Iran : de nouveaux bombardements en cours|LCI
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir, re-bonsoir. Regardez les images des bombardements qui ont eu lieu et ils continuent à l'heure exacte où nous parlons. Des explosions ont lieu dans le sud de l'Iran.
Le commandement central américain a mené une série d'une vague de bombardements. 90 cibles militaires iraniennes, systèmes de défense, moyens de surveillance, sites de stockage, missiles, drones, radars. Michel Goya, colonel, vous êtes avec nous, et aussi Gérard Haro.
Un mot sur ça. La continuité de ces bombardements, ça devient une campagne. On est au troisième jour et ils sont très puissants.
Oui, ils sont puissants, on va le dire comme ça, mais il faut relativiser. Au total, on doit être à 170 cibles frappées en trois jours. Je rappelle qu'en trois jours du mois de mars, les Israélo-Américains détruisaient plus de 2000 cibles pendant la même période.
On n'est pas du tout dans la même intensité qu'à l'époque. Donc on est sur un événement, on est sur un épisode incontestablement, mais qui reste quand même très calibré, très mesuré. Géographiquement, on est dans la zone du détroit d'Hormuz pour bien montrer que c'est là que ça se passe.
En réalité, on répond à une première attaque iranienne. On répond de manière disproportionnée à cette attaque iranienne contre un navire qui voulait passer par le canal d'Aumont, par la voie de passage d'Aumont. Les Iraniens ne veulent pas.
On a l'impression qu'il y a une série de messages. Ils bombardent près de la centrale nucléaire de Boucher. Ils bombardent, comme vous le dites, dans un certain nombre, on le verra, des images des ports, des installations portuaires autour du détroit. – Non, mais le message est clair.
C'est rapport avec les trois d'Hormuz. Ils n'ont pas frappé à l'intérieur du pays. Ils n'ont pas frappé sur des sites nucléaires, etc.
Ils disent, voilà, on est le sujet du moment, c'est ça. Et donc la négociation du moment, c'est ça. Et donc on tape pour appuyer cette négociation. – Gérard, pourquoi maintenant ?
Pourquoi comme ça ? – Moi, je trouve que ce n'est pas du tout surprenant, parce que les Américains avaient bâclé le protocole d'accord. Trump avait dit, je veux m'arrêter tout ça le plus vite possible.
Et il le fait à la Trump, c'est-à-dire il fait un accord, un peu comme quand il était patron dans les projets immobiliers, il était connu pour ne pas respecter l'accord. Et donc il a signé cet accord sans se préoccuper des termes, alors qu'évidemment, les Iraniens, eux, ont fait ça à la virgule près, n'est-ce pas ? Et donc, et notamment pour la gestion du canal du détroit d'Hormuz, où il était précisé que les Iraniens auraient la responsabilité de rouvrir le détroit d'Hormuz, ce qui leur donne le prétexte sans doute de dire, c'est à nous, c'est nous qui en sommes responsables.
Mais il y a aussi l'affaire du Liban, où il n'y a pas vraiment de cesser le feu au Liban, alors que les États-Unis devraient s'en assurer. Donc tôt ou tard, ça devait mal tourner, il devait y avoir des incidents, mais comme le dit très justement le collègue Goya, ce sont des incidents évidemment qui sont impressionnants, des frappes, mais on ne repart pas dans une guerre tous azimuts. Et j'aurais tendance à penser que ni les Iraniens, ni les Américains ne veulent repartir dans une guerre telle que nous l'avons connue.
Cela étant, si les Américains n'ont pas réussi à faire plier les Iraniens en bombardant de manière intensive pendant 40 jours, je ne vois pas vraiment pourquoi les Iraniens maintenant plieraient alors qu'on les frappe de manière moins agressive qu'aux parents. Il y a une marge d'inconnue quand même. On verra si les Israéliens profitent de la situation pour dire, ah, il y a peut-être une occasion là nous de relancer la guerre.
Ils sont partisans tout à fait avoués de la guerre. Écoutez Trump qui dit en tout cas, il frappe une fois, on rend 20 fois. Nous venons de les frapper très fort.
Chaque fois qu'ils nous frappent une fois, on leur rend 20 fois plus. C'est ce que nous avons fait hier. Aujourd'hui, c'était en réalité une riposte à ce qui s'est passé hier soir.
Ils ont touché trois bateaux. Quand ils frappent, nous ripostons beaucoup plus fort. Voilà.
Et observez bien la scène, sauf erreur, c'est le nouvel avion. On va reparler de l'avion tout à l'heure, puisqu'il y a tout un problème du nouvel avion, celui qui est donné par le Qatar et l'ancien avion. Et si vous observez bien la scène, il y a plus d'espace, pardon d'être trivial, mais autour des toilettes, puisqu'il donne toujours ses points de presse autour des toilettes.
Il dit une fois contre 20. Oui, c'est ce qu'on appelle de la riposte disproportionnée, qui est destinée à calmer, finalement, les ardeurs. Bon, écoutez, on verra d'abord si les Iraniens ripostent à leur tour.
Ça, c'est possible ou pas. Si ils ripostent à leur tour, ça peut effectivement amener un engrenage et on peut continuer ainsi pendant un certain temps. ou s'ils ne font rien du tout.
Et dans ce cas-là, retour à la case départ. Les Iraniens disent, écoutez, nous, on applique l'article 4 du protocole qui nous donne le contrôle du détroit. Donc c'est vous qui, en fait, ne respectez pas cet accord.
Ou alors, il fallait le lire, peut-être. Les Iraniens, ils vont de leur, comment dire, redomontade. Nous nous préparons à des semaines de frappe en Iran.
Nous sommes prêts pour ce scénario. Là, ce sont les Américains qui parlent. Tout ce dont nous avons besoin est déjà en place.
Alors est-ce que c'est de la formule pour faire pression ? Ou est-ce que possiblement, ça peut être un redépart ? Donc tout d'abord, les Iraniens ont déjà répliqué une première fois, mais de manière assez limitée.
On voit bien que de part et d'autre, ils sont en train d'essayer de gérer l'escalade pour éviter. Mais naturellement, chacun doit répéter qu'il est prêt à aller jusqu'au bout. Ça fait partie un petit peu du jeu, si on peut appeler ça un jeu, puisqu'il y a des êtres humains qui sont en train d'être tués.
Il y a des morts, visiblement, les gardiens de la révolution. Il y a un certain nombre de centres gardiens de la révolution qui sont visés par les Américains. Donc, une partie de ce régime qui continue à être tué.
Oui. Mais de nouveau, le problème, c'est qu'au fond, que veut Trump stratégiquement ? Alors, on voit disparaître la question nucléaire.
Et on a l'impression que le seul objectif de Donald Trump, c'est la réouverture du canal des Trois d'Hormuz. Des Trois d'Hormuz qui étaient ouverts avant le début de la guerre. Et au fond, pour les Iraniens aussi, ils peuvent se dire, comme ça, on détourne l'attention des autres sujets.
Tout ça, c'est quand même, est-ce qu'on va trouver un habillage qui permet aux deux parties de dire qu'elles ont gagné ? C'est-à-dire, on dit les Américains, de dire, nous ne payons pas pour le passage dans le Détroit. Et pour les Iraniens, de dire, mais ce passage dans le Détroit se fait sous notre contrôle.
Parce que ce n'est pas l'argent qui compte dans cette affaire pour les Iraniens. C'est vraiment de garder en main cette bombe nucléaire, il y a beaucoup et beaucoup de comparaisons, qu'est le contrôle du Détroit d'Hormuz. Et donc de montrer qu'on ne peut pas passer le Détroit d'Hormuz sans leur accord.
Est-ce qu'il y a une logique américaine de rester ? En tout cas, là, on voit, ils ont une armada qui n'est pas la plus grande de tous les temps, mais qui ont une armada considérable, et ils restent assez longtemps. Quand ils s'installent, ça peut être longtemps.
Oui, alors déjà, ils étaient présents quand même de manière assez substantielle, avant même le conflit, avant même le déploiement. Moi, ce qui me frappe d'ailleurs dans ce déploiement actuel, c'est qu'il n'a pas été augmenté. C'est-à-dire que c'est toujours le même depuis le début, notoirement insuffisant, on le savait.
Mais on aurait pu imaginer que, ne serait-ce que pour peser un peu plus sur les événements, peser un peu plus sur les négociations, on en rajoute un petit peu, ça ne mange pas de pain, de rajouter encore des moyens, d'envoyer des forces sur place et dire, écoutez, regarde, maintenant, on est... attention.
Mais non, non, non, on reste toujours globalement sur le même dispositif. Michel, pardon, est-ce que ça fait de Trump un réaliste ? En réalité, en parole, il a l'air excessif, brouillon, etc.
Mais en réalité, contrairement à certains présidents qui sont lancés des aventures comme Bush pour l'Irak, tout ça est relativement réaliste. Il essaye, ça marche, ça marche pas, il recule, il avance. C'est imprudent.
On va dire qu'il est extrêmement...
Dans l'emploi de la force, il est très prudent, en réalité. Ça, la guerre qu'il a lancée contre l'Iran, c'est de loin l'expédition militaire la plus importante qui est lancée. Et même là, ça marche pas, il arrête.
Il arrêtait. D'abord, c'était très calibré, là aussi, c'est très important, mais il a bien calibré l'affaire pour que ça n'aille pas trop loin et qu'on puisse pas dire, justement, que c'était une guerre. Et ensuite, il s'est retiré très vite de cet engagement.
Ce qui est une certaine sagesse. Le début était passage, la suite l'est davantage. Je ne sais pas.
C'est-à-dire que...
D'un point de vue militaire, j'ai dit...
Bon, c'est pas l'opération telle que je l'aurais rêvé, militairement. Mais tant qu'elle a lancée, autant aller jusqu'au bout, quoi. Le colonel Goyer, il est pour l'excès.
Vous voyez, s'il lance une opération, lui, c'est tout de suite...
On fait pas la guerre à moitié, quoi. On fait pas la guerre à moitié, quoi. Non, mais c'est au fond la différence entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Voilà deux superpuissances qui sont engagées, ou deux grandes puissances qui sont engagées dans des opérations militaires qui tournent mal. Eh bien, Donald Trump s'est immédiatement arrêté les frais. Alors, évidemment, il va dire qu'il a gagné, qu'il a gagné, parce que c'est Donald Trump.
Et je ne suis pas sûr que ce soit très crédible. Mais en tout cas, il est prêt à arrêter les frais. Alors que, on en parlera peut-être en ce qui concerne l'Ukraine, Vladimir Poutine, à l'évidence, ne réagit pas de la même manière.
Pour celles et ceux qui nous rejoignent maintenant, je rappelle, en ce moment, on continue une très importante et en partie imprévue, série vague de bombardements contre la République islamique d'Iran, tout le sud, une grande partie du sud qui est frappée. On est à 90 cibles frappées. On va avoir d'autres images, puisqu'il y a aussi des infrastructures, non seulement les cibles militaires, mais un certain nombre de ponts, ponts ferroviaires, notamment un pont du Nord, qui joue un certain rôle dans les relations avec la Chine.
Donc là, il recommence, en tout cas, à s'attaquer à des infrastructures, disons, qui ont aussi un sens civil pour la République islamique. Oui, alors en l'occurrence, c'est aussi un sens militaire, mais on voit bien, là aussi, c'est toujours la tentation d'étendre les cibles. C'est-à-dire que quand on voit que ça ne marche pas, qu'on n'obtient pas de résultats, soit on augmente les doses, soit on les diversifie, soit on va un peu plus loin.
C'est du poker, en fait. C'est une stratégie de poker. Jean-François Colossimo, hier, rappelait que le véritable jeu en Iran, ce n'est pas les échecs.
C'est le backgammon. Les Iréens jouent au backgammon. Et c'est-à-dire un jeu où on fait des coups, où à la fois, on accepte le destin, le lancer de dés, et puis on s'adapte au destin, et on fait des coups au fur et à mesure des choses.
On essaie de s'adapter. Là, les Américains, c'est Nixon qui disait ça, d'ailleurs, eux, ils font du poker. Donc là, on est en situation, on augmente les doses, on essaie d'aller, de faire craquer simplement l'autre, et dire, OK, je cède, je me couche, j'arrête, j'accepte les libertés totales de navigation dans le détroit d'Hormuz.
C'est ça, l'objectif que cherche Donald Trump. Mais on est face à des gens qui ne jouent pas au poker. Regardez, les bombardements qui sont opérés, par exemple, contre la ville de Chabar, notamment la tour de contrôle maritime, c'est ce que vous disiez.
Ils visent notamment un certain nombre de sites portuaires. C'est cette tour qu'on voit ici, frappée de jour, de nuit. Petit à petit, est-ce qu'ils sont en mesure de prendre le contrôle du Détroit, les Américains, militairement ?
Non, pas pour l'instant, non. Si vous voulez vraiment prendre le contrôle du Détroit, d'abord, soit ils lancent une vraie campagne qui va neutraliser toutes les défenses qu'il y a dans la zone. Et ce n'est pas quelques centaines de cibles.
Là, il faut compter en milliers de frappes uniquement sur la zone du Détroit d'Hormuz, l'île de Kerch, etc., etc., l'île de l'Arak.
Et ça, ça prendra des jours, des semaines pour au moins stériliser militairement toute la région. Et ensuite, probablement, c'est là qu'il faudra aller quand même planter des drapeaux, aller quand même s'emparer des points de contrôle militairement de ces Détroits. Et ça, c'est un jeu extrêmement dangereux.
Et on le disait tout à l'heure, Trump est prudent. Il prend très, très peu de risques dans ses opérations militaires. Et ça, visiblement, c'est un risque qu'il n'a pas du tout envie de prendre.
Et donc, la question qu'on peut se poser, c'est quelle est la stratégie américaine ? De nouveau, ils ont frappé pendant 40 jours, ça n'a pas marché. Pourquoi pensent-ils que ça va mieux marcher ?
On peut se poser la question, à quoi servent ces frappes ? Est-ce que...
Donc, moi, j'imagine que dans les jours qui viennent, nous aurons des Pakistanais, des Qataris, peut-être des Turcs, qui vont courir de capitale en capitale pour retrouver un cessez-le-feu. J'imagine que les Omanais, également, doivent faire...
Mais je crains que nous soyons condamnés pendant les semaines, et peut-être les mois qui viennent, à des sortes de bouffées de violence, où les Iraniens, allant un peu trop loin, parce qu'il y a l'hubris iranienne, vous aurez des Américains qui ne voudront pas perdre la face, un Trump qui ne voudra pas perdre la face, et qui, donc, tapera, comme ça, pendant deux, trois, deux, trois, quatre jours. Et donc, on aurait une crise qui se maintiendrait avec, évidemment, des conséquences durables sur l'économie mondiale, parce que, si un certain nombre de pétroliers passent, on n'est pas du tout revenu au trafic en temps normal. Et les stocks américains et chinois sont au plus bas.
On a les dernières nouvelles sur les explosions. Chabar, tir de défense aérienne. Bouchère, on est dans le sud de l'Iran, c'est évidemment juste à côté de la centrale nucléaire.
Pourquoi Bouchère, Michel ? Peut-être à cause de ça. C'est-à-dire que, oui, Bouchère, c'est un nom particulier en Iran parce que c'est là que se trouve la centrale nucléaire.
Donc, automatiquement, on fait un lien avec le mot nucléaire. Voilà. Donc, l'Américain rappelle que c'est quand même, au passage, c'est quand même l'objet principal de cette guerre.
Empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire. Voilà. Et en même temps, ça reste sur la zone côtière.
Mais je note, par exemple, que les Américains n'ont pas rétabli leur blocus, leur propre blocus. Ils pourraient le faire. Exactement.
Ils n'auraient plus...
Les Iraniens exportent. C'était même, à la limite...
C'était logiquement...
Oui. Les Iraniens ne respectent pas le protocole. Nous, on revient en arrière et on remet en place le blocus.
Ils ne le font pas. Vous qui êtes diplomate, comment est-ce que vous appelez ça ? Hier, j'entendais certains commentateurs, la presse américaine, ils ne savaient même pas...
On ne sait plus si c'est un cessez-le-feu, si c'est un cessez-le-feu. Le cessez-le-feu est suspendu, pas suspendu. On parle et on se bombarde à la fois.
On se tue et on parle, quoi. Il n'y a plus rien. Il faut recommencer la négociation.
Il faut recommencer la négociation. Le cessez-le-feu a été rompu. D'ailleurs, Trump l'a dit, l'a annoncé officiellement.
Donc, il faut repartir dans la négociation. Et cette fois-ci, il faut peut-être faire appel à de vrais diplomates du côté américain afin qu'ils ne se laissent pas piéger par les Iraniens. Vous les détestez.
Vous détestez Jarrett Kouchner et vous détestez Wittkopf. Dès qu'il peut taper les vrais diplomates. C'est le corporatisme de...
Du pont et du pont de la diplomatie américaine. C'est le corporatisme de Gérard Haro. Pour lui, quelqu'un qui n'est pas diplomate, on est déjà très en dessous.
Il y a l'être humain et puis diplomate est à peu près là. Non, mais pour négocier un texte...
Vous savez, il y a des professions dans chaque pays. Vous faites appel à un maçon pour faire un mur. Eh bien, pour négocier un texte, il vaut mieux faire appel à un diplomate.
En tout cas, l'exemple là, on est parfait. La manière dont les Iraniens ont roulé les Américains dans ce texte bâclé est quasiment un exemple que je donnerai à mes élèves. Responsable américain, cité par Axios.
L'escalade actuelle pourrait durer une semaine, voire un mois. Et il cite, nous allons les gifler un peu pour qu'ils comprennent qu'on ne plaisante pas. Bordel, déclare le responsable américain.
C'est puéril. C'est complètement puéril. Ils n'ont pas en face d'eux.
Ils ont en face d'eux l'Iran. Et les Iraniens, ce n'est pas comme ça que ça marche du tout quand on est face à un vrai pays. C'est même, excusez-moi, mais c'est même pitoyable de lire ce genre de bêtises.
Enfin bon, mais tout est effarant dans cette guerre depuis le premier jour. Comment réagissent les Iraniens à la République islamique ? Regardez, d'abord, on va voir dans un instant les foules immenses qui sont présentes au funérail de l'Ayatollah Khamenei.
D'abord, il y a un certain nombre de missiles, mais là aussi, ça a été dosé, comme vous disiez, Conor Goya. L'armée iranienne dit avoir visé des sites au Koweït, au Qatar, au Bahreïn, à l'aide de drones kamikazes. Alors, il y a quand même les alertes au Koweït.
Ce n'est pas tout à fait inconsistant. Et vous allez entendre Trump, qui lui aussi en rajoute, en tout cas, dans le Verbe. Allons-nous vers un conflit à grande échelle ?
Je ne sais pas, mais nous le remporterons très rapidement. Nous disposons de nombreux moyens pour gagner. Nous avons déjà gagné sur le plan militaire.
Ils n'ont presque plus rien et ils veulent tellement un accord qu'ils ont appelé il y a peu, mais je ne sais pas s'ils sont fiables. Je ne sais pas s'ils vont respecter l'accord. C'est ça le problème.
Parce que, pour être honnête, ils sont un peu fous. Ils sont un peu hors de contrôle, mais ils veulent à tout prix un accord. Et pendant ce temps en Iran, regardez, c'est la suite des funérailles faites pour être grandiose de l'Ayatollah Khamenei tué par le bombardement au premier jour, le 28 février de la guerre par un bombardement israélien, mais coordonné avec les Américains.
Très grande foule. Moi, j'étais frappé, je rencontrais des dirigeants de l'armée française en début de semaine qui disaient selon leurs informations qu'il y avait eu un effet drapeau. C'est-à-dire que même si le régime est très impopulaire dans une partie importante des Iraniens, il y a l'autre qui a réagi, semble-t-il, en faisant un peu bloc avec le régime.
Vous savez, il y a 90 millions d'habitants. Je me rappelle quand j'allais en Iran quand on discutait avec les opposants iraniens, parce que c'était possible de parler aux opposants iraniens en Iran, ils nous disaient oui, le régime a sans doute entre 20 et 30% de soutien. 20 ou 30% de 90 millions, ça fait quand même beaucoup de monde.
Parce que ce régime, c'est toujours pareil, ces régimes autoritaires, ils ont aussi une action vis-à-vis d'une base. Et cette base, la base pauvre, la base d'une population conservatrice et religieuse, eh bien, cette base lui reste fidèle. Alors, est-ce qu'il y a aussi l'effet du drapeau ?
Étant donné le nationalisme iranien, c'est possible, mais personnellement, après 47 ans, étant donné la brutalité du régime, je pense que beaucoup d'Iraniens en sont arrivés au point qu'ils ne demandent qu'une chose, c'est la chute, la chute du régime. Donc, de nouveau, c'est une appréciation personnelle, je pense que c'est la base du régime, mais il n'y a pas, je ne suis pas sûr qu'il y ait un effet de drapeau. Cela dit, la dimension nationaliste, il faut rappeler qu'ils ont une guerre très sanglante contre l'Irak, et là, évidemment, c'est un régime qui peut utiliser tout ça.
Oui, bien sûr, au passage, d'ailleurs, le corps de l'Iramenei a été promené aussi en Irak, où on avait les mêmes foules, attention, l'Irak est devenu quasiment une sorte de protectorat iranien, et c'est ces foules, en fait, qui constituent la véritable arme atomique de l'Iran. Si on était absolument persuadés qu'il n'y avait aucun soutien au régime, que ce régime était extrêmement faible, peut-être que les Américains auraient été tentés de faire une opération beaucoup plus décisive qui consiste simplement à aller sur place, à aller à Téhéran. C'est comme ça que normalement on fait chuter les régimes et qu'on arrive à vaincre véritablement l'ennemi.
Et s'ils ne l'ont pas fait, c'est parce qu'ils avaient une trouille bleue de le faire, parce qu'il y avait une trouille bleue de se trouver confrontés à ces mêmes gens armés de kalachnikov et qui leur pourrissent la vie comme ça s'est passé en Irak pendant des années. Et à partir de là, vous avez quand même très réduit très largement les possibilités et les ambitions des Américains. En gros, vous avez réduit à une campagne de frappe.
Et les campagnes de frappe, on voit ce que ça donne. Ce n'est pas franchement décisif. Les Iréens, d'ailleurs, en ce moment, sont en situation où ils disent qu'on a résisté à 28 000 frappes.
Ben, OK, voilà, on est toujours là, on est toujours debout, on est toujours nombreux. Qu'est-ce que vous pouvez faire de plus ? Oui, et pour le moment, les Iraniens se retiennent, si j'ose dire, parce qu'ils pourraient déchaîner le feu du ciel dans l'ensemble de la région du Golfe en frappant nos désinstallations énergétiques.
Ils ont frappé, comme vous le disiez, ce n'est pas symbolique, mais bon, c'est coup par coup, ils sont toujours, les Iraniens font toujours vous me frappez, je frappe, quoi qu'il arrive, et ils ont quand même limité leur réaction en visant plutôt des bases américaines. Donc, les Iraniens, comme les Américains, pour le moment, en sont au premier stade de l'escalade. Mais vous l'aviez dit, Darius, en même temps, c'est dangereux, il peut y avoir, on peut être entraîné de marche en marche, on peut aller très haut. dont peut-être une semaine, 15 jours de tension, et à un moment ou un autre, il faudra que des médiateurs viennent.
Mais de nouveau, du point de vue de Donald Trump, il a quand même des élections au mois de novembre, et les sondages sont désastreux. Donc, je le vois mal être totalement suicidaire en termes de politique intérieure. Quand on voit ces images, même si on imagine bien qu'il y a des autobus organisés pour amener beaucoup de gens, même s'il y a sans doute l'habitance qu'il y a offerte, etc., mais quand même, c'est un régime qui paraît de fait renforcé.
Ils sont là, ils ont survécu, ils ont les gardiens de la révolution qui sont toujours très nombreux, très agressifs, très puissants. Oui, c'est renforcé, je ne sais pas, mais ce régime a toujours été capable de mobiliser des millions de personnes, même si la majorité de la population le déteste. Renforcé, on ne sait pas très bien, véritablement réduit, affaibli, ben non, c'est ça, en fait, surtout ça.
La dimension historique, on va rappeler l'image, ça fait 47 ans que ça dure, les foules, ces grandes foules très fanatiques, celles qui entouraient l'ayatollah Khamenei, qui d'ailleurs était partie de Paris, aidées pas mal par la France à l'époque, Roménie, et quand on revoit les images de l'époque au regard de ce qu'on a ici dans la région, il y a peu de régimes qui ont survécu si longtemps. Oui, tout à fait. Alors, néanmoins, dire régime renforcé, je pense qu'il ne faut pas exagérer parce que la situation économique est désastreuse.
Ils avaient déjà une situation économique, oui, mais ils peuvent tirer sur la foule, ils peuvent tirer sur les manifestants, ils l'ont montré, mais quand même, un régime doit tenir compte aussi de ces éléments. En tout cas, il est radicalisé, le régime est radicalisé puisqu'on a éliminé Khamenei qui était l'arbitre et il est divisé parce qu'on sait, on voit bien que les négociateurs iraniens ont des problèmes vis-à-vis de leur base. On a vu l'un d'entre eux qui a été interrompu en pleine interview à la télévision iranienne.
Donc, on voit bien qu'il y a des tensions. Gérard Aux, à l'échelle de l'histoire, quand on revoit ces images de 69, à l'époque, il faut toujours rappeler qu'il y a des intellectuels français qui disaient « Ah, c'est la révolution, c'est la... » Une révolution se lève contre le colonialisme occidental, etc.
Il faut dire ce qu'il y a. Ils ont tenu, survécu, c'est resté une très grande puissance. Et ce qu'on vit là est assez fascinant parce qu'ils se renouvellent.
Oui, il y a des...
Mais vous savez, par exemple, il y a un autre régime auquel peut-être vous serez contraints d'en parler bientôt, c'est Cuba qui est toujours là aussi. Cuba depuis 1961. Ça fait 65 ans.
Donc, il y a ces régimes. Évidemment que ces régimes sont des régimes autoritaires, mais ce sont des régimes qui ont quand même une base populaire parce qu'ils répondent aux besoins ou aux attentes d'une partie de leur base populaire. On ne peut pas dire que Romaini...
Romaini, à l'évidence, a répondu à un appel du peuple iranien. Ensuite, évidemment, ça a tourné vers un régime dont on...
Et le régime a sans doute été sauvé, excusez-moi, par l'invasion irakienne. L'invasion...
Là, il y a eu un sursaut patriotique. Lorsque les Irakiens ont envahi l'Iran en 1981, ont utilisé l'arme chimique contre les Iraniens. D'ailleurs, dans le silence du pays qui était le dépositaire de la Convention, la France, donc il y a eu un sursaut patriotique iranien.
Est-ce qu'aujourd'hui, j'en doute quand même. Est-ce que leur vocation révolutionnaire peut aller jusqu'à tenter de tuer Trump aujourd'hui ? Ce qui serait évidemment d'une audace extrême.
Regardez les banderoles qui étaient déployées à Machad ou à Téhéran sur le thème « Vengeance contre Trump, nous allons le tuer ». Alors là, c'est à Machad, donc en marge des funérailles de Khamenei. Est-ce qu'ils en ont les moyens ?
Est-ce qu'ils en ont la volonté ? Ou est-ce que ce sont seulement des fanfaronades ? Écoutez, Trump qui est quand même sensible à l'argument et la sécurité a été très renforcée autour de lui.
Leurs leaders sont morts. Ils les ont remplacés puis on les a tués. Ils n'arrêtent pas de les remplacer.
Peut-être que les nouveaux vont mourir aussi. Moi aussi, je pourrais mourir parce que je suis leur cible numéro une. Aviez-vous connaissance d'une menace de l'Iran contre Air Force One ?
Je suis constamment menacé. Je suis leur cible numéro une. Mais si l'avion est touché, on meurt ensemble.
Certains d'entre vous devraient peut-être songer à changer de métier. Michel Goyard. Oui, en même temps, c'est assez logique.
Je veux dire, attendez, c'est un pays qui pratique très largement le terrorisme d'abord, à qui on vient de...
Ils ont tué leur guide suprême. Ils ont tué leur guide suprême et quand même un certain nombre de dirigeants. Il n'est quand même pas totalement, comment dire, incongru et totalement étonnant d'avoir des appels à la mort de Donald Trump ou de Netanyahou.
Il y a une fatwa contre lui d'ailleurs. Je crois qu'il y a une fatwa qui a été mise contre Trump. Oui, moi, je pense que...
Je pense qu'il ne faut pas trop insister sur l'aspect fanatisme. Moi, je trouve que la politique étrangère, la stratégie de la République islamique a toujours été très rationnelle. Ce n'est pas un régime suicidaire.
C'est un régime qui sait jouer des rapports de force et qui sait aussi négocier quand il faut négocier. Ils ont cédé face à l'Irak en 88. Ils ont négocié l'accord sur le nucléaire.
Ils avaient négocié l'accord sur le... sur le Détroit d'Hormuz, enfin, le fameux MOU.
Le régime n'est pas suicidaire. Et donc, oui, peut-être, il y a-t-il quelques excités qui voudraient bien avoir la peau de Donald Trump, mais je ne suis pas sûr que le régime lui-même se lance dans cette aventure. Non, mais même les attaques...
On pense évidemment à toutes les attaques des années 80, en France, à Paris, en 1986, au Liban, etc. Mais c'était des attaques qui étaient utilisées, qui étaient là aussi, qui étaient dosées. C'était par des gens, par des prêtres de nom, par des groupes libanais.
L'Iran n'apparaissait jamais au premier plan. C'était quand même quelque chose qui était aussi assez prudent. À l'heure où nous parlons, il y a d'autres précisions qui arrivent, en tout cas des suppositions assez étonnantes, notamment des responsables qui parlent à CNN américains disant que les États-Unis n'y frappaient.
Donc, si ce n'est pas les États-Unis qui sont en train de frapper, ça peut guérir être Israël. Enfin, je ne vois pas qui d'autre frapperait la République islamique d'Iran en ce moment. Il y a des bombardements en ce moment.
Bouchère, Jayark, Jogadak, je vous dis, c'est une autrement de qualité, Kerman, Bandar Abbas, qui d'autre que les États-Unis pourraient frapper ? Alors, si effectivement d'autres frappent...
Alors, d'abord, il ne faut pas oublier que les pays du Golfe aussi ont frappé. Les Émirats ont lancé des...
Là, maintenant, vous imaginez vraiment...
C'est assez peu probable. C'est pas le Luxembourg qui frappe en Iran. Ça pourraient être les Israéliens, effectivement.
Mais dans ce cas-là, je ne vois pas...
Alors, d'un point de vue purement technique, pourquoi ils iraient s'embêter à les tirer dans les cibles au sud de l'Iran alors que les cibles les plus proches pour eux sont au nord. C'est pas impossible. Mais dans ce cas-là, ce serait soit un pied de nez aux Américains, soit en accord avec eux.
On ne sait pas très bien. Soit ils profitent de l'occasion. C'est ça.
Soit ils profitent de l'occasion et ils mettent les Américains devant le fait accompli. Mais en même temps, la stratégie israélienne, c'est pas ça. C'est pas frapper quelques coups.
La stratégie israélienne, c'est de frapper beaucoup et c'est d'aller jusqu'au bout. Il est un peu troublé, Michel Legoyard, quand on lui dit qu'est-ce qui peut bien frapper. Oui, tout ceci, c'est quand même...
Si c'est pas les Américains, je sais pas. Oui, c'est quand même un peu n'importe quoi. Excusez-moi, mais c'est quand même...
Ça pue l'incohérence. À quoi ça sert, ces frappes ? À quoi servent stratégiquement ces frappes ?
Quel est l'objectif ? Est-ce que les États-Unis peuvent nous donner, nous décrire précisément leur objectif ? Est-ce qu'il y a la moindre chance que ces frappes entraînent la capitulation de l'Iran et le fait que l'Iran dise « je rouvre le détroit d'Ormous sans condition ».
On a un peu l'impression d'un pays, les États-Unis, qui n'acceptent pas, finalement, qui n'avalent pas, qui ne digèrent pas leur défaite. Dans le rapport de force entre l'Occident et...
C'est Balzac qui disait qu'il n'y a que deux mondes, le Balzac, le Parlement de l'Orient et l'Occident. Je ne sais pas, c'est peut-être un peu schématique, mais aujourd'hui, il y a quand même l'Occident et les puissances émergentes du Sud. Est-ce que c'est un cas de voir la réplique islamique d'Iran tenir tête ?
Évidemment que même les pays qui n'ont aucune sympathie pour la réplique d'Iran sont en train de se dire « ah ben voilà, ils ressentent... » Moi, ce que ça m'avait beaucoup frappé quand j'étais aux Nations Unies, c'est le ressentiment que, je disais souvent, ces gens ne nous aiment pas.
Ne nous aiment pas, nous l'Occident. C'est-à-dire notre deux poids, deux mesures, nos interventions militaires. Vous savez, les Chinois avaient l'habitude de nous donner à tout le monde la liste des interventions militaires dans le monde depuis 1980.
Il n'y en avait pas une chinoise et il y en avait des dizaines américaines parce que la fameuse guerre contre le terrorisme a quand même autorisé à laisser les Américains bombardés à droite et à gauche. Et donc, de voir le petit tyran, parce que c'est quand même le PIB de l'Iran, ça doit être le PIB de la ville de Chicago. Il faut quand même se rendre compte des choses.
De voir le petit tyran faire la nique à la superpuissance américaine, je suis sûr que dans beaucoup de capital du reste du monde, eh bien, on regarde ça sans, je dirais, avec une certaine satisfaction. Oui, vous savez, en 1990, il y a un événement, plus précisément, un événement considérable d'un point de vue militaire, c'est l'écrasement de l'Irak par la coalition menée par les Américains. Et un écrasement total.
Et là, d'une manière qu'on n'avait jamais vue dans l'histoire et ça avait frappé tous les esprits. Ça a été vraiment l'ouverture d'une nouvelle période, d'un nouveau monde où un certain nombre de gens disaient, voilà, enfin tout le monde d'ailleurs disait, écoutez, on ne peut pas résister aux Américains. Voilà, donc on va faire profil bas déjà sur un certain nombre de choses.
On va peut-être développer l'arme nucléaire parce que visiblement c'est le seul moyen de leur faire face. Et puis maintenant, on est en situation où cette ère, elle est complètement terminée. Un pays comme l'Iran qui dépense 20 milliards de dollars par an des dépenses militaires, les Américains, on approche les 1000, 1000 milliards, est capable de résister aux Américains.
Non seulement, pas forcément parce qu'ils sont très forts, ils sont résilients, ils sont très forts incontestables, mais ceux-ci, par les Américains, sont devenus beaucoup plus faibles et beaucoup moins volontaristes et ont perdu beaucoup de leur surperbe et de leur puissance, incontestablement. Et donc oui, là pour le coup, le spectacle qui est donné dans le monde, c'est de dire, oui finalement, on peut résister aux Américains. C'est la fin de la suprématie occidentale.
Voilà. Symboliquement, Trump est en train d'enterrer la suprématie occidentale. Donc cela donne, au fond, la volonté à n'importe quel prédateur de dire, moi aussi je peux y aller.
Certains vous diront, lui au moins essaye de la porter. On ne peut pas dire qu'il va en venir d'autres que les Américains qui se battent beaucoup. En le faisant de manière stupide, il enterre la suprématie occidentale.
Il s'est enféré dans cette, embourbé dans cette affaire dont visiblement il ne sait pas comment sortir. Donc pour vous, il fallait laisser les Iraniens progresser vers le nucléaire ? Les Iraniens ne progressaient pas vers le nucléaire, mon cher Darius, je vous le rappelle.
C'était les services de renseignement américains eux-mêmes qui le déclaraient. Il fallait respecter, il y avait l'accord de 2015, l'accord signé par Obama et aussi la France. Si on croit les Iraniens.
Comment ? Si on croit les Iraniens. Non, pas du tout.
L'accord de 2015 était appliqué absolument. Il était les inspections de l'AIEA. Vous savez combien certains en doutent.
Les inspecteurs de l'AIEA c'est très sympathique. Non, pas du tout. Non, non, Darius, je suis désolé.
L'accord était appliqué. Non, non, personne aujourd'hui, personne ne peut fournir la moindre carte d'une preuve que l'accord de 2015 n'était pas appliqué. Au fond, est-ce que ce que vous dites n'illustre pas le fait qu'une grande partie du monde considère qu'il ne fallait pas bombarder l'Iran ?
Point. Bien évidemment qu'il ne fallait pas bombarder l'Iran. Pourquoi ?
À quoi sert ? À quoi sert ? De toute façon, d'abord...
Alors pourquoi aussi peu de réactions ? L'opération est illégale ? Illégale.
Ils ont tué le guide suprême. Est-ce qu'il y a une seule condamnation des pays européens ? Ah ben ça, c'est le problème du deux poids, deux mesures que nous reproche le reste du monde.
C'est la même chose avec Gaza. Mais pourquoi ? C'est de la lâcheté ?
C'est de la bêtise ? C'est quoi, votre avouille ? Ben c'est parce que nous avons...
Pas de la lâcheté, mais nous appartenons...
C'est le patron, les Etats-Unis, c'est le patron. Voilà. C'est quand même...
Nous appartenons encore à cette sphère occidentale et surtout, aujourd'hui, en Europe, nous avons besoin des Américains en Ukraine. Et donc voilà, nous sommes...
À la fois, il y a une sorte de solidarité occidentale et puis le fait que, pour nous, le vrai enjeu, c'est l'Ukraine. Pourquoi ? Pourquoi encore une fois ?
Pourquoi il n'y en a pas un seul membre qui a condamné le fait de tuer un dirigeant étranger ? Non, je suis d'accord avec M. l'ambassadeur.
C'est, voilà, on ne critique pas le patron ou on ne le condamne pas trop violemment, incontestablement. Quelle soumission, quand même. Ça paraît fou, un degré de soumission pareil.
Oui, d'une certaine façon. C'est un peu humiliant. C'est vraiment ça, c'est un peu humiliant.
Non, mais voilà, maintenant, à partir du moment où cette guerre était pensée...
Non, mais franchement, vous ne trouvez pas que c'est humiliant ? Parce qu'on dit indépendance, sourd, blablabla. Et puis en fait, vous venez de nous dire bon, c'est le patron, le patron a fait ça, on ferme sa gueule.
Oui, à chaque fois, je suis en train de me poser la question qu'aurait fait De Gaulle à cette occasion. Est-ce qu'il aurait condamné ? Après tout, il avait quand même condamné l'engagement américain au Vietnam assez fortement.
Très durement. Discours de Phnom Penh. Oui, oui, bien sûr.
On va casser les pieds. Donc, il n'aurait pas fallu...
Et en même temps, c'était quand même face à un régime qui est absolument détestable. Et on ne voulait pas donner non plus l'impression de voler au secours de ce régime abominable. Mais voilà, cette guerre était au moins malmenée.
Il fallait détruire le régime. Moi, je suis...
Ah, vous n'avez pas d'accord avec Gérard ou alors ? Non, mais pas de cette façon. Je veux dire, il y a un ennemi légitime et le plus dangereux pour le régime, il est à l'intérieur de l'Iran.
Voilà. Et donc, il fallait aider cet ennemi intérieur du régime. Il fallait l'aider, l'armée, faire plein de choses, lui donner les moyens de combattre au lieu de se contenter, en réalité, de bombarder à distance ce qui était globalement voué à l'échec stratégique quant à l'idée de renverser ce régime.
Vous savez, on avait un deal avec les Américains depuis 1945. Ils assuraient notre sécurité et ils le faisaient plutôt bien. Et par ailleurs, ça nous permettait, notamment après la chute de l'Union soviétique, ça nous a permis de réduire considérablement nos dépenses militaires.
C'était un bon deal. Il nous a assuré la période la plus prospère, la plus libre, la plus sûre de notre histoire depuis la chute de l'Empire romain. Et bien voilà.
Donc, je trouve relativement humain que les Européens restent attachés à cette période et qu'ils aient des difficultés à en sortir. C'est dans ces termes-là. Ce qui se passe aujourd'hui est absolument capital.
C'est la fin de la suprématie occidentale. C'est la fin de la garantie américaine donnée aux Européens. Et il faut donc que les Européens sortent de leur déni et replongent dans les eaux glacées de la géopolitique.
Je comprends parfaitement que ce ne soit pas si simple. Que peuvent faire les Américains si l'Iran ne cède pas ? C'est-à-dire au fond si elle ne se rend pas à leur raison.
Qu'est-ce qu'ils font ? Ils sont embêtés. Oui, ils sont embêtés.
Ça, c'est sûr. Visiblement, ils ne cèderont pas. Ailleurs, ils ne cèderont pas.
Donc soit on y va plus fort. Ok, très bien. Dans ce cas-là, on va ouvrir le détroit d'Orbouz par la force si vous n'acceptez pas de le faire par négociation.
Donc là, on y va. On prend des risques et donc il y aura des pertes, etc. Ça sera compliqué.
Soit on se couche. On se couche d'une certaine façon en disant « Ok, allez, vous avez le contrôle des trois, vous pouvez toucher votre crime » et puis voilà, on oublie ça et on passe à autre chose. Oui, je pense que c'est la négociation.
Et donc, il faudra trouver quelque chose où on dira « Non, non, mais c'est libre, mais les Iraniens gèrent les aspects environnementaux, ils gèrent le trafic. Mais je ne vois pas aujourd'hui Trump revenir à la guerre parce que ça lui coûterait trop cher en termes de politique intérieure et je ne vois pas les Iraniens céder alors qu'ils n'ont pas cédé sous des bombardements beaucoup plus intensifs. Que se passe-t-il à Washington ?
Soyez-vous avec nous en direct les derniers développements donc des bombardements en ce moment qui sont en cours dans le sud. Qu'est-ce qu'on sait et qu'est-ce qu'on dit à l'instant à Washington ? Alors, un responsable américain a déclaré à CNN que les États-Unis n'étaient pas encore en train de conduire de nouvelles frappes.
Donc pour l'instant c'est la seule information à ce propos que nous avons. On sait aussi que le président américain a tenu ou est toujours en train de tenir une réunion avec son conseil de sécurité nationale avec notamment le général Keynes. On voit que sa voiture est toujours ici à la Maison-Blanche.
Il y a aussi le secrétaire d'État Marco Rubio et puis un membre de la CIA. Souvent en ce moment c'est le directeur de la CIA qui lui-même briefe le président. Le Marine comme vous voyez est toujours derrière moi et donc cela indique la présence de Donald Trump dans cette aile ouest de la Maison-Blanche.
Donc on ne sait pas si cette réunion est terminée. En tout cas cette réunion lors de cette réunion le président Trump devait être briefé sur les différentes options sur l'Iran. Un peu plus tôt un responsable américain a déclaré à un journaliste d'Axios que cette nouvelle campagne américaine pourrait durer un ou deux jours ou peut-être plusieurs semaines voire un mois.
Il a notamment déclaré la traduction ça peut être on va leur faire un peu mal pour qu'ils comprennent qu'on ne rigole pas. Merci beaucoup Sonia Dridi merci infiniment. Regardez le déploiement de puissance et cette armada dans la mer d'Arabie.
Ce sont des images qui sont fournies par le commandement central américain. 20 navires de guerre qui patrouillent dans les eaux du Proche-Orient alors que les bombardements ont lieu je vous le rappelle en ce moment dans le sud bande d'Arabas notamment près de la centrale de Boucher Amiral Olagaraï est avec nous quelle logique de ces bombardements de cette campagne de bombardements qui a lieu en ce moment ? Eh bien ça s'inscrit dans le haut et les bas de la négociation pour moi rien de nouveau c'est très calibré c'est très mesuré d'ailleurs le président Trump a laissé entendre peu après avoir dit qu'il allait bombarder à nouveau que les négociations ont continué bien sûr c'est ça la phrase la plus importante il négocie tout en les traitant d'ordures et de cinglés oui c'est sa façon de négocier comme l'a dit monsieur Haro quelquefois il vaut mieux employer de vrais professionnels mais enfin il est là il faut faire avec lui il s'exprime à sa façon qui peut aussi désarçonner les Iraniens je ne suis pas sûr que les Iraniens pensent de lui la même chose que lui pense d'eux-mêmes qu'est-ce qu'ils pensent Sonia les Iraniens quand on leur dit Sophia Amara quand on leur dit cinglés et désaxés ils trouvent ça ridicule et ils sont évidemment vexés mais ça leur fait plaisir parce que ça montre au reste du monde qu'il y a à la tête de la maison blanche un homme qui n'est pas très équilibré et ça leur donne plus de crédit malgré l'horreur de ce régime est-ce qu'il est vrai on dit toujours moi j'avais dit c'est un diplomate à Terran qui disait ils sont narcissiques au point ce régime de sang ils ont un côté midi net ils adorent être sur le devant de la scène qu'on parle d'eux pour eux c'est la chose la plus importante au monde je ne suis pas tout à fait d'accord en fait ce qu'ils veulent c'est au contraire parfois ils préfèrent être derrière les rideaux ou dans les coulisses je veux dire c'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait pendant 47 ans en ayant des proxys en évitant que la guerre ne vienne jusqu'à eux aujourd'hui c'est le cas et par conséquent ils ont changé de stratégie mais être considéré comme une grande puissance c'est l'histoire c'est la puissance ça va sans dire ça va sans dire c'est à dire pas qu'on parle d'eux mais qu'on les craigne c'est ça c'est très différent par exemple Trump on parle de lui mais on le craint de moins en moins en tout cas les iraniens montrent qu'ils ne le craignent pas ont-ils raison ou tort on verra Guillaume Roquette il y a une coexistence intéressante entre un régime religieux autoritaire et quand même assez barbare par exemple dans sa façon de persécuter les femmes et puis ces diplomates iraniens dont d'après ce que disent les français qui ont discuté avec eux qui sont des gens extrêmement cultivés qui très souvent parlent l'anglais voire parfois le français qui ont voyagé et qui cohabitent avec les mollas avec la théocratie et c'est assez déconcertant pour vue de l'extérieur parce que on va dire que le régime est moins d'une pièce que peut l'être un autre régime religieux comme celui de l'Arabie Saoudite Bernard Guetta vous êtes aussi avec nous Bernard Guetta quand vous voyez ce que nous voyons à ce moment c'est à dire ces bombardements très considérables qui ont lieu dans le sud de l'Iran alors qu'ils sont calibrés sans doute mais enfin quand même il y a des morts ils sont en train de tuer un certain nombre de gardiens de la révolution ils bombardent près de la centrale de Boucher donc il y a un certain nombre de symboles qui sont engagés je crois que Trump voudrait obtenir quand même quelques résultats avant les élections de mi-mandat parce que là tel que c'est parti les Iraniens sont vainqueurs de cette guerre et ne lui cèderont évidemment rien de substantiel oh là là alors ils feront tout le cinéma la danse des sept voiles etc les négociations avancent les discussions ont été très constructives etc mais ils ne cèderont rien ils n'ont jamais rien cédé sauf en 2015 accord que Donald Trump dans sa suprême intelligence avait déchiré en mille morceaux et aujourd'hui ils n'ont aucune raison de céder Donald Trump s'en rend compte il sent aussi que du côté du Congrès ça commence à grincer des dents y compris du côté républicain y compris quelques-uns des républicains qui le soutenaient jusqu'à présent donc il essaie d'obtenir quelque chose de cette négociation mais il n'obtiendra pas oui alors je pense je suis d'accord mais moi je pense que ce qu'on ne voit pas entre les lignes c'est les raisons pour lesquelles l'Iran se rebiffe alors que l'Iran a apparemment gagné selon les Iraniens eux-mêmes et tous ceux qui voient cette guerre en se disant que puisqu'ils n'ont pas perdu ils ont gagné qu'ils le considèrent ainsi en tout cas aujourd'hui l'Iran si l'Iran refuse de cesser complètement les SCEU qui ont commencé il faut le dire c'est pour deux raisons très claires très simples et je pense qu'on ne les voit pas je suppose que les Américains les voient en tout cas à la Maison Blanc c'est qu'ils veulent des sous c'est la raison ils veulent de l'argent et les Américains ont refusé on a parlé de 12 milliards de dollars puis ça a été revu à la baisse à 6 donc divisé par 2 et puis ensuite il n'en restait plus que 3 milliards dont les Américains ont exigé qu'ils ne s'approvisionnent avec tout ce qu'ils allaient acheter avec ce montant assez important en Amérique mais on leur a laissé exporter leur pétrole déjà non mais ce qu'ils craignent ils veulent du cash ils veulent du cash et être libres d'en user à leur guise et ce qu'ils craignent je termine juste ça monsieur Pardo juste cette phrase en fait c'est qu'ils craignent c'est ce qui a été dit aujourd'hui dans toute la presse locale ils craignent qu'on leur impose rappelez-vous ce qu'on appelle une formule à l'irakienne du temps pétrole contre nourriture ils n'obtiendront pas de cash s'ils ne font pas de gestes et au moins des gestes symboliques même des faux-semblants ils ne font même pas les faux-semblants alors ils mettent le président Trump dans une situation extraordinairement délicate parce que parti comme c'est il est perdant plus que jamais dans les prochaines élections mais il a rétabli les sanctions et c'est là les américains ont à nouveau un atout dans leur jeu il a rétabli les sanctions parce que comme ça a été souligné ils ont besoin d'argent rétablir les sanctions donner une nouvelle carte les américains se sont dotés d'une nouvelle carte ils ont aussi une autre carte c'est rétablir le filtrage des exportations donc les américains se sont dotés parce que sans doute comme vous l'avez dit ils sont acculés ils se sont dotés de nouvelles cartes de nouvelles possibilités parce que lorsqu'on rétablit des sanctions ça ne se lève pas non plus du jour au lendemain j'ai l'impression que là ils se sont engagés dans une voie de contrainte économique qui leur paraît peut-être plus efficace que la contrainte militaire si vous me permettez dans un bras de fer il faut être crédible or aucune des deux parties n'est crédible les iraniens ne sont pas très crédibles parce qu'ils sont à bout de souffle certes ils ont gagné puisqu'ils n'ont pas perdu mais ils sont à bout de souffle économiquement, politiquement, diplomatiquement à tout point de vue et Trump est complètement dos au mur parce qu'il ne peut pas relancer la guerre sans faire immédiatement remonter les cours du pétrole ce qui ne serait certainement pas une bonne affaire ni pour l'économie ni pour ses résultats électoraux en novembre et donc nous avons affaire à deux aveugles à deux aveugles et cette situation je ne sais pas si elle est très inquiétante parce que d'un côté on se dit qu'ils ne peuvent aller très loin ni l'un ni l'autre mais d'un autre côté il y a bien un moment où l'un ou l'autre va vouloir exactement il va vouloir y aller vous êtes avec nous père de Young on va vous entendre vous aussi dans un instant vous êtes avec nous en direct toujours avec le plateau écoutez Trump puisque effectivement on se lance toutes sortes de noms d'oiseaux ce soir il les traite de fous de désaxés mais aussi d'ordures d'ordures précision le cessez le feu est terminé je ne veux plus parler avec eux ce sont des ordures ce sont des gens malades ils sont malades vicieux et violents et voyez l'européen bon chic bon genre pendant qu'il entendait vous ça ne vous troublait pas du tout Guillaume Enquête mais monsieur Guetta disait un scum mon dieu quand il a dit scum oui bon chic bon genre mais écoutez quand je vous regarde vous êtes beaucoup plus bon chic bon genre que moi moi je n'ai pas de cravate je n'ai pas de chemise rayée ni de costume non bon chic bon genre c'est vous c'est pas moi c'est comme les ordures il les appelle les ordures ça c'est du Trump tout craché c'est à dire quand il y va dans l'escalade verbale il y va plein pot or en l'occurrence c'est un reproche qui n'est pas justifié on peut traiter les iraniens d'ordures quand ils massacrent leur peuple quand ils répriment dans le sang les manifestations de l'opposition du début de l'année mais là c'est un bras de fer tout ce qui est plus rationnel simplement ils ne sont pas d'accord Trump veut libérer le détroit d'Hormuz et les iraniens veulent en prendre le contrôle donc dès lors qu'ils ne sont pas sur la même longueur d'onde chacun utilise ses arguments qui sont des arguments frappants l'Iran en frappant même sans les coulées des bateaux il y a eu trois attaques de ce type depuis le début de la semaine dans le détroit d'Hormuz parce que les bateaux ne respectaient pas les règles iraniennes de passage et Trump réagit parce qu'il ne peut pas laisser ça sans réponse mais il me semble qu'on est dans un registre qui est totalement rationnel Père De Jong vous êtes avec nous en direct merci beaucoup colonel on va parler tout à l'heure des menaces vous avez été proche de Jacques Chirac et de François Mitterrand des menaces qui sont portées contre le président Trump personnellement puisqu'il y a une agitation autour de la sécurité de son avion mais d'abord la vague de bombardement qu'on voit là quelle est la logique des frappes c'est à dire là il y a un plan de bombardement quel est-il d'après vous ? encore une fois on sent le dépit américain suite encore une fois aux réticences iraniennes donc il y a une espèce de choc des cultures en tout cas de choc des volontés et les américains ont bien compris que les iraniens menaient le bal quelque part donc c'est ça le cœur du problème donc maintenant comme d'habitude les américains ont planifié ils ont planifié ils ont fait ce qu'on appelle un ciblage donc ils ont des listes je dirais extensibles d'objectifs plus ou moins importants on voit qu'aujourd'hui ils s'adressent principalement enfin ils tirent principalement sur les objectifs qui sont le long du golfe du golfe persil que l'on d'Hormuz on voit bien qu'encore une fois ils vont systématiser encore une fois ces attaques sur les objectifs qui leur paraissent indispensables le problème c'est qu'on est rentré dans un cycle un peu embêtant un peu gênant qui fait que le CFE va s'arrêter structurellement puisque les américains vont continuer de tirer compte tenu du fait que les iraniens considèrent qu'Hormuz c'est à eux et donc ils vont continuer de tirer aussi donc on est dans une espèce d'escalade extrêmement étrange dans lequel les américains sont engagés et je ne vois pas très bien comment ils pourraient en sortir il y a une petite part d'énigme dans ce qui est en train de se passer il y a des chaînes israéliennes qui sont en train de rapporter Can News par exemple que les états du golfe probablement Koweït et Bahreïn participeraient à certaines opérations il y a ces autres sources qui parlent à CNN disant que les américains contestent un certain nombre de ces bombardements donc ce serait ou bien Israël qui le ferait ou bien effectivement certains états du golfe où il s'est dit que le Koweït et Bahreïn qui ont d'ailleurs été les états du golfe attaqués ces dernières 48 heures ou 72 heures mèneraient de leur côté quelque chose participeraient également à l'action contre l'Iran et ce qui semble être dit mais il a confirmé que ça n'est même pas en collaboration de pair avec les frappes américaines chacun irait de son côté et ferait son petit bombardement maison alors à vérifier et peut-être qu'il y a en fait des américains sur les bases de ces deux pays qui auraient été il n'y a pas un avion qui décolle du Koweït sans que les américains le sachent exactement mais les iraniens ont frappé d'ailleurs des bases américaines n'ont pas frappé Bahreïn et le Koweït c'est le territoire national c'est sur le territoire mais c'est des bases américaines sur le territoire Père De Jong est-ce que vous imaginez un instant que les israéliens revendiquent souvent le culot même s'ils sont amis et alliés des américains revendiquent un culot tel que de leur côté sans forcément demander aux américains ils se mettraient à mener un certain nombre de bombardements J'imagine que du côté des israéliens ce sont des bonnes nouvelles le fait que les américains reprennent leurs tirs sur l'Iran c'est plutôt une bonne nouvelle ils attendaient ça maintenant je n'arrive pas à savoir si ces tirs sont coordonnés j'imagine encore une fois que tout ça s'est organisé je pense que les américains ont beaucoup appris de leurs échecs du mois dernier et ils ont repris les affaires en main très concrètement donc ils se sont comment dire densifiés en munitions et puis ils se cordonnent aujourd'hui ils ont des alliés les alliés Koweït et Bahreïn particulièrement qui ont été attaqués directement j'imagine qu'aujourd'hui ils donnent du renseignement ils sont prêts à les aider enfin il se passe beaucoup de choses donc encore une fois cette organisation globale fait que j'imagine que les américains ont besoin aujourd'hui d'avoir l'aide en tout cas d'avoir la présence des alliés je pense pas qu'ils aient besoin significativement d'armement mais ils ont besoin d'avoir avec eux leurs alliés c'est le reproche d'ailleurs que les américains avaient fait aux européens lorsqu'ils n'étaient pas intervenus avec eux contre l'Iran donc on voit qu'aujourd'hui il y a une espèce d'opération qui est en fait préétablie qui est platifiée et en fait ils ont engagé un processus qui vise en fait à faire craquer à faire céder l'Iran mettons toutes les hypothèses sur la table il y a l'hypothèse que c'est un coup de semence et que ça s'arrête dans trois jours est-ce qu'il y a aussi l'hypothèse que les américains aient caché leur jeu et qu'ils essaient quand même de faire tomber ce régime s'ils en ont l'occasion oui et pourquoi ils parviendraient-ils davantage que la dernière fois il y a eu des milliers de frappes entre le 28 février et le 8 avril le cessez-le-feu et les américains ont mis trois porte-avions nucléaires les plus gros du monde la principale puissance régionale la principale puissance militaire régionale pardon Israël c'était de la partie aussi ils n'ont pas réussi à faire tomber le régime donc il y a sans doute la tentation de Trump d'y retourner pour essayer de faire plier l'Iran mais quand un régime a résisté à une telle attaque à mon avis il se sent peut-être pas insubmersible mais en tout cas extrêmement solide donc je vois vraiment pas qu'est-ce qui ferait qu'une nouvelle guerre de haute intensité comme celle qu'on a connue au début d'année soit plus efficace pour les Etats-Unis que la dernière fois ça n'est pas une guerre de haute intensité effectivement vous avez raison c'est une piqûre d'épingle à côté des onze villes frappes etc je voudrais quand même rappeler que Marc Rubio a fait une tournée dans ses pays du Golfe il a participé à la réunion de concertation des pays du Golfe et qu'il n'y a que deux pays qui sont frappés notons quand même que les Émirats et l'Arabie Saoudite et le Qatar ne sont pas frappés ceci même est important sachant que les Émirats avaient participé aux premières frappes semble-t-il au début de cette guerre donc peut-être y a-t-il là aussi dans le front des monarchies du Golfe des pays qui ne soutiennent plus tellement la politique américaine et qui essaient de parler d'ailleurs le Qatar s'est posé comme une espèce de médiateur aussi vis-à-vis vis-à-vis de l'Iran donc il y a un arrière-plan politique je crois qu'il ne faut pas trop s'arrêter aux frappes militaires comme vous l'avez souligné ça n'a pas fait plier le régime ça ne le fera pas plier tant qu'il n'y aura pas de GIs sur le terrain iranien ça sera une non-victoire américaine je ne dirais pas une défaite disons une non-victoire pour être pudique simplement sur le problème économique les sanctions rétablies éventuellement le filtrage qui pourrait se rétablir sur le point politique quel a été le résultat de cette tournée de Macron-Rubot cette dissociation entre deux pays du Golfe qui sont encore frappés qui sont Koweït et Bahreïn et ceux qui ne le sont pas et qui le mériteraient éventuellement c'est-à-dire Emirats Arabes Unis et à leur position d'Omane qui reste à part puisqu'elle discute Omane a toujours été un peu à part de cette situation Amiral le régime est en train de se chauffer de son côté alors il y a l'autre qui les traite d'ordures et de cinglés mais regardez les images à Téhéran le régime aussi est idéologiquement très chaud ou en tout cas se donne cette impression Machad Téhéran Machad dites-nous un mot de ça c'est-à-dire la grande foule qu'on voit là est-ce qu'on peut conjecturer quelle est la part disons qui est organisée et la part d'une vraie soutien populaire qui demeure autour du régime On a beaucoup parlé de l'effet drapeau autour de ces funérailles et de manière plus générale dans le cadre de cette guerre et de ce conflit qui a évidemment fait des victimes civiles en Iran et n'a pas réussi à faire tomber le régime alors Machad c'est une ville sainte c'est la ville de Khamani et il a été emmené là après évidemment que son cercueil ait été promené entre guillemets dans différentes villes de l'Iran et qu'il ait même été emmené jusqu'en Irak pour les deux villes saintes où il a été montré dans les deux villes saintes chiites que sont Najaf et Karbala qui sont des villes saintes parce que c'est là qu'il y a eu selon les croyances chiites le martyr de Hussein Fou l'immense on voit ici on imagine ils sont amenés par autocars etc mais enfin il y a beaucoup de monde ils sont amenés par autocars les autocars ont commencé à revenir j'ai un ami qui rentre d'avoir couvert ses funérailles et on a vu les autocars qui étaient depuis avant hier en procession pour aller vers ce lieu alors il est difficile de croire qu'il y a un effet de drapeau autour d'un homme comme Khamani un homme violent un homme sanglant je veux dire c'est pas parce qu'il est mort que tout d'un coup on lui trouverait la moindre excuse il a été un dictateur un tyran vous parliez tout à l'heure du droit des femmes et des manifestants et de la jeunesse effectivement donc on peut penser d'un effet de drapeau vis-à-vis de son pays vis-à-vis de sa nation mais un homme pareil qui a exporté le terrorisme au Liban en Syrie qui a envoyé des troupes pour martyriser des populations qui elles-mêmes se lever contre un tyran comme Bachar el-Assad par exemple non je ne pense pas à un effet de drapeau sauf qu'il y a 20 à 30% de gens qui sont partisans du régime et je pense que ce sont ça fait des millions de personnes et je pense que ce sont eux qui sont dans la rue aujourd'hui vous savez j'ai bien connu comme correspondant du monde les pays communistes d'Europe et l'Union soviétique le rassemblement d'une foule de ce genre ne m'étonne pas et m'impressionne encore moins je sais très très bien comment ça se passe sur les lieux de travail on mobilise et les gens voilà dans les quartiers les immeubles etc et les gens qui ne s'inscrivent pas pour l'autobus du lendemain matin sont c'est le moins qu'on puisse dire extraordinairement mal vus donc on ne s'amuse pas à refuser on y va et je ne pense pas que ce soit une preuve de la popularité ou même de l'effet drapeau mais ce qui est vrai en revanche c'est que Donald Trump et les Etats-Unis ne sont pas du tout populaires aujourd'hui en Iran pour une raison très simple c'est qu'on se souvient très très bien de janvier l'aide arrive l'aide n'est jamais arrivée des milliers de personnes ont été massacrées par le régime parce qu'elles avaient cru que l'aide américaine arrivait elles ont été trompées elles ont été trompées et aujourd'hui dans les prisons tous les jours on pend à tour de bras on pend à tour de bras rien n'est jamais comparable mais c'est vrai que si on se rappelle la Roumanie du Cheval il y a des foules comme ça et pendant les manifestations ils s'étaient retournés contre Cheval absolument là pour l'instant on n'a pas vu de manifestation contre le régime à la faveur des événements franchement je serais iranien je ne manifesterais pas on les comprend très bien mais encore une fois les roumains l'ont fait en Allemagne de l'Est ça a été fait et l'armée tirait des moments de rupture il y avait raison des moments de rupture et puis il y a peut-être aussi un état d'esprit de cette foule qui est différent de celle qu'on pouvait voir dans les pays de l'Est il y a le caractère religieux il y a une forme d'exaltation presque de trance quand on voit l'état d'esprit dans lequel ils sont ils agitent ces drapeaux rouges qui est la couleur des martyrs et de la vengeance je crois dans la représentation chiite donc même si ça n'est pas la majorité du pays ils ont quand même l'air s'être sacrément emportés par leur par leur exaltation qui est en train qui est en train