Présidence du CNES : François Jacq, candidat
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Une fois que tout le monde aura pris place, je vous remercie de votre présence. Donc effectivement, monsieur Jacques, quasiment 1 an après donc votre précédente audition, nous avons le plaisir bien évidemment de vous accueillir de nouveau dans cette enceinte puisque vous êtes candidat proposé par le président de la République à la fonction de président du conseil d'administration du Centre national d'études spatiales, le KNÈ. Je rappelle que le président du conseil d'administration du KNÈ est en est le dirigeant exécutif et porte le titre de président directeur général du KNÈ.
En application alinéat de l'article 13 de la Constitution, cette nomination par décret du président de la République ne peut intervenir qu'après audition par les deux commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat. Cette audition est ouverte à la presse et au public. qu'elle est retransmise en direct sur le site du Sénat.
Elle donnera lieu à l'issue de votre audition et de l'ensemble des questions qui vous auront été posées à un vote à bulletin secret pour lesquels les délégations de vote ne sont pas autorisées. L'Assemblée nationale vous entendra euh donc cet après-midi. C'est les raisons pour laquelle nous dépouillerons néanmoins, et je le dis aux deux commissaires qui ont accepté d'être les scrutateurs à mes côtés que sont Vivian Artigalas et Daniel Grémiller.
Nous dépouillerons à l'issue de cette audition si vous en êtes d'accord. Nous garderons bien évidemment les résultats secrets et et confidentiels pour ne les divulguer qu'une fois que vous aurez été auditionné par la commission de l'Assemblée nationale et que l'Assemblée nationale se sera prêtée au même exercice de dépouillement des bulletins de vote. Comme je le rappelais donc au début de mon propos, nous vous avions déjà entendu exactement le 29 avril 2025 dans le cadre d'une même audition en application de l'article 13 de la Constitution pour ce même poste de président directeur général du KNÈ.
Il s'agissait à l'époque d'achever le mandat de 5 ans de Philippe Baptiste qui avait été nommé en 2021 et qui était devenu ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche en décembre 2024. Cette fois-ci, vous seriez nommé pour un mandat plein de 5 ans. Je voudrais rappeler très brièvement, monsieur Jacques, votre parcours.
Ingénieur des mines, vous avez été conseillé pour l'industrie, la recherche et l'énergie au cabinet du premier ministre François Filon et vous avez dirigé plusieurs établissements publics de premier plan. l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs Landra de 2000 à 2005, Météofance de 2009 à 2013, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer l'Ifré de 2013 à 100 2018 et enfin de 2018 à 2024 le commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives le CEA. Avant de passer la parole à notre collègue Franck Montoget qui est rapporteur sur cette nomination et que je remercie, il avait également été la fois précédente lors de l'audition que nous avions conduit au mois d'avril 2025.
Je souhaite rappeler que le Centre national d'études spatial, le KNÈ est un établissement public à caractère industriel et commercial. Un épic qui a été créé en 1961 et qui réunit toutes les fonctions permettant au gouvernement français de définir et de mettre en œuvre sa stratégie spatiale tant dans le domaine civil que dans le domaine militaire. Il gère la base de lancement de courou en Guyane, port spatial de l'Europe et représente la France à l'agence spatial européenne les comme nous vous avons entendu récemment, cette audition aura vocation à être vraisemblablement plus courte peut-être que celle de l'an dernier.
Je note toutefois qu'elle s'inscrit dans un contexte où l'espace fait les gros titres de l'actualité avec le séjour de l'astronaute française Sophie Adna. dans la station spatiale internationale et la mission de la NASA Artémis 2 préfigurant le retour d'hommes et je l'espère de femmes sur la Lune 50 ans après les dernières missions Apollo car si je ne me trompe pas seuls 12 hommes ont marché sur la Lune à la suite de Nail Armstrong et de Buzz Aldrin. Je serai à cet égard intéressé par votre point de vue sur les vols habités et sur l'exploration spatiale ainsi que la place qui prend le KNÈ.
Voilà, après les questions de Franck Montoget, vous aurez le loisir de lui répondre et bien sûr après quoi toutes les les tous les membres de la commission pourront vous poser bien évidemment les questions comme nous avons l'habitude de le faire trois par trois si vous le voulez bien. Donc je laisse la parole à notre rapporteur Franck Montoget et ensuite bien évidemment vous pourrez à la fois répondre aux questions du rapporteur à quelques questions que je viens brièvement de vous poser et puis de rappeler un certain nombre de de vos projets à mener si demain vous êtes bien confirmé en tant que PDG du KNÈ Franck c'est à toi. Merci monsieur le rapporteur.
Merci madame la présidente. Monsieur Jacques, chers chers collègues, comme vous venez de de le rappeler, nous sommes de nouveau sollicités donc pour nous prononcer sur la proposition de nomination de monsieur François Jacques en qualité de de président du conseil d'administration du KNÈ et cette fois-ci pour une durée de 5 ans. C'est bien ça, hein ?
Bon, on vous revenez pas dans 3 mois ou non ? prévu. Je plaisante.
Euh, tout d'abord, monsieur Jacques, je souhaiterais que vous nous fassiez part des des enseignements que vous tirez de l'année que vous venez de passer au Knes, l'Agence spatiale française. En quoi et et sur quel point ou sujet à fort en jeu pour le GNÈ votre vision prospective, stratégique et opérationnelle a-t-elle été infléchie voire modifié ? le contrat d'objectif et de et de performance le COP 2002 2022 du KNES vient de s'achever.
Quel bilan en a-t-il été effectué ? Avec quelle conséquence pour le suivant ? À ce stade de travail de de l'élaboration du nouveau COP, quelles sont les demandes expresses de vos tutelles ?
Quels objectifs personnels complémentaires souhaitez-vous être pris en compte et pourquoi dans le cadre de la stratégie 2040 tout particulièrement ? Je voudrais ensuite aborder briavement quatre thèmes : l'accès autonome à l'espace de l'Europe, le volet spatial du plan France 2030, la recherche et la connectivité spatiale et enfin les constellations de satellites. Tout d'abord, en ce qui concerne l'accès autonome de l'Europe à l'espace, h lancements sont prévus pour Arian 6 en 2026 dont plusieurs lancements pour la constellation de satellite Cuiper d'Amazon et un nouveau lancement pour Galileo.
En 2027, Ariane 6 devrait atteindre sa période de stabilité d'exploitation avec une candance de référence de 9 lancements par an et un soutien public de 340 millions d'euros par an. Dans un contexte géopolitique marqué par le tempo chaotique des intérêts nord-américains, pensez-vous qu'Ari 6 peut tirer avantage des clients qui ne voudraient pas avoir recours aux opérateurs américains, russes ou chinois ? Où en sont concrètement les projets français de microlanceurs et de lanceur réutilisable ?
En particulier celui de l'entreprise Maya Space si je sais pas on le dit comme ça j'espère censé garantir notre accès autonome à l'espace comme alternative compétitive à Space X. Ensuite, concernant le volet spatial du plan France 2030 doté de 1,5 million milliards d'euros, le KNES a joué depuis 2022 un rôle clé en identifiant les marchés émergents grâce à l'observatoire du spécial, en proposant des feuilles de route pour stimuler l'innovation et la recherche de solutions industrielles dans ces domaines et en réalisant les appels d'offre correspondant. En quoi ?
Sur quel sujet souhaiteriez-vous que le prochain COP actualise le trip objectif assigné au volet spatial de France 2030 à savoir le développement de l'écosystème de start-up dédié au spatial qui est appelé newspace, l'investissement dans les technologies de rupture qui façonneront l'avenir du spatial et le ciblage des investissements sur les marchés porteurs et quel marché porteur selon vous. 3è point concernant la recherche. Le spatial est au cœur des avancées scientifiques dans de nombreux domaines.
Connaissance de l'univers et du système terrestre, science de la matière ou science de la vie, mais également recherche appliquée au service de l'économie et de la société. Or, 90 % des programmes de recherche du KNES résultent de coopération internationale au niveau européen bien sûr dans le cadre de le de l'ESA, mais également avec la NASA américaine. Quels sont les impacts de la politique isolationniste de l'administration Trump sur les projets gérés par le GNES et ou le SAA en en partenariat avec la NASA ?
Avez-vous dû abandonner certains projets ? Avez-vous trouvé des partenaires internationaux de substitution ? Je pense en particulier au Japon, à l'Inde voir à d'autres pays.
Dans quelle mesure ces difficultés avec le partenaire historique américain constituent-elles une opportunité de renforcer l'autonomie stratégique européenne en matière spatiale ? Des scientifiques du KNÈ nous s'inquiètent aussi à juste titre, je crois, des arbitrages budgétaires défavorables au programme d'observation de la terre. par exemple avec le projet al les les les l'acronyme est un peu long Aos-Codo.
Voilà, je sais pas comment on doit le prononcer mais en fait bon c'est pour être précis dans ma Comodo. Oui voilà. Ben voilà, c'est pas quasi modo mais c'est Comodo.
Très bien. Euh on s'est compris, c'est le principal. Ces scientifiques pointent aussi un problème de méthode pour la prise de décision sans que la communauté scientifique du Kness ne soit réellement associé disent-il.
Ce domaine apporte des informations précieuses qui alimentent notre compréhension du climat et de ses évolutions. Les enjeux sont donc considérables. La NASA s'en est retiré, vous ne le confirmerez ou pas, mais j'ai compris ça.
Sur la base, je suppose, des positions négationnistes. Ça c'est mon interprétation personnelle du président Trump en matière de climat. Comment comptez-vous prendre en compte cette demande d'échange approfondie des scientifiques du KNÈ directement concernés ?
Dans quel sens allez-vous arbitrer le budget de ces programmes d'observation de la terre ? Enfin, concernant la collectivité spatiale et les constellations de satellites, nous avons récemment reçu le PDG de Telat avec qui ont été évoqués les enjeux essentiels de souveraineté que posent les constellations de satellites, la capacité de London Musk de menacer les Ukrainiens en leur refusant l'usage de Starlink, puis la suppression effective de cet usage semble-t-il pour les Russes. Le développement du programme Iris apparaît à cet égard décisif pour garantir l'autonomie stratégique de l'Union européenne dans le domaine des communications gouvernemental sécurisé.
Quelles sont les décisions prises à l'occasion de la dernière conférence ministérielle de l'ESA concernant la constellation Iris ? Ont-elles été pour vous à la hauteur des enjeux ? Et le développement du programme est-il aujourd'hui pleinement sécurisé ?
Voilà. Euh monsieur Jacques, merci d'avance pour les réponses que vous nous apporterez. sur ces grands enjeux de l'actualité spatiale française et européenne.
Merci beaucoup monsieur le rapporteur pour votre rapport et ces questions qui sont très complètes, précises et qui embrassent l'ensemble des des champs de de compétences du KNÈ. Monsieur Jacques, je vous laisse la parole. Madame la présidente, monsieur le rapporteur, madame la sénatrices, messieurs les sénateurs.
Alors, je vais essayer de me conformer au vœux de la présidente d'être bref, mais avec le le le spectre que monsieur le rapporteur vient d'aborder, on pourrait y passer un certain temps. Donc, je vais je vais je vais essayer de m'y employer. Euh je vais peut-être commencer par le je vais je vais je vais adapter mon intervention au je vais suivre le propos du du rapporteur.
Ça sera ça sera plus simple pour la lisibilité. peut-être sur le premier point qui est finalement le le retour d'expérience sur les sur ces sur ces 10 mois. Je pense que c'est c'est effectivement un point important de dire finalement par rapport à ce que je vous avais dit voici voici 10 mois qu'est-ce qui me semble demeurer valable et qu'est-ce qui ce sur quoi je dirais peut-être les choses différemment aujourd'hui où je je j'attirerai un peu plus l'attention peut-être pour pour commencer sur les 10 mois quand même une chose mais ça va faire écho à ce que à ce que monsieur le rapporteur a dit il s'est passé alors je n'y suis pas pour grand-chose voir je n'y suis pour rien mais il s'est passé sur les sur les 10 mois des événements positifs, c'est-à-dire que le l'ensemble des tirs Arian euh de l'année des 10 mois écoulés ont été impressionnants.
Donc je je le dis vraiment sur le lancement des satellites galilé du mois de décembre et sur le premier lancement de constellation CPER au mois de février. Donc impressionnant et salué comme tel par les uns et par les autres. On a aussi un certain nombre de missions qui sont le fruit de de de travaux remarquables de non seulement du KNES mais de la communauté française qui ont été euh envoyé dans l'espace au cours de l'année.
Moi, je citerai Microcarp qui est le satellite de mesure du du CO2. Euh je citerai aussi l'instrument Yazi qui est porté sur un satellite de l'Organisation européenne des satellites météorologiques européens. Et puis pour donner un exemple dans une un ordre d'idée complètement différent, vous avez l'horloge atomique Pharao qui est arrivé sur la station spatiale internationale et qui permet une mesure du temps avec une une précision inconnue jusqu'à qui doit permettre de tester des théories physiques assez assez sophistiquées.
Et puis je finirai avec aussi ce mélange entre l'ancien et le nouveau avec une autre constellation, une petite constellation de quatre satellites qui a été mise en orbite au cours de l'année qui est CO3D qui est une constellation d'observation et qui vient d'e c'est quelque chose qui fait à la fois du du civil et du militaire et qui vient compléter les outils patrimoniaux côté côté défense en terme d'observation de la terre et de capacité à bâtir des modèles de surface. Euh aussi sur la période, le monsieur le rapporteur l'évoquait, la ministérielle de l'ESA euh de dans l'Agence spatiale européenne donc au mois de novembre 2025 à à Brem qui je crois a été euh un moment important dont la France s'est bien sortie au sens où elle a trouvé le point d'équilibre avec toutes les contraintes qu'on peut avoir budgétaires, financières, mais aussi d'être présent sur les divers projets. Je pense que là-dessus euh c'est pas le KNES qui le dit finalement, c'est les acteurs autour qui disent que c'est que cette ministériel a été gérée plutôt dans dans avec une forme d'équilibre.
S'ajoute la publication de la stratégie nationale qui a été rendu rendue publique par le président de la République le 12 novembre à Toulouse au centre au commandement de l'espace. Et puis euh voilà, je pense que ça c'est pour les les je voulais dire ça parce que ça c'est pas mon retour d'expérience mais c'est mais c'est la réalité des progrès qui ont été faits au cours de au cours des 10 mois. Alors maintenant euh sur mon retour d'expérience, moi je je je ciblais euh la fois passée un certain nombre de sujets sur euh l'importance de l'espace, sur le fait que c'était un lieu potentiellement de plus en plus conflictuel. euh j'entends avec des opérations qui qui touchent évidemment au aux forces armées que c'était aussi un un monde où le l'environnement industriel était en plein bouleversement et et finalement euh le fait que la la géopolitique qui était autour de nous était complètement euh instable.
Et alors, j'allais dire que sur ce constat que que je posais, j'allais dire j'ai été quasiment servi finalement au fil de au fil de la période écoulée. C'est-à-dire que je crois que autant j'étais convaincu que la la l'aspect dual et l'aspect lien avec le système de défense était clé, autant les les 10 mois qu'on vient de vivre, ce qu'on est en train de vivre en ce moment, je veux dire bon, c'est pas d'avoir eu raison, c'est juste que c'est malheureusement les choses continuent à aller dans cette direction. Quant à l'instabilité des partenariats, on y reviendra par rapport aux questions du de de monsieur le rapporteur.
Moi, je je je ne signalerai qu'un point. il y a de semaines et ça va toucher en partie à la question de madame la présidente sur le vol habité, il y a eu un séminaire convoqué par la NASA à Washington sur justement le vol habité et l'exploration lunaire où finalement la NASA a expliqué enfin la NASA pour le compte des États-Unis a expliqué quel était son plan d'avenir qui a quand même assez profondément remis en cause tout ce qui avait été acté avec l'Agence spatiale européenne en terme de la manière dont on s'y prendrait et il y Il y a notamment un projet qui s'appelle le Gateway qui était une forme d'orbiteur autour de de la Lune qui a été un peu mis de côté alors que c'était l'une des contribution européennes aux accords Artémis et donc à la collaboration avec les États-Unis. Donc on voit bien que cette instabilité des partenaires, elle est elle est elle est toujours plus forte.
Donc là-dessus, moi j'allais dire sur le sur le sur le constat et sur l'ensemble du contexte, voyez ça a nuancé et mis encore un peu plus le projecteur sur un certain nombre d'aspects, mais ça n'a pas n'a pas forcément changé radicalement l'analyse. Alors après, par rapport à ça, j'avais suggéré à l'époque cinq pistes. Une qui était de dire que on avait une dimension européenne qu'il fallait travailler de manière extrêmement forte, qu'il fallait renforcer notre approche du que il fallait travailler plus avec l'écosystème industriel, qu'il fallait renforcer continuer le soutien à la science et que le KNES était un outil vraiment important pour faire tout ça.
Donc c'était mes cinq points. Je je les reprends pas tous dans le détail mais juste peut-être pour dire ce que ce que je nuancerais par rapport à ça sur l'aspect la dimension européenne pour pour dire les choses vite, moi j'ai absolument pas changé de d'opinion là-dessus. Je pense que c'est absolument clé.
Maintenant, on peut pas dire non plus que les choses allent dans la bonne direction. C'est-à-dire que concrètement quand on regarde ce qui se passe au niveau européen, c'est plus des tendances centrifuges qu'autre chose. C'està-dire quand on voit nos amis allemands qui partent avec leur spatial de défense dans dans leur direction un peu un peu un peu solitaire par rapport à ce qu'on pourrait faire au niveau européen, que nos amis italiens ont éventuellement des des idées similaires.
On a et on reviendra sur Iris Carré que qu'évoquait monsieur le rapporteur tout à l'heure, on a un certain nombre d'inquiétudes. Est-ce que pour autant ça veut dire qu'il faut abandonner cette idée que que l'Europe est le lieu où il faut vraiment mener des efforts ? Moi je pense pas parce que si si nous sommes si nous acceptons cette division de nos forces, nous ne serons aucun même les Allemands avec tout l'argent dont ils peuvent disposer à la taille critique et à l'échelle de ce qu'il va falloir relever comme défi.
Donc il y a pas d'autre solution, j'allais dire que de reprendre éternellement le le travail de conviction pour essayer d'amener nos partenaires et d'essayer de de les de les faire bouger. Vous mentionnez carré pour la connectivité. Donc c'est c'est cette constellation de connectivité qui devrait nous permettre de nous affranchir d'un certain nombre de dépendances vis-à-vis de Starlink.
Et ben ça ça il me semble que c'est absolument clé et il me semble que ce qui est aussi clé c'est ce qui est en train d'être négocié en ce moment, c'est-à-dire les perspectives futures de l'Union européenne en terme de budget. Donc dans ce qu'on est convenu d'appeler le cadre financier pluriannuel pour 2028-2034 où il faut qu'il y ait une enveloppe significative sur le domaine spatial qui traite à la fois les grands programmes classiques de l'Union mais qui regarde aussi peut-être côté lanceur, peut-être aussi côté, j'allais dire observation pour pour pour des besoins de défense. Voilà.
Donc ça là-dessus, je pense que ce point-là euh il est euh il est ilindique il implique enfin il n'induit peut-être pas à l'optimisme, mais en tout cas il faut absolument pas baisser les bras par rapport à ça. Ce qui m'amène à la dualité. Bon la dualité, j'ai rien de plus à dire que ce que je disais la dernière fois.
Je je suis encore plus convaincu que c'est nécessaire. peut-être encore plus convaincu par le travail qu'on a pu faire au sein du Kness qui me montre que finalement on a euh une capacité à travailler plus et mieux encore avec le ministère des armées entre le KNEST, le commandement de l'espace et euh la la délégation générale pour l'armement et et là pour le coup ce qui me rend plus optimiste, c'est que les premiers travaux qu'on a pu conduire, les premiers échanges qu'on a pu mener au fil de ces mois montrent qu'il y a une volonté partagée des acteurs. Je pense que l'inauguration du commandement de l'espace à Toulouse, donc la partie opérationnelle de la du pilotage des opérations spatiales a montré tout le chemin qui avait été fait en partenariat entre le entre le KNÈ enfin entre le commandement de l'espace et le KNÈ et nous nous travaillons en parallèle avec la DGA pour renforcer cet aspect du hal.
Je pense que là aussi à contrainte budgétaire donnée, à moyen constants et à difficultés croissantes dans dans l'univers extérieur, le fait de pouvoir faire circuler les technologies d'un univers à l'autre et le fait de pouvoir s'appuyer des deux côtés est absolument clé. Euh sur le volet écosystème industriel qui était mon 3è point de l'époque, euh j'allais dire moi je je peut-être que je le formulerai un petit peu différemment. à l'époque, je devais dire, j'avais dû faire une phrase qui disait soutien à l'écosystème.
Moi, je pense qu'il faut presque aller un cran plus loin et et prendre des mots qui pourraient qui doivent pas apparaître des modés qui est politique industrielle finalement. Et je pense qu'il y a il y a une vraie politique industrielle, y compris de de réfléchir à quels sont les acteurs clés domaine par domaine. Ça ça commence à toucher d'ailleurs un un point que monsieur le rapporteur évoquait sur France 2030 et sur la manière dont on a fait se développer l'écosystème.
Trouver des idées, faire émerger des idées, avoir des quantités de start-up qui émergent, c'est très bien. Je pense qu'à un moment inévitablement il y a des formes de de de consolidation parce que parce que le meilleur gagne quoi d'une certaine façon et et c'est un c'est je pense un des rôles du du KNES que d'accompagner ça et de bâtir une relation avec les industriels qui soit une relation proche, c'est-à-dire une relation à la fois exigeante. Nous représentons la puissance publique.
Nous devons être en situation de garantir que quand l'argent du contribuable est investi, il est investi à boncient et il y trouve son son juste retour. mais aussi de trouver dans la manière de collaborer avec les industriels une capacité à s'enrichir mutuellement. Je pense que le Kness, il est là pour être gardien d'un socle de compétences que les marchés, les exigences commerciales ne permettent pas forcément toujours de préserver.
Puis doit aussi être là pour préparer l'avenir, c'estàd ouvrir des champs qui n'existent pas encore chez les industriels. Et donc ça c'est vraiment le moi la conviction que j'ai sur le le le mode de travail avec l'industrie qui devrait se développer sur l'importance de la science. J'y reviendrai quand je répondrai au questions spécifiques de enfin les les quatre points de de monsieur le rapporteur.
Bon, par profession, ça fait 30 ans que je je suis dans des établissements scientifiques et techniques et que j'espère les avoir enfin y avoir contribué un petit peu. Donc je je je n'ai rien à apporter et donc fin de plus et finalement je terminerai avec mon retour d'expérience sur le sur le KNES qui est peut-être l'endroit où ma vision a le plus le plus évolué. elle a évolué tout simplement parce que vivre les choses de l'extérieur ou vivre des choses de l'intérieur, ça n'est pas facile.
Donc maintenant que j'ai passé 10 mois à l'intérieur, évidemment ça me donne d'autres d'autres clés de lecture. Moi, je vais commencer par dire une chose, c'est le le la présidente l'a rappelé, le KNES, il a été créé en 1961. J'ai au fil de ma carrière désormais longue h rarement rencontré un endroit où la passion et la jeunesse soit aussi présente et quel que soit l'âge de ceux qui exercent le travail.
Si vous voyez ce que je veux dire, c'est pas une question de moyenne d'âge, c'est une question d'enthousiasme, de passion intacte et y compris d'ailleurs de gens qui ont commencer à faire ça il y a 35 ans. Et honnêtement, je connais peu d'endroits où où ça soit aussi euh aussi aussi frappant et et ça, je pense que c'est une extraordinaire force. C'est c'est un extraordinaire atout.
Euh donc, on a pu dire que comme le spatial avait beaucoup changé, bah finalement, est-ce qu'on avait besoin d'une agence spatiale ? Est-ce que c'était encore de de de d'actualité ? Et alors là aussi, j'avais un j'avais cette conviction là avant de commencer, mais mais elle est encore plus ancrée aujourd'hui.
C'est il y a encore plus besoin d'une agence spatiale que que peut-être ils en étaient besoin quand quand elle a contribué à créer le secteur industriel dans les années 60. C'est-à-dire que à mesure des menaces que nous rencontrons, à mesure des difficultés qu'il y a, de du dialogue qui doit y avoir avec le monde industriel, du soutien au monde industriel, de de la capacité à aider les utilisateurs à se saisir du spatial, il y a besoin d'une agence et pas de n'importe quelle agence, d'une agence qui ait des compétences techniques. Et donc ça, avoir des compétences techniques, ça veut dire mettre les mains dans le cambouille, ça veut dire réaliser des projets, ça veut dire être au contact avec les acteurs.
Je peux pas dire que c'est c'est nouveau quand quand par rapport à ce que ce que je pouvais dire il y a 10 mois, mais je pense que c'est presque encore plus fort aujourd'hui après avoir vu justement la masse de compétences techniques incorporées de la maison salué par mes partenaires internationaux. Là je reviens encore de de voyage où j'ai rencontré des homologues et et le respect que que suscite la maison Kness. Alors on pourrait se dire c'est la France. la France n'est bah non plus enfin c'est pas les États-Unis, c'est pas c'est pas c'est pas la Chine et cetera, mais moi je suis passé en Chine là tout récemment.
Il y a une attention sur ce qu'on est capable de faire, une volonté de travailler avec nous. Alors après, il faut faire ça dans des conditions qui soient exemplaires mais voilà c'est c'est probablement le le point sur lequel je je voudrais insister. C'est-à-dire que on a traversé la certain nombre d'échéances, la conférence ministérielle de l'ESA et cetera, mais je pense qu'il y a une capacité, un potentiel et un et un projet collectif à forger avec les équipes du KNÈ et c'est aussi pour ça que alors je sais pas si c'est 10 mois, 5 ans, si je reviendrai dans 3 mois, mais enfin si ça devait se faire, je moi je je en tout cas c'est encourageant de voir qu'il y a quelque chose à bâtir comme ça avec les équipes.
J'en viens donc je pense que j'ai à peu près répondu alors cétait déjà trop long excusez-moi à la première salve de de monsieur le rapporteur, je viens aux quatre aux quatre colonnes que monsieur le rapporteur a abordé ensuite accès autonome à l'espace. Il a dit l'essentiel, c'est-à-dire que on a avec Arian 6 et alors c'est pas moi qui le dit, c'est l'agence spatiale européenne qui le dit, la plus rapide montée en cadence d'un lanceur international au cours des 20 dernières années. Si vous tracez la courbe de nombre de lancements et combien de mois il vous a fallu pour faire les lancements, c'est meilleur que la plupart des lanceurs internationaux.
C'est-à-dire que on aura euh fait euh un certain nombre de lanc enfin quatre lancements remarquables sur 2025. Comme le monsieur le rapporteur le disait, on vise 7 à 8 en en 2026 et encore un peu plus sur sur l'année suivante. Et honnêtement, je je redis encore un point peut-être je j'insiste là-dessus, celui 8 de février 2026 qui a lancé donc 32 salit de la de la constellation Ciper était en plus une Ariane dit 64, c'est-à-dire avec quatre boosters, c'estàdire une composante, une configuration de lanceur qu'on avait pas encore testé.
Donc ça aussi s'est passé euh sans sans difficulté. C'est quand même très très remarquable. Alors, est-ce qu'on peut tirer ?
C'est ça la question de monsieur rapporteur. Est-ce qu'on peut tirer avantage du paysage ? Bon, je crois qu'il faut faut être modeste euh aussi.
On est en train de parler d'une dizaine de lancements là où SpaceX lance 160 fois par an. Bon, donc on n'est pas on n'est pas en train de faire SpaceX. Maintenant, le fait que Amazon, parce que la Ceper c'est c'est c'est Amazon qui est derrière, euh viennent lancer sur Arian un certain nombre de ces satellites de sa constellation, c'est bien et pas seulement.
Alors, ils lanceront aussi sur leur propre lanceur mais en tout cas pas sur pas que sur Falcon. C'est bien le signe qu'il y a un certain nombre de gens qui qui voient bien le danger qui peut y avoir une situation euh complètement monopolistique et de contrôle de certains acteurs et la nécessité la la l'intérêt d'avoir des solutions alternatives. Donc ça, je pense que de fait ça joue et il faut que ça continue à jouer et c'est bien en ce sens en ce sens-là que travaille Arian Groupe et Arian Espace sur Maya.
Donc sur le alors Maya pour que pour qu'on pour bien préciser un lanceur de taille intermédiaire dont le but alors qui est fait dans le cadre d'une entreprise qui s'appelle effectivement qui est une filiale de d'arian groupe et dont le but est de tester la capacité à faire des lanceurs réutilisables donc à avoir et et vous voyez bien des lanceurs réutilisables dans l'idée d'avoir parce qu'aujourd'hui par rapport à à Falcon Arian 6 n'est pas réutilisable mais d'avoir demain hein, des lanceurs lourds parce que on n'est pas on n'est pas en train de parler de de du même la même capacité dans d'emport en tonne. Et donc Maya aujourd'hui est un projet qui progresse bien et qui est toujours dans l'idée de faire son premier vol sur 2027 et donc qui nous permettra à ce moment-là d'avoir un lanceur qui aura une capacité d' port, mettons une tonne de tonnes et on verra les adaptations ensuite mais qui sera en plus l'acquisition d'un certain nombre de savoir-faire technologiques qu'on pourra utiliser au bénéfice de de l'ensemble de la filière sur cette question de la réutilisabilité. sans parler d'avoir une gamme de lanceurs, c'est-à-dire d'avoir lanceur lourd et puis lanceur intermédiaire selon selon les besoins qu'on a à traiter sur euh France 2030 euh et sur et sur la la feuille de route, monsieur le le le rapporteur m'interrogeait sur le devenir de France 2030 d'une part et puis est-ce que les les les orientations initiales restent restent de mises ?
Là aussi, je crois qu'il faut être précis sur enfin clair sur les calendriers. Finalement, on est en train de signer ou on vient de signer les derniers contrats de l'enveloppe spatiale de France 2030. Donc ce qui veut dire qu'il y a des choses qui commencent qui n'ont pas commencé ou qui commencent à peine.
Donc euh là je je ne me hasarderai pas trop sur le terrain du bilan parce que je pense qu'il est un peu tôt euh pour le bilan pour des choses qui parfois n'ont été lancées que depuis alors là à l'instant ou mettons 2 ans. Donc il va falloir euh qu'on qu'on voit dans mettons dans l'année ou dans les deux années qui viennent. Ce qui est certain, c'est que je pense que comme dans toutes ces genres d'opération, on a lancé beaucoup d'idées.
Toutes les idées ne vont pas prospérer, hein. Tout tout ne va pas fonctionner, tout et donc il y aura des taux de chute. Il y aura des choses qui s'arrêteront, il y aura des choses qui continueront.
Tout le point sera de d'essayer de de vraiment de ramasser tout le savoir-faire, de capitaliser tout le savoir-faire que qui a qui a pu être acquis dans les projets pour en bénéficier. Donc de ce point de vue-là, ça ira avec ce que monsieur le rapporteur disait en terme de ciblage parce que je pense qu'il y aura moins d'acteurs à la fin à la fin du processus et on se concentrera vraisemblablement sur quelques-uns de ceux qui ont qui ont le mieux qui ont le mieux réussi. Maintenant euh quand on est en train de parler de de des thèmes clés, c'était aussi une des questions de de monsieur le rapporteur, on voit bien que ce qui va se passer sur les lanceurs sera clés.
On a parlé de Maya qui était un des lauréats de de la chose, mais ce qui va se penser sur les lanceurs straclés, c'est-à-dire que à horizon de 2027-28, on va voir comment les choses se se concentrent sur un certain nombre d'acteurs. Je pense que un autre exemple qu'on peut qu'on peut mentionner et parce que là il commence vraiment enfin les contrats France 2030 ont déjà commencé à faire porter leurs fruits à la chose. C'est ce qu'on appelle le service en orbite donc iOS inorbit servicing pardon pour le pour pour le jargon anglais mais qui est la capacité à aller faire des opérations dans les sources par exemple voyez de réalimenter un satellite de lui réinjecter du carburant ou de lui faire une jouvance ou enfin ou de lui amener un certain nombre de choses qui qui permettent de prolonger éventuellement sa durée de vie.
Il y a des entreprises dans il y a des entreprises dans ce dans dans dans ce domaine-là et ça aussi on voit bien que ça va faire partie des choses importantes. Inutile de dire que c'est un petit côté dual parce que si vous voulez faire du bien à un satellite, vous pouvez éventuellement ne pas lui faire que du bien. Donc il y a il y a un certain nombre de technologies qui peuvent être qui peuvent être communes.
J'en reviens à la recherche euh pour d'abord redire à à quel point euh on a un soutien. Alors, c'est pas tant les chercheurs du KNES, hein, c'est plutôt tous les chercheurs dans les organismes de recherche dans les universités qui sont soutenus via le KNES et et pour nous, c'est extrêmement important. Alors, je commence peut-être par la première question de monsieur le rapporteur là-dessus qui est qu'en est-il de la de la politique américaine ?
Alors, c'est compliqué parce que en plus c'est variable. Ça aussi j'aurais j'aurais Non, mais j'aurais peut-être dû commencer par ça, c'est-à-dire dans mes retours d'expérience aussi, c'està-dire par rapport à ce que j'ai trouvé en mai 2025. et ce qu'on me racontait à l'époque et et ce qui s'est passé au cours des 10 mois, j'ai j'en j'en ai vu j'ai vu à peu près toutes les variations possibles.
Je vous donne qu'un exemple. On avait euh en mai 25, juin 25, quand on parlait de tout ce qui était exploration martienne, donc de de d'une opération qui s'appelle Rosaline Franklin, enfin de qui qui est un lancement vers Mars, les États-Unis avaient décidé d'arrêter. C'estàd qu'il ne fournissait plus les matériaux, il ne fournissait plus le lanceur, il ne faisait maintenant il fournissent à nouveau et et on voit bien que ça c'est pour nous d'ailleurs nous européens cette fois-ci parce que c'est un projet de l'agence spatiale européenne, c'est pour nous un dire un soutien d'une certaine façon parce que s'il avait fallu que nous trouvions l'approvisionnement du lanceur, trouvions l'approvisionnement de choses, ça aurait été un peu plus compliqué.
Donc on n'est pas on n'est pas forcément très au clair sur sur la la politique qui qui est qui est suivie. La deuxième chose qui peut y avoir, c'est que vous avez aussi, il est parfois la combinaison de deux choses. C'estàd que vous avez d'un côté des positions qui sont des positions américaines qui peuvent avoir comment dire leur part d'idéologie.
C'est ce que monsieur le rapporteur relevait sur le climat et les mots qu'il ne faut pas prononcer. Et puis à côté de ça, l'appareil américain continue à fonctionner avec des procédures qui étaient peut-être celles d'avant. il continue à y avoir des processus scientifiques de sélection et cetera.
Et donc parfois la à la rencontre entre les deux c'est c'est c'est pas c'est pas toujours complètement évident. Je vous en donne à nouveau un exemple. Il y a un projet qui vient d'être que les que les Américains n'ont n'ont pas retenu qui s'appelle Odyssey qui était un projet d'altimétrie spatiale.
Mais là c'est pas du tout la dimension idéologique qui a qui a primé. Euh il y a eu une compétition entre projets euh dans le domaine dans le domaine correspondant d'observation de la terre. On est arrivé en finale avec Odyssey.
Il y avait un autre projet, c'est l'autre projet qui a gagné mais c'est aussi un projet qui tourne autour de l'observation de la Terre. Donc si vous voulez, là c'est un peu le le le l'alléa qu'il y a dans des dans des opérations où il y a pas tant d'argent que ça. Il y a une compétition et et ce projet-l parce qu'il ne pouvait se faire que si on avait réussissait à réunir les forces.
Mais en tout cas, c'est pas la dimension idéologique qui a qui a qui qui qui en est cause, quoi. C'est là où c'est il faut il faut parfois regarder les choses de près. J'en viens à euh la question spécifique de monsieur le rapporteur sur AOS donc qui est une une opération de sondage atmosphérique avec des radiomètres et qui est alors pour le coup une opération un petit peu compliquée parce qu'il s'agit de mettre deux radiomètres qui vont aller sonder l'atmosphère.
Et alors, c'était un projet qui était en en en triple accord entre les États-Unis, le Japon et euh la France dans la mesure où il y avait deux instruments. Un instrument qui allait sur une plateforme japonaise, un instrument qui allait sur une plateforme amene. Enfin, quand je dis plateforme, c'est de un satellite américain, un satellite japonais.
Alors, il est absolument exact que les Américains ont annulé le projet et là, je pense qu'on est peut-être plus dans la dimension idéologique que dans la dimension compétition scientifique par rapport à par rapport à ce que je disais sur sur Odyssi. Euh et donc ça pose la question du devenir du projet parce qu'effectivement autant le côté japonais perdure, même si bon peut y avoir d'autres difficultés de ce côté-là, autant le côté américain, ben on n plus la plateforme, on a plus le lancement et donc on a on a un certain nombre de difficultés. Bon euh ça c'est une chose.
À côté de cela pour être pour complètement éclairer la situation par rapport au à ce qui a pu vous être dit, monsieur le rapporteur, il est aussi exact que le KNES a un certain nombre de difficultés financières, c'est-à-dire que la loi de finance pour l'année 2026 a prévu un budget du programme 193 qui est en dea du programme qui était enfin du montant qui était prévu. Enfin pardon, ça c'est purement factuel ce que ce que je dis là qui était prévu en 2024. Et donc nous avons à regarder et c'est ce qui est couramment enfin ce qui est ce que nous sommes en train de faire au sein du KNET.
Nous avons à faire une revue de nos activités pour voir comment nous dégageons les économies qui nous sont demandées. Et dans ce cadre-là, il y aura des activités vraisemblablement que nous aurons à arrêter. Aujourd'hui, les décisions ne sont pas prises et c'est pas finalisé sur sur le sujet.
Mais en tout cas, je veux je je veux être absolument clair. Euh toutes les activités sont regardées dont à AOS et donc c'est pour ça que vous avez euh évidemment euh eu euh ces signaux d'alerte euh assez complètement légitimes, c'est-à-dire que les gens qui sont porteurs d'un projet évidemment ne ne conçoivent pas que leur projet puisse être arrêté, ce que ce que je trouve éminemment respectable, logique et et compréhensible. Maintenant euh pour continuer sur ce point et finir sur ce point, je pense qu'il faut aussi regarder alors enfin ce matin, j'étais auditionné pas pour un article 13 mais sur à la commission de la défense euh et on me demandait si euh est-ce que j'avais assez d'argent euh et ma réponse était un patron, il n'a jamais assez d'argent et moi, je veux dire, je je ne suis pas heureux d'en avoir moins. et et la qualité des travaux qui sont menés par les équipes fait que il y aurait de quoi faire des choses de grande qualité si j'avais plus d'argent.
Maintenant, je sais bien aussi que le spatial n'est pas seul au monde, que nous devons nous inscrire dans un contexte qui est qui est le contexte français et que nous devons essayer de trouver un équilibre. Et quand je dis ça, je le dis aussi au regard de l'observation de la Terre parce que finalement nous avons les programmes qui sont les programmes français tels que celui qui évoqué monsieur le rapporteur. Nous avons aussi en observation de la terre une contribution significative voir très significative dans le casre de l'agence spatiale européenne ou à la conférence ministériale de Brême sur les 3 ans qui viennent, on a mis 420 ou 430 millions d'euros pour tout un programme qui s'appelle Future Air Observation pardon enfin futur et en bon français et et donc vous voyez bien que à la fin c'est l'ensemble de cette masse là qui est la masse d'argent que que que la France peut mettre et un équilibre que nous que que nous devons trouver.
Et enfin, pour revenir sur la question de la discussion avec les communautés scientifiques, bien entendu, monsieur le rapporteur, nous discuterons et nous rendrons compte devant les communautés scientifiques quand nous verrons la décision se se se dessiner pour que chacun mesure le les arbitrages qu'on est en train de faire. Ça ne sera quoi qu'il arrive, quel que soit le le le l'option retenue, pas quelque chose de facile parce que il y aura inévitablement des des des regrets dans tout cela. Je finis avec le 4e point de monsieur le rapporteur sur les constellations et sur euh sur Iris Carré finalement euh qui qui est le qui est vraiment alors qui est un dossier là aussi absolument euh majeur.
Je vous rappelle pour pour juste que poser poser le paysage l'Union européenne al je dis bien l'Union européenne là on n'est pas dans le cadre de l'agence spatiale européenne on est bien dans le cadre de l'Union européenne. L'Union européenne sous le l'égite de du précédent commissaire chargé de l'espace donc le commissaire Breton a lancé un projet de dit de connectivité sécurisée qui s'appelle Iris Carray qui à la fois a une composante j'allais dire gouvernementale et une composante commerciale classique puisque il y a Utelsat l'opérateur l'opérateur français européen qui est qui est qui est impliqué dedans. Mais c'est un projet de la de la commission qui a été lancé à ce moment-là.
Euh on voit bien le lien entre ce projet et et le monde un peu euh agité dans lequel on vit puisque c'est assez concomitant de euh l'invasion de l'Ukraine euh de de la disparition ou pas la disparition des liens Starling pour euh pour permettre euh l'accompagnement des des opérations. Ce projet, il est aujourd'hui toujours sur euh dans dans dans dans sa trajectoire pour être développé par par la Commission européenne. il est clairement comment dire est-ce que c'est menacé ou en tout cas est-ce que il y a un contexte qui s'est créé autour de lui qui n'est pas complètement favorable par en particulier ce qui a été affiché du côté allemand où côté allemand le le ministre Pistorius a annoncé si vous avez vu 35 milliards sur le le spatial dont une dizaine de milliards pour une constellation à nouveau de connectivité sécurisée qui pourrait être vu comme une concurrence potentielle à Starling ou euh pardon à Iris carré, excusez-moi, à Starling aussi d'ailleurs idéalement, mais en tout cas à Iris Carré et et donc ça ça constitue évidemment une une forme de de de menace pour Iris Car.
Euh il y a aussi des tendances un peu centrifuges côté Italie pour tout dire. Donc aujourd'hui, je pense que ça c'est un les les c'est un fait qui est devant nous, mais c'est un ça va un peu au registre de ce que je disais sur l'Europe. Je pense qu'il faut absolument pas baisser les bras que c'est un projet clé et que nous ne réussirons qu'en européen.
Et donc on a un travail de conviction, on a un travail avec nos partenaires pour les ramener à bord sur sur cette question d'iris carré et au pire si vraiment ce sont des besoins extrêmement spécifiques en matière de défense côté allemand de voir comment il y a il y a à minima un mode de coordination entre entre les constellations qui qui qui peut être trouvé. Je pense que ça sera absolument clé. Dernière chose sur Iris Carré pour être pour être complet.
Euh le monsieur le rapporteur m'interroge aussi sur les si les moyens étaient là. Alors là pour le coup, je pense que les moyens sont là. On en saura un peu plus à la fin de ce mois qui est alors c'est pas juste pour l'effet d'annonce mais le il y a ce qu'on appelle dans le processus le rendez-vous 1 qui est le moment où les industriels qui ont été consultés pour proposer les satellites et les charges utiles vont rendre leur copies à la fin d'avril. leur copie à la Commission européenne et où nous verrons s'ils sont dans les prix et dans les délais.
Alors, je je ne me fais pas trop d'illusion dans dans ce genre d'affaires. Il y a toujours c'est toujours un petit peu plus cher que ce qu'on avait imaginé au départ. En plus, les spécifications du projet sont importantes.
Mais je pense qu' il faut voir qu'on aura aussi un effort euh à faire sur la compétitivité de cette affaire, c'estàd seulement la performance éthique, mais la compétitivité. Voilà, madame la présidente, pardon, j'ai été beaucoup trop long mais je pense avoir traité les questions de monsieur le le rapporteur. Et peut-être un mot un mot pour finir et dire que moi, j'ai trouvé ces ces ces 10 mois assez assez chargé parce que l'environnement a été assez chargé, un apprentissage assez ou pas de charge, je suis loin de l'avoir terminé mais en tout cas le plaisir de travailler avec les équipes et avec l'environnement fait que malgré mon grand âge, je suis éventuellement prêt.
Si vous en décidiez ainsi à empiler. Voilà. Beaucoup.
Alors, il y a si je ne me trompe pas deux questions. Une de Patrick Chaz et une de Bernard Bui. Oui, madame la présidente, ça va être très rapide puisqueen fait monsieur le président a apporté la la réponse à ma question qui concernait Eris Carré.
Je vais simplement le remercier d'avoir mis en évidence les points communs entre le KNÈ et le Sénat, la jeunesse et la passion. Bernard. Merci monsieur le président.
Il y a presque 1 an lors d'une même audition, je vous posais la question suivante : comment la France doit-elle se saisir des missions d'exploration et d'utilisation des ressources spatiales ? Vous m'aviez alors répondu qu'il convenait de prendre des mesures pour mieux comprendre et connaître l'espace avant d'envisager une quelconque exploitation de celui-ci. Quelle est votre position aujourd'hui ?
Ah et Anne-Catherine Loisier. Anne-Catherine, toute petite question. Merci madame présidente.
Juste concernant Iris Car j'avais le est-ce que cette tergiversation au niveau européen ne menace pas je dirais la la faisabilité technique ou technologique de de l'opération parce que j'avais le souvenir pour avoir un peu travaillé sur le sujet qu'il y avait un problématique de fréquente et de disponibilité des fréquences et c'estàd que si on ne se bouge pas assez vite d'autres d'autres constellations peuvent prendre la place. Donc voilà. Est-ce que vous me confirmez que ce sujet existe bien ?
Allez-y monsieur Jacqu. Merci madame la président. Je commence peut-être par le point sur sur les fréquences.
Vous avez absolument raison mais nous avons fait ce qu'il fallait c'est-à-dire que l'application sur les fréquences à occuper a été faite au titre au titre de ce qu'on pouvait faire via Oneweb donc de de la et donc en fait on a le droit de priorité. Voilà ça ça ne donne pas les satellites mais en tout cas mais vous avez complètement raison. Il y a il y a un côté première arrivé, premier servi.
Donc le le le pas nécessaire a été fait. Alors pour revenir à la question de monsieur le sénateur sur sur les sur les sur les ressources, euh il est clair que euh depuis qu'on s'est parlé il y a 10 mois, c'est les choses ont encore un peu accè Je suis pas sûr que j'ai vraiment changé d'avis, mais mais je pense que les les les choses ont encore accéléré. C'est-à-dire que le le l'atelier dont je parlais à Washington organisé par la NASA est un atelier alors qui finalement disait bon on veut on veut retourner sur la Lune et il y a avec des êtres humains femmes femmes et hommes avant les Chinois.
C'est quand même ça le le le Et pour se faire, on veut établir des bases lunaires. C'est c'est aussi ça l'autre partie de de de l'argumentaire développé qui vont nous permettre d'aller chercher des des ressources. Bon, pour être absolument honnête, je pense que là où je n'ai pas donc il y a une forme d'accélération via le donc les Américains disent 28 28 pour ramener une présence humaine sur le sol de la Lune.
Base lunaire 2030 et au-delà. Tout ça me semble ambitieux. Bon, enfin, on verra.
Et et en tout cas, je pense que par rapport à la question de quelle est la ressource, qu'est-ce qu'on pourrait aller chercher, comment on pourrait le faire, je pense que là pour le coup, il y a il y a encore beaucoup beaucoup d'incertitude et beaucoup beaucoup de travail. Donc je pense que l'idée qu'il y aurait une forme d'Eldorado euh de de de la ressource spatiale, minérale ou autre qui serait disponible comme ça à porter de main me semble encore euh très très lointaine dans le temps. Mais vous avez cette espèce d'accélération côté côté américain quoi indubitablement.
Laisser partir tout de suite puisque Henry Cabanel souhaiterait lui aussi poser une question. Merci madame la présidente. Merci monsieur pour pour vos propos.
Euh par rapport à ce que vous avez dit que vous souhaitiez devenir leader et et le conforter leader européen, mais vous avez expliqué qu'effectivement les Allemands ont une stratégie, les Italiens en ont une autre. Et moi la question que je me pose, est-ce que il y a une véritable stratégie européenne ? parce que effectivement face donc à la concurrence et surtout par rapport donc ça a été évoqué, vous l'avez évoqué par rapport au moyens, je pense que c'est une façon aussi de mutualiser nos moyens pour être plus compétitif et plus fort.
Euh pouvez-vous nous dire qu'est-ce que recherchent donc les Allemands en voulant se lancer dans la dans la bataille et et que cherchent donc les Italiens ? Est-ce que nous avons donc un complexe de supériorité qui nous qui nous empêcherait de pouvoir dialoguer avec eux pour être cohérent avec une vision commune ou est-ce que vraiment par rapport à la situation géopolitique que nous connaissons, je pense que quand même c'est l'union qui fait la force me semble-t-il. Excusez-moi juste juste dans le droit fil de de la question d'Henrianel.
Est-ce qu'on peut faire un parallèle avec le l'affaire du du scaf ? du système de combat. Euh voilà, parce que il connaît aussi des des difficultés qui semblent comparables.
Alors euh je je je serais prudent sur le parallèle avec le scaf parce qu'alors là pour le coup, je vais sortir de mon champ de je vais je vais aller dans mon plus dans mon champ d'incompétence mais mais oui, il est pas exclu qu'il y a un certain nombre de parallèles. Par rapport à votre question sur qu'est-ce que est-ce que c'est question d'arrogance ou de supériorité côté française ? Non, vraiment je pense pas.
Je pense pas. Je pense qu'on on est euh on a été et moi je peux je peux le dire, je peux en témoigner modestement dans mon interface avec mes collègues allemands comme italien. Je pense qu'on est euh vraiment extrêmement euh moteur pour la coopération et d'ailleurs les relations sont sont plutôt bonne mais euh tout ne se concrétise pas quoi.
Donc moi je pense que maintenant si on regarde c'est c'est c'est un peu de la spéculation sur le positionnement des différents états, mais globalement côté allemand, vous avez un contrat de coalition qui dit que parmi les piliers de de la reconstruction industrielle ou du de la réindustrialisation ou de l'industrialisation allemande, on appelle ça comme on veut, il y a le spatial. Donc donc il y a une dimension de conquête, il y a une dimension de on veut une industrie, on veut une industrie allemande du spatial. Il y a évidemment un aspect géopolitique qui est est-ce qu'il y aura un conflit en Europe, quel est le positionnement vis-à-vis de la Russie et donc quand est-ce qu'on dispose de moyens capacitaires et à la rencontre des deux, j'allais dire vous avez une une stratégie allemande qui me semble être de dire bah écoutez si je veux à la fois servir mon industrie et être à l'heure, j'ai intérêt à avancer à faire cavalier seul.
Maintenant, je vous rejoins complètement. Je pense que à terme ça sera euh quelque chose de dommageable pour tout le monde pour pour eux comme pour nous. Bon, le cas italien est un petit peu différent.
Je pense que nos nos collègues italiens sont très pragmatiques. Euh non pas que les Allemands ne le soient pas, mais je veux dire, ils regardent toutes les options. C'est-à-dire que les discussions qu'on a qu'on peut avoir avec avec tous nos homologues montrent que aucune porte n'est fermé et et que peut-être qu'on qu'on pourra d'ailleurs, on voit bien au fil de ce qui avait été dit par par les pouvoirs publics italiens, on a parlé de partenariat avec Starling, on a parlé de constellation autonome, on a parlé de de italienne, j'entends, on a parlé aussi de deis carré mais aucune voie n n'est fermée. il y a une forme de négociation quoi, je veux dire et pour pour trouver la la meilleure solution qui leur convienne.
Mais moi, je le redis, même si le temps cour le temps présent ne porte pas forcément complètement à l'optimisme, je pense qu'il faut qu'on arrive et alors j'espère que c'est pas juste un peu pieux, mais il faut qu'on arrive à à à se forger cette conviction ensemble que on se fera si diviser, on on n'aura pas la taille critique. Il y a plus de questions. Merci.
Merci monsieur Jacques. Donc on va finir nos opérations de vote puis le dépouillement et puis bien évidemment après votre audition en fin d'après-midi, on informera à la fois nos commissaires et puis de résultat des des votes de la commission ici au Sénat et à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup de votre participation, de votre présence à cette audition.
S'il vous plaî
Dominique Estrosi-sassone