François Kalfon: «L'Europe a montré qu'elle pouvait faire reculer Donald Trump»
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'atelier politique avec Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps dont parfois le tumulte de l'actualité nous prive. Le temps de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec François Calfon, député européen, membre du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Bonsoir. Bonsoir. Cette émission est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour à peu près 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps pour développer vos idées.
Et comme cette émission s'appelle l'atelier politique, je vais vous poser la question rituelle. Puisque généralement, dans un atelier, il y a des outils. Est-ce que vous avez, François Calfon, un outil de prédilection ?
Je ne sais pas, le mot qui me vient, c'est la dague, le tranchant. Parce que moi, je n'aime pas les faux-semblants. Ou le couteau, alors, si bien... Oui, oui, mais c'est plus médiéval. Oui, oui, c'est plus politique. C'est plus chevalesque.
Oui, on reviendra d'ailleurs dans un instant. Je laisserai à certains amis de la gauche la faucille et le marteau. Oui, et on reviendra à vos références au chevalesque dans un instant d'ailleurs. Vous êtes né à Sarcelles, François Calfon, quelques semaines après les événements de mai 68. C'est dans cette ville que vous avez passé votre jeunesse ?
Non, ici, Mouyénaud. Ici même d'ailleurs, pour ceux qui ne connaissent pas, les studios sont ici. Non, j'y ai passé mes premières années comme beaucoup de familles de rapatriés d'Algérie. Beaucoup sont partis d'ailleurs, ils restent maintenant, comme on dit, des Juifs de Sarcelles, pour venir ici à Issy Mouyénaud, tout simplement. On construisait des programmes de logements sociaux et c'est comme ça qu'on a débarqué. J'étais tout petit à la mairie d'Issy Mouyénaud et j'y suis resté longtemps.
Vous l'avez évoqué, mais c'est vrai qu'on a longtemps présenté Sarcelles comme un modèle de coexistence harmonieuse entre de très nombreuses communautés, ethniques ou religieuses. La ville était en effet connue pour son importante communauté juive. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Écoutez, moi je suis très ami avec le maire. Sarcelles vit quand même de son modèle. Et d'ailleurs, contrairement aux idées reçues, il reste une communauté juive importante à Sarcelles et ce sont des gens de milieux extrêmement populaires. Beaucoup sont en difficulté financière. Donc ce qui réunit finalement Sarcelles, c'est d'être une ville déjà très attachante, parce qu'il y a une vie incroyable là-bas, qui réunit ces communautés, et puis d'être une ville extrêmement populaire.
Mais la coexistence fonctionne encore assez bien.
Il y a eu des moments extrêmement compliqués. En 2014 notamment. Exactement. Mais je ne passe pas toute ma vie à Sarcelles. Oui, bien entendu. Je garde un lien affectif. Vous pouvez bien m'interroger sur Sarcelles. Et j'étais d'ailleurs, pas plus tard qu'hier, dans un colloque que j'ai organisé sur les plateformes de e-commerce avec Romain Eskenazi, que je salue, qui est député de Sarcelles. Non, il me semble que ça se passe pas mal et que ça reste extrêmement populaire. Parce que pour être tout à fait clair, je suis né à Sarcelles, mais j'ai passé mes premières années juste à côté à Villiers-le-Bel, qui a été aussi une ville compliquée.
Alors lorsque vous étiez gamin, vous auriez aimé, en tout cas j'ai vu que vous avez dit ça, vous auriez aimé devenir cuisinier ou caméraman. C'est vrai. Alors, plutôt caméraman ou plutôt cuisinier ? Aujourd'hui, on peut faire presque les deux sur les réseaux sociaux.
Caméraman, ce qui me plaisait, finalement c'est un peu la vie que je mène, c'est d'être témoin, alors maintenant plutôt lanceur d'alerte, face au chaos du monde. Ça, ça me plaisait énormément parce qu'à l'époque, il n'y avait pas toutes ces chaînes d'infos. Donc pour moi, le caméraman, c'était le gars qui filmait au journal de 20h, qui était une grande messe. Et c'est le gars, dans mon idée, le caméraman, ce n'était pas le micro-trottoir, c'était la personne qui allait sur des zones de guerre, etc. Donc finalement, un peu l'ADN d'information des RFI. Et ça, ça m'est totalement resté… Voilà. Cuisinier, j'étais très gourmand, je le suis encore.
Mais simplement, vous savez, ce qui m'a détourné de ce métier, très tôt, quand j'étais gosse, c'est parce que j'adore bouffer. Mais un jour, je me suis aperçu, d'ailleurs c'était avant la mode des grands chefs, parce que maintenant on est dans la création, je me suis aperçu qu'il fallait faire le même plat tous les jours à 40 types, et là je trouvais ça nettement moins glamour.
Mais vous dites aussi qu'avec un grand-père engagé à la SFIO, qui était l'ancêtre du Parti Socialiste, dès sa création, il était difficile, dites-vous, de résister à l'appel de la politique. C'est votre grand-père, en quelque sorte, qui vous a donné le virus ?
C'est toute la famille, c'est-à-dire que le grand-père, je l'ai connu, si vous voulez, ce, ma collaboratrice qui n'est pas loin d'ici, elle doit halluciner, mais mon grand-père, il a connu la Première Guerre mondiale, et puisque vous parlez d'Issi Moïno, moi quand j'étais à l'école La Fontaine, à Issi Moïno, on allait vers le fort d'Issi Moïno, il y avait le quartier arménien qui existe toujours, et on allait donner des colis aux poilus, je ne sais pas si vous voyez la chose.
Alors, pour répondre à votre question, ce grand-père, oui, il était assez fio, pour dire la vérité, quand il a vieilli, il est devenu un peu gaulliste sur les bords, mais par contre, l'ADN socialiste a infusé chez l'ensemble de ses enfants, de sorte que mon oncle, qui est décédé il y a quelques années maintenant, était plus dans le syndicalisme enseignant, puisque je suis une famille issue vraiment de la République fonctionnaire, si j'ose dire, avec la moitié d'enseignants et la moitié de postiers, donc vous voyez, c'est totalement voué au service public, et à une gauche socialiste, laïque, de postiers qui étaient à force ouvrière, à l'époque où c'était quand même le syndicat vraiment socialiste.
Il paraît que vous avez une passion pour les loups.
Mais c'est vrai. Est-ce que c'est parce qu'il y a une parenté avec le monde des loups et le monde de la politique ? Non, je ne sais pas vous dire pourquoi, mais c'est depuis gamin,
et je suis encore passionné, je peux vous dire combien il y a de loups en France, combien il y a de meutes. D'ailleurs, j'ai vécu ça avec beaucoup de... J'ai eu un conflit intérieur très fort, puisqu'on a voté la résolution au Parlement européen pour déclassifier le loup comme espèce protégée, et j'ai eu un conflit intérieur. Et maintenant, si vous voulez, par le loup, je me suis plus intéressé à l'activité pastorale, et en quoi il y a un conflit d'usage entre les deux. Et donc, du coup, c'est une ouverture sur le monde pastoral. Mais je suis encore... Je ne sais pas vous dire pourquoi, en réalité. Ça me poursuit.
Peut-être les contes pour enfants qui ont infusé, mais je suis de très près la présence du loup. Et j'ai un rêve qui n'a pas été assouvé, d'ailleurs, je le dis en confidence ici. C'est que tous les jours, je suis ça sur les chaînes YouTube qui sont consacrées. Les gens filment des loups, même en zone urbaine. On en a retrouvé un près du centre de Cannes hier. Je me dis peut-être un jour, je regarde par le train, quand je conduis, etc., je vais voir un loup en liberté. Et là, ce sera un des buts de ma vie qui sera réalisé. Mais par exemple, sur le Ventoux, moi, j'ai une maison pas très loin du Ventoux. Il y a une meute de loups.
Et d'ailleurs, on dit même, ce qui est assez faux, qu'il y ait une meute de loups noirs, ce qui serait des loups qui viennent de l'Europe centrale, ce qui serait tout à fait fantastique. Vous aimez la randonnée aussi ?
Beaucoup. J'allais vous demander si vous avez déjà croisé un loup. Là, vous avez répondu, non, ça n'est pas arrivé. J'ai croisé les Patous. Et une fois... Alors, le Patou, c'est le Montagne des Pyrénées. Alors, Montagne des Pyrénées. Très grand chien, blanc, magnifique, poilu.
Et une fois, pas loin de chez moi, dans le Gard, j'avais France Chilrode, j'étais dans le Vaucluse, et tout d'un coup, je vois des moutons en train de paître, le berger et des Patous. Donc, je dis, mais il y a le loup qui est là, qui attaque vos moutons, c'est pour ça que vous avez le Patou ? Il a dit comme ça, il y a surtout des loups à deux pattes qui viennent piquer les moutons. C'est pour ça que les Patous, ils sont là. Bon, ben voilà. J'étais un peu déçu.
Alors, vous avez parlé au tout début, et j'ai dit qu'on allait y revenir, au tout début de notre entretien de votre goût pour le chevaleresque. Et vous vous êtes illustré à cet égard il y a quelques années. Une vieille histoire. Ben oui, vous voyez bien de quoi je vais parler. Mais parce que vous avez proposé un duel sur le champ d'honneur, à l'âme, vos adversaires politiques avec lesquels vous aviez eu une altercation. Vous avez un côté vieille France, finalement ?
Oui, moi j'aime bien. En fait, quand j'ai proposé ce duel, c'est qu'il y a une image sur papier, c'est Pia Johnny, de l'ancien maire de Marseille, M. Defer, qui a proposé le dernier duel. Il y a une photo tout à fait précise.
Il y a une vidéo de ça, d'ailleurs. Oui, il y a un film, je crois.
Et en chemise blanche, Defer, il a toujours une tête très ronde, un peu décarnie comme un papy. Et on le voit en train de faire ce duel. Comme j'avais, oui, ma main avait un peu glissé. Je m'en excuse auprès des uns et des autres, ce n'est pas bien. Et donc, j'avais proposé effectivement un duel, mais c'était du second degré. Et comme d'habitude, dans l'époque où on vit, le second degré tombe à plat. Mais finalement, avec vous,
nous l'avons réhabilité. Dans le cas de Gaston Defer, je crois que c'était ce qu'on appelait un duel au premier sens. C'est-à-dire la première goutte de sang, on arrête le... C'est mieux que les insultes sur Twitter. Oui, et c'est mieux que duel jusqu'à ce que mort s'en suive. Ah non, non, je tiens à le dire.
Les jeunes oreilles qui nous écoutent ne peuvent pas penser que je serais quelqu'un de sanguinaire, ce qui n'est absolument pas le cas.
On va marquer, François Calfon, une respiration musicale avec quelque chose que vous avez choisi. Déjà. Librement. Très librement. Il s'agit en l'occurrence de la cinquième danse hongroise de Brahms. La cinquième danse hongroise de Brahms, pourquoi vous avez choisi ?
C'est un clin d'œil avec des liens qui me sont personnels et aussi, pas un clin d'œil personnel, mais beaucoup plus ouverts. Quand on va à Bruxelles ou Strasbourg, on découvre nos voisins immédiats, mais qu'on connaît, les Allemands, le Benelux, les Espagnols, les Italiens. Et on découvre quand même beaucoup plus l'Europe centrale. Et quelque part, le cœur de l'Europe centrale, de l'ancienne inspire en austro-hongrois, c'est la Hongrie, c'est Budapest, avec ce grand danube vraiment tout à fait majestueux. Et c'est une sorte de clin d'œil à ce lien entre l'Est et l'Ouest et puis à ce peuple un peu unique avec une langue très difficile à apprendre qui est la langue hongroise.
Peut-être un clin d'œil politique puisque c'est l'émission politique. Je voudrais affirmer mon soutien à l'opposition hongroise à Viktor Orban et je pense que pour la première fois depuis quelque temps, elle est en situation de gagner.
Merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani. On va en venir, François Calfon, à ce qui correspond à une nouvelle page de votre vie politique qui s'est ouverte il y a maintenant un peu plus d'un an. Et lors de la campagne des Européennes de 2024, vous avez promis de vous employer, je vais vous citer, à combler le fossé entre l'Europe et ses citoyens en menant le combat pour la transparence.
Est-il bien normal, demandiez-vous, que les deux tiers des clauses des contrats liant l'Union Européenne au laboratoire proposant des vaccins, je pense que vous faisiez particulièrement référence à la période Covid, Madame Verlaine, est-il bien normal, demandiez-vous, que les deux tiers de ces clauses soient aujourd'hui secrètes, il est impératif de rapprocher la décision des Européens, ainsi nous ouvrirons un nouveau chemin de confiance. Où en êtes-vous aujourd'hui dans ce dossier, à ma connaissance, les contrats avec les labos ne sont toujours pas accessibles aux députés ?
Absolument, Madame Verlaine, c'est une sorte de mur de glace, mais sur toute l'autre partie de la question, est-ce que j'ai réussi à rapprocher avec mes petits bras musclés ? Non, mais on a réussi quand même des vraies batailles.
Je livre actuellement, j'étais encore hier à l'Assemblée nationale avec des parlementaires de tous bords, nationaux, sénatoriaux, députés européens contre Chine et TEMU, les plateformes chinoises, on a la résistance de la commission, mais on obtient des succès, c'est-à-dire la taxation des petits colis, on va obtenir une réforme douanière qui devait intervenir en 2028, qui va intervenir avant et qui va permettre de porter la responsabilité de ce qui est vendu sur les plateformes. Vous vous rendez compte, parfois quand on ouvre les conteneurs à Roissy, il y a 95% de non-conformité et avec la loi actuelle, ils peuvent s'en dédouaner.
Eh bien, nous parvenons à faire en sorte dans peu de temps que les plateformes soient tenues pour responsables de tous les produits vendus sur ces places de marché et finalement d'entraver cette espèce de déferlement de produits de très mauvaise qualité chinois, 45 milliards d'objets par an, nous allons peut-être gagner cette bataille.
On a gagné une première manche quand même avec la désaffection du BHV et la prise de conscience par les citoyens que derrière cette offensive commerciale des Chinois qui se voit fermer le marché américain, eh bien, il y a une question civilisationnelle qui est posée parce que derrière tous ces produits vendus, il y a la disparition des commerces dans les villes. Donc, vous voyez, rapprocher l'Europe des citoyens, il y a la disparition des moyens de production de notre tissu industriel et donc ça, c'est une bataille que nous menons sur laquelle on remporte des victoires.
Deuxième bataille sur laquelle on remporte quand même des victoires transitoires, j'en suis très fier, c'était à la dernière session à Strasbourg, il y a quelques jours, nous avons obtenu finalement une résolution du Parlement européen permettant de porter notre recours à la Cour de justice de l'Union européenne comme un bâton qu'on a mis dans la roue du vélo de Mme von der Leyen qui pensait pour acquis déjà son Mercosur. Donc, on remporte des bâtiments. On va en parler
du Mercosur dans un instant. D'un mot tout de même sur les vaccins, je le disais, donc les contrats avec les labos sont toujours inaccessibles ou alors quand un euro-député peut y accéder, ce sont des versions totalement caviardées, c'est-à-dire qu'il reste un mot sur cinq et les fameux SMS d'Ursula von der Leyen avec les laboratoires pharmaceutiques n'ont toujours pas été rendus publics. Mais combien de temps ça peut durer ? Il n'y a aucun moyen d'avoir connaissance de ces choses-là. D'abord, fondamentalement, est-ce qu'elle est dans son droit en refusant de dévoiler ces informations ?
Parce que c'est quand même important. C'est l'exemple que je donnais et je me suis saisi d'autres pour être honnête. Dans son droit, certainement pas. Maintenant, dans la pratique et dans le temps de la justice et dans le temps de la commission, ça me paraît plus difficile. Mais la question que vous posez derrière ça, c'est que nous avons signé une forme de compromis en investissant, malgré tout, Mme van der Leyen pour éviter le pire, pour ancrer, finalement, la droite modérée vers les socialistes. Or, que constatons-nous depuis mon élection ? C'est que la droite modérée, elle se rapproche plutôt de l'extrême droite.
Donc, à un moment donné, ça n'est pas la prochaine fois, mais il sera bien question de remplacer la commission van der Leyen et Mme van der Leyen par d'autres, à quel point elle fout le pied des accords qu'on peut... Elle a été renouvelée récemment, tout de même. Oui, enfin, en un an et demi, elle n'a respecté aucune, finalement... Oui, enfin,
elle est encore là pour quelques temps.
Oui, enfin, elle peut tomber, ça c'est l'un des pouvoirs du Parlement européen. Pour l'instant, les socialistes n'y vont pas, mais elle peut tomber sur une motion de censure.
Oui, mais vous, vous ne la votez pas.
Pour l'instant, nous ne la votons pas. Parce que vous savez, c'est un peu la même mécanique, c'est lointain le fonctionnement européen, c'est un peu la même mécanique que sur le budget. Nous, on arrache des victoires, les unes après les autres. Donc on va voir si on arrache la victoire du Mercosur, on va voir si on arrache la victoire des plateformes.
Le Mercosur, par exemple, est-ce que vous diriez qu'il a aggravé le fossé entre l'Europe et les citoyens, et particulièrement les citoyens français ? Le problème,
c'est le volet agricole, parce que sur le reste, il y a un accord UE-Inde qui est moins problématique parce qu'il n'y a pas de volet agricole. Oui, bien sûr, qui l'aggrave. Je me mets à la place du consommateur, je suis moi-même un consommateur. On a révélé mes passions de jeunesse pour la cuisine. Je mange moins de viande, mais j'en mange quand même. Ça m'intéresse d'avoir la traçabilité sur la viande, comme nous l'avons obtenue ici à travers la crise de la vache folle, où maintenant, depuis la ferme jusqu'à l'assiette, s'il y a un problème avec la viande que vous mangez, vous pouvez remonter à l'agriculteur. Tout ça n'existe pas avec les pays du Mercosur.
La traçabilité, au mieux, elle est au niveau d'une exploitation agricole. D'autant qu'ils vont exporter des centaines de milliers, il y a déjà 200 000 tonnes de bœuf qui arrivent, plus 100 000 qui vont arriver, de bœuf piécé, ce qu'on appelle, c'est-à-dire en fait, je vous préviens d'ailleurs, un message de service pour ceux qui écoutent cette émission, quand vous commandez un onglet de bœuf, c'est particulièrement l'onglet, la bavette, eh bien ça arrive dans des poches sous-vites d'on ne sait où, souvent du Brésil, ou de l'Argentine, il n'y a aucune traçabilité.
Donc ce bœuf piécé, s'il y a un problème, type encéphalite, spongiforme, bovine, qui franchit la barrière à l'espèce et qui crée chez vous une maladie de Crossfell-Jacob, vous n'avez aucun moyen de retrouver l'animal qui a produit, et donc l'élevage, et de prendre les mesures sanitaires nécessaires. Sans parler des hormones de croissance, l'oestrobiol, je ne sais plus combien, je n'ai pas le chiffre en tête, qui sont parfaitement interdites ici, enfin en France, en Europe.
C'est affolant ce que vous êtes en train de nous dire, c'est-à-dire que pourrait arriver en France... Alors, arrive déjà, quand même. Non, mais de la viande issue de bovidé qui aurait l'encéphalite, spongiforme, bovine.
On n'a pas constaté, mais simplement, je dis que s'il y a une épisodie qui arrive, vous n'avez aucun moyen de tracer l'origine de l'épisodie, puisqu'il n'y a pas la traçabilité. Quand vous allez chez Carrefour, en Rochamps, sous couvert, ça c'est la législation européenne qui est un peu complexe, est-ce que c'est simplement de la viande découpée ? Vous regardez sur l'étiquette, vous retrouvez, il y a le code de l'agriculteur.
Là, en l'espèce, non. Et quand on achète de la viande française, a priori, là, il y a une traçabilité totale. Totale, totale. On va continuer, on va dire un mot dans un instant du fameux accord avec le Canada que vous avez évoqué, mais pour l'instant, c'est le moment de faire un point sur l'information. On se retrouve dans quelques minutes pour la deuxième partie de notre émission.
L'atelier politique avec Frédéric Rivière.
L'atelier politique avec François Calfon, député européen, membre du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Nous évoquions, François Calfon, les accords de libre-échange. On parlait de celui du Mercosur et vous avez abordé rapidement celui qui vient d'être signé par la Commission européenne avec l'Inde. Alors, il faut quand même préciser que cet accord, il représente un nombre de consommateurs environ trois fois plus importants que les pays du Mercosur. Et pourtant, cet accord-là, il semble passer comme une lettre à la poste. Est-ce que ça veut dire que c'est un bon accord et pourquoi est-ce qu'il a été mieux négocié, par exemple, que le Mercosur ?
Il y a plusieurs choses dans votre question. D'abord, moi, je vais dire quelle est ma position sur les accords de libre-échange ? Je ne suis pas du tout fan des accords de libre-échange. Je ne suis pas du tout fan d'une conception...
C'est consubstantiel de la gauche, non ? Non, mais attendez. Non, mais je vous demande. Oui, oui,
c'est plutôt consubstantiel de la gauche. Et ma vision du monde et donc de l'Europe dans le monde, c'est plutôt une vision de régulation qu'une vision des vertus du libre-échange. Je peux expliquer pourquoi puisqu'on a peu de temps. Parce que je me souviens à l'époque, le commissaire Lamy qui était socialiste, etc., nous expliquait après la chute du mur de Berlin que pour amener à la démocratie qui est l'ancien bloc de l'Est, qui est la Chine, eh bien, nous les amènerions au droit de l'homme et à la démocratie par le marché. Donc, c'était une promesse. Moi, je n'y croyais pas à l'époque. Mais 20 ans plus tard, qu'est-ce qu'on constate ?
On a des régimes autoritaires, des démocraties illibérales parfaitement capitalistes. Et on a même créé en Chine une hybridation de ce qu'il y a de plus mauvais et de plus dur dans le parti communiste chinois et de ce qu'il y a de plus mauvais et de plus dur dans le capitalisme. De sorte que maintenant, nous avons le premier atelier du monde qui, en plus, ne respecte pas les normes sociales qu'il est censé édicter. Donc, je ne crois pas aux vertus civilisatrices. Il y avait même un argument de gauche sur le thème où on va signer des accords de libre-échange avec des pays type BRICS parce que ça permettra leur rattrapage économique.
Et comme on est de gauche, eux aussi ont le droit au rattrapage économique. Mais tout ça, pour moi, n'a pas fonctionné. Ensuite, est-ce que je suis contre le marché mondial ? Moi, je suis un socialiste de production et de redistribution. Je pense qu'il faut créer de la richesse et même l'échanger. En soi, je ne suis pas contre. Et puis, bien sûr, qu'il y ait des échanges qui soient équitables. et c'est pourquoi je suis contre l'accord du Mercosur dans son volet agricole, les échanges, on vient de donner un exemple très précis, ne sont pas équitables.
Donc, qu'il y ait la possibilité, c'est ce que souhaitait Mme Van der Leyen, de prendre avant un relais, finalement, en Amérique du Sud avec la fermeture du marché américain pour créer un marché de 650 millions de consommateurs alors qu'il y en a 450 millions en Europe, ça pose les problèmes qu'on mentionne. Qu'en Inde, on puisse le faire, je ne dis pas que je suis contre, mais il n'y a pas de volet agricole. Donc, c'est exactement ce qui peut nous poser problème. Il faut qu'ils respectent notre loi, nos lois. Et l'Inde est devenue à la faveur, il y a trois ans de cela, je crois, en 2022, le pays le plus peuplé au monde. Donc, il y a aussi un certain développement économique.
Donc, il faut regarder avec discernement cet accord et voir l'équilibre. Mais si vous me reposez la question que vous venez de mentionner à l'instant, est-ce que les socialistes sont fans de ce type d'accord de libre-échange ? Non, je serais fan qu'il y ait un volant coopération, universitaire, scientifique, mais pourquoi pas un volant économique et pas simplement des baisses de barrières douanières.
Il y a un autre accord dont je voudrais qu'on parle, c'est celui conclu par Ursula von der Leyen avec Donald Trump en juillet dernier. Bien sûr. Dans l'enceinte du club de golf écossais du président américain, cet accord, il prévoit plein de choses. Il prévoit des droits de douane de 15% sur la plupart des produits européens, ce qui était présenté comme une concession, comme une fleur en quelque sorte de Donald Trump. Mais il y a un autre volet de cet accord dont on parle moins, c'est l'engagement de l'Union européenne à acheter dans les trois prochaines années des produits énergétiques américains. Oui, du gaz et du pétrole de schiste. Exactement, pour un montant de 750 milliards de dollars.
Acheter également du matériel militaire américain, des puces d'intelligence artificielle pour 40 milliards de dollars. Et enfin, les entreprises européennes sont censées investir 600 milliards de dollars aux Etats-Unis d'ici à 2028 dans des secteurs stratégiques. Alors, première chose, rapidement, de l'avis de la plupart des spécialistes, ces objectifs, notamment sur les produits énergétiques, sont tout simplement inatteignables. Pourquoi les a-t-elle acceptés ? Non, mais déjà,
il y a pire que ça, excusez-moi de vous le dire. Vous, comme moi, ou n'importe quelle société minière ou pétrolière ne peut pas exploiter du gaz de schiste ou du pétrole de schiste. Je vous signale qu'en France, on a du gaz et du pétrole de schiste dans le limousin. Donc, on n'a pas le droit, et c'est une bonne chose, parce que moi, je suis pour la décarbonation de l'énergie, d'exploiter le gaz et le pétrole de schiste qu'on a chez nous. Il y en a en Europe, il y en a en France. Et on devrait, par cet accord léonin, finalement, importer pour des centaines de milliards d'euros le gaz et le pétrole de schiste américain. Mais, enfin, on hallucine. Ça, c'est la première chose.
La deuxième chose, c'est l'engagement d'investir, finalement. Ça me paraît d'ailleurs une condition non pas moins problématique, mais qui va se faire mécaniquement, malheureusement, avec les tarifs de Trump. c'est que de toute façon, M. Trump n'accepte des entreprises européennes la vente de produits et de consommateurs dès lors qu'ils sont sur le sol américain pour éviter les tarifs. Et les entreprises européennes ont vocation, finalement, tout simplement, si elles veulent vendre aux Etats-Unis, à localiser à cause des tarifs. Voilà. Alors ensuite, la fin de l'histoire, vous allez dire, mais vous êtes gentil, M. Calfon, vous ne m'avez pas dit si vous étiez pour ou si vous étiez contre.
On a suspendu, lors de la dernière session à Strasbourg, cet accord.
Ça a été comme un coup de sang du Parlement européen après les dernières menaces de Donald Trump d'augmenter de nouveau les traduines à 200%.
Il y a des colères saines, comme disait le candidat à l'élection présidentielle.
Je vois de qui vous parlez.
Non mais, donc ça va passer en commission INTA, donc la commission au Parlement européen qui suit ces sujets d'accords de libre-échange avec les différents pays, le 4 février prochain. Et le 4 février prochain, à ce stade, je ne parle pas des sociétés français, évidemment que nous sommes contre dégeler cet accord entre les Etats-Unis et l'Europe. En tout cas, le groupe socialiste considère qu'il n'y a pas à dégeler cet accord. Et encore une fois, le PPE, donc la droite, les amis, le monsieur Bellamy, tous ces gens-là, vous pourrez les interroger quand même, c'est intéressant, et pour le dégel de cet accord.
Donc à Paris, ils sont pour protéger notre souveraineté, à Bruxelles, ils sont pour ouvrir les vannes à monsieur Trump, et la décision se fera puisque c'est des blocs qui sont un peu équivalents, donc les macros... Ça va être juste. Non, ça ne va pas être juste, on verra ce que fera l'extrême droite. Oui. Et l'extrême droite,
il faudra demander à monsieur Bardella ce qu'il va faire de cela. La présidente de la commission européenne dans cet accord dont on parle là, est-ce qu'elle a défendu les intérêts européens ou est-ce qu'elle les a bradés ? Ben, elle les a bradés. La réponse est dans votre question.
650 milliards d'importations
de gaz de schiste américains. Il y a eu trois motions de censure à l'égard d'Ursela von der Leyen au cours des derniers mois, et vous n'en avez voté aucune. Oui, je vais vous dire pourquoi. Est-ce qu'il n'y a pas un problème de cohérence ?
Bien sûr qu'il y a... Vous savez, le problème c'est qu'il n'y a structurellement pas de majorité au Parlement européen. Donc maintenant, avant j'expliquais ça, les gens me regardaient avec des yeux tout ronds de quoi ils parlent, ils me parlent chinois, etc. Maintenant, on a vu ce que c'est la tripartition à l'Assemblée nationale. Vous n'avez pas de majorité, vous n'en avez pas. Donc soit vous choisissez de vous replier dans votre superbe et de ne participer à rien, soit vous construisez des compromis. Maintenant, je vais vous répondre très directement. Qu'est-ce qui se passe si on censure la commission von der Leyen ? C'est qui le président de la commission européenne ?
Il y en a une majorité qui tous les jours déconstruit le pacte vert, qui tous les jours permet ses accords iniques. C'est la majorité constituée par le PPE et l'ensemble des trois groupes d'extrême droite au Parlement européen. Là, on sera franchement dans l'opposition. Aujourd'hui, on peut garder un certain cadre et garder certaines avancées. Notamment, j'en parle beaucoup, c'est l'un de mes combats. Dans le combat contre les plateformes, je peux vous dire que si le président ou la présidente future de la commission européenne, c'est quelqu'un issu de l'alliance entre la droite et l'extrême droite, ça va être haut en route pour les saloperies chinoises.
Donc vous choisissez la solution du moindre mal ? Du moins pire. Mais attention, à bon attendeur, l'actualité se densifie. Avec Raphaël Guzman, nous faisons en sorte que dans le projet de réarmement européen et de soutien à l'Ukraine, il y ait une majorité de produits made in Europe. Si dans le soutien à l'Ukraine, si sur les accords de libre-échange, si sur l'environnement, Mme Van der Leyen, finalement, accrédite ce basculement de fait d'alliance au Parlement européen et les instances européennes, à un moment donné, on la censurera. On ne se l'interdit pas, en tout cas.
Est-ce que l'Union européenne est suffisamment forte et suffisamment unie pour répondre à la forme de brutalité que lui oppose Donald Trump ?
Alors, il y a un débat, d'ailleurs, qui se fait. Je constate, quand même, parce que l'actualité va tellement vite qu'on ne s'en souvient pas. Les sept jours qui viennent de se passer chassent les sept autres. Il y a un mois, à peine, même pas un mois, la prise de contrôle par l'administration Trump du Groenland, gouvernement autonome relié au Danemark, et donc, qui, par construction, fait du Groenland un territoire européen, était à l'ordre du jour. Et à ce moment-là, qu'est-ce qui s'est passé ?
Il y a eu une coalition, merci Macron, j'ose le dire, qui a été quand même très moteur à ce moment-là, certes, une coalition symbolique sur le plan militaire, mais finalement, composée de l'Allemagne, composée de la Grande-Bretagne, composée de la Scandinavie, les pays suédois, la France, bien sûr, en tête, et tout d'un coup, M. Trump a dit, ce n'est pas simplement la partie militaire qui l'a fait agir, et bien finalement, non, je vais acheter, et puis ensuite, se passe le sommet de Davos, où on s'aperçoit qu'il en rabat énormément, donc les Européens ont montré... C'est en raison de l'impopularité
de l'idée aux Etats-Unis même, d'ailleurs, aussi. Et alors,
il y a une troisième raison qu'on ne mentionne pas assez, parce qu'effectivement, c'est plus visuel de voir des bateaux, des soldats, la troisième raison, c'est qu'une partie très importante de la dette publique et privée américaine est détenue par des institutions ou des particuliers européens, certains établissements bancaires, structurants, ont commencé à expliquer qu'ils n'achèteraient plus de la dette américaine, et donc là, ça fait reculer, quand Wall Street tous, et bien c'est l'ensemble de l'Amérique qui attrape froid, et d'ailleurs, l'Amérique a bien froid en ce moment.
Que représente la France aujourd'hui au sein de l'Union Européenne ? Comment nos partenaires européens nous considèrent-ils ? Comment regardent-ils, par exemple, la sclérose politique provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale ? Et ces législatives qui ont suivi, qui n'ont pas permis l'émergence d'une majorité claire ?
Alors, quand je me regarde, je me désole, mais quand je me compare, je me console. Donc, il faut aussi qu'on se console. Les systèmes politiques bloqués en Europe, il y en a plein, et des systèmes parlementaires, il n'y a quasiment que des systèmes parlementaires. On est les seuls à avoir cette monarchie républicaine. Donc, ils ont été abasourdis de constater que la France rentrait dans l'instabilité politique, parce que les institutions de la Ve République, qui sont très fortes, finalement, leur avaient laissé dire que cette crise politique n'était pas possible en France.
La deuxième chose, pardon, structurellement, et là, c'est plutôt côté moins, mais il y a un côté plus, à la fin, il y a une belle histoire, c'est l'affaiblissement économique, l'appauvrissement de la France. On vient de traverser une semaine où la France se retrouve dans un PIB dont de la richesse par habitant moindre que l'Italie, c'est la première fois, et dans la même semaine, on vient de découvrir que la France, le PIB par habitant moyen en France, est plus faible que le PIB moyen dans l'Union Européenne. Alors, vous allez dire, ça y est, c'est fini pour nous.
Ça fait trois ans de suite, je crois que ça fait trois ans
que ça doit. Donc, tout ça, il y a un affaiblissement français. Mais, dès qu'on parle de la paix ou de la guerre, dès qu'on parle de la souveraineté, tout d'un coup, on regarde, parfois avec crainte, mais avec beaucoup d'écoute maintenant, les Français. Et l'héritage gaullien dans tous les domaines... Parce qu'on est une puissance nucléaire ? Évidemment, évidemment. La France maîtrise la souveraineté depuis l'espace, Eutelsat, la seule constellation de satellites digne de ce nom face à celle de M. Musk, c'est une constellation française.
Les lanceurs, les satellites, jusqu'à la Terre, l'armement, les avions de combat, les sous-marins nucléaires, tout ça construit un continuum de sécurité avec à l'appui une politique étrangère qui a toujours été finalement assez singulière et qui laisse comme possibilité à tous les Européens qui ont subi le fait d'être une colonie américaine, je pense notamment à l'Allemagne de l'Ouest, comme on disait, l'Allemagne réunifiée, qui en fait est une colonie américaine, ça leur donne à voir un autre récit qui est une Europe qui deviendrait non plus une Europe du marché mais une Europe puissance avec les moyens de sa puissance.
Et en cela, les Français ont un message extrêmement fort et je crois, respecter, je ne sais pas, respecter, craint, parfois, nous en subissons des sarcasmes, mais la poutre qu'ils ont en face de leurs yeux, c'est que la souveraineté européenne passera par la France. Et vous saluez
la clairvoyance du général de Gaulle.
Totalement. même sur le plan industriel, sur la Commission des Transports, le plus gros avionneur mondial, c'est Airbus et c'est la coopération intergouvernementale. Et Airbus comme Ariane sont vécues d'abord, même si c'est des entreprises franco-allemandes, depuis Bruxelles comme des entreprises françaises.
La prochaine élection présidentielle approche à grands pas. En France, ce sera dans à peu près 15 mois. Traditionnellement, les sujets de politique internationale n'occupent qu'une place très marginale dans le débat présidentiel. Est-ce que vous pensez qu'il va en être autrement cette fois-ci compte tenu de tous ces foyers de tensions ?
C'est une très bonne question parce que moi, quand je suis devenu il y a un an et demi député européen que j'allais à Bruxelles, il y avait déjà quand même cette ambiance de guerre qui monte, ne serait-ce qu'avec la guerre russo-ukrainienne. Et en réalité, la guerre est partout. Et quand je rentrais à Paris et que je voyais la une du 20h, parfois on pouvait faire 30 minutes alors qu'il y avait un pays qui se faisait agresser, alors que les menaces hybrides sont partout, alors que la violation de l'espace européen par les avions russes était partout, on pouvait faire 3 jours de journal du 20h sur la neige, vous voyez ?
Donc il y a à Paris pendant très longtemps, est-ce encore le cas aujourd'hui ? Je ne sais pas, un déni extraordinaire par rapport à la situation du monde et au risque. Moi, ce que je veux dire à vos auditeurs ici, c'est que nous sommes déjà en guerre, je ne vais pas faire du Macron, ce n'est pas pour faire peur, mais nous sommes déjà dans un continuum de guerre. Il y a la guerre qui est menée, c'est la guerre entre la Russie et l'Ukraine qui ne cesse pas de ne pas en finir, il y a bien sûr les tentatives de guerre, mais derrière, dans le stade juste en dessous, contrairement à l'époque où nous connaissions la guerre froide, il y a la guerre hybride.
En 5 ans, 74% d'augmentation des attaques hybrides sur tous les secteurs, transports, hôpitaux, infrastructures stratégiques, il y a la guerre informationnelle qui est tous les jours sur les réseaux sociaux. Vous êtes à RFI, vous savez à quel point par exemple les Russes l'ont menée en Afrique et aujourd'hui, on peut se payer comme ça a failli être le cas en Roumanie, une élection sur étagère avec les usines à bottes russes qui vous lancent un candidat au mépris des démocraties européennes.
Est-ce que vous croyez que le rapport à Donald Trump, le positionnement par rapport au trumpisme sera un marqueur dans cette présidentielle ? Tout à fait.
Et je vous dis une phrase très forte quand même à laquelle j'ai réfléchi parce que maintenant l'extrême droite s'échappe de son trumpisme mais enfin quand même. Il n'y a pas besoin d'être grand clair pour comprendre que quand vous avez une politique de chasse aux immigrés, en tête de gondole de votre programme une xénophobie, eh bien il faut se poser sérieusement la question en cas d'accession de l'extrême droite française au pouvoir, qui sera le ICE français-européen ? La police de l'immigration. Bien sûr. Et quel sera le Minneapolis français ? Est-ce que c'est à Marseille qu'on chassera les migrants et qu'il y aura des morts parce qu'ils passent en voiture à Grenoble ? Je ne sais pas moi.
Mais enfin, c'est la même philosophie politique qui imprime les extrêmes droites françaises, M. Zemmour, Mme Marion Maréchal qui d'ailleurs disait que c'était des dégâts collatéraux. Elle a encore défendu l'ICE pas plus tard que cette semaine.
donc voter Bardella demain, voter Marine Le Pen demain, ben oui, c'est voter Trump, c'est voter l'ICE et c'est voter le chaos dans le pays et on en a le résultat aujourd'hui aux Etats-Unis dans cette démocratie si ancrée avec la déclaration de droit américaine qui découle directement de la nôtre qu'on n'aurait pas pu croire un seul instant que cette espèce de dérive fasciste de ceux qui ont finalement essayé de prendre le capitole par la force nous ferait basculer ce pays dans ce chaos-là.
Un tout petit mot sur ce qui se passe dans la marmite quand on lève le couvercle on voit que la gauche est divisée sur la stratégie pour 2027 on voit aussi et c'est pas nouveau que les ambitions individuelles apparaissent qu'elles peuvent être fortes pour vous quelle pourrait être la stratégie gagnante et est-ce que ça peut se faire au prix d'une nouvelle alliance avec LFI dont on sait qu'a priori vous n'y êtes pas très favorable.
ça ne peut pas se faire avec une nouvelle alliance avec LFI non pas simplement parce qu'ils sont radicaux ou plus radicaux que moi parce que c'est respectable mais parce qu'en réalité ils sont sortis des radars de la gauche c'est-à-dire que quand vous mettez
l'essentialisation ils ne sont pas sortis des radars de la république c'est pas ce que vous dites de la gauche en tout cas non mais parce qu'aujourd'hui certains n'hésitent pas à dire qu'ils ne sont plus dans l'arc républicain vous n'êtes pas cela
je ne sais pas très bien ce que ça veut dire mais moi je vais vous dire pourquoi je dis qu'ils sont sortis dans les radars de la gauche la gauche elle est universaliste et antiraciste elle ne discrimine pas les personnes en fonction de leurs origines et donc à partir après le 7 octobre désigner des personnes par le fait de leur confession comme réputée solidaire d'une politique d'un état mais enfin on aurait fait ça après vous pensez à ce que disaient Jean-Luc Mélenchon de Jérôme Gage par exemple ou les calembours de M.
Mélenchon sur la première ministre El Camp à Tel Aviv à l'époque ça faisait des dizaines toute la gauche confondue de la plus radicale la plus finalement modérée manifestée dans la rue contre les calembours de M. Le Pen mais c'est du même ordre donc à un moment donné la politique française ne peut pas être structurée par un antisémitisme à peine voilé comme dirait M. Malka passionnément antisémite d'un côté et un rejet des musulmans de l'autre au milieu il y a la place pour l'universel merci comme ça je n'ai même pas pu répondre parce que j'ai trop parlé
finalement sauvé par le gong est-ce que vraiment vous avez une stratégie pour 2027 si si on en a une mais vous m'en inviterez mardi allez-y en 20 secondes
en 20 secondes la question c'est celle du deuxième tour c'est qui gagnera face à M. Bardella et le plafond de verre on l'a vu de M. Mélenchon puisque nous en parlions est extrêmement bas malheureusement les français détestent et ont plus peur de M. Mélenchon malheureusement que de M. Bardella donc il faut une gauche de gouvernement celle qui gagne la semaine dernière au Portugal qui va gagner en Suède c'est comme ça que la rivière reviendra dans son lit et qu'on s'évitera la dérive qu'on vient de dénoncer à l'instant
merci merci François Calfon d'être passé à l'atelier politique cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio bonne soirée à la semaine prochaine
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François Kalfon