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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 13 mai 2025 10 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesBudget & impôts

"On est fiers d'être le premier contributeur fiscal en France", déclare Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53Locuteur non identifiéFait
    « On est unique par la façon absolument complète et systémique de l'application de ces principes d'utilité aux territoires et d'universalité. »
  • 1:48Locuteur non identifiéFait
    « si vous vous promenez dans les arrières pays des territoires, si vous regardez quelques types de populations, si vous regardez quelques types d'opérations, par exemple les distributeurs de billets, et bien on voit bien que partout ailleurs, plus ou moins on optimise, on sélectionne, on se concentre sur ceux qui seraient le plus rentables, nous on prend le tout et au total ça fonctionne très bien. »
  • 2:17Locuteur non identifiéFait
    « Et donc on a des entreprises dont la finalité, c'est bien le développement des territoires français, et ça ce sont les caisses régionales du clé de la école. »
  • 3:38Locuteur non identifiéFait
    « et j'en veux pour preuve la crise Covid, dans laquelle nous avons été des sortes de professionnels de la santé économique, pour permettre de passer d'un état A avant confinement à un état toujours vivant B après confinement. »
  • 4:25Locuteur non identifiéChiffre
    « rien d'autre que l'accroissement du nombre de nos clients et l'accroissement du champ de notre service en tant qu'elle, ce qui fait que cette régularité dans la croissance est un facteur qui rassure beaucoup. »
  • 5:40Locuteur non identifiéPromesse
    « Et ça, c'est invariant et ça ne fait que croître. »
  • 7:06Locuteur non identifiéPromesse
    « d'avoir non pas des réglementations différentes par principe, mais adaptées au modèle qu'ils souhaitent. »
  • 8:50Locuteur non identifiéChiffre
    « Donc, pour 330 millions, ça veut dire que le clé d'alcool va qu'un pays a 1,3 milliard à 30 millions puisque c'est, grosso modo, 30% de plus en impôts sur les sociétés. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié67 %
  • Présentateur33 %

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0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, il va passer la main demain après dix ans à la tête de la première banque française, la troisième européenne, la dixième au rang mondial. Bonsoir Philippe Brassac.

0:15
Locuteur non identifié

Bonsoir.

0:16
Présentateur

Invité Éco de France Info ce soir, merci de nous accorder votre dernière interview. Avant de passer donc le relais demain à votre successeur Olivier Gavalda, ce sera au cours de l'Assemblée Générale des Actionnaires. Vous avez passé dix ans à la tête du Crédit Agricole, première banque française, 27 milliards d'euros de revenus annuels. Le Crédit Agricole regroupe en fait énormément de réalités différentes avec une banque d'investissement, des caisses régionales, c'est la seule banque mutualiste du CAC 40. Qu'est-ce que ça change concrètement ? En quoi le fonctionnement, l'organisation, la gouvernance du Crédit Agricole en font un établissement bancaire à part ?

0:55
Locuteur non identifié

Je pense qu'on dit qu'il est à part parce que nous sommes le modèle le plus poussé de la banque universelle. C'est-à-dire en fait une banque qui essaie d'installer des réponses globales aux problèmes patrimoniaux des ménages comme des entreprises et de le faire partout, tout le temps et pour tous. Des plus fortunés aux plus modestes, des tout petits professionnels de proximité aux très grandes entreprises internationales. Et donc ce que vous décrivez, ce n'est pas un morcellement de métiers différents, c'est la complétude d'une approche globale des besoins des clients.

1:24
Présentateur

Et ça, vous pensez que vous êtes unique en votre genre, que les autres banques n'offrent pas cette diversité de services ?

1:31
Locuteur non identifié

On est unique par la façon absolument complète et systémique de l'application de ces principes d'utilité aux territoires et d'universalité. Et la seule preuve, c'est que si vous vous promenez dans les arrières pays des territoires, si vous regardez quelques types de populations, si vous regardez quelques types d'opérations, par exemple les distributeurs de billets, et bien on voit bien que partout ailleurs, plus ou moins on optimise, on sélectionne, on se concentre sur ceux qui seraient le plus rentables, nous on prend le tout et au total ça fonctionne très bien.

2:02
Présentateur

Et on garde des établissements bancaires partout sur le territoire, vous avez 150 000 collaborateurs, 110 000 en France et ça c'est assez exceptionnel.

2:11
Locuteur non identifié

Parce que le fondement du clé de la école, ce sont les caisses régionales du clé de la école que tout le monde connaît, 39 caisses régionales, et leur statut c'est d'être totalement attaché, dédié au développement du territoire en France. Et donc on a des entreprises dont la finalité, c'est bien le développement des territoires français, et ça ce sont les caisses régionales du clé de la école.

2:31
Présentateur

Et ça veut dire qu'au cours de ces dix dernières années, contrairement à vos concurrents, vous n'avez pas fermé d'établissements bancaires, vous n'avez pas fermé de guichets, vous n'avez pas supprimé du personnel ?

2:40
Locuteur non identifié

Non, on a surtout continué à nous développer sur, je vais appeler ça le champ de services à la clientèle. Avant on ne faisait que de la banque, après on a rajouté de l'assurance, de l'assurance d'épargne, et puis de l'assurance des biens des personnes, on a rajouté de l'asset management, les six caves, les fonds communs de placement, on a rajouté des solutions en immobilier, et aujourd'hui on rajoute des solutions de transition pour l'énergie, des solutions d'accessibilité à la santé, parce que les populations sont vieillissantes, et en fait cette extension permanente qui suit les besoins des clients, ça nous permet de continuer à croître.

3:11
Présentateur

Alors Philippe Brassac, vous en avez traversé des crises en dix ans, le Covid, plusieurs crises agricoles, les gilets jaunes, est-ce que vous pensez que c'est la vie normale d'une banque aujourd'hui, la gestion d'une crise après une autre, ou est-ce que ça a été une décennie exceptionnelle ?

3:29
Locuteur non identifié

Je pense que ça devient la vie normale des entreprises de façon générale, et d'une certaine façon, si on veut bien comprendre que l'utilité est le seul moteur des entreprises, pour un établissement financier vous êtes particulièrement utile, lorsqu'il faut penter, aider vos ménages, aider vos professionnels, aider vos entreprises à passer au-dessus de difficultés, et d'une certaine façon, les crises, non pas justifient, mais en tout cas ce sont des moments dans lesquels notre utilité est la plus probante, et j'en veux pour preuve la crise Covid, dans laquelle nous avons été des sortes de professionnels de la santé économique, pour permettre de passer d'un état A avant confinement, à un état toujours vivant B après confinement.

4:08
Présentateur

Et comment doit se positionner un banquier aujourd'hui ? Comment est-ce qu'il doit rassurer les investisseurs, les ménages et les entreprises ?

4:17
Locuteur non identifié

Je pense qu'il va d'abord rassurer, parce que justement son moteur c'est l'utilité, et vous voyez dans la régularité de la croissance de nos revenus, rien d'autre que l'accroissement du nombre de nos clients, et l'accroissement du champ de notre service en tant qu'elle, ce qui fait que cette régularité dans la croissance est un facteur qui rassure beaucoup.

Et puis par ailleurs, il faut être un acteur de bon sens, il ne faut pas aller chercher les risques maximaux pour optimiser les recettes, il faut naviguer toujours un peu au large de ce qui peut paraître excessif, pour que le clé agricole soit, moi j'aime bien cette expression, apparaissent à tous ce qu'on essaie de faire de lui, c'est-à-dire une utilité qui soit tranquille, qui soit permanente, qui soit présente, et je pense que ce clé agricole, dont je voudrais surtout souligner que j'y ai travaillé pendant plus de 42 ans, au-delà des 10 années qui viennent de se passer, c'est vraiment ce que je retiens le plus et que je garde dans le cœur.

5:09
Présentateur

Alors, c'est facile à dire, mais est-ce que ce n'est pas difficile à faire quand, dans le même temps, on est dans un monde géopolitique extrêmement incertain, quand on a le président de la première puissance économique, qui, quand il parle, dès qu'il parle, il peut le faire chuter le cours de bourse, ou le faire bondir, comment est-ce qu'à côté de ça, on maintient ce que vous avez appelé cette tranquillité, cette gestion de bon sens, en gros, de bon père de famille ?

5:34
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il faut que votre business soit vraiment corrélé qu'aux utilités micro-économiques, auprès de chacune de chacun ? Et ça, c'est invariant et ça ne fait que croître. Et au demeurant, lorsqu'on voit les annonces du président Trump, je pense, et j'espère ne pas me tromper pour la suite, qu'au tout départ, c'était très déstabilisant, mais on voit bien que les marchés, de façon générale, ont compris que pour M. Trump, c'était plus de la tactique qu'un changement de paradigme.

5:59
Présentateur

Oui, mais sauf que le cours de bourse des banques a été affecté, quand même.

6:05
Locuteur non identifié

Pas tant que ça, et on voit bien que ça remonte très vite, parce que le mouvement, c'est quoi ? Il envoie le bouchon très loin, hors de ce qui nous paraît raisonnable et soutenable, et puis très vite, lorsque sa mort, il revient dans un périmètre que l'on considère comme raisonnable ou soutenable. Ce sont les taxes douanières, ils passent de 10 à 130%, et puis d'un coup, il revient à 30%. Et d'une certaine façon, je pense que le système s'est dit que le président était très provocateur dans ses annonces, mais qu'en fait, très vite, les décisions devenaient, si ce n'est très raisonnables, en tout cas, très classiques.

Et donc, je pense que le système financier, les banques tout particulièrement, sont tout à fait aptes à traverser ce champ très particulier.

6:42
Présentateur

Et notamment les banques européennes, comment est-ce qu'il faut se positionner aujourd'hui avec ce nouvel ordre mondial qui est en train de décider les Etats-Unis, le président Trump, mais aussi la Chine ?

6:54
Locuteur non identifié

Moi, je pense que c'est paradoxalement un très bon momentum pour l'Union européenne, parce que, je vais le dire comme ça, l'Union européenne est contrainte par les menaces qui peinent sur elle, au fond, d'être beaucoup plus ambitieuse, d'avoir une réglementation bancaire qui corresponde à ces modèles et pas ceux des Américains, de réinvestir. Mais c'est le cas aujourd'hui ? Oui, mais voilà, ça peut changer. Je prends un exemple très concret. La réglementation américaine n'est pas critique, mais elle est faite pour le système américain.

Si on veut toujours des crédits immobiliers à la française taux fixes sur les revenus gardés dans le bilan pour garder la relation et non pas des mortgage à l'américaine taux révisables sur la valeur du gage émis sur les marchés, eh bien, il faut que les Européens décident enfin d'avoir non pas des réglementations différentes par principe, mais adaptées au modèle qu'ils souhaitent. Et je pense que c'est le bon moment.

7:43
Présentateur

Et donc, aujourd'hui, vous pensez qu'il faut qu'il y ait quoi ? Moins de réglementations au niveau européen ? Sinon, le risque, c'est de se retrouver avec des taux variables à l'américaine ? C'est un petit peu l'épouvantail, là ?

7:52
Locuteur non identifié

Je pense que vraiment, le principal enjeu, c'est que l'Europe profite de cette contrainte, qu'elle réinvestisse parce que c'est une contrainte dans l'armement, c'est une question qui est posée, qu'elle réinvestisse dans son industrie, qu'elle réinvestisse dans sa souveraineté alimentaire, et qu'au fond, elle le passe de ce qu'elle a déjà très bien fait, c'est-à-dire la fabrication d'un marché de consommateurs qui est très efficace, en rajoutant enfin un marché de producteurs compétitifs, rentables sur l'espace européen, et je pense que c'est le moment ou jamais, pour l'Europe, de faire cela, et c'est crédible, et en tout cas, c'est attendu.

8:24
Présentateur

Alors, vous êtes, ce sera ma dernière question, l'un des plus gros contributeurs à la surtaxe d'impôts sur les sociétés, à hauteur de 330 millions d'euros, selon vos estimations, pour l'ensemble de l'année 2025. Qu'est-ce que vous plaignez de cette surtaxe ? On a entendu, notamment, Bernard Arnault, à la tête d'LVMH, la critiquer violemment.

8:45
Locuteur non identifié

D'abord, si vous êtes premier de la surtaxe, c'est que vous êtes premier de la taxe, puisque c'est une proportion qui est prélevée. Donc, pour 330 millions, ça veut dire que le clé d'alcool va qu'un pays a 1,3 milliard, à 30 millions, puisque c'est, grosso modo, 30% de plus en impôts sur les sociétés.

8:59
Présentateur

Enfin, il dit que ça peut pousser les patrons à délocaliser.

9:01
Locuteur non identifié

Oui, mais pour le coup, je pense qu'il faut faire au bon cœur face à une forme d'adversité. Le rétablissement des finances publiques est une priorité absolue. Je ne commente pas le mix entre plus d'impôts et plus d'économies qui sont absolument nécessaires, probablement à court terme pour les premiers et à moyen et long terme pour les secondes. Et à cet instant, je vais juste dire qu'après tout, on est fiers d'être le premier et contributeur fiscal en France parce que c'est le signe de notre développement et d'une forme de citoyenneté parce que l'essentiel de notre action est d'assigner à nos territoires.

9:33
Présentateur

Merci beaucoup.

9:34
Locuteur non identifié

Merci à vous.

9:35
Présentateur

Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole, encore pour quelques heures. Merci beaucoup d'avoir été l'invité Éco de France Info ce soir.

9:42
Locuteur non identifié

Merci.

"On est fiers d'être le premier contributeur fiscal en France", déclare Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole · Pourquijevote