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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 26 mai 2025 11 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesBudget & impôtsTravail & emploi

Sécu : les comptes "hors de contrôle" - C dans l’air - l’invité - 26.05.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Faut-il prendre au sérieux cette alerte de la Cour des comptes ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    La Cour évoque une crise de liquidité et le risque de ne pas financer des prestations. Première fois ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi en est-on là ? La tendance était au redressement depuis 2021.

  • 3:00RelanceRéponse directe

    Ce n'est pas uniquement une flambée des dépenses sociales ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    On fait les économies et la maîtrise des dépenses où, quand on parle de la Sécu ?

  • 6:30FerméeRéponse directe

    On bascule ce manque à gagner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30E.CoquerelFait
    « Selon P.Moscovici et les magistrats, les comptes de la Sécurité sociale sont désormais "hors de contrôle". »
  • 1:00E.CoquerelChiffre
    « Le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 24,1 milliards en 2028. »
  • 1:45E.CoquerelChiffre
    « On a mis 92 milliards d'euros qu'on a imputés sur la Sécurité sociale, qui aurait dû être des dettes de l'Etat. »
  • 2:30E.CoquerelChiffre
    « Ca nous coûte environ 19 milliards d'euros par an à la Sécu. »
  • 3:30E.CoquerelChiffre
    « Il y a 90 milliards d'exonération de cotisations par an qui sont des aides de l'Etat aux entreprises. »
  • 5:00E.CoquerelChiffre
    « On peut décider aussi qu'on fait cotiser les dividendes, les rachats d'actions. Ça rapporte 10 milliards par an. »
  • 7:00E.CoquerelChiffre
    « On prévoit de faire 40 milliards de dépenses de baisse l'année prochaine. »
  • 9:00E.CoquerelFait
    « C'est l'impôt le plus injuste. Il n'est pas proportionnel. »
  • 10:15E.CoquerelChiffre
    « On va vous réduire vos revenus d'à peu près 30 %. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. C'est une alerte qui a été lancée par la Cour des comptes. Selon P.Moscovici et les magistrats, les comptes de la Sécurité sociale sont désormais "hors de contrôle".

La Sécu serait menacée de crise de liquidité. Nous en parlons avec E.Coquerel.

Bonsoir. Vous êtes député LFI, président de la commission des finances à l'Assemblée nationale. Quelques chiffres pour commencer.

De 21,1 milliards en 2025, le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 24,1 milliards en 2028. Faut-il prendre au sérieux cette alerte de la Cour des comptes? - E.Coquerel: L'alerte se fait sur le niveau d'emprunt qui serait nécessaire pour la Sécurité sociale pour faire face à partir de 2027 à hauteur de 70 milliards.

Le système de remboursement pour la Sécurité sociale, contrairement à la tête de l'Etat, fait qu'on est obligés d'emprunter à court terme. C'est là où ils disent qu'il y a un problème de liquidité. Contrairement à ce que dit la Cour des comptes, il y a des moyens de l'éviter. - C.Roux: On va en parler.

Les mots sont plus forts que d'habitude. La Cour des comptes évoque cette crise de liquidité et dit: "Il n'est pas exclu qu'on puisse avoir du mal à financer les prestations." C'est une des premières fois que j'entends la Cour des comptes évoquer le fait qu'on ne finance pas une prestation sociale dans ce pays. - E.Coquerel: Si on ne fait rien, oui.

On peut faire quelque chose. C'est là, la question. Comment faire en sorte de pouvoir faire... - C.Roux: Pourquoi on en est là?

Je parle sous votre contrôle. La tendance était au redressement depuis 2021. Que s'est-il passé depuis? - E.Coquerel: Le trou de la Sécu...

Le régime général de la Sécu...

Il n'est pas en déficit. Entre les remboursements et les recettes, il n'est pas en déficit. Ce qui le met en déficit, c'est l'amortissement à la Cades.

Voyons ce qui le met en déficit. C'est de rembourser ces emprunts au niveau de la Cades chaque année. Pourquoi il y a ces emprunts?

Il y a des sommes indues. Pendant le covid, on a mis 92 milliards d'euros qu'on a imputés sur la Sécurité sociale, qui aurait dû être des dettes de l'Etat. On a décidé d'aider les entreprises.

On a mis du chômage partiel. C'est une dette de l'Etat. C'est devenu une dette sociale.

La différence entre la dette de l'Etat et la dette sociale, c'est que la dette de l'Etat, vous ne remboursez jamais le stock. Vous ne remboursez que les intérêts. La dette de la Sécurité sociale, vous êtes obligé de rembourser le stock.

Ca nous a coûté beaucoup plus cher. Si l'Etat avait pris en charge sur son budget le chômage partiel au lieu de le transférer sur la Sécurité sociale, on ne se retrouverait pas dans cette situation. Ca nous coûte environ 19 milliards d'euros par an à la Sécu.

C'était des aides de l'Etat. - C.Roux: Vous êtes en train de nous expliquer que ce n'est pas uniquement une flambée des dépenses sociales qui donne cette situation? - E.Coquerel: C'est un problème de recette par ce système de remboursement avec des sommes indues qui ont été émises par la Sécurité sociale.

Il y a 90 milliards d'exonération de cotisations par an qui sont des aides de l'Etat aux entreprises, mais le système de la Sécurité sociale...

On peut dire que tout est compensé. Quasiment tout. Il en manque un peu.

C'est compensé en allant prendre de la TVA qui devrait servir à assurer le financement de l'Etat. Au lieu d'aller emprunter sur les marchés, ce qui coûte cher, on pourrait augmenter les cotisations. Prenons le régime des retraites.

Un économiste comme Zemmour, le bon. Il dit que pour augmenter de 0,15 point...

On peut imaginer qu'on arrête de créer des autoentrepreneurs. 100 000 emplois ont été créés sous Macron. Il n'y a pas de cotisations.

On a asséché les retraites de la Sécurité sociale, d'où la question des déficits. - C.Roux: Le rapport dit qu'il est indispensable de définir une stratégie de retour à l'équilibre impliquant des mesures d'économies et de maîtrise des dépenses.

On les fait où, les économies et la maîtrise des dépenses, quand on parle de la Sécu? - E.Coquerel: C'est ce qui m'oppose souvent à la Cour des comptes et à son président, Pierre Moscovici.

Ce qu'il identifie comme problème, on est d'accord. Il y a 2 manières de le faire. C'est comme l'acquisition du budget de l'Etat.

Soit vous vous dites qu'il y a trop de dépenses et qu'il faut les baisser, parce qu'il n'y a plus assez de recettes. On a créé le budget de l'Etat. On a baissé de 70 milliards le budget de l'Etat.

Il faut récupérer ces recettes au lieu de baisser les dépenses. La Sécu, c'est un peu la même chose. On peut le voir des 2 manières, soit en s'efforçant de donner plus de recettes à la Sécu et d'apurer cette dette, qui nous coûte très cher...

L'Etat pourrait reprendre la tête de la Cades. Ca coûterait moins cher. L'Etat ne paie jamais son stock. - C.Roux: On bascule ce manque à gagner? - E.Coquerel: C'est 140 milliards.

Je propose que l'Etat les récupère. Ces 140 milliards permettraient qu'on ne ponctionne plus de l'argent sur la question de la Sécurité sociale...

C'est une proposition. - C.Roux: Ce n'est pas comme si on avait des marges de manoeuvre.

Ca coûte très cher. - E.Coquerel: On renvoie sur un autre débat.

On peut aller chercher 50 ou 60 milliards d'euros de recettes supplémentaires. On peut décider aussi qu'on fait cotiser les dividendes, les rachats d'actions. Ca rapporte 10 milliards par an.

Il y a la possibilité d'aller chercher des recettes supplémentaires. - C.Roux: Commentons ce qu'a dit le chef de l'Etat.

Il a repositionné l'idée de TVA sociale. Ca serait un moyen de régler la situation budgétaire dans laquelle nous sommes? - E.Coquerel: C'est complètement contre-productif.

C'est l'impôt le plus injuste. Il n'est pas proportionnel. C'est un impôt qui touche directement la consommation populaire.

Quand la France, par rapport à l'Allemagne, ne rentre pas en récession, c'est parce que vous avez une consommation populaire qui tient le coup. Si vous augmentez la TVA, vous allez l'amoindrir. Ce n'est sûrement pas la bonne solution.

C'est plutôt d'aller chercher...

Si on embauche des fonctionnaires et qu'on les paye mieux, c'est une solution. Vous allez faire en sorte qu'il y ait plus de cotisations qui vont rentrer et que le régime... - C.Roux: On a l'impression que c'est le money time.

Bruxelles ne croit pas au redressement rapide promis par la France. - E.Coquerel: Ils ont raison. - C.Roux: On n'y est pas? - E.Coquerel: On prévoit de faire 40 milliards de dépenses de baisse l'année prochaine...

Il faut rompre avec ces politiques de compétitivité. Il faut relancer le travail. Ca commence peut-être par ne pas proposer que les chauffeurs de taxi aient 30 % de moins de revenus. - C.Roux: C'est une façon de dire qu'on va faire des économies.

On leur demande de contribuer au contrôle des dépenses de transport sanitaire. Ca avait été montré du doigt par la Cour des comptes aussi. - E.Coquerel: Mais sont-ils responsables de ça?

On a fermé des hôpitaux de proximité. Vous avez plus de temps de parcours. Du côté des chauffeurs de taxi, on va vous réduire vos revenus d'à peu près 30 %.

C'est moins bon pour la consommation populaire. On nous dit qu'on veut valoriser le travail. Ce n'est pas comme ça qu'on le valorise.

Le meilleur système, c'est de ne pas toucher cette dépense de 300 millions qui va nous coûter plus cher ailleurs et peut-être d'aller, avec la disparition des hôpitaux de proximité ou du système... - C.Roux: Dès qu'on évoque des économies, on se retrouve dans la situation des chauffeurs de taxi.

C'est un pacte, une profession, une corporation...

Comment on fait? - E.Coquerel: On ne fait pas des économies en commençant par toucher au travail qui a déjà largement payé sa dette depuis des années.

On paye mieux le travail et on paye un travail qui assure des cotisations. On fait en sorte de favoriser plutôt les chauffeurs de taxi réglementés, qui paient des impôts et des cotisations, plutôt que les plateformes ubérisées qui emploient des gens qui ne paient pas de cotisations. Ce n'est pas contre les chauffeurs.