Élisabeth Borne présente un plan pour féminiser les filières scientifiques
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Un constat à présent Marguerite, toujours pas assez de filles dans les filières scientifiques. 25 % seulement et ce chiffre ne bouge quasiment pas. C'est tout le problème.
La ministre de l'éducation veut que cela cesse et lance un plan. fille mat, on l'écoute. On peut pas se satisfaire d'avoir seulement 25 % de filles euh dans les formation euh pour les métiers d'ingénieur et les métiers du numérique.
Et on peut d'autant moins s'en satisfaire que on stagne à ce niveau-là depuis le début des années 2000. Donc c'est pénalisant pour les femmes qui n'accèdent pas ou qui accèdent moins à des métiers qui sont rémunérateurs et puis c'est pénalisant pour le pays parce que globalement on sait qu'on ne forme pas assez d'ingénieurs. C'est pour ça que moi j'ai lancé le plan fille et math avec un message à toutes les jeunes filles.
Prenez votre place, on a besoin de vous. Vous réagissez avec nous. Mohamed Nassiri.
Bonjour. Vous êtes professeur de mathématiques au lycée et dans le supérieur spécialisé dans les inégalités de genre fille garçon. Première question, pourquoi est-ce qu'on en est encore là dans dans vos classes par exemple ?
Pourquoi pourquoi les filles renoncent au math ? Qu'est-ce qu'elle vous explique malheureusement ? qui est alors faut savoir c'est important de le comprendre, c'est un phénomène qui est on a de moins en moins de filles en fait et également de garçons qui déjà font des mathématiques.
La réforme du lycée en fait a à a accentué en fait les personnes qui abandonnent les mathématiques entre le la seconde et la première et puis la première et la terminale. Mais elle a également aussi du coup accenté les inégalités de genre. Donc il y a encore de il y a moins de filles.
On est notamment sur une fille sur deux qui abandonne les mathématiques entre la première et la terminale tandis qu' pour les garçons, c'est un sur qu donc c'est un vrai problème. Effectivement avant on avait moins de de filles qui faisaient des mathématiques. Mais normalement si vous avez connu ce système là, c'est ce qu'on appelait les terminales scientifiques, les terminales S.
En fait euh on avait trois composantes de discipline. On avait les mathématiques, on avait les SVT et on avait les sciences donc sciences et vie de la terre et sciences de la vie de la terre et sciences physique et chimique. Et donc il y avait cette triplette scientifique qui faisait que en fait on arrivait à garder les filles jusqu'à jusqu'en terminal.
Aujourd'hui, comme il y a un choix qui peut être fait d'abandonner les mathématiques et l'informatique qui reste des disciplines qui sont très sélectives notamment parce que madame Born parler justement des ingénieurs. Euh donc les mathématiques restent une discipline notamment pour rentrer dans les classes préparatoires pour pouvoir après passer les concours d'école d'ingénieur. Donc si on a plus de filles justement donc si elles abandonnent les mathématiques en amont bah forcément en fait on ne les retrouvera pas par la suite.
Et donc après le pourquoi elles abandonnent. Alors c'est c'est multifactoriel comme problème. C'est pas que l'école, c'est sociétal comme souci.
On a notamment par exemple les filles qui parfois qui ne se reconnaissent pas. Votre retour de terrain puisque vous les fréquentez au quotidien ces élèves. Vous voyez bien quel est le discours dominant ?
Ben c'est justement ça en fait. Il y a par exemple Oui. Oui.
Bien sûr. Et par exemple les filles ne s'identifient pas par exemple dans des métiers mathématiques parce que bah la ou ou informatique parce que si là maintenant je demande à quelqu'un de penser même à vous he si je demande de penser à une personne qui fait de l'informatique, la première personne qui va vous venir en tête c'est peut-être je sais pas un geek à lunettes derrière un écran. C'est pas forcément une fille ou une femme qui fait de l'informatique.
Donc il y a aussi un souci de rôle model. D'ailleurs, c'est une des mesures proposées par Ellisabeth Born de de de jouer sur ces rôles modèles là. Euh et après donc ça c'est un des premiers leviers.
Et puis après, bah il y a aussi euh euh quand on a des retours de terrain, on a par exemple notamment euh des choses comme euh quand les classes où il y a une majorité de garçons dans une classe, bah ça donne pas nécessairement envie à une fille euh d'aller dans une classe où il y a que des garçons. Moi, je peux vous faire un retour de terrain de la semaine dernière euh où une élève euh de terminal qui est partie faire des des évaluations en informatique à à l'université pour l'année prochaine m'a envoyé un message en me disant "En fait, monsieur Nassir, vous avez raison. C'est vrai que c'est quand même étrange d'arriver dans une salle où il y a pratiquement que des garçons.
Et il y a aussi ce côté un petit peu pas forcément toujours sécurisant en se disant bah en fait on va arriver dans un milieu où il y a que des hommes ou que des garçons euh parce que bah effectivement on a aussi un problème, on a une montée de sexisme tout ça qui est assez présente aussi et qui monte dans les dans les disciplines scientifiques malheureusement. Alors justement Ellisabeth Borne a laissé entendre alors ce n'est pas du tout une annonce elle l'a vraiment laissé entendre qu'elle pourrait mettre en place des quotas pour les classes prépa. Est-ce que ça pourrait régler la question selon vous ?
Alors c'est ça dépend ce qu'on entend par quota. Moi je vais vous dire ce qui enfin moi je trouve ça moi je suis un pro quota à c'était pas du tout mon mon combat de base mais je trouve qu'effectivement on est tellement arrivé dans une situation très problématique que si on ne fait pas de quotas ça me semble difficile. Donc je vais je vous donne un exemple pour comprendre un petit peu ce que comment je vois les quotas.
Si demain on on pense aux classes préparatoires notamment. Si demain euh imaginons, on a une classe préparatoire qui a euh 50 places, 50 places dans sa classe préparatoire et il y a 10 filles qui postulent et 80 garçons, bah qu'est-ce que vous faites ? Vous avez 50 places, s'il y a que 10 filles qui postulent, vous prenez 10 garçons et dans ce cas-là, vous videz le reste de votre classe ou vous dites "Bah non, on va quand même remplir." Mais du coup, vous avez pas réglé le problème parce que tout simplement vous avez pas réglé le vivier en fait.
Donc mettre des quotas, pourquoi pas ? Mais c'est une solution qu'il faut réfléchir. Elle est radicale, elle est compliquée.
Moi je suis pas totalement contre mais il faut vraiment qu'elle soit bien faite sur le terrain. D'ailleurs justement sur il y a huit mesures qui sont proposées par Elizabeth Born. Il y a des mesures qui semblent alors elles sont moi je il y en a plein que je trouve super sur le terrain.
J'attends de voir ce que ça donne parce que ça risque quand même d'être assez compliqué pour certaines choses à mettre en place quoi. Par exemple, juste un exemple très rapidement, celle qui pourrait être très compliquée. Bah je sais pas, par exemple, il y a euh il y a une des mesures qui moi me touche personnellement parce que c'est la formation des enseignants et des enseignantes sur les les stéréotypes de genre notamment.
Euh et donc je crois que dans la dans les mesures, c'est marqué qu'il faut former tout le monde avant le 15 septembre si je dis pas de bêtises. C'est très court en terme de délai si on prend juste l'académie de Lille. Je suis pas certain euh qu'on ait assez de formateurs et de formatrices déjà pour former tous les tous les les collègues sur le terrain.
Et honnêtement avant le 15 septembre, ça semble très difficile notamment si en plus vous devez ajouter des formations, laïcité, harcèlement, tout ça. Donc c'est ça semble difficile sur le terrain en tout cas. Merci.
Merci Mohamed Nassiri pour votre retour d'expérience expérience de terrain. Merci beaucoup. Et on avait besoin de de modèle HF, c'est ce qui a été dit, on est d'accord.
Alors bah j'ai sélectionné trois femmes, pas Marie Curry parce que c'est un peu la seule qu'on connaît. Il y a par exemple la scientifique russe Valentina Teréchovka, première femme dans le monde à avoir volé dans l'espace. Françoise Baressinousi qui a découvert le VIH quand même et puis plus récemment 2014 Maybrit Mozer prix Nobel de médecine
Élisabeth Borne