L'intégrale du jeudi 20 novembre
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 44 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:29RelanceRéponse partielle
Est-ce que cette nouvelle ligne franchie, avec ce que Laurent Nunez a qualifié de crime d'intimidation, ça ne révèle pas quelque part l'impuissance de l'État face aux narcotrafiquants ?
- 8:52OuverteRéponse directe
Quand hier, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron fustige les bourgeois des centres-villes qui financent le narcotrafique. Est-ce que c'est des mots qu'il a raison d'employer ?
- 10:33OuverteRéponse directe
Quelles sont les conséquences du protoxyde d'azote que vous voyez concrètement sur le terrain ?
- 11:13FerméeRéponse directe
Que dit votre arrêté, du coup ? Quelles mesures vous avez prises, vous, dans votre commune ?
- 11:50OuverteRéponse directe
Vous, vous avez pris un arrêté dans votre commune. Est-ce que vous demandez aux parlementaires d'agir au niveau national ?
- 14:14OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'il faut interdire son usage au parti ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:33InvitéFait
« La loi sur le narcotrafic de juin 2025, elle est bancale. Il lui manque une suite. La partie prévention, l'aide aux familles des victimes, la prise en charge des mineurs non accompagnés. »
- 3:56InvitéPromesse
« Nous gagnons des batailles, mais la guerre est loin d'être gagnée et comptez sur la détermination du ministre de l'Intérieur que je suis pour poursuivre ce combat. »
- 6:02PrésentateurChiffre
« Selon cette commission, environ 160 000 enfants sont victimes de viol ou d'agressions sexuelles chaque année. »
- 17:00PrésentateurChiffre
« On est très loin des 17 milliards de déficits que visait le gouvernement avec sa première version du texte. »
- 17:07PrésentateurChiffre
« On est encore plus loin des 15,1 milliards de déficits que se fixent comme objectif la majorité sénatoriale de droite et du centre. »
- 20:56InvitéChiffre
« ça coûte déjà des milliards, et après, on multiplie les milliards. »
- 27:54InvitéChiffre
« À l'heure actuelle, le déficit, il est à 24 milliards. »
- 29:19InvitéFait
« On est le plus mauvais élève de la zone euro. On paye les taux d'intérêt les plus élevés, donc presque à 2. »
- 35:55InvitéFait
« Il y a eu un jeune de 15 ans abattu il y a un an à Grenoble. »
- 36:09InvitéFait
« Il était aussi suivi. Il était dans un foyer du conseil départemental. »
- 38:36InvitéFait
« Vous avez des soupçons ? »
- 39:08InvitéChiffre
« Il y a je crois 10% des adultes en France maintenant qui disent avoir déjà testé la cocaïne. »
- 41:41PrésentateurFait
« Il y a quelques années, il y avait une commissaire à Grenoble qui a voulu dire, voilà, il y a un camp, il n'y a que deux camps dans leur avis. Ou bien vous êtes avec la police dans la lutte contre le narcotrafic, ou bien vous êtes complice. »
- 42:09PrésentateurFait
« C'est des métiers qui sont durs. Ils sont mis en arrêt maladie, le temps d'encaisser le choc. »
- 42:40PrésentateurFait
« Pendant six semaines, on n'a plus eu personne dans le quartier. C'est-à-dire que les locataires, ils étaient abandonnés. »
- 43:21PrésentateurFait
« C'est le premier ministre de l'Intérieur qui reconnaît qu'il y a de la corruption dans la police et la justice. »
- 43:31PrésentateurFait
« Effectivement, il a réussi à pénétrer aussi police. C'est le rapport du Sénat, sur la lutte contre le narcotrafique. »
- 43:50PrésentateurFait
« La préfecture de Grenoble, sur un autre domaine, les titres de séjour où il y a aussi beaucoup de pression, a vécu trois histoires de corruption en 15 ans dramatiques. »
- 44:20PrésentateurChiffre
« Grâce à nos efforts, nous avons divisé par deux le nombre d'homicides à Marseille. »
- 44:27PrésentateurFait
« S'il y a moins d'homicides aujourd'hui, c'est que la guerre des gangs, il finit pour un moment. On ne contrôle pas ça. »
- 45:15PrésentateurChiffre
« À Grenoble, 2007, il y a dix morts dans les règlements de compte. »
- 45:33PrésentateurFait
« Nous, il y a eu un meurtre l'année dernière, 17h, dans un endroit dans lequel je passe dix fois par jour. »
- 49:33PrésentateurChiffre
« Nous voyons des reclassements de résilience secondaire en locaux vacants parce qu'ils sont moins taxés, à une échelle qui fait qu'à Grenoble, par exemple, nous avons perdu 3 millions d'euros de recettes. »
- 50:33PrésentateurChiffre
« La taxe d'habitation, c'est 18 milliards, dont 8 milliards ont été aux 20% les plus riches. »
- 1:22:32InvitéFait
« il y a quand même une course de posture. »
- 1:22:38InvitéFait
« qui nous allons rentrer en résistance »
- 1:22:44InvitéFait
« on va continuer à négocier. »
- 1:23:45PrésentateurFait
« Il dit, d'ailleurs à l'instar des services secrets allemands, que la menace, elle existe d'ici trois ou quatre ans, pourrait être attaqué. »
- 1:25:11InvitéFait
« on est dans un moment premier quart qui va se terminer bientôt. »
- 1:25:31InvitéFait
« la violence est devenue partie prenante maintenant dans les relations internationales »
- 1:26:21InvitéFait
« on ne peut pas décréter le patriotisme et l'union sacrée en disant « vous allez perdre vos enfants par la peur ». »
- 1:26:51InvitéFait
« ça veut dire que les jeunes appelés seraient en première ligne »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Invité11 %
- Invité 25 %
- Présentateur 22 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 20 novembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Une semaine après l'assassinat de Médic et Sassi à Marseille, Laurent Nunez et Gérald Darmanin se rendent dans la cité phocéenne aujourd'hui alors qu'Emmanuel Macron dénonce les bourgeois des centres-villes qui financent le narcotrafic. On va en parler dans une heure avec nos éditorialistes Elisabeth Martichoux et Mickaël Darman.
Et dans une demi-heure, nous recevons Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, autre ville particulièrement touchée par le narcotrafic qu'attend-il de Sébastien Lecornu qui viendra conclure cet après-midi le congrès des maires de France. On lui posera la question. Le Sénat a entamé hier l'examen du budget de la sécurité sociale avec de nombreux points de divergence avec le gouvernement et le vote des députés dont celui politiquement clé de la suspension de la réforme des retraites. La sénatrice centriste Elisabeth Donneau, rapporteure générale du budget de la sécurité sociale et notre invité, nous lui demanderons si elle est prête à un compromis.
Et puis à la une de nos régions, Emmanuel Macron poursuit ses débats aux quatre coins de la France avec les lecteurs de la presse régionale sur le thème de la démocratie à l'heure des réseaux sociaux. Il était hier à Arras. Julien Lécuier de La Voix du Nord qui a coanimé le débat sera avec nous pour en parler. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Clémentine Houille. Bonjour Yann. Et à la une de ce jeudi 20 novembre, Laurent Nunez et Gérald Darmanin à Marseille, une semaine après l'assassinat de Mehdi Kessassi. Oui, ils se rendront d'abord à la prison des Beaumettes.
Puis Laurent Nunez rencontrera le maire de Marseille. Pendant que Gérald Darmanin sera au palais de justice, les deux ministres rencontreront la famille de Mehdi Kessassi à 14h. Le jeune homme de 20 ans assassiné jeudi dernier à Marseille sur fond de trafic de drogue. Son grand frère Amin Kessassi, un militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic, appelle le gouvernement à mener le véritable combat contre le narco-banditisme.
Il ne s'agit pas d'un crime d'avertissement, il s'agit d'un crime.
Un crime politique, un crime de lâches qui ont assassiné un jeune innocent. La République a été testée, que oui je vis un drame terrible, je ne sais pas si demain je pourrais me relever,
je ne sais pas comment ma famille va se tenir après ça, mais je veux dire juste une seule chose.
Protégeons celles et ceux qui se sont levés, protégeons celles et ceux qui sont les visages de la République. Moi je pense à toutes ces mamans de victimes qui ont mené ce combat. Je pense à ma maman qui aujourd'hui est encore enterrée un enfant
et surtout leur dire, ne lâchons rien et cette fois allons au bout des choses. Menons le véritable combat dans la lutte contre le narcotrafic.
C'est le gouvernement justement qui affiche sa fermeté dans cette lutte contre le narcotrafic. Oui et le ministre de l'Intérieur Laurent Nouniès qui était hier face aux sénateurs lors des questions au gouvernement. Plus d'explications avec Gaëlle Fonseca.
Chaque jour le narcotrafic fait en France de nouvelles victimes.
Après un court discours et une demande de résultats, le président du Sénat a invité à une minute de silence en mémoire de Mehdi Kessassi, assassiné en plein jour à Marseille.
Je vous demande un moment de recul.
Sur le narcotrafic et ses victimes, le ministre de l'Intérieur Laurent Nouniès a été interpellé par deux fois ce mercredi dans la Chambre haute. Notre pays a laissé prospérer le narcotrafic parce qu'il se déroulait dans des quartiers populaires que personne ne veut regarder.
La loi sur le narcotrafic de juin 2025, elle est bancale. Il lui manque une suite. La partie prévention, l'aide aux familles des victimes, la prise en charge des mineurs non accompagnés. Il n'a pas nié l'imperfection de cette loi,
mais a tenu à répondre en rappelant les efforts répressifs de l'État qui auraient permis de diviser par deux le nombre d'homicides entre 2024 et 2025.
Nous gagnons des batailles, mais la guerre est loin d'être gagnée et comptez sur la détermination du ministre de l'Intérieur que je suis pour poursuivre ce combat.
Accompagné par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, Laurent Nouniès se rend aujourd'hui à Marseille pour rencontrer la famille Kessassi. Son combat est aussi porté par le président, qui a fustigé de nouveau lors du Conseil des ministres les consommateurs.
C'est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafics.
Et on ne peut pas déplorer d'un côté les morts et de l'autre continuer à consommer le soir en rentrant du travail. Emmanuel Macron a ainsi insisté sur la nécessité d'une politique de prévention et d'une action aussi bien très locale que mondiale. Sébastien Lecornu veut apaiser les maires. Oui, et comme la tradition l'oblige, c'est un membre de l'exécutif qui clôture le Congrès des maires de France. Et cette année, c'est le Premier ministre Sébastien Lecornu qui tentera de rassurer les élus locaux cet après-midi des maires inquiets face à la situation budgétaire du pays. Et devant ces maires, le chef d'état-major des armées a tenu des propos alarmistes.
Oui, le général Fabien Mondon prenait la parole mardi au Congrès des maires de France et sa déclaration n'est pas passée inaperçue. La France Insoumise et le Rassemblement National dénoncent un discours « va-t'en guerre ». On l'écoute. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses,
de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple.
Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. Clémentine, un texte a été déposé au Sénat pour abolir la prescription au cas de viol sur mineurs. Oui, c'est une avancée majeure pour les victimes qui pourraient accéder à la justice et ce, même après des années après les faits. Le texte reprend 82 des préconisations formulées en novembre 2023 par la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants. Selon cette commission, environ 160 000 enfants sont victimes de viol ou d'agressions sexuelles chaque année. Merci Clémentine. A tout à l'heure. Bonjour Elisabeth Donneau. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
Vous êtes sénatrice union centriste de la Mayenne, rapporteure générale du budget de la Sécurité sociale, dont l'examen a commencé hier en séance. On va bien sûr y revenir longuement dans quelques instants, mais d'abord on regarde ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une de la Provence, et ce sont les mots forts d'Amine Kessassi. À la une de la Provence, sur mes mains, je vois le son de mon frère, dit-il. Il appelle à participer à la marche blanche en mémoire de son frère Mehdi samedi, on l'a dit Laurent Munez et Gérald Darmanin, qui sont aujourd'hui à Marseille. La deuxième une, c'est celle de la Voix du Nord.
Il n'y a pas de liberté sans responsabilité, c'est ce qu'a déclaré hier Arras Emmanuel Macron, qui poursuit son tour de France des échanges avec les lecteurs de la presse régionale sur le thème de la démocratie à l'heure des réseaux sociaux et des algorithmes. Et puis la dernière une, c'est celle de Corse matin. L'hôpital à domicile en Corse. L'hospitalisation à domicile connaît un essor spectaculaire. Chaque jour, près de 290 personnes sont prises en charge chez elles. Mais ce dispositif repose aussi fortement sur les aidants, souvent très sollicités. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Écoutez, chaque sujet est vraiment très important, mais je prendrai la première.
Sur mes mains, je vois le sang de mon frère. Parce que là, on est devant un drame familial, mais c'est un drame de quartier, c'est un drame d'une ville, c'est le drame de tout un pays. En tout cas, c'est comme cela que je l'ai reçu, moi, depuis que c'est arrivé. C'est une situation tellement difficile pour une famille que de voir deux enfants déjà. Ce n'est pas le premier, c'est le deuxième qui est victime finalement du narcotrafic. Et très franchement, je choisis celle-ci, parce que je veux dire à cette famille qu'il faut que la nation toute entière soit derrière eux, soit près d'eux. Et je pense qu'il faut aller encore plus loin.
Je crois vraiment qu'il y a fait beaucoup de choses depuis un certain nombre d'années, mais je crois qu'il faut les montrer, les transformer en quelque sorte. Il faut montrer à chaque fois ce que nos organisations, en termes de sécurité, en termes de prévention, sont capables de faire. Parce qu'on peut avoir pris des lois, pris des décisions, mais ce qu'il faut maintenant, c'est transformer ça. C'est montrer que... Ce que disait hier Amique et Sassi, il y a beaucoup de mots, il y a beaucoup de déclarations, mais nous, on veut voir les actes.
Est-ce que cette nouvelle ligne franchie, avec ce que Laurent Nunez a qualifié de crime d'intimidation, ça ne révèle pas quelque part l'impuissance de l'État face aux narcotrafiquants ? En tout cas, ce combat doit être celui de chacun d'entre nous. Je crois qu'il ne faut pas les laisser seuls. C'est vraiment le message que je veux faire passer ce matin. Parce que c'est un drame familial, mais c'est un drame pour la nation. Et donc, chacun doit prendre sa part. Quand hier, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron fustige les bourgeois des centres-villes qui financent le narcotrafique. Est-ce que c'est des mots qu'il a raison d'employer ? Est-ce que vous diriez la même chose ?
Vous savez, devant un drame comme celui-là, on peut être très en colère. On peut être très triste, mais vraiment au point de montrer de la désespérance. Et c'est ce que peuvent montrer certains jeunes ou certaines familles. Et puis, on peut avoir des mots qui peut-être débordent du cadre. Ils allaient trop loin, non ? Peut-être un peu… Mais je pense qu'il a raison de dire qu'avant tout, il ne faut rien acheter à ces narcotrafiquants. Si on leur coupe finalement leurs ressources, ils vont partir, ils vont aller ailleurs. Alors, moi, j'invite effectivement… C'est pour ça que je disais que c'était collectif. C'est que chacun a sa part au niveau où il est.
Consommateur, pas consommateur, élu, pas élu, un habitant de la ville, pas un habitant de la ville. Je pense que tous, nous devons avoir notre solution. Il faut les sanctionner plus durement, les consommateurs ? Mais déjà, les sanctions sont lourdes. On les a changées. Et à chaque fois qu'il y a un drame, en fait, on se dit, voilà, c'est la solution, c'est la loi, etc. Mais non, je pense que c'est plutôt une prise de conscience de notre société. C'est-à-dire chacun a sa part à son niveau. Chacun. On va parler d'une substance dont l'usage des tournées inquiète, c'est le protoxyde d'azote.
Une adolescente de 17 ans est morte le week-end dernier dans le Nord, Matisse, 19 ans, fauchée le 3 novembre à Lille par un automobiliste dont la voiture contenait des bonbonnes de protoxyde d'azote. Pour en parler, on est avec Mickaël Paco. Bonjour, vous êtes maire LR de Mions. Merci beaucoup d'être avec nous. Mickaël Paco, vous êtes maire, mais vous êtes également sapeur-pompier. D'abord, un mot sur les conséquences de ce protoxyde d'azote. Quelles sont-elles ? Vous les voyez concrètement. Merci pour votre invitation. Effectivement, les conséquences, on les voit sur le terrain. Elles sont humaines, pour commencer, et vous le savez.
Les accidents de circulation, les atteintes neurologiques qui sont parfois irréversibles. Et ensuite, on a pour l'environnement, et puis on a aussi un aspect financier pour les communes. Donc oui, le protoxyde d'azote, moi j'ai voulu agir localement et faire un arrêté pour qu'il y ait une prise de conscience, déjà par cette jeunesse, et puis que ça s'arrête, qu'on évite au maximum ces actions qui est aussi, si je puis dire, une drogue, et qui enlève des vies. Et c'est vraiment grave. Que dit votre arrêté, du coup ? Quelles mesures vous avez prises, vous, dans votre commune ? Non, j'ai prévu l'arrêt ou l'interdiction de la détention, de l'usage, de la consommation, de la revente.
J'ai fait un arrêté package qui me permet d'agir, qui permet à ma police municipale de pouvoir enlever quand on trouve ses bonbonnes dans les voitures, et surtout d'essayer de mettre des PV, des amendes, parce qu'on sait très bien que l'aspect financier, quand on tape au portefeuille, c'est ce qui est aussi souvent impactant. Vous, vous avez pris un arrêté dans votre commune. Est-ce que vous demandez aux parlementaires d'agir au niveau national ?
Hier, j'ai été reçu par la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur.
Ça a été un moment qui a été très constructif. Il y avait des parlementaires qui ont déjà travaillé sur ça, et je lui laisserai le soin de dire un peu ce qu'il s'est raconté. Mais le rendez-vous, j'étais à la sortie assez confiant. Vous avez acté au ministère de l'Intérieur, du coup, des avancées législatives ? Moi, j'ai donné mon ressenti de terrain et puis ce que vivaient les élus locaux, parce que ça touche les villes et les villages. Il faut être très clair, ce n'est pas que les secteurs urbains. On les retrouve dans les parcs, dans les rues, à côté des écoles, mais de partout, je pense, sur le territoire national. Moi, j'ai donné mon ressenti, la ministre a été à l'écoute.
Les parlementaires ont fait un très beau travail, déjà, à peaufiner, comme il le disait, mais je ne peux pas forcément vous en dire plus sur ce qui a été raconté, mais en tout cas, c'était très constructif et un peu rassuré sur l'avenir, de mon côté. Elisabeth Doineau, quand vous entendez ce témoignage, est-ce que vous dites qu'il faut encore aller plus loin dans la loi ? Alors, tout d'abord, je voudrais saluer M. le maire et je voudrais, à travers votre témoignage, dire combien les maires sont les garants de la sécurité de leur commune. Souvent, on parle de beaucoup de sujets, mais en réalité, ils sont là pour assurer cette sécurité. Et donc, je salue votre action.
Le protoxyde d'azote, c'est un sujet qui nous avait été amené par Valérie Létard. Ça fait déjà très longtemps. À l'époque, on utilisait des petites bonbonnes comme ça, et maintenant, on est à des bonbonnes comme ça. C'est un véritable fléau. Et là encore, voilà, exactement, c'est ce que vous montrez sur l'écran. La réalité, c'est qu'on voit bien que ça se diffuse et qu'il n'y a sans doute pas d'informations suffisantes déjà au début pour que les jeunes ne puissent pas, comment dirais-je, prendre ces produits. En tout cas, il est important d'agir sur la sécurité, donc la prévention. Et la prévention, c'est aussi après, évidemment, la sécurité des jeunes.
C'est comme on les accompagne parce que, moi, je vous rappelle qu'on dit depuis le Covid, mais je pense que c'est quelque chose qui est monté progressivement dans la société et notamment chez les jeunes, c'est la santé mentale qui s'est dégradée parce qu'on ne va pas vers des produits comme ça quand on va bien. Donc, ça veut dire que notre jeunesse, une partie de notre jeunesse ne va pas bien. Donc, il faut agir par rapport à ce produit, mais il faut agir en général sur la santé mentale des jeunes. C'est une nécessité. Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'il faut interdire son usage au parti ? Mais oui, alors moi, je suis complètement pour, effectivement, l'interdiction.
Mais après, je crois qu'on est lié aux décisions européennes, donc il faut que notre droit soit… Mais si on pouvait prendre cette décision à l'échelle européenne, ce serait très bien. Il faut arrêter de pouvoir acheter ces bonbonnes sur Internet et se les faire livrer. Non, mais il faut arrêter, quoi. C'est fini. Il faut… Enfin, je ne comprends pas que, justement, on ne puisse pas, dès la racine, interdire l'usage de ces produits. Vous êtes d'accord, Mickaël Paco ? Il faut aller jusqu'à l'interdiction particulière ? Alors, moi, je n'ai pas forcément d'avis sur cette interdiction générale, etc., parce qu'on sait très bien qu'il y a des professionnels qui l'utilisent.
Et nous, ce qu'on cible, vous savez, c'est la jeunesse et c'est ceux qui le consomment d'une manière dite récréative, mais qui ne l'est pas du tout. Moi, vous savez, vous l'avez dit au début, je suis sapeur-pompier professionnel depuis presque 22 ans, dans un secteur d'intervention où on envoie tout le temps, sur le bas-côté des rues, et également pompier volontaire depuis 25 ans. Et j'ai vu les dégâts, comme beaucoup peut-être en France, de ce protoxyde d'azote avec des véhicules qu'on croise quand on rentre d'intervention la nuit, ou qui roule à contresens, etc., ou des accidents de la circulation très graves. Et j'en ai fait.
Ou des jeunes filles où les parents nous appellent le matin parce qu'elles sont rentrées et elles n'arrivent plus du tout à bouger. Voilà, moi, je veux protéger ma jeunesse. Vous l'avez rappelé, madame, le maire, il a une responsabilité, c'est d'assurer la sécurité sur sa commune. Donc moi, c'est ce que j'ai fait avec cet arrêté. Et oui, il faut vite légiférer, trouver, donner des solutions au maire, sur le terrain, aux polices municipales. Vous savez, l'aspect, il est immense. Parce qu'on parle d'interdiction, on parle d'amende, il faut parler de recyclage et de coûts financiers aussi. Et ça arrive à la fin. Parce qu'une bouteille pour la recycler, c'est 9 euros.
Et quand vous en trouvez, moi, c'est une trentaine, voire une quarantaine par semaine qu'on en trouve. Dans des villes, c'est beaucoup plus. Et là aussi, il y a un sujet. Donc il faut prendre le sujet dans son ensemble. Et en tout cas, j'ai eu une oreille attentive hier au ministère de l'Intérieur. C'est ce qui, d'ailleurs, avait été fait dans la dernière loi et qu'on a votée en mars dernier. Il y avait l'aspect environnemental aussi inclus dans les dispositions. Merci, Mickaël Paco. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Mion. Merci. Dans le Rhône, merci d'avoir été notre invité. Le Sénat a donc entamé hier l'examen du budget de la Sécurité sociale.
Donc vous êtes la rapporteure générale, Elisabeth Doineau. Et Clémentine, vous avez suivi les premières heures de ces séances. Oui, et c'est une copie largement remodelée qui est arrivée hier au Sénat avec un nombre record d'amendements et un déficit public qui atteindrait les 24 milliards d'euros en 2026, selon cette version du texte. On est très loin des 17 milliards de déficits que visait le gouvernement avec sa première version du texte. Et on est encore plus loin des 15,1 milliards de déficits que se fixent comme objectif la majorité sénatoriale de droite et du centre.
Et hier, donc, au Sénat, plusieurs ministres se sont exprimés lors de la discussion générale sur ce budget en incitant sur la nécessité d'aller plus loin que le texte issu de l'Assemblée. Oui, et le gouvernement et la majorité sénatoriale semblent plutôt en face sur ce point, sauf peut-être sur un point. C'est la fameuse suspension de la réforme des retraites puisque c'est le compromis trouvé entre le Parti socialiste et le gouvernement pour éviter la censure. Une suspension de la réforme des retraites adoptée à l'Assemblée nationale sur la partie recettes. Mais que les sénateurs, eux, comptent bien détricoter.
Alors hier, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, appelait la Chambre haute à réfléchir à deux fois avant de tirer un trait sur cette suspension. On l'écoute.
Le gouvernement estime que c'est une mesure de stabilité du pays. Cette stabilité, elle est voulue par les Françaises, par les Français, mais aussi par les entreprises. Alors nous sommes nombreux à souhaiter que l'avenir du système de retraite soit éclairci. Cette suspension a aussi le côté positif de donner du temps. C'est aussi le temps du débat démocratique. Certains partis politiques s'emparent du sujet et commencent à faire des propositions sur les retraites.
Et à gauche de l'hémicycle, le groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste et kanaki déposait une motion d'irrecevabilité du texte. Sa présidente, Cécile Kukerman, a brièvement appelé les élus de gauche, principalement les socialistes, à ne pas se rendre complice d'un budget d'austérité pour de maigres victoires. On l'écoute. Ceux qui pensent encore pouvoir sortir de la séquence budgétaire avec quelques victoires sur l'accessoire et des reculs sur le principal, nous vous disons, refuser de voter la motion, c'est accepter l'adoption des amendements de la majorité sénastériale et être comptable des coupes budgétaires. Cette motion, Clémentine, a été rejetée en 244 voix contre 34.
Oui, et plusieurs motions ont été déposées hier, toutes ont été rejetées. Le texte peut donc être amendé par la Chambre haute. Madame Douano, vous étiez hier dans l'hémicycle. Votre groupe est plutôt favorable au rejet de la suspension de la réforme des retraites, quitte à mettre en danger le gouvernement et la stabilité politique du pays. Est-ce que vous allez vraiment prendre ce risque ? L'heure n'est pas à prendre ce risque, l'heure est au débat. En fait, on démarre la discussion sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale et donc, pour l'instant, c'est passé en commission, nous avons voté la suppression du décalage de la réforme des retraites.
On verra après ce que ça donnera dans l'hémicycle. Mais ça veut dire que vous êtes prêts à un compromis ? Ou vraiment la majorité sénatoriale est arc-boutée sur cette réforme des retraites ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Vous le savez, la réforme des retraites en 2023, elle a été beaucoup débattue. Vous savez qu'elle n'est pas née par hasard. Elle est née du fait qu'au Sénat, avant cela, on disait chaque année au PLFSS « Attention, la branche vieillesse est en déficit. Nous devons alerter l'opinion et y travailler. » Et donc, en 2017, c'était une des mesures phares du projet d'Emmanuel Macron. Il l'a mis à l'ordre du jour.
Et nous, au Sénat, on l'a largement votée du fait de notre majorité. Bon, mais là, est-ce que vous vous dites, comme dit Jean-Pierre Farandouillère, le gouvernement dit que c'est une mesure de stabilité du pays ? Est-ce que vous dites, sur le fond, on n'est pas d'accord, mais pour garantir la stabilité, on peut faire un compromis ? Je pense qu'on en discutera, et sur le coût, parce qu'évidemment, la première année, on le voit bien, avec les carrières longues, désormais, c'est 300 millions d'euros. On pourrait dire, mais pourquoi se battent-ils là-dessus ?
Oui, mais en fait, ce que l'on peut voir, c'est que c'est une bombe à retardement, parce que dès l'année suivante, ça coûte beaucoup plus cher, ça coûte déjà des milliards, et après, on multiplie les milliards. Pourquoi ? Notre système, par répartition, est fondé sur le nombre d'actifs qui travaillent pour payer les pensions. Et vous savez très bien que l'équilibre n'est plus là, qu'on est à 1,8, 1,6 actifs pour un retraité. Il est menacé aujourd'hui ? C'était 3, 4, et c'est menacé.
C'est menacé parce qu'on sait aussi que, d'après les démographes, avec le taux de natalité que nous avons, mais nous allons avoir une dégradation du financement de la sécurité sociale, tout au moins sur le plan de la branche vieillesse. Et donc, c'est le système qu'il faut réfléchir. Alors, certains ont des idées, comme la capitalisation, on en parle beaucoup, d'autres, c'est revenir à cette fameuse retraite à points qui, je le rappelle, n'a pas été votée, donc on peut aussi se poser la question. C'est ce que dit Gabriel Attal, revenir à une retraite par points, par decapitalisation, avec un fonds de 1 000 euros pour chaque enfant à sa naissance, est-ce que ça, c'est un bon système ?
Moi, écoutez, je pense que, justement, là, cette année, c'est très douloureux parce qu'on ne vit qu'un PLFSS avec des mesures budgétaires, des mesures comptables, il n'y a rien de pire vers l'opinion. Mais on ne peut pas faire autrement, parce que là, c'est notre protection sociale qui est, je dirais, en faillite. Et on peut très bien, demain, avoir des problèmes de paiement, de paiement, des pensions et des prestations. Et donc, je dis, il faut remettre à plat, encore une fois, ce sujet, mais il ne faut pas attendre 2027. Enfin, quel est le pays qui a reculé sur une réforme des retraites ? Alors, on a un incroyable talent en France, on a un incroyable talent, c'est la procrastination, quoi.
Je veux dire qu'on est face à un défi démographique. Alors, moi, je veux bien qu'on réfléchisse à une part de capitalisation, pourquoi pas une part de retraite à points, si on veut complexifier le dispositif. Mais il faut sauver la répartition. La répartition, c'est le système le plus équitable pour tout le monde, le plus égalitaire, quelque part. Et donc, il faut le sauver. Mais donc, le PS, il menace la répartition en voulant suspendre la réforme ? Je ne dis pas ça, je ne dis pas ça. Je dis simplement que, évidemment, le PS, il écoute aussi nos concitoyens qui n'ont pas envie de partir tardivement à la retraite après un travail qui peut être parfois très, très fatigant.
Et c'est là-dessus qu'on aurait dû plus travailler sur la pénibilité de certains métiers et les carrières qui commencent très tôt. Mais la réalité, c'est que là, on est sur une mesure, une mesure d'âge. Et très franchement, quand on regarde dans les pays voisins, dans tous les pays du monde, mais qui a pu faire une chose comme on est en train de faire en France ? Moi, je pose la question à quiconque, qui est capable ? Il faut savoir que pour avoir des dépenses, il faut avoir des recettes. Mais là, aujourd'hui, le système ne peut plus tenir.
Et le Parti socialiste, justement, qui se prépare à faire face à une majorité de droite et du centre, bien décidée donc, à changer le visage de ce budget de la sécurité sociale, dessiné par l'Assemblée nationale. On écoute Patrick Cannaire.
On veut aller jusqu'au bout du débat. Et nous irons jusqu'au bout du débat. Nous avons des points de divergence. Mais il y a un point commun. C'est que nous savons qu'en face de nous, nous aurons une droite particulièrement revancharde, pour ne pas dire réactionnaire.
Revancharde, réactionnaire ? Je ne me sens pas atteinte. Je ne me sens pas atteinte. Non, moi, je dis simplement, je dis que c'est un déni de réalité de ne pas voir, en fait, la situation de notre pays. Ou alors, mettons plus d'actifs à travailler, augmentons le nombre d'heures, ou augmentons le travail des jeunes, augmentons le travail des seniors. Mais ça, on sait bien que ça ne se fait pas comme ça, d'un coup de baguette magique. S'il y a quelque chose qu'on peut faire, c'est augmenter le temps de travail. Parce que le problème en France, c'est que nous avons un PIB, enfin, un potentiel qui est médian.
Et ça, je veux le rappeler, ce n'est pas facile à comprendre pour chacun, mais en réalité, notre potentiel, il est beaucoup plus faible que celui de l'Allemagne. Si on avait le même potentiel que l'Allemagne, mais on n'aurait aucun sujet, aucun sujet. Donc, il faut se poser les bonnes questions. Le nombre d'actifs, le nombre de retraités, la longueur du temps passé en retraite, le temps de travail, c'est tout ça qu'il faut remettre sur la table. Et je trouve que l'opportunité d'une grande conférence, comme l'a annoncé le Premier ministre, est une très bonne idée, parce que les retraites, c'est lié au travail. Et donc, là, par contre, je suis vraiment enthousiaste.
Et je pense qu'il faut même, en fait, encourager... – Même si le patronat n'a pas l'air très chaud sur cette conférence ? Ça vous regrettez ? – J'ai un petit reproche au patronat, parce que le conclave, c'est quand même un petit peu à cause d'eux que ça s'est mal terminé. Alors, M. Marrette nous a dit, c'est une symphonie inachevée. Moi, j'ai envie de dire non, il ne faut pas le prendre comme ça. Schumann, d'ailleurs, aurait pu dire, ou Schubert aurait pu dire, excusez-moi, comment que, finalement, il y a des symphonies inachevées qui ont eu ta succès fou. Et donc, voilà, comparons cette symphonie à la symphonie de Schubert.
Mais très réellement, il faut chaque année qu'on discute de ce sujet, des retraites, parce que je pense qu'il faut une part aussi, comment dirais-je, qui soit posée sur le nombre d'actifs, le nombre de retraités, et qu'il puisse y avoir un petit pourcentage chaque année qui soit fait en fonction, justement, de la réalité. – L'un des pires budgets de la Sécurité sociale depuis sa création. C'est ce qu'a dit hier Cécile Kikerman, la présidente du groupe communiste. Qu'est-ce que vous pensez de ces propos ? – C'est peut-être, effectivement, le pire que j'ai à vivre, parce que c'est des sujets très sensibles, et comme je l'ai dit tout à l'heure, ce sont des réponses comptables.
Aujourd'hui, le système est tellement à bout de souffle qu'on est obligé de faire des mesures, je dirais, de rente budgétaire. Et vous savez, c'est pas facile d'être parlementaire ou d'être une élue dans ces moments-là, d'être en responsabilité, parce que ce ne sont que des problèmes, que des sujets sensibles, des sujets politiques, éminemment politiques. Mais je veux simplement rappeler que c'est facile d'être dans l'opposition. Mais quand on est en responsabilité, les choses sont beaucoup moins drôles. On les verra, les candidats, en 2027, ce qu'ils feront avec un système qui est dans un tel déficit, alors qu'on n'est pas en crise, ni en crise sanitaire, ni en crise financière.
Je veux les voir, les candidats. C'est-à-dire que vous pensez qu'aucun ne... Mais ça ne peut pas tenir. Enfin, on ne peut pas faire des promesses comme ça. Aucun ne reviendra sur cette réforme ? Aucun président élu ne reviendra sur cette réforme ? Écoutez, pendant le temps d'une campagne, certainement. Et après ? Mais après, quand on est face aux réalités, et là, chacun peut être face aux réalités. Alors, on me répète à tout bout de champ, oui, mais on n'aura pas les mêmes méthodes, on n'aura pas les mêmes idées. En termes de recettes, notamment. Mais les recettes, attention.
Un pays qui veut être, justement, un peu plus riche au niveau de son PIB, c'est un pays qui encourage l'industrie, qui encourage l'initiative, l'innovation. Et trop de taxes, trop d'impôts, là, vous verrez tout le monde partir. Et dans le cas du médicament, c'est un peu le cas aujourd'hui, et ça me rend très triste. À l'heure actuelle, le déficit, il est à 24 milliards. Le gouvernement dit qu'il faut le ramener en dessous de 20 milliards. Le Sénat aussi, et même largement en dessous de 20 milliards. Pour vous, est-ce que les patients vont devoir contribuer à la résorption de ce déficit ? Les efforts, ils sont demandés de toutes parts.
C'est ça que je vous disais tout à l'heure, c'est dur à porter, c'est très dur à porter, parce qu'on va demander des efforts aux assurés, des efforts aux mutuels, on va demander des efforts aux professionnels, on va demander des efforts aux établissements, on demande des efforts aux salariés, du coup, les actifs, on demande des efforts aux retraités. – Mais vous dites aux Français qui nous écoutent, compte tenu de la situation, il faut accepter de payer plus cher sa boîte de médicaments, d'avoir un restant charge moindre quand on va chez le médecin ? – C'est-à-dire que moi, je ne sais pas comment résoudre l'équation, sinon.
Parce qu'effectivement, un déficit qui va s'ajouter au déficit qui est porté aujourd'hui par la cause, donc l'URSSAF, c'est la rendre très fragile. Et en fait, on pourrait avoir une crise et ne pas jouer le rôle d'amortisseur que joue habituellement la sécurité sociale. C'est-à-dire que quand on a eu la crise sanitaire, on était rendu à 100 milliards d'euros qui étaient à la charge de la COS et tout d'un coup, elle n'a pu trouver d'emprunt possible sur les marchés financiers. Eh bien, qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle s'est tournée vers la Caisse des dépôts et consignations et vers un pool bancaire.
Mais demain, avec notre niveau d'endettement, qui va nous faire confiance sur les marchés financiers ? On est le plus mauvais élève de la zone euro. On paye les taux d'intérêt les plus élevés, donc presque à 2. Plus de 1 000 amendements déposés. Est-ce que vous pensez arriver au vote à temps dans le calendrier prévu ? Nous allons tout mettre en œuvre pour y arriver. Un dernier mot, Prémi. Oui, ce texte, il a quand même des chances de finir en commission mixte paritaire. Une fois en commission, il va falloir trouver un compromis, réussir à s'entendre.
Comment vous envisagez cette commission mixte paritaire ?
Évidemment, on va chercher le compromis pendant un moment. On va essayer de voir ce que chacun met sur la table. Après, moi, j'ai vécu une seule CMP conclusie, c'était celle de l'année dernière. Deux jours après, le gouvernement Barnier sautait. Donc, je vais vous dire, j'ai presque la préférence pour une CMP qui n'aboutit pas, finalement. Mais nous chercherons quand même toutes les voies possibles. Il faut toujours essayer de travailler et de se le comprendre. Moi, j'y crois peu. Moi, j'y crois peu, très honnêtement. Mais il y a une deuxième lecture après. Donc, il faut aussi laisser le temps au texte d'évoluer dans une deuxième lecture. Et on suivra, bien évidemment, ces débats.
Merci beaucoup, Elisabeth Doineau, d'avoir été avec nous, rapporteure générale de ce budget de la Sécurité sociale. Clémentine, on se retrouve dans 20 minutes ? Oui, on reparlera de l'affaire Kessassi avec le témoignage de son frère Amine. Et on va en parler tout de suite avec notre invité. C'est le maire de Grenoble, Éric Piolle, qui nous rejoint. Et notre invité, c'est Éric Piolle. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, maire écologiste de Grenoble. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserredon du groupe Ebra, dont le dauphiné Éric Piolle. Bonjour Fabrice.
Bonjour Auriane, bonjour Éric Piolle. Bonjour.
Éric Piolle, on va évidemment commencer en parlant du narcotrafic. Laurent Nunez, Gérald Darmanin, qui sont à Marseille aujourd'hui, une semaine après l'assassinat de Médic et Sassi. Est-ce que plus qu'une lutte contre le narcotrafic, aujourd'hui, c'est une guerre ? Je ne sais pas si c'est vraiment la bonne question. La réalité, c'est que nous sommes en échec. La société française est en échec. Les ministres de l'Intérieur successifs sont en échec. C'est-à-dire qu'on a perdu ce combat aujourd'hui ? Ce n'est pas une question d'avoir perdu. C'est que la consommation de drogue a explosé en France.
Et malgré toutes les bonnes volontés des gens sur le terrain, qui font le maximum, très engagés, dans un contexte extrêmement difficile pour les policiers notamment, – Mais l'État est en échec ? – Oui. Oui, de fait. Et plus ça se gendrène… – Il est en échec parce qu'il ne met pas les moyens ? Il est en échec parce qu'il est impréhensif ? – Non, parce qu'il a une mauvaise stratégie. – Est-ce que les narcotrafic ont un temps d'arrivée ? – Il a une mauvaise stratégie. C'est-à-dire que nous répétons, depuis maintenant l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2002, nous répétons la même stratégie.
Le discours, c'est fermeté, tolérance zéro, comme s'il y avait quelqu'un qui voulait un peu de tolérance pour le narcotrafic. Et donc, on répète, il y a eu M. Sarkozy, M. Valls, M. Darmanin, M. Retailleau, ils se sont tous achetés un nom. Donc, effectivement, c'est ça aussi qui est dommageable, c'est que cette stratégie a permis de mettre sur orbite Manuel Valls, qui avait fait 5% à la primaire du Parti Socialiste, qui se retrouve au Premier ministre, M. Darmanin, qui était inconnu, qui se retrouve présidentiable, M. Retailleau, qui était encore plus inconnu et qui se retrouve en même pas un an présidentiable. M. Retailleau, qui font de la politique sur le dos du narcotrafic ? M.
Retailleau, à répéter toujours les mêmes choses quand ça ne marche pas, on peut se demander, en fait, quels sont les objectifs ? Si la stratégie de fermeté limitée, ce n'est pas une stratégie, cette fermeté de façade, pour moi, c'est du laxisme, répéter toujours les mêmes stratégies quand ça ne marche pas, en espérant que ça marche, pour moi, c'est du laxisme. Si ça avait marché dans un seul pays dans le monde, bon, on se dirait, why not ? Mais en fait, ça ne fonctionne pas dans nos villes. Avant, c'était que les grands pôles métropolitains. Maintenant, c'est les villes moyennes, les campagnes. Sur les moyens, on va revenir à la question d'Oriane.
Sur les moyens, par exemple, dans une ville comme la vôtre, où est-ce qu'on en est en matière d'effectifs de police ? Ça dépend de qui vous écoutez. C'est-à-dire que par rapport aux effectifs de 2002, on considère qu'entre les policiers et les auxiliaires de sécurité, c'est-à-dire les contractuels policiers, contractuels, nous avons perdu en 20 ans plus de 100, 120 effectifs. Donc, vous manquez de policiers aujourd'hui à Grenoble ? Nous manquons de policiers, c'est une évidence. Nous manquons de policiers judiciaires. Les effectifs de la police judiciaire sont extrêmement bas. Mais, voilà, après, le ministre va comparer à l'année qui lui va bien pour montrer que machin.
Ils nous promettent tous. Alors, on est tous, nous, maires, on vient tous supplier les ministres de l'Intérieur de nous donner plus d'effectifs. Donc, je fais ça depuis 2014, mes collègues aussi. On a la sale impression de, quand on nous promet quelque chose, qu'on va le prendre ailleurs. Donc, ça aussi, c'est désagréable pour nous qu'il n'y ait pas de transparence. Nous demandons à France Urbaine la transparence des effectifs. Où ils sont répartis ? Sinon, on a l'impression que c'est pifométrique en fonction du bruit et de la nouvelle vague de fusillades qui se déroule n'importe où en France. Voilà. Bon, ça, c'est la partie répression.
Il y a une conséquence à cela, à envoyer nos polices nationales exclusivement sur le narcotrafic, quasiment exclusivement sur le narcotrafic. C'est que l'État, du coup, se retire de plein d'autres sujets. Donc, les maires sont montés en charge. Il y a maintenant à peu près 30 000 policiers municipaux. On a multiplié l'effectif par 10 en une trentaine d'années. Donc, là aussi, c'est une charge régalienne qui vient de peser sur les communes. Et puis, pour nos concitoyens, ça veut dire que la sécurité du quotidien, voire des patrouilles. Moi, quand j'étais jeune, j'ai grandi à côté d'un commissariat. On voyait encore des policiers marcher le nez au vent au contact de la population.
Vous ne voyez pas ça. Maintenant, c'est une police d'intervention. S'ils se déplacent, c'est qu'il se passe quelque chose. Donc, c'est aussi un retrait de le reste de notre sécurité qui est assuré par les maires. Mais juste, qu'est-ce qu'ils vous disent aujourd'hui les habitants de Grenoble, qui est une ville particulièrement touchée par le narcotrafic ? Est-ce qu'ils vous disent qu'ils ont peur ? Oui, il y a une peur qui est légitime, notamment parce que la mutation du narcotrafic est rapide. C'est un monde qui se néolibéralise et avec maintenant une accélération ces dernières années d'une exploitation d'êtres humains. Donc, des gens de plus en plus jeunes.
Il y a eu un jeune de 15 ans abattu il y a un an à Grenoble. Il était suivi. Il était en foyer de la PJJ, mais en fugue. Là, il y a un jeune qui a été touché par des balles ce week-end. Il était aussi suivi. Il était dans un foyer du conseil départemental. Donc, on ne peut pas dire que ce sont des gens qui sont perdus dans la nature. Mais, voilà, on voit ce rajeunissement avec des jeunes de plus en plus fracassés et l'exploitation humaine. C'est de l'exploitation humaine, notamment d'exilés. Donc, ça, nous l'avons vu arriver aussi il y a quelques années. Donc, ce monde mute. Il mute de façon très violente. La vie n'a pas beaucoup de valeur.
Et il faudrait, de mon point de vue, changer de stratégie. C'est-à-dire, casser le narcotrafic en légalisant le cannabis, ça lui coupe la moitié de son chiffre d'affaires. Quelle entreprise peut se rétablir ? Donc, il faut dépénaliser. Il faut dépénaliser le cannabis. Oui, je pense vraiment qu'il faut une légalisation contrôlée pour casser la moitié du chiffre d'affaires, d'une part, pour collecter des recettes aussi qui permettent de faire de la prévention, et puis avoir une stratégie de santé publique. C'est-à-dire qu'on oublie, là, en fait, on lutte, mais il y a de la demande. On ne travaille pas sous cette demande.
L'Islande avait un grand problème sur l'alcoolisme des jeunes et la drogue des jeunes dans les années 90. Ils ont décidé de faire un plan d'éducation populaire colossal. Ils ont dit, voilà, nous allons remplacer la drogue. C'est ou bien vous cherchez à vous déstresser, ou bien vous cherchez à rester dans la performance, ou bien vous cherchez à fuir la société en fonction de si vous prenez du cannabis, de la cocaïne, de l'héroïne, maintenant toutes ces drogues de synthèse. Donc, ça relève de symptômes derrière, de problèmes de santé mentale.
Ils ont agi là-dessus en disant, nous allons investir massivement dans le sport, la culture, l'environnement familial aussi, passer plus de temps au sein de la famille. Et les chiffres sont excellents. Ils ont divisé par 10 les jeunes, ceux qui prenaient de la consommation d'alcool, de façon excessive. Plus de prévention et moins de répression. Oui, je ne sais pas si c'est que de la prévention, c'est de l'éducation populaire. Pour moi, il faut retrouver du lien. C'est le symptôme d'une société malade, d'une société qui se drogue. Surtout qu'on oublie toute la partie légale des drogues, les drogues psychotroques. La France consomme un nombre de psychotropes absolument hallucinant également.
Vous parlez des consommateurs. Emmanuel Macron, hier en Conseil des ministres, il a dénoncé, il a fustigé les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiques. Qu'est-ce que vous dites de ces propos ? Il y a quelques temps, j'avais proposé qu'on teste de façon anonyme, parce que là encore, l'important, c'est d'avoir une cartographie, de mettre un peu de données scientifiques dans tout ça, qu'on fasse un test sur nos élites, les cabinets ministériels, le Parlement, etc. Parce que vous avez des soupçons ? Enfin bon, vous avez vu vous-même la députée Renaissance qui d'ailleurs s'était fait reprendre dans son...
qui débarquait, qui disait qu'elle était hallucinée de voir la circulation de drogue à l'Assemblée. Elle a dû manger son chapeau parce que tous les autres ont dit « Oh, calmos ! » Mais enfin, c'est pas être devin de se dire qu'il suffit de discuter avec les policiers, ce que je fais tout le temps, ils voient effectivement passer tout le monde. Tout le monde. Donc voilà, il y a je crois 10% des adultes en France maintenant qui disent avoir déjà testé la cocaïne. Ça semble totalement hallucinant. – Il a raison Emmanuel Macron de tenir ses propos ? – Il a raison s'il fait un plan de santé publique.
Si c'est juste pour pointer la culpabilité individuelle des gens, évidemment que moi aussi ça m'écœure, évidemment que je fais ça, on travaille avec la Mildéca, on fait des spots pour dire « Voilà, quand vous allez acheter votre drogue, en fait, vous le faites sur un lieu, mettons souvent, qui a du sang sur le sol et en fait, vous nourrissez, vous pourrissez l'environnement des habitants qui sont sur les points de deal, vous pourrissez l'endroit de l'espace public que s'approprient les dealers. Donc évidemment, mais il faut une réponse systémique. Quand le fléau est tel, c'est comme si on disait que la faute des alcooliques est une faute individuelle.
Bon, il y a un moment, il faut traiter les choses de façon santé publique.
– Vous avez une méthode bien à vous, début d'année, sur une radio nationale, vous aviez préconisé des compromis avec les dealers.
– Non, je n'avais pas préconisé des compromis avec les dealers. J'ai dit, le service public a un modus vivendi avec les dealers. Oui. Pourquoi ? Parce que le service public, il fait quoi, le service public local ? Il ramasse les déchets, il nettoie la rue, et il est sur le terrain pour faire de l'action associative, de l'événementiel, etc. Et vous faites quoi quand vous êtes dans un quartier qui est tenu par les dealers ? Eh bien, en fait, vous trouvez le moyen de faire votre travail, c'est-à-dire de ne pas abandonner les habitants, c'est-à-dire de faire votre travail, et de ne pas abandonner les habitants de ces points de deal.
Et donc, ça nécessite d'avoir l'autorisation, c'est terrible, mais c'est comme ça, l'autorisation du système, c'est ça, cette espèce de compromis qui fait que vous faites votre travail, mais ils savent que vous n'êtes pas en train de les emmerder. Je fais des stages d'immersion, moi, depuis deux ans. Parmi mes stages d'immersion, j'ai été ouvrier agricole, j'ai été maçon, j'ai été en crèche, j'ai été en EHPAD, j'ai été balayeur aussi, au milieu de quartiers, pas à Grenoble, je ne fais jamais ça à Grenoble, au milieu de quartiers qui sont très marqués par le trafic.
Quand on nettoie dans ces endroits-là, il faut bien trouver la façon de nettoyer pour ne pas abandonner les habitants, tout en ayant l'autorisation, c'est-à-dire n'ayant pas les mecs qui viennent et qui vous menacent, en fait. Voilà, c'est juste la réalité. On peut toujours se cacher, dire que non, non, non, etc., mais ça ne marche pas. Il y a quelques années, il y avait une commissaire à Grenoble qui a voulu dire, voilà, il y a un camp, il n'y a que deux camps dans leur avis. Ou bien vous êtes avec la police dans la lutte contre le narcotrafic, ou bien vous êtes complice.
Donc, elle avait dit aux salariés d'un bailleur social, qui sont des salariés de proximité, qui travaillent pour les locataires du logement social, maintenant, vous venez avec nous, avec les policiers, et on va aller ouvrir les apparts et on va vous marquer que vous êtes dans le bon camp. Ils se sont exécutés, hors de la police. Le lendemain, ils ont été convoqués par les dealers. Ils leur ont dit, en fait, les amis, on ne veut plus vous voir. Voilà, on va menacer vous, on va menacer vos familles, etc. Ils ont fait quoi ? C'est des métiers qui sont durs. Ils sont mis en arrêt maladie, le temps d'encaisser le choc. Ils y sont retournés, ils sont courageux.
Cette première ligne, c'est une première ligne qui est courageuse. Les policiers nationaux sont très courageux, mais ceux qui travaillent dans ces endroits-là sont très courageux aussi pour faire leur boulot. Et après, pendant six semaines, on n'a plus eu personne dans le quartier. C'est-à-dire que les locataires, ils étaient abandonnés. Abandonnés. Et ça, c'est inacceptable. Alors, ça gêne peut-être de dire que je dise la réalité de ce qui se passe partout en France. C'est que tous ceux qui sont en première ligne, ils font leur boulot engagé dans un contexte compliqué. Éric Kellon, on est à quatre mois des municipales.
Est-ce qu'il y a un risque d'ingérence des narcotrafiquants dans ces municipales ? Est-ce que vous-même, vous avez eu des remontées ? Est-ce que vous-même, vous l'avez constaté ? Ce n'est pas eu de... Voilà, donc évidemment, on est tous en alerte permanente là-dessus ou sur d'autres formes d'ingérence. Les questions de corruption, d'ailleurs, c'est un des points positifs de M. Rotaillot. C'est que c'est le premier ministre de l'Intérieur qui reconnaît qu'il y a de la corruption dans la police et la justice. Ce que disait Dampoli, le spécialiste des mafias italiennes, il disait que quand vous avez un système qui est aussi structuré, ne vous faites pas d'illusions.
Effectivement, il a réussi à pénétrer aussi police. C'est le rapport du Sénat, sur la lutte contre le narcotrafique. Un peu de pragmatisme, je ne le constate pas. Je ne le constate pas. J'ai vu dans les journaux, notamment du groupe Ebra, des affaires récemment qui pointaient des circuits d'information entre la police et les narcotrafiquants. Donc, évidemment qu'on sait que ça existe. La préfecture de Grenoble, sur un autre domaine, les titres de séjour où il y a aussi beaucoup de pression, a vécu trois histoires de corruption en 15 ans dramatiques. Donc, on sait que ça crée des points de fragilité. Il ne faut pas se leurrer. Mais là aussi, ne laissons pas le système se gangrener.
À un moment, ouvrons les yeux. Quand on n'arrive pas à lutter contre une maladie sociale, prelons-nous sur le côté de la santé publique. Sinon, on va se taper encore je ne sais pas combien de déplacements à Marseille. C'est le combienième. Cette fois-ci, ils vont dire, allez, à partir de maintenant, les amis, vous allez voir ce que vous allez voir, Tolérance zéro. Hier, M. Rotaillot me disait, grâce à nos efforts, nous avons divisé par deux le nombre d'homicides à Marseille. Bon, le procureur de Marseille disait, en fait, s'il y a moins d'homicides aujourd'hui, c'est que la guerre des gangs, il finit pour un moment. On ne contrôle pas ça. À Grenoble, il n'y a pas eu de mort cette année.
Ça se trouve, il y en aura quatre ce soir. Je ne sais pas. Entre 2016 et 2020, il n'y avait pas eu de mort pendant quatre ans. Vous ne m'avez pas entendu chanter sur les tableaux, grâce au travail conjoint de la mairie, travaillant dans le continuum de sécurité avec la police et la justice, nous avons réussi à ne pas avoir... Non, en fait, c'est lié à des événements qui, malheureusement, sont liés à cette violence du trafic. Et quand on voit le rajeunissement et la perte de sens de la vie, enfin, les règlements de compte, il y a 20 ans, quand ça a commencé dans la drogue, c'était à peu près il y a 20 ans. Avant, c'était plutôt...
Les armes à feu circulaient plutôt dans le proxénétisme, les tractions de fonds, les jeux, etc. Ça a pénétré la drogue dans les années 2000. À Grenoble, 2007, il y a dix morts dans les règlements de compte. À l'époque, c'était dans des coins où vous ne foutiez jamais les pieds, la nuit. Maintenant, vous constatez, il y avait une mère de famille à Nîmes sortie d'une école, 17h, pouf, une balle dans la puits-tête, elle avait ses trois gamins dans la bagnole. Nous, il y a eu un meurtre l'année dernière, 17h, dans un endroit dans lequel je passe dix fois par jour. Qu'est-ce que vous attendez cet après-midi de Sébastien Lecornu, qui sera devant les mères de France ?
Ce que j'attends, je veux dire, ok, on a un problème de consommation de drogue, au lieu de dire purement du problème de narcotrafic. Narcotrafic, il y a un consensus. Les mères de France urbaine, on a écrit une tribune il y a deux ans pour faire nos propositions. Bon, voilà, le diagnostic, il est assez partagé. Mais il y a un problème de santé publique. Abordons cette question de santé publique. Mettons des moyens sur l'éducation populaire, sur le sport, la culture, les moyens pour les familles de retrouver du lien social. C'est le lien, en fait, ce lien qui se détériore, ça génère des problèmes de stress, évident.
Donc on a une société qui pousse à des pulsions consommatrices absolument dingues, donc qui nous amène loin de ce dont nous sommes des mammifères, donc ce dont les mammifères ont besoin. Investissons un peu là-dessus, ça aura du sens, y compris pour les dépenses de santé. Et le message est clair. Au-delà de cette question du narcotrafic, que doit dire, selon vous, le Premier ministre au maire pour les rassurer ? Alors, si vous nous rassurez, il devrait dire, OK, les amis, il y a une situation géopolitique qui est d'une complexité extrême. On le voit sur le côté climatique, à la COP, j'y étais la semaine dernière, c'est quand même le gros sujet.
Ce qui est dingue, c'est que le gros sujet de l'humanité, aujourd'hui, y compris en France, c'est le dérèglement climatique, les incidents climatiques, sécheresse, inondations, le réchauffement qui vient toucher nos qualités de vie. On devrait mettre toute notre énergie pour dire comment on s'adapte, comment on atténue le changement climatique, mais surtout comment on s'adapte, comment on améliore notre qualité de vie et on la protège, comment on retrouve, du coup, aussi, la souveraineté nationale pour se protéger. Par rapport à cela, on ne parle pas de ces événements qui sont majeurs, mais on parle de tout autre chose.
Voilà, des sujets qui sont, certes, importants, mais le narcotrafic, c'est 100 morts par an. L'automobile, c'est 3 000 morts par an, plus de 3 000 morts par an. Le tabac, l'alcool, c'est 40 000, le tabac, 70 000. Vous attendez des choses sur l'écologie ? Moi, ce que je dis, je dis juste, OK, on a ce problème majeur. Aujourd'hui, il y a un bordel international sans nom. Il y a un bordel national sans nom. Même moi, je n'arrive plus à suivre, je le dis à mes camarades députés, je leur dis, OK, je sais que vous ramez de 9h à minuit, mais en fait, je n'arrive même plus à lire ce que vous faites. Je verrai le résultat à la fin. Général ou particulièrement chez les écologistes ?
Non, non, partout, partout, je discute avec tous les députés sans couleur politique. Je leur dis, en fait, j'ai l'impression de perdre mon temps à suivre ce que vous faites. Donc, protégeons les collectivités locales. Protégeons les collectivités locales, donc arrêtez. Là, ils vont encore nous saigner de, le terme n'est pas bon, excusez-moi, mais de couper dans nos recettes de, nous, ça va être 6,5 millions de nouveaux, plus les 2 millions de cotisations retraites qu'on se prend chaque année pendant 4 ans. Donc, c'est 10 jours de fonctionnement de la mairie de Grenoble qui sont coupés. Qu'est-ce qui se passe pour toutes les mairies en France, et les collectivités locales en général ?
On a d'abord optimisé nos dépenses de fonctionnement, en revisitant ce que nous faisons. On a ensuite dégradé nos ratios financiers. On a ensuite endetté pour continuer ou augmenter les impôts. Nous avons fait les deux. Et ensuite, maintenant, nous nous coupons dans des investissements de transition. Ce que je me refuse à faire. Mais couper dans des investissements de transition, ça veut dire avoir un cycle récessif sur l'économie réelle, et prendre du retard dans la transition environnementale. Donc, c'est détestable. Donc, je dis, préservez le dernier truc qui marche en France, s'il vous plaît. Le reste, vous discutez avec tout votre bordel, là.
Mais préservons les collectivités locales pour qu'il y ait encore quelque chose qui marche en France. – Des collectivités inquiètes sur leurs finances. Bercy prévoit une hausse de la taxe foncière pour 7 millions de foyers. Est-ce que vous dites que c'est une bonne chose pour les finances de nos communes ? – Bon, ça sera… Il y aura un intérêt, je ne vais pas vous le cacher, il va y avoir un intérêt corollaire qu'on ait tous… Parce que là, nous avons perdu les dernières années.
Je pense que je ne sais pas si c'est un problème de fraude fiscale à grande échelle, mais nous voyons des reclassements de résilience secondaire en locaux vacants parce qu'ils sont moins taxés, à une échelle qui fait qu'à Grenoble, par exemple, nous avons perdu 3 millions d'euros de recettes. Et c'est le cas un peu partout. Donc, il y a des éléments qui nous font perdre des recettes sur des mouvements dont on ne sait pas si c'est des corrections ou de la fraude. Il y a des mouvements qui sont positifs. Là, c'est la réévaluation. Ce n'est pas une hausse structurelle. C'est des mètres carrés qui ne sont pas déclarés parce que les bases n'ont pas été revues de 70.
Bon, voilà, il y aura un petit intérêt direct, une correction évidemment désagréable pour les contribuables et un petit intérêt pour les communes. – Un mot sur le municipal, justement, Fabrice. – Sur la taxe, ou Ariane, pardon, vous seriez favorable à un retour de la taxe des habitations ? – Nous serions favorables à un retour d'un lien entre les habitants et les collectivités et à un lien entre les actions que nous mettons en œuvre et leurs effets pour nos finances. Donc, nous voulons retrouver de l'autonomie financière. – Donc, plutôt oui. – Ça dépend, si c'est un truc supplémentaire.
Enfin, là, on a la taxe d'habitation, c'est 18 milliards, dont 8 milliards ont été aux 20% les plus riches. Donc, ce qu'a fait Emmanuel Macron, c'était sympa pour sa campagne de 2017, mais c'était sympa à titre, évidemment, personnel pour tout le monde puisqu'on a tous gagné des sous avec ça. Mais on a donné 8 milliards d'euros aux 20% les plus riches. Donc, on a continué à faire ce qu'il a fait pendant tout son mandat, enrichir les plus riches. – Pour parler des municipales, vous ne vous représentez pas à Grenoble. – Oui. – Pourquoi ? Et est-ce que vous serez sur la liste de Laurence Ruffin ? – Alors, je ne me représente pas, je l'avais annoncé dès la campagne de 2014. – Absolument.
– Bon, j'avais dit, voilà, mon objectif, moi j'ai travaillé 18 ans dans l'industrie, donc je suis passé de Clampin, comme tout le monde, à commenter la vie politique au bar avec mes copains, à conseiller régional en 2010, président de groupe, puis maire. Je suis fortement attaché au non-cumul des mandats. Donc, quand j'ai été élu maire, j'ai démissionné de mon mandat de conseiller régional, à la fois, évidemment, simultané, mais également dans le temps. Donc, quand je me suis lancé là-dedans, je me suis dit, un, pour les écologistes, il faut changer de culture, cette culture de contre-pouvoir, cette culture de lanceur d'alerte.
Maintenant, il faut la laisser de côté, lanceur d'alerte, il y a plein de gens qui font ça très bien et mieux que nous. Donc, nous, maintenant, proposons un projet de société aux gens, mais en l'occurrence, là, à l'échelle locale, mais on se dit la même chose, l'enjeu est le même à l'échelle nationale. Et donc, faisons cela.
Mais derrière, mon but, je l'exprimais ainsi, c'était gagner, regagner pour valider, effectivement, les gens suivent, et faire gagner pour que la première fois que les écologistes sont à la tête d'une grande ville, d'une préfecture en France, on ne se dise pas, nous, on était contre le cumul des mandats dans le temps, mais sauf quand on arrive au pouvoir, à ce moment-là, j'ai évidemment, je suis la même personne, le plus connu, blablabla, blablabla. Donc, voilà, je me suis pris cet engagement parce que ça a du sens politique. Vous serez quand même de la partie ou pas ? Je le ferai à la demande de Laurence Ruffin, si elle souhaite que je sois 60e. Elle ne l'a pas encore fait ?
Elle ne vous l'a pas encore demandé ? Je la vois tout le temps, on est en transition. Mais, voilà, on verra en janvier si c'est intéressant que mon nom apparaisse en dernier ou si ce n'est pas intéressant que mon nom apparaisse en dernier. Mon but, c'était quoi ? Et son but aussi, c'est d'amener de la fraîcheur. Pourquoi est-ce aussi, je me disais que deux mandats, c'est bien ? C'est que quand on pousse des changements, on a poussé des changements forts à Grenoble, ça crée aussi des tensions. Il faut savoir prendre avec un autre style. Elle ira avec son style à elle et le style de son équipe pour tirer des bords comme en bateau. Donc, on va dans une direction, on fait comme ça.
Et donc, il y aura d'autres choses. Donc, il faut cette fraîcheur, c'est une richesse. Une dernière question. Éric Piolle, Marine Tondelier s'est déjà déclarée candidate à la présidentielle. Est-ce que vous avez compris son choix et son calendrier ? Non. C'est une heure. J'ai été élu porte-parole des écologistes. C'était la première fois, contre son gré, par les adhérentes et les adhérents en avril dernier. C'était la première fois quelqu'un qui avait exercé des responsabilités à rentrer dans la direction des écologistes. Bon, elle m'en a sorti par la fenêtre après l'élection. Nous avons des différences, non pas de projets, évidemment, de sociétés. Nous avons une différence stratégique.
Je pense qu'à l'échelle nationale, je pense que c'est dommage parce qu'elle a un vrai crédit dans l'opinion et que ce crédit, il faut l'amener en soutien des municipales. Une fois que vous êtes candidat à la présidentielle, vos déplacements, c'est des candidats à la présidentielle. Donc, il y a une espèce de retournement où, en fait, votre déplacement vient nourrir votre candap plutôt que... Et en plus, les élus locaux, nous cherchons, ce que j'ai essayé d'expliquer, à dire, OK, on aime bien les écologistes, mais à l'échelle locale, en fait, nous ne sommes plus des donneurs de leçons, nous ne sommes plus des lanceurs d'alerte, nous ne sommes plus des contre-pouvoirs.
Nous avons des projets concrets. C'est ce qui se passe dans toutes les villes. Là, c'est quand même cette préfecture qui avait choisi des écologistes comme maire. Vous risquez de perdre ? Je crois que le contexte n'est pas si défavorable que ça parce que, dans ce bazar généralisé, la qualité de vie du quotidien, c'est important pour les habitants et les habitants. Et donc, je pense que, face à l'élection, ils diront finalement, les écolos, c'est eux qui proposent des solutions pour le logement, pour l'espace public, pour les déplacements, pour l'alimentation, la santé, la lutte contre la pollution, la transition énergétique concrète. Donc, je pense que ce n'est pas si défavorable que ça.
– Merci, Éric Piolle. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Fabrice, la une de l'Est républicain, la progression alarmante des drogues au volant. C'est à la une de... – On est dans ce sujet, monsieur le maire. – De vos journaux. On va voir ce qui fait la une de nos régions. Et à quatre mois des municipales et en plein congrès des maires, nous vous proposons une série de portraits d'élus. Aujourd'hui, rencontre avec Annick Dufis, maire de Malandry dans les Ardennes, qui a connu un cataclysme en mai dernier lorsqu'elle a découvert que l'eau de sa commune était polluée au Pifas. Ses habitants ne peuvent plus boire l'eau du robinet. Romain David l'a rencontré.
– Tout de suite, on se dit, mince, c'est du poison. Je suis à Malandry, un petit village de 80 habitants, dans les Ardennes. Depuis le mois de juillet, les habitants ne peuvent plus boire l'eau du robinet, contaminée au Pifas, qu'on appelle aussi les polluants éternels. Une situation que la maire, Annick Dufis, ne s'attendait pas à devoir gérer. – J'ai reçu les résultats d'une analyse d'eau qui avait été effectuée chez un particulier. Les résultats tels qu'ils me sont notifiés, c'est de l'hébreu. Je n'ai jamais entendu parler de Pifas. En faisant des recherches sur Internet, j'apprends que ce sont des polluants éternels.
Le terme éternel me fait peur, parce qu'on se dit, ah, on va avoir des sérieux ennuis. – Les Pifas sont des substances chimiques qui ont été utilisées pendant des décennies dans l'industrie, notamment pour leurs propriétés antiadhésives. Aujourd'hui, leur concentration dans les sols et dans l'eau soulève de vives préoccupations pour la santé publique et l'environnement. – Avec mes collègues maires de la Ferti-sur-Cher et Villy, nous avons décidé de faire des analyses de sang pour savoir si nous avions des Pifas dans le sang. – Alors, lorsque les résultats de nos analyses de sang tombent, on ne comprend pas, c'est très spécifique. Ce qui est important, c'est la somme des 7 Pifas.
Le seuil ne devrait pas dépasser 20. Et j'ai 132,81 microgrammes par litre. – Là, nous entrons dans la galerie drainante du captage. – Arrivent les 7 sources du village. Il avait même été question de mettre l'eau de malandrie en bouteille dans les années 65. – Des prises de sang programmées cette semaine. – Vous appellez pour les faire la semaine prochaine. – Les gens du village nous interpellent en disant
« Nous aussi, on veut faire des analyses de sang ». Mais ils ne comprennent pas pourquoi l'analyse n'est pas prise en charge par la Sécurité sociale. Nous réclamons un suivi épidémiologique.
Ça, l'État ne veut pas en entendre parler. – On ne sait pas quand est-ce que l'eau sera de nouveau potable. En attendant, Annick Dufis ne baisse pas les bras. Elle ne compte pas abandonner les habitants de malandrie puisqu'elle sera candidate à sa réélection en 2026. – Et Clémentine, on va regarder ce qu'est à la une de nos quotidiens régionaux. Et on commence par ce témoignage très poignant. C'est le frère de Mehdi Kessassi qui témoigne. – Oui, et c'est à la une de deux quotidiens régionaux ce matin. Amine Kessassi témoigne à la une de la Provence et de la Marseillaise. « Sur mes mains, je vois le sang de mon frère » en une de la Provence à 20 ans.
Mehdi Kessassi a été assassiné jeudi dernier à Marseille. Une enquête pour assassinat en bande organisée a été ouverte. Son grand frère Amine Kessassi est un militant engagé contre le narco-banditisme dans la Provence. On lit ses mots ce matin. « Aujourd'hui, mon seul regret, c'est de ne pas avoir été à sa place dans cette voiture face à ceux qui me cherchaient. » Amine Kessassi avait déjà perdu un frère en décembre 2020 aussi sur fond de trafic de drogue. Une marche blanche aura lieu samedi à Marseille pour Mehdi Kessassi. – Et le trafic de drogue est à la une de trois autres de nos quotidiens ce matin.
– Oui, l'Est républicain, les dernières nouvelles d'Alsace et l'Alsace titrent ce matin sur la conduite sous stupéfiants avec une progression alarmante à nuancer tout de même puisque cette progression résulte aussi d'une augmentation des contrôles. Chaque année en France, la consommation de stupéfiants est impliquée dans un accident mortel sur cinq. – Le président américain rattrapé par l'affaire Epstein. – Oui, c'est à la une de la dépêche ce matin. Donald Trump annonce avoir promulgué la loi pour rendre public le dossier Epstein après s'y être opposé pendant plusieurs mois.
Des mails écrits par Jeffrey Epstein ont été rendus publics la semaine dernière et on peut y lire que le criminel sexuel y affirme que Donald Trump était au courant pour les filles. – Et puis à la une de la presse de la Manche des Mères en cas de liberté.
– Oui, c'est le titre du 94e congrès de l'Association des Mères de France cette semaine et l'on apprend dans les pages du quotidien que 130 maires de la Manche ont fait le déplacement à Paris et à quelques mois des élections municipales, tous ont en tête le budget 2026 et alors que le salon est pour eux le moment de passer des commandes, commandes publiques par exemple du mobilier public, eh bien le maire d'Ausville, Champs-Louis, Covins, confie au quotidien de la Manche on pourrait y passer des heures tant on a l'impression que tout le monde a quelque chose à vendre mais bon, ce ne sont pas nous qui allons acheter un camion poubelle, de toute façon on n'a pas l'argent.
Et le Premier ministre viendra clôturer ce congrès cet après-midi, il tentera donc de rassurer ses maires inquiets de la situation budgétaire du pays. – Et le discours qu'on suivra d'ailleurs en direct sur notre antenne. Merci Clémentine, on continue avec les unes de nos journaux régionaux, Emmanuel Macron qui poursuit son tour d'électeur de la presse régionale hier, il était à Arras dans le Pas-de-Calais pour échanger avec l'électeur de la Voix du Nord. Et on vous retrouve, Julien Lécuyer, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, comme tous les jeudis mais à distance, cette fois-ci journaliste politique à la Voix du Nord, Julien, co-animateur justement de ce Face aux lecteurs.
D'abord Julien, comment vous avez organisé ce débat et est-ce que les lecteurs de la Voix du Nord ont répondu présent ?
– Alors, bonjour Auriane, et en effet ça a été une course contre la montre parce que l'initiative qui a été portée par l'Élysée avec les titres de la presse quotidienne régionale, elle est arrivée tardivement et il a fallu en effet mobiliser beaucoup d'équipes au sein de la Voix du Nord pour organiser cette initiative qui a connu en plus quelques évolutions puisqu'au départ elle a été envisagée à Dunkerque et puis elle a été déplacée à Arras dans un lieu qui était assez symbolique pour le président de la République puisqu'il y a deux ans c'est là où le drame de l'assassinat de Dominique Bernard s'était déroulé. Donc il a fallu s'adapter à tout ça et recruter l'ensemble des lecteurs.
On a eu beaucoup de réponses malgré, on va dire, le thème qui était assez resserré autour de la démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. On a eu plus d'une centaine de lecteurs qui ont posé des questions. On a dû sélectionner pour éviter de s'éparpiller sur d'autres sujets qui n'avaient rien à voir avec la thématique retenue. Mais on a été extrêmement surpris par l'intérêt porté au sujet par nos lecteurs.
Qu'est-ce que vous a dit le chef de l'État hier ?
Beaucoup de choses, beaucoup de choses qu'il avait en partie dites à Toulouse lors d'un échange déjà avec les lecteurs de la Dépêche du Midi puisque tout le concept du président c'est de faire une sorte de tour de France pour évoquer, soulever ce sujet qui prend une importance particulière au vu des prochaines élections municipales et présidentielles. Il y a plusieurs choses qui ont été abordées, notamment sur les bulles algorithmiques qui sont portées par les grands géants du numérique, cette déformation de l'espace public. On a parlé d'ingérence étrangère justement à l'heure des élections avec les menaces portées par notamment la Russie.
On a parlé de santé des jeunes et là évidemment est revenue l'idée d'une réglementation beaucoup plus stricte de l'usage des portables par exemple à travers le soutien qu'il porte à cette proposition de loi de renaissance au parti présidentiel, le parti de Gabriel Attal aussi, pour une interdiction des réseaux sociaux à 15 ans. On a parlé aussi d'initiatives européennes pour essayer de reprendre la main sur cet univers numérique et puis on a parlé aussi d'éducation, d'éducation critique pour l'intelligence artificielle, comment d'une certaine manière préparer les plus jeunes générations à l'usage de ce nouvel outil sans qu'ils soient phagocytés par celui-là même.
On a parlé des jeunes mais cela dit, ça a aussi intéressé les plus vieilles générations qui seront amenées à voter dans les prochains temps et qui sont aussi sensibles à la désinformation.
– Un petit mot Julien pour finir, est-ce que vos lecteurs étaient satisfaits ?
– Oui, ils étaient très satisfaits de l'échange, il faut bien le dire, le président est très à l'aise dans ce dialogue direct, qu'on avait choisi vraiment d'être le plus direct possible avec une quinzaine de lecteurs, questions-réponses, possibilités de rebondir. Donc je pense qu'ils ont apprécié cet échange. Évidemment, même en deux heures, deux heures et demie, le président ne peut pas aller jusqu'au bout des détails. Je pense que de toute façon, son but n'était pas d'aller jusqu'au bout des annonces étant donné qu'il continue son Tour de France et qu'il doit faire les propositions réelles au début d'année 2026.
Donc il reste un petit peu de frustration, y compris pour le journaliste que je suis qui aurait bien aimé rebondir. Mais là, l'idée vraiment, c'était de privilégier l'échange avec les lecteurs et de ce point de vue-là, je pense qu'ils ont eu toute satisfaction.
– Merci Julien, merci beaucoup d'être venu nous en parler. C'est la une évidemment de la Voix du Nord, il n'y a pas de liberté sans responsabilité. Propos hier d'Emmanuel Macron avec vos lecteurs. Merci beaucoup Julien et à la semaine prochaine, en vrai, sur le plateau. Merci Julien. Allez, on va passer à notre débat d'éditorialiste. Et une semaine après l'assassinat de Médic et Sassi, Gérald Darmanin et Laurent Nunez sont aujourd'hui à Marseille et son frère, dans un témoignage poignant, appelle à passer des mots aux actes. On voit ça avec Gaël Fonseca.
– Il ne s'agit pas d'un crime d'avertissement,
il s'agit d'un crime, un crime politique, un crime de lâches qui ont assassiné un jeune innocent. Ne lâchons rien et cette fois, allons au bout des choses,
menons le véritable combat dans la lutte contre le narcotrafic.
– Quelques heures avant cette interview d'Amine Kessassi, frère de Médic et Sassi, assassiné en plein jour à Marseille, la même demande d'aller plus loin dans la lutte contre le narcotrafic a résonné dans le Sénat. Après une minute de silence en hommage au jeune homme.
– Je vous demande un moment de recul.
– Sur le narcotrafic et ses victimes, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a été interpellé par deux fois ce mercredi dans la Chambre haute. – Notre pays a laissé prospérer le narcotrafic parce qu'il se est déroulé dans des quartiers populaires que personne ne veut regarder.
– La loi sur le narcotrafic de juin 2025, elle est bancale. Il lui manque une suite, la partie prévention, l'aide aux familles des victimes, la prise en charge des mineurs non accompagnés.
– Il n'a pas nié l'imperfection de cette loi, mais a tenu à répondre en rappelant les efforts répressifs de l'État qui auraient permis de diviser par deux le nombre d'homicides entre 2024 et 2025.
– Nous gagnons des batailles, mais la guerre est loin d'être gagnée et comptez sur la détermination du ministre de l'Intérieur que je suis pour poursuivre ce combat.
– Accompagné par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, Laurent Nunez se rend aujourd'hui à Marseille pour rencontrer la famille Kessassi. Son combat est aussi porté par le président, qui a fustigé de nouveau, lors du Conseil des ministres, les consommateurs.
– C'est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotraffics. Et on ne peut pas déplorer d'un côté les morts
et de l'autre continuer à consommer le soir en rentrant du travail. – Emmanuel Macron a ainsi insisté sur la nécessité d'une politique de prévention et d'une action aussi bien très locale que mondiale. – Et on va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martichoux, merci d'être avec nous. Bonjour Mickaël Darmanin, merci également d'être là. – Bonjour, Mickaël Darmanin, on a entendu les mots très forts d'Amine Kessassi et les déclarations hier devant les sénateurs de Laurent Nunez. Mais quand on voit ce qui s'est passé à Marseille, cet assassinat en plein jour de Médic et Sassi, est-ce qu'on ne se dit pas finalement que l'État est aujourd'hui impuissant face à ce narcotrafic ?
– C'est-à-dire que quand on voit ce qui se passe à Marseille, on comprend ce qui se passe en Europe. C'est-à-dire que vous avez déjà des pays du nord de l'Europe qui sont pratiquement déclarés comme des narco-États, qui sont des plateformes, des plaques tournantes d'un trafic de drogue qui est effectivement mondialisé et qui a rendu totalement poreuses les frontières des démocraties, les systèmes démocratiques, qui a développé un système de corruption à grande échelle parce que pour pouvoir proliférer au niveau où il prolifère, il faut être capable de pouvoir avoir dans sa poche des juges, des policiers, des douaniers, des autorités portuaires. C'est considérable.
C'est-à-dire qu'on va sans arrêt, bien évidemment, parce qu'on est sur l'événement dramatique de Marseille avec cette famille décimée par justement le trafic de drogue, par là maintenant également les mutations des comportements du banditisme et de la mafia qui font maintenant des exécutions pour l'exemple. Donc on est totalement, de ce point de vue-là, atterrés. Mais l'ensemble du problème ne peut pas se résoudre par une action à Marseille. Combien de fois encore on va avoir, c'est la douzième visite présidentielle et ministérielle de manière générale, pour expliquer à quel point Marseille est une priorité. Mais ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible.
Donc ce ne sont pas des moyens en plus qui vont faire qu'on aura moins d'avancées, de proliférations du trafic de drogue. Et c'est effectivement une concertation mondiale. C'est un travail au niveau de la communauté internationale. C'est une mobilisation générale, vraiment, et de toute la communauté internationale pour essayer de juguler tous les aspects de ce phénomène qui est le vrai danger pour les démocraties aujourd'hui.
– Elisabeth, avant de vous faire réagir, on va écouter Jordan Bardella, le président du RN qui fustige la politique du gouvernement en la matière.
– Je pense qu'on ne luttera pas contre le trafic de drogue et qu'on ne ramènera pas la paix civile dans les banlieues françaises en faisant des réunions et en réitérant des déplacements qui ont déjà été faits des dizaines de fois. Les opérations antidrogues avec, évidemment, comme emblème Marseille ont déjà été menées des dizaines de fois par le gouvernement. Et on a un gouvernement qui est aujourd'hui démissionnaire, qui est incapable de protéger les Français et qui vit en matière pénale dans une forme d'angélisme.
– Gouvernement démissionnaire, Elisabeth ? – Alors je trouve ça assez irresponsable, enfin bon, c'est le jeu de l'opposition. Vous savez, j'ai regardé quel pays avait réussi à juguler le trafic de drogue. Voilà, c'est le benchmark, comme on dit, la comparaison. Vous n'en avez pas, en tout cas pas de démocratie. – Merci. Alors vous avez la méthode forte en Amérique latine, ce sont des guerres civiles, c'est l'armée qui investit des quartiers, qui tue des narcos, il y a des exemples célèbres. Il y a quand même une immense humilité, c'est pour ça que je dis, c'est un peu irresponsable de tout de suite parler de gouvernement démissionnaire.
Quel gouvernement a réussi à faire plier le narcotrafic ? Il y a eu, par exemple en Italie, au pire moment de la mafia, dans les années 70, 80, ils connaissent ça depuis longtemps, avant nous. Il y a eu des succès, avec des mobilisations, mais après des traumatismes extraordinairement profonds. Mais donc aujourd'hui, on a du narcoterrorisme, on a des cartels, on n'a pas complètement un narco-État, parce que narco-État, ça voudrait dire que tous les circuits de l'État sont rongés par la corruption financée par le narcotrafic, mais on est un seuil d'alerte. Et alors… Il y en a, c'est ce que le montraient les sénateurs.
Voilà, pour le plaisir du débat avec Michael, c'est toujours un plaisir, je dirais qu'aller à Marseille, ce n'est pas non plus complètement absurde, parce que la ville est traumatisée, traumatisée par ce qui s'est passé dans ces cas-là. Voilà, c'est aussi le rôle du politique d'aller là où la population… Mais comme vous avez raison, le général Darmanin, les opérations XXL, qui peut dire, voilà, ça a nettoyé, c'est revenu tout de suite, parce que la partie est inégale. Donc c'est un problème de justice, de police, de société. Oui, on a raison de maintenant en appeler aux consommateurs. Oui, on ne peut pas être… Vous aviez tout à l'heure le maire de Grenoble sur votre plateau.
Je veux dire, on ne peut pas réduire la question à un enjeu de santé publique. C'est un enjeu de santé publique, évidemment. Mais enfin, c'est bien au-delà de ça. C'est une petite partie du tout qu'il faudrait pouvoir… Oui, et on va l'écouter, parce qu'on va la transition. Oui, Elisabeth, on va l'écouter, Éric Piolle. Le maire de Grenoble qui, effectivement, fustige les politiques qui ne marchent pas, selon lui. C'est du laxisme, a-t-il même dit ? On l'écoute. La réalité, c'est que nous sommes en échec. La société française est en échec. Les ministres de l'Intérieur successifs sont en échec. Nous répétons la même stratégie.
Le discours, c'est fermeté, tolérance zéro, comme s'il y avait quelqu'un qui voulait un peu de tolérance pour le narcotrafic. Je pense vraiment qu'il faut une légalisation contrôlée pour casser la moitié du chiffre d'affaires, d'une part, pour collecter des recettes aussi qui permettent de faire de la prévention, et puis avoir une stratégie de santé publique. C'est-à-dire qu'on oublie, là, en fait, on lutte, mais il y a de la demande. Le tout répressif ne marche pas, c'est ce qu'il dit. Il faut plus de prévention, il faut dépénaliser le cannabis.
Et le tout prévention ne marche pas non plus. De toute façon, ils sont en échec aussi, les écologistes, depuis à peu près aussi longtemps que les autres qui sont fustigés. Ce qui est intéressant, c'est qu'à la fois, en écoutant Jordan Bardella et en écoutant Éric Piolle, on voit bien que tout le monde est à l'ouest. Tout le monde est en dehors du sujet. D'abord, Jordan Bardella, qui immédiatement a dit qu'on ne remettra pas la PCV dans les banlieues françaises. Ce n'est pas du tout dans les banlieues.
Aujourd'hui, justement, il faut réviser ces fiches, parce que la mutation aujourd'hui du trafic de drogue, justement, ce qui est nouveau, c'est que c'est dans tout le pays, y compris dans les petites villes. D'ailleurs, moi, ce qui me frappe, c'est que pour la première fois, et c'est montré à quel point, au fond, c'est un vrai sujet aujourd'hui qui est vraiment maintenant, comme on dit, au sommet de l'agenda. On discute en ce moment, évidemment, du congrès des maires. C'est la première fois, depuis qu'on suit ce rassemblement, que la question du trafic de drogue est au cœur de toutes les préoccupations des maires qui sont venus, des lanceurs d'alerte.
C'est la première fois qu'on voit que ce rassemblement des édiles sur l'ensemble du territoire devient la caisse de résonance de l'alerte vis-à-vis du narcotrafic. Donc, c'est le vrai danger de la démocratie. Pardon, on entend le président de la République qui fait son tour de France parce qu'il a besoin de faire son tour de France sur la démocratie 2.0. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est le narcotrafic. Le sujet, c'est l'escobarisation des villes, avec des centres-villes qui sont aujourd'hui pris en main par les cartels qui offrent de la politique publique à la place.
Escobarisation. Oui, absolument. On vient de le forger. Escobar.
Voilà, ça fait référence à Pablo Escobar, qui était le patron des cartels colombiens à Medellin et qui était adulé parce qu'il faisait des centres sociaux et qu'il offrait des bourses aux élèves défavorisés. Il avait acheté l'adhésion de la population. On a eu ces phénomènes-là à la rentrée scolaire, on l'a eu pendant l'été. On a des maires qui se sont totalement dépassés parce qu'ils ont maintenant des concurrents en termes de politique publique. Et ça, c'est le vrai sujet. C'est le vrai danger. Donc, je crois qu'effectivement, quelles que soient les étiquettes politiques, tout le monde devrait être dans l'humilité parce que tout le monde a échoué.
Oui, alors, on pourrait en tirer la conclusion que, d'ailleurs, c'était formulé par Éric Piolle sur votre plateau tout à l'heure. Il dit qu'il y a un consensus sur le narcotrafic. Si il y a un consensus, mettez-vous d'accord, les gars. Mettez-vous autour de la table. Et puis, allez interpeller. Au lieu de dire que tout le monde est nul et ce sera mieux quand nous, on sera en pouvoir. Il y a urgence, vous l'avez dit. Il ne faut pas attendre. Et donc, sur ce sujet, je trouve que faire de la politique, politicarne, ça n'est pas responsable. Pour la raison que vous avez dite, parce qu'effectivement, c'est l'enjeu, c'est la menace.
Alors, je ne suis pas d'accord avec vous, les réseaux sociaux aussi. Et d'ailleurs, TikTok, c'est comme ça aussi qu'on se radicalise par TikTok. La radicalisation, l'islamisme, elle est financée par le trafic de drogue. Tout est dans tout et réciproquement en ce qui concerne l'islamisme, le trafic de drogue et la déstabilisation des démocraties. Donc, les réseaux sociaux, c'est un enjeu. Mais le trafic de drogue, c'est aussi un autre enjeu mondial et qui vraiment risque aussi, on est pris là, on est tôt, et risque aussi de nous déstabiliser. Mais mettez-vous d'accord ? Arrêtez de vous renvoyer la balle, de vous traiter d'irresponsable. On est tous, on est tous responsables.
Alors, peut-être qu'on peut dire, ben voilà, la société, elle est pointée du doigt parce que les politiques ont échoué. Oui, peut-être, mais ce n'est plus la question. Il y a urgence. Donc, arrêtez d'accuser l'irresponsabilité de l'État. Quand on est au gouvernement, arrêtons aussi d'être dans l'incantation et dans la communication. Il faut aller au-delà. Ce sont des sujets qu'en tant que citoyen, on ressent très fortement, comme vraiment étant majeur, urgent, et on a le sentiment qu'on est toujours dans ce théâtre politique qui nous fait perdre du temps. Et c'est assez rageant, franchement.
Oui, oui, chacun est dans sa punchline. Là, on en a entendu deux. Il y a évidemment la phrase du président de la République qui pointe des sièges, les bourgeois des centres-villes. Mais dans ces cas-là, il pourrait aussi parler de, je ne sais pas, des gens du spectacle, des gens de la politique, qui n'a pas eu un jour son affaire. Mais ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien.
On va parler du budget dont le gouvernement tente de se dépêtrer. Les débats compliqués au Parlement, à l'Assemblée nationale, au Sénat. Le budget de la Sécurité sociale est arrivé hier. On va écouter deux présidents de groupe RV Marseille pour les centristes et Patrick Cannaire pour les socialistes.
Il n'y a aucune raison de se soumettre à l'Assemblée et au budget délirant qui nous est arrivé. Nous allons réinstaller la réforme des retraites car rien n'a changé. Nous avons toujours une démographie dégradée. Nous avons un besoin de financement. Donc, il n'y a aucune raison de retirer cette réforme. Nous, nous allons rentrer en résistance avec un front très unitaire avec nos collègues communistes et verts.
Ce n'est pas gagné pour le compromis.
Ah non, non, ce n'est pas du tout gagné pour le compromis. Le compromis qui est devenu un petit peu, d'après les quelques commentaires qu'on a pu entendre ces derniers jours, c'est assez juste comme remarque de dire qu'au fond, le terme, la démarche du compromis, c'est devenu un peu le nouveau, quoi qu'il en coûte. Et de ce point de vue-là, oui, c'est maintenant le mot magique, le mantra de Sébastien Lecornu parce que c'est aussi sa manière de son assurance vie pour pouvoir donc avancer. Mais on voit bien qu'avec surtout maintenant le passage aussi au Sénat, on ne va pas aller vers une évolution positive.
Donc il y aura à un moment donné un rapport de force institutionnel et on ne peut pas dire comment ça peut se terminer en fait. En réalité, voilà, je pense que c'est…
– Et Elisabeth, il y a le Sénat qui veut détricoter la suspension de la réforme des retraites qui n'est pas d'accord. À l'Assemblée, ils sont sur la partie recette. Vous avez le socle commun qui refuse de la voter en État, qui fustige le budget. Et vous avez les socialistes qui disent « Nous, on votera contre ». Il ne va pas s'en sortir Sébastien Lecornu ? – Ça paraît difficile. Il a tout misé effectivement sur le Parti socialiste, comme vous le disiez, pour trouver un compromis, un partenaire, pour faire passer un budget.
La difficulté, c'est qu'on a bien vu que 40 milliards de recettes qui ont été votées, dont certaines sont déjà jugées inacceptables par le Conseil constitutionnel ou le Conseil d'État. Alors là, on est dans la fête, je ne sais pas comment on peut appeler plus ça. – On voit ce coup. – Voilà. Merci, Henrianne. Donc, effectivement, je crains que Sébastien Lecornu échoue dans son objectif de faire passer un budget après avoir retiré le 49-3, accepté la suspension de la réforme des retraites, fait des concessions sur le gel, sur l'année blanche qu'il voulait imposer, qui a été donc éliminée, entre guillemets, par l'Assemblée.
Je pense que tout ça aura été vain, parce qu'on voit bien, par exemple, chez Horizon, les partisans d'Edouard Philippe, ils sont de moins en moins enclins. Ils avaient dit, on jouera, on fera valoir nos convictions pendant la discussion, et puis à la fin, oui, on aidera le gouvernement. Ça n'est plus du tout l'humeur. – Édouard Philippe est en tête, hein ? – Oui, Édouard Philippe est en tête. – Il commence à dire, nous, on ne veut pas être embarqués dans cette irresponsabilité. Donc, loi spéciale, c'est un petit peu ça qui va nous arriver. On le disait déjà sur ce plateau, qui va voter ce budget à la fin ? – Je suis très peu probable qu'il soit adopté. Donc, voilà. Mais c'est pas…
Bon, tout ça ne donne pas un spectacle à nouveau. – Non ? – On cherche des raisons de son réconforté.
– Il faut s'attendre, effectivement, à des coups de théâtre. Alors, soit, effectivement, ça se termine en loi spéciale, mais c'est au fond la moins bonne des mauvaises solutions, parce que ça veut dire que ça bloque toutes les politiques publiques. Ça permet juste de faire le fonctionnement minimal, mais toutes les dotations publiques sont bloquées. Et ça, c'est maintenir une forme de paralysie, notamment pour les collectivités. Les ordonnances, ça sera vécu comme étant une forme de trahison, mais impisalée. Et puis, il peut y avoir encore le coup de théâtre de décider, d'utiliser, par un superfuge, quelconque, le 49-3 à nouveau.
Quand on parle comme ça un peu dans les murmures et qu'on écoute un peu les murmures des socialistes, ils suggèrent comme ça, un peu subliminalement, en disant au gouvernement, bon, s'il faut passer, remettez un peu de 49-3, voilà, on dira ce qu'il y a à dire, mais au moins, on aura l'essentiel. Pourquoi ? Parce que tout cela, on le sait bien, malheureusement, toutes les postures aussi existent à l'aune de 2027, à l'aune de la campagne présidentielle. Et du côté des socialistes, on essaye de dire, il faut quand même donner du temps, faire en sorte que Sébastien Lecornet ait du temps pour que l'on puisse, nous, construire un programme.
parce qu'on ne peut pas repartir, là, dans le contexte veille des élections législatives, municipales, repartir et s'exposer à la colère, bien sûr, des électeurs. Donc, il y a quand même une course de posture. Voilà, et quand on entend Patrick Cannaire qui nous allons rentrer en résistance, on a bien compris que c'est le mot de la posture absolue. Voilà, parce que ça veut dire que derrière, on va continuer à négocier.
Vous le disiez, se tient cette semaine le Congrès des maires de France et devant ce Congrès, devant ces maires, s'est exprimé le chef d'État-major des armées qui, dans une situation internationale compliquée, a tenu des propos plutôt alarmistes. On va l'écouter. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. Ils sont forts, ces propos. Si on n'accepte pas de perdre ses enfants. Alors, la difficulté, il a raison, il a tort. On n'a jamais raison de ne pas être compris.
Et c'est, on voit bien le signal d'alarme, ça fait des semaines depuis qu'il a été nommé par Emmanuel Macron. Il dit, d'ailleurs à l'instar des services secrets allemands, que la menace, elle existe d'ici trois ou quatre ans, pourrait être attaqué. Ce n'est pas rien. Mais là, disons que la fibre militaire a pris le pas sur tout le reste et sur la nécessité d'être compris. Et quand on voit les réactions, parce qu'encore une fois, on voit bien le signal d'alarme, la façon très tranquille de faire passer un message extrêmement violent pour beaucoup de Français.
Il va être applaudi par tous ceux, tous les fans d'Amélie, mais pas seulement, tous ceux qui effectivement estiment qu'on est trop naïf avec Poutine et qu'il faut être dans le rapport de force, et dans le rapport de force collectif, national. Nous n'en sommes pas. Nous n'en sommes pas encore, même si on a beaucoup, beaucoup pris la mesure quand même de la menace. Mais nous n'en sommes pas. Et on le verra à la présidentielle d'ailleurs. Les discours sur la Russie seront très divergents. Mais néanmoins, encore une fois, ça ne sert à rien de ne pas se faire passer un message qui n'est pas perçu comme tel. Et je pense que là, il y a un risque pour lui.
Et le chef d'état-major de la Marine, qui est un peu sur la même tonalité, il était ce matin sur RTL, il appelle à prendre conscience du contexte géopolitique tendu. La France n'est ni en guerre ni en paix.
Oui, c'est le cas effectivement de beaucoup de pays occidentaux en ce moment, et même ailleurs, où on est dans un moment premier quart qui va se terminer bientôt. En tout cas, on passe le premier quart d'un nouveau siècle, une nouvelle époque qui est extrêmement déstabilisée, où la violence est devenue partie prenante maintenant dans les relations internationales, où on voit bien de très grandes mutations et de pays qui sont aujourd'hui dans une logique de revanche historique, de vindictes et d'effectivement déstabilisation assumée du camp démocratique.
Mais je trouve que quand même, pour autant, pour tout tout calme effectivement, et dire de manière pondérée des choses aussi fortes, c'est quand même, je dirais, un manque de sensibilité à l'égard de la communauté nationale, parce qu'on ne peut pas décréter le patriotisme et l'union sacrée en disant « vous allez perdre vos enfants par la peur ». Par la peur. Je pense que c'est effectivement une grande maladresse, premièrement. Et deuxièmement, c'est, je dirais, un piètre projet pour la jeunesse française que de tout simplement décider qu'elle soit destinée à être sacrifiée à l'armée.
Et puis, c'est aussi, ou alors c'est aussi une information, c'est que maintenant, ça veut dire que les jeunes appelés seraient en première ligne, puisque je crois qu'on est quand même dans une armée de métiers encore. Donc, ça voudrait dire qu'on aurait changé de mode de conscription. Bon, c'est un immense ratage.
– Merci. – Voilà, vous êtes d'accord. – Merci. On va terminer par un sujet beaucoup plus léger. L'histoire du jour, c'est celle de Saturnin. Saturnin, c'est un taureau fugitif. Alors, ça se passe à Aufermont, près de Belfort. – C'est pas un canin. – Et non, c'est une bonne référence, Elisabeth. Alors, l'animal s'est échappé deux fois de sa bétalière. Alors qu'il venait d'être acheté par un boucher, avait-il conscience qu'il se dirigeait vers l'abattoir ? Le mystère reste entier. Le fait est que, devant sa détermination, le boucher décide de le crassier. Une telle bravoure et soif de vivre méritent d'être respectée, a-t-il dit.
Alors, la bête n'était pas tirée d'affaires pour autant parce qu'elle aurait pu être achetée par un autre boucher. Mais la vidéo de sa divagation et de sa fugue a fait le tour du pays. Elle arrive jusque dans la Sarthe, où une association qui s'appelle les Meureuses, sauf des bovins destinés à l'abattoir, Gwendoline de cette association, pervient à convaincre le boucher de lui vendre l'animal. Vu le prix, une cagnotte en ligne est lancée. Les fonds sont récoltés en quelques jours. Et conclusion, Saturnin va donc couler des jours. Vous voyez qu'on sait se mobiliser quand il faut.
Vous voyez que les réseaux sociaux, ce n'est pas forcément négatif.
Et voilà. On termine vraiment que sur du positif. Merci à tous les deux. Merci d'avoir été avec nous cet après-midi. Vous suivrez en direct sur notre antenne la séance de clôture du Congrès des maires de France avec les discours de David Lissnard et de Sébastien Lecornu. Et on en parlera évidemment demain dans cette émission. À demain. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.