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interviewRMC· 27 septembre 2021 21 min

🔴 EN DIRECT - Valérie Pécresse invitée de Bourdin Direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Valérie Pécresse

Absolument, j'aime quand Paris vit, j'aime quand la culture enfin renaît, et j'aime quand la vie redevient comme avant.

0:09
Présentateur

Bon, alors présidentielle, vous allez nous aider ce matin, Valérie Pécresse, à comprendre la logique des Républicains, parce que c'est un peu compliqué. Ce sera donc le 4 décembre, congrès le 4 décembre, dans deux mois pour choisir la candidate ou le candidat des Républicains. Il y a cinq candidats, on le sait, vous participeront au congrès.

0:29
Valérie Pécresse

Oui, oui, bien sûr, c'est une primaire interne, c'est les militants qui ont choisi ce mode de sélection, et j'ai toujours dit que je jouerai collectif, je veux l'unité, et je veux surtout gagner.

0:40
Présentateur

Donc la candidate ou le candidat ne sera pas désigné avant le 4 décembre, par les sondages par exemple ?

0:48
Valérie Pécresse

Non, il y a un processus de sélection, un départage, un processus qui nous permettra de nous rassembler. J'ai quand même un petit mot pour nos alliés centristes, nos alliés centristes qui ne pourront pas participer à cette sélection, et bien évidemment, par respect pour eux et par ce que je veux rassembler très largement face à Emmanuel Macron, j'irai aussi présenter ma candidature à l'UDI et aux centristes.

1:13
Présentateur

Vous irez présenter votre candidature à l'UDI et aux centristes. Si vous n'êtes pas choisi par les républicains, vous pourriez être choisi par l'UDI et les centristes, et être candidate quand même ?

1:24
Valérie Pécresse

Non, à la fin, il faut un seul et unique candidat. Mais je crois qu'il faut que nos alliés centristes sentent qu'eux aussi, on les respecte, et qu'eux aussi, on veut les emmener dans cette dynamique pour desserrer les taux Macron le fait.

1:37
Présentateur

Ils ne peuvent pas adhérer aux républicains, évidemment. Non, ils ne le feront pas. Bon, ils ne le feront pas. Oui, 79 000 adhérents républicains à peu près. Les Verts ont réussi 122 000 à leur primaire. On va voir si vous faites aussi bien. Alors, moi, je ne comprends pas, effectivement, avec les centristes, Valérie Pécresse. Vous dirigez des mairies, vous dirigez des départements, vous dirigez des régions ensemble, vous passez des accords électoraux ensemble. Au Sénat, vous êtes dans la même majorité. Et vous voilà. Et voilà les centristes exclus du jeu. On ne gagne jamais une présidentielle en se repliant sur soi ?

2:18
Valérie Pécresse

Il va falloir s'élargir et il va falloir rassembler très largement. Mais ça se fera sur les idées et ça se fera ensemble. Moi, j'y veillerai.

2:26
Présentateur

Oui, vous êtes discrète sur tout ça.

2:29
Valérie Pécresse

J'y veillerai. Non, j'y veillerai.

2:31
Présentateur

Et comment ?

2:32
Valérie Pécresse

J'y veillerai en les associant. En les associant.

2:34
Présentateur

Bon. Alors, comme tout semble compliqué, cher Républicain, Valérie Pécresse, le parti pourra révoquer le candidat choisi par les adhérents. Vous avez vu ça ? C'est-à-dire que si au mois de janvier, Éric Zemmour est devant le candidat LR, le candidat LR pourrait être, je ne sais pas moi, révoqué par les instances ?

2:56
Valérie Pécresse

Non, non. Arrêtez cette politique de fiction. Je crois que Christian Jacob a été très très clair. Éric Zemmour ne peut pas participer à la primaire des Républicains tout simplement parce que lui accepte l'idée d'un rassemblement droite-extrême droite. Or, vous le savez, il y a une ligne rouge intangible qui est fixée par les Républicains et par la droite. C'est que nous n'acceptons pas les alliances avec l'extrême droite. Nous ne faisons pas ces alliances. Et quand on veut les faire, eh bien, on n'appartient pas à la famille de la droite.

3:28
Présentateur

Valérie Pécresse, peut-être. Mais Éric Ciotti votrait Zemmour au second tour face à Macron. Vous aussi, d'ailleurs ?

3:33
Valérie Pécresse

Arrêtez avec des scénarios qui n'ont aucun sens. Mais non, ce n'est pas un scénario. C'est des scénarios qui n'ont aucun sens. Nous serons au deuxième tour. Et nous serons au deuxième tour, je vais vous dire pourquoi. Parce que nous, nous avons des vraies solutions pour le pays. Parce que moi, hier, j'étais à Aubervilliers, à Pantin, sur le terrain, en train de dialoguer avec les habitants sur leurs problèmes d'insécurité. Moi, je ne fais pas de la politique en chambre. Je fais de la politique par les actes. Je fais de la politique par la preuve. Et c'est ça qui fait la valeur de ma candidature.

4:01
Présentateur

Ce n'est pas moi qui parle d'Éric Zemmour. C'est Christian Jacob, le patron LR, qui parle d'Éric Zemmour, qui dit qu'il n'est pas raciste ni d'extrême droite. Vous êtes d'accord avec lui ? Vous emploieriez les mêmes mots ?

4:14
Valérie Pécresse

Il a dit aussi qu'Éric Zemmour ne partage pas nos valeurs. On ne peut pas être plus clair. Il ne partage pas nos valeurs. Il veut s'allier avec l'extrême droite. Eh bien voilà. Donc nous, nous ne nous allierons pas. Nous ne nous rallierons pas. Écoutez, je sais que BFM TV n'est pas Zemmour TV. On va peut-être parler de ma candidature. On va peut-être parler de ce que je veux pour la France, M. Bourdin.

4:33
Présentateur

Je vais vous en parler. Sauf que, et je tiens à insister là-dessus, j'attends votre avis. Éric Zemmour affirme que le régime de Vichy a protégé les juifs français et donné les juifs étrangers. Que lui répondez-vous ? Personne ne remarque cette phrase prononcière.

4:51
Valérie Pécresse

Eh bien que la Ralf du Veldiv, ça devrait lui faire réfléchir et qu'on ne peut pas déformer l'histoire de France.

5:00
Présentateur

J'ai entendu Valérie Pécresse dire...

5:02
Valérie Pécresse

Cette phrase est abjecte.

5:03
Présentateur

Cette phrase est abjecte. J'ai entendu Valérie Pécresse dire qu'elle avait peur d'attraper un virus en étant dans la même pièce que moi, a-t-il dit.

5:12
Valérie Pécresse

Je n'ai jamais prononcé cette phrase. Je n'ai jamais prononcé cette phrase. Ce que j'ai dit, en revanche, c'est que quand on prétendait défendre la civilisation française, on ne prenait pas la défense de Tariq Ramadan, prédicateur des frères musulmans, en expliquant qu'il était sans doute victime d'un complot alors qu'il est ciblé par sept plaintes de femmes qui l'attaquent pour viol et que Tariq Ramadan, par ailleurs, a pris position, et on le sait tous ici, en refusant de condamner la lapidation des femmes adultères. Voilà.

5:41
Présentateur

Bien. Valérie Pécresse, faut-il aujourd'hui en politique, en France, être radicale ou radicale pour être entendue ?

5:51
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est qu'il faut surtout avoir des propositions pour résoudre les problèmes. On parle beaucoup aujourd'hui d'insécurité. On parle aujourd'hui beaucoup de la crise d'autorité que traverse le pays. Et c'est un thème récurrent, y compris à l'extrême droite. Oui, mais c'est un thème récurrent, y compris à l'extrême droite. Or, comment est-ce qu'on règle le problème ? Le sujet aujourd'hui, c'est notre justice. Notre justice qui est débordée, qui est sous l'eau, submergée, avec un stock d'affaires sur lequel personne ne dit rien, qui est un stock colossal d'affaires non jugées. Alors, tout le pays est bloqué. Et le problème, c'est l'impunité.

J'étais, il y a quelques jours, dans le quartier sensible de Lyon, qui s'appelle la Duchère, avec des policiers. Eh bien, l'un d'entre eux avait été agressé. Classement sans suite. J'étais dans la Drôme avec des maires. L'un d'entre eux avait été agressé. Classement sans suite. Donc, le sujet aujourd'hui, c'est que la justice est débordée. Elle n'a plus les moyens de sanctionner vite et efficacement. Les sanctions ne sont pas exécutées. Donc, moi, quand je serai présidente de la République, je proposerai un plan hors sec pour cette justice. Un plan hors sec pour leur permettre de juger en comparution immédiate les flagrants d'élus. Les flagrants d'élus. Je vous donne un exemple.

Le président de la République a été giflé. Comparution immédiate de son agresseur. Mise sous écrou, c'est-à-dire emprisonnement immédiat de son agresseur. Eh bien, ça, c'est bien. Ça, c'est juste. Le problème, c'est que ce n'est pas ce qui arrive à nos policiers. Quand on agresse nos policiers, quand on adresse nos médecins, quand on agresse nos mères et quand on agresse les simples citoyens.

7:25
Présentateur

La sanction immédiate. Enfin, la sanction.

7:28
Valérie Pécresse

Comparution immédiate en cas de flagrant délit. Oui. En cas de flagrant délit, y compris pour des mineurs multirécidivistes, parce que les mineurs sont jugés, vous le savez, plus d'un an après les faits. Comment voulez-vous éviter ce phénomène de bande de jeunes, de nouveaux barbares que l'on voit dans tous les quartiers aujourd'hui populaires de France et qui se répandent d'ailleurs dans les territoires ruraux où ils font aussi des ravages ? Aujourd'hui, nous avons besoin d'une sanction rapide. Quand on est jeune, on doit avoir une sanction rapide. Vous connaissez la phrase. Ce qui est important dans une sanction, ce n'est pas tant sa sévérité. Il faut évidemment qu'elle soit sévère.

Mais ce n'est pas tant sa sévérité que sa certitude. Il faut être certain que si on commet une infraction, on sera puni vite. Comparution immédiate. Impunité zéro. Et par ailleurs, on a un vrai problème, c'est qu'on n'incarcere plus dans notre pays. On n'emprisonne plus. Quand vous êtes condamné jusqu'à un an de prison ferme, vous n'allez pas en prison. Il faut revenir sur cette loi qui aménage les peines jusqu'à un an de prison ferme. Il faut qu'on puisse faire des courtes peines de prison. Alors vous allez me dire qu'il n'y a pas de place. Eh bien, moi je propose, dès l'année prochaine, de créer 5000 places de centres fermés pour les majeurs.

On prend des vieux bâtiments désaffectés, des casernes, des bâtiments publics et on prend l'outil du bracelet électronique. Aujourd'hui, le bracelet électronique, il est utilisé pour éviter l'incarcération. Ça se passe comment ? Eh bien, un voyou, un caïd est condamné. Huit mois de prison ferme. Il ne va pas aller en prison. Il va avoir un bracelet électronique et on va le renvoyer chez lui. Ça veut dire que ses voisins, ses victimes, le voient revenir comme un caïd. Il est allé, il n'ira pas en prison. Il a commis des actes extrêmement graves. Il revient et il continue ses trafics de chez lui.

Alors moi, ce que je propose, c'est que ce bracelet électronique, on l'utilise pour enfermer des personnes qui sont condamnées à de la prison ferme dans ces centres fermés et qu'on mette fin à cette impunité généralisée. Il faut aujourd'hui que la sanction tombe et il faut qu'elle soit exécutée. La même chose pour les amendes. Les amendes, vous le savez, elles ne sont jamais payées. Voilà. Alors le ministre de la Justice dit « Mais si, mais si, elles sont payées ». Enfin, on a un taux de recouvrement qui est très très faible.

Moi-même, j'ai été obligée avec la SNCF de mettre en place un partenariat spécial avec la direction des finances publiques de Seine-et-Marne pour pouvoir obtenir que tous ceux qui sont en contravention, les fumeurs, les dealers, payent leurs amendes. Retenu sur salaire obligatoire. Mais c'est un partenariat que moi j'ai fait avec la SNCF.

10:07
Présentateur

La sécurité sera l'un des sujets majeurs de la présidentielle avec le pouvoir d'achat, le pouvoir de vivre, comme on voudra.

10:12
Valérie Pécresse

Rétablir la sécurité, rétablir la République aussi. Et s'armer contre la menace islamiste qui est le nouveau totalitarisme du XXIe siècle. Et là encore, le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut. Il y a des djihadistes qui vont sortir de prison. Chaque année, il y en a plusieurs dizaines. Et ces djihadistes, le gouvernement n'a pas réussi à faire voter, ce que demandait l'opposition, c'est de pouvoir les garder en rétention après leur sortie de prison. C'est-à-dire de pouvoir les garder sous surveillance avec assignation à résidence. Parce qu'ils sont toujours radicalisés. Parce que ce sont des bombes humaines qui vont être libérées.

10:46
Présentateur

Mais ils sont placés sous surveillance, Valérie Pécresse.

10:48
Valérie Pécresse

Ils sont sous contrôle judiciaire, M. Bourdin. Mais vous savez très bien ce qui se passe sous contrôle judiciaire. Je vous rappelle que le père Hamel, qui a été assassiné à Rouen, a été assassiné par une personne qui était sous-brassée électronique.

11:01
Présentateur

Valérie Pécresse, j'en parlerai avec le ministre de l'Intérieur qui sera mon invité mercredi matin. Mais je repose ma question.

11:06
Valérie Pécresse

Le problème, c'est la justice au ministre de l'Intérieur. Il met des policiers et les policiers se font agresser.

11:10
Présentateur

Donc c'est un bon ministre de l'Intérieur et il y a un mauvais ministre de la Justice.

11:13
Valérie Pécresse

Non, ce n'est pas ce que je dis. C'est une politique générale. Non, évidemment. On ne peut pas jouer le ping-pong. Ça, c'est la gauche. Ça, c'est François Hollande et Christiane Taubira. On met un ministre de l'Intérieur, on dit que le ministre de l'Intérieur va faire des choses. Et on met une ministre de la Justice qui désarme la justice. Eh bien aujourd'hui, on est toujours sur ce désarmement judiciaire. Et moi, j'étais avec Gérald Darmanin à la Bac de Créteil il y a quelques semaines où les policiers s'étaient fait agresser par des dizaines de jeunes de moins de 15 ans.

Et je l'ai vu, lui aussi, un peu désemparé quand on lui a dit que certains de ces jeunes étaient déjà connus pour des faits depuis un an, un an, transmis à la justice. Depuis un an. Qu'a-t-il dit ? Il n'a rien dit. Vous voulez vous qu'il dise ? C'est l'impuissance publique. C'est cette impuissance publique qui sera au cœur de la présidentielle. Et il faut y remédier. Et pour remédier à l'impuissance publique, il ne faut pas faire des mots et discours. Il faut faire des actes, poser des actes.

12:07
Présentateur

Bien. Valérie Pérez, je vous repose la question. Est-ce qu'il faut aujourd'hui, en politique, être radical ou radical pour être entendue ?

12:14
Valérie Pécresse

Moi, je crois qu'il faut être responsable pour être entendue. Regardez la situation allemande.

12:18
Présentateur

J'allais y venir, justement. Est-ce que vous savez que dans tous les débats télévisés en Allemagne, le mot « islam » n'a jamais été prononcé ? Alors qu'en Allemagne, il y a plus, vous le savez, de clandestins qu'en France, qu'il y a eu une plus grande immigration qu'en France ces dernières années. Et le mot « islam » n'a jamais été prononcé ?

12:38
Valérie Pécresse

On ne peut pas dire ça aujourd'hui en France. Non, on ne peut pas dire ça en France aujourd'hui.

12:42
Présentateur

Il y a plus de clandestins en Allemagne qu'en France.

12:44
Valérie Pécresse

Il y a plus de clandestins en Allemagne qu'en France. Mais on ne peut pas dire que le problème migratoire est plus aigu en Allemagne qu'en France. Il est plus aigu en France parce que ça fait des années et des années que nous nous laissons s'installer chez nous des personnes qui n'ont aucun titre pour le faire.

12:59
Présentateur

Quel que soit le président de la République.

13:00
Valérie Pécresse

Non, on reconduisait. J'ai retrouvé les statistiques, M. Bourdin, parce que cette question m'intéresse. En 2012, nous reconduisions 44% des personnes qui avaient une obligation de quitter le territoire français. Aujourd'hui, c'est tombé à 25%, voire même 12% l'année dernière. Donc on fait beaucoup moins bien aujourd'hui que sous Nicolas Sarkozy pour ce qui est de renvoyer les clandestins chez eux. Et j'ajoute qu'il y a un moyen de le faire. Parce que vous allez me dire comment ? Il y a un moyen. Ça s'appelle Frontex. Frontex met à disposition des charters, des avions avec des escortes pour pouvoir renvoyer les clandestins chez eux. Donc c'est vraiment une question de volonté et d'efficacité.

13:39
Présentateur

L'Allemagne va changer de gouvernement. Valérie Pécresse. On s'attend peut-être à des demandes d'austérité de la part des Allemands. Austérité, c'est indispensable. Et au niveau européen et en France ?

13:54
Valérie Pécresse

Il va falloir un atterrissage qui ne soit pas trop brutal. Parce que la crise qui est derrière nous...

14:01
Présentateur

Il ne faut pas d'austérité.

14:02
Valérie Pécresse

Il faut un atterrissage qui ne soit pas trop brutal. Mais il faut prendre des mesures de réforme puissantes. La France est à 117% de dette. Donc on ne peut pas uniquement penser à l'élection future. Il faut penser aussi aux générations futures. Il va falloir stabiliser cette dette. Il va falloir prendre des mesures d'économie. Mais ces mesures d'économie, vous savez, elles sont assez simples à prendre. Il faut lutter contre les gaspillages. Il faut supprimer les doublons. Il faut que l'État se ressente sur ses vraies missions. Protéger, éduquer, soigner. Le vrai sujet aujourd'hui, c'est que l'État veut tout faire. Et il fait tout mal.

Souvenez-vous, pendant la crise Covid, où on a vu une espèce de bureaucratie empêcher les Français...

14:40
Présentateur

Il a réussi la vaccination, par exemple.

14:42
Valérie Pécresse

Il l'aurait mieux réussi, me semble-t-il, si dès le départ, il s'était appuyé sur les régions, les départements, les communes. Parce qu'au lieu d'avoir un face-à-face, un bras de fer entre la présidence verticale et le peuple, il y aurait eu une conviction par le terrain, une conviction par les médecins de famille, une conviction par les maires, une conviction par des personnes qui ont la confiance des Français. Et ça aurait été beaucoup moins conflictuel et on n'aurait pas eu ces bagarres avec les Antibas.

15:09
Présentateur

Le budget 2022 est insincère à vos yeux ?

15:13
Valérie Pécresse

Vous avez vu ce qui s'est passé ? C'est quand même unique. Allez-y, dites-moi, racontez-moi. Le Haut Conseil des Finances Publiques, qui donne un avis sur le budget, a, je crois que c'est historique, assez unique en France, il a refusé de rendre un avis sur le budget 2022 en estimant que ce budget n'était pas complet et qu'il était à trous. C'est une façon gentille de dire qu'il est totalement insincère. Et donc on a un vrai problème avec ce budget, qui est un budget électoral, qui est un budget de campagne.

15:43
Présentateur

Mais la dette, moi je me souviens, les années Sarkozy, 60% du PIB au début de la présidence Sarkozy et plus de 90% à la fin ?

15:54
Valérie Pécresse

Absolument, il y avait eu la crise des dettes souveraines entre temps.

15:58
Présentateur

Et un chômage à 10,6, il est à 8 aujourd'hui.

16:01
Valérie Pécresse

Mais nous avions enclenché la baisse des déficits dès 2011. Or, en 2012, année présidentielle, nous avons fait un budget totalement sincère et François Hollande a fait un audit de ce budget. Je le sais puisque j'étais ministre du budget à l'époque. François Hollande a fait un audit en arrivant en 2012 de ce budget pour essayer de prouver qu'on avait caché les dépenses sous le tapis. Et il a dit que nous avions un budget impeccable, impeccable de transparence et impeccable de sincérité. Et ça, c'est le plus important.

16:31
Présentateur

Et en janvier 2012, la France a perdu son triple A.

16:34
Valérie Pécresse

C'est la clé de la confiance.

16:35
Présentateur

Dans la notation. Bon, un mot sur la revalorisation du travail au cœur de votre programme. Fin des 35 heures ou pas ?

16:44
Valérie Pécresse

Négociation en entreprise du temps de travail. Ça, c'est très important pour moi parce que je pense que le télétravail change absolument tout à la façon dont nous allons travailler.

16:52
Présentateur

C'est une façon de remettre en cause des 35 heures, Valérie Pécresse.

16:56
Valérie Pécresse

Oui, une façon de remettre en cause la rigidité du temps de travail et des 35 heures. Mais évidemment, moi, mon cœur de mon projet, c'est d'augmenter les salaires. D'augmenter les salaires de 10%. Donc cette logique de flexibilité, elle va avec un donnant-donnant. C'est travailler plus pour gagner plus. Je n'ai rien inventé. En baissant les cotisations.

17:17
Présentateur

Mais lesquelles ? Les patronales ?

17:19
Valérie Pécresse

Les salariales. Il y a sur les cotisations salariales à peu près 8,7% de charges de cotisation retraite que l'on pourrait progressivement transférer sur un financement État. C'est ce que je souhaite. En contrepartie, il faut faire des réformes. Des réformes de l'État. Des réformes de la retraite. La réforme de l'assurance chômage aussi, la deuxième étape, avec de la dégressivité pour inciter au retour à l'emploi.

17:42
Présentateur

Plus forte, plus rapide, des allocations.

17:44
Valérie Pécresse

Plus forte, disons, élargie jusqu'à 2,5 SMIC. Et donc de permettre qu'on ait la dégressivité sur plus de salaires et qu'ainsi on soit plus incité à retourner à l'emploi. Donc réforme de l'assurance chômage, qui était voulue par tous les candidats de la droite qui n'a toujours pas été faite. Réforme des retraites. Et réforme de l'État.

18:04
Présentateur

On travaille jusqu'à 65 ans ?

18:05
Valérie Pécresse

On travaillera jusqu'à 65 ans. Mais en contrepartie, pour tous ceux qui ont eu des carrières longues, pour tous ceux qui sont usés par le travail, on garantira une retraite au moins égale à un SMIC net. 1230 euros. Parce que ça n'est pas acceptable. C'est une question de dignité. d'avoir des retraites qui ne sont pas au niveau du SMIC quand on a travaillé toute sa vie. Donc la dignité c'est le travail et le travail doit payer M. Bourdin. Et c'est ça mon projet pour la France.

18:33
Présentateur

Dernière chose, Valérie Pécresse, ce qui se passe à Paris et en Seine-Saint-Denis, entre Paris et la Seine-Saint-Denis, vous êtes allé à Pantin, les toxicomanes sont sur la voie publique. Que faire avec eux ?

18:47
Valérie Pécresse

Il faut une réponse qui ne soit pas que sécuritaire. Il faut une réponse qui ne soit pas que de déplacer les problèmes. Il faut une réponse sanitaire. Il faut ouvrir un centre de désintoxication. Parce que quand on est au krach, on ne s'en sort pas tout seul. Ça n'est pas vrai. Donc pour l'instant, nous avons des centaines de personnes qui sont dans un square, sans protection. En plus, le sentiment...

19:09
Présentateur

Donc imposer une hospitalisation en quelque sorte.

19:11
Valérie Pécresse

Le sentiment des riverains, et vous l'avez bien compris, c'est quoi ? Oui. C'est que finalement, à Paris, j'avais été voir les riverains à Paris, ils étaient désespérés. Mais on a transféré dans un département qui est le plus pauvre de France, à Seine-Saint-Denis, qu'il y a déjà des problèmes d'insécurité très importants. Et les riverains ont témoigné hier. Ces femmes qui ne peuvent pas aller dans les cafés, qui se font agresser. Les toxicomanes qui sont déjà les dealers, les trafiquants. Donc ils ont déjà des problèmes énormes. Ils ont déjà le sentiment que la police les a oubliés, que la justice les a oubliés. Et on leur rajoute les toxicomanes venus de Paris.

Imaginez la désespérance de ces quartiers. Donc vous n'arriverez pas à résoudre les problèmes de la France. Vous n'arriverez pas à résoudre les problèmes d'intégration. Vous n'arriverez pas à résoudre les problèmes de cohésion nationale si en plus on rajoute des problèmes là-dessus. Donc sur les toxicomanes, il faut les sens de désintoxication et il faut pouvoir avoir des injonctions de soins, bien sûr. Et d'ailleurs, je vais prendre l'initiative, puisque personne ne le fait. Moi j'avais proposé que la région co-finance avec la ville de Paris et l'État le centre. Je vais prendre l'initiative. Je vais confier une mission.

Une mission au professeur Vèvre-Douret, qui est une psychiatre de Cochin, et à Elina Dumont, qui est une ancienne sans-abri addict au crack, quelle structure de désintoxication pour des craqueux, parce que personne ne s'en occupe et personne n'en parle.

20:30
Présentateur

Merci Valérie Pécresse. 8h54, vous êtes sur RMC et BFM TV.

20:34
Valérie Pécresse

Merci beaucoup Jean-Jacques Bourdin. Vous en parliez à l'instant avec votre invité Valérie Pécresse. Nous serons en direct dans quelques instants de la porte de Pantin, de ce mur.