EHPAD : "100 JOURS DE GRÈVE ET PAS UN MOT DE LA MINISTRE" - Ruffin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la Ministre, bonjour, Durant ma campagne, je n'ai cessé d'entendre une expression, c'était : "maltraitance institutionnelle" Quand je me tournais vers des personnels soignants, j'entendais l'expression "maltraitance institutionnelle". Pareil pour la psychiatrie. Pareil pour les maisons de retraite.
Là, vous avez un titre, à la une du Monde : Enquête sur le quotidien d'une maison de retraite : "On ne les mets pas au lit, on les jette" Je sais pas si vous avez lu ce papier, mais vous verrez quel traitement est réservé à nos anciens. Je viens d'appeler, elles sont en grève depuis le 3 avril, je viens d'appeler la porte-parole du groupe, qui est Anne-Sophie Pelletier, et je me fais aujourd'hui leur relais, pour vous dire qu'elles réclament des postes supplémentaires. Elles ont des dotations, en principe, pour 19 soignants et il n'y a que 14 soignants à l'intérieur.
Elles sont dans un groupe qui, à Foucherans, apparemment, ferait 329.000€ de bénéfice, donc il y aurait largement le moyen d'embaucher. Elles vous ont écrit, le 30 juin, elles vous ont écrit, elles sont sans réponse.
Aujourd'hui, elles sont sans réponse devant leur direction, sans réponse de l'ARS pour une grève qui dure depuis le 3 avril. Donc, je souhaiterais...
Dans le témoignage, elles disent : "Quelle dignité pour nos anciens ? Aujourd'hui, on doit les coucher en 3m41" J'aimerais que ... ... vous profitiez de la tribune qui vous est offerte, aujourd'hui à l'Assemblée, pour leur apporter, ce soir, une réponse aux difficultés qu'elles rencontrent, aux pleurs qu'elles éprouvent, puisqu'elles sont dans une tente, aujourd'hui, elles en pleurent, tellement elles ont le sentiment de mal faire leur travail.
Par ailleurs, je m'adresse à ma collègue de La République en Marche : je me propose d'aller à la rencontre de ces soignantes, à Foucherans, dans le Jura. Je pense que, sur des sujets comme ceux-là, il n'y a pas de clivages politiques nécessaires. Je souhaiterais qu'il y ait un député de la République en Marche qui viennent avec moi, - on a le train gratuit ! - et qu'on se rende le plus rapidement possible à Foucherans, pour aller ...
Eh bien très bien ! Nous irons ensemble avec Madame. (...) ...Vous savez que je lâche pas le morceau en général.
Donc je reviens avec ma question, puisqu'elle a été posée par la grève depuis le 3 avril et il y a une lettre qui a été adressée, il y a trois semaines maintenant, au ministère de la santé, le 30 juin. Après je vous laisse tranquille, parce que je pars en commission, il y a une audition du ministre de l'économie. Mais voilà, on a, dans cette maison de retraite, un cas de maltraitance, de maltraitance institutionnelle, et c'est pour ça ... ... que le personnel se mobilise.
Pas pour son propre compte. A Foucherans, ils se mobilisent pour pouvoir mieux soigner les personnes âgées. Donc, je pense, Madame la Ministre, ... ce serait bien que vous ayez une réponse, une réponse du ministère, le plus rapidement possible, à cette situation.
Lors de ma campagne, J'ai rencontré ainsi une aide soignante, qui travaillait dans un EPAD, un EPAD qui dépendait de l'hôpital. Elle appelait ça : "usine à vieux" ... ... mais en le regrettant Qu'est-ce qu'elle me racontait ?
Qu'avec 3 aides soignantes pour 85 patients, à un moment, l'hiver dernier, il y avait eu une épidémie de gastro, que, comme ils n'avaient pas de médicaments, pas de désinfectants, l'épidémie de gastro avait un petit peu contaminé tout le monde, elle était passée à 26 cas. Il a fallu que les personnels prennent leur voiture, pour aller chercher des désinfectants, etc. à l'hôpital et ailleurs et à l'intérieur de cette anecdote, il y a une deuxième anecdote, puisqu'il y avait un couple de personnes âgées, qui vivaient ensemble Elle, elle avait eu un AVC, elle était en fauteuil roulant, elle avait des crises d'angoisse.
La seule manière de calmer ses crises d'angoisse, c'était qu'elle voie son mari, et il n'y avait que lui, qu'en le voyant, qui pouvait l'apaiser. Il se trouve que son mari a fait une gastro, qu'il s'est retrouvé à un autre étage, et elle s'est mise à appeler au secours en criant : "Mon biquet, mon biquet, mon biquet ! Où tu es passé mon biquet ?" Ca peut paraître comique comme interpellation, mais en vérité, je vois des sourires et des rires dans l'assistance, mais en vérité, c'était subi, par les soignants, comme un véritable désespoir.
Pourquoi ? Parce qu'ils manquaient de temps, pour l'emmener à l'étage supérieur voir son mari...
François Ruffin