Valérie Pécresse : "Les décisions budgétaires du gouvernement sont injustes et bricolées"
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France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la présidente de la région Île-de-France, membre du parti Les Républicains, à la tête du mouvement libre, au pluriel, avec un point d'exclamation. Intervenez au 01 45 24 7000 sur l'application France Inter et les réseaux sociaux. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. La démission de Nicolas Hulot est à la une de toute la presse ce matin. Quelques titres, la tempête Hulot dans le Parisien, écologie, mission impossible, demande la croix.
Pourquoi Hulot a raison dans Libération Plus Politique, l'opinion sur les limites du macronisme, la rentrée de Macron est polluée pour le Figaro, Macron n'a plus d'alibi selon l'humanité. Cette démission hier en direct dans ce studio dit quoi, selon vous, des engagements écologistes de ce gouvernement, de ses choix, de son idéologie ? D'abord, j'ai eu l'occasion de dire que j'étais triste de la démission de Nicolas Hulot. J'étais triste parce que, au fond, ça a été un ministre sans sectarisme, un ministre qui cherchait le consensus au service de conviction et d'ambition qui était très forte.
Et je crois qu'il l'a dit lui-même, il n'a pas accepté d'avoir à faire des compromis, de n'avoir que des demi-victoires à annoncer sur le volet écologique. Moi, je me souviens d'un certain nombre de couleuvres qu'il a dû avaler. Je pense par exemple à la fin de la prime pour le vélo électrique ou bien à l'introduction de l'huile de palme dans les carburants. Moi, j'ai dit qu'en Ile-de-France, par exemple, nous n'accepterions pas de carburant à l'huile de palme dans les bus de l'Ile-de-France.
Donc, on voit bien qu'il n'a pas pu imposer tous ses choix et je pense que lui-même n'a pas supporté ce qu'était la dureté du combat politique, c'est-à-dire en réalité d'avancer par petits pas, d'avoir des demi-victoires et d'avoir autant de déceptions.
Est-ce qu'il est à la hauteur du job ? Est-ce qu'au fond, une personnalité comme celle de Nicolas Hulot peut se marier avec les exigences de compromis d'un ministre ?
La société civile, c'est toujours une prise de risque quand elle rentre dans un gouvernement, mais en même temps, c'est un enrichissement. Et je pense que Nicolas Hulot apportait clairement un enrichissement à ce gouvernement. Et effectivement, on peut se poser la question, est-ce que c'est la fin des ambitions écologiques de ce gouvernement ? Alors, sachant que moi, je plaide pour une écologie positive, une écologie qui n'est pas de la décroissance, une écologie qui se réconcilie avec le progrès technique et qui n'est pas une écologie qui punit, qui interdit et qui taxe. Je rappelle que vous voulez rouvrir les voies sur berge à Paris, Valérie Pécresse, dans un scénario. C'est inexact, M.
Demorin. Permettez-moi de dire que je n'ai jamais été contre le principe de la fermeture des voies sur berge. Mais en tout cas, ce qui existe aujourd'hui ne vous convient pas. Si vous me permettez de le dire, j'ai fustigé la méthode et la brutalité de la méthode de fermeture qui a conduit à déplacer la pollution au lieu de la baisser et qui, socialement, a été extraordinairement dure à vivre, notamment pour les habitants de la banlieue. Et j'avais suggéré que l'on réserve les voies sur berge pendant quelques années à des véhicules non polluants. Et si on avait fait ça, permettez-moi de vous dire que ça aurait eu...
Les voitures, de toute façon, dans ce que vous avez appelé une rue, on transforme ces quais-bas à Paris en une rue. Non, non, mais avec des véhicules non polluants, pardon de vous le dire, mais la pollution de l'air se nourrit de la pollution des véhicules thermiques. Et si on avait laissé les voies sur berge ouvertes à des véhicules électriques et non polluants, d'abord, il n'y aurait pas eu de bruit, il n'y aurait pas eu de pollution, et il y aurait eu un pouvoir transformant sur le parc de véhicules. Parce que lever la vérité aujourd'hui, c'est que ce qu'il faut, c'est une aide au remplacement des véhicules polluants en Ile-de-France.
Ça ne sert à rien que les Français gardent leur voiture et qu'ils aillent se mettre dans des embouteillages aux portes de Paris, M. Demorand. Il ne faut pas prendre à un moment des décisions fermes, peut-être dures, radicales, mais qui ont au moins le mérite, c'est ce que disait aussi Nicolas Hulot à ce micro hier, la politique des petits pas, a-t-il dit, nous a conduits où nous en sommes, et il espérait que son geste, le fait de démissionner, puisse réveiller les consciences. Donc, ce que vous appelez l'écologie positive, qui consiste donc à rouvrir, selon votre scénario, les voies sur berge, est-ce que ça suffit ? Aux véhicules propres, qui ne polluent pas et qui ne font pas de bruit.
Aujourd'hui, ce sont les piétons. Est-ce que ça suffit ? Mais la question, M. Demorand, c'est est-ce que vous voulez lutter contre l'urgence qui est la pollution de l'air ? Et est-ce que vous voulez lutter efficacement ? Moi, je lutte efficacement. Je lutte efficacement, par exemple, en ouvrant, et c'est ce qu'on va faire dès cet automne, en ouvrant les bandes d'arrêt d'urgence des autoroutes au covoiturage. Parce que le sujet, c'est qu'on ait moins de voitures sur les routes. Et le sujet, c'est qu'on ait aussi une économie décarbonée. Mais vous savez, la sobriété, M. Demorand, elle peut être heureuse. Et la croissance, elle peut être sobre. Le sujet, on a décrédibilisé l'écologie.
Vous citez Pierre-Raby. C'est une référence pour vous, Pierre-Raby, la sobriété heureuse ?
On a décrédibilisé l'écologie en la rendant punitive et en la rendant aussi socialement discriminante. Parce que ceux qui ont des véhicules polluants, pardon de vous le dire, ceux qui ont des vieux véhicules au diesel, c'est souvent les plus pauvres. Nous avons la carte de ces véhicules polluants. Et je peux vous dire que c'est en Seine-Saint-Denis, en Seine-et-Marne, que les habitants qui ont le moins de moyens ont les véhicules les plus polluants. Et ils n'ont pas d'autres solutions que de l'économie.
Le nucléaire, Nicolas Hulot hier disait à ce micro, cette folie inutile, vous n'êtes pas d'accord avec lui. Vous êtes toujours pour les 75% ? Vous avez évolué sur ça ? Est-ce que vous êtes pour ramener la part de production de l'électricité de 75% à 50% ?
Mais Madame Salamé, si vous aviez lu la stratégie énergétique de la région Île-de-France, vous auriez la réponse à cette question. Dans un premier temps, nous voulons une économie francilienne décarbonée. Et c'est pour ça que nous travaillons sur le véhicule du futur et sur un véhicule non polluant en privilégiant toutes les technologies.
Donc une économie d'abord décarbonée et une économie qui sort progressivement du nucléaire avec un objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique de l'Île-de-France et de développement à marche forcée des énergies renouvelables, notamment la méthanisation et le solaire, puisque nous avons en Île-de-France, nous sommes les derniers de la classe pour le développement des énergies renouvelables et que nous avons la plus grande capacité de toiture.
Nicolas Hulot a posé la question de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir, faisant référence donc à Thierry Coste qui était présent à la réunion de lundi soir de l'Elysée. Est-ce qu'il se pose la question, il dit c'est une question de démocratie, qui gouverne, qui a le pouvoir ? Est-ce que vous trouvez vous aussi qu'un lobbyiste n'a rien à faire dans une réunion à l'Elysée ?
Mais les lobbies ont toujours existé d'une manière ou d'une autre et Nicolas Hulot a été un lobbyiste, lobbyiste des idées écologiques. Le sujet n'est pas de la présence des lobbies, ils ont toujours existé, ils existeront toujours. Le sujet c'est comment est-ce qu'on fait preuve de discernement vis-à-vis des demandes de chaque lobby et quel choix politique ? Comment on fait quand on est une femme politique ? Léa Salamé, et quel choix on fait par rapport au lobby ?
Quand je dis qu'il faut diversifier le mix énergétique de l'île de France et réduire la part du nucléaire, effectivement je suis appelée par ceux qui sont pour le nucléaire à fond et qui ne veulent pas entendre parler du risque que pourrait présenter un accident nucléaire. Quand je dis que je souhaite, quand je fais aujourd'hui, et c'est la première région d'Europe à le faire, une étude pour vérifier la pollution des bus diesel, pour vérifier qu'il n'y a pas des pollutions excessives des bus et qu'on ne nous a pas menti sur les émissions des bus diesel. Quand je lance cette étude, je suis la première à le faire.
Est-ce que vous croyez que je n'ai pas derrière des lobbies qui me disent « Oh là là, il ne faut surtout pas aller vérifier que les bus diesel ne... » Mais bien évidemment, il faut savoir résister aux lobbies, mais il faut aussi savoir écouter les lobbies, parce que les lobbies ne sont pas tous des lobbies qui ont des mauvaises idées. Je pense par exemple à un certain nombre de mouvements qui ont défendu les droits des malades, je pense à un certain nombre de mouvements qui ont défendu certains progrès. Donc il faut les écouter.
Le lobby n'est pas un gros mot forcément.
Mais de toute façon, vouloir tuer les lobbies, c'est vouloir tuer les groupes d'influence. Il y aura toujours des groupes d'influence en politique. Le sujet, c'est de ne pas se laisser influencer. Venons-en à quelques dossiers économiques et sociaux de cette rentrée. Edouard Philippe a annoncé que les pensions de retraite ne seraient revalorisées que de 0,3% en 2019 et 2022, bien en deçà donc de l'inflation. Après la CSG, Valérie Pécresse, diriez-vous, désolé pour l'expression, que les retraités sont les vaches à lait du gouvernement ? Je crois que les décisions budgétaires du gouvernement sont des réponses injustes et bricolées à une vraie demande d'augmentation du pouvoir d'achat.
Et quand je dis réponses injustes et bricolées, c'est pour trois raisons. D'abord parce que, vous l'avez dit, on charge une nouvelle fois la barque sur les retraités, mais aussi sur les familles après le quinquennat Hollande. Ensuite, on ne fait que la moitié du chemin en matière de pouvoir d'achat, puisque moi j'ai réclamé la défiscalisation totale des heures supplémentaires, pas seulement la suppression des charges sociales, mais aussi la défiscalisation à l'impôt sur le revenu. Et puis, la dernière chose, c'est que le gouvernement recourt à des expédiants, parce que ce qu'il fait, c'est du rabot. Il rabote les retraites, il rabote les allocations sociales.
Alors ce qu'il faudrait qu'il fasse, c'est de la réforme. La réforme, c'est la baisse durable des dépenses de l'État, des dépenses de retraite ou des dépenses d'assurance chômage. Et moi, je plaide avec Libre pour des réformes. Et j'ai le courage de dire, M. Demorand, que oui, un jour, il va falloir demander aux Français de travailler plus longtemps, jusqu'à 65 ans. Oui, un jour, il va falloir proposer la dégressivité des allocations chômage. Mais pour moi, la dégressivité des allocations chômage, c'est en fonction de la durée de cotisation.
Parce que ce n'est pas du tout la même chose que de se retrouver licencié au bout de 18 mois et de se retrouver licencié au bout de 30 ans de vie active.
Malgré les rumeurs de ces derniers jours, le gouvernement a confirmé que le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu entrera en vigueur au 1er janvier prochain. Beaucoup de Français s'inquiètent de l'impact, de l'effet ressenti sur leur pouvoir d'achat. Est-ce que tout de même, vous dites ce matin que c'est une bonne mesure qu'il faut le faire ?
Moi, je n'ai pas compris pourquoi on n'avait pas tout simplement généralisé la mensualisation. La mensualisation, aujourd'hui, il y a 80% des Français qui sont prélevés mensuellement. Je pense qu'il aurait fallu passer à une mensualisation systématique et obligatoire. Et ça aurait évité de venir, j'allais dire, s'immiscer dans la vie privée des Français. Aujourd'hui, tous les patrons vont savoir combien gagne votre conjoint, combien vous avez d'enfants. Enfin, ils vont avoir accès à des informations qui sont de la vie privée. L'impôt sur le revenu en France a toujours été familialisé. Il est très individualisé. Et on voit que cette retenue à la source, c'est vraiment une usine à gaz.
Et ma peur, c'est vraiment qu'il y ait une rébellion du pouvoir d'achat. Parce que quand les Français vont voir net, net combien les impôts leur prélèvent, eh bien, ils vont se dire qu'on est malade de nos impôts. Nous sommes champions du monde des prélèvements de toute nature, des taxes, des impôts. Et en tout cas, je vais vous dire, ça va faire un massif mouvement contre le gaspillage et pour la réforme de l'État. Et dans ce domaine... Donc c'est un mal pour un bien, finalement. Mais dans ce domaine... Enfin, non, parce que ça va, à mon avis, à court terme, susciter une énorme bronca et qui va évidemment crisper la société française.
Mais je pense vraiment que sur cette réforme de l'État, tout a été écrit. Le gouvernement a encore reçu un rapport Cap 22 qu'il tient, évidemment, secret. Mais dans lequel il y a énormément de pistes de réforme. On arrête les doublons. Je vous donnais un seul exemple. Le tourisme. On a des chiffres records du tourisme. Qui est-ce qui fait le pass Navigo pour les touristes ? Qui est-ce qui fait les commissariats mobiles pour les touristes ? Qui est-ce qui fait Visite Paris Region ? C'est la région. Donc à quoi serve l'administration nationale du tourisme ? Et dans tous les domaines, si on pouvait supprimer des dépenses de l'État...
Vous savez, quand j'étais ministre du budget, j'ai baissé les dépenses de l'État en net. C'est possible de le faire. Et pour ça, il faut supprimer. Il faut que l'État lâche prise. Allez, on avance avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter. Mais toutes les solutions sont connues. Elles sont sur la table. Elles sont connues. Il n'y a plus qu'à le faire. Quelques questions politiques, Valérie Pécret, sur la recomposition de la droite. L'année dernière, vous étiez au Mont Mézinc avec... Non. Non, vous n'y étiez pas ? Ah non, désolé. Mais il va vraiment falloir que vous révisiez vos fiches. Mille excuses. Pour la première, je maintiens à ce que je disais.
J'étais au Mont Mézinc au moment de la campagne de François Fillon, puisque à l'époque, Laurent Wauquiez et moi soutenions François Fillon. En tout cas, cette année, vous étiez...
L'an dernier, vous étiez côte à côte avec Laurent Wauquiez. Et cette année... Ou ça ?
Non, attendez, attendez, attendez. Pardon de vous couper. Tous les rendez-vous de l'unité, je m'y suis rendue. C'est-à-dire, tous les rendez-vous officiels de ma famille politique, les Républicains, je m'y suis rendue. D'ailleurs, je n'y ai pas, comme vous le savez, été forcément très bien accueilli. J'étais au Conseil National à Paris, j'étais au Conseil National à Menton. Mais je n'étais pas... Pourquoi seule alors, cette année, la rentrée politique ? Mais parce que c'est un rendez-vous aujourd'hui de Laurent Wauquiez. Nous, nous avons notre rendez-vous. Nous sommes un mouvement associé. Nous réfléchissons à des propositions. À quoi sert Libre ? Libre sert à deux choses. Votre mouvement.
Mon mouvement, qui est un mouvement d'idées. À quoi sert Libre ? Il sert à deux choses. Il sert à proposer des idées. Parce que je pense que nous devons incarner une alternative populaire, non populiste à Emmanuel Macron. Et les Français ont besoin d'espérance. Et pour avoir de l'espérance, il ne faut pas uniquement faire se nourrir des échecs d'Emmanuel Macron. Il faut aussi proposer un programme alternatif. Donc on propose des idées. Et on élargit la droite. On élargit la droite à tous ceux qui, aujourd'hui, sont en retrait des Républicains. Je pense à Dominique Bussereau, le président des départements de France, ou à Xavier Bertrand. Et donc, on essaye de s'élargir.
L'immigration de masse est une menace pour la civilisation européenne, a dit Laurent Wauquiez. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Je crois qu'il ne faut...
Sur l'immigration, le sujet, c'est d'abord notre courage. Le sujet, c'est notre courage à faire appliquer la loi de la République et à faire que cette loi, qui est notre ciment, s'applique partout et pour tous. Oui, Madame Salamé, il y a des territoires de non-droit dans lesquels on a l'impression que la loi de la République s'efface. Derrière la loi religieuse, derrière la loi des cultures d'origine, derrière la loi de la famille. Et ça, on ne peut pas l'accepter.
Mais donc, on doit dire... Sur la phrase, parce que ça va plus loin que certains territoires où la loi ne s'applique pas. La phrase de Laurent Wauquiez, c'est une menace pour la civilisation européenne. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce philosophiquement ?
Ça peut le devenir si nous n'avons pas le courage de faire appliquer la loi. Et je vous donne un exemple, je vous donne un seul exemple. Les étrangers en situation irrégulière. Moi, je crois que l'honneur de la France, c'est d'avoir un droit d'asile et d'accueillir les persécutés du monde entier. Mais la France a le droit aussi d'avoir une politique migratoire. Et de dire qu'elle ne subira pas des migrations forcées, de clandestins, qu'elle ne peut pas loger, qu'elle ne peut pas accueillir, qu'elle ne peut pas intégrer, qu'elle ne peut pas donner d'emploi. Donc le sujet aujourd'hui, il est simple.
Moi, je suis assez favorable, et je pense qu'on y viendra, à ce que lorsqu'il y a des migrants qui arrivent, notamment sur nos côtes, on puisse avoir des centres fermés aux portes de l'Europe, dans lesquels on examine la situation des migrants. Et s'ils sont en situation irrégulière sur le sol français, ils doivent rentrer chez eux. J'ai demandé au ministère de l'Intérieur de publier les reconduites à la frontière.
Et les paroles du gouvernement sont viriles, mais leurs actes sont vraiment singularement faibles, puisque vous parlez de l'Europe, les européennes, c'est bientôt. Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé n'excluent pas, éventuellement, de former leur propre liste aux européennes, qui concurrenceraient celles de LR. S'ils le faisaient, est-ce que vous les soutiendriez, Valérie Pécresse ?
Moi, ma démarche, elle est claire. Aujourd'hui, je pense qu'il faut, là encore, une alternative à Emmanuel Macron, clairement, de droite pro-européenne. On ne va pas laisser à Emmanuel Macron le monopole de l'idéal européen, alors que M. Trump, M. Poutine, la menace terroriste, justement, les flux migratoires incontrôlés, menacent complètement la cohésion de l'Europe. Donc, oui, il faut une liste pro-européenne de droite, et c'est pour ça que je pèse sur la ligne politique des Républicains, ma famille politique. Et c'est pour ça que j'ai proposé un cahier de propositions, parce que Libre est là pour proposer, pour une stratégie d'influence française en Europe.
Nous devons reconstruire l'Europe, mais nous devons avoir une vraie stratégie d'influence que nous n'avons pas eue. Est-ce que Laurent Wauquiez vous entend ? Les énarques ne peuvent pas faire toute leur carrière sans aller à Bruxelles. Les députés européens que nous allons mettre sur nos listes doivent pouvoir parler anglais, doivent connaître les sujets européens. Donc, on a besoin d'une stratégie. Ceux qui ne parlent pas anglais, il ne faut pas qu'ils soient sur la liste, globalement. Ceux qui ne connaissent pas les sujets bruxellois et qui ne sont pas capables de défendre la position de la France sur ces sujets, ne doivent pas être sur la liste. Allez, on va au standard.
Ce n'est pas une liste des recalés du suffrage universel. De France Inter. Bonjour Cyril, vous nous appelez de l'Oise. Bonjour.
Bienvenue. Merci. Bonjour Madame Pécresse. Bonjour. Alors, ma question c'est à quand le pass Navigo gratuit pour tous, mesures écologiques s'il en est ?
Merci Cyril pour cette question. Il y en a énormément sur le pass Navigo. Valérie Pécresse vous répond. Alors, c'est une question qui est extrêmement sensible. Je pense que nous sommes en train de réfléchir sur ces questions de la gratuité. Il se trouve que j'ai créé un groupe de travail sur cette question parce que je ne voulais pas aborder cette question avec des œillères ni des préjugés. Simplement, je mets terriblement en garde contre les idées simplistes et philosophiquement, moi je suis contre, philosophiquement, l'idée que tous les services publics doivent être gratuits. Pourquoi ?
Tout simplement parce que le service public a un coût et que si on ne paye pas ce coût, alors on sera tenté de le dégrader et de dire que le service public n'a pas de valeur. Donc, d'une manière générale, j'appartiens à une famille politique qui est plutôt contre l'idée même que tout doit être gratuit parce que ça n'est pas vrai. Les transports publics en Ile-de-France, c'est un coût chaque année de 10 milliards d'euros. Seulement 3 milliards d'euros payés par les usagers, 7 milliards payés par les entreprises. Qui va payer ? Les transports publics ne seront pas gratuits. Ça, c'est la première chose.
La deuxième chose, c'est qu'au lendemain d'un accident aussi mortel que le viaduc de Gênes, et alors que nous avons eu un accident mortel, tragique, sur les lignes du RERC, le déraillement de Bretigny qui a fait des morts et qui a été la catastrophe ferroviaire la plus grave de l'histoire du train français en 2012, eh bien je dis qu'il faut faire très attention parce que nous avons besoin d'argent. La priorité des transports en Ile-de-France, si nous voulons les développer, c'est qu'ils arrêtent d'être bondés et qu'ils arrêtent d'être vétustes. Et pour qu'ils arrêtent d'être bondés et vétustes, il faut beaucoup d'argent pour les rénover, pour avoir des trains neufs.
Il faut donner envie de transports en commun, M. Demorand. Et ce n'est pas avec des transports bondés qu'on aura plus de personnes qui lâcheront leur voiture. Sur la question du tarif de ces transports en commun, deux interventions. question Christelle sur l'application France Inter. Pourquoi Mme Pécresse, qui dit vouloir préserver le pouvoir d'achat des franciliens, s'est-elle permis d'augmenter le pass navigo de 10% depuis son arrivée ? C'est inexact. Alors attendez, vous allez pouvoir lui répondre. Ça n'est pas très écologique. Josette, Valérie Pécresse qui cite Pierre Rabhi et augmente le pass navigo, incitant ainsi les franciliens à prendre leur voiture.
Pierre Rabhi, lui, ferait des transports propres gratuits. Sur la gratuité, vous nous avez dit ce qu'il en était. Sur les tarifs, maintenant, que répondez-vous à ces deux auditrices d'Inter ? Sur les tarifs, je réponds une chose. C'est que j'ai une situation qui m'a été léguée par la gauche. Avec 480 millions d'euros de trous dans la caisse. 480 millions par an de trous dans la caisse. 480 millions, c'est un tramway par an de moins à construire. Donc je demande quand même à ce qu'il y ait un tout petit peu de respect de la situation.
Le pass navigo unique qui permet à tous les franciliens désormais pour 37,50 euros après le remboursement employeur, 37,50 euros par mois après le remboursement employeur, de se déplacer dans toute l'île de France. Et le pass navigo au tarif le plus faible d'Europe. Et ce pass navigo à tarif unique, que je n'ai pas remis en cause, il y avait 480 millions d'euros de trous dans la caisse. J'ai rééquilibré les comptes et effectivement, j'ai augmenté le pass, non pas de 10%, mais de 5,20 euros, ce qui après le remboursement employeur fait 2,60 euros par mois. 2,60 euros par mois, pour quoi faire ? Pour acheter 700 rames neuves de train et engager un plan de 28 milliards de modernisation.
Voilà donc pour votre réponse aux auditrices d'Inter. Il faut arrêter la démagogie sur cette question. Et par ailleurs, M. Demorand, cette année, j'ai gelé les tarifs du pass navigo parce que compte tenu de la galère qu'avaient vécu les Franciliens au printemps, je ne me sentais pas de l'augmenter à nouveau. Mais j'ajoute que j'ai demandé le remboursement pour les auditeurs qui n'habitent pas en Ile-de-France. Le pass navigo est profondément démagogique. J'ai demandé qu'il y ait un remboursement au lendemain des grèves de 50% du pass pendant 2 mois et je l'ai obtenu de la SNCF. Je me bats pour le pouvoir d'achat des Franciliens et je me bats notamment pour une tarification juste.
Encore une question de Baptiste. Pour ceux qui n'habitent pas votre région, quand même, qui nous écoutent ce matin. Eh bien, les auditeurs qui m'ont appelé peuvent maintenant avoir leur réponse. Une question de Baptiste. Benjamin Griveaux était avant vous au micro de France Inter. Préféreriez-vous l'avoir à la mairie de Paris plutôt qu'Anne Hidalgo ? Mais moi, je ne suis pas un arbre contre des racines. Moi, je suis une habitante de la Grande Couronne. Je l'assume, je l'ai assumé. Je suis là pour défendre aussi tous ces Franciliens qui habitent de l'autre côté du périphérique. Et je ne veux pas qu'on leur dise qu'ils habitent du mauvais côté du périphérique.
Comme un interlocuteur à la ville de Paris. Mon combat aujourd'hui, c'est celui de la cohésion d'un territoire qui est complètement fracturé. C'est pour ça que je demande un plan banlieue au gouvernement. C'est pour ça aussi que j'organise un plan ruralité avec un pacte agricole. Donc moi, c'est ma région aujourd'hui, mon combat. C'est pour ça que j'ai été élu et je ne saute pas d'un mandat à l'autre. Maurice, bonjour. Bonjour, à vous. Vous avez la parole.
Je vous remercie. Donc, vous, bonjour Madame Pécresse. Bonjour. Je vous entendais dire le mot démagogie. Ma question va être simple. Pourquoi le parti LR n'a pas dénoncé la mesure de M. Macron lorsqu'il a supprimé l'ISF, alors qu'au bout d'un an, le ruissellement a complètement échoué ? Et c'est encore une fois les classes populaires qui sont mises à contribution.
Merci Maurice pour cette question. Valérie Pécresse, rapidement, s'il vous plaît, une réponse. Tout simplement parce que nous sommes pour la baisse de tous les impôts, y compris la suppression de l'ISF, ce qui était très maladroit de la part d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas forcément de baisser un impôt dont on sait qu'il fait fuir tous nos entrepreneurs. Ce qui était très maladroit, c'est de le baisser et d'augmenter en même temps, si je puis dire, la CSG sur les classes moyennes et toutes les taxes, notamment les taxes sur le gazoil. La vérité, c'est que nous avons besoin d'une baisse d'impôts massive.
On est champion du monde des impôts, mais il faut que ça touche tout le monde, y compris les plus défavorisés, y compris les classes moyennes. Valérie Pécresse, merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin. Je rappelle que vous êtes présidente de la région Île-de-France et à la tête du Mouvement Libre, avec donc un S et un point d'exclamation. Merci encore.
Valérie Pécresse