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videoyoutube.com· 12 juillet 2026

Une nuit avec Roland Perez : confidences sur un destin exceptionnel

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Est-ce que l'enfant des années 60-70 est le même que celui des années 2020 ? Quand je suis là aujourd'hui, oui. Vous voyez, moi, j'ai du mal à m'asseoir comme vous, de façon décontracte.

J'ai l'impression que je suis le petit garçon encore, qui revient ici, qui vient ici, qui ne marchait pas il y a encore peut-être quelques jours avant ses 7 ans, et qui a des chaussures indifférenciées et qui fait l'objet un peu de moqueries quand même de tous ces enfants qui voient quelqu'un qui n'a jamais marché, mais ils ne le savent pas. J'ai des chaussures comme des chaussures de paralysées, comme je les appelais à l'époque. Et puis, quand j'arrive, comme je n'ai jamais marché et que je viens d'apprendre à marcher, si quelqu'un me pousse, vous voyez, je vois des jeux là sur la course, si quelqu'un me pousse, je n'ai pas le réflexe de mettre mes mains.

Parce que vous ne savez pas. Je ne savais pas. Je tombe et je me casse le nez.

C'est un nez un peu tordu. Je me casse le nez. Et quand je rentre, ma mère me dit, non, ce n'est pas possible.

Après le pied, le nez, on ne va jamais s'en sortir avec ce gosse. Mais je suis très ému, en fait. Évidemment, c'est un endroit qui me marque parce que ma mère me promettait que je marcherais, j'irais à l'école comme tous les autres enfants.

Et cette école, je n'avais pas compris encore qu'elle était très spéciale. Même si ma mère avait encore un peu menti pour me masquer dans cette école, je n'avais pas compris que c'était une école spéciale. Bonsoir Roland Perez.

Thibault, merci de passer la soirée avec nous. Alors, vous avez commencé à expliquer plus ou moins où on était. On est dans le collège qui s'appelle le collège Rognoni.

Et qui est en fait l'école des enfants du spectacle. Je ne savais pas que ça existait. Bah écoutez, moi aussi, avant d'y être et avant d'y être inscrit.

Je suis content que vous nous ayez proposé de commencer la soirée. Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Et en fait, c'est assez fascinant.

Expliquez-nous. En fait, mes parents pensaient que comme j'avais eu, j'étais l'objet d'un miracle, parce que je ne devais pas marcher. Et comme j'ai pu marcher, ma mère a dit à mon père, mais on ne va pas inscrire l'enfant comme tous les autres à l'école du coin de la rue.

Ce n'est pas possible. Roland, il est spécial. Regarde le miracle qu'on a eu.

Et mon père lui dit, oui, et à quoi tu penses ? Il y a une école. C'est toujours une voisine qui donnait toutes les informations.

Toujours la même ? Toujours la même, qui donnait les informations, qui était renseignée surtout. Et qui nous dit, il y a une école qui n'est que pour les enfants du spectacle.

Et ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que des enfants qui tournent dans des films, qui jouent au théâtre le soir. Qui jouent au théâtre, qui font de la musique, qui font de la danse.

Les enfants de la balle un peu. Voilà, exactement. À l'époque, il y avait des cours de danse ici, il y avait des cours de chant, il y avait des cours de comédie.

C'était un peu fame avant l'heure. Mais vous savez qui est l'élève le plus célèbre qui est sorti d'ici ? Oui, Charles Aznavour.

Quand même. Mouloudji. Oui, Mouloudji.

J'ai vu que Benoît Magimel avait été là aussi. Virginie le Doyen. Après moi, forcément.

Roland Perrette, il y en a plein. Oui, il y en a plein. Et donc, vous vous retrouvez ici ?

Enfin, votre maman veut que vous veniez ici. Elle veut que je vienne ici. Simplement, je sors de mon HLM bigarré où je rampais.

Et donc, mon père lui dit, mais comment tu crois que tu vas inviter, tu vas inscrire Roland dans une école pour les enfants du spectacle, pour des enfants qui font du spectacle ? Elle a réfléchi. Elle a dit, je verrai bien quand je serai devant la directrice.

Et quand elle est arrivée, la directrice lui a dit, madame, il était où votre enfant avant ? Je vois qu'il a 7 ans, donc il était déjà scolarisé quelque part. Ah, vous ne savez pas.

Il est au Maroc. On est au Maroc avec lui. Mon fils a fait un très grand film.

Vous n'avez pas entendu parler ? Évidemment, à l'époque, il n'y avait pas Internet. Elle ne pouvait rien chercher.

Mais elle dit, ben non. C'est un comédien. Et c'est comme ça qu'il a appris d'ailleurs à lire et à écrire.

Il y avait quelqu'un là-bas, un professeur qui est de la professeure particulier. Alors que j'avais appris à lire et à écrire avec les chansons de Sylvie Vartan. Donc, on était loin du professeur et du précepteur.

Et donc, la directrice était un peu surprise. Et elle dit, ah bon ? Et donc, il est comédien.

Il sait tout faire. Il chante, il danse. Je n'avais jamais chanté.

Je n'avais évidemment jamais dansé. Et on le voit dans le film, la catastrophe. Et je n'avais jamais joué à la comédie.

Il y a 7 ans. Et je regardais ma mère. J'étais effaré.

Mais moi, je ne voyais qu'une seule chose. L'école comme tout le monde. Vous ne vous rendez même pas compte ?

C'était une école particulière ? Non. Parce que vous ne saviez pas à quoi ça ressemblait à l'école classique.

Oui. De une certaine manière. Mais ma mère avait aussi dans l'idée de se dire, il n'y a l'école que l'après-midi.

Donc, il va se reposer le matin, le gosse. Donc, elle voyait l'avantage du roncron. Alors que le matin, c'était pour faire toutes les activités.

Et voilà. Tout ça, on peut évidemment le voir dans ce livre, dans ce film qui est sorti l'année dernière, qui a fait un carton. Ma mère, Dieu et Sylvie Barton, c'est dans cet ordre-là ?

Absolument. Oui. Parce que je pense que les gens se confondent des fois dans quel...

Mais ça a une importance, l'ordre ? Alors oui, ça a une importance. Alors, ça a une importance pour l'histoire.

Parce que ma mère, vraiment, c'était ma star. Dieu, parce que j'ai...

Voilà. Le miracle. Et puis Sylvie Barton, parce que oui, elle a joué un rôle essentiel dans ma vie.

Mais c'est assez marrant, parce que dans un titre comme ça, celui qu'on retient, le nom qu'on retient, c'est Sylvie Barton. Le reste, ça paraît presque commun. Alors, ce que vous me dites est important, parce que quand Léla Bechti a choisi...

Oui, qui a joué le rôle. Qui joue le rôle. On peut expliquer, parce qu'il y a un million et demi de personnes qui ont vu le film l'année dernière, ce qui est colossal.

C'est le deuxième film français l'année dernière. Il s'est tiré d'un livre que vous avez écrit, il s'est tiré de votre propre histoire. Je fais le topo, beaucoup de monde l'a vu et beaucoup de monde a suivi votre histoire, mais comme ça, tout le monde est au point et au même niveau avant de commencer.

Et donc, Léla Bechti a joué votre mère dans le film l'année dernière. Elle joue ma mère, cette mère intrépide, cette mère incroyable, sur 50 ans de vie. Et quand il a fait ce jeu, discuté avec Sophie Téper, qui était la productrice, et Gaumont, toute l'équipe de Gaumont du titre du film, Léla disait...

Je ne suis pas sûr, vous croyez vraiment ? Moi, je pense que c'est mieux, il était une fois ma mère. Moi, je ne comprenais pas au départ.

J'ai dit, mais pourquoi tu t'accroches alors que le titre est vachement bien ? Pourquoi tu ne...

Oui, parce que vous avez repris le même titre que celui du livre. Et je lui ai dit, mais pourquoi...

Et elle me dit, c'est vrai que le titre est bien, mais je vais te dire un truc, Roland. À la fin, les gens ne retiendront qu'un seul nom. Putain, c'est Sylvie Vartan.

Vous voyez ? Et elle me dit, et Dieu sait que je l'aime, Sylvie Vartan, parce que c'était une très belle rencontre. Mais elle m'a dit, tu verras, ils iront, ils prendront leur place, ils diront Sylvie Vartan.

Quand ils te rencontreront, ils diront Sylvie Vartan, parce qu'ils ne sauront jamais quel ordre. Et voilà, on a souri, mais on a gardé le titre. On fait un tour dans cette école, si ça vous va.

Bon, alors ici, avant, c'était les salles de classe, c'est ça ? C'est les salles de classe. Alors, ça commençait...

Ici, on avait les trois premières classes du cours préparatoire. D'accord. Maintenant, je crois que c'est un CDI avec des livres.

Venez voir. Ah oui, c'est une salle de livres. Au départ, moi, je voulais me faire tout petit.

Je ne voulais pas qu'on me voit. Je ne voulais pas qu'on me voit. Donc, j'étais toujours assis au dernier rang.

D'accord. Et puis, les résultats scolaires se sont faits. Voilà, les livrets, les petits livrets de l'époque, le carnet de correspondance.

Et je n'avais pas de bonne note. Je ne suis pas, n'interviens pas. Enfin, j'avais un sale livret.

Et donc, ma mère, toujours fidèle à ce fort caractère, elle déboule en plein l'après-midi, parce qu'elle a six enfants, donc elle ne vient pas 4h30. Elle, elle vient 3h de l'après-midi. Il y a Mme Menange, à l'époque, qui était l'institutrice qui faisait les 3 classes, les 3 premières classes préparatoires.

Elle dit, ma madame, vous ne pouvez pas rentrer. Écoutez, je suis en plein cours. Elle dit, moi, je n'ai pas le temps, j'ai 6 enfants, madame.

Je veux juste savoir, j'ai reçu le petit livret que vous m'avez donné. Où est mon fils ? Alors, elle lui dit, votre fils, c'est qui ?

C'est Roland Pérez. Donc, elle lui dit, je ne sais pas, Roland est où ? Alors, moi, je suis là, au dernier rang.

C'est tellement discret qu'elle ne se met pas et vous êtes. Et là, je fais comme ça. Et elle dit, voilà, j'ai tout compris.

Mon fils est au dernier rang. Eh bien, madame, c'est vous. C'est à cause de vous qu'on en est là.

Et donc, elle lui dit, moi, j'avais une honte absolue. Pardon, mais votre mère, c'est un cliché. Ah, mais oui, c'est un cliché.

Absolue. Elle lui dit, c'est à cause de vous. Mais elle lui dit, enfin, madame, je ne vous permets pas.

Elle lui dit, comment on ne vous permet pas ? Devant les autres élèves ? Oui.

Et moi, tout le monde me dit, c'est la mère de Pérez, c'est la mère de Pérez. Moi, j'ai l'heure. Alors déjà, je me fais tout petit, tout petit.

Le lendemain, j'étais au premier rang. Et mes résultats étaient en flèche. On grappait.

Ben oui. Ça compte. Enfin, on continue dans cette école.

Oui. Et alors, est-ce que vous jouiez dans des spectacles ou des choses comme ça, quand vous étiez là ? Oui, bien sûr.

Comment ça se passait ? Soyez les enfants du spectacle. Ça ne veut tout dire et rien dire.

Qu'est-ce qu'ils faisaient, ces enfants ? Alors, on avait des cours de danse. Mais les cours de danse ont vite été avortés en ce qui me concerne.

Parce que franchement, c'était même dangereux pour moi. Oui, alors on le voit dans le film, d'ailleurs. Oui, c'était dangereux.

Et ensuite, j'ai migré vers l'école de l'opéra de chansons. C'était Pierre Dac qui entraînait des enfants. Et j'allais donc au cours de l'opéra, quasiment un soir sur deux.

D'accord. Et j'ai eu la chance de jouer dans la Tosca, où on chantait. Si, il fait c'était Hadjella Vittoria.

Oui, je chantais. Et puis ensuite, j'ai commencé à prendre des cours de comédie au cours Simon. Il y avait des cours des jeunes à l'époque.

Et j'ai joué à la comédie française dans Atali. J'ai joué au théâtre de Paris. Donc, je jouais dans Adrien Sète avec Rodriche à l'époque.

J'étais un enfant de chœur avec un peu de texte et tout. Donc, voilà. J'ai donc fait pas mal de pièces de théâtre.

J'ai joué aussi au cinéma. J'ai fait L'Italien des roses avec Richard Boranger. Alors là, vous avez quel âge ?

J'avais 12 ans quand j'ai fait ou 13 ans quand j'ai fait. Donc, tout ça, c'est quand vous êtes ici, quoi ? Ici, tout ça.

Donc, de 7 ans à...

De 7 ans à 14 ans. Oui. J'ai fait tout ça.

Et d'ailleurs, c'est le premier film de Richard Boranger. Pour moi, ce sera la dernière fois que je jouerai. Je serai derrière l'écran.

J'ai revu un jour à Cannes, Richard Boranger. Je lui ai dit, voilà, c'était ton premier film. Moi, c'était le dernier.

Je jouais son petit frère. D'accord. Oui, dans un film de Charles Maton qui avait eu d'ailleurs un prix à venir.

J'ai fait des publicités. Et après, j'ai surtout intégré tous les comédiens figurants d'enfants pour tous les shows de Maritier et Gilbert Carpentier. Oui, ça, c'est ce qu'on voit dans le film.

Et ça, c'était...

Vous dansez derrière. Je dansais, je chantais. J'étais dans tous les shows de Maritier et Gilbert Carpentier.

Je n'en revenais pas parce que c'était les shows que je regardais à la télévision. J'étais attentif. Et là, de me retrouver derrière, je me dis, ce n'est pas possible.

Le miracle continue, quoi. Jusqu'au jour où vous avez croisé Sylvie Vartan. Jusqu'au jour où je crois Sylvie Vartan.

C'est vrai qu'elle est avec Johnny derrière la moto ? Voilà, ouais. La salle Charles d'Amour.

Cette salle, c'était le préau. C'est là où il y avait les spectacles. Il y avait la scène qui était ici.

Et chaque année, chaque fin d'année, on écrivait un spectacle. Mais c'était des spectacles plutôt très musclés. Parce que les uns et les autres, il y avait des danseurs hors pair.

Il y avait des chanteurs. Il y avait des musiciens. C'était vraiment des comédiens aussi.

Mais en fait, c'était une vie de rêve quand même. Parce que moi qui n'étais pas sorti de chez moi, d'un seul tout, être confronté à ce milieu artistique. C'était quand même quelque chose de fascinant, franchement fascinant pour un enfant.

Parce que moi, je ne connaissais rien de la vie. Je n'étais pas sorti de chez moi. Donc tout d'un coup, on me retrouvait avec tous ces enfants qui faisaient des spectacles, être choisis.

On se mettait comme si on était dans les salles où on met des futurs accusés pour les reconnaître. Oui, on met plusieurs et on dit de quel est le bon ? Et bien là, c'était pareil.

Ils regardaient, ils s'arrêtaient, ils nous évaluaient. C'était assez drôle à l'époque. Pourquoi votre mère a voulu à un moment que vous quittiez cet endroit alors qu'elle avait raconté n'importe quoi pour que vous puissiez y entrer ?

En tout cas, quittez l'endroit où vous quittez le milieu du spectacle. C'était le moment où vous deviez quitter le collège. Exactement.

Après, il fallait aller au lycée Racine si on voulait continuer. D'abord, elle a vu que quand on est enfant, à l'époque, on était très privilégié. C'est-à-dire qu'on était reçu tout de suite.

C'était l'enfant qu'on avait choisi. Il n'y avait pas un milliard de castings. Il n'y avait pas d'agence.

Il y avait sept écoles et quelques enfants. Il n'y avait pas de casting vraiment sauvage. C'était ce casting dans cette école.

Et du coup, on l'avait choisi. On partait. On n'était sûr.

Il n'y a aucune difficulté. Ensuite, ce qu'elle a vu, c'est qu'elle a vu les grands. Elle voyait comme moi.

Quand on allait tourner, on voyait tous les grands, tous les adultes qui, eux, venaient à l'époque avec leur presse-book de photos. Il n'y avait pas, on n'en voyait pas par internet. Presse-book de photos qui venaient.

Il n'y avait pas de directeur vraiment de casting. Il n'y avait pas d'agent. Il n'y avait pas, c'était pas organisé comme ça.

Un peu sauvage. Un peu sauvage. C'est donc un peu inquiétant.

Mais oui. Et les gens, ils arrivaient. Et puis, on vous rappellera.

Non, ce n'est pas bon. Non. Et puis, les gens pleuraient.

Les gens attendaient. Et ça, votre mère ne le supportait pas. Ma mère ne le supportait pas.

Elle ne le supportait pas. Ce n'est pas pour nous du tout. Parce que c'est ça.

Et elle savait que j'avais été fragilisé par la vie. Et elle s'est dit, ce métier va me fragiliser. Et donc, moi, j'avais un rêve.

C'était de devenir coiffeur. Oui. Parce que ma mère passait son temps chez le coiffeur.

Je pensais que c'était un métier très noble. Et ça l'est, évidemment. Et quand je lui ai dit, elle m'a dit, pas du tout.

Je lui ai dit, tu passes ton temps chez le coiffeur. Toi, je comprends pourquoi tu me dis, c'est pas pour nous. C'est très, très bien.

C'est très bien pour les autres. C'est pas pour nous du tout. C'est vrai qu'elle dise pour nous.

Oui, parce qu'elle s'était appropriée. Oui, oui. C'était quand même la mère juive par excellence.

Donc, oui. Je vous présente Virginie Bray. Bonjour Virginie.

Merci de nous accueillir. Merci d'avoir choisi de revenir chez vous. Oui, chez moi, c'est une émotion intense.

Vous l'imaginez. Cette école qui m'a apporté tant de choses. Qui m'a apporté une forme d'assurance que je n'avais absolument pas.

Qui m'a apporté toutes les ouvertures au monde que je n'avais pas. J'avais une télévision un peu avec trois chaînes en noir et blanc. Donc, j'ai vu la couleur ici.

J'ai vu la diversité. J'ai vu tous ces milieux. Il y avait toutes les couches sociales.

C'est ça que cette école est aussi magnifique pour ça. Ce n'est pas une école de quartier. Je crois qu'elle est restée à l'identique.

Les élèves et les anciens élèves nous font toujours des retours très positifs. Et alors, comment on entre dans cette école des enfants du spectacle ? École et collège, c'est ça ?

Alors, c'est une école, oui, qui démarre au CM1. Et puis, c'est aussi un collège qui va jusqu'à la troisième. Donc, ce sont des élèves qui viennent ici en cours avec des horaires aménagés.

D'accord. Alors, à votre époque, c'était l'après-midi uniquement. Maintenant, on a des élèves qui n'ont cours que le matin ou que l'après-midi.

Et ils doivent justifier de la pratique d'une activité avec un certain niveau et puis un besoin d'horaires aménagés. Roland disait tout à l'heure que des professionnels du spectacle, à l'époque, vous venez vous chercher. Est-ce que c'est toujours un peu le cas ?

Des producteurs, des réalisateurs, venez choisir. Alors, on est encore sollicité par les agences. Quand ils veulent tourner un film, ils n'hésitent pas à nous en proposer.

Donc, on fait de l'affichage. Et puis, parfois, ils viennent regarder. Et puis, dans ce cas-là, on passe par les parents directement quand ils veulent solliciter un profil particulier.

Merci beaucoup de nous avoir accueillis. Merci à vous. C'était un plaisir.

Oui. Et puis, il y aura plein de stars qui vont encore sortir d'ici, visiblement. On a eu des vrais, des grandes.

On a vu, j'ai mis très haut. Nous n'avons que des stars dans cet établissement. Merci beaucoup.

Oui, vous avez raison. Merci. La porte, elle n'a pas changé.

Comment les élèves, vous voyez ? Il y avait des moqueries. Comment ça se passait ?

Oui. En fait, quand je suis arrivé avec mes chaussures indifférenciées, les élèves étaient focalisés sur ces chaussures. Et ils me disaient...

Parce qu'à ce moment-là, vous aviez déjà subi ou bénéficié de ce traitement un peu particulier qui vous permettait de marcher. Qui permettait de marcher. Mais en fait, pour que le pied reste droit...

Parce qu'aujourd'hui, là, je vous vois, vous marchez normalement. Oui, oui, je marche normalement. Mais j'ai un pied plus petit que l'autre.

D'accord. J'ai un pied qui est encore un peu comme ça. D'accord.

J'ai un talon qui est moins important. C'est-à-dire que j'ai un talon...

Si je me baisse, vous voyez, si je fais comme ça, ça se lève. Le talon n'est pas assez...

Ah oui, d'accord. D'accord, je comprends. Et donc, j'avais encore ça.

Et donc, il fallait vraiment...

La femme du rebouteux avait dit à ma mère, il faut qu'il garde ses chaussures au moins pendant trois ans. Je les ai gardées à peine une saison, une année. Parce que j'avais tellement honte.

Les enfants étaient très durs. Et après, au bout de la deuxième année, après, ils ne regardaient plus, ils ne s'en foutaient. J'étais devenu comme les autres.

Est-ce que vous avez appris à prendre votre corps en main ici ? Ah oui. Parce que dans une école plus classique, vous n'auriez peut-être pas pu bouger ou mouvoir, vous exprimer, comme vous avez pu le faire après, prendre confiance en vous ?

Oui, je pense que cette école m'a donné d'abord beaucoup d'assurance, m'a permis d'abord de m'exprimer en public. C'est pour ça que quand j'ai fait mes études de droit et d'avocat, je n'ai jamais eu peur de prendre la parole. Parce que dans le film, on voit que vous êtes un enfant, silence le même.

Oui, au départ, j'observe. Oui. J'observe, oui.

J'observe et puis, il faut que je croise ce que me dit ma mère. C'est-à-dire qu'elle me dit, tu vas marcher. Et donc, il fallait que je l'intègre.

Alors qu'à un moment donné, je m'en foutais, je voulais rester à quatre pattes pourvu que je puisse bouger, aller où je veux dans l'appartement familial. Vous disiez que vous vouliez devenir coiffeur, ce n'était pas pour vous tout à l'heure. Mais alors, comment vous avez décidé de devenir avocat ?

Est-ce que ça, vous l'avez décidé ou c'était encore votre maman qui a décidé ? En fait, vous savez, dans les familles juives, on dit souvent médecin ou avocat. Donc, ma mère n'a pas été très loin pour chercher ce qu'elle pensait que je devais faire.

Je me suis dit qu'en fait, cette assurance que j'avais prise, finalement, je pourrais peut-être la mettre au service des autres. Et qu'avocat, effectivement, c'était peut-être un bon métier pour à la fois m'intéresser à la vie des gens. Parce que voilà, la vie avocat, c'est toutes sortes de problèmes, toutes sortes de problématiques diverses, familiales, professionnelles.

Et donc, je me suis dit que c'était probablement le bon métier et où je pourrais peut-être, si j'ai un peu de talent oratoire, si tant est que j'en avais, peut-être que je pourrais le développer et l'exposer là, dans ce métier. Dans un instant, on parlera de Sylvie Vartan. Oui.

Alors, avant qu'on commence peut-être à l'écouter un peu, vous dites, d'ailleurs, c'est le titre du film, et on comprend le film, mais elle fait partie du processus et du travail pour guérir. Guérir et marcher. Oui.

Pourquoi ? Parce qu'en fait, j'avais une sœur aînée qui, à l'époque, elle, était au petit conservatoire de chez Mireille, qui était un peu l'ancêtre de Star Academy. D'accord.

Sur TF1. Tu vois un télé-crochet. Voilà, télé-crochet, sur la première chaîne de télévision française.

Ma mère l'avait inscrite parce qu'elle pensait que ma sœur était douée et qu'elle avait une voix. Enfin, ma mère pensait que ses six enfants étaient des furetus stars. Quand elle est arrivée, ma sœur, Mireille, franchement, ce n'était pas sa tasse de thé, ma sœur.

Et donc, elle avait en sainte horreur Sylvie Vartan parce qu'elle trouvait que François Zardy, qui était au petit conservatoire, ou à Lisdena, avait beaucoup plus de talent que Sylvie. Elle ne comprenait pas le succès de Sylvie. On ne pouvait pas lui mettre une télévision sans voir Sylvie à l'époque.

Et donc, elle a associé ma sœur à Sylvie Vartan. C'est-à-dire qu'elle lui donnait des chansons et des bandes à répéter sur la tessiture de voix de Sylvie et donc sur les musiques de Sylvie. Et donc, ma sœur revenait le soir avec des disques qu'elle reproduisait sur des magnétophones.

Et elle répétait toute la journée des chansons de Sylvie. Et donc, les magazines, les chansons, comme je n'avais pas grand-chose à faire dans la journée, à quatre pattes, j'arrivais dans la chambre de ma sœur, de mes sœurs, et je voyais ces magazines et j'écoutais ces chansons. Et sa voix a commencé à me captiver, mais sans me rendre compte, en fait, qu'un jour, elle ferait partie du traitement.

La femme du Rebouteux, quand elle a vu que je sortais de mon lit, que je ne voulais pas rester dans mon lit, attaché, harnaché avec tout le matériel, a dit à ma mère, mais qu'est-ce qu'il aime Roland ? Il va falloir qu'on trouve quelque chose, il ne va pas pouvoir rester 18 mois allongé. Et ma mère a dit, écoute, il y a une petite chanteuse là, qui vient d'arriver, elle lui a dit, écoutez-moi bien madame.

Ça n'est pas Mozart, mais s'il lui va retendre, c'est partie du traitement. Et c'est comme ça que mes parents ont couru dans les magasins de disques, dans les disquaires à l'époque, pour acheter tout ce qui concernait à l'époque les chansons de Sylvie Vartan. Et quand il a fallu que j'apprenne à lire ou à écrire, parce qu'autrement, j'allais être...

Alors c'est votre frère qui vous apprenne ? Oui, comme aucune méthode ne marchait, ils ont inventé ce qu'on appelle la méthode Vartan. C'est comme ça que j'ai appris à lire et à écrire.

Alors on a acheté des disques, mais pas des cassettes, alors...

Oui, à l'époque, c'est avec des...

Après, il y a eu des cassettes, mais c'était des disques, oui. Alors, vous êtes déjà nus ici ? Non.

Vous savez que c'est le seul magasin de Paris qui vend des cassettes, exclusivement des cassettes. Je vous laisse entrer ? Bah oui.

Merci de nous accueillir. Bonjour. Bonjour.

Comment allez-vous ? Bienvenue. Merci de nous accueillir.

Bah, avec plaisir. Bon alors, on vient parler de Sylvie Vartan. Donc il existe des cassettes de Sylvie Vartan.

Il existe des cassettes, bien sûr. Ouais. On peut voir ça ?

Oui, elles sont juste ici. Alors là, on va voir si vous les reconnaissez. Ah oui, Chanson française, c'est là.

Ah oui, il y a Toutes les femmes, moi, un secret, bien sûr. Moi, j'avais le disque, j'avais le disque, exactement. Celui-là, c'est avec les cheveux frisés.

C'est là où elle chantait, l'amour, c'est comme une cigarette, j'imagine. C'est des époques RCA. Ah oui, ça c'est quand elle était aux Etats-Unis.

Vous pouvez nous en mettre une ? Bien sûr. Ah super.

Alors, Roland Lacalle, vous me dites. Écoutez, on peut, c'est là, c'est bien. Allez, c'est parfait.

Et vous en vendez toujours, les cassettes de Sylvie Vartan ? Oh oui. Il y a des clients qui viennent.

Ah oui, oui, oui. Vous n'avez plus de lecteurs de cassette heures, alors ? Non, j'ai gardé, je me suis racheté une petite platine pour mettre les disques viniles, ouais, je me suis racheté ça.

Là, on est en quelle année à peu près ? Tout juste année 2000, je pense. Ah donc, oui, là, vous, alors à ce moment-là ?

Entre 98 et 2000, je pense. Donc là, vous travaillez déjà avec elle ? Là, non, je la connais, je l'ai déjà approchée, on s'est déjà vue, parce que je travaillais à France Télévisions et à Europe 1 déjà, mais elle ne sait pas que je suis, qu'elle n'est pas mon histoire et je ne suis pas devenu encore son avocat.

Ah oui, alors expliquez-nous, parce que c'est vrai que c'est pas commun. Au début, votre traitement passe par elle. Ouais.

On en a parlé un peu et ensuite, vous allez travailler avec elle. Oui, j'apprends à dire et à écrire avec ses chansons. Et puis, dans les années, on va dire, 2010, elle va, alors je la rencontre à plusieurs reprises sur les plateaux, mais je ne me révèle jamais.

Elle pense que je suis un journaliste. Je l'ai interviewé pour des magazines de jeunes à l'époque. Elle me voit à la radio et à la télé, donc elle pense que je suis journaliste.

Elle ne sait pas du tout que je suis avocat, que je m'occupe d'artiste. Et à chaque fois qu'elle me voit, elle sait qu'il y a une forme de sympathie. C'est-à-dire que je suis toujours très avenant.

Et elle, même s'il y avait une certaine distance, il y a quelque chose qui la frappe dans ma gentillesse, on va dire. Et puis, le temps va passer. Un jour, Isabelle Mergot et son agent vont m'appeler.

J'étais l'avocate Isabelle Mergot. Et elle me dit, est-ce que tu ne devineras jamais ce qui nous arrive ? La pièce que je viens d'écrire, Sylvie Vartan accepte de jouer dans cette pièce.

Et là, elle repart à Los Angeles, il faut absolument que je lui donne un contrat. Est-ce que tu peux dégainer un contrat très vite ? Et là, je suis tétanisé.

Elle me dit, ça va ? Allô ? Allô ?

Je dis, oui, oui. Donc, Sylvie Vartan, d'accord. Au tel des variétés, tout à l'heure.

D'accord. Ok. Bon, ben, je vais le dire.

Alors, je ne sais pas comment je garde. Et quand j'arrive, je me dis, je suis un peu mal à l'aise parce que je me dis, est-ce que Sylvie va ne pas comprendre qui je suis ? Est-ce qu'il y a une sorte de confusion ?

Elle était avec son agent Patrick Ouevec et là, quand elle vient et quand Sylvie arrive, elle me regarde et puis elle revient comme ça sur moi et elle me dit, mais je vous connais, vous êtes avocat ? Je dis, oui. Mais vous n'êtes pas journaliste ?

Je dis, ben, oui. Alors, Isabelle, elle me regarde et je lui dis, je t'explique pas. Et là, elle me dit, Roland Perret, c'est ça ?

Je dis, oui. Oui. Son attaché de presse avait dû me dire à plusieurs reprises et elle a dit, D'accord.

Et donc, on parle du contrat. Finalement, elle le signe sur place. Je suis très, vraiment, elle me dit, en même temps, je n'achète pas la tour à fête, il ne faut pas exagérer.

Donc, je lui dis, je me dis vraiment, elle ne voulait pas le montrer à votre conseil. Elle me dit, mon conseil est à la retrait. Et elle me dit, ce n'est pas bien grave.

Enfin, vraiment. Je la trouve très simple. Je me dis, mais moi, je défends des gens, ils prennent 22 000 conseils.

Elle, c'est quand même une star. Et à la fin. Et en plus, pour vous, ça va au-delà de Sylvie Vartan comme pour le reste. des gens, c'est une figure mythologique, quoi.

C'est à la fois, et j'ai très peur d'ailleurs de l'approcher parce que j'ai peur qu'elle ne soit pas à la hauteur de ce qu'elle m'a apporté. Ah oui, vous avez peur d'être déçu ? Oui.

Et donc, je reste sur, et à la fin, sur le trottoir assortant, on est parti prendre la verve tous ensemble. Et elle me dit, vous accepteriez de devenir mon avocat ? Tout de suite.

Non, mais là, je suis une paralysée. Je suis petit garçon qui ne peut plus marcher. Et je fais semblant, je dis, bah oui, bien sûr.

Et là, je cours. Faut voir. Je cours chez mes parents.

À l'époque, quand j'étais déjà marié, je cours chez ma mère. Je lui dis, maman, tu ne me finiras jamais de qui je vais être là avec un. Je lui dis, Sylvie Vartan.

Et là, elle me regarde, elle me dit, elle en a de la chance. C'est comme ça que tout a commencé. Et surtout, je ne lui ai jamais révélé l'histoire.

On y va ? Allez, merci beaucoup. Merci absolument.

On vous laisse avec Sylvie Vartan. Voilà, si c'est comme ça. Vous savez ce que je faisais chez les disquaires ?

J'étais tellement obsédé par Sylvie que lorsqu'il y avait les 45 tours ou les 33 tours, j'attendais que le vendeur ne me regarde pas. Et je prenais tous les 45 tours et je les mettais devant tout le monde, comme ça. En me disant que forcément, quand quelqu'un allait arriver, il ne pourra pas passer à côté.

Il va acheter Sylvie Vartan. Il va acheter Sylvie Vartan. Je faisais ça.

Et à l'époque, vous n'étiez pas encore son avocat. Non, pas du tout. Donc, vous n'aviez aucun intérêt.

Et je voyais quand je partais, je voyais le vendeur en disant, mais qui c'est qui m'a fait ça ? Et il était obligé de tout ranger. Mais je me suis dit, et même je faisais ça dans les supermarchés à l'époque, en me disant, forcément, celui qui va venir va tomber sur elle forcément.

On y va ? On y va. Merci beaucoup.

Merci pour votre accueil. Merci pour votre accueil. Au revoir.

Vous, ce qui est bien, c'est que quand l'émission se terminera, vous commencerez à travailler ? Oui. C'est ce que j'ai fait quasiment depuis septembre.

Du lundi au jeudi soir, j'ai commencé après une journée de travail. Une journée de travail d'avocat ou d'écriture, puisqu'on écrit actuellement la suite de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan. J'avais écrit le livre derrière, qui était Ma mère, Dieu et Lidzi.

Et j'avais écrit Bonne fête des mères Papart. Et on va adapter ces deux livres à l'écran. Et avec le talent… Allez, en deux films ?

En un film, je crois. Un seul film, d'accord. Et avec le talent Pascal Heldé.

D'accord. On co-écrit cette fois. Et puis, j'ai mon cabinet d'avocats avec, évidemment, mes clients.

Et donc, la journée… La journée est longue. La journée est longue et je finis à une heure du matin après. Maitrons, on y entre.

On y entre, c'est… En revanche, on ne parle pas aux inconnus. C'est vrai qu'elle vous répétait ça maintenant ? Elle me l'a répétée même quand je suis devenu avocat.

Quand je prenais le train pour aller t'aider avec des clients. J'ai essayé de baisser le volume de mon portable parce qu'elle me dit « N'accepte rien, même pas un bonbon, chérie. » J'avais honte.

Mais honte. Et je ne pouvais même pas lui répondre parce que mon client était en face de moi. Et donc, évidemment, dans le métro, je m'empresse maintenant à parler à tout le monde.

Et ce qui est assez marrant, je crois, c'est l'une des phrases les plus drôles du film. C'est quand elle vous dit, vous lui dites « Mais arrête de me dire ça. » Et vous lui dites « Mais je ne comprends pas pourquoi tu veux parler à des inconnus. » C'est vrai.

Parce qu'elle avait une logique qui nous échappait à tous. Le métro, c'était un peu le symbole de votre normalisation. C'était d'abord le transport du futur pour moi.

J'avais l'impression de prendre un jet. Je n'étais jamais sorti de chez moi. Même pas en voiture, je crois.

J'avais dû prendre le métro quelques fois avec ma maman. Mais le prendre tout seul, c'était incroyable. Vous avez toujours grandi et vécu à Paris.

Oui, je suis né à Paris. Mes parents ont réussi à avoir l'appartement à Paris grâce à ma naissance. Ah oui, c'est vrai, c'est ce que j'ai expliqué au début du film.

C'est marrant parce que c'est vraiment les métros de l'époque. Ah oui, c'est là, oui. Maintenant, on se met ici, tous les deux.

Comme ça, Julien, on peut se mettre en face de nous. Vous avez grandi dans une famille pied-noir. Oui, je suis du Maroc.

Mon grand-père était ramin. C'est surtout cette appétence de ma mère pour les prières, pour la croyance très forte. On a parlé de votre mère, on a parlé de Sylvie Vartan.

On n'a pas parlé de la personne qui est entre les deux au milieu du titre, du livre et du film. Dieu. À quel point Dieu est majeur dans votre construction, là aussi, pour vous, enfant, pour vous, jeune adulte, et pour vous, maintenant ?

Est-ce qu'il y a toujours la même place et la même importance ? Oui, parce que Dieu, on met une kippa. Ça veut dire l'humilité.

On met une kippa, ce n'est pas pour emmerder qui que ce soit. C'était juste pour montrer à Dieu qu'on se couvre la tête, parce que Dieu est au-dessus de nous. Et cette croyance, c'est ce qui donne cette humilité dans la vie.

C'est ce que mes parents m'ont transmis, c'est ce que j'essaye de franchement être à mes enfants. Cette humilité, elle est importante parce que vous pouvez être en haut, vous pouvez redescendre d'un seul coup en bas. On le voit autour de vous tous les jours.

Moi, j'ai très peur de Dieu. J'ai très, très peur. J'ai une peur viscérale de mal faire, j'ai peur de la punition, j'ai peur de ce qui pourrait m'arriver, de ce qui pourrait arriver, surtout à ceux que j'aime.

Donc, pour moi, Dieu existe. Il y a un monde après, il y a plusieurs vies. Il y a un monde après le monde dans lequel le monde intéresse.

Il y a le monde spirituel. Et ce monde spirituel existe. C'est rare d'entendre encore des gens dire, clairement, pour moi, Dieu existe et il y a une vie après, un monde.

Maintenant, souvent, les gens s'adaptent. Adapte la religion à ce qu'ils pensent, à ce qu'ils...

C'est trop facile d'adapter parce qu'on en fait un peu ce qu'on veut. Alors, de toute façon, on s'adapte un peu parce que, évidemment, je ne suis pas à la lettre. Si je suis à la lettre, je ferais, par exemple, le Shabbat, je me couperais du téléphone, de la télévision, de la voiture, de...

J'essaye de me couper un peu, mais je ne fais pas du tout. Mes enfants le font, évidemment, mais les plus jeunes le font plus que moi. C'est important d'avoir Dieu parce que je pense que ça nous oblige à avoir un bon comportement.

Il y a des chiffres officiels sur la montée des actes antisémites en France. Est-ce que vous le ressentez ? Je n'ai jamais ressenti, moi.

Personnellement, d'abord, je ne me suis jamais caché de mon judaïsme, judaïsme fervent. Mais, encore une fois, judaïsme fervent dans le respect de toutes les autres religions que j'adore. J'adore parler avec des musulmans, de leurs croyances.

J'adore partager avec eux leurs fêtes parce que dans l'univers de cet HLM où nous étions, il y avait tous les voisins, tous les voisines de toute origine. Et on fêtait les fêtes des uns, des autres. Ça a 50 ans.

Oui, ça a 50 ans. C'est encore possible aujourd'hui ? Moi, oui, je m'aperçois que c'est encore possible parce que si on a un regard bienveillant sur les autres, et sur les autres qui sont différents de nous, et on se nourrit de cette différence, je trouve que c'est une forme de respect qui fait que moi, je n'ai jamais été attaqué parce que j'étais juif.

On ne m'a jamais dit ça juif. J'ai une chance inouïe. On ne m'a jamais dit ça juif.

Et je vois aujourd'hui, je ne suis pas du tout un enfant de cœur, je vois aujourd'hui la jeunesse qui est attaquée du fait de la religion, notamment du judaïsme. Je vois des rabbins parce qu'ils ont une équipage, je vois des religieux. Et je suis d'une tristesse infinie, mais je n'arrive pas à croire.

Je n'arrive pas à croire. Pour moi, c'est des faits isolés. Je n'arrive pas à penser que c'est quelque chose qui va...

Évidemment, je ne suis pas aussi naïf que ceux qui étaient français à l'époque et juifs en 1939-1945 et qui pensaient que le fait d'être français les protégeait. Ce qui fait peur, c'est le terrorisme en général. Le terrorisme contre les civils, le terrorisme comme moyen d'expression radical.

Oui, ça, ça me fait peur. Ça peut toucher les juifs comme ça peut toucher d'autres, évidemment. Évidemment, le conflit israélo-banestinien, roche-orient.

Est-ce que vous vous sentez concerné par ce qui se passe entre Israël et les palestiniens ? Est-ce qu'on veut vous ramener à ça, souvent parce que vous êtes vif et vous, au fond, vous dites pas. Moi, je n'ai fondamentalement rien à voir avec ça.

Non, j'assume totalement. J'assume l'existence d'Israël, j'aime beaucoup ce pays. Je trouve que c'est une chance inouïe que ce pays ait pu voir le jour en 1948, à la suite de ce qui s'est passé, des progroumes et de ce qui s'est passé.

Après 6 millions de morts de juifs, il fallait bien quand même que les juifs en fassent un territoire pour être protégés. Donc, je suis, j'assume totalement cet après, je suis comme tout le monde, je rêve de façon idéale, je rêve d'une paix sur ce territoire. Je rêve que les palestiniens vivent de façon autodéterminée, c'est-à-dire qu'ils puissent ne pas être administrés par des terroristes, comme c'est le cas, mais être administrés par des gens qu'ils ont élus, des gens qui... une sorte de démocratie.

C'est-à-dire qu'Israël est la seule démocratie du coin. Et donc, effectivement, elle inquiète tous les pays autour qui sont tous sauf démocrates. Ce ne sont pas des démocraties.

Vous me dites que j'assume jusqu'à quel point, parce qu'en effet, je suis d'accord avec vous, c'est la seule démocratie de la région. Mais il y a eu certaines dérives qu'on a pu voir à Gaza. Et donc, ça, on peut vous le reprocher aussi, alors que, moi de plus, vous êtes en France, vous êtes français.

Le problème, c'est que tout le monde parle de ce qu'il ne connaît pas. Moi, je ne suis pas à Gaza. Je ne suis pas dans les secrets, les alcools de ce qui se fait et de ce qui se dit.

Ce que je sais simplement, c'est qu'il y a eu, au-delà de tout ce qui s'était passé avant, il y a eu un massacre sans précédent le 7 octobre. Et je crois que le monde n'a pas pris la mesure de ce qui s'est passé. Parce qu'après l'effroir de ce qui s'est passé, tout le monde s'est réveillé deux jours après, comme si c'était normal de ne pas se défendre.

À un moment donné, il fallait aller, évidemment, aller chercher ces terroristes, les sortir de leur tanière, alors qu'ils se tairaient avec les populations civiles qui ont été innocentes, je le sais, et qui ont été témoins aussi d'exactions et de choses terribles. J'en suis aussi touché que si c'était des Juifs, évidemment. Mais comment faire ?

C'est-à-dire que moi, je ne sais pas comment combattre des terroristes. Le terrorisme n'obéit à aucune règle, à aucune logique. Ils ont une forme de frappe qui est insidieuse, qui est terrible.

On l'a vu. En France, moi, je suis très déçu des médias qui ont été très, très partiaux dans le traitement de ce conflit et surtout de ce qui s'est passé le 7 octobre. Je suis infiniment choqué, et je le dis sincèrement, mais je le fais comme un citoyen normal.

Je suis extrêmement choqué du parti LFI, qui est outrageusement en fonction de nous. Ce n'est pas seulement de l'Israël qu'ils ont en ligne de mire, c'est beaucoup plus que ça. Et on le voit dans leur discours, dans leur façon d'analyse.

Et c'est bien moi que je suis...

J'ai beaucoup de peine pour la France, mais la France est divisée. Et je pense que je ne suis pas plus, évidemment, que je n'ai jamais doté pour l'extrême droite. Je suis...

Mais je me dis aujourd'hui, qui sont les bonnes personnes pour essayer d'apporter de la quiétude, de la tolérance, de la paix et du soutien à ces conflits ? On a bien vu en Iran ce qui s'est passé. Qui a parlé d'Iran ?

On parle de la guerre, oui, en Iran, mais qui parle des femmes violées, des femmes qu'on empêche de vivre, d'exister, de s'exprimer ? Mais tous ceux qui ont été les premiers à venir parler de ce qui se passait à Gaza, de venir parler des morts et de ces violences, c'est indéniable. Et on ne les a pas entendues.

Depuis des décennies, les Iraniens souffrent. On ne les entend pas, on ne les voit pas, on ne les comprend pas. Donc on voit bien là que LFI, par exemple, n'a jamais pris la parole pour parler de ces violences faites aux femmes.

Tous ces comédiens, tous ces gens connus n'ont jamais parlé des violences faites aux femmes, justement, dans ce qui bouge le 7 octobre. On a vu des images très terribles. Et pour autant, je me sens...

Je me sens...

Bien, on croit. A quel moment vous vous avez dit, tiens, je vais écrire mon histoire ? Vous m'avez dit, c'est-à-dire, oui, je n'aime pas forcément trop parler de moi et tout, mais vous y êtes allé.

J'ai été pour ma mère, parce que quand ma mère est partie, quand ma mère est partie, je ne lui ai pas dit merci. En fait, on vit avec les gens sans avoir conscience du bien qu'ils font. On pense que c'est normal quand ils agissent nos parents.

Et en fait, ce n'est pas toujours normal. Et quand ma mère est partie, je me suis dit, est-ce que je lui ai dit merci ? Et j'avais donc une urgence absolue.

C'était de grand hommage. Et donc, quand j'ai écrit ce livre, qui est une ode, vraiment, je pense, à la maman, cette idée ne m'a pas quitté. Et c'est comme ça que j'ai eu l'idée d'écrire ce livre.

J'avais quasiment écrit les premiers chapitres, quand j'ai rencontré l'éditeur, qui était Vincent Barbare. Il me dit, pardon, mais votre vie est un triptyque. C'est votre mère, ma mère, Dieu, et Sylvie Barton.

Et c'est lui, c'est lui, c'est Vincent Barbare. Absolument. J'ai trouvé le titre.

Et j'ai demandé, j'ai filé chez Sylvie Barton. Je lui ai dit, je lui écoute, je vais écrire un livre une fois qu'elle connaisse l'histoire. Je lui ai dit, écoute, je vais écrire un livre, mais simplement, ça inclut ton nom.

Est-ce que ça te pose un problème ? Et quand je lui ai donné le nom, elle m'a dit, ah non, non, non, non, ça fait pute assier. Ah non, non, puis mon nom à côté de Dieu, ce n'est pas possible.

Mais son mari est américain. Et donc, son mari lui a dit, what an amazing title. À l'américaine.

À l'américaine. Et c'est parti. Et c'est parti, c'est comme ça que le livre, je ne pensais pas qu'il connaîtrait ce succès.

Mais en fait, je pense que le nom de Sylvie Barton a dû attirer l'attention des médias. Et ils ont voulu tous comprendre pourquoi Dieu était accolé au nom de Sylvie Barton. Et c'est comme ça que le livre a eu un grand succès et a été adapté au cinéma.

On est en train de se diriger vers...

Vers 30 ans, ma vie. Oui, au repin, vous animez dans 20 minutes maintenant la libre-antenne. Oui.

On est déjà venu ici il y a 4 ans, je crois, avec Olivier Delacroix qui animait la libre-antenne. C'est bien. Et Olivier avait vécu un drame, il a perdu son fils.

Oui. Vous avez vécu un drame, vous avez perdu votre femme. Oui, elle était jeune.

Ma femme, je l'ai perdue en 2006, elle avait 43 ans. Comment on se relève de ça ? J'avais trois enfants et j'ai pensé qu'à une seule chose avant de penser à ma peine, j'ai pensé qu'à eux.

Et je me suis dit, si moi je suis bien, eux seront bien. Ma femme avait vécu dans une forme de mensonge, c'est-à-dire qu'elle n'avait pas dit qu'elle était...

Enfin, elle n'avait pas dit. Elle cachait le fait que sa maladie évoluait et qu'elle avait refusé les traitements parce qu'elle était persuadée que le traitement allait l'empêcher de profiter des dernières années avec ses enfants. Et donc, elle voulait rester debout.

Et donc, c'est un choix qui, je pense, n'aurait rien changé. Peut-être même si elle avait eu ce traitement, elle serait morte bien avant. Donc, je pense que le choix qu'elle a fait était le bon choix, curieusement.

Mais, fort de ça, je me suis dit, je n'ai pas le droit, il ne faut pas que ce soit la double peine pour mes enfants, de perdre leur mère et de perdre quelque part leur père qui se retrouve totalement désœuvré. Donc, je leur ai dit à mes enfants, écoutez, il y a des personnes à qui on coupe, à qui on ampute un pied, mais qui gagnent les marathons. Nous aussi, on va gagner un marathon.

On a une jambe en moins, on a un bras en moins. Vous allez voir, on va gagner le marathon. Et puis, j'ai continué à avoir cette joie que m'avait donnée ma vie, m'avait donnée mon enfance.

J'ai continué à mettre le masque du clown de façon permanente avec mes enfants. Et je crois que ça a marché. Est-ce qu'il faut penser tous les jours à elle ?

Ou est-ce qu'il faut essayer d'effacer progressivement ? Ah non, non, non. Moi, je pense que je fais vivre les gens en parlant d'eux.

Donc, j'ai continué. J'ai même écrit un deuxième livre qui va devenir justement le deuxième film. J'ai continué beaucoup à parler d'elle, à parler d'elle aux enfants, comme si elle était quasiment là.

Et puis, je me suis toujours posé la bonne question de savoir quand il y avait un choix à faire pour les enfants, quand il y avait une question de comportement d'un enfant. J'ai essayé de m'arrêter et de me dire qu'est-ce qu'elle aurait fallu dit ? Qu'est-ce qu'elle m'aurait dit ?

De quoi on aurait parlé ? Comment on aurait réagi ? Comment on aurait agi même ?

Et ça a été très bénéfique. Et je pense que, encore une fois, on revient à Dieu. Moi, je pense qu'elle est avec nous, d'une certaine manière.

J'ai vu que vous avez toujours l'Alliance. Oui, parce que c'est quelqu'un qui m'a donné...

On a eu trois enfants ensemble. Ce n'est pas rien. Même si elle est partie, on a eu 17 ans de vie ensemble.

Même si après, j'ai fait d'autres rencontres. J'ai eu d'autres choix, d'autres vies. Mais ma femme reste ma femme.

Je suis marié à la synagogue avec elle. Ce n'est pas rien dans une vie. Je ne veux pas effacer.

Moi, je crois qu'on peut vivre avec les gens qui sont partis. On en parle à la libre antenne. Beaucoup de gens sont seuls après la perte d'un être cher.

Et je leur dis que vous avez eu une chance inouïe. Comme moi, j'ai eu la chance. On a eu une chance inouïe d'avoir vécu avec la bonne personne pendant X années.

Il y a des gens qui vivent avec la mauvaise personne pendant X années, qui sont dans une sorte de violence psychologique, qui ont du mal à partir pour mille raisons. Vous, vous avez eu la chance de rencontrer quand même le bonheur. Vous avez eu des souvenirs.

Je trouve que c'est comme de la vitamine qu'on a pris et qui nous tient. Moi, j'ai encore cette chaleur de l'amour de ma femme. J'ai le soleil qu'elle était, le sourire qu'elle avait.

Le comportement incroyable, le fait que j'ai écrit un livre sur elle, j'ai continué à la faire vivre. Et pour mes enfants, c'était important. C'est important de se dire qu'on n'efface pas les souvenirs comme ça, en claquant le doigt.

Je pense que c'est important de se dire que ce qu'on vit est important et donc qu'on ne peut pas l'effacer comme ça. Pour faire ce que vous faites là tous les soirs, est-ce qu'il faut avoir ressenti, vécu, peut-être plus intérieusement que d'autres ? Tout le monde a ses failles, ses blessures, ses douleurs, mais plus intérieurement que d'autres, plus charnellement la douleur.

Pour comprendre tous ces gens qui vous appellent le soir. Oui, je pense qu'il faut s'extraire totalement de sa vie aussi et de ce qu'on est. Il faut être totalement concentré, mais vraiment concentré sur les mots, parce que chaque mot de l'autre a un sens.

Je ne suis pas psychologue du tout, mais je sais que les silences veulent dire quelque chose, les non-dits veulent dire quelque chose, les mots maladroits qu'on emploie veulent dire quelque chose. Et donc, il faut avoir une concentration terrible pour pouvoir faire ça. Il le faisait très bien d'ailleurs, pour parler d'Olivier.

Il l'a fait pendant cinq ans, Olivier. Et vous alors ? Moi, ça fait un an.

Je faisais pas mal de remplacements. Je remplaçais Olivier à l'époque. J'étais un peu le joker officiel d'Olivier.

Et puis, quand Olivier est parti, ils m'ont proposé avec...

J'étais mais fou de joie et je le suis toujours. Mais je me suis aperçu quand même que c'était un travail...

C'est un travail où on ne peut faire que ça, normalement. Moi, je...

Voilà. Moi, je ne peux pas faire la journée et le soir, venir ici, passer deux heures et demie en direct, même si vous allez voir, l'équipe est top. Mais c'était compliqué ce que j'ai fait.

Merci. Ce que j'ai fait pendant un an, hélas, je ne pourrais plus le faire comme ça. Physiquement, parce que c'est trop de travail, c'est trop tard le soir ou psychologiquement ?

Les deux ? Oui, psychologiquement, ça m'a quand même...

Je pensais être blindé des émotions des autres et en fait, je ne le suis pas du tout. Chaque histoire me bouleverse, chaque histoire me...

C'est-à-dire que quand vous partez le soir à 1h du matin, vous rentrez chez vous, vous vous y repensez ? Je ne dors pas avant 3 heures. Je n'arrive pas à dormir avant 3 heures.

Ce n'est pas comme un médecin qui est obligé de mettre une barrière parce que sinon, il voit la misère et le malheur. Je suis très malheureux de ne pas pouvoir en parler à d'autres. Donc le lendemain, au bureau, j'en parle comme à la machine de café, j'en parle à tout le monde.

J'y tiens, on a eu cette histoire de ce garçon qui a cherché ses parents au Vietnam, qui ne les a pas trouvés, qui n'a pas toutes les réponses à ses questions. J'ai une autre personne qui m'appelle, qui pensait que la vie était magnifique, qu'elle devenait un prof de yoga et elle découvre qu'elle a un cancer du poumon. Elle vient d'avoir une petite fille.

Sa vie s'effondre et elle doit chercher des forces surnaturelles en elle pour 5 ans plus tard être toujours en vie alors qu'on lui a dit que son cancer était incurable. Et ces parcours-là, ça vous questionne surtout parce que d'abord, vous devez trouver les bons mots pour les aider, pour les accompagner, pour leur permettre aussi de se révéler. Mais après, moi, je pensais qu'effectivement, ça allait glisser sur moi et que j'allais rentrer chez moi, prendre un yaourt et me mettre sur mon lit pour dormir.

Après, m'être brossé les dents, et bien en fait, pas du tout. Ça ne marche pas comme ça. Je brosse les dents, je pense à ça.

Il faut qu'on monte. Oui, il faut qu'on monte. Il est 20, il est 18.

Ah oui, oui, bah oui, oui. Bonjour. Voilà, Florian, Florian et Julia.

Bonjour. Et Audrey. Et Julia, du coup, je dis Audrey.

Je sais pas ce qu'on avait Julia qui travaillait avec Audrey. Voilà, Florian et Audrey qui sont là et qui préparent l'émission. C'est eux qui reçoivent les appels dès 18h, 17h qui construisent l'émission.

Voilà, l'émission est construite. Alors, par exemple, montrez-nous là, concrètement. Voilà, là, vous voyez, on a des premiers...

Ça, c'est ce qu'on vous remet entre les mains tous les soirs. C'est ce qu'on me remet entre les mains tous les soirs et je pars en studio avec celui qui fait les infos. Voilà, on va commencer par Guétan.

Ma grand-mère, 102 ans et des projets plein la tête. Et donc...

C'est vrai que c'est pas que de la déprime. Ah bah non, non, je lui dis qu'il y a plein de choses très sympas. Voilà, elle a gagné au loto espagnol.

Donc voilà, je vais lire ça très vite. Vous voyez, il me reste quelques minutes. Je vais lire ça très vite.

Je vais mettre en stabilo bosque ce qui paraît important. Et puis, soit il raconte son histoire et je n'ai pas besoin de le relancer, soit il va être un peu...

Est-ce que vous le sentez parfois quand l'histoire est bonne, quand le client est bon, qu'il faut le garder, qu'il faut le...

Oui, alors...

Et vous pouvez les rappeler de jour en jour ? Oui, oui, non, ça m'est arrivé une ou deux fois. Mais généralement, je ne le fais pas parce qu'on a quand même, vous voyez, on a solitude extrême, Janine.

Oui, on en parlait. Voilà, solitude extrême. Attention, monsieur, je suis seul, un peu plus âgé que je ne parais.

Je ne verrai personne pendant deux mois. Je suis en franche comptée. Les mots de quelques auditeurs seraient bien agréables.

Les vôtres aussi, je vous embrasse. Oui, il y a mieux de faire un message. Voilà, je suis maman solo, une femme de DJ de 52 ans.

Maman solo est bien dans ses baskets. C'est qui ça ? C'est Stéphanie.

Stéphanie. Et il ne faut pas parler de sa séparation avec le papa. Ça, c'est Audrey qui le dit.

Et puis, jusqu'au...

Vous voyez, on a parlé de ça aujourd'hui. Jusqu'au va l'amour d'une mère. Il n'y a pas plus de beau métier que d'être maman.

C'est quelqu'un qui nous appelle du finistère. Donc là, tout ça, c'est...

Et puis après, vous avez des choses terribles. Son ophtalmo lui a ôté la vie. Elle ne sait pas si elle doit l'attaquer.

Ah oui. Ah ben là, l'avocat qui est en haut, elle va pouvoir l'aider. C'est pour ça que les gens appellent aussi.

Ah oui, oui, oui. Un conseil plus technique. Oui, plus technique.

Au travers d'une histoire humaine. Parce qu'on n'essaie de pas de...

Après, je vais la diriger, mais je ne vais pas pouvoir...

Oui, vous ne faites pas non plus. J'ai un courbet, quoi. Non, non, non.

Non, non. On ne fait pas encore ça ici. Donc là, on a là.

Là, vous avez Laurent. Laurent Collet, qui est le réalisateur de cette émission. Bonjour.

Et là, vous avez justement...

Maël Hassani, qui est le journaliste de tous les soirs. Il est avec moi tous les soirs. Il est jeune.

Et les gens adorent notre petit échange. Parce que j'ai posé des petites questions personnelles. Et donc, les gens disent que ça va leur manquer quand j'ai arrêté cette émission.

Donc là, ça commence dans combien de temps ? Ça commence exactement à 22h30. Donc, vous êtes tranquillement.

Voilà. Dans cette minute-là, je vais juste regarder un tout petit peu. On vous laisse lire un tout petit peu.

Je vais juste lire un petit peu. Oui, bien sûr. Roland me disait que lui, il avait parfois du mal à encaisser ce que vous pouvez lui dire.

Et vous ? Parce que c'est vous qui les avez en premier au téléphone. J'avoue que j'ai appris à mettre des barrières.

C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Je pense que sur le moment, j'espère être empathique. Et en réalité, une fois que j'ai raccroché, ce n'est pas mes soucis.

Oui. Et ça peut être un peu brutal, mais je pense que c'est une façon de durer et de ne pas s'imprégner outre mesure de tout ça. Mais tu étais comme ça au début ?

Quand tu as commencé avec justement Olivier ? Parce que là, ça fait combien de temps ? Moi, ça fait 57 ans.

Ça fait 57 ans, oui. Peut-être un petit peu moins, mais déjà, oui. Ça va, je vais jouer ma première collègue.

Tous les appels qu'elle avait, sans offense, mais tous les appels qu'elle avait, c'était Natacha, elle s'appelle. Et avec qui je suis encore en contact et tout ça. Le moindre appel, c'était une histoire exceptionnelle.

Mais comment est-ce possible ? Je lui disais, fais gaffe parce que tu vas te faire bouffer. Tu vas te faire bouffer.

Ce n'est pas ta vie. Donc, j'essaie de faire le tri comme ça. Merci beaucoup.

Merci beaucoup, Luc Gras. Je rappelle que vous êtes politologue. Merci beaucoup d'avoir été l'invité d'Europe 1 Nuit en ce mercredi soir, 22h29 sur Europe 1.

Roland Perret s'installe dans ce studio pour la libre antenne jusqu'à 1h du matin comme tous les soirs. Bonsoir Roland. Comment ça va, Maël ?

Ça va, mais je suis d'un coup beaucoup plus stressé. Il faut des caméras dans ce studio. C'est vous qui êtes...

Mais oui, mais il fallait que pour mon avant-dernière, au moins que je convoque la presse, les caméras. Je voulais présenter la personne que vous êtes, le journaliste magnifique. Je disais à cette émission auquel vous allez participer malgré vous, parce qu'on ne vous a pas prévenu.

Je disais qu'en fait, on avait un petit rituel où je vous interroge un petit peu chaque soir sur votre vie personnelle. Ce qui amuse. Et vous savez que j'ai un cadeau que j'ai dans mon sac pour vous d'une auditrice qui nous a envoyé à chacun un petit cadeau en disant que nos échanges allaient vraiment lui manquer.

Voilà. Donc, tout à l'heure qu'on vous reviendrait pour le journal de 23h, je vous poserai quelques questions. Très bien.

Ça a eu plaisir. À tout à l'heure. À tout à l'heure.

Merci beaucoup, Jean. Merci, Lucie. Bonne soirée.

Merci, Julien. Bonsoir. Bonsoir à tous.

Merci d'être avec nous sur Europe 1. Nous sommes ensemble pour cette avant-dernière nuit ensemble sur Europe 1 dans cette libre antenne. Jusqu'à une heure du matin, il y a des nuits où l'on cherche des réponses.

Et puis, il y a celle où l'on cherche simplement une voix qui ne juge pas si vous êtes réveillé parce que le sommeil vous a abandonné. Parce qu'une décision vous pèse, parce qu'une bonne nouvelle vous brûle les lèvres ou qu'un chagrin refuse de s'éteindre. Cette émission est la vôtre.

Vous pouvez nous joindre au 01 80 20 39 21. Vous pouvez également nous adresser vos SMS au 7 39 21. Vous savez combien on les aime, vos SMS.

Ils sont importants. Ils coachent aussi nos auditeurs qui, parfois, ont du mal à prendre la parole. Et ils décident de le faire un soir.

Donc, venez leur dire. Venez leur prodiguer vos conseils. Venez les encourager. 7 39 21.

Vous faites précéder votre message du mot nuit. Vous le savez, Florian et Julia sont là. « Attende au standard ».

Vous pouvez les joindre et puis Laurent Pelé, que je remercie, réalise cette émission.