Mort de Quentin Deranque, responsabilité de la gauche... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy.
Bonjour.
Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Neuf suspects ont été interpellés hier soir. La plupart sont soupçonnés d'avoir participé au lynchage à mort de Quentin Derang, jeune militant identitaire à Lyon. Parmi eux, l'assistant parlementaire du député et cofondateur de la jeune garde antifasciste LFI, Raphaël Arnaud, ce qui fait dire à Jordan Bardella que la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon est immense. Il l'accuse d'avoir ouvert les portes de l'Assemblée à des meurtriers présumés. Ce sont des accusations graves. Est-ce que vous les reprenez ?
Ce sont des faits. C'est un fait aujourd'hui qu'un collaborateur parlementaire est impliqué dans une affaire de meurtre. Et c'est un fait que la France Insoumise est aujourd'hui le mouvement politique qui a légitimé la violence qui vient de tuer à Lyon. Si Quentin est mort, ce n'est pas parce qu'une rique se serait produite qu'une mauvaise fortune serait arrivée.
C'est parce que depuis longtemps, nous assistons, et ce n'est pas une surprise pour moi, ce n'est pas une surprise pour nous, notamment dans le monde universitaire, à une stratégie qui consiste à banaliser l'intimidation, la pression, la pression physique, la violence physique pour faire reculer des gens qui ont pour seul temps de ne pas partager leurs idées.
L'enquête n'en est qu'à ses débuts pour l'instant, mais vous, vous dites que la France Insoumise a une responsabilité dans cette affaire.
Mais la France Insoumise a une responsabilité évidente parce que, encore une fois, cette violence de la jeune garde, tous les suspects qui ont été interpellés étaient liés à la jeune garde. La violence de ce mouvement, nous ne la découvrons pas. Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, a fait dissoudre la jeune garde. C'est bien que, depuis longtemps, cette organisation se rendait coupable d'une violence qui supposait qu'elle soit interdite et qui, il y a quelques jours encore, s'élevait contre cette dissolution de la jeune garde, c'est la France Insoumise par la voix d'un communiqué officiel sur le site de son groupe parlementaire.
Donc, il n'y a pas d'incertitude, il n'y a pas d'explication possible autre que celle d'une collusion évidente entre la France Insoumise, ses dirigeants, son principal dirigeant, Jean-Luc Mélenchon, qui avait été à l'université de la jeune garde, qui s'était prononcé en soutien de ce mouvement. Jean-Luc Mélenchon porte la responsabilité morale et politique de la mort de Quentin, pour vous ? Jean-Luc Mélenchon porte une immense responsabilité morale et politique dans la violence qui monte dans le pays aujourd'hui. Et, je le redis, pardon, ce n'est pas seulement la jeune garde, ce sont des élus de la France Insoumise.
C'est Mme Rima Hassan qui menace de mort des gens avec lesquels elle n'est pas d'accord. C'est la réalité de cette violence qui monte dans le pays à travers cette forme politique nouvelle que la France Insoumise tente d'imposer, en s'appuyant en particulier.
Elle menace de mort des gens avec lesquels elle n'est pas d'accord, Rima Hassan.
J'en suis l'un des nombreux témoins. Ce n'est pas seulement des élus, c'est il y a quelques jours seulement, un de vos confrères, journaliste, sa rédaction s'était insurgée et a témoigné son soutien à ce journaliste qui a été directement ciblé sur les réseaux par Rima Hassan. Moi-même, il y a quelques mois, au tout début du mandat européen que nous vivons, j'ai eu le tort de m'opposer à son élection à la tête de la commission des droits de l'homme du Parlement européen. Cela m'a valu une bordée de tweets qui disait « François-Xavier Bellamy dort bien, mais ça ne va pas durer. Lui et ses petits amis génocidaires ne continueront pas longtemps de se sentir en sécurité.
Je mange la chair de mon agresseur, disait-elle en parlant de moi. » Vous avez aujourd'hui une situation...
Rima Hassan a dit ça en parlant de vous.
En citant un texte poétique, chacun appréciera la littérature. La vérité, c'est que cette rhétorique de la violence...
Vous l'avez vécu comme une menace pour votre sécurité physique ?
Mais ce n'est pas seulement moi, c'est qu'au moment où vous avez des échanges avec les forces de l'ordre qui vous disent que vous devez faire attention à votre sécurité après des menaces comme celle-là, vous vous rendez compte que la France a changé dans son débat politique. Le débat politique français a changé de nature. Moi, je crois au clivage, je crois au pluralisme, je crois à la légitimité des désaccords, y compris les plus vifs parfois. Et ça fait partie de la controverse de la vie démocratique. Mais là, la légitimation de la violence...
Et pardon de le dire, mais Jean-Luc Mélenchon, encore ces dernières heures, quand il parle de la mort de Quentin, ne renonce pas à cette légitimation de la violence.
Parce qu'il dit que ce n'est pas un parti violent et qu'il n'incite pas du tout à la violence. Mathilde Panot, la présidente des députés à la FI, a été très claire. Jamais de lynchage d'un homme à terre. Pour vous, il est légitimé de cette violence-là ?
Vous avez entendu ce que dit Jean-Luc Mélenchon ? Il dit « lyncher un homme à terre au point de risquer qu'il meure, c'est se déshonorer ». Donc, ça veut dire que frapper un homme en soi n'est pas déshonorant. Ça veut dire que dans la vie politique, frapper... Et d'ailleurs, c'est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui appelait à « cogner ». C'est l'expression qu'il employait devant les militants de la Jeune Garde. « Cogner » leurs opposants. Ça veut dire que frapper en soi n'est pas un problème. Moi, je dis que ce n'est pas frapper un homme à terre de telle sorte qu'il puisse mourir qui est déshonorant.
Je dis que frapper tout court, utiliser la violence tout court en démocratie, c'est absolument indécent. Et ma question aujourd'hui, elle est très simple. Est-ce que la France Insoumise va exclure Raphaël Arnaud ? Ma question aujourd'hui, elle est très simple. Est-ce que la France Insoumise va condamner ces élus qui ne sont pas venus à la minute de silence hier ?
Alors justement, je suis Raphaël Arnaud qui est donc député LFI et président, enfin fondateur de la Jeune Garde. Il est silencieux depuis ce message de condamnance après la mort de Quentin. Mais il a posté, quelques minutes après l'arrestation de son collaborateur parlementaire Jacques Elifavreau, un tweet dans lequel il annonce avoir engagé la procédure pour mettre fin à son contrat. Est-ce suffisant pour vous ?
Mais c'est le minimum du minimum du minimum absolu. Maintenant, il faut que la France Insoumise engage la procédure pour exclure M. Arnaud de ce groupe parlementaire.
Mais il a été élu par des Français.
Il a été élu par les Français alors qu'il était fiché S, inscrit sur les listes des candidats de LFI, alors qu'il avait été condamné pour violence volontaire en réunion.
Donc il ne fallait pas l'investir selon vous ?
C'est une évidence qu'il ne fallait pas l'investir, bien sûr.
Il est élu constitutionnellement. Vous vous êtes pour qu'il soit exclu temporairement de son groupe, comme la parole du gouvernement ce matin, vous voulez qu'il soit exclu du groupe LFI.
Seule la justice peut le démettre de son mandat. Mais en attendant, aujourd'hui, LFI peut décider qu'il ne fait pas partie des siens. Et ce serait, encore une fois, le minimum du minimum. Vous appelez à sa démission ce matin ? Je doute malheureusement que M. Arnaud soit très sensible à mes appels à la démission. Ce que je dis, c'est qu'il y a une responsabilité de LFI. Et maintenant, j'aimerais poser une autre question, parce que je crois que le cas de LFI est entendu et que tous les Français, au fond, savent bien quelle est la nature de ce mouvement qu'ils ont sous les yeux. La vraie question, aujourd'hui, elle se pose à toute la gauche. Elle se pose aux partis socialistes.
Elle se pose aux écologistes. Pourquoi n'entend-on pas les socialistes dire leur condamnation absolue de ces méthodes de la France insoumise ?
Vous trouvez qu'il y a un silence coupable à gauche des alliés ou des anciens alliés de la France insoumise ?
Mais il y a un silence absolument assourdissant. Moi, je n'entends les responsables de la gauche que se complairent dans des déclarations consensuelles pour dire que personne ne devrait mourir à 23 ans. Et tout le monde est d'accord avec ça. Mais encore une fois, Quentin n'est pas mort d'un accident.
Alors Raphaël Glucksmann a dénoncé une brutalisation, notamment de la part de LFI. LFI brutalise le débat public. Et il cite notamment Rima Hassan, dont vous parliez, qui l'accuse de jeter de l'huile sur le feu. Là, vous êtes d'accord avec Raphaël Glucksmann ?
Et Raphaël Glucksmann a le mérite d'être très constant dans cette dénonciation de la France insoumise. Mais est-ce que vous avez entendu beaucoup de responsables socialistes soutenir Raphaël Glucksmann ? Est-ce que vous avez entendu beaucoup de dirigeants de gauche, de tous ceux qui ont été élus avec la France insoumise, élus avec les voix de la France insoumise ? En réalité, la gauche se tait parce qu'elle veut encore pouvoir compter sur cette alliance avec le pire.
François Hollande, à l'instant, le professeur de BFM dit que la relation avec LFI est terminée. La gauche ne sait pas totalement.
Ils sont deux, en fait. François Hollande avait lui aussi déjà dit, comme Raphaël Glucksmann, la gravité de cette collusion. Ça n'enlève rien au fait qu'il a été élu avec leur voix. J'espère que cette relation est non seulement terminée, mais que cette prise de conscience conduira jusqu'où elle devrait mener. Je l'ai toujours dit, et aujourd'hui, je crois qu'enfin, tout le monde devrait pouvoir reconnaître la légitimité de cette position. Le barrage républicain, aujourd'hui, il doit se faire contre l'extrême gauche. Le barrage républicain, il doit se faire contre la France insoumise.
Parce que s'il y a un mouvement qui, aujourd'hui, tente de s'imposer par la terreur dans nos facs et dans nos amphis, dans nos rues, dans notre démocratie, s'il y a un mouvement qui s'appuie sur des milices pour faire imposer ses idées contre tous ceux qui les contredisent, aujourd'hui, c'est la France insoumise. Et donc, le barrage républicain de tous ceux qui tiennent à la démocratie, il doit se faire dans ce sens-là.
Donc, vous appelez Olivier Faure, Marine Tondelier, ceux qui ne seront pas assez exprimés, selon vous, à prendre position clairement pour rompre avec les chiens aujourd'hui.
Clairement, maintenant. Et je demande à Olivier Faure, d'ailleurs, je demande ce matin à Olivier Faure, s'il tient toujours à la déclaration qu'il a faite la semaine dernière, quand, chez vos confrères de France Télévisions, il demandait de revenir sur le classement de LFI à l'extrême-gauche. LFI a été classé par le Conseil d'État à l'extrême-gauche. Olivier Faure s'était insurgé contre ce classement. Est-ce qu'Olivier Faure considère toujours qu'LFI n'est pas un parti extrémiste ? Est-ce qu'Olivier Faure demande toujours au Conseil d'État de revenir sur ce classement ? Parce que maintenant, il faut enfin de la clarté. Maintenant, il faut tomber les masques. Il faut revenir à l'essentiel.
Si on tient à la démocratie, l'attachement à la République ne peut pas être à géométrie variable.
Pardon, mais si on va au bout de votre logique, les accusations que vous portez contre LFI, qui sont graves aussi, c'est quoi la suite ? Qu'est-ce que vous attendez d'LFI ? Est-ce qu'il faut interdire LFI ? Ce parti, pour vous, n'est pas digne d'exister ? N'aurait pas le droit de se présenter aux élections ? C'est quoi la suite logique, à partir du moment où on constate tout ça sur LFI ?
La suite logique, c'est que d'abord, la justice doit faire son travail. Et ça n'est pas à moi de dire à la justice ce qu'elle doit faire, mais elle doit condamner d'une manière implacable les auteurs de ce crime et pas seulement ses auteurs, tous ceux qui ont contribué à l'organiser et qui contribuent à l'inspirer. Parce que là aussi, la question se pose. On a connu des situations dans lesquelles la justice était rapide et expéditive. On a connu des situations dans lesquelles, quand elle avait des politiques dans le viseur, la justice savait condamner sans prendre de délai ni faire trop de nuances.
Pourquoi est-ce que, alors que je pense qu'on peut dire que plus d'une dizaine de plaintes aujourd'hui ont été déposées contre Rima Hassan, aucune action judiciaire n'a été engagée ? Je vous parlais tout à l'heure de ces menaces. J'ai déposé plainte, j'ai été entendu par la police. Je sais que Rima Hassan a été entendu par la police. Que s'est-il passé depuis ? Pourquoi n'y a-t-il aucune étape judiciaire ? Vous voyez, quand c'était François Fillon qui était ciblé, ça leur a pris trois semaines de le mettre en examen.
Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, du côté de LFI, on a toujours le sentiment qu'il y a une espèce d'impunité qui ferait que des responsables de ce mouvement, lorsqu'ils se rendent coupables ou complices du pire, ne sont jamais inquiétés ? Donc oui, la justice doit aller au bout. Et pour le reste, le combat, il est politique. Et moi, je mènerais ce combat politique jusqu'au bout. Je ne crois pas qu'on puisse passer par l'interdiction de cette proposition politique. Je crois qu'il faut d'abord la combattre politiquement. Et nous la combattrons démocratiquement. Et nous gagnerons ce combat. Parce que nous ne devons plus laisser qui que ce soit tenter de nous intimider.
Aujourd'hui, le combat contre le pire, il est contre l'extrême gauche. Et il faut que ceci soit très clair avant les élections qui viennent.
Le 830 France Info. Agathe Lambret. Paul Larouturou.
Avec François-Xavier Bellamy, député européen, vice-président du parti Les Républicains aussi. Cette affaire a des conséquences dans les universités, Paul ?
Oui, les meetings politiques vont être interdites dans les facs en cas de risque. La décision reviendra évidemment au président des universités. C'est l'annoncière du ministre de l'Enseignement supérieur. Vous, M. Bellamy, qui êtes professeur de philo, vous avez une grande habitude des débats dans les amphis. Est-ce que c'est souhaitable, cette interdiction ?
Mais en fait, aujourd'hui, soyons clairs, le principal problème, c'est que l'extrême gauche a décidé de monopoliser le monde universitaire. Et de le monopoliser, y compris par la violence. Vous avez, aujourd'hui, des invitations dans le monde académique à géométrie variable. Mme Hassan a porte ouverte partout dans les amphis du pays. C'est inexact.
Les universités de Lille, de Paris-Dauphine, de Strasbourg ont tenté d'interdire. Il y avait aussi, en novembre 2024, le Conseil d'État qui avait justifié la décision de Sciences Po Paris d'interdire une conférence de Rima Hassan. Donc, elle n'a pas totalement porte ouverte.
La vérité, c'est que c'est l'indication du nombre d'invitations qu'elle recevait partout en France. Beaucoup d'élus de droite sont invités par des associations et ça m'est arrivé moi-même d'être invité dans des universités et de devoir, par exemple, intervenir en dehors de l'université parce que le risque est trop grand de voir des blocages ou des oppositions.
Vous voulez dire que les universités françaises sont quoi ? Noyautées par l'extrême gauche ? C'est ça que vous êtes en train de dire ?
Mais de l'intérieur, et encore une fois, je le redis, pour nous, ce n'est pas une découverte. La violence de la jeune garde, la violence des milices de la France insoumise, ce n'est pas une découverte. Pendant la campagne européenne, j'avais été à Sciences Po Paris pour aller sur le terrain et je m'étais trouvé d'ailleurs face à Louis Boyard au milieu de militants, parfois violents, qui exigeaient le blocage de Sciences Po Paris parce qu'ils défendaient le combat contre Gaza qui n'a, je crois, rien à voir avec l'activité universitaire en France.
Et la vérité de cette histoire, c'est que c'est aussi dans le monde universitaire par cette violence que se propage le pire, et notamment l'antisémitisme. Quand des étudiantes, parce que leur nom avait une consonance juive, ont été exclues d'un amphi à Sciences Po Paris, c'était par les mêmes personnes, par les mêmes individus, par les mêmes milices.
Juste, LFI dénonce notamment un deux poids de mesure entre les violences d'extrême gauche et les violences d'extrême droite. LFI qui cite notamment l'ancien joueur de rugby Federico Aramburu qui avait été assassiné par des militants du GUD en 2022. Est-ce qu'il y a un deux poids de mesure aujourd'hui dans l'indignation ?
Moi, une chose qui me fascine absolument, c'est d'entendre aujourd'hui la France Insoumise se présenter comme victime. Sérieusement, M. Mélenchon explique que maintenant, il faudrait dissoudre l'organisation Nemesis qui nous menace.
Il ne faut pas dissoudre, selon vous, ce collectif d'ultra-droite Nemesis, enfin ce collectif identitaire ?
Mais en fait, il y a une grande différence entre le collectif Nemesis et la jeune garde. C'est que d'un côté, vous avez des jeunes femmes qui viennent avec des pancartes et des slogans. Et de l'autre côté, vous avez des militants violents qui sont là pour agresser, pour frapper, pour lyncher.
Pour avoir fait beaucoup de reportages autour du collectif Nemesis, n'y a-t-il pas aussi, selon vous, des militants d'extrême-droite ultra-violents ?
Alors, moi, je me contente de regarder les faits. Je ne parle pas de Lyon. Mais regardons les faits à Lyon.
Est-ce que la violence d'extrême-droite existe ?
Qui a été frappé à Lyon ? Ce n'est pas seulement Quentin. Ce sont des jeunes femmes qui venaient simplement protester devant la venue de Rima Hassan. Vous pouvez, j'imagine, être en désaccord avec leurs idées, si vous voulez. Ce n'est pas le problème. Le problème, c'est qu'elles viennent avec des panneaux. Elles viennent avec des slogans. Elles viennent protester pacifiquement pour dire leur opposition...
Mais là, vous parlez de Nemesis, François-Xavier Bellamy. Moi, je vous parle en général de la violence des groupes d'ultra-droite. Vous voyez bien qu'il faut être deux pour se battre. Et à Lyon, on assiste régulièrement à des affrontements entre des groupes d'extrême-droite d'un côté, d'extrême-gauche de l'autre. Vous appelez LFI à faire le ménage. Est-ce que vous appelez aussi le Rassemblement national à rompre officiellement avec tous ces groupuscules qui ont pu parfois roder autour de l'ARN ?
Je crois que personne ne pourra contester qu'aujourd'hui, il n'y a aucun lien organisationnel, il n'y a aucune proximité. Je suis un opposant politique de Marine Le Pen. Ça ne m'oblige pas à rentrer dans des mensonges aberrants. Marine Le Pen a été, y compris dans son propre camp, critiquée pour avoir précisément coupé les liens avec toute une galaxie violente.
On n'a pas le temps de refaire toute l'histoire du GUD. Mais pour revenir sur l'interdiction des meetings petits dans les fracques...
La vérité, c'est que quand vous avez, comme dans le cas de Federico Arambrou, des gens d'extrême-droite qui sont violents et qui tuent, la condamnation est unanime.
Donc il n'y a pas eu un silence à tout.
Je condamne, moi, le premier. Quand vous avez la mort de Quentin il y a quelques jours, le moins qu'on puisse dire, c'est que la condamnation est à minima ambivalente, en particulier chez la France insoumise. Et c'est ça qui est extrêmement grave.
En une formule, monsieur le philosophe, avant tous les autres thèmes d'actualité dont on veut vous parler, sur le fond de cette interdiction dans les fracques, quand le syndicat étudiant UNEF demande le retrait de cette circulaire répressive en rappelant que le droit à l'information, à l'expression et à la réunion des étudiants est garanti par la loi. Qu'est-ce que vous répondez sur le fond ?
Mais sur le fond, je le redis, le but, ça me paraît un peu hypocrite, en fait, de considérer que le problème, c'est l'expression politique dans les universités. Le problème, c'est la mainmise de l'extrême gauche dans les universités. Et c'est ça qu'il faut affronter enfin. Et c'est ça qu'il faut affronter enfin avec courage.
Parce que, pardon, c'est pas seulement la question de l'organisation des meetings, mais quand des professeurs d'universités sont empêchés de continuer à exercer, on pense à Fabrice Balanche à Lyon, par exemple, précisément parce qu'ils ont le tort d'avoir déplu par leurs cours, par leur enseignement à des militants d'extrême gauche pour qui certains cours sont désormais ou devraient être interdits, eh bien là, pour le coup, on est devant un problème absolument majeur. Et c'est à cela que la communauté universitaire tout entière devrait répondre avec détermination.
François-Xavier Bellamy, l'affaire Epstein n'en finit plus aux Etats-Unis. La maire de Los Angeles réclame la démission du président du comité d'organisation des prochains Jeux Olympiques qui a échangé des e-mails salas avec Epstein. Et chez nous, la procureure de Paris, Laure Beco, était invitée ce matin de France Info. Elle annonce l'ouverture de deux enquêtes cadres.
J'ai décidé bien d'ouvrir ce qu'on va qualifier d'enquêtes cadres. Tout ce qui sont des infractions à connotation sexuelle, auxquelles on associe évidemment une qualification qui est celle de la traite des êtres humains en bande organisée. Et puis une seconde enquête cadres qui concerne tout ce qui pourrait avoir un aspect économique et financier.
Quel regard vous portez sur cette affaire qui a des répercussions en France ?
Mais enfin, c'est une nouvelle absolument nécessaire qui est annoncée ce matin par Laure Beco. Nous avions absolument besoin, au regard des éléments qui viennent d'être publiés et mis dans le débat public, nous avions absolument besoin que la justice puisse se saisir du volet français de cette affaire. Jusque-là, la seule information judiciaire était ouverte pour fraude fiscale contre Jack Long. Évidemment, le sujet est important, mais il dépasse de très loin la question fiscale.
La procureure a expliqué sur France Info qu'après le suicide des vraies justines en 2019, ils n'avaient pas encore matière et ils ont eu besoin des 3 millions de documents pour ouvrir ces deux enquêtes cadres.
En tous les cas, c'était nécessaire que cette enquête soit ouverte parce que nous voyons bien qu'aujourd'hui, le soupçon est immense. Il pourrait y avoir des victimes françaises, il pourrait y avoir des victimes en France, il pourrait y avoir des victimes mineures. Et donc, il est absolument nécessaire que toute la lumière soit faite sur la réalité de l'activité criminelle qu'a potentiellement, probablement, malheureusement, eu Jeffrey Epstein sur le sol de notre pays.
François-Xavier Bellamy, « Ne plus subir », c'est le slogan choisi par Bruno Retailleau pour lancer sa candidature présidentielle. C'est vous qui avez inspiré ce slogan, d'ailleurs dont Laurent Wauquiez ne voulait pas.
Non, c'était en tous les cas une idée que je défendais déjà pour les campagnes européennes que j'ai eu l'occasion de mener. Je crois que ce slogan dit beaucoup. Vous savez, derrière les slogans et la communication, il y a surtout la nécessité d'un message, dit beaucoup de la réalité de la vie de notre pays aujourd'hui. Et nous avons l'impression de subir notre histoire, de subir notre destin, de subir l'appauvrissement, le décrochage, le déclassement de la France. Et nous ne voulons plus subir et nous voulons retrouver la maîtrise de notre histoire.
Un slogan négatif, assez alarmiste aussi. Est-ce que vous pensez qu'il a encore une chance, Bruno Retailleau, malgré son départ de la place Beauvau ?
Mais bien sûr. Et ce n'est pas seulement Bruno Retailleau, mais c'est d'abord la promesse politique que nous voulons faire aux Français, avec lui. Promesse politique de relever ce pays qui en a tellement besoin, d'affronter enfin la vérité. On a beaucoup parlé aujourd'hui de la violence politique qui monte. Tout ce que nous vivons aujourd'hui confirme ce que Bruno Retailleau a apporté au ministère de l'Intérieur. Il est le ministre qui avait dissous la jeune garde. Il est le ministre qui avait alerté sur la violence de l'extrême gauche. Il est le ministre qui a osé poser des diagnostics que personne n'assumait d'affronter.
Et je pense que nous avons besoin, en effet, aujourd'hui, de cette lucidité, de cette clarté, de ce courage pour pouvoir faire que la France trouve l'alternance dont elle a tellement besoin.
Monsieur Bellamy, très rapidement, Éric Ciotti, qui a quitté, on le sait, les Républicains pour s'allier à Warren, devance dans un sondage paru hier de 10 points au premier tour des municipales à Nice. Le maire sortant, Christian Estrosi, qui soutenez-vous dans la cinquième ville de France ?
Je ne crois pas qu'LR ait investi de candidats à Nice.
Il est soutenu par une grande partie du parti, Christian Estrosi.
LR n'a pas investi de candidats à Nice. Nous sommes devant deux candidats qui, tous les deux, ont en commun d'avoir choisi de quitter notre formation politique, l'un en 2017, l'autre en 2024. Et donc, les Niçois feront leur choix.
Il n'y a pas d'accord entre LR et Horizon pour cette élection ?
Entre Horizon et le RN, vous ne savez pas trancher ? Parlons de la question de l'accord entre LR et Horizon. Moi, je suis un Strasbourgeois d'adoption puisque je passe beaucoup de temps au Parlement européen. Je vois qu'aujourd'hui, la ville de Strasbourg risque d'être rendue à la gauche parce qu'Horizon présente un candidat contre Jean-Philippe Wetter, le candidat de la droite à Strasbourg, qui pourrait pourtant l'emporter. Donc cet accord ne veut rien dire pour vous ?
C'est le moment de la question qui ?
On risque de perdre une élection municipale déterminante précisément à cause de cette division. Donc, je ne crois pas qu'on puisse avoir de leçons d'unité à recevoir.
Comme tous les jours, la question qui est aujourd'hui, la question qui va à front renverser. Vous, l'homme de droite catholique, vous avez accéléré le départ de Jean-Marc Morandini de CNews, car vous avez lancé ce cri du cœur sur Europe 1, juste après sa condamnation définitive pour corruption de mineurs. Partez, démissionnez. Quelles autres répercussions ont eu vos propos, François-Xavier Bellamy ? Quelles autres répercussions ? Vous avez accéléré le départ de Jean-Marc Morandini quand votre cri du cœur a eu l'impact.
J'ai simplement essayé de me faire le porte-parole et je pense à tous vos confrères journalistes qui tentent aujourd'hui de travailler parce que nous voyons à quel point les Français perdent confiance en la politique, mais ils perdent aussi confiance dans leurs médias et c'est une forme de drame collectif parce qu'il n'y a pas de vie publique sans une confiance absolue. Il est parti, mais il n'a pas démissionné Jean-Marc Morandini. Il s'est retiré provisoirement. Est-ce que pour vous, c'est suffisant ?
Au moins, en tous les cas, il n'est plus à l'antenne et je crois que c'était nécessaire parce qu'il y a toute une rédaction qui devait, j'imagine, souffrir de manière très douloureuse de voir son travail d'une certaine manière accolé à une histoire avec laquelle ces journalistes n'avaient rien à voir.
Merci beaucoup François-Xavier Bellamy
d'avoir répondu aux questions de France Info.
François-Xavier Bellamy