c'est sur place que je pourrais le faire le mieux.

Et puis, c'est aussi la terre où il y a le troisième port spatial du monde, la base de lancement de Kourou, d'où sont tirées les fusées Ariane et d'autres, d'ailleurs, des fusées, jusqu'à une date récente, il y avait des fusées Soyouz, des Russes, et puis les fusées que nous faisons avec les Italiens là-bas. Donc, c'est tout ça en même temps et c'est une population qui construit un monde nouveau.

C'est quelque chose à la fois d'enthousiasmant et puis il y a des jours où c'est déprimant parce que la Guyane, comme toutes les régions de France, paye le lourd tribut du recul de l'État, de la baisse des dotations, de la désagrégation des services publics à commencer par le service public de la santé. Et puis, il y a de la part du gouvernement et du président de la République une façon de mettre à distance ces territoires qui s'est vue notamment dans la discussion à l'Assemblée nationale.

Peut-être que vous avez le souvenir de ces moments incroyables si vous les avez regardés où tous les députés d'Outre-mer, quelles que soient leurs étiquettes, se sont regroupés autour du député de la Guadeloupe, M. Servat, ou le moment où David Riman, député de la circonscription de Kourou, en Guyane, est descendu avec les autres au banc du gouvernement. C'était extrêmement chaud parce que les élus des départements et territoires d'Outre-mer tous se sont abandonnés comme les populations qui s'y trouvent. C'est les pannes d'eau permanentes en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion. C'est les hôpitaux qui ne fonctionnent pas comme c'est le cas pour ceux de la Guyane.

Il faut bien que vous rendiez compte, les gens, que quand quelqu'un est malade, gravement malade, que vous avez votre père ou votre mère qui a besoin de soins un peu intensifs avec des machines dont on ne dispose pas ailleurs qu'à l'hôpital. Eh bien, si l'hôpital ne fonctionne pas, s'il n'y a pas le personnel pour le faire, eh bien, les personnes sont transportées de la Guyane sur le territoire de l'Hexagone, c'est-à-dire des milliers de kilomètres plus loin où elles sont toutes seules, sans leur famille.

Et c'est une épreuve qui, en général, est horriblement mal vécue, vous le savez tous, parce que déjà, vous le vivez mal quand c'est ici sur le territoire de l'Hexagone qu'on vous oblige à aller à tel ou tel endroit qui n'est pas à côté de chez vous, qui n'est pas au milieu de votre famille. Voilà les sujets qui vont venir. Évidemment, je ne veux rien cacher de la fascination qu'exerce sur moi un territoire aussi neuf où il est possible de faire tant de belles et grandes choses avec des gens qui sont aussi attachants parce qu'ils ont un esprit pionnier, si vous voulez, qu'on ne trouve que dans des endroits comme cela.

Donc, je vous donne rendez-vous avec les images que nous allons tourner, sans doute, à Saint-Laurent-du-Marroni, à Saint-Georges-de-Layapoc, à Cayenne, évidemment, et sans doute, peut-être, mais ce n'est pas sûr, à Courroux parce qu'il n'y a pas de tir en ce moment de fusée et quand il n'y a pas de tir de fusée, à Courroux, il ne se passe rien. Et comme leur magnifique musée est en réparation, donc je n'irai sans doute pas à Courroux, mais d'autres endroits de la Guyane. Si j'arrive par ce seul séjour à vous faire parler de la Guyane, à vous faire penser à la Guyane et alors, par-dessus tout à aimer la Guyane, alors, j'aurais réussi ce que je compte faire.

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