Gabriel Attal : "Il faut sortir ce pays de la gréviculture"
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Le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr. Invité du grand entretien de France Inter ce matin, le porte-parole de La République En Marche, député des Hauts-de-Seine, Léa Salamé dans 10 minutes, vos questions amis auditeurs au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Merci d'être au micro d'Inter, quasiment un salarié sur deux à la SNCF sera en grève ce soir, parmi lesquels 77% des conducteurs de trains, un TGV sur 8 va circuler, un Inter cité sur 8 également. J'arrête là la liste et les chiffres. Est-ce que l'ampleur de cette mobilisation vous surprend ?
Elle avait été annoncée, moi ce qui me surprend, c'est une mobilisation pour une réforme. Un, qui est annoncée depuis quand même un certain temps, l'ouverture à la concurrence, elle a été actée en 2015, il n'y a pas eu de mobilisation à cette époque, et deux, alors même qu'il y a eu un certain nombre de concessions qui ont été annoncées par la ministre, des évolutions de la réforme, et donc je trouve ça assez incompréhensible. Ça va être dur pour les Français qui se déplacent tous les jours avec le train, 4 millions de Français qui chaque jour utilisent le train pour leur quotidien.
Donc vous ne comprenez pas que les cheminots et la moitié de la SNCF soient en grève aujourd'hui ?
Non, je ne comprends pas cette grève.
Vous pensez que l'exécutif a mis assez de choses sur la table pour éviter un tel conflit ?
Bien sûr, sur l'ouverture à la concurrence, notamment qui semble être un point contesté par la SNCF, par les salariés de la SNCF, il y a des annonces qui ont été faites, elle ne passera pas par ordonnance comme c'était prévu au départ, elle sera étalée dans le temps avec un calendrier nouveau, sur la portabilité des droits des salariés aussi, c'est important ce qui a été annoncé. Ce sac à dos social qui permet à un salarié de la SNCF qui changerait de transporteur, d'emmener avec lui ses droits sociaux, c'est aussi important. Voilà, on ne peut pas considérer et jeter ça par-dessus l'épaule.
Je rappelle quand même que cette grève et cette mobilisation, elle avait été annoncée avant même que le plan du gouvernement soit présenté. Donc bien que c'était difficile de les convaincre. Alors pourquoi font-ils grève du coup ? Il y a une opposition de principe, un conservatisme, et moi je le regrette. Je veux dire, ça fait l'ouverture à la concurrence, ça fait 15 ans qu'elle a eu lieu en Allemagne, ça fait un certain nombre d'années qu'elle a eu lieu en Suède. Partout où ça a été fait, ça a fonctionné. On voit qu'il y a une hausse de la fréquentation dans les trains, on voit qu'il y a plus de trains, on voit que la qualité de service s'est améliorée.
En Italie, tous les trains ont le Wi-Fi. Voilà, il y a un moment où il faut aussi que la France bouge et que la France avance.
Est-ce que c'est un troisième tour social, d'après vous, Gabriel Attal ?
Vous savez, moi ça fait 10 mois que je suis député, et j'ai l'impression que tous les mois on me demande s'il y a un troisième tour social en préparation.
Là, on peut se poser légitimement la question.
Non, je ne crois pas. Je ne crois pas. De toute façon, la réforme sera votée, la réforme sera adoptée. Ils décident de faire grève, ils prennent leurs responsabilités. Encore une fois, c'est les usagers qui vont en pâtir.
Des primes vont être versées au cadre qui accepterait de conduire des trains en remplacement des grévistes. C'est une bonne chose, selon vous ?
C'est tout à fait normal. Vous savez, dans le service public, il y a plusieurs principes, plusieurs valeurs, et notamment la continuité. Il faut qu'il y ait un minimum de continuité du service public, y compris pendant la grève. Et donc, c'est normal que la SNCF s'organise pour le garantir.
Et du coup, est-ce qu'il faudrait revoir les modalités de grève pour éviter que tout soit arrêté ?
Écoutez, moi, je ne pense pas que ce soit un chantier qui soit ouvert aujourd'hui. Le droit de grève, il est reconnu en France. On ne va pas le remettre en question.
Modalité de grève dans le service public ?
Ce n'est pas un chantier à ouvrir aujourd'hui. Il y a un certain nombre de réformes qui avaient été prises il y a plusieurs années. Évidemment, je comprends que ce soit gênant pour les Français aujourd'hui. Moi, je pense que ce qui est important, ce serait peut-être de sortir dans ce pays de cette gréviculture, où on annonce une grève avant même que des réformes soient annoncées, juste sur la base de rapports ou sur la base d'intentions. C'est peut-être ça qu'il faudrait essayer de bouger dans notre pays. Et c'est plus culturel que législatif.
De la mobilisation, il y en a aussi dans un certain nombre d'universités, sujet que vous suivez de près. L'éducation, l'université, l'enseignement supérieur. Craignez-vous que ce mouvement prenne de l'ampleur ou pensez-vous qu'il va s'éteindre ?
Non, vous savez, je trouvais que ces derniers jours, on faisait beaucoup de mousse avec peu de savon. Qu'est-ce qui se passe ? Il y a deux universités bloquées, Paul-Valéry à Montpellier et Jaurès à Toulouse. Il y a un site parisien, Tolbiac, qui est bloqué. Dans toutes les autres universités de France, 75, ça fonctionne très bien. Moi, j'étais rapporteur de la loi sur l'université. Je tourne beaucoup en France en ce moment. J'étais sur le campus de Besançon vendredi dernier. Échange avec les étudiants, très bon accueil. Donc, il y a quelques foyers où il y a quelques militants politiques qui bloquent des universités. C'est inacceptable.
Moi, je veux dire que quand on a des dizaines, des centaines de milliers d'étudiants qui veulent bosser, qui veulent passer leurs exams, qui travaillent dur, certains qui sont en train de se lever à l'heure où on parle pour aller faire la plonge dans des restos ou bosser chez McDo pour payer leurs études, eux, ils ne peuvent pas se permettre un an d'études supplémentaires comme ceux qui bloquent les amphis actuellement.
Vous avez eu des mots très durs, Gabriel Attal, sur ces étudiants qui se mobilisent et bloquent les amphis pour reprendre votre expression. Ils sont animés d'un esprit bobo et égoïste, avez-vous dit, à l'Est républicain. Vous maintenez, ce sont des bobos égoïstes qui se mobilisent contre une réforme de la fac ?
J'ai dit un esprit égoïste, un esprit bobo, parce que, comme je viens de le dire, tous les étudiants ne peuvent pas se permettre une année d'études supplémentaires. Être étudiant, ça coûte de l'argent et beaucoup d'étudiants doivent bosser pour se payer leurs études. Et là, qu'est-ce qui se passe ? Ce sont des privilégiés qui font grève ? Non, je ne dirais pas privilégiés, évidemment. Ce que je veux dire, c'est que c'est un esprit égoïste.
Se dire qu'on peut bloquer une université, bloquer des étudiants, les empêcher d'avoir leur année, puisque c'est l'objectif, et leur dire, vous n'avez qu'à vous payer une année d'études supplémentaires, quand soit on est capable de le faire, je trouve ça assez égoïste, oui. C'est pour ça que le gouvernement va tout faire et s'organise pour que tous les examens aient lieu, tous les partiels auront lieu en France à la fin de l'année. Et Montpellier va rouvrir mardi, comme annoncé ? C'est l'objectif, évidemment. Moi, ce que je souhaite, c'est que dans les universités qui sont bloquées, je rappelle qu'il y en a deux, il y ait des assemblées générales de déblocage, à l'initiative des étudiants.
À Nice, par exemple, il y a une assemblée générale qui a voté le blocage. Derrière, qu'est-ce qui s'est passé ? Des étudiants ont organisé une assemblée générale de déblocage, et la fac a été débloquée. C'est comme ça qu'il faut avancer.
On entendait sur France Inter, vendredi, l'exemple de l'université de Lille. 2 800 dossiers pour 200 places en sciences de l'éducation, par exemple, dans cette université. Mais ça concernait bien des disciplines qui, ça y est, commencent à recevoir les souhaits d'inscription d'un certain nombre d'élèves, futurs bacheliers, donc futurs étudiants en première année. Et les examinateurs des lettres de motivation disaient qu'on est submergé, on ne pourra pas faire le travail, on ne pourra pas tenir la promesse qui est celle de la réforme de parcours sup. Que dire à ces profs de fac qui ne peuvent pas, qui sont débordés ?
C'est une réforme d'ampleur, et c'est une réforme qui a été prise dans l'urgence. Pourquoi ? Parce qu'il fallait éviter de recourir au tirage au sort à la rentrée prochaine. Je rappelle que l'été dernier, il y a des dizaines de milliers de jeunes qui ont été tirés au sort pour savoir s'ils rentraient à l'université ou pas. Il n'y a pas plus injuste et plus arbitraire. Donc on est passé à autre chose, à un autre critère qui est beaucoup plus objectif, avec effectivement des dossiers qui comportent des lettres de motivation, tout un nombre de pièces.
À quoi ça sert de les écrire si elles ne peuvent pas être lues ? Pas par mauvaise volonté, juste parce qu'on est débordé.
Elles seront lues parce qu'on met tous les moyens sur la table pour que ça fonctionne. La ministre a annoncé 16 millions d'euros supplémentaires pour permettre à la réforme et à l'examen des dossiers d'avoir lieu dans de bonnes conditions. Il y a des indemnités pour les enseignants-chercheurs qui participent à l'examen des dossiers. On met en place, il y a une formation qui est en cours, un module d'aide à la décision. Concrètement, ça veut dire que les enseignants-chercheurs qui vont être amenés à examiner les dossiers, ils auront un logiciel d'aide à la décision qui leur permettra d'avoir une vision rapide sur les dossiers des jeunes.
Ce n'est pas un algorithme, c'est... C'est quoi un logiciel d'aide à la décision qui permet quand même de trier 7000 demandes et de les orienter ? 7 millions, pardon.
C'est un logiciel qui permet d'avoir une vision rapide sur les dossiers des différents candidats avec à la fois les notes, avec à la fois les engagements extrascolaires qui ont été mis dans le dossier, engagements culturels, sportifs, associatifs, les lettres de motivation, voilà. Tout ça les aidera à décider. Je rappelle que le tri, comme vous dites, mais plutôt le classement des dossiers, il se fait dans les filières qui sont en tension. Toutes les filières qui ne sont pas en tension, c'est-à-dire où il n'y a pas plus de candidats que de places, tout le monde, évidemment, est admis sans...
Est-ce que... Je ne parle pas du fond, là, mais d'un pur point de vue technique, cette réforme n'a pas été annoncée, votée, mise en place trop rapidement pour permettre justement à l'université de se retourner ?
Je ne crois pas, parce que si on n'avait pas pris cette réforme, là, les étudiants ne seraient pas en train de se demander si leur dossier serait bien examiné, ils seraient en train de se demander s'ils allaient tirer au sort. Comment est-ce qu'on peut accepter que dans notre pays, des jeunes se demandent s'ils vont pouvoir aller à la fac parce qu'ils sont tirés ou non au sort ?
Vous savez, si j'ai décidé d'être rapporteur de cette loi, parce que l'été dernier, j'ai passé tout mon été sur le terrain et dans ma circonscription, à Issy-les-Moulineaux, à Venve, j'ai rencontré des familles dont les enfants avaient mûri leur projet, voulaient faire, par exemple, du droit, avaient eu leur bac avec mention, mention bien, parfois mention très bien, et se sont retrouvés face aux portes de l'université fermées parce qu'ils n'avaient pas été tirés au sort. Comment on peut accepter qu'il y ait ça dans notre pays ? Il fallait une réforme, on a peu de temps pour la mettre en place, elle va monter en puissance, mais tous les moyens sont mis sur la table pour que ça fonctionne.
Restons sur ces questions sociales. de la justice, est-ce que vous craignez ce que certains appellent la coagulation de ces mouvements ? La coagulation ?
Non, on lance un certain nombre de chantiers, et je pense que c'est attendu par les Français. Vous savez, si on a été élus, c'est quand même pour faire bouger les choses, c'est quand même pour transformer un certain nombre de secteurs. Il y a des inquiétudes qui s'élèvent parfois, il y a des oppositions, qui sont parfois des oppositions politiques, sur l'université, c'est ça. Il faut savoir les lever dans la concertation, dans le dialogue. Je ne crois pas de coagulation, parce que je pense que les Français attendent qu'on réforme.
Et c'est l'ancien monde, là, qui se mobilise ?
Non, je ne dirais pas ça. Il y a des mobilisations qui sont légitimes, des inquiétudes, en tout cas, qui sont légitimes. Il faut savoir les lever, c'est ce qu'on fait. C'est ce que fait la ministre des Transports sur les transports, c'est ce que fait la ministre de l'Enseignement supérieur sur l'université, ce que fait la ministre de la Justice sur la justice. Il faut travailler. Donc vous ne comptez pas ralentir ? Ah non, je pense qu'il faut garder le rythme, et je pense qu'il faut continuer sur notre lancée.
Il est 8h31, le grand entretien sur France Inter se poursuit invité. Gabriel Attal.
Les Italiens sont fous de rage. Gabriel Attal, ils parlent d'un acte grave et hors de toute collaboration avec la France, en cause, un contrôle effectué hors de nos frontières par des douaniers français qui sont allés contrôler un homme qui se trouvait dans le local d'une ONG basée en Italie. Pourquoi est-ce que le gouvernement français ne s'excuse pas ?
Le gouvernement français s'est expliqué par la voix de Gérald Darmanin. Il va le faire à nouveau devant les autorités italiennes en se rendant sur place dans la semaine. C'est un couac diplomatique. Je pense que c'est ça le mot. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a un accord France-Italie qui date de 1990, qui mettait à disposition un local qui permettait aux douaniers français de procéder à un certain nombre de contrôles. Sauf qu'entre-temps, il a été mis récemment à disposition d'une ONG. Les douaniers se sont rendus dans le local. L'ONG a accepté qu'ils l'utilisent. Et puis après, voilà... Pourquoi on ne s'excuse pas pour un couac diplomatique ? Parce que c'est un couac.
Ça n'est pas une attaque.
Qu'est-ce qu'on aurait dit si ça était arrivé chez nous ? Si des douaniers italiens étaient venus contrôler hors de leurs frontières en France ? Qu'est-ce qu'on aurait dit ? C'est un couac diplomatique ?
Je ne sais pas. En tout cas, moi, je n'ai évidemment pas autorité pour m'excuser. Je ne suis pas membre du gouvernement. Après, il y a une situation en Italie, qui est un pays qui n'a pas de gouvernement, où il y a plusieurs personnes qui s'expriment. Peut-être qu'ils font monter un peu les choses. Donc voilà, je pense qu'il faut aussi savoir garder un peu son calme.
L'État préfère s'occuper des plus riches que des plus pauvres. C'est Stéphane Gatignon, le maire de Sevran, qui a démissionné, qui dit ça. La colère gronde chez les maires de banlieue face à ce qu'ils appellent le mépris de l'État, la déconnexion de l'État. Est-ce que vous avez abandonné les banlieues françaises ?
Non. Alors déjà, quand on dit qu'on s'occupe des plus riches et pas des plus pauvres, je trouve ça insupportable. En même temps, Stéphane Gatignon, vous avez habitué un certain nombre de déclarations chocs et d'excès.
On précise qu'il a soutenu Emmanuel Macron. Stéphane Gatignon, c'est un soutien de Macron qui dit ça.
Je suis à la commission éducation et je constate les faits. Quand on fait la maternelle obligatoire à 3 ans, quand on dédouble les classes en REP et REP+, quand on fait devoir fait dans les collèges pour mettre fin à l'inégalité sociale face aux devoirs, quand on met en place un lycée plus modulaire...
Vous avez le sentiment que c'est suffisant ?
Je ne sais pas si c'est suffisant. En tout cas, les actes sont là. Ça fait 8 mois, 10 mois qu'on est là et les actes sont au rendez-vous. Est-ce qu'il y a un sujet sur les banlieues ? Est-ce qu'il faut une mobilisation importante ? Évidemment. Il y a eu un discours très important du président de la République à Roubaix il y a quelques semaines qui a été unanimement salué par le secteur. Il y a un conseil présidentiel des villes qui a été mis en place auprès du président de la République avec des acteurs de terrain. Ça a été salué aussi par toutes les associations. Il faut prendre évidemment des mesures nouvelles.
Il y a un rapport qui arrive. Un rapport de Jean-Louis Borloo. Un rapport de Jean-Louis Borloo, bien sûr. Est-ce que vous allez le suivre ? C'est ce que demande Stéphane Gatignon notamment. Il dit ne le mettez pas dans un tiroir comme les autres rapports avant. Est-ce que vous vous engagez à le suivre, le rapport de Borloo ?
Il y a deux choses qui caractérisent notre majorité. D'abord, c'est qu'on tient nos engagements de campagne. Et ensuite, c'est quand on demande un rapport, quand on demande un travail, on le suit. Ça a été fait sur toutes les réformes. Donc évidemment que le rapport de Jean-Louis Borloo est très attendu. C'est quelqu'un qui connaît parfaitement la politique de la ville. Je pense qu'il a des propositions importantes à faire. Je veux rappeler quand même qu'on a pris un certain nombre de mesures. On est en train d'expérimenter dans les banlieues justement les emplois francs pour les jeunes. C'est quand même un engagement important.
Donc voilà, ce rapport sera important et permettra de mettre en place des mesures adéquates.
Gabriel Attal, on est le 2 avril. La travie vernal a terminé, a expiré. Quand va commencer l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes ?
C'est au gouvernement, au préfet de le dire. Moi, je n'ai pas d'annonce à faire sur ce sujet ce matin. En tout cas, il y a un engagement qui a été pris. C'est que la ZAD serait évacuée et donc elle sera évacuée.
Il est 8h35. Un mot, Gabriel Attal, de la réforme de l'audiovisuel public. Vous avez créé un groupe de travail resserré à l'Assemblée pour plancher sur le sujet. La piste d'une holding qui chapeauterait toutes les entreprises est-elle abandonnée au profit d'une présidence commune comme on le lisait hier dans le JDD ?
Écoutez, on travaille effectivement à l'Assemblée nationale. La ministre travaille aussi. Tout ça va converger dans les prochaines semaines. Moi, personnellement, je suis favorable à une présidence commune à condition que ce soit au service d'objectifs structurels. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il faut rapprocher un certain nombre de structures dans leur mission. Vous savez, j'étais en déplacement dans le Limousin il y a quelques semaines où justement, je suis allé voir France 3 et France Bleu pour voir comment est-ce qu'ils arrivaient à travailler ensemble. Quand même des choses à faire pour arriver à rapprocher tout ça.
Et vous avez l'impression qu'ils travailleront bien ensemble ?
C'est l'objectif. Moi, je pense que les Français, ils sont en attente d'informations de proximité, d'un vrai média de proximité. On voit qu'il y a des acteurs privés qui rentrent dans le jeu, notamment à Paris. L'audiovisuel public, il a un rôle à jouer dans ce domaine-là et donc il faut les aider à construire des synergies.
Et qui va nommer là ou le président de tout l'audiovisuel public ?
Ça, c'est à déterminer. Vous n'avez pas encore ? On continue à réfléchir.
Et quel doit être le profil de ce super président qui chapeautera à la fois France Télévisions et Radio France, selon vous ? Parce qu'on entend beaucoup de choses, vous qui êtes responsable du dossier. Vous vous attendez quoi de ce profil-là, de le ou la présidente ?
On n'en est pas là. Là, je vous rappelle qu'on est en train de nommer un nouveau président pour Radio France. Donc, on n'est pas du tout...
On est ou le CSA ?
Le CSA, enfin, on, c'est... Voilà, le CSA... C'est la même chose. Oui, vous m'avez compris. Le neutre qui parle.
Il faut quelqu'un qui soit en capacité... C'est la République en marche.
Il faut quelqu'un qui soit en capacité de travailler à une feuille de route. Et la feuille de route, ce sera la réforme qu'on va porter avec des objectifs. Toucher mieux les jeunes, plus de proximité dans les territoires, être plus efficaces. Voilà, c'est nos objectifs.
Il est 8h37. Le grand entretien se poursuit avec vous, amis auditeurs. 01 45 24 7000. Intervenez. Bonjour, Colette. Oui, bonjour. Bonjour, France Inter. Et je voudrais demander à ce monsieur dont j'ai oublié le nom... Gabriel Attal. Avec monsieur Gabriel Attal, s'il fait le sens du mot réforme. Parce que j'ai l'impression que le gouvernement et lui-même pensent que c'est tout cassé. Alors que réformer, c'est seulement changer pour améliorer. Or là, on casse tout. On casse la SNCF, on casse l'éducation nationale, on casse tout. Merci, Colette, pour cette question. Gabriel Attal vous répond.
Je ne suis évidemment pas d'accord. Alors, effectivement, je pense qu'il faut préférer le mot de transformation à celui de réforme. Parce que c'est vrai que réforme, ça peut vouloir tout dire. Transformation, ça poursuit les objectifs politiques.
Colette ne proposait pas un euphémisme. Non, je sais bien. Elle proposait une définition. Elle proposait tout casser ou tout foutre en l'air.
C'est ce que je propose, moi. On ne casse rien. On ne fout rien en l'air. On renforce le service public sur l'éducation. Comment est-ce qu'on peut dire qu'on casse l'éducation quand on dédouble les classes en REP et REP+, quand on fait en sorte qu'il y ait un meilleur taux d'encadrement des enfants ? Comment est-ce qu'on peut dire qu'on casse la SNCF quand on permet, justement, avec l'ouverture à la concurrence, de faire en sorte qu'il y ait davantage de trains, davantage de fréquentation, qu'il y ait des services qui soient mieux adaptés, y compris dans les territoires, aux attentes des Français ? On ne peut pas dire des choses comme ça.
Jean-Pierre, bonjour. Oui, bonjour. Vous nous appelez Lyon. Soyez le bienvenu. Oui.
Alors, je voulais poser une question. Est-ce qu'on peut se sentir bien lorsque, quand on n'est pas de parole d'un mouvement, lorsqu'on a méprisé et sacrifié les retraités ? Et surtout, surtout qu'on ne me parle pas de taxe d'habitation qui n'a rien à voir. Je parle intrinsèquement des pensions, de ceux qui ont travaillé plus de 40 ans, de ceux qui ont parfois encore des chers de famille, comme moi, comme M. Collomb, d'ailleurs, malgré son âge. Donc, je veux dire que, là, hier, c'était Pâques, Pâques, c'était l'espérance. Eh bien, espérez-vous que pour beaucoup de retraités, ce n'est pas l'espérance qu'ils ont. C'est un désespoir affreux, terrible.
Merci, Jean-Pierre, pour cette question. Gabriel Attal.
Écoutez, on peut revenir sur la question de la CSG. On l'explique, on passe notre temps à l'expliquer. Vous notez que ça ne prend pas
l'explication ?
Pourquoi ? Comment vous expliquez ? Ce que je note, en tout cas, c'est que j'ai commencé à avoir ces échanges sur la CSG pendant ma campagne des législatives. C'est bien que la mesure avait été quand même annoncée avant l'élection. C'est en campagne avant l'élection. D'accord. Une fois que vous avez dit ça,
est-ce que vous avez sous-estimé l'impact sur les retraités ?
Évidemment que ce n'est pas agréable pour des retraités de voir leurs pensions baisser. Je rappelle que ça concerne les retraités qui ont une retraite supérieure à 1 200 euros. Et même si Jean-Pierre ne souhaitait pas l'entendre, je redis quand même que jusqu'à 2 500 euros et plus tard, pour tout le monde, on va voir la taxe d'habitation baisser puis supprimer. Et que donc, dès la rentrée prochaine, pour les retraités qui sont entre 1 200 et 2 500 euros, il y aura un gain de pouvoir d'achat.
Je sais que ce n'est pas facile parce que quand on est retraité, mais d'ailleurs, quand on est un Français d'une manière générale, on regarde ce qu'il y a dans son portefeuille, dans son porte-monnaie ou sur son compte en banque.
Et donc, vous dites quoi, Jean-Pierre ? Quand il vous parle du désespoir et on entendait le ton de la question, vous lui dites quoi ? Vous n'avez pas compris ? On va mieux vous expliquer.
Non, je lui dis d'entendre, un, que la suppression de la taxe d'habitation, c'est un gain de pouvoir d'achat. Deux, que cette mesure qu'on a choisi de hausse sur la CSG qui concerne les retraités mais aussi les revenus du patrimoine notamment, elle a un sens. Le sens, c'est quoi ? C'est de dire qu'on veut faire baisser les charges qui pèsent sur le travail. On veut que le travail paye mieux et que ces enfants, ces petits-enfants gagnent déjà plus, vont gagner encore plus bientôt grâce à cette mesure. C'est quand même un point important et je voulais rappeler le sens.
Question d'Antoine. Bonjour, votre invité vente l'Allemagne. Mais a-t-il réellement pris le train avec la Deutsche Bahn ou l'avion avec Lufthansa dernièrement ? Dommage, il verrait que son argumentaire allemand ne tient plus et que ce n'est plus possible de le sortir à tout va. Gabriel Attal.
Alors, j'ai déjà pris le train en Allemagne, ça remonte un peu mais en tout cas, je n'ai pas eu à me plaindre de mon expérience. Peut-être qu'il y a des problèmes ici ou là, moi je n'en sais rien. En tout cas, ce que je constate, quand on est député, on regarde aussi des indicateurs, on regarde l'impact concret d'une réforme. Ce que je constate, c'est qu'il y a plus de fréquentations, qu'il y a un opérateur historique, la Deutsche Bahn, qui n'a pas été privatisé puisque l'État allemand continue à la détenir à 100%. Donc, les inquiétudes et parfois les fantasmes qu'on peut avoir sur la réforme de la SNCF, je pense qu'ils peuvent être levés par l'expérience allemande. Benjamin, bonjour.
Bonjour.
Saint-Ouen. Oui. Bonjour M. Attal. Je vous entends depuis 29 minutes donner des leçons, c'est très bien. Vous avez plein d'avenir, vous avez 29 ans, mais vous avez été le président du BDE de votre école alsacienne, de l'école alsacienne, vous avez travaillé dans pas mal de cabinets ministériels, vous avez été au PS, vous avez viré de bord pour la République en marche. J'ai une question, c'est quoi votre métier ? Vous avez un métier, une expérience professionnelle et moi, je suis le premier embêté par la grève de la SNCF et je ne supporte pas du tout au sens de supporter, soutenir, de soutien, je ne soutiens pas du tout la grève de la SNCF, je suis pour cette réforme.
Mais je me pose une question, vous donnez des leçons à tout le monde depuis 20 minutes et depuis un peu plus, mais c'est quoi votre métier, monsieur ?
Merci Benjamin pour cette question que je transmets à Gabriel Attal.
Alors, je ne donne pas de leçons, moi j'explique ce qu'on est en train de faire et je vais au contact et à la confrontation, y compris avec des questions comme la vôtre. On ne peut pas à la fois souhaiter qu'il y ait un renouvellement en politique et des jeunes qui rentrent en politique et en même temps regretter qu'ils n'aient pas 15 ans, 20 ans, 30 ans d'expérience professionnelle derrière eux. Moi, j'ai eu plusieurs expériences, j'ai 29 ans, donc je n'ai pas eu 15 000 expériences, j'ai été serveur pendant mes études, ce qui est un métier au moment de ses études.
Je travaillais à la Villa Médicis à Rome dans un établissement culturel et puis j'ai travaillé dans un cabinet ministériel évidemment que j'ai quitté pour créer ma société de conseil.
Vous démentez le BDE de l'école alsacienne ?
Oui, je n'ai pas été président de BDE, j'ai été candidat à l'élection du BDE de Sciences Po et j'ai perdu, je suis arrivé deuxième. Il fallait attendre les législatives, Léa Salamé.
Au-delà, il y a beaucoup de réactions sur vos propos ce matin et votre manière de parler, c'est vrai que vous avez dit les cheminots sont des conservateurs, les étudiants qui se mobilisent sont des bobos égoïstes. Au-delà de tout, et c'est vrai qu'on entend votre ardeur et votre détermination à défendre les réformes du gouvernement, mais Gabriel Attal, est-ce que vous doutez parfois ?
Bien sûr, ça arrive toujours de douter, de se poser des questions. C'est humain, donc voilà, on travaille. Vous savez, moi, sur la réforme des universités, par exemple, dont j'étais le rapporteur, j'ai procédé à plus de 150 auditions. J'ai rencontré tout le monde, les parents d'élèves, les profs, les présidents d'universités, les doyens. J'ai vu tout le monde. Ça permet de lever un certain nombre de doutes et ça donne des convictions sur la nécessité qu'il y a à bouger et à transformer ce pays.
Merci Gabriel Attal, porte-parole de La République En Marche, députée des Hauts-de-Seine. Merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin. À suivre dans quelques instants le carrefour du 7-9 avec l'édito-média, l'archive politique, Bobineau, on appelle ça, et la revue de presse.
Et l'humour avec Sophia Aram.
À tout de suite !
Gabriel Attal