«Sa candidature n'est une bonne nouvelle ni pour Gabriel Attal, ni pour Édouard Philippe» Lavalette
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Nous sommes ce matin avec Laure Lavalette, députée du Rassemblement National du Var, porte-parole de la campagne électorale. Génie Bastier va nous rejoindre, Pascal-Pierre Garbarini également, mais manifestement il y a des petits soucis ce matin d'embouteillage. Éric Nolot, lui qui nous l'a dit, voyage dans le bus avec ses rencontres inopinées. Oui. Dont vous nous avez fait part. Et mémorable. Et mémorable. Donc vous êtes venu comme notre ami Richard Millet et Thomas Bonnet. Vous le savez, Marine Le Pen a donc été condamnée dans le cadre du procès en appel du RN concernant les assistants parlementaires européens du parti. Sa peine d'inéligibilité de 15 mois ferme était déjà purgée.
La chef de file du Rassemblement National a officiellement confirmé sa candidature à l'élection présidentielle. Laure Lavalette est avec nous. Hier vous étiez donc Eugénie Bastier. Je vous en prie Eugénie, venez, rentrez, faites attention parce que parfois on peut tomber et se faire une entorse. Tout va bien ? Il y a un petit peu de monde dans Paris peut-être ?
Compliqué ce matin.
Quelques embouteilles assez compliquées ce matin. C'est vrai que la jeune mère de famille que vous êtes doit s'occuper de trois enfants, de son mari accessoirement, d'avoir peut-être un vélo cargo, de faire deux éditos pour le Figaro, de préparer une émission et de venir sur CNews. Donc vous êtes une femme d'aujourd'hui.
Ils sont malades en plus, c'est pour ça que je suis en train de dire.
Ils sont malades ? Oui. Ah oui, mais bon, ça les enfants sont parfois malades. Laure Lavalette, hier, vous êtes au siège du RETN. Vous venez d'apprendre que Mme Le Pen peut être candidate. Qu'est-ce qui s'est dit ?
En fait, on l'a appris au tribunal. On a bien vu que la chambre d'appel restituait à Marine Le Pen son éligibilité. Donc ça a eu un grand soulagement de notre part. Finalement, grâce à l'exécution provisoire, son inéligibilité avait été purgée. Donc on comprend très vite, au moment du délibéré, on comprend très vite que Marine Le Pen va pouvoir se présenter en formant un pourvoi en cassation. Donc on est évidemment très heureux, puisque le matin, tous les scénarios étaient encore ouverts.
Et qu'est-ce qui se dit à ce moment-là ? Est-ce que la stratégie judiciaire se met en place immédiatement ? Est-ce qu'il y a discussion ? Est-ce qu'il y a hésitation, pourquoi pas, avec ce bracelet électronique qui peut peser sur la campagne ? Est-ce que la candidature de Jordan Bardella est envisagée ? Ou est-ce qu'au contraire, il y a un consensus rapide pour mettre Marine Le Pen en position d'élection à cette présidentielle ?
En fait, ce pourvoi en cassation, il a pour effet, évidemment, de remettre Marine dans son entière présomption d'innocence. Mais elle le forme aussi parce qu'elle veut clamer son innocence. On avait demandé une relaxe que nous n'avons pas eue, même si, évidemment, vous avez dû voir que...
Troisième fois que je demande qu'est-ce qui s'est dit dans la réunion. Mais je vais peut-être la demander une quatrième fois.
Qu'est-ce qui s'est dit ? On est tout de suite partis en ordre de bataille. Il n'y a pas eu d'hésitation sur le fait que Marine Le Pen y aille. Ça, c'est évident.
Là, il y avait qui dans cette réunion ? Vous êtes combien ?
On est 15. On est 15. Il y a les porte-paroles et j'allais dire un peu les staffs de Jordan et les staffs de Marine. Et très vite, on comprend qu'elle peut y aller. Qui parle ? On est très contents tout de suite. Marine Le Pen et Jordan Bardella s'entretiennent tous les deux. Et voilà. Et très vite, ça se met en place. Il y a consensus. Il y a consensus immédiat. Marine Le Pen prépare son allocution du soir.
Le pourvoi en cassation, qui le décide ?
Marine Le Pen, tout de suite. Mais encore une fois, parce qu'elle clame son innocence. Elle demandait la relaxe. Elle avait dit qu'elle utiliserait tous les moyens en sa possession pour clamer son innocence. Donc, le pourvoi en fait partie. Et il se trouve que ce pourvoi, il a comme effet d'être suspensif. Et on comprend très vite que Marine Le Pen peut donc…
Avec des interprétations, j'attends Pascal Pierre Garbarini, parce qu'il y a des interprétations qui divergent sur ce pourvoi en cassation. C'est-à-dire que si, par exemple, la cassation confirme le jugement, bon, dans ces cas-là, il n'y a pas de souci majeur. Mais si elle infirme le jugement d'appel, que se passe-t-il ? On me dit parfois que c'est le premier jugement qui revient à la surface. Mais on me dit aussi le contraire.
Il y a un débat de jury sur cette question. Mais en fait, le pari, je parle sous le contrôle de Laure Lavalette, le pari, c'est de dire que la décision de la Cour de cassation ne sera pas rendue avant l'élection présidentielle. Que les délais moyens sont plutôt d'un an, voire deux ans. Et que l'accélération du calendrier annoncée au départ par le procureur auprès de la Cour de cassation, c'était pour dire que la question de l'inéligibilité sera tranchée avant l'élection présidentielle.
Est-ce que c'est tenable dans une campagne électorale aussi importante que la Cour de cassation sur laquelle il y aura une pression ne se prononce pas avant l'élection présidentielle ?
Mais il n'y a pas de raison vraiment qu'elle se prononce. Et je pense que personne ne répondrait qu'elle se prononce. La raison, c'est la présidentielle. Mais justement, maintenant qu'il y a un vent de démocratie, de liberté qui a quand même soufflé dans cette chambre d'appel. Et d'ailleurs, je reprends les mots de la présidente. Elle dit bien que ça serait une atteinte au processus démocratique et il faut que les Français aient la liberté de choix. Je veux dire, le délibéré d'hier est tout à fait en accord avec l'arrêt du Conseil constitutionnel. Souvenez-vous qu'il disait qu'il fallait que la peine soit proportionnée et qu'elle laisse la liberté aux Français ?
Eugénie Bastier, je salue l'arrivée de Pascal-Pierre Garbarini, victime des embouteillages.
On roule mieux en Corse que dans la capitale.
Oui, bien sûr, mais on vit mieux en Corse. Eugénie Bastier.
On voit très bien la stratégie, et qui n'est pas d'ailleurs idiote, pour conserver la candidature de Marine Le Pen, qui est d'ailleurs probablement une meilleure candidate que Jordan Bardella en termes de bête politique. Cependant, est-ce que vous ne craignez pas qu'elle soit affaiblie par ce jugement, parce que ça va être l'attaque constante pendant toute la campagne présidentielle, qu'elle a été condamnée par deux instances ? J'entendais déjà Gabriel Attal et Emmanuel Mompard ce matin sur France Inter qui l'attaquait là-dessus en disant qu'elle prône la sévérité pour les délinquants et elle-même est une délinquante. Est-ce que vous ne craignez pas que ça l'affaiblisse considérablement ?
Non, j'ai bien compris que la classe politique, d'un coup, tremblait un peu.
Il n'y avait qu'à voir leur mine déconfite hier. Effectivement, je pense que la candidature de Marine Le Pen n'était pas une bonne nouvelle, ni pour Gabriel Attal, ni pour Édouard Philippe, mais non, non. Encore une fois, est-ce qu'ils vont avoir la présomption d'innocence à géométrie variable ? Je vous pose la question. Comme tout justiciable, Marine Le Pen est présumée innocente. Nous pensons que cet arrêt de la Cour de cassation arrivera après la présidentielle. Donc voilà, nous, on jette toutes nos forces dans la bataille. Et puis les Français jugeront, Madame Bastier. Je pense que c'est eux qui...
Voilà, pour l'instant, Marine Le Pen et Jordan Bardella caracolent, j'allais dire, en tête des sondages. Ils sont toutes les deux les deux personnalités préférées des Français. Moi, je pense qu'au contraire, en tout cas, toutes les marques de sympathie que nous avons eues montrent bien qu'elle a la stature d'une femme d'État. Certains Français craignaient qu'elle ne puisse pas y aller. Je pense au contraire que ça donne un souffle nouveau dans cette élection présidentielle. Et même elle, je pense, à titre personnel, quand vous avez pu penser être empêchée et que finalement, vous pouvez y aller, je pense que vous avez une détermination, une ténacité qu'on lui connaît déjà.
et une pugnacité qui, là, est à son parodie.
Question juridique. Oui. Et avec Pascal-Pierre Garbarini. Et j'ai eu 5, 6, 7 avocats. Vous faites un métier merveilleux où, quand tu es un avocat, il t'explique que lui sait et que son confrère, qui est par ailleurs excellent, se trompe. Bon. C'est comme les chirurgiens. C'est bien résumé. C'est comme les chirurgiens. Ça ressemble au journalisme un peu. Non, non, non. C'est comme les chirurgiens. Ou alors, il y a une autre profession que j'adore, que je cite souvent, c'est les coiffeurs. Quand tu vas chez un coiffeur, la première chose qu'il dit, c'est...
Qui vous a fait ça ?
Je suis d'accord. Voilà une dame qui va régulièrement chez toi. Je n'ai pas cette référence. Oui, je suis d'accord avec vous. Bon. Et vous, je vous adore. Alors, je vais citer, parce qu'en plus, je l'ai eu au téléphone. Et puis, je l'apprécie ceci, avec ce pourvoi en cassation, Marine Le Pen risque de jouer perdant-perdant. Si la Cour de cassation casse l'arrêt rendu aujourd'hui, en l'occurrence hier, elle se trouve dans la situation du jugement de première instance qui était plus sévère et assortie de l'exécution provisoire. Voilà ce qu'il dit. Et qu'il redit, puisque je l'ai eu avant l'émission. Et vous, vous dites non. Non. Bon, alors, qui a raison ?
De toute façon, la Cour de cassation statura, mais je dis non parce que je pense que mon confrère, excellent au demeurant, j'oserais plus le dire parce qu'il va croire que... Mais mon confrère doit s'appuyer sur une décision de la Cour de cassation de 1993. Isolé, il n'y en a qu'une. Il n'y en a qu'une. Donc, ce n'est pas une jurisprudence. La jurisprudence, c'est de nombreuses décisions qui vont dans le même sens. Là, c'est un arrêt de la Chambre criminelle de la Cour de cassation de 1993 sur un problème de sursis mis à l'épreuve avec exécution provisoire où, dans ce cas-là, il avait été décidé en 1993 qu'en effet, on revenait à la décision de première instance.
Cependant, depuis lors, ça a changé. Ce ne sont pas les mêmes faits et ça a changé. Et la doctrine aujourd'hui dominante est dans la situation inverse de celle que je prône. C'est-à-dire de dire que pas du tout, pas du tout. S'il y a une cassation, d'abord, il y aura certainement une cassation avec renvoi. Mais pendant le moment,
entre le moment où tu renvois et le moment où donc le procès va se tenir, là, il y a un espace-temps. Vous êtes sous quel régime à ce moment-là ?
Le régime de la présomption d'innocence sans les effets de l'arrêt de la Cour de paix, d'appel et ipso facto les effets du jugement du tribunal correctionnel. Je donne cet exemple, pardonnez-moi, mais donc, quelqu'un, alors c'est en matière criminelle, mais comme ça, on va comprendre parce qu'on peut l'appliquer au tribunal correctionnel. Mais on fait criminel parce que c'est plus parlant, si je puis dire, éloquent. Je tue quelqu'un. Je prends 15 ans. OK ? Je vais en appel. Forcément, je suis innocent. Je suis acquitté. Le parquet général fait cassation. OK ? L'arrêt est cassé. Je retourne en prison ? Je refais les 15 ans ? Non, mais si pourtant, ça arrive.
Le cas que vous jugez un problème, si ça arrive, qu'est-ce qui se passe ? Si ce que vous annoncez ne se passe pas, qu'on revient, on rend une décision semblable à celle de 93. Qu'est-ce qui se passe dans ce cas-là ? Alors, admettons, très bonne, en effet, C'est un peu compliqué
à comprendre, me dit-on, parce que dès qu'on arrive un peu, effectivement, dans des décisions, dans des explications juridiques, ça peut être compliqué à comprendre. Moi, ce qui m'intéresse, effectivement, et Eric a raison, c'est les conséquences des deux décisions. Si la Cour de cassation confirme le jugement en appel, qu'est-ce qui se passe ? Si elle vit, à ce moment-là, elle est sous bracelet ? Si elle confirme l'arrêt. Si elle confirme l'arrêt. L'arrêt, qui a été rendu hier. Donc là, par exemple, si elle confirme ça en janvier, donc elle finit avec un bracelet. Ça ne sera pas à janvier. Mais admettons que ce soit à janvier. Admettons que ce soit à janvier.
Alors, premier cas, admettons que ce soit à janvier. Donc, les élections ne sont pas encore passées. D'accord. Elle est en janvier. Le juge d'application le juge d'application des peines a quatre mois pour la convoquer. C'est un délai de quatre mois. Avec la particularité, pardon, ce délai, il n'est pas obligatoire.
Oui, mais il y a la pression. Les gens diront que vous la convoquez demain matin. Alors, admettons qu'il la convoque demain matin. Alors, il la convoque
demain matin. Elle rentre, prenons par exemple, janvier, 5 janvier. OK ? Elle a le rendez-vous chez le juge d'application des peines. Il lui met le bracelet dans un délai de cinq jours, c'est-à-dire avant le 10 janvier. Des techniciens vont dans son domicile et ils vont mettre une boîte et elle va avoir un bracelet à la cheville ou au poignet. Voilà. Ça,
c'est le premier point. Donc, elle peut avoir un bracelet dans ce cas-là.
Avec la particularité, pardon, mais comme ça, le juge d'application des peines peut également aménager le bracelet. D'accord, il n'y a pas de souci,
mais on comprend qu'elle peut porter un bracelet dans ce cas-ci. Ça, c'est s'il y a confirmation. Mais pas que.
Avant la confirmation, il y a quand même des QPC, il y a quand même des coups qui permettent d'avoir des délais.
Non, mais c'est d'accord.
Lors Lavalette, vous avez raison. Ça n'arrivera pas avant le premier.
Je pense pour tout dire que vous avez raison. Je pense qu'il y a une sorte de consensus pour dire que ça n'arrivera pas. Mais on parle là en théorie. C'est ce qui nous intéresse. Deuxième cas. Et j'irais bien vivre en théorie, comme vous êtes bien des proches, parce qu'il y a moins de souci.
Et juste quand même aussi, je voudrais bien dire, il n'y a pas de bracelet, il n'y a juste une... On n'a pas le droit de quitter le territoire national. Ça peut aussi être ça l'aménagement. Ce n'est pas forcément... Le juge d'application des peines peut aménager...
Là, non, parce qu'il a prononcé une détention à domicile sur surveillance électronique à Binicio.
Mais avant de l'avoir rencontrée, je pense qu'il se négocie avec le JAP quand même. Donc ça, c'est le premier cas. Ce qui se négocie, c'est l'aménagement.
Donc c'est le premier cas. Donc on peut considérer qu'il y a une forme de risque qui est prise par Mme Le Pen de finir la campagne éditorale avec un bracelet. Premier cas. Deuxième cas. La cour de canstation infirme. Et ce cas-là, manifestement, c'est celui-là qui posait le problème pour la raison que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire que certains disaient on revient à la première instance et elle devient inéligible ou certains interprétaient cela comme ça. Qu'est-ce qui se passe
si elle casse ? Eh bien, si elle casse, en général, dans ce type de dossier, elle casse avec renvoi. C'est-à-dire, elle casse et elle dit... Il y a un nouveau procès. Il y a un nouveau procès devant la cour d'appel de Paris, vraisemblablement, autrement composée. D'accord. C'était la même chambre mais avec d'autres magistrats. Ça, c'est la possibilité. Mais si on est dans le cas le plus défavorable contre elle, d'accord, l'inéligibilité avec exigion provisoire, si je prends l'arrêt de 93, il aura continué à courir. D'accord. Elle sera purgée. Et vraisemblablement, ça sera purgée. D'accord. Écoutez,
je pense qu'on a été suffisamment clairs. Alors, ce matin, je voulais quand même qu'on écoute peut-être parce que c'est Marie-Suzanne Lequéo. Elle est procureure générale près de la cour d'appel de Paris. C'est peut-être elle qu'il faut écouter en priorité puisque c'est elle qui va être chargée du dossier. Donc, je vous propose de l'écouter. Elle était sur RTL ce matin.
Avant d'arriver dans votre studio, j'ai découvert que l'arrêt faisait 339 pages. Donc, vous comprenez qu'il faut que je le regarde, que je l'analyse puisque je répète aussi que juger une affaire, la cour de cassation ne rejuge pas le dossier comme le premier et le deuxième ressort. Elle se prononce sur l'application de la règle de droit. Voilà. Ça, c'est son rôle. Il faut donc que je regarde quelle a été la motivation, le raisonnement juridique des magistrats donc de la cour pour me déterminer s'ils sont conformes à la règle de droit et si j'ai ou pas un motif de pourvoi en cassation. Donc, je ferai connaître bien évidemment ma décision rapidement. C'est-à-dire ? Mais la semaine prochaine.
La semaine prochaine. La semaine prochaine. Mais en l'état, ce soir, je ne peux pas vous dire quelle sera ma position comme d'ailleurs je pense que peut-être que les prévenus eux-mêmes réfléchissent à la possibilité de faire ce pourvoi. La justice ne fait pas de politique. C'est une décision judiciaire qui a des conséquences politiques mais ce n'est pas une décision politique. Je tiens d'ailleurs à le rappeler extrêmement fermement.
Simplement, les magistrats dans le cadre de la peine d'inégibilité ont estimé qu'avec les 45 mois d'emprisonnement prononcés dont 30 mois avec sursis c'est-à-dire 15 mois fermes qui ont déjà été exécutés par Mme Le Pen il lui permettait que cette peine était proportionnée et permettait donc à Mme Le Pen si elle le souhaite bien évidemment c'est une décision qui lui appartient de se présenter à la présidence de la République.
Je retiens effectivement alors c'est très important ce que dit Marie-Suzanne Le Keo je retiens qu'elle dit alors on la croit ou pas la justice ne fait pas de politique je retiens également qu'elle hésite à savoir si le parquet va faire appel pour voir pardonnez-moi de cette décision mais moi ce que je retiens Laura Lavallette c'est que la justice au fond dit Marine Le Pen peut ou doit se présenter donc il y a une continuité à avoir avec la décision de la cour de cassation c'est-à-dire que si par exemple il y avait si le jugement était infirmé en l'espèce elle permettrait néanmoins à Madame Le Pen de pouvoir faire campagne il y aurait un lien en tout cas avec le jugement de l'appel je ne sais pas si je m'exprime assez clairement mais j'y vois et je trouve que c'est plutôt bien on pourrait dire la même chose pour Jean-Luc Mélenchon je trouve que c'est plutôt bien que la justice n'interfère pas dans une élection présidentielle
en tout cas ce qui est sûr c'est que le délibéré d'hier est en adéquation avec l'arrêt du conseil constitutionnel qui était sorti trois jours avant la première instance où on parle de liberté des électeurs à pouvoir voter pour le candidat de leur choix et puis on peut s'arrêter deux secondes sur hier vous avez vu que toutes les peines ont été divisées mais elles sont très légères les peines les dommages et intérêts ont été divisées par un peu
on a envie de dire tout ça pour ça
et tout à qui le dites vous mais non mais par exemple Louis Alliot
Louis Alliot alors bien sûr il a enfreint la loi on reconnaît mais c'est des peines avec sursis
donc tout ça
j'ai envie de dire tout ça pour ça c'est à dire que je lisais
mais bien sûr
et des aveux aussi de tout ce que je lis depuis des mois et des mois sur ce dossier c'est à dire qu'à l'arrivée la justice dit oui le RN a enfreint la loi mais les peines sont légères c'est ça que je retiens de ce jugement et Louis Alliot est un bon exemple puisque Louis Alliot il peut conserver sa mairie alors qu'on l'empêchait quasiment de présenter
la prison ferme pour Marine Le Pen quand même sauf Marine Le Pen vous avez parfaitement raison même si c'est aménageable c'est une peine de prison ferme et on parle plus
de troubles à l'ordre démocratique comme il avait été question en première instance enfin tous ces arguments quand même qui pour le coup nous paraissaient très politiques ont été balayés par le jugement d'hier
on remet l'église au centre du village par rapport aux atteintes à la probité moi je ne cesse de le répéter on a aujourd'hui une justice qui est très très sévère pour les atteintes à la probité d'accord depuis l'affaire Cahuzac donc aujourd'hui la moindre personne élue devient presque autant coupable c'est pas tout à fait le mot mais autant responsable pénalement et méritant une peine parfois plus sévère que la personne qui va s'en prendre et qui va faire des atteintes à des biens ou à des personnes moi personnellement je suis particulièrement choqué de cette sévérité Richard Millet pour résumer les choses et pour faire écho à certains nombres d'éditorialistes ce matin est-ce que cette candidature est un pari dans les conditions que vous venez d'énoncer
alors ça c'est là aussi que les analyses diffèrent je lisais Vincent Trimolet de Villers dans le Figaro ce matin il parle de Paris il y a beaucoup de gens qui il y a beaucoup de gens qui parlent de Paris il y a beaucoup de gens qui trouvent une forme de perversité ou de malignité de la justice française également c'est des comment dire des interprétations que j'ai lu ici ou là
c'était habile je trouve de la part de la cour d'appel de dire finalement ça ne nous concerne plus on laisse la possibilité à Marine Le Pen de se présenter donc il y avait une certaine habilité je trouve et c'était à Marine Le Pen de prendre sa décision elle avait dit la seule chose qui l'empêcherait de se présenter c'est d'être sous brasse électronique ce que là elle ne va pas l'être donc la question ne s'est plus posée mais moi je pense que c'est les français qui ont gagné hier on a une grande chance
mais le pari des politiques aussi le pari des politiques c'est quel impact va avoir ce parcours judiciaire auprès de l'électorat on peut imaginer à grand trait que la base soit renforcée et remobilisée par cette décision et qu'à l'inverse quand il s'agira d'aller convaincre au-delà de cette famille politique ça peut être un handicap ça peut être perçu comme ça
moi je ne pense pas je pense que ce qui est un handicap c'est le bilan d'Emmanuel Macron des dix dernières années c'est notre sécurité notre immigration notre hôpital qui ne fonctionne pas notre école qui est à la dérive
le rassemblement national est quand même condamné en tant que personne morale à 2 millions d'euros d'amende dont 1 million d'euros à exsursis
oui mais les dommages à l'intérêt ont été divisés par deux par exemple qui vont nous rendre de l'argent donc c'est vrai que c'était
je rappelle donc Nicolas Bay député européen depuis 2014 est condamné à un an avec sursis 5000 euros d'amende deux ans d'inéligibilité Louis Alliot ex-député européen est condamné à un an de prison et deux ans d'inéligibilité le tout avec sursis alors c'est des peines le sursis par définition est plus considéré comme des peines moi je l'interprète comme ça en tout cas légères puisque je vous rappelle quand même
que pour des affaires quasi similaires Jean-Luc Mélenchon n'est pas inquiété et M. Bayreau a été relaxé donc aussi il était temps que ces peines soient légères parce qu'elles sont déjà de trop encore une fois nous plaidions la relax on est persuadés d'être patient
sur le dossier moi je ne connais pas à fond le dossier mais manifestement le majordome de Jean-Marie Le Pen a été payé par le Rassemblement national ce qui a priori n'est pas
je vais vous dire il se trouve que le Parlement européen avait le contrat je veux dire donc en fait
on a été jugé
à l'aune de règles convenez que
l'exemple que je cite est répréhensible si le majordome de Jean-Marie Le Pen à l'époque a été payé avec l'argent du Parlement européen ce n'est pas convenable
j'entends ce que vous dites j'entends aussi ce que dit la présidente hier il n'y a pas d'enrichissement personnel elle revient dessus elle explique je suis d'accord avec vous mais ça c'est pas des choses qui se font on a reproché à nos attachés parlementaires d'avoir travaillé au niveau national et d'avoir fait de la politique nationale
et pas de la politique
européenne ça c'est autre chose
parce que Marine Le Pen hier a fait un tour de passe-passe il y avait de la perversité dans le jugement qui était rendu mais il y avait de la perversité aussi dans la réponse elle a fait un tour de passe-passe en disant je vais en cassation parce que je considère que je suis innocent nous sommes innocents sur le fond du dossier c'est accablant si le Rassemblement national est coupable et donc Marine Le Pen est coupable l'histoire du majordome et le fond du dossier voilà donc en fait elle a fait cette manœuvre parce qu'elle pense qu'elle a gagné assez de temps pour se tirer d'affaires mais la culpabilité c'est ça qui me choque en disant je suis innocent il suffit de jeter un coup d'œil au dossier pour comprendre qu'elle est coupable
et le Rassemblement national aussi pardonnez-moi chacun est différent qu'un député du Parlement européen puisse travailler pour l'ERN j'imagine tout à fait comment ça peut se passer un assistant par exemple
je savais que je ne suis pas d'accord avec vous mais bon vous avez déjà eu cette discussion non mais la loi c'est la loi à partir de là excusez-moi de vous dire qu'à l'heure actuelle quand on voit
les campagnes municipales je peux vous dire que le nombre d'attachés parlementaires de parlementaires LFI qui étaient il n'y a pas longtemps du tout sur le terrain dans les campagnes municipales alors que leur contrat n'était pas suspendu ça je peux vous dire que c'est maintenant que ça n'a rien à voir et c'est quand même très choquant parce que c'est maintenant et que les règles on va marquer une pause les règles étaient très floues monsieur Nolot
les règles du Parlement européen
nul n'est censé ignorer la loi elles n'ont pas cessé d'évoluer jusqu'au moment où le jugement intervient
pardonnez-moi j'aurais juste souligné qu'on peut quand même prendre acte que la justice fonctionne je pense que lorsqu'on doit la critiquer on la critique mais là le second degré de juridiction il a fonctionné il y a une décision qui a été prise le conseil conditionnel a remis si je puis dire des éléments de langage et la cour d'appel a rendu
on marque une pause je réponds simplement à Eugénie qui dit nul n'est censé ignorer la loi il faut se rappeler que l'affaire avait débuté par un courrier anonyme adressé à l'office antifraude de l'Union Européenne
c'est toujours comme ça le RN a dénoncé par ailleurs les filles j'entends
en quoi en conséquence de quoi à l'époque le président qui était socialiste allemand du Parlement Européen avait saisi le dit office pour qu'il ouvre une enquête nous sommes d'accord et on retrouve donc à l'origine de ce processus les deux instances qui parfois ont vidé la souveraineté nationale le Parlement Européen la magistrale pardonnez-moi de le dire comme ça parce que c'est une réalité mais d'ailleurs dans son jugement
la cour dit que Marine Le Pen en faisant ça a altéré la confiance que les électeurs pouvaient avoir dans les institutions européennes et ça je suis vraiment pas sûr que ce soit le cas parce que je pense que la confiance dans les institutions européennes elle est plutôt due à l'inefficacité de l'Union Européenne qu'aux agissements C'est aux électeurs
de juger Madame Lavalette je veux vous remercier Merci beaucoup Vraiment merci d'avoir donné ces précisions ces informations il est 9h25 on marque une pause
Laure Lavalette