Crues, inondations : l’impact concret du changement climatique dans les régions de France
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Des crues en France, comme on n'en avait pas vu depuis une décennie. 13 départements en sont ce soir encore en vigilance orange et rouge. 37ème jour de précipitation d'affilée. La France connaît sa plus longue période depuis les années 50. Et ce n'est pas parce qu'il pleut beaucoup en ce moment qu'on échappera dans quelques mois au risque de sécheresse et son pendant caniculaire. Ce soir, on s'intéresse à l'impact en France du changement climatique mondial. Un bouleversement dont il faut rappeler qu'il n'est pas partagé par tous. La parole climato-sceptique de Donald Trump semble faire des émules. En France, quelles sont les régions les plus touchées ? Avec quelles conséquences ?
Comment les Français sont-ils prêts à adapter leur mode de vie ? Le mot adaptation, vous l'entendrez souvent ce soir. Eh bien, on va poser ce soir toutes ces questions à nos invités. Et alors que la facture d'indemnisation liée au cru s'annonce salée, les politiques publiques font-elles le bon calcul en réduisant les budgets écologiques ? Les experts environnementaux parlent d'une vision à court terme. Venez donc témoigner ce soir et poser vos questions. 0-1-45-24-7000 ou bien sur l'appli Radio France. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne 0-1-45-24-7000. Avec un premier auditeur, c'est Frédéric qui nous appelle de Nouvelle-Aquitaine. Bonsoir Frédéric.
Bonsoir Inter et bonsoir aux invités. Alors, ben voilà, nous y sommes. Un impact du réchauffement climatique où nous vivons au quotidien. Et face à ce désastre qui a été annoncé depuis longtemps, Mme Barbu, notre ministre, nous dit qu'il n'y a qu'un seul mot. Disons, il faut s'adapter. Alors, moi, l'adaptation, je connais. S'il y a trop de bruit, je mets des boules de pièce, mais ça ne fait pas diminuer le bruit. Alors, bien entendu, nous allons être obligés, malheureusement, et ça va nous coûter très cher de nous adapter, mais ça va nous coûter plus cher.
Si on ne fait pas autre chose, autrement dit, en plus de l'adaptation, est-ce que nous ne pourrons pas commencer à réfléchir ou à parler un petit peu de changement de paradigme, de mode de vie ? Est-ce que nous allons toujours continuer à courir après cette croissance folle pour la croissance qui ne bénéficie d'ailleurs qu'aux plus riches ou aux pays les plus riches ? Ou est-ce qu'on va commencer à penser, à parler d'autres choses ? En fin de compte, est-ce que le mot de décroissance, il reste toujours un gros mot, tandis que la croissance nous mène au mur ?
Merci beaucoup de ce premier témoignage qui pose assez bien les jalons de l'émission. Et pour vous répondre ce soir, trois invités. Marine Brault, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes experte en enjeux environnementaux et en politique publique. Ancienne conseillère dans le cabinet d'Elisabeth Borne au ministère de l'écologie. À vos côtés, Benjamin Crétenant. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes du réseau Action Climat, là où vous êtes en charge de la sensibilisation au changement climatique et auteur d'un rapport qui a fait pas mal de bruit, un rapport sur les impacts du changement climatique dans toutes les régions de France. On va en reparler ce soir. Et en ligne, nous avons Fabien Dandrea. Bonsoir.
Bonsoir à vous. Vous êtes directeur du département des géosciences de l'école nationale supérieure et vous êtes spécialiste en physique des événements climatiques extrêmes. Alors, notre auditeur qui habite en Nouvelle-Aquitaine et qui vient de prendre cette région, qui vient de prendre l'eau et qui connaît les inondations depuis quelques jours, nous parle d'adaptation ou plutôt qui préférait, au lieu de s'adapter, qu'on change de paradigme, qu'on réfléchisse notamment sur la décroissance. Ça, c'est un débat politique. Je me retourne vers vous, Marine Brault. La décroissance, c'est un mot que vous avez entendu dans les cabinets ministériels ?
C'est un mot qu'on entend beaucoup. Mais en fait, ce que dit votre auditeur est à la fois juste et pas juste parce qu'en fait, il va falloir à la fois réduire le réchauffement climatique et s'adapter à ses conséquences. Pourquoi ? Parce qu'on a tendance à dire que réduire notre impact, réduire nos émissions de gaz à effet de serre, ça consiste à éviter l'ingérable. Mais après, une fois qu'on a évité l'ingérable, il va quand même falloir gérer l'inévitable. Le changement climatique, il est là. Il va continuer à avancer. Et même si on arrêtait d'émettre tout gaz à effet de serre aujourd'hui, on a déjà enclenché un changement climatique et il va falloir s'y adapter.
Il faut faire les deux en même temps. Et j'entends effectivement l'idée que Monique Barbu a parlé d'adaptation. En même temps, le gouvernement a aussi présenté une stratégie nationale bas carbone, une programmation pluriannuelle de l'énergie.
Donc on travaille aussi sur d'autres sujets. Benjamin Crétenant, est-ce que d'abord, pour enlever tout scepticisme, enfin tout questionnement, est-ce que les crues que l'on connaît en ce moment en France et les inondations sont directement liées au changement climatique ?
Alors, c'est toujours un petit peu compliqué de faire un lien direct entre des événements météorologiques extrêmes et le changement climatique. Il y a des études d'attribution qui sont effectuées par des scientifiques qui prennent parfois un petit peu de temps. Ce qu'on peut dire déjà de manière globale, c'est que le changement climatique, là pour le coup, il n'y a aucun doute là-dessus, augmente la fréquence et l'intensité de ce type d'événements. Et là, en l'occurrence, sur les événements qui ont lieu en ce moment...
Sur le sud-ouest, sur le littoral ouest de la France ?
On sait que le changement climatique a rendu notamment la tempête Nils plus intense, avec plus de pluie. Et donc, c'est ce qui vient, derrière, augmenter les dégâts que peut faire un tel événement.
Fabio Dandrea, notre auditeur, parlait d'adaptation. Vous dites, vous, que l'aménagement du territoire serait la seule solution immédiate qui peut être efficace. Quelle priorité, selon vous, doit avoir ce plan d'aménagement si on doit s'adapter ?
Non, ce n'est pas la seule chose qu'il faut faire. Le débat entre adaptation et atténuation du changement climatique que vous avez évoqué, c'est un faux débat. C'est-à-dire, c'est quelque chose qui était né dans les années 90, autour de l'administration Bush, où on essayait de mettre toute l'attention à l'adaptation. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, ça a caché l'intérêt de continuer à émettre du CO2, de faire du changement climatique, parce que de toute façon, on pouvait s'adapter. Alors, ce débat est totalement dépassé, il faut faire les deux choses ensemble, comme vous l'avez dit, justement. Je vous en prie, poursuivez, vous aviez une idée en tête.
Oui, donc, pour ce qui regarde l'adaptation à ces types de phénomènes, il faut comprendre que les inondations de tous les phénomènes extrêmes climatiques sont peut-être ceux pour lesquels le forçage du climat physique, donc les précipitations, les tempêtes, ont un impact moindre, important, mais moindre, sur l'impact final, sur les dégâts. Ce qui compte beaucoup aussi dans les inondations et dans tous les phénomènes hydrométéorologiques, en général aussi sur les surfaces, c'est la gestion de l'eau sur le terrain, donc l'aménagement du terrain, la gestion des eaux usées, l'utilisation de l'eau.
Et donc, quand on parle d'adaptation, c'est là qu'on doit agir, et quand on parle d'atténuation, il faut agir sur les émissions de gaz à effet de serre pour empêcher les tempêtes de porter plus de pluie.
Donc, à la fois s'adapter et à la fois réfléchir pour changer de paradigme au standard de France Inter, nous attend Nils, vous êtes en Savoie, Nils, bonsoir.
Oui, bonsoir.
Merci pour nous on appelle.
Oui, je suis gestionnaire d'espace naturel pour le conservatoire des espaces naturels de Savoie, et j'aurais aimé un peu mettre la focale sur la question des zones humides et de l'agriculture, qui a littéralement bouleversé nos paysages là en une génération. On a perdu plus de la moitié des zones humides, pratiquement tout le bocage à l'échelle du territoire métropolitain. Les ruisseaux, eux, ont été largement endigués, et en fait, cette question-là, si elle n'est pas prise en compte dans la gestion des eaux qui vont être de plus en plus récurrentes, on va toujours être sur des problèmes d'eau qui arrivent trop vite, trop fort.
Et là, il est un peu urgent de ralentir l'eau, de restaurer les zones humides, de préserver les marais et de reméandrer les cours d'eau. Et on l'a bien vu dans le nord de la France il y a quelques années, là où il y a eu très grandes inondations, et on voit que ce sont des paysages qui sont lunaires, où il n'y a aucun arbre, c'est des champs à perte de vue. Et du coup, l'eau dévale, l'eau suit son chemin de plus en plus fort, de plus en plus vite. Donc voilà, il faudrait que la question des zones humides et du bocage soit un peu remise au centre aussi, qui est pour moi principale.
Merci de ce témoignage, Nils, en Savoie. Marine Brault, je rappelle que vous êtes experte en enjeux environnementaux et en politique publique, et vous avez été conseillère dans le cabinet d'Elisabeth Borne au ministère de l'Écologie. Remettre les zones humides d'actualité, relancer le bocage, les haies, est-ce que ce sont des leviers qui parlent aux politiques ?
Alors, ce sont des leviers qui parlent aux politiques, ce sont des leviers essentiels, parce qu'en fait, l'enjeu, c'est qu'on a plus d'eau qui arrive au même moment, donc à un moment, il faut que cette eau, elle puisse être au maximum captée par la nature. C'est l'intérêt des zones humides. Des zones humides, c'est des éponges, c'est vraiment le concept. Donc quand la pluie tombe dessus, d'abord, elle, elle se gorge d'eau avant que l'eau n'arrive dans nos villes.
Donc c'est pour ça que toute la lutte contre l'artificialisation, les objectifs de zéro artificialisation net, on a des objectifs dans la stratégie nationale biodiversité à l'horizon 2030, on s'est fixé l'objectif de restaurer 50 000 hectares de zones humides. Donc tout ça, ce sont des choses qui participent. Après, je ne vous cacherai pas que je ne sais pas à quel point le gouvernement a continué à mettre en œuvre ces différentes politiques avec, j'ai envie de dire, le recul sur l'écologie qu'on a connue ces dernières années. Mais en tout cas, ce sont des politiques qui avaient été annoncées au début du second quinquennat.
Benjamin Crétenant, concernant les politiques publiques, le fonds vert était destiné à, enfin il est toujours destiné à financer la transition écologique. Il devait atteindre, je crois, plus de 2,4 milliards. On en est aujourd'hui à seulement quelques centaines de millions, 850 millions me semble-t-il. Vous dites que c'est un mauvais calcul, y compris à court terme.
Oui, alors ça c'est sûr que c'est un mauvais calcul, puisqu'on parle depuis tout à l'heure de politiques d'adaptation. Ces politiques d'adaptation, il faut des moyens pour les mettre en œuvre. Et effectivement, le fonds vert était présenté comme un des principaux leviers pour mettre en œuvre ces politiques d'adaptation. Vous l'avez dit, il était annoncé à 2,4 milliards d'euros en 2024. Aujourd'hui, il a été réduit plusieurs fois. Il y a eu plusieurs fois où on a raboté ce fameux fonds vert. Aujourd'hui, dans le budget 2026, on parle de 850 millions d'euros seulement. Alors qu'on va renouveler nos élus en 2026 avec les élections municipales.
Et donc, ils vont planifier leurs dépenses au cours de l'année. Et donc, ça va avoir des conséquences en cascade sur l'intégralité de leur mandat. Puisque si leurs financements sont rabotés à chaque fois, ils vont se dire, bon, ben voilà, on va avoir moins de moyens pour l'adaptation. Il faut savoir aussi d'ailleurs qu'il y a des tribunes d'élus locaux qui ont été signés pour demander d'arrêter de raboter le fonds vert. Puisqu'on a des élus qui, sur leur territoire, ont commencé à mettre en place des politiques d'adaptation et qui, aujourd'hui, sont un petit peu bloquées par la limitation de ces financements.
Marine Brault, raboter le fonds vert, vous l'avez vu quand vous étiez au ministère, j'imagine ?
Alors, le fonds vert, j'ai même participé à sa mise en place au début du second quinquennat. Donc, je connais bien le dispositif. Il n'a pas vocation, juste pour que vos auditeurs comprennent bien, à ne financer que des actions d'adaptation. C'est vraiment un fonds d'accélération de la transition écologique dans les territoires. Donc, il y a aussi des actions contre la pollution, etc. Je partage totalement l'analyse que c'est une erreur de long terme d'avoir réduit ces fonds-là parce que ce sont des fonds qui, réellement, permettaient de faire des actions concrètes.
Parce qu'on va le dire, la facture en termes d'indemnisation sera bien plus grande que ce qu'on est en train de mettre dans le fonds vert.
Un euro investi dans l'adaptation, ça évite entre 7 et 8 euros de dégâts demain.
Le quota, c'est de 1 à 8.
C'est à peu près ça, exactement. Et ce 1 à 8, il sera en partie privé, en partie pris en charge par les assurances, en grande partie pris en charge par l'État. Donc, même quand on pense d'aide publique, c'est un bon investissement d'investir dans l'adaptation. Et je voudrais juste dire aussi pour compléter que, par contre, il y a aussi le fonds Barnier, qui, lui, est doté de 300 millions d'euros dans le budget de cette année et qui, lui, n'a vocation qu'à faire des actions de prévention et d'adaptation liées aux dérèglements climatiques.
Une question sur les pluies, question d'auditeur Fabio D'Andrea. Je rappelle que vous êtes spécialiste en physique des événements climatiques extrêmes. Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas plus de tempêtes à travers la planète et en France, mais c'est le volume annuel qui se concentre sur des séquences là où les sols sont déjà saturés. C'est un peu ça le phénomène d'inondation ?
Alors là, vous mélangez un peu de choses, mais il y a tout ce que vous dites.
Remettez ça dans l'ordre, alors.
Donc, en hiver, les pluies sont portées sur la France et sur l'Europe de l'Ouest en général par les tempêtes. Alors, est-ce que le changement climatique augmente le nombre de tempêtes ? Non. On a plus ou moins le même, enfin, sur les données passées et aussi les prévisions futures des modèles, n'augmente pas la fréquence. Ce qui change, c'est que ces tempêtes portent plus de pluie. Portent plus de pluie parce qu'il y a plus d'humidité disponible dans l'atmosphère. Dans une atmosphère plus chaude, on peut stocker plus d'eau. Et donc, il y a plus de pluie. Ça, c'est un signal qui est assez visible.
Et par contre, la situation météorologique d'aujourd'hui est un peu celle à laquelle vous faisiez référence. C'est-à-dire qu'on est dans une situation un peu spéciale où le jet atmosphérique est déplacé vers le sud et il se met une condition telle qu'il y a une succession de tempêtes l'une après l'autre et que ces tempêtes qui passent plus au sud que normal peuvent attraper plus d'humidité des régions plus au sud qui sont plus chaudes et plus humides et les transporter vers la France. C'est ce qu'on appelle un jargon maintenant une rivière atmosphérique. Et cette condition est restée stationnaire longtemps et donc on a vu cette succession de tempêtes.
Alors, la condition est assez rare, mais elle n'est pas possible, on l'a déjà vue. Ce qui est nouveau, c'est cette quantité de pluie qui est tombée qui a fait que les crues ont intéressé une large région, enfin presque tous les bassins versants de France.
D'accord, merci de cette explication et d'avoir mis mon propos dans l'ordre. On va retourner au standard 01-45-24-7000. Il y a Florent qui nous appelle du département de l'Essonne. Bonsoir Florent. Bonsoir. Vous êtes à l'antenne. Est-ce que vous avez une question à poser ? Moi, je ne vous entends plus. Alors, allez-y Florent, la communication semble hachée. On va faire une première tentative. Allez-y, posez votre question.
Alors, vous m'entendez ?
Très bien maintenant.
Oui, donc moi je suis agriculteur dans la bourse et j'ai des arbres fruitiers et je suis sinistré climatique dans le sens où j'ai des gels tardifs qui viennent en fait brûler les fleurs de mes fruits et donc annihiler la production et donc qui vraiment heurtent mon revenu.
Je suis désolé, j'ai compris que vous étiez agriculteur et que vous étiez victime du gel tardif. On en restera au témoignage. Je n'ai pas entendu votre question. On a un petit peu évoqué ça tout à l'heure. Alors, est-ce que la dynamique pour aujourd'hui changer de paradigme, elle se passe entre les discours écologistes et ceux des agriculteurs, Marine Brault ?
Alors, ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, les agriculteurs sont les premières victimes du changement climatique. Quand il y a des sécheresses l'été, c'est les cultures qui brûlent. Quand effectivement le gel tardif dont parlait votre auditeur, il faut quand même imaginer en fait que comme il fait plus chaud plus tôt, les arbres commencent à bourgeonner et là, hop, ça gèle. Et un arbre, ça ne bourgeonne qu'une fois par an en général. Donc, ça veut dire qu'à ce moment-là, c'est toute la récolte qui peut... Mais c'est ça, c'est les événements climatiques extrêmes, c'est la grêle. Enfin, aujourd'hui, les agriculteurs sont très, très touchés par le changement climatique.
Ce qu'on voit se dessiner pour le moment, c'est quand même beaucoup de mauvaises réponses à des bonnes questions. Il faut expliquer ça. Notamment, je vous parlais des sécheresses. Aujourd'hui en France, il y a beaucoup d'agriculteurs qui l'été souffrent de sécheresses. Et la réponse un peu facile qu'on a envie de donner, c'est du stockage d'eau. Du stockage d'eau tout partout, comme ça.
Les fameuses bassines.
Les fameuses bassines, parce que comme ça, l'eau qui tombe en excès l'hiver, on la stocke, on la réutilise l'été et tout va bien dans le meilleur des mondes. Ça a l'air simple comme ça. La vérité, c'est que premièrement, en fait, on ne peut pas stocker de l'eau partout. Ça n'est pas juste de dire que partout en France, on peut stocker de l'eau. Que cette eau qui tombe du ciel aujourd'hui, en fait, pour une bonne partie d'entre elles, elle n'est pas utilisable parce qu'en fait, elle est passée sur des routes, etc. Donc en fait, elle est pleine de polluants. Et si elle ne repasse pas dans la nature, elle ne va pas se dépolluer.
Mais surtout, on envoie l'idée à ces agriculteurs-là qui vont pouvoir continuer à faire exactement comme ils font aujourd'hui, avec juste cette eau supplémentaire. Mais la réalité, c'est que quand ils auront à faire face à des sécheresses et des canicules qui vont durer jusqu'à deux mois, à 30 degrés d'ici le milieu du siècle, mais en fait, les cultures qu'ils cultivent aujourd'hui, elles ne tiendront pas. Donc il faut commencer à penser à cultiver d'autres choses et à changer de paradigme là-dessus.
Benjamin Crétenant, on parlait de sécheresse. Benjamin Crétenant du réseau Action Climat. On a parlé des inondations qui sont localisées relativement dans le nord et sur le littoral ouest. La sécheresse, ça va concerner tout le monde et ça concerne déjà toutes les régions de France.
Oui, ce qu'on a pu constater en travaillant sur le rapport qu'on a publié qui proposait un panorama des conséquences de changement climatique dans l'ensemble des régions de France, c'est qu'effectivement la sécheresse, c'est une problématique qui touche déjà toutes les régions et qui va les toucher de plus en plus. Un petit peu comme je le disais tout à l'heure pour les inondations, on va avoir des sécheresses qui seront plus fréquentes et plus intenses. Et en fait, ça pourrait paraître paradoxal, puisque on parle de plus d'inondations et de plus de sécheresses.
C'est parce qu'en fait, on a un cumul des précipitations en France qui ne va pas forcément ni diminuer ni augmenter avec le changement climatique. Alors, c'est un petit peu compliqué de faire un constat général, ça dépend un peu des régions. Mais ce qu'on peut retenir, c'est qu'il n'y aura pas forcément ni plus de pluie ni moins de pluie, mais par contre, elles seront moins bien réparties au cours de l'année. Et c'est ce qui fait qu'on va avoir des périodes très courtes avec des fortes précipitations, ce qui augmente le risque d'inondations. Et d'autre part, des périodes un peu plus longues durant lesquelles on n'a pas de pluie du tout. Et là, on a des périodes de sécheresse.
Et derrière, il faut bien penser que quand on a des périodes de sécheresse comme ça, on a des répercussions dans tous les secteurs. On a parlé de l'agriculture et c'est vrai, mais en fait, on va avoir une augmentation des tensions et des conflits autour des usages de l'eau entre l'agriculture, comme je le disais, mais aussi l'industrie, les usages domestiques, comment on va devoir trancher entre des usages pour de l'eau potable, pour de l'irrigation, pour l'agriculture, pour du loisir, etc. Et ça, derrière, ce sont des choix politiques qu'il faudra faire et qui ne seront pas faciles à faire. Mais en tout cas, la question de l'eau, elle va concerner toutes les régions.
Fabio Dandrea, spécialiste en physique des événements climatiques extrêmes, vous confirmez que les canicules vont s'intensifier et que ce sera un phénomène qui va faire de plus en plus de dégâts ?
Tout à fait. Permettez-moi juste de faire encore un peu le pédant et préciser une chose sur les sécheresses.
Mais je vous en prie, vous êtes là pour ça. Vous êtes là pour nous mettre la pendule à l'heure.
Et donc, la raison pour laquelle il y a plus de sécheresses, à part les constats sur les pluies que vous avez très bien décrits, c'est le fait que l'évaporation augmente. Donc, les sécheresses dépendent de combien d'eau tombe du ciel, mais aussi combien elle est renvoyée au ciel par le dalle du sol. Et cette partie-là augmente fortement et c'est un signal qu'on voit très fortement. Et donc, c'est aussi la raison pour laquelle les sécheresses tendent à être très étendues. Et les canicules, qui sont liées d'ailleurs aux sécheresses, si on a le temps, on expliquera comment, vont augmenter. Elles ont déjà commencé à augmenter.
C'est de tous les phénomènes extrêmes, ceux qu'on a déjà vus augmenter dans les données historiques. Et c'est un peu... Tout le monde s'est rendu compte sur sa propre peau, je pense. Et malheureusement, les canicules, c'est le phénomène de loin le plus meurtrière de tous les phénomènes climatiques extrêmes. Les inondations ont des impacts financiers et de dégâts matériels qui sont très très forts, plus que les canicules peut-être. Mais l'impact sur la santé et sur la mortalité, malheureusement, des canicules, est très fort. Et après, il ne faut pas oublier quand même que les impacts sur la santé sont importants, mais ils sont aussi en revers économique.
Donc en fait, quand je parle de dégâts matériels, les canicules ont des dégâts matériels financiers. parce qu'il y a une baisse de la productivité du travail, il y a beaucoup de gens qui sont malades, qui restent à la maison, qui ne peuvent pas travailler. Il y a des coûts de santé qui sont attachés à la morbidité due à la chaleur. Et malheureusement aussi, les économistes savent aussi calculer le coût financier d'un décès. Donc on peut aussi ne pas rater dans ce jeu-là. Et les canicules ne font pas que des morts, ils font aussi très mal à nos poches.
Très mal à nos poches. À cela, il faudra ajouter, vous l'avez évoqué, Benjamin Crétenant, des conflits liés à l'accès à l'eau. Ce soir, on en parle jusqu'à 20h. Le changement climatique, on va revenir sur les conséquences en France. À tout de suite. Avec Cédric qui est en ligne. Bonsoir Cédric.
Oui, bonsoir. Merci beaucoup de me prendre. Et en effet, en écoutant tout ce qui était dit avant, en effet, je ne peux que conditionner. En fait, du coup, je ne suis pas un spécialiste. Mais par contre, voilà. Moi, ce qui me préoccupe, c'est mes enfants aussi. Est-ce qu'on va léguer ? Et voir ce qui se passe aujourd'hui dans ce monde. Et voir les conséquences, en fait. En effet, dans mon schéma, très, très pluvieux, inondation. Et en fait, en fait, on est en ère, c'était cette, c'est complètement, cet arc climatique complètement absolu entre, on peut tomber sur des aberrations entre inondation et chécheresse et qui vont se reproduire, en fait.
En même temps, parce que moi, je suis aussi des rapports du GIEC. Et du coup, voir qu'en effet, on ne va pas dans le bon sens et qu'on va un peu droit vers le mur, quand même. J'ai eu la condition aujourd'hui. Et moi, ça me fait peur, du coup, moi, pour mes enfants et pour mes proches, oui, clairement, au départ.
Eh bien, vous n'êtes pas le seul, ce soir, à manifester cette inquiétude. Benjamin Crétenant, vous le disiez, tous les paysages du territoire français sont déjà impactés, affectés par le changement climatique, que ce soit les forêts, les plages, les plaines ou les montagnes. On va prendre quelques régions pour illustrer, si vous le voulez bien. Exemple en Bourgogne, changement climatique, ça veut dire une agriculture à sec ?
Oui, oui, en Bourgogne, on peut penser directement à l'agriculture, qui est une région qui est très agricole, avec notamment une filière viticole, qui est très connue et reconnue, qui va devoir s'adapter. Et donc, on peut se poser la question de, plus globalement, le patrimoine français face au changement climatique, il va être amené à être profondément modifié, que ce soit le patrimoine culturel et le patrimoine naturel.
Un mot sur la Bretagne, qui va devoir s'habituer aux vagues de submersion ?
Oui, en Bretagne, on estime qu'il y a aujourd'hui déjà environ 330 000 Bretons qui sont menacés de submersion. À Saint-Malo, par exemple, on a 25 000 habitants qui vivent déjà sous le niveau de la mer. Et en fait, plus globalement, on va avoir tout un ensemble de risques littoraux qui est lié à cette élévation du niveau de la mer qui s'accélère avec le changement climatique.
Alors, un gros chapitre pour l'outre-mer. Je voudrais qu'on y revienne parce que l'intensification des cyclones outre-mer et la mort du corail et tout ça est un peu lié. Au final, ça aura des conséquences sur l'accès à la nourriture et un impact, évidemment, sur les activités économiques qui risquent d'être en péril.
Oui, alors, c'est bien qu'on parle des outre-mer parce que déjà, on n'en parle pas souvent. Et pour le coup, les outre-mer sont vraiment en première ligne face aux conséquences du changement climatique. Il y a d'une part une exposition géographique puisque la plupart des régions d'outre-mer, si on exclut la Guyane, sont des îles et la plupart sont situées en zone tropicale. Donc, en fait, on a cette exposition géographique puisque toutes les îles, forcément, sont plus exposées aux risques littoraux et tout ce qui est lié à l'élévation du niveau de la mer. Et celles qui sont situées en zone tropicale, elles sont exposées face à l'intensification des cyclones tropicaux.
Donc, il y a cette exposition géographique mais il y a aussi une vulnérabilité qui provient de facteurs socio-économiques puisque les régions d'outre-mer, pour la plupart, sont parmi les plus pauvres de France. Par exemple, à Mayotte, on a 77% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Et donc, forcément, ça, pour le coup, c'est quelque chose qu'on observe un peu partout dans le monde et y compris à l'échelle des pays. Les populations les plus pauvres sont les plus exposées et les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique.
Et donc, on imagine bien que quand on a un événement comme le cyclone Chido qui a frappé Mayotte en décembre 2024, on est moins bien protégé quand on vit dans un bidonville comme un tiers des habitants au moment du passage du cyclone que quand on vit dans une maison en dur. Donc, il y a vraiment aussi cette question de comment on est protégé face à ces conséquences du changement climatique.
Et l'accès à l'eau à Mayotte est durablement un vrai problème de longue date. Marinebro, Outre-mer, il existe déjà un département français où les pouvoirs publics envisagent une migration des habitants. C'est Saint-Pierre-et-Miquelon, au sud de Terre-Neuf. La commune de Miquelon est condamnée, si ce n'est à disparaître, en tout cas à migrer ?
Effectivement, Miquelon est le premier village de France qui est en train d'organiser sa migration à cause de la montée du niveau des océans. Une organisation qui se prévoit sur plusieurs décennies pour déplacer l'intégralité du village. Mais ça existe et ça a commencé. Si je reviens sur l'Hexagone, on a presque 400 communes aujourd'hui en France qui font partie des communes qui regardent l'avancée du trait de côte sur leur territoire.
Ce sont des villes de littoral.
Ce sont des villes de littoral et qui ont l'obligation de faire une cartographie à 30 ans et à 100 ans de, très concrètement, une fois que la mer sera montée, quelle est la part de leur territoire qui va disparaître. Et pour pouvoir aussi organiser ce début de migration. Parce que votre auditeur disait qu'il avait peur pour ses enfants. Et je comprends. Parce qu'effectivement, ce qui se profile, ce n'est pas très joyeux. Et c'est pour ça qu'il y a quand même des choses qui commencent à se mettre en oeuvre. Mais il faut qu'on accélère grandement sur l'adaptation. Je voudrais donner un chiffre. On a parlé canicule tout à l'heure.
La canicule de 2003, dont on se souvient tous a priori, a fait 15 000 morts supplémentaires en France. La canicule de 2003, en 2050, ce sera un été moyen. En 2100, ce sera un été frais. Donc c'est vers ça qu'on va. Et c'est pour ça qu'il faut absolument qu'on accélère et qu'on se prépare à tout ça.
Fabio Dandrea, dans le monde comme en France, est-ce que vous avez constaté des zones qui n'étaient pas inondables et qui vont irrémédiablement le devenir ? Est-ce que vous avez quelques exemples précis ?
On peut même faire un exemple en France. On ne sait pas. Vous vous souvenez peut-être de la tempête Cynthia qui a frappé la Rochelle en 2010. Et je reviens sur ça parce que vous parlez des villages qui voient le trait de côte qui s'approche, disons, qui est érodé. Mais il ne faut pas penser l'augmentation du niveau de la mer comme ça. Il faut le penser d'une autre manière. Même si ce que vous dites est tout à fait juste, c'est que la probabilité qu'il y ait des tempêtes qui provoquent des inondations marines à cause de la hausse du niveau de la mer, cette probabilité-là, qui est très faible, devient plus fréquente.
Par exemple, la tempête Cynthia, en 2010, on a calculé que sa probabilité était de 1 sur 200. Vous voyez, c'est un autre qui revient tous les 200 ans. C'est une chose qu'on ne se souvenait pas d'un phénomène si grand. Mais avec un niveau de la mer qui est augmenté de 50 cm ou 1 m, comme à la fin du siècle, une tempête comme ça a la probabilité de revenir tous les deux ans. Alors, ça vous donne l'idée que la côte aura changé entre-temps. Et ce n'est pas une érosion progressive. C'est qu'un jour, vous avez cet événement catastrophique qui vous arrache la moitié de la côte. C'est comme ça qu'on doit comprendre les choses.
Marine Brault, est-ce qu'on peut faire un bilan de la loi climat-résilience de 2021 ? Vous en étiez probablement au ministère de la Transition écologique. Une loi pour sécuriser les maisons menacées en bord de littoral ?
C'est ce dont je vous parlais de ces presque 400 communes qui font leur cartographie des territoires inondés et qui commencent à organiser la préhension, le retour à la nature d'une partie des zones qui vont être reprises par la mer. Et je souscris totalement à ce qui a été dit aussi sur le risque de submersion marine et d'inondation qui est un risque supplémentaire. Ça, c'est issu de cette loi. C'est la loi climat-résilience qui a mis en place cette obligation qui va du coup aussi entraîner des choses très concrètes.
C'est-à-dire que quand vous voudrez acheter une maison dans ces villes-là, on vous dira si cette maison est concernée par un risque de submersion ou d'avancée du trait de côte à 30 ans, 100 ans. Donc ça, c'est des choses qui progressivement devraient permettre d'adapter ces villes-là.
Je voudrais vous interroger aussi sur l'APPE. Aujourd'hui, 60% de notre énergie fossile. Le gouvernement veut réduire cette part. Il l'a annoncé la semaine dernière. Réduire de 60% à 40% en 2030 nos énergies fossiles. Ce sera valable à quelles conditions, ça ?
Alors, aujourd'hui, effectivement, on utilise encore 60% de notre énergie qui est fossile. C'est-à-dire que tout ce qu'on met dans nos voitures, dans les cuves au fuel, toute l'industrie qui fonctionne au gaz etc. Le gouvernement annonce vouloir que 60% de notre énergie soit non fossile. Donc, proviennent en grande partie du nucléaire, en partie de la géothermie, en partie des énergies renouvelables.
L'énergie renouvelable qui en prenne un coup, quand même.
Exactement. C'est là où je voulais en venir. C'est que pour faire ça, d'abord, il faut faire ce qu'on dit de manière un peu barbare, électrifier nos usages. Ça veut dire très concrètement remplacer des voitures thermiques par des voitures électriques, remplacer des cuves au fuel ou des pompes au gaz, pardon, par des pompes à chaleur. Ça, c'est l'électrification. Et pour ce faire, il va nous falloir de l'électricité en plus. On a évidemment la question du nucléaire, mais quoi qu'on pense du nucléaire, le premier nouveau réacteur, il n'arrivera pas avant 2040. Donc, pour avoir de l'électricité en plus avant, il faut installer des renouvelables.
Et là, c'est vrai que dans la PPE, dans la programmation pluriannuelle de l'énergie, les objectifs qui ont été annoncés sont bien en deçà de ce qui avait été envisagé au début. Et pour vous donner un exemple, enfin, pour vous faire un petit parallèle, ce qu'on prévoit dans la PPE, c'est d'installer en 9 ans ce que la Chine installe en 1 à 2 mois en termes de solaire. C'est vraiment ça, c'est ça les ordres de grandeur. On veut aller 50 à 100 fois moins vite que ce que font les Chinois pour une population qui est 20 fois inférieure. Donc, ce n'est pas un sujet lié à la population ou autre chose. c'est vraiment un investissement politique qui n'est pas le même.
Fabio Dandrea, on vient de parler de la Chine. La Chine, l'un des plus gros pollueurs de la planète. Est-ce qu'il a pris la mesure du changement d'après ce qu'on en voit vu de Paris ? C'est qu'il est en train de mener une politique un peu plus écologique que ses voisins ?
En fait, la Chine, oui, c'est paradoxal, mais elle est en train d'être leader au moins dans la transition énergétique. C'est eux qui ont gagné cette course aux énergies renouvelables qui sont maintenant beaucoup plus rentables sur le marché de l'énergie. Et je pense que le choix de réduire l'installation de solaire et éolien en France est un choix qui est myope aussi du point de vue purement financier. Ça coûte moins cher de faire du solaire et de l'éolien. Et à cause de ça, on risque d'être le perdant de cette révolution énergétique qui est en train de se faire et qui se fera de toute façon.
L'émission arrive à son terme. Je voudrais prendre le témoignage de Patrice ou la question de Patrice. Bonsoir.
Oui, bonsoir.
Vous êtes à l'antenne.
Écoutez, j'habite un petit village qui fait partie du bassin de Seine. On se souvient des inondations en 1910 et depuis, on a construit des réservoirs en Champagne. La question que je me pose, c'est est-ce qu'il ne faudrait pas, justement, à l'image du Grand Lac du Der ou la Forêt d'Orient, construire d'autres réservoirs identiques pour limiter, justement, l'afflux d'eau sur Paris tout en évitant de sacrifier la Haute-Marne comme ça a été fait il y a une dizaine d'années lorsqu'il y a eu des grandes inondations.
Et je suis heureux d'entendre aussi parler qu'il faut se soucier de ce qui se passe en amont et vous avez évoqué le nucléaire, effectivement, quoi qu'on en pense, mais le problème, c'est que le nucléaire, c'est tabou et on n'a pas le droit d'en parler beaucoup sur les dégâts que ça peut causer puisque la Haute-Marne elle est sacrifiée et on va sacrifier la Meuse pour le nucléaire, justement, il ne faut pas l'oublier non plus.
Merci de ce témoignage et cette question que je vais soumettre à Benjamin Crétnant. Est-ce qu'il faut des réservoirs en plus pour sécuriser l'île de France ?
Alors moi, de mon côté, je ne suis pas du tout spécialiste des politiques d'adaptation sur les inondations, donc je ne pense pas être le mieux placé pour répondre à cette question, mais ce qu'on peut dire, réduire la vulnérabilité face aux inondations, il y a aussi une chose qu'on peut faire, c'est d'arrêter, d'augmenter l'exposition, en fait.
Depuis tout à l'heure, on parle de politique d'adaptation, mais il y a aussi quelque chose, c'est d'arrêter, en fait, souvent, la plupart du temps, dans les inondations, on a certes le changement climatique qui vient aggraver ou augmenter le risque, mais il y a aussi d'autres facteurs humains, notamment l'artificialisation des sols, notamment certaines partiques agricoles qui viennent dégrader la qualité des sols, et donc, on doit déjà arrêter ces pratiques qui viennent augmenter notre exposition pour, voilà, pour limiter les dégâts que peuvent faire certaines inondations. Voilà, après, je laisserai peut-être Fabien et Andréa compléter là-dessus, parce que pour le coup...
Malheureusement, on aurait bien voulu, mais on n'a vraiment plus le temps. Merci à tous les trois d'avoir si bien répondu aux éditeurs de France Inter. Le téléphone sonne, c'est terminé. À suivre, l'heure philo de Patricia Martin, il s'agira ce soir d'une masterclass philo sur la notion du temps et pas seulement le climat, mais bien la notion du temps. Patricia en parlera avec des élèves du lycée. Camille Claudel de Palaiso, l'heure philo donc après le flash de 20h et après les petits bateaux, tous ces beaux-de-choux qui ont toujours de bonnes questions à poser.
Je suis Géraldine et j'ai 8 ans et demi et je voulais juste savoir si c'était vrai que les lapins, ils aimaient vraiment beaucoup les carottes plus que les autres légumes. Merci, gros bisous !