"Les journalistes ne sont pas exempts de tout compte à rendre", affirme Franck Riester
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est le bienvenu chez nous en France ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Et Julien Assange, à vos yeux, c'est un lanceur d'alerte qui a été utile ces dernières années ?
- 1:58RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est de l'amateurisme ou une volonté de tricher et de tromper les Français ?
- 2:35RelanceRéponse partielle
Parce que c'est une enquête de France Info, les chiffres donnés en début de semaine par le gouvernement ne sont pas ceux que nous révélons ce matin.
- 3:22RelanceRéponse directe
Si France Info a fait une enquête, c'est aussi pour s'assurer de la véracité de tous ces chiffres.
- 3:38OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas un vrai risque de déception aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« En tout cas, la question des lanceurs d'alerte est une question majeure dans nos démocraties. »
- 0:20Invité politiqueFait
« C'est un marqueur des démocraties, protection des lanceurs d'alerte. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Et c'est une grande démocratie. Je leur fais confiance pour gérer de la meilleure façon possible le cas Assange. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Je pense, oui. Je pense, oui, qu'il a été utile. »
- 2:18Invité politiqueFait
« Depuis le départ, tout est transparent. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Donc, vraiment, on ne peut pas être plus transparent. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Moi, je vous dis que la volonté du Président de la République, du gouvernement, c'est d'être transparent. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Il y a deux choses. Il y a la restitution. Ça, la restitution, c'est la synthèse de ce qui a été dit dans le grand débat. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Le président de la République est très attaché à la culture et il a une grande ambition pour notre pays en matière de culture. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Vous savez, moi je suis très attaché à l'égalité femmes-hommes. »
- 9:31Invité politiqueFait
« La redevance ne sera plus effectivement collectée via la taxe d'habitation, parce que la taxe d'habitation va être supprimée. »
- 9:51Invité politiqueFait
« Ce qui est certain, c'est que ce financement doit être à hauteur de l'ambition. »
- 10:14Invité politiqueFait
« Est-ce que c'est une fiscalité directe affectée, ce qui se fait dans la plupart des pays européens, et qui est la meilleure façon de garantir cette indépendance et garantir un financement pérenne ? »
- 11:57Invité politiqueFait
« Non, je ne le crois pas. »
- 14:09Invité politiquePromesse
« Oui, elle exclut toute privatisation de chaînes d'ici la fin du quinquennat. »
Temps de parole
- Franck Riester72 %
- Présentateur10 %
- Invité9 %
- Invité 27 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Franck Riester, le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a donc été arrêté hier à Londres. Les Etats-Unis réclament ce matin son extradition. Est-ce qu'il est le bienvenu chez nous en France ?
En tout cas, la question des lanceurs d'alerte est une question majeure dans nos démocraties. C'est un marqueur des démocraties, protection des lanceurs d'alerte. Après, il y a une procédure judiciaire en Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne fait partie de l'Union Européenne encore pendant quelques semaines. Et c'est une grande démocratie. Je leur fais confiance pour gérer de la meilleure façon possible le cas Assange. Son avocat réclame l'asile en France. Quelle est la réponse du gouvernement ? La réponse du gouvernement, c'est de faire confiance aux Britanniques sur la façon dont ils vont, avec leur justice, traiter la question de Julian Assange.
Il y a une dimension lanceur d'alerte, mais il y a aussi une dimension judiciaire. Et c'est à la Grande-Bretagne, qui est une grande démocratie, de prendre la meilleure décision possible.
Et Julien Assange, à vos yeux, c'est un lanceur d'alerte qui a été utile ces dernières années, quant à la révélation d'un certain nombre de faits, et donc au bon fonctionnement de la démocratie ?
Je pense, oui. Je pense, oui, qu'il a été utile. Après, il faut voir jusqu'où il a été. Et c'est toujours la difficulté chez les lanceurs d'alerte, c'est la dimension d'utilité essentielle. Je vous le disais tout à l'heure, on a besoin de lanceurs d'alerte dans les grandes démocraties.
Donc on a besoin de Julien Assange.
Julien Assange a été utile. Maintenant, jusqu'où il a été ? Comment il a géré sa relation avec la justice britannique ? Parce qu'on voit qu'il y a une question aussi de procédure, de liberté conditionnelle qui n'aurait pas été respectée comme ça aurait dû être. Je fais confiance à la justice britannique, qui est une justice dans un grand pays démocratique, pour gérer de la meilleure façon possible judiciairement le cas de Julien Assange. Mais ce qui est certain, c'est que dans l'avenir, dans le présent et dans l'avenir, nous devons, nous, les grandes démocraties, notamment européennes, s'assurer de la protection des lanceurs d'alerte.
Franck Reister, France Info, révèle ce matin que le gouvernement a modifié les chiffres du grand débat. Le nombre de contributions, notamment, a été surévalué. Des centaines de milliers de contributions faites sur les cahiers de doléances ont été écartées du résultat final présenté en début de semaine par Édouard Philippe. Est-ce que c'est de l'amateurisme ou une volonté de tricher et de tromper les Français qui ont participé ?
Depuis le départ, tout est transparent. Il y a des garants, tout est soumis d'une façon totalement transparente sur les sites Internet, notamment, par exemple, de la Bibliothèque Nationale de France. Donc, vraiment, on ne peut pas être plus transparent. Et la preuve, s'il y a un débat ou une polémique sur les chiffres, ça veut dire que tout ça est sur la table.
Parce que c'est une enquête de France Info, les chiffres donnés en début de semaine par le gouvernement ne sont pas ceux que nous révélons ce matin.
Vous avez fait une enquête parce que vous aviez les chiffres. Donc, ça veut dire que tout ça est transparent, tout ça est sur la table. Alors, après, je ne sais pas précisément comment les calculs ont été faits. Ce qui est certain, c'est que le gouvernement, justement, a pris des garants pour s'assurer que tout ça n'était pas contestable. Donc, je pense que ça ne l'est pas. Après, il faut regarder en détail ce qu'il en est sur cette polémique. Moi, je vous dis que la volonté du Président de la République, du gouvernement, c'est d'être transparent. Tous les résultats, toutes les contributions sont accessibles sur les sites de la Bibliothèque nationale de France.
Les garants sont là pour s'assurer de la véracité de tous ces chiffres. Donc, il n'y a aucun, à mon avis, aucune polémique à avoir.
Si France Info a fait une enquête, c'est aussi, justement, pour s'assurer de la véracité de tous ces chiffres. Il y a un autre chiffre en Christaire. C'est un sondage au Doxa d'Enso-Cosnitique pour France Info ce matin qui révèle que 69% des Français ont été déçus, ne sont pas satisfaits de la restitution de ce grand débat par Édouard Philippe lundi.
C'est du factuel. La restitution, c'est une synthèse.
Est-ce qu'il n'y a pas un vrai risque de déception aujourd'hui ?
Il y a deux choses. Il y a la restitution. Ça, la restitution, c'est la synthèse de ce qui a été dit dans le grand débat. Alors, il y avait quatre questions qui ont structuré le grand débat. Ça ne pouvait pas être sur tous les sujets, dans tous les sens. Donc, il y a eu une structuration. Évidemment, la conséquence directe, c'est ce qui ressort du grand débat, est assez structurée aussi autour de ces quatre grandes questions. Je vois, par exemple, la culture. La culture a été très peu présente dans le grand débat. C'est parce que, notamment, ce n'était pas une question qui avait été portée dans ce grand débat puisqu'on voulait plutôt des questions transversales.
Vous le regrettez qu'on n'ait pas parlé de culture dans ce grand débat ?
Je regrette que peut-être des Français ne se soient pas saisis spontanément de cette question-là. Mais beaucoup d'acteurs de la culture ont pris des positions. Il y a eu des débats. Et surtout, ce qui compte, c'est qu'à la sortie du grand débat, la culture soit très présente. Parce que la culture, c'est ce qui nous rassemble. C'est ce qui nous permet, même si on peut avoir des différences politiques, des différences de perception, de se retrouver autour d'émotions partagées et autour de valeurs communes.
Vous craignez pas d'être sacrifié s'il faut chercher de l'argent pour faire des économies d'un prix notamment ?
Le président de la République est très attaché à la culture et il a une grande ambition pour notre pays en matière de culture. Je reviens à la question que vous avez posée. Il y a la question de la restitution, où là, c'est du factuel. Et donc, ça peut être orienté par rapport au cadre du débat, mais c'est du factuel. Et puis après, il y aura ce que le président de la République, lui, en tant que président de la République, va dire aux Français et les décisions qu'il va prendre à la sortie du grand débat. Et qu'est-ce qu'il doit dire, justement, pour éviter cette déception, ce risque de déception ?
Qu'est-ce qu'il doit dire, le président de la République ?
Écoutez, il y a un risque de déception, évidemment, puisqu'à chaque fois qu'il y a une annonce, qu'à chaque fois qu'il y a des décisions qui sont prises, il peut y avoir de la déception, mais il peut y avoir de la satisfaction. Il peut y aussi, pardon, et moi je le crois et j'ai confiance, aussi une perception par les Français que le président de la République a pris toute la mesure de la crise et de l'attente des Français en matière de sens donné à l'action et en matière d'ambition pour notre pays. Et je ne doute pas qu'il saura trouver les mots pour ce faire.
On va évoquer longuement, dans quelques instants, Franck Riester, les dossiers qui vous concernent directement, notamment la future loi audiovisuelle. Mais d'abord, un mot sur ce qu'on a appris hier. L'épouse de Gilles Le Gendre, le chef de file des députés En Marche à l'Assemblée nationale, va être nommé dans les jours qui viennent à la tête de la communication de la Française des Jeux. Le même groupe qui est en voie d'être privatisé par le gouvernement. Est-ce qu'il y a pour vous un conflit d'intérêt ? Non, je ne crois pas.
Vous savez, moi je suis très attaché à l'égalité femmes-hommes. On l'est tous autour de cette table.
Ma question ne demande pas si elle doit quitter ses fonctions, mais si l'un des deux doit se mettre en retrait.
Oui, mais là franchement, il n'y a pas de l'un direct entre Gilles Le Gendre, qui n'est pas directement décideur de la privatisation de la Française des Jeux, et la directrice de la communication... Gilles Le Gendre est le chef de la majorité à l'Assemblée nationale. Oui, mais d'accord, mais il n'est pas membre du gouvernement, et sa conjointe, je ne sais pas si elle... Son épouse ou sa compagne, je ne sais pas d'ailleurs. Son épouse ou sa compagne, serait apparemment directrice de la communication de cette entreprise, ce qui n'est pas la présidente...
Chargée d'expliquer notamment que la privatisation est une bonne chose pour l'entreprise.
Oui, mais elle est chargée... Ce n'est pas elle qui prend la décision, la Française des Jeux ne prend pas la décision de la privatisation, c'est le gouvernement qui la prend. Donc la directrice de la communication fait la communication de la Française des Jeux, pas la communication du gouvernement. Il n'y a pas l'ombre d'un conflit d'intérêt pour vous ? Écoutez, moi je pense vraiment qu'on a besoin de garantir aussi aux femmes et aux hommes, ça dépend de responsables politiques, les conjoints ou conjointes d'hommes politiques, de pouvoir avoir aussi une vie professionnelle.
Vous pourriez imaginer que ce soit lui qui se mette en retrait, pardon Renaud. Il pourrait se retirer ?
Oui, mais les responsables aussi, les conjoints ou conjointes de directrices de la communication de la Française des Jeux ont le droit de faire de la politique aussi.
Bon, Franck Riester, vous restez avec nous si vous voulez bien, on s'interrompt une minute. David Daubat pour le tour de l'actualité à 9h20.
Les experts de la Sûreté nucléaire en sont convaincus, EDF va devoir revoir 8 soudures de l'EPR de Flamanville, des soudures de quelques millimètres seulement, mais très difficiles d'accès, conséquence au moins 2 ans de retard supplémentaire dans les travaux. Exhaustivité remise en cause, subjectivité dans la présentation des résultats, selon les informations de France Info, l'exécutif s'accorde quelques arrangements dans la restitution des grands débats. Il y aurait notamment 260 000 contributions de moins qu'annoncées, et la synthèse présentée par le gouvernement n'a pris en compte que la moitié des contributions faites hors ligne.
Enfin, le sujet de l'ISF qui arrive en tête aurait été quelque peu dilué dans les autres préoccupations. Sur France Info ce matin, Laurence Saint-Martin, député LREM, estime pour sa part que cette restitution est pour le moins objective. Réunion à Washington de l'Agence fédérale de l'aviation américaine, y participeront également les compagnies aériennes, exploitant les fameux Boeing 737 MAX, des avions qui sont, je vous le rappelle, cloués au sol après deux accidents mortels. Et puis, il avait été admis pour des douleurs thoraciques. Le Dalaï Lama est sorti de l'hôpital de New Delhi ce matin. Le chef spirituel des Tibétains est âgé de 83 ans.
Le ministre de la Culture, Franck Riester, est avec nous jusqu'à 9h. Question de Renaud Deli.
Vous présenterez prochainement, Franck Riester, une grande loi de réforme de l'audiovisuel. L'un de vos collègues du gouvernement, Gérald Darmanin, le ministre de l'Action des Comptes Publics, a déjà une suggestion à vous faire. Il plaide pour la suppression de la redevance audiovisuelle.
La question se pose de cette redevance télé, surtout qu'on ne saura plus comment l'adresser, puisqu'on supprime la taxe d'habitation. Elle est adressée avec la taxe d'habitation. C'est l'impôt que payent le plus les gens, la redevance télévisée, notamment les personnes âgées. Et tout le monde sait aujourd'hui qu'on regarde la télévision, et singulièrement la télévision publique, par autre moyen que simplement un écran de télévision.
Est-ce qu'il faut supprimer la redevance, Franck Riester ?
Alors Gérald Darmanin pose un certain nombre de sujets qui sont des sujets majeurs. La redevance ne sera plus effectivement collectée via la taxe d'habitation, parce que la taxe d'habitation va être supprimée. Il parle aussi d'une modification des usages. C'est vrai qu'on regarde de plus en plus la télévision sur un autre support que le poste de télévision, notamment sur les smartphones ou les tablettes. Et donc il faut réfléchir techniquement comment on finance l'audiovisuel public. Ce qui est certain, c'est que ce financement doit être à hauteur de l'ambition. Et moi j'ai une grande ambition, et le gouvernement a une grande ambition en matière d'audiovisuel public.
Deuxièmement, que ça soit prévisible, c'est-à-dire qu'on puisse inscrire le travail et l'action de l'audiovisuel public dans le temps avec un financement assuré sur le temps long. Et troisièmement, qu'il soit pérenne, c'est-à-dire que ça ne dure pas pendant un an ou deux ans, mais que ça soit dans le temps long. Et dernièrement, que ça assure l'indépendance de l'audiovisuel public. Est-ce que c'est une fiscalité directe affectée, ce qui se fait dans la plupart des pays européens, et qui est la meilleure façon de garantir cette indépendance et garantir un financement pérenne ? Je le pense. Est-ce que c'est la seule solution ?
Donc on ne supprime pas leur devance. Vous dites « je le pense ». Vous pensez que la meilleure solution d'abord, la première, c'est la fiscalité directe ?
Je pense que ce qui compte, c'est qu'on ait un financement à la hauteur de l'ambition. Ce qui se passe dans un grand nombre de pays européens, c'est que c'est un financement affecté. Ce n'est pas la seule solution, puisqu'il peut y avoir une budgétisation. Budgétisation, ça veut dire que c'est une subvention versée par le budget de l'État, qui peut avoir un certain nombre de garanties, comme par exemple la garantie dans le temps. C'est-à-dire de dire, voilà, pendant 5 ans, pendant 10 ans, il y a une garantie de subvention précise pour l'audiovisuel public.
Ce qui compte, c'est que les financements soient à la hauteur des ambitions, qu'ils soient pérennes et qu'ils permettent l'indépendance de l'audiovisuel public. Que chaque année, on ne se retrouve pas avec une épée de Damoclès dans l'audiovisuel public, de voir ces financements réduits par une décision gouvernementale. C'est ça le sujet. Et donc, je souhaite qu'avec mon collègue du gouvernement, Gérard Darmanin, mon collègue du gouvernement, Gérard Darmanin, peu importe s'il m'avait prévenu, vous savez, on discute en permanence avec Gérard Darmanin. Vous discutez avant les interviews, par exemple ?
Non, mais on discute en permanence, mais on ne discute pas chaque fois qu'on prend la parole, parce que sinon, on ne s'en sortirait pas. Ce qui est certain, c'est qu'on va travailler ensemble et que c'est le Premier ministre et le Président de la République qui prendront leurs décisions. Est-ce que l'audiovisuel public coûte trop cher aujourd'hui aux contribuables ? Non, je ne le crois pas. Je crois que nous avons besoin, comme partout, de faire des économies. D'ailleurs, il y a un plan d'économie qui est en cours tant chez France Télévisions que chez Radio France, avec une perspective financière pluriannuelle légèrement baisse, parce que chacun doit faire des économies.
mais l'audiovisuel public est un coût, mais aussi un investissement. C'est un investissement pour l'avenir. C'est un investissement en matière d'éducation. C'est un investissement en matière d'information. Regardez les débats qu'on a sur la désinformation. On a besoin d'avoir une information fiable, produite par des journalistes indépendants. C'est une des missions premières de l'audiovisuel public. Le financement de la création. On a besoin de financement dans la création française et européenne. Donc, l'audiovisuel public est un des grands investisseurs dans la création audiovisuelle. Nous avons besoin d'un audiovisuel public fort.
La radio, la radio publique, avec ce bouquet d'antennes que vous avez à Radio France, avec une couleur, une différence de traitement de l'information, une différence d'approche entre France Culture, France Inter, France Info. On a besoin de cette diversité de la radio. Donc, il n'est pas question de fermer une chaîne, Franck Riester, ou d'en privatiser une autre ? Il est question de maintenir... Non, privatisation, non. Vous excluez toutefois nos privatisations.
On a pris la décision, le gouvernement a pris la décision de fermer deux antennes de France Télévisions, France O et France 4, sans pour autant, bien évidemment, supprimer les contenus jeunesse et les contenus d'audiovisuel issus de l'outre-mer ou de l'outre-mer ou autour des sujets d'outre-mer à la télévision publique. Loin s'en faut, et je dirais même bien au contraire, puisqu'on a une vraie ambition de davantage de visibilité de l'outre-mer sur les antennes de France Télévisions. D'ailleurs, vous êtes, vous, bien placé pour le savoir à France Info, puisque maintenant, France Info et la chaîne France Info est diffusée sur la TNT dans l'outre-mer, ce qui n'était pas le cas précédemment.
Et donc, je suis ravi de cette nouveauté au service de l'information dans l'outre-mer. Et donc, ce n'est pas parce qu'il va y avoir deux antennes de chaînes de fermer sur France Télévisions que ça remet en cause l'ambition qu'il y a en matière d'audiovisuel public, tant en matière de télévision, de radio, que d'internet.
Et cette ambition, donc, Franck Rister, elle exclut clairement toute privatisation de chaînes d'ici la fin du quinquennat.
Oui, elle exclut toute privatisation de chaînes d'ici la fin du quinquennat. Ce n'est pas du tout l'état d'esprit dans lequel nous sommes. Nous sommes volontaires sur l'audiovisuel public. Nous avons une ambition pour l'audiovisuel public. Il y aura un financement qui sera pérenne et qui garantira l'indépendance de l'audiovisuel public, comme d'ailleurs la gouvernance sur laquelle je travaille. La loi audiovisuelle que je présenterai à l'été aura trois parties. Une partie sur la régulation de ce secteur, une partie sur le financement de la création et une partie sur l'organisation de l'audiovisuel public.
Est-ce que dans le financement de l'audiovisuel public, Franck Rister, il pourrait y avoir le retour de la publicité sur les chaînes de télé publique après 20 heures ?
Non, parce que je considère et nous considérons qu'il y a déjà un équilibre qui a été trouvé entre publicité dans la journée et absence de publicité le soir, qui est un équilibre qui, pour l'instant, permet d'avoir des ressources financières complémentaires à la redevance, qui s'appelle d'ailleurs la contribution à l'audiovisuel public, utile pour France Télévisions. Comme d'ailleurs, il y a de la publicité aussi sur les chaînes de Radio France, les antennes de Radio France, qui permet d'aller chercher des financements complémentaires.
Je dis juste que ma sensibilité est plutôt à dire qu'il faut un financement, à l'audiovisuel public, un financement public, à l'audiovisuel privé, un financement privé. Mais je ne veux pas rentrer dans ce débat-là, surtout qu'il faut pour l'instant préserver l'équilibre économique trouvé avec cette publicité dans la journée à France Télévisions.
Est-ce que de nouveaux secteurs pourraient avoir accès à la publicité, par exemple la grande distribution ?
Alors ça fait partie des réflexions, des débats qu'on aura et des décisions que nous aurons à prendre. Pour l'instant, nous avons une phase d'écoute. On regarde toutes les parties prenantes, à la fois les annonceurs, les chaînes de télévision, celles et ceux qui bénéficient de l'absence de grande distribution dans la publicité sur les chaînes de télévision, la presse quotidienne régionale et la radio, et qu'on voit bien à quel point c'est important dans leur financement. Et donc il faut trouver le bon équilibre entre les intérêts des uns et des autres.
Ce qui est certain, c'est que sur Internet, il n'y a pas de règle de limite de publicité pour la grande distribution ou de jours interdits pour la publicité ou pour tel ou tel type de publicité. Donc on a besoin, je crois vraiment, à la fois de remettre des contraintes aux acteurs du numérique qui arrivent en concurrence vis-à-vis des acteurs traditionnels de la télévision ou de la radio, et en même temps alléger un certain nombre de contraintes pour ces acteurs historiques justement. Tout en gardant un système qui permette le financement du cinéma et de la création audiovisuelle, et qui permette le financement de la télévision et de la radio.
Dans le cadre de votre réforme, vous évoquiez aussi la création de cette grande holding pour gouverner l'audiovisuel public. Quels en seront les contours ? Pourquoi créer une holding ?
Aucune décision n'est prise. Tout est sur la table. Là aussi, je suis dans une phase de consultation. La présentation devrait être allaitée au mois de juillet en Conseil des ministres. Ce qui compte, c'est de trouver la meilleure organisation pour relever le défi numérique et s'adapter aux usages. Ce n'est pas tranché. Nous travaillons notamment à cette possibilité-là d'une holding, une société holding redroupant Radio France, France Télévisions, Lina, France Média Monde. Arte est propriété actuellement de Radio France, de France Télévisions, de l'État et d'un certain nombre d'autres acteurs. Ça le restera. On verra comment les actionnariats des uns et des autres sont mouvants.
Ce qui est certain, c'est qu'Arte devra aussi faire partie de la réflexion globale qu'on a en matière d'audiovisuel public en France et en Europe parce que c'est de l'argent public et ça doit être réfléchi d'une façon collaborative. Et cette holding permettrait éventuellement de pouvoir mieux coordonner les actions de la télé, de la radio et de l'Internet. Mais ce n'est pas la seule solution. La décision n'est pas prise. Ça peut aussi fonctionner avec des collaborations plus étroites comme a été réussi France Info puisque la télévision est une réussite. Je pense qu'on pourrait encore aller beaucoup plus loin s'il y avait davantage de coopération et de collaboration.
Mais beaucoup de choses ont déjà été faites.
Ah pardon, Franck Riester, il y a une règle à la radio et à la télévision, c'est qu'on essaie d'être à l'heure. Pour les titres, c'est raté. Il est 8h51 mais on se retrouve dans une minute. D'abord, David Doba.
Je trouve bavard. La garde à vue de Carlos Ghosn prolongée, c'est ce qu'annoncent les autorités judiciaires japonaises ce matin. L'ancien patron de Renault-Nissan restera en prison au moins, a priori en tout cas, jusqu'au 22 avril. C'est une information que France Info vous dévoile ce matin. La rentrée prochaine, les étudiants réfugiés en France pourront bénéficier d'une bourse universitaire. L'annonce doit être officialisée par Frédéric Vidal à Strasbourg. 2000 personnes concernées pour un coût total de quelques 8 millions d'euros. Au moins 16 personnes tuées. Ça s'est passé au Pakistan il y a quelques heures, à Keta précisément.
Une bombe a explosé sur un marché dans cette province connue pour être particulièrement instable. Benoît XVI sort de son silence. Le pape émérite explique les scandales de pédophilie du clergé par la révolution sexuelle des années 60 et l'effondrement de la foi. Il étaye sa pensée dans un texte de 18 pages publié dans un mensuel bavarois. Et puis on peut appeler ça un affront. Les handballeurs français sèchement battus au Portugal hier soir 33 à 27. Des faits qui ne devraient pas avoir de conséquences sur leur qualification pour l'euro 2020 même s'ils ne sont désormais plus en tête de leur groupe.
Franck Riester, est-ce que le ministre de la Culture fait partie des 5 millions d'abonnés français à Netflix ?
Je regarde comment fonctionne Netflix effectivement parce que c'est important de voir la façon dont travaillent ces nouveaux acteurs qui viennent concurrencer directement les acteurs traditionnels français notamment sur Canal Plus mais pas seulement et on a besoin de comprendre comment ils travaillent. Donc vous êtes abonné ? Vous ne pouvez pas nous dire que vous dites les codes de quelqu'un d'autre, ça ferait un peu désordre. Mon conjoint est abonné. D'accord.
Ma question n'était pas aussi précise que ça. Est-ce que c'est un danger aujourd'hui pour la création en France ?
Oui, si nous n'arrivons pas, et on va le faire, à leur imposer des contraintes en matière d'investissement dans les contenus français et européens. C'est tout l'enjeu de la loi audiovisuelle de transposition de la directive SEMA qui est une directive européenne et qui permet à maintenant les Etats de pouvoir mettre dans leur législation des dispositifs qui obligeront les plateformes comme Netflix d'investir dans les contenus français et européens et de les exposer.
Alors ce n'est pas simple parce que c'est un algorithme évidemment complexe mais il faut qu'on trouve les voies et moyens pour s'assurer que non seulement ils investissent mais ensuite ils exposent ces contenus français et européens. Ils ont déjà d'ailleurs commencé à investir. Objectivement Netflix investit déjà dans les contenus français et européens. Tant mieux, on veut s'assurer dans l'avenir qu'ils investissent au bon niveau, c'est-à-dire 30%.
La patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte a poussé un coup de gueule il y a quelques jours puisque la plateforme qu'elle avait prévue de lancer avec TF1, M6 et donc France Télévisions n'a toujours pas vu le jour. Elle était partie à la Commission européenne. Elle est maintenant, je crois, sur la table de l'autorité de la concurrence. Est-ce qu'on n'est pas... Entre-temps, il y a eu un million d'abonnés supplémentaires à Netflix. Est-ce qu'on n'est pas en train de se tirer tout seul une balle dans le pied ?
Delphine Ernotte a raison. Salto, pardon, elle s'appelle, cette plateforme. J'ai oublié de donner le nom. C'est Salto, effectivement. Elle a raison. On voit bien d'ailleurs qu'en Europe, il y a besoin de faire bouger l'Europe, de la réformer, de la refonder pour qu'elle soit plus efficace, pour qu'elle soit moins naïve en matière commerciale et en matière industrielle, qu'on puisse bâtir des géants, nous aussi, européens, pour concurrencer les géants, notamment en numérique, américains et chinois. Et donc, il est très important que cette plateforme existe, Salto, et qu'ensuite, on puisse travailler en partenariat avec l'Europe pour avoir une vraie grande plateforme européenne.
Est-ce que vous savez, vous, quand elle sera lancée ? Le Netflix européen, moi, j'y crois. Est-ce qu'en attendant le Netflix français, est-ce que vous avez une date de lancement ? Alors, non, je n'ai pas de date de lancement. On va regarder ça, effectivement, avec les acteurs concernés, avec l'autorité de la concurrence. Mais c'est une très bonne chose que des acteurs qui sont concurrents, parfois sur l'audience en France, se soient rassemblés pour proposer un dispositif qui permette de mettre à disposition des publics les contenus de France Télévisions, de TF1 et de M6.
Vous avez évoqué tout à l'heure, Franck Christère, la question de la déontologie des journalistes, notamment face au déferlement de fake news. Il y a un rapport qui vous a été remis. Est-ce qu'il y a la tentation au gouvernement de créer un conseil de déontologie de la presse ? À quoi ça ressemblerait ? Est-ce qu'il y a une volonté de contrôle des journalistes ?
Vous savez, je pense que c'est un défi pour toute notre démocratie, c'est de retisser des liens de confiance entre les citoyens et les responsables politiques et aussi entre les citoyens et les journalistes.
Et entre les citoyens et les journalistes, c'est au gouvernement de s'en occuper ?
Non, c'est aux journalistes de prendre leurs responsabilités, oui, je pense. Et donc, c'est fait dans un certain nombre de pays, dans un certain nombre de grandes démocraties. C'est des conseils de presse, des conseils de déontologie. C'est-à-dire que ce n'est pas une administration, ce n'est pas le politique qui va avoir un regard sur ce qu'est l'éditorial de journalistes ou de rédaction, mais ce sont les professionnels eux-mêmes qui peuvent donner un avis, qui peuvent dire, attention, là, les règles classiques du journalisme n'ont pas été respectées. Un avis ou un pouvoir de sanction également ? Un avis. Un avis. Et c'est important, pourquoi c'est important ?
Parce qu'on a besoin de dire aux Français que les journalistes ne sont pas exants de tout compte à rendre. Personne n'est exempt de compte à rendre. Même pas les journalistes. Et je crois que ce signal-là qui a été envoyé dans d'autres... Ils en rendent déjà à leurs employeurs,
à leurs lecteurs, à leurs auditeurs, à leurs télévisateurs.
Mais ce n'est pas en tout cas la perception qu'ont les Français. Et donc, je crois, mais ce ne sera sûrement pas au gouvernement de prendre la décision de ce conseil de presse. Le gouvernement, éventuellement, si ce conseil de presse ou de déontologie se mettait en place, d'adapter le reste des dispositifs publics, par exemple, les comités d'éthique, par exemple, les pouvoirs du CSA, pour tenir compte de cette réalité-là. Je crois qu'on a toujours intérêt de démontrer aux Français que nous qui avons, d'une certaine façon, une forme de pouvoir, il y a un contre-pouvoir, ou en tout cas, des comptes à rendre.
Renaud Delis. Franck Rester, vous avez jusqu'à ce soir minuit. Si vous voulez jouer à un jeu qui est organisé en collaboration par le Musée du Louvre et la plateforme Airbnb pour gagner une nuit au Musée du Louvre, ça ne plaît pas beaucoup à la mairie de Paris qu'Airbnb soit partie prenante de cette initiative. Est-ce que, vous, ça vous satisfait ?
Oui, écoutez, c'est très bien d'aller chercher toutes les initiatives permettant de faire venir les gens au musée. Le Louvre est très créatif, très innovant en la matière, tant mieux.
Donc, bienvenue à Airbnb. Bienvenue au Louvre. Merci à vous, Franck Rester, ministre de la Culture. C'était ce matin l'invité de France Info Radio et télé réunis comme chaque matin. Merci à vous. Merci à vous.
Merci à vous.
Franck Riester