François Bayrou ministre ? "Cet interdit est levé" après sa relaxe, estime Jean-Louis Bourlanges
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député Modem des Hauts-de-Seine, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale. Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Louis Bourlange, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin à l'international, l'Ukraine et la guerre entre Israël et le Hamas qui entre dans son cinquième mois. En France, la crise agricole, les premières semaines du gouvernement Attal et les européennes qui se profilent dans quatre mois.
Mais d'abord un mot sur votre parti, le Modem, l'affaire des assistants parlementaires européens a connu son épilogue judiciaire lundi. Le président du parti, François Bayrou, a été relaxé au bénéfice du doute. Deux autres prévenus ont été relaxés également, tandis que huit autres ont été condamnés à des peines diverses, allant jusqu'à 18 mois de prison avec sursis. Jean-Louis Bourlange, quelle est votre réaction ce matin à cette décision de justice ? Est-ce l'épilogue d'une affaire qui empoisonne la vie du Modem et de son chef depuis sept ans ?
J'espère que ça va avoir un effet clarificateur sur les rapports entre le monde de la justice et le monde politique. L'idée qui n'était pas très heureuse, je crois, mais qui était compréhensible à l'époque de M. Balladur, avait été de suspendre aux hommes politiques, aux femmes politiques, la présomption d'innocence. C'est-à-dire que vous étiez mis en examen et aussitôt vous étiez sanctionné.
Or, maintenant, on a trois exemples successifs, Dupond-Moretti, Dussopt et François Bayrou, après d'autres, après celui de Gérard Longuet et d'autres, où on s'aperçoit qu'en réalité, la présomption d'innocence avait tout lieu de s'exercer et qu'il était anormal de plonger un parti politique comme le Modem dans une semi-hibernation depuis sept ans. Ça fait sept ans que le Modem n'a pas un statut à part entière dans la majorité, qu'on explique que ses chefs ne peuvent pas devenir membres du gouvernement ou autres, simplement parce qu'il y a une procédure judiciaire contre eux. Et en l'occurrence, moi, je suis très heureux de cette décision sur Bayrou.
Elle est sévère sur le reste.
Oui, elle est exagérément, elle est tout à fait exagérée. Je connais vraiment très bien les gens qui ont été frappés par des mesures de sursis. Je crois qu'elle est profondément injustifiée. Je pense que, je ne discute pas la décision de justice en droit, etc., mais en équité. Je crois qu'il faut savoir que personne n'a jamais reproché dans cette affaire au Modem d'avoir tiré le moindre avantage personnel, d'avoir détourné à d'autres fins que la politique l'argent public. On a simplement eu une différence importante d'interprétation sur le rôle des assistants.
Est-ce qu'un assistant doit vivre exclusivement dans l'institution, c'est-à-dire en l'occurrence le Parlement européen, ou est-ce que l'assistant est l'assistant d'un parlementaire qui a trois centres d'intérêt qui vivent ensemble, l'institution où il travaille, la circonscription où sont ses électeurs, et le parti politique qu'il fait fonctionner ?
Jean-Luc Boulange, la justice a quand même reconnu la mise en place durant une décennie d'une pratique consistant donc à faire rémunérer des permanents du parti sur les crédits alloués aux eurodéputés Modem pour un préjudice évalué à près de 300 000 euros par le Parlement européen. Tout de même, vous le dites vous-même, la décision de justice est sévère,
elle dit qu'il y avait un système qui n'était pas légal, puisque il y a eu une condamnation. Vous êtes parlementaire européen et votre parlementaire...
Et vous vous dites que c'est un problème d'interprétation.
Non, vous êtes parlementaire européen et votre parlementaire est spécialiste, par exemple, de l'immigration. Bon, ensuite, le parti politique doit prendre position sur l'immigration. Il est évident que le parlementaire, qui en plus milite, milite tous ces gens, sont des militants. Pourquoi serait-il interdit de militer ? En revanche, je crois qu'il est absolument clair qu'aucun assistant parlementaire n'a manqué à ses obligations d'assistant au Parlement. Mais c'est quelque chose... Je crois que c'est quand même très important de le dire. Maintenant, cette affaire est derrière nous. Je pense que François Bayrou peut exercer pleinement les fonctions de chef politique.
Alors, justement, justement.
Dès la relaxe, François Bayrou n'a pas exclu lundi soir un retour au gouvernement et particulièrement à l'éducation nationale. Dites-nous, Jean-Louis Bourlanges, que le rôle de François Bayrou n'est pas de garder de la hauteur, de la distance, une position de surplomb, plutôt que de rentrer dans un gouvernement,
un poste qui l'a déjà occupé ? Ce n'est pas à moi de répondre à cette question. C'est au président Macron et à François Bayrou lui-même. Ce que François Bayrou a répondu à des questions qui lui étaient posées. Et effectivement, il ressent quand même très profondément le fait que d'avoir été en examen, il a interdit l'accès au gouvernement pendant sept ans. Et ce qu'il dit, c'est que ce tabou, cet interdit, sont levés. Et il le vit, effectivement, de façon satisfaisante. Maintenant, puisqu'il est évoqué assez souvent qu'il pourrait remplacer l'actuel ministre de l'éducation nationale, qui pose manifestement un problème de relation avec son ministère, on va dire ça comme ça.
Je crois que François Bayrou aurait, de par son passé, un titre, enfin, il ne manque pas de titre pour rétablir une relation de travail et de confiance avec les organisations professionnelles. Maintenant, est-ce que c'est pour autant le choix qui lui conviendrait, qui conviendrait au Premier ministre, qui conviendrait au gouvernement ? Ça, c'est l'affaire de... Moi, je ne fais pas le gouvernement.
Amélie Oudea-Castera, à vos yeux, elle est trop décrédibilisée, elle doit partir ?
Écoutez, c'est une personnalité qui a donné toute satisfaction quand elle était ministre des Sports. Elle s'y est manifestement, moi, je ne mâche pas mes mots, prise comme un manche à l'éducation nationale. Elle a multiplié des erreurs et je crois effectivement que c'est très difficile pour elle, non pas de rester, mais de mener une politique de transformation, de réforme, qui suppose la confiance, un minimum de confiance, une capacité de travail en commun avec les organisations professionnelles.
Alors, si on veut, ce qui est, je crois, le souci du Premier ministre et le souci du Président de la République, que l'éducation se transforme, et moi, je suis de ceux qui pensent que le grand volet social de l'action du futur gouvernement, ce sera l'école. Donc, je crois que là, il faut débloquer la situation.
Mais ça devait être l'école depuis le début, puisque ça a été la priorité fixée par Emmanuel Macron dès son arrivée au pouvoir en 2017.
Vous êtes bien malicieuse de me poser la question comme ça. Vous avez raison, j'ai toujours, j'ai soutenu ardemment les initiatives de M. Blanquer, et je trouve qu'au cours du premier quinquennat, on n'a pas du tout donné assez d'importance, de priorité à ce ministère qui permet d'aborder tous les grands problèmes, l'intégration, l'ascension sociale.
Il y a eu le dédoublement. Oui, oui,
ça a très bien commencé.
Je sais combien ce sujet est important pour vous, Jean-Luc Bourlange. Il y a eu le dédoublement des classes, il y a eu ensuite de l'argent qui a été débloqué pour le ministère de l'Éducation. Et c'est vrai que, puisque vous parlez de Jean-Michel Blanquer, il venait à ce micro au début du quinquennat nous dire, bon, les résultats des enquêtes PISA ne sont pas bons, ils ne sont pas bons, mais vous me jugerez sur mes résultats, vous verrez ce que vous verrez, on va remonter l'école française. Et c'est vrai que ça fait 7 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir et qu'on a eu l'enquête PISA il y a quelques mois qui montre que, ben non, ça continue à dégringoler.
Donc comment vous expliquez les choses ?
Les raisons pour lesquelles l'éducation nationale ne fonctionne pas comme elle le devrait sont très nombreuses, très très nombreuses. Et effectivement, c'est une machine extraordinaire pour dire les choses de toute façon très simple, c'est une machine beaucoup trop uniformisatrice où on ne peut pas aborder un problème particulier sans poser l'ensemble des problèmes de statut, de pédagogie, etc.
Il faut introduire de la souplesse, de la responsabilité, pas du tout la dictature des chefs d'établissement, ce n'est pas du tout ça, mais il faut faire vivre ce système, il y a des tas de choses à faire, il faut repenser la formation des enseignants, il faut attirer les jeunes talents, notamment en mathématiques, vers l'enseignement, tout ça. Il y a des choses à faire, mais ça demande beaucoup d'initiatives et je dois dire, ce n'est pas ce que nous avons en trop, beaucoup d'argent.
Jean-Louis Bourlange, le gouvernement au complet doit être annoncé aujourd'hui, une dizaine de ministres, délégués, de secrétaires d'État doivent faire leur entrée, il a beaucoup été rappelé que l'immense majorité du gouvernement Attal venait de la droite, attendez-vous un rééquilibrage dans les nominations d'aujourd'hui ?
Moi, vous savez, je crois que nos personnes ne sont pas grand-chose et ce qui compte, ce sont les idées, mais c'est évident que sur la base de la première constitution du gouvernement, on a huit ministres qui sont issus directement ou indirectement de LR, qui est une famille politique extrêmement respectable avec laquelle nous entretenons et j'entretiens personnellement des relations tout à fait fécondes, et un ministre, Marc Fénaud, qui évidemment n'est pas devenu un ministre négligeable puisqu'il est au cœur d'un des problèmes les plus importants que nous vivons actuellement, le problème agricole, mais un seul ministre du Modem, comme disait M.
Aschieri quand il était à la tête des syndicats de l'enseignement, le compte n'y est pas.
Oui, on verra s'il compte y est à l'issue de la dénomination. À vos yeux, le compte y est à vos yeux, je précise. Vous dites ce matin les personnes importent peu, ce qui compte pour moi, ce sont les idées. Il y a deux jours, le président du groupe RN à l'Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy, s'est réjoui, je le cite, du fait que les victoires idéologiques du RN s'accéléraient avec l'arrivée de Gabriel Attal à Matignon. Comment vous recevez cette déclaration ?
Je ressens comme une tentative de récupération assez grossière et qui ne m'impressionne pas beaucoup. Si vous considérez que de dire qu'il faut, quand on salit, il faut nettoyer et quand on casse, il faut réparer, c'est une formule d'extrême droite, moi je dis que c'est une formule de bon sens dans laquelle tous les Français devraient, et d'ailleurs, globalement, la plupart des Français se reconnaissent. Gabriel Attal est un garçon très brillant, j'ai toute confiance en lui, c'est mon voisin de circonscription, ce n'est pas une garantie, mais ça fait que je le connais bien, et il vient de la gauche et je pense qu'il aura à cœur de tenir l'équilibre.
Mais cet équilibre, je n'insisterai pas, mais je reviens, ça passe, à mon avis, très fortement sur le volet éducatif, formation et recherche.
On l'a compris ce matin, le Premier ministre Gabriel Attal a déclaré hier, prenant sa distance avec ce qui était dit jusque-là, notamment par Elisabeth Borne, l'arc républicain, c'est tout l'hémicycle. Alors qu'elle, elle disait, elle excluait de l'arc républicain à la fois les Insoumis et le Rassemblement National. Pour vous, l'arc républicain, c'est tout l'hémicycle ?
Je crois que la représentation nationale, c'est tout l'hémicycle. Quand vous avez près de la moitié des Français qui votent soit à l'extrême gauche, soit à l'extrême droite, vous n'allez pas considérer que la moitié des Français ne sont pas des Français et ne sont pas des Républicains. Mais ça veut dire que nous avons un énorme travail à faire. Moi, c'est la seule mission que je me reconnaisse, c'est de contribuer à la mobilisation de cet espace républicain pour la défense de valeurs que je crois fondamentales d'humanisme, de démocratie, de respect de l'État de droit, tout un ensemble de choses qui sont, à mon avis, directement ou indirectement mises en cause aux deux extrêmes.
Alors, l'arc républicain ou pas républicain, ce n'est pas la question. La question, c'est qu'il faut absolument que l'espace compris entre le RN et la gauche de la NUPES, c'est-à-dire les filles essentiellement, et une partie des Verts, une partie seulement des Verts, que cet espace-là conserve effectivement la confiance des Français, ce n'est pas gagné, c'est notre tâche dans les trois années qui viennent, et c'est une tâche essentielle.
Je crois que les Français ne mesurent pas, aujourd'hui, le séisme que représenterait, sur le plan international, national, économique et politique, un basculement du côté d'un parti extrémiste, en l'occurrence, car c'est le parti qui aurait le plus de chance parmi les deux, LFI et RN, au profit du RN. Je crois qu'il faut bien mesurer, il faut bien mesurer les risques et tout faire pour les conjurer.
Sur les élections européennes, dans quatre mois, craignez-vous qu'elles débouchent sur une majorité conservatrice qui ferait du détricotage du Green Deal une priorité ?
Je crois que ce n'est pas simplement le détricotage du Green Deal. Je crois que le Green Deal, vous quand même, il a bon dos. Il a bon dos. Aucune mesure de Green Deal n'a encore été prise. Et le malade agricole, il est là. Donc, il faut effectivement faire attention parce que ce que la transition climatique nous impose, ce sont des changements énormes qu'on veut faire très vite et c'est très difficile de faire de très grands changements très vite sans brutaliser les gens. C'est ça que nous mesurons à travers cette crise. Mais au-delà de ça, c'est l'Ukraine le véritable problème de l'Union.
Il faut absolument que si l'Europe se défait ou ne se mobilise pas suffisamment sur l'Ukraine, alors là, il y a péril dans la demeure.
Les populistes et l'extrême droite sont en tête dans les sondages pour les Européennes. Le Rassemblement National a écrédité de 31% des intentions de vote. Ils étaient déjà en tête il y a cinq ans mais là, ils creusent l'écart. Dans ce contexte, comment expliquez-vous que la majorité n'est toujours pas nommée sa tête de liste alors qu'on est à quatre mois du vote ? Il n'y a pas de profil qui se détache, pas d'incarnation. Quel est le problème, Jean-Louis Bourlange ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas quel est le problème mais c'est véritablement préoccupant que nous n'ayons pas encore une tête de liste. Je crois que la nomination de Gabriel Attal montre que ce sera lui qui portera politiquement le combat de la majorité sur le plan européen. On va élire des députés, il y aura une tête de liste, je ne sais pas qui ce sera mais ce sera sans doute quelqu'un issu du Parlement européen. La présidente du groupe Renew qui vient d'être élue en remplacement de M. Séjourné pourrait être candidate, il y en a d'autres, enfin je n'en sais rien.
Mais il faut accélérer là, c'est ce que vous dites ?
Non mais le choix politique, c'est M. Bardella qui va conduire la liste du Rassemblement National, je pense que Gabriel Attal est en mesure de relever le défi et de porter la voix de la majorité sur le plan européen avec force. Je pense qu'il faut... À la différence
que Jordan Bardella est député européen et veut être député européen, ce qui n'est pas le cas de Gabriel Attal parce qu'il est premier ministre.
Je n'ai pas l'impression que le mandat de député européen absorbe M. Bardella plus que de raisons.
Vous avez l'impression quoi ? Ça veut dire quoi ? J'ai l'impression qu'il s'occupe
de politique intérieure pour vous dire les choses. Je n'ai même pas l'impression qu'il soit extrêmement actif sur le plan européen.
Venons-en à l'Ukraine à bientôt deux ans du début de la guerre. Est-ce que vous redoutez une lassitude des opinions publiques internationales, des opinions publiques européennes ? Ça c'est une première question et la deuxième c'est la France qui est critiquée pour son soutien insuffisant à l'Ukraine. Mercredi dernier les dirigeants allemands, néerlandais, estoniens, tchèques, danois ont appelé les européens à redoubler leurs efforts aussi longtemps que possible pour l'Ukraine et la France n'était pas dans cette... La France était visée et elle est visée de manière fréquente par le chancelier allemand qui dit la France en fait beaucoup moins que ce qu'elle pourrait faire.
Elle se basant sur l'institut Kiel qui affirme que la France est 15ème dans l'aide à l'Ukraine. Qu'en pensez-vous ?
Oui, sur les chiffres, cet institut ne compte pas les choses de la même manière que nous. Est-ce qu'on en fait assez ? Il introduit dans son calcul des aides non militaires. Je pense que c'est pas... Le classement n'a pas grand sens. En revanche, je suis tout à fait d'accord avec vous. Nous en faisons moins que les Allemands. Nous en faisons moins que d'autres. Nous en faisons moins que les Britanniques. Et je crois que ça doit changer. C'est difficile parce que nous avons un système militaire qui est largement fondé sur la force de dissuasion qui occupe une grande partie de nos moyens. Et le reste, effectivement, nous n'avons pas des moyens considérables.
Mais là où je vous suis, vous parlez de lassitude. Je parle d'abord de la lassitude du peuple ukrainien qui est sensible. Et là, nous devons y répondre. Et j'ai pas aimé ce qui avait été décidé dans le Conseil européen de décembre. Je trouvais que c'était mieux il y a quelques jours. Mais on a dit on va ouvrir les négociations ce qui est totalement à long terme, irréel, etc. alors que l'Ukraine a besoin d'aide, elle a besoin de munitions. Et ce que je veux dire, c'est que le grand problème, d'abord, c'est l'Amérique. Qu'est-ce que j'allais vous dire ? Nous avons, c'est ça la vérité. Est-ce que les Européens sont capables de prendre la relève ?
Parce que ce que disait Pierre Aski tout à l'heure était très intéressant. Et notamment, il faut voir que peut-être le projet de M. Trump est de séparer séparer Poutine de Xi, séparer Poutine des Chinois et donner une sorte de permis de se développer du côté de l'Europe. Et ça, ce serait dramatique. Alors les Balcs sont en train de se rendre compte qu'ils étaient très très atlantiques mais ils sont très très inquiets par les menaces russes. Donc l'Europe sera-t-elle capable ? On voit que les Suédois ont augmenté de 40... J'étais avec le président à Stockholm. Les Suédois ont augmenté de 40% leur budget militaire. Les Finlandais sont également... Ce ne sont pas des peuples bellicistes.
ces peuples-là. Et ils sont quand même extrêmement inquiets. Et nous, nous avons vis-à-vis de l'Ukraine, je crois que le pays doit le comprendre, nous n'avons pas une obligation de moyens, nous avons une obligation de résultats. Si nous ne permettons pas à l'Ukraine de continuer à résister, car je crois que l'Ukraine résiste et qu'actuellement c'est elle qui a gagné. Il ne faut pas le dire. Les Russes ont échoué... Sur le terrain militaire ? Les Russes avaient un projet qui était de détruire l'Ukraine, de l'arracher à l'Occident et de maintenir et de dissoudre l'OTAN. Sur tous ces plans, ils ont échoué.
Maintenant, l'Ukraine est menacée, il faut l'aider à se défendre jusqu'au moment où elle pourra reconquérir et nous avons une obligation de résultats. Il faut se mobiliser.
Sinon, il se passe quoi ? Si la Russie gagne, il ne se passe quoi ?
La Russie gagne, ça c'est... Je crois que si la Russie gagne, les Européens quittent la scène de l'histoire pour longtemps.
Après le Sahel, question d'Éric sur l'application d'Inter, les 20 dialogues Macron-Poutine, le curieux appel du président à une coalition anti-Hamas, la France a-t-elle encore une voix qui compte à l'international,
Jean-Louis Bourlange ? Je crois qu'il faut distinguer les choses. Je pense que le président Macron a eu tout à fait raison de faire tout ce qu'il pouvait pour essayer d'éviter la guerre entre l'Ukraine et la Russie. Et bon, ça je crois que ça ne veut pas dire que même s'il y avait une chance sur 100, même si on était dans le Paris Pascalien qu'il y avait une chance sur 100 ou 100 000 que ça marche, il fallait le faire. Il ne fallait pas se donner l'illusion que Poutine ne ferait pas la guerre. Sur la coalition, j'ai dit tout de suite que je pensais que c'était...
Je crois que je l'ai dit ici d'ailleurs, que c'était une expression qui m'a paru assez malheureuse et qui a un peu gâché l'excellente tournée qu'avait fait Macron parce qu'il était allé dans la région et il avait vu tout le monde. Il avait vu Mahmoud Abbas, il avait vu les Jordaniens, les Égyptiens et évidemment les Israéliens. Et il faut continuer à tenir tout ça ensemble.
Justement, un mot sur le Proche-Orient. L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'UNORWA, a été accusée par Israël de proximité avec le Hamas. 12 employés sur les 30 000 sont accusés par Israël d'avoir été impliqués dans l'attaque du 7 octobre. Plusieurs pays ont annoncé suspendre leur financement de l'UNORWA. La France l'a mis en pause. Qu'est-ce que vous en pensez ?
On est dans l'instantanéité. Moi, je crois que d'abord les responsabilités des 12 sont tout à fait prouvées, mais les problèmes de l'UNORWA sont beaucoup plus profonds. Sont beaucoup plus profonds. Évidemment, l'UNORWA est victime du syndrome de Stockholm à l'envers. Elle a été profondément travaillée par les milieux palestiniens et même terroristes. Donc il faut arrêter le financement à vos yeux ? Maintenant, ce n'est certainement pas le moment, au moment où le peuple Gazaoui est dans la situation que l'on sait, d'empêcher de fonctionner la seule institution qui leur assure un minimum de survie. Donc je crois, est-ce bien le moment ? Mais il faut faire instruire la chose.
Il faut vraiment voir quelles sont les responsabilités de l'UNORWA et prendre des décisions après, mais de grâce que la sanction ne précède pas l'instruction.
Jean-Noël, au Standard d'Inter, bonjour. Oui, bonjour. On revient à la politique avec vous, je crois.
Tout à fait. Je voulais réagir sur la demande de faire front contre le Front National, enfin le RN maintenant, en 2027. On nous l'a vendu en 2017, on nous l'a vendu en 2022. Les deux fois, j'ai voté pour M. Macron. Aujourd'hui, j'ai vraiment le sentiment, étant plus ça, exploitant agricole, de me faire rouler dans la farine, c'est le cas de le dire. Et je pense que pour 2027, mon choix sera vite fait. Ça sera un extrême. L'un ou l'autre, certainement pas Mélenchon parce que j'y crois pas, mais je pense qu'aujourd'hui, ça peut pas être pire. Quand vous voyez Mme Meloni en Italie, elle a pas renversé la table.
Donc voilà, je voudrais savoir quelle est la réaction de votre invité par rapport à ça parce que c'est eux aujourd'hui qui creusent le sillon pour le RN. Merci.
Merci Jean-Noël pour cette intervention. Jean-Louis Boulange vous répond. Vous avez raison.
Je comprends très bien votre désarroi. Sur Mme Meloni, je suis très net. J'avais dit à France Culture, le jour au mois où elle a été élu, qu'elle ne renverserait pas la table. Il y a une différence fondamentale entre Mme Meloni et Mme Le Pen, c'est que le Rassemblement National est du côté du côté de Poutine. De toutes les manières, ils sont par des procédés directs ou indirects, ils se sont mis dans une hostilité profonde à l'Ukraine. Ils disent que bien sûr, ils sont solidaires à l'Ukraine mais qu'il ne faut pas leur envoyer d'armes, qu'il ne faut pas de sanctions. Alors que Mme Meloni a été très nette. L'ami de cœur, si je puis dire, de Mme Le Pen, ce n'est pas Mme Meloni, c'est M.
Salvini. Salvini est un client, un client de M. Poutine. Gerd Wilder en Hollande est également très hostile. Et c'est là où, à mon avis, il y a un danger très réel, entre autres.
Et dans le prolongement de la question précédente, Stéphane, sur l'appli, je suis écologiste. Si un candidat modem veut le Rassemblement Républicain face au RN, alors je m'abstiendrai de voter cette fois-ci. Je pense qu'on est quelques millions à penser ça. Bon courage au modem et à En Marche pour gagner des élections nationales sans la gauche.
Écoutez, je crois en tout cas que nous disions au modem de façon très simple que la Macronie marche sur deux pieds. Il y a un pied à droite et un pied à gauche. Nous sommes au centre donc nous sommes bien placés pour essayer de les faire fonctionner, de les faire articuler ensemble. Ce que nous croyons c'est que ce serait très grave pour la majorité de se dégarnir même s'il faudrait réagir à un certain nombre de tentation à droite. Ça serait très très grave de se dégarnir à gauche parce que si l'espace central est mangé par la gauche alors là le risque est grand aux prochaines présidentielles que le candidat de l'espace majoritaire arrive troisième.
Et ça, ce serait selon moi la catastrophe des catastrophes.
Jean-Louis Bourlange, merci d'avoir été à notre micro ce matin. Sous-titrage ST' 501
Jean-Louis Bourlanges