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interviewBFMTV· 23 avril 2025 21 min

🟡 Suivez en direct le discours d'Emmanuel Macron auprès des expatriés Français de Madagascar

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

plus loin dans ce lien. Je veux également, saluant votre vitalité, les représentants de nos volontaires, VIA, VIE, volontaires du service civique, volontaires de solidarité internationale. Je vous apportais une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos entreprises, de nos institutions, de nos ONG, dont les fonctions sont aujourd'hui incontournables dans le pays. Et je sais aussi qu'il y a beaucoup d'entre vous qui font vivre la coopération décentralisée. Et je me rejouis à cet égard des assises de la coopération décentralisée en septembre prochain qui permettront là aussi d'accompagner la dynamique qu'il y a à cet égard. Nous y tenons beaucoup.

C'est le fruit d'ailleurs d'un travail mené avec la présidente de l'Assemblée, le président du Sénat et les forces politiques. C'est une des conclusions des rencontres de Saint-Denis. Elles vont se décliner ici concrètement et nous les accompagnons. Et puis, je veux également adresser des mots de remerciement à nos services consulaires, dont l'engagement envers vous demeure fort. Et s'il existe un pont entre Madagascar et la France, c'est en vous qu'ils trouvent ces piliers les plus solides.

Je salue aussi la constance de nos conseillers des Français de l'étranger, de nos consuls honoraires, qui partout dans le pays font un travail remarquable, et de nos organismes locaux d'entraide sociale, qui sont cette trame du lien entre nous tous absolument fondamentale. Et soyez remerciés, M. l'Ambassadeur, avec l'ensemble de notre réseau, nous consulons tout l'engagement qui est le vôtre et de vos personnels à travers toutes celles et ceux que je viens d'évoquer.

Et donc, vous le voyez, en me présentant devant vous, c'est d'abord et avant tout un message de gratitude, de reconnaissance pour tout ce que je viens de décliner et que vous faites vivre, et souvent par beaucoup d'engagements personnels, largement au-delà de votre présence professionnelle. Maintenant, je vais vous dire quelques mots de ce que je suis venu faire. Au moment où beaucoup doutent du continent africain, où des grands pays, parfois alliés historiques, se désengagent de ce continent, coupent brutalement les financements, plaçant d'ailleurs la coopération sanitaire dans des situations terribles, la France, elle, y croit plus que jamais, se réengage, plus que jamais.

Parce que c'est notre histoire, parce que c'est nos intérêts, parce que ce sont nos principes. Et ce sont les trois réunis. Notre histoire, c'est ce lien humain que vous représentez, mais c'est une histoire qui vient de plus loin, qui a des pages sombres, parfois terribles. Nous le savons et nous les regardons en face. Et je crois que nous avons donné aussi à ce lien historique un nouveau jour ces dernières années à travers les restitutions. Et je veux dire ici que votre présence, ce que vous portez, c'est une autre façon de regarder le continent africain depuis qu'on a lancé ces restitutions.

Je serai demain avec quelques-uns d'entre vous à admirer le dé de la dernière reine, revenue en sa place, et c'est le fruit de choix que la France a fait à partir de novembre 2017, d'un très gros travail scientifique qui a été fait en partenariat. Et les crânes vont revenir dans quelques mois, au mois d'août, après une coopération scientifique, muséale, qui va permettre de les réaccueillir et de les réaccueillir, là aussi, en leur sein. Et ceci est une manière de revisiter notre passé.

J'espère que d'ailleurs, en prévision de l'année 2027, on lancera aussi des travaux scientifiques, d'historiens, parce que c'est regarder lucidement ce qui est notre passé commun, c'est permettre de refaire circuler les oeuvres d'art et les objets qui nous lient, de leur donner une nouvelle place, un nouveau rôle, et aussi de libérer, ce faisant, les énergies créatives. Et ça, c'est pour l'histoire. Nous essayons d'en changer le regard, de le dépassionner et, au fond, de nous permettre de se tourner devant. Ensuite, je l'ai dit, ces trois dernières années, on a encore multiplié les liens économiques.

La visite ici aura permis de signer beaucoup d'accords sur des sujets absolument essentiels, les câbles, les services financiers, le barrage, qui était tant attendu avec EDF et des grands investisseurs déjà cités qui permettent d'avancer et de répondre aux défis énergétiques ici présents, des partenariats en matière agricole et agroalimentaire. Mais au-delà des projets très importants que nous avons signés aujourd'hui, aussi de rénovation de nos infrastructures, il y a la consolidation de ce qui s'est fait ces dernières années.

L'innovation de la mobilité urbaine, grâce à POMA, qui est un exemple pour le continent africain, qui va être suivi par d'autres, et des financements, d'ailleurs, de l'AFD et de plusieurs partenaires. L'investissement dans les infrastructures, avec Méridian, je l'évoquais, la connectivité avec toute la sous-région, avec Action. Je revendique que c'est un groupe français, il paraît qu'il est franco-malgache, mais on joue sur les ambiguïtés. Mais ce que nous voulons faire, c'est bâtir une nouvelle feuille de route. Et nous l'avons défini autour de quelques axes sur lesquels nous allons bâtir un partenariat stratégique avec le président. Le premier, aller encore plus loin sur l'énergie.

Et donc, on a plusieurs projets hydroélectriques qu'on va considérer ensemble, avec des financements français. Et nous voulons, sur l'éolien et le photovoltaïque, lancer plusieurs grands projets, parce que vous le savez mieux que moi, si nous voulons résoudre le défi de la sortie de la pauvreté, de la construction des filières, c'est l'énergie qu'il faut apporter dans tant et tant d'endroits. POMA étant d'ailleurs un bon exemple, si on veut que la première ligne ouvre, il faut que l'énergie soit là. Premier axe. Le deuxième axe, continuer sur nos forces, train et voies ferroviaires.

Il y a une demande forte du président que la France, qui a porté les grands projets d'aménagement ferroviaire, il y a plus d'un siècle, dans d'autres temps et d'autres cadres, soit un partenaire pour rénover la ligne Antananarivo-Tamatav, et d'autres matériels, de wagons, plusieurs lignes existantes. Et donc c'est de la compétence, ce sont des matériels, ce sont des financements, c'est du partenariat, axe essentiel, là aussi, pour développer le pays. Le troisième axe auquel je crois profondément, et on a commencé avec les premiers contrats, mais on doit aller beaucoup plus loin, c'est la transformation agricole.

Il y a ici un trésor d'agriculture, il suppose des réformes du pays, nous le savons, sur le foncier, sur la gouvernance, plus largement, et tout ce dont je parle suppose, et nous avons eu cette discussion franche avec le président, et je sais qu'en ce moment, le sommet qui s'achève en parlera, il faut améliorer le climat des affaires pour attirer encore davantage d'investisseurs, mais il y a ici un potentiel agricole considérable.

Et la France veut en être un partenaire, ça suppose d'aider à la formation dans les métiers agricoles, ça suppose de transférer nos connaissances et nos capacités, dans la dotation en semences de maïs ou de blé, dans la montée en productivité de toute cette économie qui doit sortir de l'informel pour aller vers le formel, et dans la mise en place aussi de capacités d'engrais.

Au fond, il faut réussir à faire plus sur le maïs, le blé, le riz, où il y a encore des dépendances, il faut réussir à faire plus encore sur l'élevage, et réussir à bâtir et structurer des filières qui, au-delà d'aller vers la soutenabilité et l'autonomie alimentaire, doivent permettre de coopérer dans toute la sous-région. Le quatrième axe, ce sera la formation de médecins spécialistes et de professeurs chirurgiens en France. C'est donc une coopération sur la formation des métiers du soin, médicaux et paramédicaux.

Le cinquième axe, ce sera la coopération universitaire sur plusieurs métiers technologiques, mais aussi la consolidation d'un premier cycle universitaire que le président veut développer ici. Le sixième axe, c'est sur les minerais stratégiques et les terres rares, nombreux ici, et nous voulons, avec le BRGM, aider à consolider une vraie souveraineté de la connaissance de ces capacités, mais avec beaucoup d'entre vous déjà et des capacités nouvelles, aider à les valoriser au maximum ici, sur le sol national. Et puis, nous souhaitons aussi consolider le lien avec la sous-région, et c'est le dernier axe, c'est celui sur lequel je veux conclure, qui est au fond le deuxième temps de ma visite.

Ce sommet de la série. Et donc, au-delà de tous ces axes qui vont, vous le voyez, nous mener encore plus loin que tout ce que nous faisons aujourd'hui, nous aider à réinvestir massivement et à aller encore beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Ma conviction profonde, et je l'ai portée dans la région, vous le savez, depuis 2018, c'est celle d'une stratégie indo-pacifique. La France a été le premier pays à articuler une stratégie indo-pacifique, en effet, dès 2018. Nous l'avons fait en lien très étroit avec l'Inde, et nous l'avons structuré, je l'ai fait à la Réunion en 2019, et avec l'Inde, puis en Australie et au Japon, ensuite, dans les années qui ont suivi.

Nous l'avons européanisé, cette stratégie, et les évolutions géopolitiques, si je puis dire, l'ont consolidée. L'espace dans lequel vous vivez est l'un de ceux qui a le plus d'opportunités au monde, mais qui sera aussi l'un des plus soumis aux défis géopolitiques, parce que s'y joue la confrontation entre les deux grandes puissances économiques du moment. Et au fond, c'est l'inscription dans l'Indo-pacifique et dans l'océan Indien qui est le défi pour la réussite de Madagascar et notre défi à nous. Parce que je ne parle pas simplement à une communauté française installée ici qui aide à développer ce pays, qui porte nos intérêts, qui y croient.

Je parle aussi, en tant que président, d'un pays qui a des territoires dans la région, et je suis très fier d'être accompagné pour ce sommet pour la première fois par la présidente de la région Réunion, par le président du conseil départemental de la Réunion et par le président de la collectivité de Mayotte et par le vice-président du Parlement européen, plusieurs réunionnais. Ces élus de la République, aux côtés des sénateurs, des députés des Français et de l'étranger, portent cette vocation dans l'océan Indien de la France. Et ce en quoi nous croyons profondément, c'est que c'est un levier pour créer des coopérations à développer.

Et au fond, de ne pas simplement penser la France dans l'océan Indien à hauteur d'une communauté d'un million d'habitants, mais de 800 millions d'habitants, celle de l'océan Indien et de cette Afrique de l'Est dans laquelle plusieurs d'entre vous sont développés et ont des activités, et bien plus largement dans cet espace indo-pacifique où nous avons des solutions communes à bâtir. Ça veut dire qu'ensemble, dans ce sommet de la COI, ce que nous voulons porter, c'est notre capacité collective à répondre aux défis contemporains. Et nous avons les moyens de le faire. Et c'est un levier de création d'opportunités, de richesses et de mieux vivre pour nous tous inédit.

D'abord, la sécurité alimentaire. Mayotte a besoin de mieux s'inscrire dans la sous-région. Nous sommes-nous fous de faire venir depuis Marseille ou Paris des aliments qu'on mange à Zahoudzi ou à Mamouzou, alors que nous avons dans toute la sous-région des capacités de produire et d'échanger. Il faut simplement bâtir ce marché commun aux meilleures normes, bâtir aussi une coopération.

C'est pour ça que j'ai fait venir dans cette délégation l'AFD avec nos meilleurs organismes, CIRAD, IRD, pour bâtir des solutions communes, faire monter la productivité agroalimentaire et agricole à Madagascar et dans toute la sous-région pour bâtir un modèle agricole qui aille vers la soutenabilité alimentaire pour tous. Et nous avons les moyens de le faire. C'est créateur d'emplois, c'est créateur de soutenabilité, de justice. Ça améliore le pouvoir d'achat dans nos territoires ultramarins pour vous.

Et surtout, c'est ce qui va nous permettre de bâtir une économie qui aidera à sortir de la pauvreté tant et tant de Malagas, utilisant le potentiel du pays, qu'il fera avec les meilleures règles et en ayant une agriculture qui s'adapte aux sécheresses comme au cyclone. Le deuxième axe, c'est la coopération sanitaire. Elle est fondamentale. Et là-dessus, je le disais, là où des grands programmes sont en train de s'effondrer, ce qui est une catastrophe pour Madagascar et pour d'autres, le retrait de USAID, pour le dire de manière très simple, dans la lutte contre le palu, le VIH, c'est absolument terrible.

Et nous avons aussi des défis communs, chikungunya ou autres, où la coopération est essentielle. Et donc, au sein de la COI, nous voulons développer des axes de coopération dans lesquels nous inscrirons nos deux territoires. Et c'est notre défi pour qu'il soit éligible le programme, mais pour bâtir ensemble des solutions pour faire face à ces défis sanitaires, mécanismes de prévention commun, tests, déploiement de vaccins quand ils sont disponibles, capacité à faire coopérer aussi nos ONG dans ce travail. Le troisième axe, c'est le digital. La connectivité de la sous-région est clé.

Plusieurs d'entre vous, je l'ai déjà évoqué, sont engagés dans cette connectivité, dans les câbles, mais nous avons à déployer des solutions souveraines de connectivité, c'est-à-dire qui ne soient pas dépendantes ni des Chinois ni des Américains. C'est ça, l'axe indo-pacifique. Et donc, par la stratégie en océan indien que nous portons à travers vos entreprises, à travers aussi nos territoires, ce que nous voulons faire, c'est bâtir une stratégie de connectivité européano-africaine, en tout cas, dans laquelle la France aura un rôle clé à jouer parce que nous avons des champions en la matière.

Action en éteint, Orange en éteint, plusieurs d'entre vous portent aussi des solutions et ont déjà fibré la Réunion ou d'autres territoires. Et nous avons aussi avec EUTELSAT une capacité d'orbite basse comme d'orbite haute inédite qui nous permet de nous désensibiliser de certains acteurs qui parfois sont inimicaux. Le changement climatique, autre axe de coopération. Nous avons à bâtir des solutions de résilience au niveau de l'océan Indien. Et là aussi, par les stratégies d'atténuation et d'adaptation, nous avons, avec la CEU, à financer tant et tant d'infrastructures résilives.

résilientes aux changements climatiques et cela correspond à ce marché, c'est-à-dire des stratégies d'habitat, d'économie circulaire, de mobilité qui permettent tout à la fois de réduire les émissions mais de construire aussi des filières économiques qui permettent de répondre à de la construction au développement urbain en zone cyclonique, en zone sismique. Nous avons les savoir-faire pour le faire, c'est ce que nous voulons développer à l'échelle de la COI avec des programmes dédiés pour la FD et Proparco. Et puis le dernier axe, c'est la sécurité et la défense. Et je vois plusieurs de nos militaires dont je salue ici la présence. Je disais cette zone sera contestée.

Et la France dans la COI, c'est aussi une présence militaire, géopolitique, essentielle. Et nous ne payons pas de mots puisque cette stratégie que nous avons lancée il y a 6 ans, nous l'avons investie, nous avons commencé à développer et déployer beaucoup plus de postes diplomatiques, beaucoup plus d'emprises militaires. Et nous avons, vous le savez bien, une rotule dans la région que sont les fazoilles. Nos forces armées sont en train d'ores et déjà n'ont pas d'augmenter et c'est plus de 15% d'augmentation de nos forces qui sont décidées dans le cadre de la loi de programmation militaire. Plus de 15%. Et donc, nous allons porter ces fazoilles à un niveau inédit de leur histoire.

Nous allons les équiper avec, là aussi, les meilleurs équipements, frégates, patrouilleurs, pour donner les capacités d'exercice commun, évidemment, de protéger notre espace et nos territoires, mais aussi de participer à des opérations pour lutter contre la pêche illicite, la pêche illégale et donc toutes les prédations et pour protéger nos emprises. Et c'est un axe essentiel du développement de la sous-région. Madagascar se fait piller ces ressources halieutiques par certains grands acteurs internationaux par incapacité de surveiller ces eaux. Cette coopération le permettra.

Mais surtout, imaginez demain ce monde où on va développer des data centers, des capacités industrielles qui seront des sujets de prédation. Avoir un partenaire comme la France, parler en étant français ici, c'est parler avec la réassurance d'une grande puissance militaire dotée, membre permanent du Conseil de sécurité, mais présente dans la région et qui a réinvesti dans la région et qui a accru sa présence dans la région. Et donc, avec ce réinvestissement et cette augmentation de nos fazois, nous développons aussi des exercices communs.

Au moment où je vous parle, l'exercice Tulipe mobilise des milliers de forces associant les soldats de toute la région, on a 1200 militaires de tous les pays de la COI avec une grande implication malgache et on a plus de 500 militaires français venant des fazois mais aussi d'un déploiement d'A400M, de frégates que nous avons mobilisés pour un exercice en ce moment. Ce qui montre que nous sommes des partenaires fiables pour Madagascar, pour la COI et c'est un axe essentiel de cette coopération.

Vous l'avez compris, en venant ici, je venais consacrer plusieurs des contrats et des engagements que vous portez qui sont importants mais nous avons aussi avec le président Haddouel décidé de bâtir une nouvelle feuille de route stratégique pour la coopération bilatérale au travers des axes que j'ai évoqués mais surtout j'ai voulu manifester la volonté de porter ici la voie de la France dans l'océan Indien, de la porter par vous et pour vous, par ses réengagements sur tous les enjeux du moment, de la porter avec Mayotte et La Réunion qui doivent prendre toute leur place dans ce développement et intégrer tous les programmes de la COI.

Vous avez compris ma confiance dans ce pays qui vous abrite, qui vous accueille, que vous aimez et que j'aime aussi, ma confiance dans cette région et ce continent. Vous faites bien d'être là et de porter le visage, la voix, les intérêts de la France. Faites-le avec fierté et faites-le chaque jour avec la conviction que vous avez un ambassadeur, des ministres, un gouvernement et un président qui sont à vos côtés et qui n'ont qu'une volonté, c'est que vous puissiez faire encore davantage. Soyez fiers de cela. Pour ma part, je suis fier de vous. Merci à toutes et tous. Vive Madagascar, vive la France, vive l'amitié entre nos deux pays. Vive la République et vive la France.

Venez, venez, sénateur. Merci.