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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 20 janvier 2026 9 min

Trump et la guerre des visas

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

En réalité, depuis un an, les conditions d'entrée dans le pays se sont considérablement durcies, y compris pour les étudiants, les chercheurs, qui doivent parfois rendre des comptes sur leurs publications sur les réseaux sociaux. - C'est un autre moyen de pression envers le reste du monde. Depuis un an, l'administration Trump durcit l'octroi des visas vers les Etats-Unis et met fin sans hésiter à certains déjà accordés. - Ceux qui mènent des activités malveillantes, nous les expulserons du pays.

Ils peuvent être là en tant que chercheurs ou autre, peu importe, ce sont des visiteurs. Un visa n'est pas un droit. - Ces derniers jours, nous avons contacté des chercheurs ou étudiants français aux Etats-Unis pour évoquer leur situation et cette surveillance renforcée.

Malgré l'anonymat garanti, la plupart ont refusé. ...

Une chercheuse en post-doctorat nous raconte par écrit les nouveautés dans la procédure pour renouveler son visa l'an passé. ...

Elle s'interdit aussi de prendre part à la moindre manifestation, car les cas sont nombreux d'arrestations sur les campus après un soutien à la Palestine, comme cet étudiant de Columbia... ... - Ou cette doctorante turque, autrice d'une tribune sur la situation à Gaza.

En un an, l'administration Trump se félicite d'avoir révoqué plus de 100 000 visas. Un record, qui s'accompagne aussi d'un renforcement des contrôles aux frontières. La police inspecte de plus en plus souvent les téléphones portables, provoquant une autre forme d'autocensure, explique cette doctorante sous couvert d'anonymat. - Il ne faut pas laisser de traces.

Il y a des chercheurs qui ont été contrôlés, dont le téléphone a été contrôlé. On évite de discuter de ce genre de sujet entre nous, même par voie orale. C'est fou!

Pourquoi on en est arrivés là? La liberté d'expression n'est plus là. - Ses recherches ont failli s'arrêter net, avec la mise en place d'une autre mesure dissuasive: des frais de 100 000 dollars pour les laboratoires ou entreprises qui souhaitent faire venir des travailleurs qualifiés. - Les entreprises devront payer cette somme pour parrainer des candidats au visa H-1B.

Ca permettra de s'assurer que les personnes qu'elles font venir sont très qualifiées et qu'elles ne pourraient pas employer des travailleurs américains à la place. - C'est nouveau. Avant, il n'y avait pas de frais de cette hauteur.

Le laboratoire en lui-même est dans une situation financière instable. S'ils ne peuvent pas prolonger nos contrats, évidemment qu'ils ne vont pas pouvoir avancer 100 000 dollars de visas. La situation est tendue pour les chercheurs. - Dans un laboratoire déjà touché par les coupes sombres qui frappent la recherche, notre doctorante n'a obtenu qu'une prolongation de séjour de 3 mois et prévoit de rentrer en France pour la suite de sa carrière. - Ca a changé ma vision du pays.

Pour moi, le rêve américain n'existe plus. Les échanges scientifiques, ça existe depuis très longtemps. Aujourd'hui, on se retrouve bloqué dans un pays qui, normalement, offrait un environnement de travail pour la science hyper stimulant.

Là, c'est la 1re fois que j'ai le sentiment d'être étrangère et d'être en danger, dans un pays que je connais pas. Oui, ça m'a donné envie de rentrer en France. - La semaine dernière, Washington a aussi annoncé suspendre les visas permanents pour les ressortissants de 75 pays d'Afrique, d'Asie, des Amériques ou encore d'Europe de l'Est. - C.Roux: Votre réaction? - G.Fenwick: D.Trump est en train de tuer le rêve américain.

J'ai plein de copains qui rêvaient d'aller aux Etats-Unis, qui, désormais, soit ont peur, soit n'y vont pas. Ils ont une boule dans le ventre quand ils traversent la frontière avec leurs enfants pour y passer des vacances. Des Je pense aux conséquences que ça peut avoir pour un pays qui nous a donné par exemple...

La philosophe Hannah Arendt en 41. Elle fuit le nazisme et va aux Etats-Unis. Albert Einstein, en 33...

C'est ce pays qu'il choisit et où il va trouver refuge. Vous en avez plein comme ça. Je me souviens avoir pris des cours avec des prix Nobel qui parlaient dans un très bel accent étranger, mais qui avaient choisi ce pays, cet endroit, pour distiller une pensée qui allait faire la richesse intellectuelle et économique de ce pays.

Ils sont en train de refermer des portes. Il y en a d'autres ailleurs... - C.Roux: La Chine. - G.Fenwick: Evidemment.

Ils vont profiter de cette fuite des cerveaux qui va se réorienter dans d'autres directions. Il faut espérer que l'Europe soit à la hauteur, là aussi, pour garder ou attirer ces talents et ces richesses. - C.Roux: Vous parliez tout à l'heure de T.Breton.

C'est un ancien commissaire européen qui est interdit de territoire aux Etats-Unis, puni pour avoir légiféré contre les plateformes américaines. Nous revenons à vos questions. 1re question. ... - G.Fenwick: C'est nous, Zelensky, aujourd'hui.

On est le 28 février. On est dans le bureau Ovale. Le ton est en train de monter.

On le sent monter. On sait que les enjeux sont immenses. - C.Roux: Avec le mépris dont on parlait tout à l'heure? - L.Mandeville: Je pense que la question, c'est: est-ce que ça va se jouer sous les feux des projecteurs?

C'est une vraie partie de la question. Je crois qu'on est rentrés dans un monde où tout se fait sur la place publique, sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, Trump participe de ça, cette espèce de Machiavel de théâtre et de téléréalité qui utilise ses réseaux sociaux à fond.

Mais ça me paraît dangereux. Il me semble qu'il y a une escalade qui est due aussi à cette parole lâchée, à ces petits mots, à ces "mais" qui sont démultipliés de tous les côtés. En réalité, cette crise, si elle se dénoue, se dénouera à Davos, mais pas nécessairement devant les caméras, mais derrière les caméras, dans les pourparlers... - C.Roux: Il risque d'y avoir une explication de gravure à Davos. - L.Mandeville: Oui.

Il y aura sûrement des choses publiques assez dures. Il faut compter sur Trump pour ça. Encore une fois, à mon avis, il y a un danger d'escalade due à la médiatisation. - P.Haroche: Cette stratégie qui consiste à dire "on va en parler calmement, pas devant tout le monde, et on va trouver un deal", c'est la stratégie d'août 2025 de G.Meloni.

L'analogie est intéressante. Trump méprise les faibles. En revanche, quand les Chinois ont dit "on vous suit, on vous supprime l'accès aux terres rares", il a dit le 30 octobre: "Très bien, on va faire un accord avec les Chinois." On a souvent dit ici que D.Trump n'arrivait pas à faire des sanctions contre la Russie.

Il sait très bien le faire contre les Européens. La Russie, il n'arrêtait pas de dire qu'il y pensait et on l'a attendu là-dessus. Il faut sortir du rôle de la victime et se mettre dans un fauteuil différent où il va nous parler différemment, car il verra qu'on est prêts...