Budget : la grande fracture
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Questions et réponses
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Comment est-ce que les Français perçoivent la situation d'instabilité politique avec E.Macron à 11% de côte de confiance?
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Les Français sont en train d'effacer E.Macron?
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Ils choisissent la démission par rapport à la dissolution?
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Les Français attendent que les politiques s'entendent. Certains trouvent ça formidable?
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La confiance dans les partis politiques est à 10%. Le RN a passé une résolution à l'Assemblée. Comment l'analysez-vous?
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Ils ne sont pas du tout impactés par cette instabilité politique?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ce qu'on a mis en évidence dans notre enquête avec Ipsos, "Le Monde", le Cevipof et la Fondation Jean-Jaurès... On interroge les Français sur le rapport aux institutions. »
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« Au-delà même de la personnalité d'E.Macron, il entraîne dans sa chute la confiance envers la présidence de la République. C'est 22 % aujourd'hui. En 2017, c'était 44 %. »
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« 58 % des Français demandent la démission d'E.Macron. »
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« La confiance dans les députés aujourd'hui, c'est 20 %. On a énormément de profondeur. C'est la 13e édition qu'on publie, cette année. »
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« La confiance dans les députés, c'était 36 % en 2022. »
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« 75 % des moins de 35 ans et 72 % des plus de 60 ans sont préoccupés par le changement climatique. »
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« Le nombre de Français qui se revendiquent d'une France en colère et très protestataire a progressé. Chez les moins de 35 ans, en particulier chez les jeunes femmes. »
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« 90 % des Français pensent que le pays est en déclin. »
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« La confiance dans les PME, c'est 82 %. La confiance dans les scientifiques est de 81 %. La confiance de la police, c'est 74 %. L'école, 70 %. »
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Contactez-nous au 0 800 00 15 15. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. Il est tenu pour responsable par les Français de la situation d'instabilité politique, si l'on en croit les sondages. E.Macron atteint son plus bas niveau de côte de confiance, à 11 %, dans un baromètre publié par "Le Figaro Magazine".
Le chef de l'Etat atteint un record d'impopularité. Comment est-ce que les Français perçoivent ça? Bonsoir, B.Leridon.
Vous êtes éditorialiste à l'institut Montaigne. Vous êtes spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles. 11 % de côte de confiance...
Les Français sont en train d'effacer E.Macron? - B.Leridon: Absolument.
Ce qu'on a mis en évidence dans notre enquête avec Ipsos, "Le Monde", le Cevipof et la Fondation Jean-Jaurès...
On interroge les Français sur le rapport aux institutions. Au-delà même de la personnalité d'E.Macron, il entraîne dans sa chute la confiance envers la présidence de la République.
C'est 22 % aujourd'hui. En 2017, c'était 44 %. Ce n'est pas seulement une question de l'homme.
Quand on les interroge sur leur volonté de démission du président de la République, on a un bond de 6 points d'une année sur l'autre. 58 % des Français demandent la démission d'E.Macron. - C.Roux: Ils choisissent la démission par rapport à la dissolution? - B.Leridon: Oui.
La démission est l'option la plus plébiscitée. - C.Roux: Les Français attendent que les politiques s'entendent.
On entend des observateurs dire que c'est formidable, ce qui se passe en ce moment. - B.Leridon: Il y a des débats, mais il y a une défiance immense envers les députés.
La confiance dans les députés aujourd'hui, c'est 20 %. On a énormément de profondeur. C'est la 13e édition qu'on publie, cette année.
La confiance dans les députés, c'était 36 % en 2022. On prend la mesure de la chute engagée, en particulier depuis la dissolution. Ce qui change, c'est qu'il y a désormais une petite majorité de Français qui pense que le meilleur système est la majorité relative à l'Assemblée.
Petit à petit, on se fait à l'idée que cette majorité absolue, qui était la norme pendant très longtemps, n'était pas le mieux. - C.Roux: Le reste est tout aussi violent.
Les partis politiques: 10 % de côte de confiance. Moins 8 points depuis 2022. 20 % de confiance pour l'Assemblée.
C'est un jour historique pour le RN, qui a passé pour la 1re fois un texte à l'Assemblée, une résolution visant à dénoncer la résolution de 1968 entre la France et l'Algérie. - B.Leridon: Le RN...
Où étaient M.Le Pen et J.Bardella?
Au Salon de l'élevage. Ils incarnaient une proximité du peuple. Ils réactivaient cet imaginaire du système, ce qu'on appelait autrefois l'UMPS.
Eux ne sont intéressés que par leur fonction politique, les tractations. Ils se désintéressent et se détournent des Français. Dans l'enquête, on voit la progression des indicateurs positifs concernant le RN. 42 % considèrent que c'est un parti proche de leurs préoccupations. 47 % pensent que c'est un parti qui peut gouverner un pays, contre 32 % en 2020.
Tous les indicateurs négatifs baissent. 49 % des Français considèrent que c'est un parti dangereux pour la démocratie. - C.Roux: Ils ne sont pas du tout impactés par cette instabilité politique? - B.Leridon: Pour l'instant, non.
Dans l'imaginaire collectif, eux se trouvent à l'écart de tout ça. Ils n'ont jamais participé au socle commun. C'est historique, ce qu'il s'est passé aujourd'hui.
Ca participe de la trajectoire de dédiabolisation. Pour la première fois, dans la journée parlementaire, dont l'ordre de la journée est à la main des groupes politiques, ils ont porté cette résolution de dénonciation des accords de 68. A une voix près, ils ont réussi à la faire voter.
C'est une première historique. Ce n'est pas contraignant juridiquement. Demain, la France ne va pas dénoncer ces accords.
Dans la symbolique, le fait qu'ils aient réussi à concilier des voix de la droite et Horizons, c'est historique. - C.Roux: M.Le Pen et J.Bardella continuent d'appeler à la dissolution, non pas à la démission du président de la République.
Lors de ces débats budgétaires, on a beaucoup renvoyé les générations les unes contre les autres. C'était les boomers mis en cause par F.Bayrou pour avoir profité d'un système...
Aujourd'hui, on dit aux retraités qu'ils doivent être mis à contribution parce qu'ils sont mieux lotis que les actifs. Ca crée une fracture générationnelle? - B.Leridon: De façon beaucoup moins clivante et caricaturale que certains voudraient le montrer.
Il n'y a pas une animosité immense de la génération Z, des actifs, à l'égard des boomers, qui auraient profité d'un système et qui seraient insuffisamment redevables envers la jeune génération. Ils se rejoignent sur le climat, par exemple. 75 % des moins de 35 ans et 72 % des plus de 60 ans sont préoccupés par le changement climatique.
Le climat n'est pas une affaire de jeunes. C'est transgénérationnel. Idem pour le pouvoir d'achat.
C'est la première des préoccupations, pour les plus jeunes et les plus âgés. - C.Roux: Qui est le plus en colère? - B.Leridon: On interroge toujours les Français sur la perception qu'ils ont d'eux-mêmes.
On leur demande s'ils ont l'impression d'appartenir à une France très en colère et protestataire, en colère mais non contestataire, une France heureuse et apaisée. On voit que le nombre de Français qui se revendiquent d'une France en colère et très protestataire a progressé. Chez les moins de 35 ans, en particulier chez les jeunes femmes.
Cette colère-là monte tout particulièrement chez les jeunes femmes. On peut l'expliquer par plein de facteurs, le procès Mazan...
Il y a eu cette conscience de l'inégalité, les violences faites aux femmes. Il y a une infinité d'autres facteurs. Elles sont très touchées par des questions de pouvoir d'achat.
Le chiffre est très intéressant. - C.Roux: Un autre chiffre passionnant et vertigineux: 90 % des Français pensent que le pays est en déclin.
La France est en pleine sinistrose? - B.Leridon: C'est l'un des grands chiffres.
Le pessimisme a envahi notre pays. Quelles que soient les générations, oui. C'est très différent en fonction du parti auquel vous appartenez.
C'est beaucoup plus marqué au RN. Ce qui est plus marqué au RN, c'est la conviction que le pays est en déclin et qu'il est irréversible. Pour certains, il y a encore un fond d'espoir.
Il y a des chiffres positifs dans "Fractures françaises 2025". La confiance dans les PME, c'est 82 %. La confiance dans les scientifiques est de 81 %.
La confiance de la police, c'est 74 %. L'école, 70 %. La confiance dans les maires, c'est les élus qui échappent...
L'école, la police, les scientifiques, les PME, c'est des records de confiance. L'armée aussi échappe à ce grand phénomène. - C.Roux: C'est une tendance durable?
Une fracture vous intéresse particulièrement: celle qui concerne les sujets institutionnels. Pourquoi ce chiffre vous inquiète? - B.Leridon: Il est très préoccupant.
De plus en plus de jeunes se font à l'idée selon laquelle la démocratie n'est pas le meilleur des régimes possible. Ils se disent qu'ils pourraient essayer autre chose. C'est difficile de les blâmer.
Il faut vraiment réarmer démocratiquement le pays pour leur montrer les valeurs de la démocratie. Il y a l'élection de 2027 et ce qu'il va se passer
Emmanuel Macron