Sébastien Chenu : "On veut que la France soit le chef de file des pays non alignés sur l'UE"
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France Inter, Karine Bécard, Éric Delvaux, le 6-9 du week-end. On accueille Sébastien Chenu, bonjour Sébastien Chenu. Bonjour monsieur, bonjour madame. Député du Nord au nom du Rassemblement National, porte-parole de Marine Le Pen. Un mot sur le cas Robert Ménard pour commencer, le maire de Béziers. Il votera bien Marine Le Pen, mais il préfère se retirer de la campagne pour ne pas faire entendre ses désaccords avec la candidate. Par exemple sur le port du voile que veut faire interdire Marine Le Pen dans l'espace public. Comment est-ce que vous interprétez cette auto-mise à l'écart ?
Je crois que Robert Ménard est un homme libre, il n'est pas membre du Rassemblement National. Il souhaite voir Marine Le Pen élue présidente de la République. Il n'est pas d'accord avec tout, mais d'ailleurs il n'y a pas besoin d'être d'accord avec tout. Et donc par conséquent il n'a pas tellement envie que son temps de parole, et notamment les réserves ou les différences d'appréciation qu'il a, soient comptabilisées comme un soutien de Marine Le Pen. Donc il le dit, je soutiens Marine Le Pen, je ne suis pas d'accord avec tout. Mais d'ailleurs on peut soutenir Marine Le Pen comme on peut soutenir Emmanuel Macron sans être d'accord avec tout.
Ça fait partie du jeu, mais il ne veut pas être comptabilisé dans le temps de parole pour ne pas embêter la candidate. Voilà.
La préférence nationale dans le programme de Marine Le Pen, elle mettrait à l'écart ceux qui souhaitent avoir un appartement HLM ou même certains métiers par exemple de l'administration. Alors je cite votre programme, ça mettrait à l'écart tous ceux qui possèdent la nationalité d'un autre état que la France. Ça veut dire que ça vaut aussi pour les binationaux en situation régulière ?
Non mais monsieur, comprenez quelque chose. La préférence nationale, ou plutôt la priorité nationale, car le vrai terme c'est la priorité nationale, n'est pas une exclusivité. C'est une priorité. C'est-à-dire que nous considérons que dans notre pays, les citoyens nationaux ont un droit supplémentaire, une priorité d'accès au logement, d'accès à l'emploi, qui existe d'ailleurs déjà. Parce que cette priorité, vous l'avez finalement déjà pour le droit de vote par exemple. Lorsque vous êtes un citoyen national, vous votez aux élections nationales. Vous l'avez déjà dans les emplois d'État, la fonction publique. Lorsque vous êtes un citoyen français, vous pouvez entrer dans la fonction publique.
Ce n'est pas le cas lorsque vous êtes d'origine d'une nationalité étrangère. Vous pouvez, ce que je disais, être d'origine étrangère et nationale, et français. Vous pouvez avoir des origines étrangères et français, ça ne pose aucun problème. Donc voilà, c'est une priorité et ce n'est pas une exclusivité.
Mais la question est portée sur les binationaux. Est-ce que cette priorité nationale exclurait aussi des binationaux ?
Aucun problème, puisque nous on ne fait pas tomber la binationnalité. Aucun problème.
Et cette attribution en priorité nationale pour des logements HLM, ou même pour certains métiers dans l'administration, vous ne redoutez pas que ce soit sanctionné par la justice comme une discrimination, qui est un délit en France ?
Non, parce que je viens de vous expliquer qu'en fait, cette priorité qui n'est pas une exclusivité, ce serait une exclusivité, ce serait probablement peut-être sanctionné. Mais une priorité, ce n'est pas sanctionné. Elle existe déjà. Je vous ai donné deux exemples très différents. Le droit de vote et l'accès à la fonction publique. Donc voilà, la priorité, c'est faire en sorte que lorsque, par exemple, des logements se libèrent, lorsqu'ils sont libres, et bien il y a notamment dans le cas des logements sociaux, à peu près 8% de vacances par an des gens qui déménagent, etc.
Et bien on puisse proposer d'abord à des citoyens français, à des familles françaises, c'est-à-dire dans lesquelles il y a au moins une personne qui a la nationalité française, par exemple dans un couple, ou binationaux, qui sont français et autre chose, et bien d'avoir accès en premier à ce logement. On leur propose en premier.
Sébastien Chenu, restons sur cette question centrale dans votre programme de la priorité nationale. Est-ce qu'elle s'appliquera, je vais y arriver, cette politique de priorité nationale à nos voisins européens, je pense aux Allemands, par exemple aux Italiens, aux Belges, qui sont installés en France, qui touchent certaines de nos prestations sociales, de nos allocations familiales, par exemple, est-ce qu'ils continueront à les toucher ou pas, eux ?
Écoutez, la priorité nationale, je vous l'ai dit, elle est pour les citoyens français ou binationaux. Donc après, on peut peut-être regarder pour qu'elle s'étende aux Européens. Moi, je ne suis pas fermé. Ça fait partie des choses dont le Parlement se saisira. Il n'y a pas de raison d'y être forcément fermé. Mais en tous les cas, elle est prioritairement réservée aux nationaux. C'est la logique politique que nous développons.
Alors j'ai lu dans votre programme que cette priorité nationale s'appliquerait contre, en fait, nos voisins européens. Vous me le confirmez ou pas ?
Non, je vous dis simplement, la priorité nationale, la nationalité française, ou avoir la binationalité. On a une priorité quand on est citoyen national. Ce n'est pas contre quelqu'un. C'est que lorsqu'on est en France, vous savez, non, quand on est en France, on a une priorité sur le territoire français. Ça me semble être d'une logique qui est développée, d'ailleurs, dans d'autres pays.
Mais ça veut dire qu'on n'est plus dans l'Union européenne, alors ?
Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous, quand vous êtes citoyen national, vous avez des droits supplémentaires dans votre pays, ce qui existe d'ailleurs dans d'autres pays européens, vous avez des droits supplémentaires ? Je vous ai donné par exemple celui du droit de vote. Quand vous avez le droit de vote, remarquez, c'est intéressant ce que vous dites, parce que quand vous êtes citoyen européen, vous pouvez voter aux élections européennes, mais vous ne pouvez pas voter aux élections nationales, par exemple aux élections législatives ou présidentielles. Eh bien, je trouve que cette logique, elle a du sens.
Alors, restons encore sur la politique européenne. On ne comprend pas forcément toujours très bien cette vision que vous avez de l'Europe. Alors désormais, vous restez dans l'Union, vous gardez l'euro, donc il n'est plus question officiellement de Frexit, mais si je vous lis bien, vous ne voulez plus de la Commission européenne, qui est au cœur de ces institutions de l'Union. Donc, comment est-ce qu'elle fonctionne, votre Europe, sans la Commission ? Expliquez-nous.
Non, vous ne lisez pas tout à fait bien, mais je vais me permettre justement de vous expliquer. En fait, ce qu'on souhaite, nous, c'est remettre la Commission à sa place, c'est-à-dire moins de pouvoirs à l'Union européenne, plus de pouvoirs à la France. La Commission, elle s'attribue des pouvoirs, notamment de validation diplomatique, elle s'attribue des pouvoirs qui font que souvent, elle avance contre les peuples. On l'a vu sur les vaccins qui sont arrivés très tard et très chers, par exemple. on l'a vu sur le pacte des migrations qui se fait sans autorisation des États.
Eh bien, nous, ce qu'on veut, c'est que les textes français, la Constitution française, pas les textes français, la Constitution française, pardon, elle soit supérieure aux textes européens. Et on veut en parallèle que la France soit un peu le chef de file des pays non alignés sur l'Union européenne. Donc voilà, la Commission remise à sa place.
Mais si la Constitution française se trouve au-dessus des textes européens, on est encore dans l'Union européenne ?
On est encore dans l'Union européenne parce que, voyez-vous, l'Allemagne, par exemple, a une constitution, elle a aussi une cour constitutionnelle, qui indique que les traités internationaux qui sont contraires à sa constitution ne peuvent pas s'appliquer. Ça se fait en Allemagne, on s'est dit que ça pouvait très bien se faire en France.
Dernière question sur l'Europe, encore très concrète, est-ce que vous remettez des contrôles permanents aux frontières en France ?
Écoutez, cette question des contrôles permanents au sein de l'Union européenne, elle est intéressante parce qu'elle peut se faire autrement que par une frontière physique. Vous savez qu'aujourd'hui, avec tous les moyens qui existent, il est possible de contrôler avec des drones, avec du contrôle en ligne, etc., un certain nombre de choses. Donc, ce n'est pas forcément des frontières physiques telles qu'on les imagine. Il n'y aura pas forcément des douaniers, par exemple. Il n'y aura pas forcément des douaniers. Il peut y en avoir dans certains secteurs. Vous savez, il faut que tout ça se remette en place si on veut avoir le contrôle de nos frontières.
Mais l'intérêt, c'est de contrôler les points qui posent problème, de contrôler, par exemple, les exportations-importations frauduleuses. Vous savez qu'on veut un grand ministère de lutte contre la fraude. Là, il y a beaucoup à faire parce que c'est une priorité aussi écologique.
Mais c'est déjà le cas aujourd'hui ?
Non, un ministère... On lutte contre les fraudes aujourd'hui, aux frontières. Mais pas assez. Pas assez. Voyez-vous, je vous parle des importations alimentaires. On dit qu'il y a 25% des importations alimentaires qui sont frauduleuses, par exemple. Donc là, on a probablement des choses à faire. Donc voilà, nous, ce qu'on veut simplement, c'est reprendre le contrôle de l'immigration. Vous le savez très bien. Le contrôle, donner une priorité aux Français sur leur territoire. Avoir une constitution qui soit supérieure au texte européen. C'est-à-dire, en fait, reprendre une part de souveraineté dans notre pays.
Sébastien Chenu, il reste 7 jours de campagne avant le second tour. Est-ce que la stratégie du Rassemblement National va se limiter à faire du tout sauf Macron ? Non, je ne crois pas. D'ailleurs, que ce soit
exactement ça. Parce que depuis le mois de septembre, Marine Le Pen est en campagne. Je crois même qu'elle a été la première et qu'elle a fait un certain nombre de propositions qui ne sont pas simplement des propositions contre la politique d'Emmanuel Macron. Il y a beaucoup à dire sur la politique d'Emmanuel Macron, la brutalité avec laquelle il a géré le pays. Mais nous, depuis au moins septembre, on fait des propositions. La baisse de la TVA à 5,5 sur l'essence, les mesures sur les jeunes, notamment par exemple l'accès au transport public aux heures creuses gratuitement pour les jeunes, des propositions sur les PME, la réforme des retraites, évidemment.
Donc vous voyez, on fait des propositions. On essaie de trouver des solutions au quotidien. Moi, je n'ai entendu dans la bouche du président de la République que pour l'instant, la proposition de la retraite à 65 ans. Je n'ai pas entendu grand-chose. À 64. Donc ce n'est pas simplement... Ah oui, 64, pardon. C'est vrai que ça bouge tous les jours avec le président de la République. Merci de le rappeler. Mais donc, voilà, il y a une méthode, une incarnation du pouvoir avec Emmanuel Macron qui a été d'une extrême brutalité pendant 5 ans. Et aujourd'hui, il y a très peu de propositions pour le quotidien des Français. Nous, on fait le choix inverse. On veut oxygéner la démocratie.
On veut protéger les Français. On veut sortir de cette brutalité. Et on essaye, on propose des solutions pour que le quotidien des Français s'améliorent.
C'est vraiment notre but. Pour être qualifié au second tour, Sébastien Chenu, où situez-vous le réserve de voix que vous n'aviez pas il y a 5 ans ? Partout. En réalité,
partout. Chez les abstentionnistes, parce que ça dit quelque chose de s'être abstenu à cette élection présidentielle. Je pense qu'il faut être attentif à cela. Évidemment, chez les électeurs de gauche qui sont patriotes. Moi, je ne ne souviens pas de la gauche, mais je considère qu'à gauche, il y a des gens qui sont donnés de patriotes, qui pensent à leur pays et je pense qu'ils ne peuvent pas voter Macron demain pour se le reprocher pendant 5 ans, notamment en ce qui concerne la retraite à 65 ans. Et puis, évidemment, chez les électeurs Valéry Pécresse, d'Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Ignan, Jean Lassalle. Bref, notre projet, il s'adresse à tous. Il n'est pas fermé, il est ouvert ce projet.
D'ailleurs, on le lit bien dans la nouvelle profession de Juan Marine Le Pen, un futur gouvernement d'union nationale, mais une union avec qui ? Avec quelle formation politique ou quels individus ?
Vous avez raison. Je trouve que c'est une question qui revient souvent chez les journalistes, un peu moins chez les Français. Je vous l'avoue. D'abord, on sait qui on n'a pas envie de revoir. C'est vrai qu'on n'a pas envie de revoir Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin, François Hollande, les soutiens d'Emmanuel Macron qui sont responsables, finalement, de ce qui a échoué dans le pays. Mais Marine Le Pen, elle a fait, si elle ne vous a pas échappé, tout le temps émerger une nouvelle génération. Que ce soit Jordan Bardella tête de liste aux européennes, on a toujours eu le plus jeune député à l'Assemblée nationale, le plus jeune sénateur. Elle a fait émerger une nouvelle génération.
Mais je crois que c'est exactement ce qu'elle veut faire. Alors, son gouvernement du national, il s'ouvre à tous. Des gens qui viennent de la gauche, des gens qui viennent de la droite. Et puis, vous savez, quand Emmanuel Macron a été élu président de la République, le soir, devant la télévision, moi j'ai découvert Jean-Michel Blanquer, Elisabeth Borne, des gens, Agnès Buzyn, des gens dont je n'avais jamais entendu parler de ma vie.
Il y avait aussi des piliers.
Il y avait aussi des piliers. Oui, il y a aussi des piliers. Je vous ai cité Jordan Bardella, en voilà un. Mais on peut penser à Jean-Paul Garraud que Marine Le Pen a présenté comme le futur garde des Sceaux, qui a été un député LR de Gironde et qui aujourd'hui est parlementaire européen et qui a toutes les compétences pour pouvoir occuper cette fonction. Donc vous voyez, il y a des gens qui sont entrés dans la lumière grâce à leur fonction et aujourd'hui, tous les Français les connaissent alors qu'on ne les connaissait pas.
Autour de Marine Le Pen, il y a des gens que personne ne connaît aujourd'hui parce qu'ils ne sont pas des stars mais qui, parce qu'ils peuvent assumer des responsabilités, eh bien demain, seraient amenés à être connus. Je pense à Hervé Juvin. Il y a peu de gens qui connaissent Hervé Juvin mais je vous invite à lire ces ouvrages sur l'écologie, sur l'économie. Aujourd'hui, les parlementaires européens, c'est quelqu'un qui pourra avoir la compétence, qui pourrait entrer dans un gouvernement selon la décision du Premier ministre et de la future, je l'espère, présidente de la République. Mais malgré tout, on n'a pas de soucis de ressources.
Vos propos sont quand même très flous là ce matin, Sébastien Chenu, sur cette question-là. Pardonnez-moi, mais gouverner, les Français s'interrogent aussi sur ça. Avec qui vous allez gouverner ? Il n'y a pas que les journalistes, je crois, est-ce que, par exemple, très concrètement, certains LR, par exemple, vous ont contacté ? Est-ce qu'une partie de la gauche souverainiste serait prête à vous rallier ? Est-ce que vous pouvez nous donner des choses un peu plus précises ce matin ?
Alors, la réponse, madame, est oui. Oui, nous parlons avec des gens qui viennent de LR et oui, nous parlons avec des gens qui viennent de la gauche souverainiste. Je le fais moi-même. J'ai rencontré la semaine dernière et la semaine prochaine, j'ai quelques rendez-vous, je vous le dis, avec des gens, des parlementaires en particulier, qui ont envie de regarder peut-être de plus près la façon dont ils pourraient intégrer une majorité. Mais ce n'est pas mon boulot de faire le gouvernement aujourd'hui et d'ailleurs, les gouvernements ne sont pas annoncés. On vote d'abord pour un président ou une présidente de la République.
On vote d'abord pour une incarnation de ce pouvoir présidentiel et puis, ensuite, un Premier ministre sera nommé. Il ouvrira son gouvernement, il le fera. Et vous savez, on n'a pas de problème de ressources, c'est plutôt un problème de choix, je pense, qu'on aurait. Mais oui, il y a des hommes et des femmes et vous serez probablement surpris mais comme on l'a été dernièrement lorsque les gouvernements ont été constitués par des gens qui viendront parce que tout simplement ils ont envie de se retrousser les manches pour redresser le pays.
Alors Marine Le Pen est favorable à une proportionnelle intégrale pour deux tiers des députés, c'est ce qu'elle a dit. Quand est-ce que vous la mettrez en place ? Est-ce qu'elle sera applicable par exemple dès le mois de juin prochain pour les élections législatives ?
Alors elle ne pourra pas être applicable dès le mois de juin prochain pour les élections législatives. Je pense que nous mettrons ceci en place d'abord parce qu'il faudra que les élections législatives, on ne va pas bidouiller le scrutin avant les élections législatives. Vous savez, on ne va pas brutaliser la société française, elle l'a été tellement pendant ces cinq années pour aujourd'hui bidouiller un scrutin qui va se tenir deux mois avant.
Laissons les institutions telles qu'elles sont aujourd'hui pour pouvoir aller au bout du processus, c'est-à-dire élection présidentielle, élection législative et ensuite entamons un peu cette rénovation finalement de la vie politique française dans laquelle la proportionnelle qui avait été proposée, je le rappelle aussi par Emmanuel Macron, il n'a pas tenu sa promesse, est bien nécessaire. Il faut que les courants de pensée dans notre pays soient mieux représentés. Vous le savez, le Rassemblement National et on le voit, représente des millions d'électeurs, il a sept députés, il y a d'autres mouvements qui représentent beaucoup d'électeurs qui ne sont pas représentés à l'Assemblée Nationale.
Ça sonne faux. Au bout d'un moment, je pense qu'il faut, nous pensons qu'il faut oxygéner la démocratie.
Mais le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour être un peu technique et précis n'a jamais été favorable au Rassemblement National. Donc comment allez vous assurer d'avoir une majorité à l'Assemblée si vous deviez gagner le week-end prochain ?
Vous savez, je note deux choses. D'abord, sous la Ve République, après chaque élection présidentielle, le président en place a obtenu une majorité. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent cette fois-ci parce que les Français qui ont envie d'essayer et probablement envie d'essayer Marine Le Pen en se disant qu'ils n'ont jamais essayé Marine Le Pen vont au bout de leur logique en donnant la possibilité à un président d'avoir une majorité pour aller au bout de ses propositions.
Et puis la deuxième chose, on l'a observé, lorsqu'Emmanuel Macron a été élu, il est arrivé avec des gens que nous ne connaissions pas, que vous ne connaissiez pas, parfois des candidats dont nous n'avions jamais entendu parler et qu'ils sont devenus parlementaires dans cette majorité. Donc ce sera, je pense, la même logique qui habitera les électeurs. Donner une majorité au président de la République, à la présidente de la République en l'occurrence, pour qu'elle aille au bout de ses propositions et qu'elle fasse vivre la démocratie. En tous les cas, qu'elle l'oxygène.
Renouveler une majorité en cas de victoire de Marine Le Pen. Aujourd'hui, le RN dispose de 7 députés à l'Assemblée Nationale. Il faudrait quand même un raz-de-marée pour avoir au moins 300 députés. Comment est-ce que vous comptez avoir cet effet de souffle passer de 6 à 300
au moins ? Chaque chose en son temps. Vous savez, Emmanuel Macron a fait irruption sur la scène politique en très peu de temps et il a eu plus de 300 députés. Donc, il n'y a pas de raison de se méfier des Français. Les Français ont toujours donné des majorités. Elles ont été plus ou moins fortes, mais ils ont toujours donné des majorités au président de la République. Là encore, parce qu'ils veulent que ça fonctionne. Ils ont envie que ça fonctionne.
Un mot, vous en parliez à l'instant, on l'avait évoqué, le projet de réforme de retraite. Au Rassemblement National, vous proposez 40 annuités pour un départ à partir de 60 ans. Mais en fait, ça ne concerne que ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans. Parce qu'en fait, pour les autres, ceux qui ont commencé à travailler plus tard, il faudra attendre 65 ans. Non, monsieur. Alors expliquez-nous ça.
De 17 à 20 ans.
Non, non. C'est un système qui propose... C'est progressif de 17 à 20 ans.
Non, non. De 17 à 20 ans, 40 annuités pour tous ceux qui ont commencé avant 21 ans systématiquement. Avec 40 annuités, ça, c'est l'axe majeur du projet de retraite. C'est une question de choix politique. Nous, on a considéré que ceux qui travaillent tôt, ceux qui travaillent dur doivent être avantagés. On veut aussi, d'ailleurs, en parallèle, je le dis, réindexer les retraites qui ne l'ont pas été pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Pardon de vous couper, mais pour ceux qui ont commencé à travailler plus tard, il faudra bien attendre 65 ans. Après le système de 20 à 24 ans, il est progressif. C'est-à-dire que les trimestres de cotisation, c'est progressif également.
Et puis ensuite, mais quand il est progressif, on gagne encore des années de retraite gagnées par rapport au système actuel. Ça, c'est intéressant. C'est-à-dire que quand vous avez commencé avant 21 ans, vous pouvez partir à 60 ans avec vos 40 annuités. C'est ça, 40 annuités. Puis ensuite, vous avez un système progressif qui vous fait encore gagner des années de retraite par rapport au système actuel. Mais c'est un choix politique. C'est une question de choix politique. Vous savez, et on n'y réussit pas. L'emploi, par la natalité, par la correction des inégalités. Sur tous ces leviers-là, on a travaillé.
C'est un choix politique fort qui nous différencie d'Emmanuel Macron, mais nous l'assumons.
Eh bien, merci Sébastien Chenu d'être venu éclairer nos lanternes donc ce matin. Député Rassemblement National du Nord et porte-parole de Marine Le Pen. Merci Sébastien Chenu et bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
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