Tensions franco-algériennes: que va faire Laurent Nuñez en Algérie ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce que le ministre de l'intérieur peut jouer un rôle dans l'apaisement des tensions ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment vous qualifiez cette approche de Laurent Nuñez ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Bruno Rotayot, le précédent ministre de l'intérieur, avait cristallisé les crispations. Il avait tort selon vous ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Est-ce que Laurent Nuñez peut faire quelque chose pour Christophe Glaise ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Qui doit faire un geste aujourd'hui ? Emmanuel Macron selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Benjamin_StoraChiffre
« La France avait procédé à 17 essais nucléaires en Algérie. »
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Le ministre de l'intérieur Laurent Nouz est en Algérie en ce début en ce début de semaine. Il va tenter de renouer les liens entre nos deux pays. Aucune rencontre avec le président Teboun n'est prévu à ce stade.
Simplement une réunion de travail avec son homologue algérien. Un déplacement hautement sensible, centré principalement sur les questions de sécurité. On va essayer de de comprendre les enjeux de cette visite avec mon invité.
Bonjour Benjamin Stora, merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour, vous êtes historien spécialiste euh de l'Algérie, auteur du livre, un dernier livre que vous venez de signer. France, Algérie, Anatomie d'une déchirure aux éditions les arènes.
Alors, entre mal entendu colonial et questions migratoire, les tensions franco-algériennes se sont multipliées depuis ces deux dernières années. Est-ce que le ministre de l'intérieur peut jouer un rôle dans l'apaisement des tensions ? Oui, dans la mesure où le ministre de l'intérieur précédent, c'est-à-dire Bruno Rotaillot, avait eu un discours qui était beaucoup plus un discours de rapport de force, donc ça avait tendu aussi les rapports avec le nouveau ministre Laurent Nugèz, il y a la volonté au contraire de dialogue de concertation.
Alors, c'est important parce que même si euh euh toutes les questions sont pas mises sur la table, c'est important pour une raison simple, c'est que c'est la première fois depuis 2 ans qu'un ministre de l'intérieur français se rend à Alger. La dernière fois euh c'était en 2024, c'était 2022 pardon je crois des Géralds d'Armana qui s'était rendu en Algérie. Et là, nous avons effectivement cette visite qui a qui revit en apparence un côté entre guillemets technique mais qui en fait est très politique puisque n'oublions pas quand même que depuis presque un an, il n'y a plus d'ambassadeur d'Algérie en France et il n'y a plus d'ambassadeur de France en Algérie.
Donc les relations diplomatiques au sens classique du terme sont pour l'instant quasi nules, quasi inexistante. C'est pour ça que cette visite est si importante parce que c'est la possibilité de renouer, disons le contact sur des questions stratégiques pour les deux pays que sont les questions et sécuritaires. Alors Laurent Nouz est arrivé ce lundi à Alger.
Il sera question de sécurité à savoir la lutte contre le terrorisme, contre les narcotraafiquants et également de l'immigration illégale. Comment vous qualifiez cette approche de Laurent Nouz ? Bah, c'est une c'est une approche pragmatique, c'est-à-dire qu'il y a la possibilité, disons de discuter de choses concrètes, évidentes, qui touchent à la fois aux questions sécuritaires et aux questions parenthèse, sur les questions il y a bien sûr le problème des OQTF que tout le monde connaît, c'est le la possibilité de de renvoyer en Algérie un certain nombre de personnes.
Mais il y a aussi la réduction drastique très importante du nombre de visas accordé par la France aux Algériens. En 2025, il y a eu une chute très importante du nombre de visas qui ont été accordés aux Algériens. Et donc, il y a aussi la discussion sur cette question là qui est très importante, très importante pour les gens qui vivent en France.
Ils sont très nombreux. Il y a beaucoup d'Algériens qui vivent en France et aussi des Algériens qui sont en Algérie qui veulent venir en France parce qu'ils ont famille. Donc c'est un c'est un c'est un aspect tout à fait essentiel hein.
Le le problème de la circulation, le problème des visas entre les deux pays reste une question hautement sensible sur le plan, disons, de la vie quotidienne pratiquement de de centaines de milliers de personnes. Alors, vous en parliez, Bruno Rotayot, le le précédent ministre de l'intérieur avait cristallisé les crispations. Il avait pas mâché ses mots à l'encontre du régime algérien.
Il a eu tort Bruno Rotaillo selon vous ? Je sais pas s'il a eu tort mais à l'époque la tension était à son paroxisme. Donc il y avait effectivement une une situation très difficile.
N'oublions pas par exemple que Jean Noël Barot lui aussi ensuite s'était rendu à Alger et mais il y avait pas eu disons de de résultat à cette époque-là. Donc l'attention à ce moment-là était vraiment portée, j'allais presque dire entre guillemets à son incandescence, hein. Aujourd'hui, on est revenu, disons, à une situation de nécessité, pourrait-on dire, c'est-à-dire une situation où euh il y a la nécessité à la fois pour l'Algérie et pour la France de reprendre les fils d'un débat, d'une négociation, d'une concertation parce qu'il y a effectivement encore une fois des des un nombre considérable de personnes qui sont concernées par cette histoire franco-algérienne.
C'est pas simplement une question idéologique, c'est aussi une question éminemment pratique. Alors, il y a quelques mois, on l'a suivi, Boem Sansal, l'écrivain franco-algérien a été libéré gracié par le président Abdel Majadid Teboun. Il reste le journaliste sportif Christophe Gaise condamné à 7 ans de prison pour apologie du terrorisme.
Est-ce que là aussi Laurent Nouise peut faire quelque chose ? Bah, il faut espérer effectivement que il y ait la possibilité euh d'un allègement de peine ou d'une grâce présidentiel qui puisse intervenir pour euh Christophe Glaise parce qu'effectivement euh euh cette question aussi empoisonne entre guillemets les les relations entre la France et l'Algérie. Bien évidemment, il y a il y a d'autres questions hein que Christophe Glaise en particulier.
Il y a eu l'arrestation de de d'un membre du personnel diplomatique algérien en France, les expulsions aussi de part et d'autres d'agents consul et cetera. Enfin bref, il y a toute une Mais c'est vrai que sur la question de Christophe Bless, c'est particulièrement important parce que ça touche bien sûr à la liberté de la presse. Donc ça ça reste une question très sensible et il faut espérer que il y ait disons des des promesses qui soient faites du côté algérien sur le fait d'alléger la peine sous une forme ou sous une autre sur le plan juridique.
Est-ce que vous êtes optimiste, Benjamin Stora ? Très franchement, je crois qu'il va falloir attendre le retour de Laurent pour pouvoir manifester ou non le de l'optimisme. Les relations ne peuvent plus être comme auparavant entre la France et l'Algérie depuis 2 ans.
On est aujourd'hui dans une dans des situations différentes. Il va falloir renouveler, disons politiquement le système de partenariat avec l'Algérie. on est allé trop loin disons dans dans la crise n'a jamais atteint un tel niveau entre les deux pays pratiquement même depuis l'indépendance de 1962 ce ce niveau de rupture n'a jamais été aussi haut aussi élevé cette déchirure dont je parle de mon livre dans mon dernier livre n'a jamais été aussi important c'est pour ça que là je suis très prudent c'estàd qu'il faut attendre je crois aussi les les résultats pratiques de cette visite pour pouvoir mesurer le niveau de reprise classique des relations entre la France et l'Algérie.
On se demande souvent de de quel de quel élément ces parties, de quel élément ces tensions sont parties. On parle de la reconnaissance de la souveraineté du Sahara occidental. Est-ce que vous pouvez nous nous rappeler tout cela ?
Bah écoutez, la la la question de la crise effectivement c'est accéléré brutalement euh avec la reconnaissance par la France de la marocaité du Sara occidental. Mais il faut dire que avant il y avait eu déjà des problèmes qui s'étaient posés, hein. Il y avait eu des déclarations, par exemple du président de la République sur le problème de la nation algérienne, de ce qu'on a appelé la rente mémorielle de du côté algérien.
Il y avait eu il avait été observé dans un premier temps une sorte de frilosité par rapport à mon rapport puisque j'avais moi fait un rapport au président sur un certain nombre de gestes qui ont été faits par Emmanuel Macron et à l'époque en 2021 2022 il y avait eu disons du côté français aussi le fait de constater que ces gestes qui avaient été accomplis n'avaient pas été suffisamment disons repris à leur compte par les autorités algériennes. Donc il y avait comme ça un certain nombre de de malentendus dont on pensait qu'il s'était apaisé au moment de la visite d'État à Alger de euh du au mois d'août 2022, la dernière grande visite d'État. On pensait que les choses allaient aller mieux.
La preuve, c'est que il avait été dessiné dans cette déclaration d'Alger euh la création d'une commission mixte des historiens français et algérien que j'ai présidé et donc du côté français. Et donc on pensait effectivement et donc c'est vrai que euh tous ces malentendus s'étaient accumulés. On pensait qu'il s'était résorbé et puis brusquement il y a eu effectivement l'histoire de la reconnaissance de la marocainité du Sahara qui a précisément tout remis en question et a fait atteindre un niveau de crise très important entre les deux pays.
Dernière question Benjamin Stora. Qui doit faire un geste justement aujourd'hui ? Emmanuel Macron selon vous ?
Ah, c'est très difficile à dire hein parce que moi je peux pas dire qui va faire le premier pas, qui fera le premier geste. Mais le fait est c'est qu'il y a un certain nombre de mesures que moi j'avais proposé euh qui n'ont pas été faites encore et qui ont qui pourraient effectivement aider à une reprise, pourquoi pas ? Je pense en particulier à la décontamination des sites nucléaires que c'est une une revendication très importante formulée par les Algériens que j'avais d'ailleurs repris dans mon rapport he la décontamination des sites puisque la France avait procédé à 17 essais nucléaires en Algérie.
Donc ça pourrait être un geste effectivement à ce niveau-là qui est important. Les Algériens y tiennent beaucoup euh puisque cette question de la de la contamination touche les populations civiles sahaarienne. Et d'ailleurs, je crois que les Algériens ont commencé d'ailleurs à opérer des travaux de décontamination et donc ça pourrait être pourquoi pas un geste qui permettrait peut-être d'avancer sur le plan concret, sur le plan pratique.
Merci beaucoup Benjamin Stora pour ces quelques minutes sur BFM2. J'ajoute et je précise que notre confrère Christophe Glaise s'est pourvu en cassation dans l'attente d'un nouveau procès en Algérie. Il reste en prison.
Je rappelle Benjamin Stora votre livre intitulé France Algérie. Anatomie d'une déchirure aux éditions les arènes coécrit au côté de Thomas Negarov historien de grand talent. Voilà avec des questions réponses il me tarde de le lire.
Merci infiniment d'avoir été avec nous sur BFM2. Reste avec nous. L'actualité internationale se poursuit dans un instant.
Laurent Nuñez