Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 30 avril 2025 6 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueSanté

Servane Mouton : l'utilisation des écrans "ne convient pas aux enfants de moins de 6 ans"

Au micro : Mathilde Munoz Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Pourquoi faut-il aller jusqu'à 6 ans et non 3 ans ?

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Le cerveau d'un enfant est-il trop sollicité par les écrans ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Quels sont les risques de myopie et autres problèmes de santé identifiés ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Quels sont les risques sur le neurodéveloppement ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Les orthophonistes constatent-ils des dégâts aujourd'hui ?

  • 3:20RelanceRéponse directe

    Est-ce du principe de précaution ou des faits scientifiquement établis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46InvitéFait
    « Dans le rapport, nous avions déjà écrit que les écrans étaient déconseillés jusqu'à l'âge de 6 ans. »
  • 4:09PrésentateurChiffre
    « Même pour les documentaires où il y a des contenus éducatifs, par exemple ? »
  • 4:36InvitéFait
    « Il y a des réactions qui peuvent être très vives, très agressives, et qui sont de l'ordre de vous diaboliser. »
  • 5:10InvitéFait
    « On voit écrit sur l'emballage : ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur31 %

≈ 3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21, pas d'écran pour les enfants avant l'âge de 6 ans, cela menace leur capacité mentale et physique. Nouvelle alerte de scientifiques, 5 sociétés savantes dont les sociétés françaises de pédiatrie, de psychiatrie et d'ophtalmologie viennent d'écrire une lettre au gouvernement et celle qui en est à l'initiative est notre invitée ce matin dans le 5-7. Bonjour Servane Mouton. Bonjour. Vous êtes neurologue, neurophysiologiste, vous avez co-présidé la commission sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans qui a rendu un rapport il y a tout juste un an.

Les précédentes recommandations, celles dont on a beaucoup parlé, c'était 3 ans, pas d'écran avant 3 ans. Vous vous dites non, il faut aller jusqu'à 6 ans. Pourquoi ?

0:46
Invité

Dans le rapport, nous avions déjà écrit que les écrans étaient déconseillés jusqu'à l'âge de 6 ans. On avait marqué qu'il fallait renforcer ce qui était déjà diffusé qui était de ne pas mettre les enfants de moins de 3 ans devant les écrans mais que jusqu'à 6 ans c'était déconseillé ou alors tout au moins fortement limité, accompagné par un adulte avec des contenus à haute valeur éducative et occasionnellement. Donc c'était vraiment, ça commençait par déconseillé. Et là maintenant, il ne faut vraiment pas du tout ?

Au moment où les discussions au niveau du gouvernement notamment sont sur comment vont être mises en application les préconisations du rapport et il y a dans les réflexions quels messages vont être diffusés, il nous semble qu'il ne faut pas repartir sur les écrans ne conviennent pas aux enfants de moins de 3 ans mais aller d'emblée à les écrans ne conviennent pas à des enfants de moins de 6 ans.

1:42
Présentateur

Et pourquoi ? C'est parce que le cerveau d'un enfant est en construction justement quand il est tout petit et que cet afflux d'images, les contenus sont trop riches, les images défilent trop vite pour qu'il puisse assimiler tout ça ?

1:53
Invité

C'est ça. Il y a à la fois le côté traitement des informations par le cerveau et puis il y a aussi la fragilité, la sensibilité et la vulnérabilité de l'œil en développement à la lumière émise par des écrans qui est riche en bleu et qui favorise le développement de la myopie et potentiellement des lésions sur la rétine. Nous n'avons pas de recul sur les effets à long terme d'une exposition régulière répétée à ce type de lumière chez l'enfant.

2:18
Présentateur

Donc le problème, et double la nature du problème, c'est à la fois l'aspect technologique et le contenu, les deux ? Oui. Et quels sont donc, vous évoquez les risques de myopie, quels sont les autres risques pour la santé que vous avez identifiés ?

2:30
Invité

Les autres risques sont sur le sommeil, lorsque les écrans sont utilisés le soir ou dans les heures qui précèdent le coucher. Après, sur le côté... Dans votre domaine à vous, le neurodéveloppement par exemple, qu'est-ce qu'il peut y avoir ? Sur le neurodéveloppement, entre les observations de terrain, les études expérimentales et les études de cohorte, ont fait un lien entre l'exposition aux écrans et des moins bonnes performances sur le plan de l'attention, sur le langage également, sur les capacités socio-relationnelles et sur la régulation des émotions. C'est des choses qui ressortent.

3:03
Présentateur

Mais ça veut dire que par exemple, des orthophonistes constatent ça aujourd'hui quand ils reçoivent des enfants ?

3:09
Invité

Les orthophonistes, avec les médecins de PMI, les pédiatres, sont les premiers à avoir un petit résumé d'alarme il y a plusieurs années devant l'engorgement de leur demande de consultation pour des problèmes liés à l'oralité, langage et alimentation.

3:20
Présentateur

Donc là, on n'est pas dans le principe de précaution. Il y a des faits scientifiquement établis, des dégâts qui ont été constatés par des médecins ?

3:27
Invité

C'est un peu mixte parce que beaucoup d'études font plutôt état d'une association que d'une relation causale. Simplement, pour retenir une causalité, il y a un faisceau d'arguments qui permet de l'avancer, sans attendre forcément qu'il y ait une certitude scientifique qui met souvent beaucoup de temps à être obtenue. Donc c'est ce faisceau d'arguments de terrain, d'études expérimentales, d'études épidémiologiques qui vont dans ce sens et qui conduisent à minima à appliquer le principe de précaution en disant qu'on ne fait rien perdre aux enfants en ne les exposant pas aux écrans.

Par contre, on les expose à un risque potentiel qui semble aujourd'hui, avec un niveau de preuve suffisant, pouvoir être retenu.

4:03
Présentateur

Même pour les documentaires où il y a des contenus éducatifs, par exemple ?

4:09
Invité

Disons, vraiment, le message que nous souhaitons faire partie, c'est que ça ne convient pas aux enfants de moins de 6 ans. Après, il est évident que regarder un dessin animé de temps en temps, bien choisi, ou regarder un documentaire joli de temps en temps, ça ne va pas avoir un impact dramatique sur l'enfant. Mais c'est simplement d'exposer que ça ne convient pas, ça n'est pas un outil qui lui convient.

4:29
Présentateur

Pourquoi le message a du mal à passer ? Dans votre lettre, justement, adressée au gouvernement, vous faites la comparaison avec le fait de traverser la rue.

4:36
Invité

Oui, parce qu'il y a ces réactions quand on essaye de faire comprendre que cet outil ne convient pas, simplement pour des raisons physiologiques à l'enfant. Il y a des réactions qui peuvent être très vives, très agressives, et qui sont de l'ordre de vous diaboliser, vous créer une panique morale, etc. Et nous, il ne nous semble pas que c'est le cas. C'est simplement d'informer avec les connaissances que nous pouvons avoir aujourd'hui. Et c'est comme avec un jouet, je ne vais pas citer de marque, mais des jouets qui comportent des petits éléments, et qu'on voit écrit sur l'emballage, ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois. On respecte ça ?

On respecte, ce n'est pas une interdiction d'usage, ce n'est pas une interdiction de vente, simplement on explique que ça ne convient pas.

5:21
Présentateur

Et vous dites que c'est la même chose, on ne fait pas traverser la rue un enfant tout seul,

5:23
Invité

c'est une règle qu'on a confiée, qui n'empêche pas de l'utiliser après, ou de considérer que ce n'est pas un objet diabolique.

5:31
Présentateur

Votre rapport de l'an dernier, il est devenu quoi ? Puisqu'à l'époque, Emmanuel Macron avait donné un mois au gouvernement pour prendre des mesures. Ça a donné quoi ?

5:37
Invité

Il y a eu ensuite quelques mouvements politiques qui n'ont pas favorisé en tout cas un travail continu, mais les travaux interministériels ont repris depuis quelques semaines et semblent aller vers des réflexions pour l'application des précommandations.

5:50
Présentateur

Il n'y a rien de concret pour le moment, aucune mesure n'a été prise.

5:53
Invité

Elles n'ont pas été, comment dirais-je, énoncées en tout cas.

5:57
Présentateur

Merci Servan Mouton, neurologue et nérophysiologiste, et vous étiez l'invité du 5-7.