Sortie de Disclosure Day : E.T. téléphone standard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Quand Steven Spielberg a fait rencontre du troisième type en 1977, il nous parlait davantage d'intuition que de certitude. Avec E.T., il allait chercher notre imaginaire avec la guerre des mondes. D'après H.D. Wells, il nous démontrait que notre Terre avait quelque chose de tellement unique, au fond, que lorsque les envahisseurs la respiraient, il mourrait. Ce qui ne veut pas dire qu'un autre monde n'existe pas, mais qui nous rassure au moins sur le fait qu'il ne peut pas être exactement pareil que le nôtre. Spielberg n'a d'ailleurs jamais cessé d'interroger notre rapport aux extraterrestres. Et aujourd'hui, que sort Disclosure Day ?
Il est persuadé qu'ils existent et que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Alors de là à aller voir, parmi nous, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Mais avant, cette question quand même nous fascine tous et surtout fascine toujours. Peut-être qu'elle ne cesse jamais d'être en vie. D'abord parce que, je ne sais pas, les progrès technologiques et les multiples observations que nous sommes désormais capables de faire nourrissent encore plus notre imaginaire. Peut-être aussi nous y viendrons parce que le monde est rude et qu'il nourrit aussi des théories que la série X-Files, par exemple, il y a une trentaine d'années maintenant, avait poussé jusqu'au bout.
Les aliens sont là, le gouvernement nous les cache, le fantasme de la zone 51, de l'homme de Roswell est source infinie de fiction. Sans aller jusque-là, encore une fois, qu'y a-t-il de mal à croire que dans cette immensité nous sommes seuls ? Pourquoi ne pas imaginer qu'il y a une autre vie quelque part ? Il y a des gens très sérieux qui regardent le ciel sans imaginer en voir descendre des petits hommes verts, mais qui interrogent ce que le ciel nous montre. Et c'est là qu'on vous attend, pas sur les hommes verts, mais sur ce que notre imaginaire a en tête. S'il y avait une autre vie, qu'est-ce qu'on imagine ? Qu'est-ce qu'on voit ? Qu'est-ce qu'on va chercher quand on pense à ça ?
Qu'est-ce que ça veut dire de ce que nous sommes, au fond ? Que disent nos modèles quand la pop culture nous envoie des extraterrestres qui sont parfois humanoïdes, qui sont des machines, qui sont des entités, qui peuvent être aujourd'hui des IA ? Est-il fou d'imaginer d'autres vies que la nôtre dans l'univers ? Et est-ce que vous voulez y croire ? C'est le Téléphone Sun et soyez les bienvenus.
Le Téléphone Sun, 01 45 24 7000.
Frédéric, soyez les bienvenus. Frédéric, bonsoir. Oui, bonsoir au service public et à vos invités. Alors, la vie est née sur Terre, elle est à peu près sur Terre, à propos de la conjonction de certains éléments chimiques et physiques. Voilà. Or, comme il y a des milliards de galaxies avec des milliards de planètes dans les piliers, il y a les mêmes éléments chimiques et les mêmes conditions physiques de pression de température qui peuvent se mélanger. Il me semble statistiquement qu'il est tout à fait improbable que la vie ne soit pas apparue ailleurs avec ces mêmes éléments qui ont construit la vie ici.
Alors ensuite, savoir quelle forme aura pris cette vie, je pense qu'on a peut-être toute une heure pour essayer de l'imaginer et je laisse pour cela la parole aux autres. Ah ben formidable, merci beaucoup Frédéric, merci pour cette jolie entrée en matière pour discuter ensemble jusqu'à 20h. Il y a Caroline Fraissiné qui est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes chargé de recherche au CNRS en sciences planétaires et astrochimie, au laboratoire atmosphère et observation spatiale. Il y a Hervé Cotin qui est là, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes astrochimiste, professeur au laboratoire interuniversitaire des systèmes astrophériques et à l'Université Paris-Est-Créteil, président de la Société d'exobiologie. Vous nous expliquerez ce que c'est. Vous êtes aussi co-auteur d'un grand livre de l'exobiologie chez Belin Éditions. Il y a aussi Frédéric Courtade qui est là, bonsoir. Oui, bonsoir. Vous êtes le directeur du GEPAN, le groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux par dos non identifiés.
Je voudrais revenir, Hervé Cotin, sur ce que nous dit notre ami Frédéric, notre auditeur, qui dit statistiquement, même éléments chimiques, donc même motif, même punition et même reproduction, si j'ose dire, même conséquence. Et pourquoi, d'ailleurs ? On ne sait pas. Peut-être que ce ne sont pas les mêmes éléments chimiques qui reproduisent la même chose, mais ce qui n'empêche pas que ça peut reproduire une forme de vie, non ?
Alors oui, cette entrée à matière est tout à fait intéressante parce que c'est vrai qu'il n'y a pas de raison de penser que ailleurs dans l'univers, il n'y ait pas les mêmes éléments chimiques. D'ailleurs, on les observe. On sait qu'il y a du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, de l'azote partout dans l'univers. On sait depuis maintenant 1995 qu'autour d'autres étoiles, il y a d'autres planètes, qu'on appelle les exoplanètes, qui se forment, et certaines qui vont être à peu près de la taille de la Terre et vont avoir les mêmes conditions de température parce qu'elles ne sont ni trop loin, ni trop proches de leur étoile. Et on sait que sur Terre, il y a une conjonction de conditions.
On estime que c'est parce qu'il y avait de l'eau à l'état liquide, de la matière organique, c'est-à-dire des molécules à base de carbone et de l'énergie qui a permis de justement lancer l'ingénierie qui fait passer de la chimie à la biologie et donc de la vie. Donc il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas se reproduire ailleurs.
Par contre, pour l'instant, on ne sait pas encore, et la question à laquelle on ne peut pas encore répondre, c'est dans quelle mesure les conditions qui permettent l'apparition de la vie sont des conditions qui sont hyper fines, hyper strictes, le résultat de dizaines, de millions de coïncidences, ce qui ferait que la vie à ce moment-là serait extrêmement rare, ou alors si finalement, dès qu'on a ces trois ingrédients, au liquide, matière organique et énergie, la vie apparaît. Et donc on ne sait pas où mettre le curseur. Mais par contre, on a maintenant une démarche scientifique pour essayer de répondre à cette question.
Ce que je trouve assez fascinant, Caroline Frassiné, c'est qu'à chaque fois qu'on parle de ça, je reviens vraiment sur la question de Frédéric, en fait, ce qu'on imagine, c'est quelque chose qui nous ressemble. En fait, ce qu'on veut imaginer, c'est quelque chose qui nous ressemble. Même de loin, on viendra tout à l'heure à la pop culture et aux images que peuvent nous donner ce qui pourrait venir d'autres planètes, mais quand même, on a envie que ça commence comme nous. On a envie qu'il y ait une espèce de rapprochement qui nous parle, en fait, à chaque fois, dans ce qu'on imagine, non ?
Alors, ça nous ressemble à quel niveau ? C'est vrai que dans l'imaginaire, quand on parle des martiens, on voit des petits hommes verts ou des petits gris, comme dans X-Files. Absolument. Parce que la réticuline, je ne me souviens pas pourquoi j'avais retenu ça, mais je me souviens de l'avoir retenue. Par contre, quand nous, dans la science, on va rechercher des potentiels, traces de vie extraterrestres, on va rechercher des traces de vie qui nous ressemblent, mais au niveau moléculaire.
Hervé le disait, le carbone, l'hydrogène, l'azote, le phosphore, ce sont des molécules qui, on sait, quand elles s'assemblent, quand elles forment de la chimie complexe, parce qu'elles ont des conditions qui sont favorables, peuvent, dans certaines conditions, développer la vie, puisque c'est arrivé une fois sur Terre. Et donc, par certains anthropocentrismes, on va aller rechercher des traces de vie qui nous ressemblent au niveau moléculaire. Et c'est bien normal, non ? C'est un réflexe parfaitement normal, je m'as dit. Alors, c'est parfaitement normal, de toute façon, c'est l'esprit humain également qui va aller rechercher des choses qui nous ressemblent, humainement parlant.
Mais scientifiquement, c'est parfaitement normal parce qu'on va aller rechercher quelque chose de précis. On ne peut pas rechercher la vie. On ne va pas envoyer une sonde et dire, trouve-moi la vie. Il faut rechercher quelque chose en particulier. Qu'est-ce qu'on va rechercher ? Des molécules chimiques qui vont être similaires à quelque chose dont on sait que ça a marché, au moins une fois sur Terre.
Moi, ce qui me fascine, Frédéric Courtade, au fond, c'est que cette fascination fonctionne encore et qu'elle fonctionnera toujours, en fait. Et vous en êtes la preuve, mais vous et tous les gens qui sont ici sur ce plateau, cette question-là est à peu près aussi insondable que l'univers. Donc, elle nous donnera, de toute façon, toujours de quoi discuter.
Oui, c'est un fait, parce que l'émission du Gépan, c'est la collecte, l'analyse, l'enquête sur des cas d'observation qui sont apparus étranges aux gens, qui nous les rapportent. Et dans ces gens qui nous les rapportent, il y en a certains qui manifestent un témoignage d'un vaisseau spatial qui viendrait nous voir et habiter d'extra-terrestres. Donc, voilà, qui viendrait dans notre espace. C'est encore plus exacerbé, je dirais, que la recherche au long terme, puisque là, on s'immisce dans notre proximité.
C'est ça aussi, le fantasme, en fait. C'est effectivement de les voir arriver dans notre proximité. Il faut dire, Frédéric Courtade, quel est le pourcentage des phénomènes qu'on vous signale et qui trouvent une explication ? Et qui la trouvent même assez facilement ?
Assez facilement, je ne sais pas. On arrive à résoudre à peu près 65-70% des cas d'observation que l'on nous soumet. On a 25% de cas qu'on n'arrive pas à résoudre par manque d'informations ou témoignages incomplets ou processus d'enquête qui n'aboutit pas pour diverses raisons. Et parmi ce qui reste, on a à peu près entre 3 et 4% de cas d'observation que l'on n'arrive pas à expliquer et à identifier le phénomène qui a été vu par les témoins.
Est-ce qu'il y a des avancées technologiques justement ou des avancées en termes d'observation qui nous permettent aujourd'hui de comprendre des choses qu'on a pu observer, qu'on a même pu lire dans des récits ou je ne sais quoi ? Aujourd'hui, on sait, oui, évidemment, c'était ça en fait. On sait dire ça. Est-ce qu'on sait débunker, si j'ose dire, au fur et à mesure des mystères comme ça ?
Alors, oui, un exemple historique un peu extrême qui me vient à l'esprit, c'est à la fin du XIXe siècle, les premières observations de Mars conduisaient à des dessins qui s'est figuré des structures artificielles, des canaux. Et donc, pendant des dizaines d'années, des scientifiques, des observateurs, des astronomes regardaient Mars, se scrutaient Mars et dessinaient ces cartes d'une civilisation à la surface de Mars parce qu'en fait, on était aux limites de nos capacités d'observation. On voyait quelque chose qui n'était pas clair.
Et je pense que, comme on le dit depuis le début de l'émission, on a tellement envie de rencontrer cet autre qu'à partir du moment où il y avait quelque chose qu'on ne comprenait pas, on se disait « Ah, si c'était la vie, si c'était des canaux, et puis les techniques d'observation ayant été améliorées, puis maintenant on va sur Mars, on sait que maintenant ces structures n'existent pas. C'était une interprétation sur des données qui étaient mal documentées, mal comprises, et qu'on avait plaquées comme ça, par envie. »
On va revenir sur ce tellement envie, en fait, dont vous parliez. Je voudrais d'abord qu'on écoute Marc. Bonsoir Marc.
Oui, bonsoir. Le téléphone sonne et vos invités. Je fais une petite mise au point. C'est que j'ai été passionné par l'émission Artemis, donc autour de la Lune, et puis j'ai hâte que les Européens envoient leur navette automatique Space Rider, ça, je suivrai ça de près, mais à part ça, je veux dire que je suis très dubitatif. Je trouve que c'est un bon sujet, c'est un sujet marronnier, un peu comme, c'est pas une critique, mais un sujet marronnier comme de parler aussi... Vous en prie, Marc. Voilà. Mais avec toutes les missions qui ont été envoyées depuis des décennies, on connaît déjà bien l'environnement immédiat, je veux dire, du système solaire.
Je ne suis pas spécialiste, mais je lis régulièrement parce que je m'y intéresse. Et donc, on sait ce qui se trouve à proximité. Il n'y a pas grand-chose. Sur Mars, on ne trouvera pas grand-chose. Et en plus de ça, dans l'environnement beaucoup plus lointain, il y a deux sons de Voyageurs 1 et Voyageurs 2 qui, dans très longtemps, peut-être pourront nous donner des informations, mais elles n'auront plus de piles pour nous les transmettre, les infos. Donc, c'est pas grand-chose. C'est maigre. C'est maigre. Et de l'autre côté, au niveau de la chasse aux extraterrestres, au niveau des ovnis, on a les explications.
Parce que la plupart du temps, ça résulte de phénomènes optiques qu'on sait expliquer. Et alors, les seules choses intéressantes, ce sont effectivement, pour connaître davantage les briques au niveau de la vie, c'est juste ça, mais ce sont des petites molécules, ou des tout petits objets. Donc, l'infiniment petit, dans l'espace, ça va être cela.
Merci, Marc, pour vos remarques. Caroline Fraissiné, ce qu'il nous dit, Marc, c'est énorme. Mais de toute façon, autour de nous, on sait maintenant ce qu'on a, et on sait bien qu'il n'y a rien qui nous est totalement étranger, et qui pourrait signifier une forme de vie.
Vraiment ? Alors, pas du tout, justement. On connaît très mal notre environnement. Déjà, même notre Terre, le fond des océans, on a du mal à savoir. Alors, Mars, c'est peut-être une planète qu'on connaît un petit peu plus que les autres, parce qu'il y a eu un programme martien, où il y a eu plusieurs sondes qui ont été envoyées en orbite autour de Mars à l'explorer par des atterrisseurs et des rovers à la surface de Mars pour comprendre son évolution au cours du temps et de quoi elle est faite. Mais on connaît quand même encore assez mal cette planète. On ne peut pas affirmer qu'il n'y a pas de vie sur Mars et qu'on ne trouvera rien sur Mars.
Sinon, on n'en verrait pas encore une future mission, notamment une future mission européenne qui décollera en 2028 exo-Mars. pour aller rechercher des traces chimiques qui pourraient provenir de formes de vie. Donc, Mars, on la connaît un petit peu plus que les autres, mais relativement peu. Quand on s'éloigne un petit peu plus loin dans le système solaire, qu'on va du côté du système solaire externe, les mondes de Saturne, les mondes de Jupiter, on connaît encore moins.
Il y a au mieux une mission qui a exploré certains de ces mondes, avec peu d'instruments à bord, donc avec énormément de résultats qui ont apporté beaucoup à la communauté, mais avec encore beaucoup d'interrogations et encore plus d'interrogations sur la question de la vie. Donc, je ne suis absolument pas d'accord avec cet auditeur qui nous dit qu'on connaît bien notre environnement.
Et on vous embrasse quand même, Marc, mais c'est bien de remettre les choses scientifiques au milieu de l'univers, si j'ose dire. Voici Florence. Bonsoir Florence. Bonsoir. On vous écoute, Florence.
Oui, alors je voulais apporter un petit témoignage parce qu'on a été témoins le 1er mai de cette année, le soir, on était allé promener un chien et on a vu dans le ciel quelque chose. Comme j'ai fait de l'astronomie, je me disais, c'est bizarre, ça a l'air d'être un avion. En même temps, on me disait, mais ce n'est pas les lumières d'un avion. Et puis d'un coup, il y a eu une grande barre lumineuse qui s'est ajoutée au point qu'on voyait. Et ça faisait un petit peu comme si vous aviez un avion, vous savez, avec des banderoles publicitaires la nuit et puis la banderole publicitaire allumée. Et il y a eu un petit stress qui est monté. Enfin, vraiment, il y a eu une interrogation.
On voit un truc qui n'est pas normal. C'était assez fort. Du coup, on s'est dit, on va rentrer, on va contacter le Gépan pour signaler. Et puis, en fait, le temps qu'on sorte l'ordinateur, il y a une des personnes avec qui j'étais qui a vu sur Facebook que d'autres personnes l'avaient vue à Châteauroux et à d'autres endroits et que c'était finalement la fusée SpaceX. Voilà. C'est bien aussi,
Florence, d'avoir vu SpaceX. Vous avez de la chance. Et moi, je trouve ça génial que Florence y ait cru. Frédérique Cotin, tout à l'heure, vous disiez, on a tellement envie. Évidemment qu'elle n'a pas cru qu'un vaisseau était en train d'arriver sur Terre. Mais ce qu'elle raconte, ce sentiment-là, c'est exactement le tellement envie dont vous parliez, en fait. C'est tellement fascinant.
Oui. Et en fait, je pense que comme ça reste aussi une des grandes questions ouvertes, une des grandes inconnues scientifiques et qui est maintenant justement approchée de manière rationnelle, les choses inexpliquées, on va avoir justement, on peut avoir envie d'y apporter des explications. Et cette explication de l'inconnu extraterrestre, de la visite extraterrestre, comme on ne sait pas les limites de ce que peut représenter une civilisation extraterrestre, de ses capacités, ça peut être justement une première envie. Moi, j'aurais envie d'y croire. J'aurais envie de voir une soucoupe volante, rencontrer des extraterrestres. Mais malheureusement, ça ne m'est jamais arrivé.
Et par contre, il y a une multitude d'approches scientifiques qui sont tout aussi passionnantes, tout aussi enrichissantes, qui nous permettent justement de mener une enquête à l'échelle du système solaire, voire au-delà, avec les exoplanètes pour essayer de répondre à cette question.
Frédéric Courtade, vous, qui êtes le directeur du GEPAN, moi, ce que je trouve génial, en fait, c'est dans ce que nous raconte Florence, c'est que le réflexe, il existe, en fait. Je pense qu'au fond d'elle, Florence sait qu'elle n'a pas rencontré encore une fois un vaisseau spatial, mais elle se dit quand même, je me demande combien ça représente, en fait, les Florence pour vous, combien vous en avez régulièrement qui ont ce réflexe-là et cette curiosité-là ?
Le GEPAN a en œuvre depuis bientôt 50 ans, donc on en a eu beaucoup, voilà, et actuellement, je dirais, parmi les 5000 contacts qu'on a annuellement avec des témoins, 5000 parents, quand même, visitations, on dégage à peu près 1800-1900 signalements de phénomènes non compris, parmi ces phénomènes-là, il y en a certains qui sont très difficiles d'enquêter parce qu'ils sont trop anciens ou ce n'est pas assez précis, ou alors c'est évident pour nous parce que c'est récurrent, voilà, on donne une réponse assez rapide, donc c'est une petite enquête, je dirais, et parmi donc ce qui reste, on va déclencher entre 80 et 70 enquêtes par an en mettant en place toute une méthodologie qui nous permet de dépassionner un petit peu le témoignage et de mener une véritable enquête, un petit peu comme c'est fait au niveau judiciaire, je dirais, et après, lorsqu'on vient contacter les témoins, selon leur perception et les émotions qu'ils ont ressenties au niveau du témoignage, on est assez prudent par rapport justement au fait qu'eux, ils sont déjà persuadés à apporter avant de nous avoir contactés qu'ils ont vu quelque chose d'extraordinaire voire des extraterrestres qui arrivaient.
Le progrès scientifique, si j'ose dire, qui est aussi la portée de chacun à certains égards fait aussi que les gens arrivent avec une forme de certitude un peu comme quand ils vont chez le médecin après avoir regardé sur internet en disant j'ai ça comme maladie. Vous vouliez ajouter quelque chose, Caroline Frécinet ?
Oui, Frédéric parle de ces phénomènes non compris et c'est vrai que c'est pas parce qu'ils sont non compris qu'ils sont inexplicables mais à partir du moment où il n'y a pas de faits rationnels d'explications on peut y mettre ce qu'on veut derrière. Certains vont y mettre des explications théologiques d'autres des explications extraterrestres et il faut respecter le besoin de croire. Moi ce qui me fascine
et vous allez peut-être pouvoir m'éclairer là-dessus dans la continuité de ce que vous dites Caroline Frécinet c'est est-ce qu'il y a des périodes en fait ? Est-ce que ça va aussi en introduction je faisais allusion à l'état du monde aussi est-ce que ça va aussi avec l'état du monde en fait ce qu'on voit et ce qu'on croit apercevoir ? Il y en a eu beaucoup pendant la période de Covid par exemple il y a même eu des moments de déclassification pendant cette période de Covid donc est-ce qu'on voit aussi en fonction de ces envies-là et de ces observations-là bouger le monde et l'état du monde
et l'état de sa santé presque ?
Bien sûr et si on veut ramener parce que ça c'est une question très générale qui peut s'appliquer à beaucoup de sujets mais si on le ramène au sujet des observations d'ovnis des extraterrestres des théories du complot on peut remonter à la guerre froide et c'est à ce moment-là où il y a vraiment eu tout le développement la fameuse base 51 aux Etats-Unis la base 51 et toutes ces théories du complot autour des ovnis parce qu'il y avait des activités militaires il y avait des choses qui se devaient d'être cachées parce que c'était des choses sécurité-défense pour la sécurité nationale et donc encore une fois des choses inexpliquées qui vont générer cette croyance extraterrestre on s'est dit ça d'ailleurs
avec autant en préparant cette émission qu'au fond l'histoire d'une vie extraterrestre c'était un peu la mère des théories du complot en fait ou pas
c'est souvent un point d'entrée effectivement dans ce type de théorie alors pour le meilleur et pour le pire c'est-à-dire que X-Files moi j'ai adoré regarder cette série
je pense qu'on ne la referait pas aujourd'hui dans le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui
je ne sais pas mais c'était une fiction et j'ai adoré la regarder et me faire peur suivre les aventures sans y croire ce qu'on ne referait pas aujourd'hui
c'est l'idée actée que le gouvernement nous cache quelque chose qu'il y a effectivement un complot contre la présence d'extraterrestres je ne sais pas
si c'était si nouveau que ça parce que justement la zone 51 ça pour le coup
existait depuis longtemps
ça existait bien avant et X-Files c'est vraiment nourri c'est nourri de tout ça donc c'est c'est une porte d'entrée dans l'imaginaire et on aime bien les polars on aime bien les thrillers et on aime bien des meurtriers des voilà enfin on je dis peut-être pas tout le monde mais ça fait partie ça fait partie de voilà de l'imaginaire et de voilà de ce qu'on aime des histoires qu'on aime bien se raconter pour se faire peur et puis à côté de ça c'est vrai il y a des gens qui prennent ça très au sérieux et qui vont utiliser ces témoignages parfois de très bonne foi pour essayer justement de démonter de démonter le langage scientifique voilà vous nous cachez des choses on sait très bien qu'il y a eu ces observations vous voulez pas les étudier et c'est toujours très ambivalent
j'ai pas pu m'empêcher de voir alors les américains sont ce qu'ils sont mais en gros à la question croyez-vous en une vie extraterrestre c'est aussi anodine que ça 20% encore une fois ce sont des chiffres américains 20% 1996 34% aujourd'hui donc je me demandais aussi si c'est le monde tel qu'il est qui fait augmenter ce genre de ce genre de choses ou simplement effectivement l'accès à plus de technologies y compris très facilement et puis les réseaux sociaux et le reste et puis nous y voilà non est-ce qu'on peut donner ce genre d'explication basique on peut
il y a l'actualité scientifique c'est-à-dire que comme on découvre des exoplanètes on se met à observer ces exoplanètes et à parler justement très légitimement de la possibilité de détecter des traces de vie sur ces exoplanètes et donc on voit parfois surgir dans les médias des annonces qui viennent de collègues disant ah j'ai trouvé quelque chose de bizarre et si c'était la vie et il y a un embrasement médiatique et je pense que si on n'est pas dans le milieu à être capable de décrypter le grand public n'a pas forcément les armes pour savoir décrypter un spectre un rapport isotopique des choses un peu techniques qui nous parlent mais qui sont un peu difficiles à transmettre
pardon vous vouliez ajouter quelque chose allez-y
c'est-à-dire que parfois on peut paraître un peu rabat-joie en tant que scientifique en expliquant justement en essayant de trouver des explications rationnelles à des phénomènes mais ça n'empêche pas qu'on a toujours cette envie d'y croire et moi je suis la première à être allée me prendre en photo devant la zone 51 ou avoir regardé X-Files moi aussi et j'ai visité Roswell c'est génial
à visiter Roswell ils font des lampadaires en forme d'extraterrestres et tout ils sont pleins d'humour un endroit formidable vous avez été au musée des extraterrestres à Roswell ? non pas celui-là et bien je vous le conseille c'est quelque chose on est en train de parler d'envie de vie extraterrestre au téléphone ce ne sort avec Caroline Fressiné qui est chargée de recherche au CNRS avec Hervé Cotin qui est astrochimiste avec Frédéric Courtade qui est le directeur du groupe d'études et d'informations sur les phénomènes astrospatiaux non identifiés
et avec Luc
qui est avec nous également bonsoir Luc
alors bonsoir je serais ravi d'apprendre qu'on découvrira de la vie sur des exoplanètes cela étant dit moi je me rappelle de mes cours de physique et je sais qu'on ne peut pas dépasser la vitesse de la lumière et quand bien même on atteindrait 10% de la vitesse de la lumière il faudrait une énergie qui soit avec plusieurs centaines de fois tout ce que l'humanité a produit comme énergie pour envoyer un vaisseau qui mettrait quelques centaines d'années pour aller à la première planète voilà donc ça et puis il reste l'hypothèse des trous de verre enfin on ne va pas débattre de ça mais qui est totalement impossible à mon sens donc je pense qu'on est bien isolé dans notre petit système solaire qui est un miracle avec deux planètes la Terre avec sa Lune qui fait que la vie est possible que Saturne et Jupiter sont synchrones et ont permis l'existence de la Terre voilà il a fallu 3 500 000 pratiquement les trois quarts de la Terre avec juste des bactéries et nous l'humain qui sommes arrivés deux secondes dans la vie de la planète donc on n'a pas de planète B
alors ça on n'a pas de planète B c'est sûr et certain allez savoir ce qui se passe de l'autre côté autre bout autre bout de l'univers c'est un peu ça qui nous intéresse Hervé Cotin mais il a raison autour de nous
Luc a tout à fait raison c'est-à-dire que quand on parle de détecter peut-être des signes de vie dans des exoplanètes je n'imagine pas du tout en tout cas dans un futur proche voire lointain qu'on puisse y aller par contre la lumière voyage à la vitesse de la lumière par définition et donc ce qu'on cherche à construire actuellement sont des télescopes qui seront en mesure de détecter la composition de l'atmosphère de ces exoplanètes et par exemple si on regarde l'atmosphère de Vénus ou de Mars on va voir du dioxyde de carbone de l'azote moléculaire il n'y a rien de bien particulier par contre si des extraterrestres regardaient l'atmosphère de la Terre ils commenceraient à se gratter les cheveux s'ils en ont c'est-à-dire ils se diront tiens c'est bizarre vous aussi vous faites de l'anthropomorphie c'est bizarre on voit du dioxygène on voit du méthane on voit de la vapeur d'eau on voit que coexistent des molécules qui normalement ne devraient pas cohabiter aussi facilement et si ces molécules coexistent sur Terre c'est parce que la vie a profondément transformé notre planète et ce qu'on espère un jour c'est voir justement une anomalie et cette anomalie ne nous permettra pas de dire du jour au lendemain ça y est on a trouvé la vie on n'est pas seul dans l'univers cette anomalie ensuite elle va être scrutée soumise à la controverse scientifique peut-être qu'il faudra construire un télescope encore plus grand et ça prendra 10 ans 20 ans mais c'est vraiment une quête de longue haleine mais qui est à mon avis l'une des plus belles quêtes scientifiques qu'on peut concevoir à l'heure actuelle et qui est quelque chose qui va peut-être se jouer sur des générations
et c'est une belle quête Frédéric Courta d'en parler de génération vous disiez que le GEPAN existe effectivement depuis 50 ans la quête de l'anomalie en fait c'est ça au fond que vous cherchez et que vous essayez de partager avec d'autres
oui oui en fait les anomalies on essaie de les juguler on va dire parce qu'on a quand même des marches d'études assez rationnelles des phénomènes qui nous sont transmis mais comme on disait tout à l'heure les 3% de cas qui sont non identifiés on ne va pas plus loin que de dire qu'on n'a pas compris et on ose dire qu'on n'a pas compris voilà donc est-ce que c'est des anomalies je ne sais pas derrière il y a toute une frange de gens une communauté qui va s'attacher à si le GEPAN n'a pas compris il sait qu'il y a quelque chose qui est louche donc ils vont aller empiéter plutôt dans un domaine idéologique pour essayer de comprendre ce que ça pourrait être et là et là s'ouvre je dirais tout ce que vous parliez tout à l'heure les complots le fait qu'on agit en paravent par rapport à des gens très sérieux qui s'en occupent et ça c'est un petit peu l'air du temps
comme vous dites c'est l'air du temps Frédéric on l'a à peine évoqué parce qu'on a parlé de la série X-Files notamment mais moi je reste fasciné par la manière dont le cinéma la pop culture s'est emparée de ces phénomènes là alors il y en a des gentils des extraterrestres mais finalement peu en fait assez peu je vois que vous grattez la tête tous les deux pour voir si vous pouvez me contredire à Paris-T mais Frédéric Courtat veut intervenir on est d'accord vous êtes d'accord avec moi Frédéric Courtat ou pas ?
Oui oui voilà en fait vous parlez des séries des séries voilà il y a une série qui s'appelle OVNI qui date justement de l'époque Covid qui retransprisait un petit peu la façon dont le GP enquête ou enquêtait plutôt au milieu des années 70 et là aussi ben voilà il y a la place pour des gens très sceptiques par rapport à la problématique OVNI extraterrestre et des gens qui sont beaucoup plus croyants et donc voilà c'est la confrontation des deux des deux des deux aspects un petit peu comme ce qui se passait dans le cadre de l'affaire X-File voilà
et c'est vrai il a raison Frédéric Courtat et c'est vrai que moi j'ai l'impression dans tout cas la pop culture que je connais dont je me souviens que rarement ils sont gentils souvent cherchent à nous dominer ou à exploiter nos ressources etc l'image qu'on a en fait de cette vie extraterrestre c'est souvent celle-là Hervé Cotin
alors il y a quelques exemples effectivement il y a E.T dans Star Wars il y a tellement d'extraterrestres qu'il y a des gentils et par contre là il y a tout le monde tous les gens qui ont vu je pense le film Projet Dernière Chance se sont tombés amoureux de Rocky qui est un extraterrestre alors on le disait les extraterrestres gentils comme E.T ils ont des grands yeux Rocky n'a pas d'yeux ils ont réussi à faire un espèce de truc assez mais à ce point-là Alf est sympa aussi mais enfin si on parle c'est vrai que souvent souvent les extraterrestres sont vus comme une menace alors on peut se dire c'est une bonne raison pour que l'humanité s'unisse pour contrer cette menace mais effectivement ce sont des des alter-égaux ça confronte ça nous permet de nous confronter à l'autre et à comment réagir à voilà à l'inconnu à une menace qui est parfois juste le fruit d'une incompréhension et c'est vrai que parfois je me pose la question si vraiment les extraterrestres débarquaient pour quelles raisons ils seraient agressifs et finalement il n'y en a pas tant que ça en fait parce que
pourquoi le serait-il j'ai l'impression d'être au début de Mars attaque nous venons en paix et c'est après que ça commence à partir un peu en quenouille mais je pense à j'en sais rien à la guerre des mondes évidemment à Alien enfin l'imagination ce qu'on fait notre imagination et notre notre culture ce sont des choses qui sont très moches qui sont très méchantes qui veulent nous y compris nous colonosies de l'intérieur c'est le cas notamment d'Aliens c'est ça notre imaginaire collectif quand même par rapport à ces extraterrestres non ? Est-ce que c'est pas
lié à la géopolitique du monde d'aujourd'hui où on a des guerres pour des ressources particulières et un extraterrestre qui vient sur Terre il a besoin de ressources pour survivre et en se battant pour les mêmes ressources forcément on va créer des guerres pour accéder à ces mêmes ressources Je veux bien ce qu'on projette là mais qu'est-ce qu'on projette ?
Allez-y Juste un petit mot pour assurer les auditeurs et les auditrices en fait parfois il y a plein de ressources ailleurs que sur la Terre et typiquement parfois les extraterrestres viennent piller la Terre pour récupérer l'eau en fait l'eau c'est une des molécules les plus abondantes qu'on va trouver dans le système solaire de l'univers donc ils peuvent se poser sur Ganymede ou même dans leur propre système ils vont en trouver donc il n'y a pas de raison très objective qu'ils viennent piller la Terre pour des ressources
Donc si vous nous écoutez ne venez pas vous avez de l'eau cherchez mieux voici Catherine qui nous attend au standard bonsoir Catherine
Oui bonsoir On vous écoute Alors une chose qui est importante pour moi c'est la notion de mystère donc je ne cours pas du tout après l'épreuve scientifique dans ce cas-là j'entretiens le mystère par contre je suis intimement convaincue qu'il existe d'autres peuples et je souhaite les rencontrer un jour parce que pour moi ils seront forcément plus évolués que nous et ils auront plein de choses à nous apprendre parce que nous on ne sait pas vivre ensemble et on a bousillé notre planète Or je pense qu'il y a des peuples qui ont une conscience plus évoluée et moi je leur dis venez donc nous apprendre des trucs
Bah écoutez si vous nous écoutez venez nous apprendre des trucs ça aussi je trouve ça assez fascinant l'un ou l'autre parce que dans notre univers connectif dans notre imaginaire collectif c'est beaucoup ça une technologie qui est forcément avancée par rapport à la nôtre qui a des choses à nous apprendre ou peut-être qui a été détruite d'ailleurs à un moment ça aussi
ça revient très très souvent Bah effectivement mais comme on a dit dans notre entourage proche sur les étoiles les plus proches pour y aller avec nos technologies actuelles c'est plusieurs dizaines de milliers d'années donc si un extraterrestre arrive de si loin à nous rendre visite il aura forcément utilisé des technologies plus avancées que celles qu'on a aujourd'hui c'est vrai
pour fabriquer le vaisseau il le faudra est-ce que c'est des choses auxquelles vous aimez que vous aimez imaginer mais avec votre les uns les autres avec votre casquette d'astrochimiste de chargé de recherche etc en vous disant bon objectivement et scientifiquement à quoi ça pourrait ressembler si ça si ça pouvait exister parce qu'il y a la réponse romantique qui parlerait d'une chose qui aurait une forme je ne sais quoi et puis sinon d'un point de vue purement scientifique une mousse c'est de la vie de fait c'est un extraterrestre en fait
vous avez raison c'est moins festif une des manières de répondre à cette question c'est déjà de regarder l'extraordinaire diversité du vivant sur terre il y a des millions et des millions d'espèces on en est une parmi d'autres et l'exemple que je prends souvent c'est la crevette c'est-à-dire que quand je regarde E.T. et quand je regarde une crevette fondamentalement la crevette est quand même beaucoup plus bizarre et étrange que les E.T.
ou que sont les aliens de rencontres du troisième type donc l'évolution sur terre a déjà une imagination qui dépasse ce qu'on peut facilement projeter et les extraterrestres dans les films souvent sont des dérivés des croisements de reptiles d'insectes et on doit se contenter de ça j'espère qu'on sera surpris un jour
c'est E.T. et mignon c'est aussi parce qu'on savait qu'il y avait du merchandising d'ailleurs il fallait pouvoir en faire une peluche et on ne fait pas ça avec aliens je pense que c'est ça la seule raison vous l'imaginez vous aussi Caroline Fressiné ou parce que ça vous amuse vous en tant que scientifique d'imaginer ce que ou quand vous voyez un film de science-fiction de sortir en disant
moi c'est vrai que je suis biaisée quand même parce que mes recherches elles se focalisent dans le système solaire et dans le système solaire il n'y a pas de vie qui est technologiquement développée on va rechercher des traces fossiles de bactéries chimiques des traces chimiques sur Mars donc j'ai du mal à imaginer des choses macroscopiques après dans mes rêves dans mes croyances bien sûr on peut tout imaginer mais dans mes recherches et dans mon biais je reste sur des traces bactériennes
je suis contente que vous ayez ce genre de rêve et d'imagination en tout cas que nous avons tous je vous remercie chaleureusement tous les trois de votre participation au Téléphone Sun merci à tous merci à tous
merci à tous