đŽ EN DIRECT - ValĂ©rie PĂ©cresse invitĂ©e de Bourdin Direct
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Alors présidentielle, vous allez nous aider ce matin à comprendre la logique des Républicains ?
- 0:19OuverteRéponse directe
Ce sera donc le 4 décembre, congrÚs le 4 décembre, dans deux mois pour choisir la candidate ou le candidat des Républicains ?
- 0:26OuverteRéponse directe
Il y a cinq candidats, on le sait, vous participerez au congrĂšs ?
- 0:40RelanceRéponse partielle
Donc la candidate ou le candidat ne sera pas désigné avant le 4 décembre, par les sondages par exemple ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Si vous n'ĂȘtes pas choisi par les rĂ©publicains, vous pourriez ĂȘtre choisi par l'UDI et les centristes, et ĂȘtre candidate quand mĂȘme ?
- 1:43FerméeRéponse directe
Ils ne peuvent pas adhérer aux républicains, évidemment.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiquePromesse
« Oui, oui, bien sûr, c'est une primaire interne, c'est les militants qui ont choisi ce mode de sélection, et j'ai toujours dit que je jouerai collectif, je veux l'unité, et je veux surtout gagner. »
- 0:54Invité politiqueFait
« J'ai quand mĂȘme un petit mot pour nos alliĂ©s centristes, nos alliĂ©s centristes qui ne pourront pas participer Ă cette sĂ©lection, et bien Ă©videmment, par respect pour eux et par ce que je veux rassembler trĂšs largement face Ă Emmanuel Macron, j'irai aussi prĂ©senter ma candidature Ă l'UDI et aux centristes. »
- 3:12Invité politiqueFait
« Or, vous le savez, il y a une ligne rouge intangible qui est fixĂ©e par les RĂ©publicains et par la droite. C'est que nous n'acceptons pas les alliances avec l'extrĂȘme droite. Nous ne faisons pas ces alliances. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Parce que nous, nous avons des vraies solutions pour le pays. Parce que moi, hier, j'étais à Aubervilliers, à Pantin, sur le terrain, en train de dialoguer avec les habitants sur leurs problÚmes d'insécurité. »
- 6:52Invité politiquePromesse
« Moi, quand je serai présidente de la République, je proposerai un plan hors sec pour cette justice. »
- 8:19Invité politiqueFait
« Quand vous ĂȘtes condamnĂ© jusqu'Ă un an de prison ferme, vous n'allez pas en prison. Il faut revenir sur cette loi qui amĂ©nage les peines jusqu'Ă un an de prison ferme. »
- 8:30Invité politiquePromesse
« Il faut qu'on puisse faire des courtes peines de prison. Alors vous allez me dire qu'il n'y a pas de place. Eh bien, moi je propose, dÚs l'année prochaine, de créer 5000 places de centres fermés pour les majeurs. »
- 10:21Invité politiqueFait
« Et là encore, le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut. Il y a des djihadistes qui vont sortir de prison. Chaque année, il y en a plusieurs dizaines. Et ces djihadistes, le gouvernement n'a pas réussi à faire voter, ce que demandait l'opposition, c'est de pouvoir les garder en rétention aprÚs leur sortie de prison. »
- 12:59Invité politiqueFait
« Il est plus aigu en France parce que ça fait des années et des années que nous nous laissons s'installer chez nous des personnes qui n'ont aucun titre pour le faire. »
- 13:07Invité politiqueChiffre
« En 2012, nous reconduisions 44% des personnes qui avaient une obligation de quitter le territoire français. Aujourd'hui, c'est tombĂ© Ă 25%, voire mĂȘme 12% l'annĂ©e derniĂšre. »
- 14:06Invité politiqueChiffre
« La France est à 117% de dette. »
- 16:44Invité politiqueFait
« Négociation en entreprise du temps de travail. »
- 17:06Invité politiqueFait
« Donc cette logique de flexibilité, elle va avec un donnant-donnant. C'est travailler plus pour gagner plus. »
- 17:20Invité politiqueChiffre
« Il y a sur les cotisations salariales Ă peu prĂšs 8,7% de charges de cotisation retraite que l'on pourrait progressivement transfĂ©rer sur un financement Ătat. »
- 18:05Invité politiquePromesse
« On travaillera jusqu'à 65 ans. »
Temps de parole
- Valérie Pécresse77 %
- Présentateur23 %
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Absolument, j'aime quand Paris vit, j'aime quand la culture enfin renaĂźt, et j'aime quand la vie redevient comme avant.
Bon, alors présidentielle, vous allez nous aider ce matin, Valérie Pécresse, à comprendre la logique des Républicains, parce que c'est un peu compliqué. Ce sera donc le 4 décembre, congrÚs le 4 décembre, dans deux mois pour choisir la candidate ou le candidat des Républicains. Il y a cinq candidats, on le sait, vous participeront au congrÚs.
Oui, oui, bien sûr, c'est une primaire interne, c'est les militants qui ont choisi ce mode de sélection, et j'ai toujours dit que je jouerai collectif, je veux l'unité, et je veux surtout gagner.
Donc la candidate ou le candidat ne sera pas désigné avant le 4 décembre, par les sondages par exemple ?
Non, il y a un processus de sĂ©lection, un dĂ©partage, un processus qui nous permettra de nous rassembler. J'ai quand mĂȘme un petit mot pour nos alliĂ©s centristes, nos alliĂ©s centristes qui ne pourront pas participer Ă cette sĂ©lection, et bien Ă©videmment, par respect pour eux et par ce que je veux rassembler trĂšs largement face Ă Emmanuel Macron, j'irai aussi prĂ©senter ma candidature Ă l'UDI et aux centristes.
Vous irez prĂ©senter votre candidature Ă l'UDI et aux centristes. Si vous n'ĂȘtes pas choisi par les rĂ©publicains, vous pourriez ĂȘtre choisi par l'UDI et les centristes, et ĂȘtre candidate quand mĂȘme ?
Non, à la fin, il faut un seul et unique candidat. Mais je crois qu'il faut que nos alliés centristes sentent qu'eux aussi, on les respecte, et qu'eux aussi, on veut les emmener dans cette dynamique pour desserrer les taux Macron le fait.
Ils ne peuvent pas adhĂ©rer aux rĂ©publicains, Ă©videmment. Non, ils ne le feront pas. Bon, ils ne le feront pas. Oui, 79 000 adhĂ©rents rĂ©publicains Ă peu prĂšs. Les Verts ont rĂ©ussi 122 000 Ă leur primaire. On va voir si vous faites aussi bien. Alors, moi, je ne comprends pas, effectivement, avec les centristes, ValĂ©rie PĂ©cresse. Vous dirigez des mairies, vous dirigez des dĂ©partements, vous dirigez des rĂ©gions ensemble, vous passez des accords Ă©lectoraux ensemble. Au SĂ©nat, vous ĂȘtes dans la mĂȘme majoritĂ©. Et vous voilĂ . Et voilĂ les centristes exclus du jeu. On ne gagne jamais une prĂ©sidentielle en se repliant sur soi ?
Il va falloir s'élargir et il va falloir rassembler trÚs largement. Mais ça se fera sur les idées et ça se fera ensemble. Moi, j'y veillerai.
Oui, vous ĂȘtes discrĂšte sur tout ça.
J'y veillerai. Non, j'y veillerai.
Et comment ?
J'y veillerai en les associant. En les associant.
Bon. Alors, comme tout semble compliquĂ©, cher RĂ©publicain, ValĂ©rie PĂ©cresse, le parti pourra rĂ©voquer le candidat choisi par les adhĂ©rents. Vous avez vu ça ? C'est-Ă -dire que si au mois de janvier, Ăric Zemmour est devant le candidat LR, le candidat LR pourrait ĂȘtre, je ne sais pas moi, rĂ©voquĂ© par les instances ?
Non, non. ArrĂȘtez cette politique de fiction. Je crois que Christian Jacob a Ă©tĂ© trĂšs trĂšs clair. Ăric Zemmour ne peut pas participer Ă la primaire des RĂ©publicains tout simplement parce que lui accepte l'idĂ©e d'un rassemblement droite-extrĂȘme droite. Or, vous le savez, il y a une ligne rouge intangible qui est fixĂ©e par les RĂ©publicains et par la droite. C'est que nous n'acceptons pas les alliances avec l'extrĂȘme droite. Nous ne faisons pas ces alliances. Et quand on veut les faire, eh bien, on n'appartient pas Ă la famille de la droite.
ValĂ©rie PĂ©cresse, peut-ĂȘtre. Mais Ăric Ciotti votrait Zemmour au second tour face Ă Macron. Vous aussi, d'ailleurs ?
ArrĂȘtez avec des scĂ©narios qui n'ont aucun sens. Mais non, ce n'est pas un scĂ©nario. C'est des scĂ©narios qui n'ont aucun sens. Nous serons au deuxiĂšme tour. Et nous serons au deuxiĂšme tour, je vais vous dire pourquoi. Parce que nous, nous avons des vraies solutions pour le pays. Parce que moi, hier, j'Ă©tais Ă Aubervilliers, Ă Pantin, sur le terrain, en train de dialoguer avec les habitants sur leurs problĂšmes d'insĂ©curitĂ©. Moi, je ne fais pas de la politique en chambre. Je fais de la politique par les actes. Je fais de la politique par la preuve. Et c'est ça qui fait la valeur de ma candidature.
Ce n'est pas moi qui parle d'Ăric Zemmour. C'est Christian Jacob, le patron LR, qui parle d'Ăric Zemmour, qui dit qu'il n'est pas raciste ni d'extrĂȘme droite. Vous ĂȘtes d'accord avec lui ? Vous emploieriez les mĂȘmes mots ?
Il a dit aussi qu'Ăric Zemmour ne partage pas nos valeurs. On ne peut pas ĂȘtre plus clair. Il ne partage pas nos valeurs. Il veut s'allier avec l'extrĂȘme droite. Eh bien voilĂ . Donc nous, nous ne nous allierons pas. Nous ne nous rallierons pas. Ăcoutez, je sais que BFM TV n'est pas Zemmour TV. On va peut-ĂȘtre parler de ma candidature. On va peut-ĂȘtre parler de ce que je veux pour la France, M. Bourdin.
Je vais vous en parler. Sauf que, et je tiens Ă insister lĂ -dessus, j'attends votre avis. Ăric Zemmour affirme que le rĂ©gime de Vichy a protĂ©gĂ© les juifs français et donnĂ© les juifs Ă©trangers. Que lui rĂ©pondez-vous ? Personne ne remarque cette phrase prononciĂšre.
Eh bien que la Ralf du Veldiv, ça devrait lui faire réfléchir et qu'on ne peut pas déformer l'histoire de France.
J'ai entendu Valérie Pécresse dire...
Cette phrase est abjecte.
Cette phrase est abjecte. J'ai entendu ValĂ©rie PĂ©cresse dire qu'elle avait peur d'attraper un virus en Ă©tant dans la mĂȘme piĂšce que moi, a-t-il dit.
Je n'ai jamais prononcé cette phrase. Je n'ai jamais prononcé cette phrase. Ce que j'ai dit, en revanche, c'est que quand on prétendait défendre la civilisation française, on ne prenait pas la défense de Tariq Ramadan, prédicateur des frÚres musulmans, en expliquant qu'il était sans doute victime d'un complot alors qu'il est ciblé par sept plaintes de femmes qui l'attaquent pour viol et que Tariq Ramadan, par ailleurs, a pris position, et on le sait tous ici, en refusant de condamner la lapidation des femmes adultÚres. Voilà .
Bien. ValĂ©rie PĂ©cresse, faut-il aujourd'hui en politique, en France, ĂȘtre radicale ou radicale pour ĂȘtre entendue ?
Ce que je crois, c'est qu'il faut surtout avoir des propositions pour rĂ©soudre les problĂšmes. On parle beaucoup aujourd'hui d'insĂ©curitĂ©. On parle aujourd'hui beaucoup de la crise d'autoritĂ© que traverse le pays. Et c'est un thĂšme rĂ©current, y compris Ă l'extrĂȘme droite. Oui, mais c'est un thĂšme rĂ©current, y compris Ă l'extrĂȘme droite. Or, comment est-ce qu'on rĂšgle le problĂšme ? Le sujet aujourd'hui, c'est notre justice. Notre justice qui est dĂ©bordĂ©e, qui est sous l'eau, submergĂ©e, avec un stock d'affaires sur lequel personne ne dit rien, qui est un stock colossal d'affaires non jugĂ©es. Alors, tout le pays est bloquĂ©. Et le problĂšme, c'est l'impunitĂ©.
J'étais, il y a quelques jours, dans le quartier sensible de Lyon, qui s'appelle la DuchÚre, avec des policiers. Eh bien, l'un d'entre eux avait été agressé. Classement sans suite. J'étais dans la DrÎme avec des maires. L'un d'entre eux avait été agressé. Classement sans suite. Donc, le sujet aujourd'hui, c'est que la justice est débordée. Elle n'a plus les moyens de sanctionner vite et efficacement. Les sanctions ne sont pas exécutées. Donc, moi, quand je serai présidente de la République, je proposerai un plan hors sec pour cette justice. Un plan hors sec pour leur permettre de juger en comparution immédiate les flagrants d'élus. Les flagrants d'élus. Je vous donne un exemple.
Le prĂ©sident de la RĂ©publique a Ă©tĂ© giflĂ©. Comparution immĂ©diate de son agresseur. Mise sous Ă©crou, c'est-Ă -dire emprisonnement immĂ©diat de son agresseur. Eh bien, ça, c'est bien. Ăa, c'est juste. Le problĂšme, c'est que ce n'est pas ce qui arrive Ă nos policiers. Quand on agresse nos policiers, quand on adresse nos mĂ©decins, quand on agresse nos mĂšres et quand on agresse les simples citoyens.
La sanction immédiate. Enfin, la sanction.
Comparution immĂ©diate en cas de flagrant dĂ©lit. Oui. En cas de flagrant dĂ©lit, y compris pour des mineurs multirĂ©cidivistes, parce que les mineurs sont jugĂ©s, vous le savez, plus d'un an aprĂšs les faits. Comment voulez-vous Ă©viter ce phĂ©nomĂšne de bande de jeunes, de nouveaux barbares que l'on voit dans tous les quartiers aujourd'hui populaires de France et qui se rĂ©pandent d'ailleurs dans les territoires ruraux oĂč ils font aussi des ravages ? Aujourd'hui, nous avons besoin d'une sanction rapide. Quand on est jeune, on doit avoir une sanction rapide. Vous connaissez la phrase. Ce qui est important dans une sanction, ce n'est pas tant sa sĂ©vĂ©ritĂ©. Il faut Ă©videmment qu'elle soit sĂ©vĂšre.
Mais ce n'est pas tant sa sĂ©vĂ©ritĂ© que sa certitude. Il faut ĂȘtre certain que si on commet une infraction, on sera puni vite. Comparution immĂ©diate. ImpunitĂ© zĂ©ro. Et par ailleurs, on a un vrai problĂšme, c'est qu'on n'incarcere plus dans notre pays. On n'emprisonne plus. Quand vous ĂȘtes condamnĂ© jusqu'Ă un an de prison ferme, vous n'allez pas en prison. Il faut revenir sur cette loi qui amĂ©nage les peines jusqu'Ă un an de prison ferme. Il faut qu'on puisse faire des courtes peines de prison. Alors vous allez me dire qu'il n'y a pas de place. Eh bien, moi je propose, dĂšs l'annĂ©e prochaine, de crĂ©er 5000 places de centres fermĂ©s pour les majeurs.
On prend des vieux bĂątiments dĂ©saffectĂ©s, des casernes, des bĂątiments publics et on prend l'outil du bracelet Ă©lectronique. Aujourd'hui, le bracelet Ă©lectronique, il est utilisĂ© pour Ă©viter l'incarcĂ©ration. Ăa se passe comment ? Eh bien, un voyou, un caĂŻd est condamnĂ©. Huit mois de prison ferme. Il ne va pas aller en prison. Il va avoir un bracelet Ă©lectronique et on va le renvoyer chez lui. Ăa veut dire que ses voisins, ses victimes, le voient revenir comme un caĂŻd. Il est allĂ©, il n'ira pas en prison. Il a commis des actes extrĂȘmement graves. Il revient et il continue ses trafics de chez lui.
Alors moi, ce que je propose, c'est que ce bracelet Ă©lectronique, on l'utilise pour enfermer des personnes qui sont condamnĂ©es Ă de la prison ferme dans ces centres fermĂ©s et qu'on mette fin Ă cette impunitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Il faut aujourd'hui que la sanction tombe et il faut qu'elle soit exĂ©cutĂ©e. La mĂȘme chose pour les amendes. Les amendes, vous le savez, elles ne sont jamais payĂ©es. VoilĂ . Alors le ministre de la Justice dit « Mais si, mais si, elles sont payĂ©es ». Enfin, on a un taux de recouvrement qui est trĂšs trĂšs faible.
Moi-mĂȘme, j'ai Ă©tĂ© obligĂ©e avec la SNCF de mettre en place un partenariat spĂ©cial avec la direction des finances publiques de Seine-et-Marne pour pouvoir obtenir que tous ceux qui sont en contravention, les fumeurs, les dealers, payent leurs amendes. Retenu sur salaire obligatoire. Mais c'est un partenariat que moi j'ai fait avec la SNCF.
La sécurité sera l'un des sujets majeurs de la présidentielle avec le pouvoir d'achat, le pouvoir de vivre, comme on voudra.
RĂ©tablir la sĂ©curitĂ©, rĂ©tablir la RĂ©publique aussi. Et s'armer contre la menace islamiste qui est le nouveau totalitarisme du XXIe siĂšcle. Et lĂ encore, le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut. Il y a des djihadistes qui vont sortir de prison. Chaque annĂ©e, il y en a plusieurs dizaines. Et ces djihadistes, le gouvernement n'a pas rĂ©ussi Ă faire voter, ce que demandait l'opposition, c'est de pouvoir les garder en rĂ©tention aprĂšs leur sortie de prison. C'est-Ă -dire de pouvoir les garder sous surveillance avec assignation Ă rĂ©sidence. Parce qu'ils sont toujours radicalisĂ©s. Parce que ce sont des bombes humaines qui vont ĂȘtre libĂ©rĂ©es.
Mais ils sont placés sous surveillance, Valérie Pécresse.
Ils sont sous contrÎle judiciaire, M. Bourdin. Mais vous savez trÚs bien ce qui se passe sous contrÎle judiciaire. Je vous rappelle que le pÚre Hamel, qui a été assassiné à Rouen, a été assassiné par une personne qui était sous-brassée électronique.
Valérie Pécresse, j'en parlerai avec le ministre de l'Intérieur qui sera mon invité mercredi matin. Mais je repose ma question.
Le problÚme, c'est la justice au ministre de l'Intérieur. Il met des policiers et les policiers se font agresser.
Donc c'est un bon ministre de l'Intérieur et il y a un mauvais ministre de la Justice.
Non, ce n'est pas ce que je dis. C'est une politique gĂ©nĂ©rale. Non, Ă©videmment. On ne peut pas jouer le ping-pong. Ăa, c'est la gauche. Ăa, c'est François Hollande et Christiane Taubira. On met un ministre de l'IntĂ©rieur, on dit que le ministre de l'IntĂ©rieur va faire des choses. Et on met une ministre de la Justice qui dĂ©sarme la justice. Eh bien aujourd'hui, on est toujours sur ce dĂ©sarmement judiciaire. Et moi, j'Ă©tais avec GĂ©rald Darmanin Ă la Bac de CrĂ©teil il y a quelques semaines oĂč les policiers s'Ă©taient fait agresser par des dizaines de jeunes de moins de 15 ans.
Et je l'ai vu, lui aussi, un peu dĂ©semparĂ© quand on lui a dit que certains de ces jeunes Ă©taient dĂ©jĂ connus pour des faits depuis un an, un an, transmis Ă la justice. Depuis un an. Qu'a-t-il dit ? Il n'a rien dit. Vous voulez vous qu'il dise ? C'est l'impuissance publique. C'est cette impuissance publique qui sera au cĆur de la prĂ©sidentielle. Et il faut y remĂ©dier. Et pour remĂ©dier Ă l'impuissance publique, il ne faut pas faire des mots et discours. Il faut faire des actes, poser des actes.
Bien. ValĂ©rie PĂ©rez, je vous repose la question. Est-ce qu'il faut aujourd'hui, en politique, ĂȘtre radical ou radical pour ĂȘtre entendue ?
Moi, je crois qu'il faut ĂȘtre responsable pour ĂȘtre entendue. Regardez la situation allemande.
J'allais y venir, justement. Est-ce que vous savez que dans tous les débats télévisés en Allemagne, le mot « islam » n'a jamais été prononcé ? Alors qu'en Allemagne, il y a plus, vous le savez, de clandestins qu'en France, qu'il y a eu une plus grande immigration qu'en France ces derniÚres années. Et le mot « islam » n'a jamais été prononcé ?
On ne peut pas dire ça aujourd'hui en France. Non, on ne peut pas dire ça en France aujourd'hui.
Il y a plus de clandestins en Allemagne qu'en France.
Il y a plus de clandestins en Allemagne qu'en France. Mais on ne peut pas dire que le problÚme migratoire est plus aigu en Allemagne qu'en France. Il est plus aigu en France parce que ça fait des années et des années que nous nous laissons s'installer chez nous des personnes qui n'ont aucun titre pour le faire.
Quel que soit le président de la République.
Non, on reconduisait. J'ai retrouvĂ© les statistiques, M. Bourdin, parce que cette question m'intĂ©resse. En 2012, nous reconduisions 44% des personnes qui avaient une obligation de quitter le territoire français. Aujourd'hui, c'est tombĂ© Ă 25%, voire mĂȘme 12% l'annĂ©e derniĂšre. Donc on fait beaucoup moins bien aujourd'hui que sous Nicolas Sarkozy pour ce qui est de renvoyer les clandestins chez eux. Et j'ajoute qu'il y a un moyen de le faire. Parce que vous allez me dire comment ? Il y a un moyen. Ăa s'appelle Frontex. Frontex met Ă disposition des charters, des avions avec des escortes pour pouvoir renvoyer les clandestins chez eux. Donc c'est vraiment une question de volontĂ© et d'efficacitĂ©.
L'Allemagne va changer de gouvernement. ValĂ©rie PĂ©cresse. On s'attend peut-ĂȘtre Ă des demandes d'austĂ©ritĂ© de la part des Allemands. AustĂ©ritĂ©, c'est indispensable. Et au niveau europĂ©en et en France ?
Il va falloir un atterrissage qui ne soit pas trop brutal. Parce que la crise qui est derriĂšre nous...
Il ne faut pas d'austérité.
Il faut un atterrissage qui ne soit pas trop brutal. Mais il faut prendre des mesures de rĂ©forme puissantes. La France est Ă 117% de dette. Donc on ne peut pas uniquement penser Ă l'Ă©lection future. Il faut penser aussi aux gĂ©nĂ©rations futures. Il va falloir stabiliser cette dette. Il va falloir prendre des mesures d'Ă©conomie. Mais ces mesures d'Ă©conomie, vous savez, elles sont assez simples Ă prendre. Il faut lutter contre les gaspillages. Il faut supprimer les doublons. Il faut que l'Ătat se ressente sur ses vraies missions. ProtĂ©ger, Ă©duquer, soigner. Le vrai sujet aujourd'hui, c'est que l'Ătat veut tout faire. Et il fait tout mal.
Souvenez-vous, pendant la crise Covid, oĂč on a vu une espĂšce de bureaucratie empĂȘcher les Français...
Il a réussi la vaccination, par exemple.
Il l'aurait mieux réussi, me semble-t-il, si dÚs le départ, il s'était appuyé sur les régions, les départements, les communes. Parce qu'au lieu d'avoir un face-à -face, un bras de fer entre la présidence verticale et le peuple, il y aurait eu une conviction par le terrain, une conviction par les médecins de famille, une conviction par les maires, une conviction par des personnes qui ont la confiance des Français. Et ça aurait été beaucoup moins conflictuel et on n'aurait pas eu ces bagarres avec les Antibas.
Le budget 2022 est insincĂšre Ă vos yeux ?
Vous avez vu ce qui s'est passĂ© ? C'est quand mĂȘme unique. Allez-y, dites-moi, racontez-moi. Le Haut Conseil des Finances Publiques, qui donne un avis sur le budget, a, je crois que c'est historique, assez unique en France, il a refusĂ© de rendre un avis sur le budget 2022 en estimant que ce budget n'Ă©tait pas complet et qu'il Ă©tait Ă trous. C'est une façon gentille de dire qu'il est totalement insincĂšre. Et donc on a un vrai problĂšme avec ce budget, qui est un budget Ă©lectoral, qui est un budget de campagne.
Mais la dette, moi je me souviens, les années Sarkozy, 60% du PIB au début de la présidence Sarkozy et plus de 90% à la fin ?
Absolument, il y avait eu la crise des dettes souveraines entre temps.
Et un chĂŽmage Ă 10,6, il est Ă 8 aujourd'hui.
Mais nous avions enclenché la baisse des déficits dÚs 2011. Or, en 2012, année présidentielle, nous avons fait un budget totalement sincÚre et François Hollande a fait un audit de ce budget. Je le sais puisque j'étais ministre du budget à l'époque. François Hollande a fait un audit en arrivant en 2012 de ce budget pour essayer de prouver qu'on avait caché les dépenses sous le tapis. Et il a dit que nous avions un budget impeccable, impeccable de transparence et impeccable de sincérité. Et ça, c'est le plus important.
Et en janvier 2012, la France a perdu son triple A.
C'est la clé de la confiance.
Dans la notation. Bon, un mot sur la revalorisation du travail au cĆur de votre programme. Fin des 35 heures ou pas ?
NĂ©gociation en entreprise du temps de travail. Ăa, c'est trĂšs important pour moi parce que je pense que le tĂ©lĂ©travail change absolument tout Ă la façon dont nous allons travailler.
C'est une façon de remettre en cause des 35 heures, Valérie Pécresse.
Oui, une façon de remettre en cause la rigiditĂ© du temps de travail et des 35 heures. Mais Ă©videmment, moi, mon cĆur de mon projet, c'est d'augmenter les salaires. D'augmenter les salaires de 10%. Donc cette logique de flexibilitĂ©, elle va avec un donnant-donnant. C'est travailler plus pour gagner plus. Je n'ai rien inventĂ©. En baissant les cotisations.
Mais lesquelles ? Les patronales ?
Les salariales. Il y a sur les cotisations salariales Ă peu prĂšs 8,7% de charges de cotisation retraite que l'on pourrait progressivement transfĂ©rer sur un financement Ătat. C'est ce que je souhaite. En contrepartie, il faut faire des rĂ©formes. Des rĂ©formes de l'Ătat. Des rĂ©formes de la retraite. La rĂ©forme de l'assurance chĂŽmage aussi, la deuxiĂšme Ă©tape, avec de la dĂ©gressivitĂ© pour inciter au retour Ă l'emploi.
Plus forte, plus rapide, des allocations.
Plus forte, disons, Ă©largie jusqu'Ă 2,5 SMIC. Et donc de permettre qu'on ait la dĂ©gressivitĂ© sur plus de salaires et qu'ainsi on soit plus incitĂ© Ă retourner Ă l'emploi. Donc rĂ©forme de l'assurance chĂŽmage, qui Ă©tait voulue par tous les candidats de la droite qui n'a toujours pas Ă©tĂ© faite. RĂ©forme des retraites. Et rĂ©forme de l'Ătat.
On travaille jusqu'Ă 65 ans ?
On travaillera jusqu'à 65 ans. Mais en contrepartie, pour tous ceux qui ont eu des carriÚres longues, pour tous ceux qui sont usés par le travail, on garantira une retraite au moins égale à un SMIC net. 1230 euros. Parce que ça n'est pas acceptable. C'est une question de dignité. d'avoir des retraites qui ne sont pas au niveau du SMIC quand on a travaillé toute sa vie. Donc la dignité c'est le travail et le travail doit payer M. Bourdin. Et c'est ça mon projet pour la France.
DerniĂšre chose, ValĂ©rie PĂ©cresse, ce qui se passe Ă Paris et en Seine-Saint-Denis, entre Paris et la Seine-Saint-Denis, vous ĂȘtes allĂ© Ă Pantin, les toxicomanes sont sur la voie publique. Que faire avec eux ?
Il faut une rĂ©ponse qui ne soit pas que sĂ©curitaire. Il faut une rĂ©ponse qui ne soit pas que de dĂ©placer les problĂšmes. Il faut une rĂ©ponse sanitaire. Il faut ouvrir un centre de dĂ©sintoxication. Parce que quand on est au krach, on ne s'en sort pas tout seul. Ăa n'est pas vrai. Donc pour l'instant, nous avons des centaines de personnes qui sont dans un square, sans protection. En plus, le sentiment...
Donc imposer une hospitalisation en quelque sorte.
Le sentiment des riverains, et vous l'avez bien compris, c'est quoi ? Oui. C'est que finalement, à Paris, j'avais été voir les riverains à Paris, ils étaient désespérés. Mais on a transféré dans un département qui est le plus pauvre de France, à Seine-Saint-Denis, qu'il y a déjà des problÚmes d'insécurité trÚs importants. Et les riverains ont témoigné hier. Ces femmes qui ne peuvent pas aller dans les cafés, qui se font agresser. Les toxicomanes qui sont déjà les dealers, les trafiquants. Donc ils ont déjà des problÚmes énormes. Ils ont déjà le sentiment que la police les a oubliés, que la justice les a oubliés. Et on leur rajoute les toxicomanes venus de Paris.
Imaginez la dĂ©sespĂ©rance de ces quartiers. Donc vous n'arriverez pas Ă rĂ©soudre les problĂšmes de la France. Vous n'arriverez pas Ă rĂ©soudre les problĂšmes d'intĂ©gration. Vous n'arriverez pas Ă rĂ©soudre les problĂšmes de cohĂ©sion nationale si en plus on rajoute des problĂšmes lĂ -dessus. Donc sur les toxicomanes, il faut les sens de dĂ©sintoxication et il faut pouvoir avoir des injonctions de soins, bien sĂ»r. Et d'ailleurs, je vais prendre l'initiative, puisque personne ne le fait. Moi j'avais proposĂ© que la rĂ©gion co-finance avec la ville de Paris et l'Ătat le centre. Je vais prendre l'initiative. Je vais confier une mission.
Une mission au professeur VÚvre-Douret, qui est une psychiatre de Cochin, et à Elina Dumont, qui est une ancienne sans-abri addict au crack, quelle structure de désintoxication pour des craqueux, parce que personne ne s'en occupe et personne n'en parle.
Merci ValĂ©rie PĂ©cresse. 8h54, vous ĂȘtes sur RMC et BFM TV.
Merci beaucoup Jean-Jacques Bourdin. Vous en parliez à l'instant avec votre invité Valérie Pécresse. Nous serons en direct dans quelques instants de la porte de Pantin, de ce mur.
Valérie Pécresse