Pierre Laurent : "La chance c'est de qualifier Jean-Luc Mélenchon au second tour et je crois que c'est possible"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Les communistes sont-ils de retour dans la campagne de Mélenchon ?
- 1:37RelanceÉludée
Pourquoi les communistes sont-ils tenus à l'écart de la campagne de Mélenchon aujourd'hui ?
- 3:03FerméeRéponse partielle
Le projet de Mélenchon a fait l'objet de critiques de la part du Parti communiste. Vous les partagez ?
- 3:26FerméeRéponse directe
Vous partagez les réserves sur l'Europe dans le programme de Mélenchon ?
- 4:27FerméeRéponse directe
Vous n'avez pas l'idée du plan B pour l'Europe ?
- 5:39OuverteRéponse directe
Vous dénoncez la complaisance envers le discours du FN. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Il y a beaucoup d'idées que nous partageons, qu'on a travaillées depuis 2012 »
- 1:09Invité politiqueFait
« un pays qui cherche l'espoir, les français sentent qu'il y a une chance historique de porter Jean-Luc Mélenchon au second tour »
- 2:38Invité politiqueFait
« il y a quatre candidats qualifiables pour le second tour »
- 3:40Invité politiqueFait
« depuis la campagne du référendum de 2005, sur l'impasse de l'Europe »
- 3:50Invité politiqueFait
« Cette Europe est dans une crise profonde, à cause du modèle ultralibéral qu'on a imposé à la construction européenne »
- 4:41Invité politiqueFait
« une sortie de l'Union européenne, c'est de facto renoncer à un projet européen »
- 5:13Invité politiqueFait
« les dangers actuels qui pèsent avec les rivalités qui sont en train de grandir extrêmement dangereuses pour la paix entre Trump et Poutine »
- 5:25Invité politiqueFait
« Marine Le Pen qui s'est précipitée à la tour Trump pour soutenir le candidat américain »
- 6:13Invité politiqueFait
« il s'est dit favorable au projet d'augmentation des dépenses militaires européennes »
- 6:51Invité politiquePromesse
« je crois que c'est possible »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« Les courbes d'intention de vote baissent en faveur de Marine Le Pen. Elles montent en faveur de Jean-Luc Mélenchon dans le monde ouvrier »
Temps de parole
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Bonjour Pierre Laurent, alors ça ne vous aura pas échappé, les communistes sont de retour, non pas dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon qui a fait interdire les drapeaux de partis, mais dans le vocabulaire de ses adversaires, Emmanuel Macron qui a traité Jean-Luc Mélenchon de révolutionnaire communiste, François Fillon qui a vilipendé son programme communiste, alors vous n'êtes pas le plus mal placé pour en juger Pierre Laurent, il est communiste le programme de Jean-Luc Mélenchon ?
Il y a beaucoup d'idées que nous partageons, qu'on a travaillées depuis 2012, mais en fait ce à quoi on assiste, c'est qu'on savait que la droite dans cette élection était brutale, le programme de François Fillon, brutal pour les classes populaires, que ce candidat était discrédité, bon maintenant on découvre en plus dans les derniers jours de la campagne, inquiets qu'ils sont de la percée de Jean-Luc Mélenchon, qu'elle est profondément ringarde, alors on voit ressortir là depuis hier des arguments totalement éculés, qu'on a connus dans la guerre froide, voilà, à chaque fois que la droite a peur de perdre les manettes, elle ressort des vieux poncifs anticommunistes, bon c'est ce à quoi on assiste, c'est assez dérisoire par rapport à ce qui est en train de se passer dans le pays, un pays qui cherche l'espoir, les français sentent qu'il y a une chance historique de porter Jean-Luc Mélenchon au second tour, et avec lui une gauche tout à fait nouvelle, et moi j'appelle ceux qui sont encore indécis, à faire tout ce qui est possible dans les jours à venir, pour effectivement faire accéder Jean-Luc Mélenchon au second tour de l'élection présidentielle, c'est une chance qui peut servir à relever le pays.
Alors on entend votre appel, votre enthousiasme, le paradoxe c'est qu'en 2012, les communistes étaient pleinement associés à une campagne, celle de Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas tout à fait atteint ses objectifs, il a fini à 11%, aujourd'hui les communistes sont tenus à l'écart d'une campagne qui décolle, un candidat qui perce, qui séduit, il y a un lien Pierre-Laurent ?
Écoutez, ça c'est votre interprétation des choses, vous savez, c'est pas parce que je suis parfois discret sur les antennes de France Inter, parce qu'on m'invite pas assez souvent, que je le suis dans la campagne, je suis tous les jours, je suis tous les jours dans la campagne,
je suis tous les jours dans la campagne, vous le savez, dans les meetings de Mélenchon en 2012, ils n'y sont plus aujourd'hui.
Mais ils sont présents, vous auriez dû être à Marseille avec moi dimanche, ou dans la marche de la Bastille le 18 mars.
Non, les communistes sont partout pleinement engagés dans cette campagne, et je pense que ce qui est en train de se passer, c'est justement que convergent autour de cette candidature des forces effectivement extrêmement diverses, parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus, les choses sont claires, il y a quatre candidats qualifiables pour le second tour, un candidat de droite très violent, une candidate de l'extrême droite qui se révèle ces derniers jours dangereuse et fidèle à ce qu'on connaît de pire à l'extrême droite, et un candidat Macron qui devient le rendez-vous de tous les libéraux de tout poil.
Face à ça, il y a un candidat de gauche qui peut accéder au second tour, et même peut-être rassembler plus largement encore. C'est tout ce qui nous importe.
Un candidat de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dont le projet a fait, c'était pas si vieux, l'objet de critiques sévères de la part de la Commission économique du Parti communiste, sur le droit opposable à l'emploi, on en a parlé ici même avec Alexis Corbière, mais aussi sur l'Europe, à propos de mesures, de paroles, je cite, qui mettent en opposition la France, son peuple, son État avec l'Europe. Vous partagez ces critiques ou ces réserves, Pierre Laurent ?
Alors moi, je ne dis pas ça. Il y a un débat sur la manière dont nous allons engager, si nous arrivions aux affaires, la transformation de l'Europe. Nous partageons un diagnostic, depuis longtemps déjà, depuis la campagne du référendum de 2005, sur l'impasse de l'Europe. Et je constate que notre diagnostic est avéré. Cette Europe est dans une crise profonde, à cause du modèle ultralibéral qu'on a imposé à la construction européenne. Il faut donc sortir de cette situation. Moi, je crois beaucoup, puisque Jean-Luc Mélenchon lui-même parle de plan A et de plan B, je crois beaucoup au plan A. Je pense que la France, si elle engageait cet effort de transformation, gagnerait cette bataille.
Et qu'elle fédérerait autour d'elle des forces considérables en Europe. Donc moi, je privilégie le plan A du programme de Jean-Luc Mélenchon, celui qui va nous permettre de réunir des forces très importantes, qui n'attendent que le signal d'un grand pays européen pour engager la bataille d'une transformation sociale de l'Europe.
On peut dire que vous n'avez pas du tout, Pierre Laurent, l'idée du plan B. Vous dites qu'il ne faut pas renoncer à un projet européen. Je vous ai lu dans l'Humanité du Manche.
Oui, il ne faut pas renoncer à un projet européen solidaire. Ce que le projet européen actuel n'est pas. Oui. Mais une sortie de l'Union européenne, c'est de facto renoncer à un projet européen. Mais pour une raison très simple, c'est que je crois que nous avons besoin d'une élévation des droits sociaux pour tous les travailleurs européens, justement pour contrer la mise en concurrence à laquelle on assiste. On a besoin d'un nouveau modèle de développement qui devra se développer en France et en Europe. On a besoin d'une politique de paix à l'échelle de l'Europe entière et à l'échelle du monde.
Et on voit les dangers actuels qui pèsent avec les rivalités qui sont en train de grandir extrêmement dangereuses pour la paix entre Trump et Poutine. Quand je vois Marine Le Pen qui s'est précipitée à la tour Trump pour soutenir le candidat américain qui, il y a quelques jours, est allé visiter Poutine, je me dis qu'une femme comme ça à la tête de la France, ce serait dangereux pour la paix du monde. Donc je crois que nous avons besoin d'un projet, effectivement, qui soit un projet de paix et qui est un projet national et européen.
On va reparler du Front National parce que vous y avez consacré un livre et que vous dénoncez, selon vous, la complaisance qui entoure le discours du FN. Un mot encore sur l'Europe. On vous entend, on a l'impression que sur l'Europe, vous êtes plus proche du projet ou du programme de Benoît Hamon que de Jean-Luc Mélenchon.
Écoutez, Benoît Hamon a malheureusement ces jours-ci, alors qu'il partageait des critiques avec nous, il en partage d'ailleurs, et lui aussi dit qu'il faut sortir des canons de l'austérité. En même temps, il s'est dit favorable au projet d'augmentation des dépenses militaires européennes, alors que moi, je crois que si on a 2% du PIB à dépenser dans chaque pays européen, ce n'est pas dans les dépenses militaires. Aujourd'hui, c'est dans des nouveaux projets sociaux et écologiques. Donc, là aussi, il y a des débats, mais c'est vrai qu'avec Benoît Hamon, nous partageons, je crois, aussi la volonté de sortir l'Europe des griffes de l'austérité.
Vous avez beaucoup milité pour un rapprochement entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, en vain. Maintenant, c'est trop tard.
Nous n'en sommes plus là. Maintenant, aujourd'hui, je l'ai dit, il y a 4 candidats. Je pense que c'est évident que la chance qu'il faut saisir, c'est celle de qualifier Jean-Luc Mélenchon au second tour de l'élection présidentielle. Et je crois que c'est possible. Je suis sur le terrain tous les jours. Je pense que ce qui est en train de se passer est très profond. Et je crois qu'alors qu'il est, cette qualification au second tour, et donc la victoire, est possible autour de Jean-Luc Mélenchon. J'espère que le maintien de la candidature de Benoît Hamon, c'est pour ça que j'ai appelé un rapprochement, ne nous coûtera pas cette qualification.
Mais puisque nous en sommes là aujourd'hui, l'effort doit être, la mobilisation doit se tourner vers la qualification de Jean-Luc Mélenchon. Et moi, je lance un appel, je l'ai dit, aux indécis, aux femmes et aux hommes de gauche, notamment ceux qui hésitent encore à voter pour Emmanuel Macron, en leur disant ne vous trompez pas de vote, ne renoncez pas à vos idées au premier tour de l'élection présidentielle.
Jusqu'à présent, si vous êtes sur le terrain, qui alimente cette dynamique Mélenchon ? Des électeurs de gauche, des électeurs de Benoît Hamon, des abstentionnistes ?
Ça vient un peu de tous les côtés. Je sens des abstentionnistes se mobiliser. J'ai croisé sur la cannebière, dans la foule du meeting de Marseille, un habitant des quartiers nord de Marseille qui est venu me dire qu'il n'avait voté ni en 2007 ni en 2012, et qui, cette fois, avec la qualification possible de Jean-Luc Mélenchon, voyait que cet espoir allait le conduire aux urnes. Donc je crois qu'il y a des abstentionnistes. Je crois qu'il y a dans le monde ouvrier des choses nouvelles qui sont en train de se passer. Les courbes d'intention de vote baissent en faveur de Marine Le Pen. Elles montent en faveur de Jean-Luc Mélenchon dans le monde ouvrier.
Je crois qu'il peut se passer des choses très nouvelles dans les jours qui viennent sur ça. Et peut-être que le croisement des courbes est possible à l'arrivée. Et ça vient effectivement des lecteurs de gauche qui ont compris maintenant que le vote le plus efficace était celui-là.
Le croisement des courbes entre Mélenchon et Le Pen. Dans le vote ouvrier, je crois qu'il devient possible. Donc clairement, la perspective que vous tracez, c'est l'idée d'un second tour entre Macron et Mélenchon ?
Écoutez, je ne sais pas qui sera l'adversaire si Jean-Luc Mélenchon parvient au second tour. Là, il y a aussi beaucoup d'incertitudes. Mais je pense que si Jean-Luc Mélenchon parvenait à accéder au second tour, la dynamique serait suffisamment forte pour l'emporter au second tour.
Un dernier mot avant de retrouver Hélène Jouan. Le front de gauche, ça existe encore ou c'est fini ? On verra à nouveau des labels front de gauche aux législatives, Pierre Laurent ?
Nous, nous utilisons la dynamique du front de gauche parce qu'elle est toujours présente sur le terrain. Le front de gauche avait mobilisé beaucoup de gens qui n'étaient pas membres d'un des partis qui l'avaient constitué. Et il y a beaucoup de collectifs du front de gauche qui continuent de vivre sur le terrain localement. Donc oui, c'est un label qui continuera d'exister.
Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes avec les auditeurs d'Inter 0145 24 7000.
Pierre Laurent