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AutreRenaissance (sur YouTube)· 11 avril 2017 54 minAutoproduitMixteInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Interview d'Emmanuel Macron sur Territoires d'Infos | Public Sénat

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 1 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 48:34Invité politiquePromesse
    « c'est une France que je voudrais réconcilier »
  • 50:57Invité politiqueFait
    « le cœur c'est en effet de revoir le fonctionnement de l'État »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron74 %
  • Présentateur9 %
  • Locuteur 14 %
  • Locuteur 53 %
  • Locuteur 73 %
  • Locuteur 33 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous et bienvenue dans cette matinale d'infos spéciale de Territoires d'Info sur Public Sénat Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Aujourd'hui, nous recevons pendant une heure et en direct Emmanuel Macron. Bonjour et merci d'être avec nous Emmanuel Macron. Personne ne l'ignore, vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Pour vous interroger à mes côtés ce matin, dans cette première partie, trois représentants de la presse quotidienne régionale. Jean-Pierre Bédi de la Dépêche du Midi. Bonjour Jean-Pierre, merci d'être avec nous. Bonjour. La Dépêche du Midi retransmet sur son site ladepêche.fr. Aujourd'hui, cette émission en direct. Merci d'être sur ce plateau.

Hervé Favre de La Voix du Nord. Bonjour Hervé. Merci d'être avec nous. Et Nathalie Moret du groupe EBRAS, c'est-à-dire tous les journaux de l'Est de la France, qui représentent le Dauphiné mais aussi le Progrès de Lyon. Vous connaissez bien ce groupe de presse Emmanuel Macron.

Pour être tout à fait complet, sachez Emmanuel Macron que Territoires d'Info est retransmis sur les chaînes TNT locales et régionales, dans tout l'Hexagone, sur les sites internet de la presse quotidienne régionale, les 25 titres partenaires, et sur les neuf antennes de TV5MONDE, notre partenaire pour les Français qui vivent à l'étranger, et vous le savez, qui s'intéressent de près à cette élection présidentielle à quelques jours du premier tour. Merci d'être avec nous ce matin. Je sais, votre agenda très chargé. Première question d'actualité. Votre réaction à un incendie a ravagé cette nuit le camp de migrants de Grand Sainte, qui a été réduit en cendres.

Il se voulait un abri exemplaire pour les migrants rêvant de passer en Angleterre. Comment votre réaction sur cet incendie ?

1:25
Emmanuel Macron

On sait les grandes difficultés, d'abord, du camp qui a eu à Calais, qui a été ensuite démantelé aujourd'hui de Grand Sainte, qui en effet était considéré comme exemplaire. Moi, je veux rester très prudent à ce stade, parce qu'on n'a pas toutes les informations en particulier sur les causes de cet incendie. Il semble que ce soit des règlements de compte, en effet, entre différents migrants. Donc là-dessus, moi, j'attends que le ministère de l'Intérieur s'exprime.

Mais ça montre combien, de toute façon, ces situations, qui sont des situations extrêmement précaires, le camp où des migrants attendent les autorisations, parce que ce sont la plupart du temps des demandeurs d'asile pour le territoire britannique, restent extraordinairement compliquées. Moi, je l'ai dit, dans le cadre du Brexit, je souhaite d'ailleurs que cette situation, elle soit remise sur la table et redépliée avec la Grande-Bretagne. Il n'y a pas de solution évidente. On se souvient très bien de Sangatte avant les accords du Touquet.

Mais on voit qu'aujourd'hui, compte tenu de la pression migratoire, on ne peut pas durablement avoir des campements de migrants tels qu'ils se sont constitués ces derniers mois, voire ces dernières années.

2:23
Présentateur

Merci. Dans la deuxième partie de cette émission, Emmanuel Macron, Mickaël Zabès et Véronique Jacquet vous interrogeront sur les questions de politique nationale et internationale. Tout de suite, on va parler emploi, travail, formation. Puis on abordera les questions régaliennes, puis la santé. Tout de suite, on va démarrer avec Jean-Pierre Bédéi, de la dépêche du midi sur les questions liées au travail.

2:41
Locuteur 3

Oui, alors, selon un sondage Odoxa, Les Echos, publié ce matin, les Français jugent que c'est vous qui avez le meilleur programme économique. Bon, alors, jusque-là, tout va bien pour vous. Mais c'est ensuite que ça se complique. Car les Français ont une écrasante majorité, soit une rupture avec la politique économique de François Hollande. Mais ils jugent que c'est vous qui vous inscrivez le plus dans la continuité de cette politique. Alors, les Français sont-ils schizophrènes ? Ou bien est-ce que vous, vous n'avez pas réussi à présenter un programme économique suffisamment identifiable à force de vouloir mélanger la gauche et la droite ?

3:12
Emmanuel Macron

Non, d'abord, je ne cherche pas à mélanger la gauche et la droite. Je l'ai toujours dit, puisque un programme économique, il marche ou il ne marche pas. Là-dessus, il faut être pragmatique. Et après, c'est aussi une question de perception, de savoir s'il y a un élément de continuité ou de rupture. Il y a des éléments de continuité. Pourquoi ? Parce que, durant le quinquennat qui vient de s'achever, et moi-même, quand j'ai été deux ans ministre, j'ai porté cela, il y a eu un tournant en faveur d'une politique de l'offre, qui est indispensable. Et là-dessus, il y a beaucoup de cimagré dans notre vie politique nationale.

Et malheureusement, c'est cela aussi qui, je crois, nous cause beaucoup de torts. Lorsque la droite ne veut pas reconnaître que ce qui a été fait pour partie, d'ailleurs, sur ce sujet dans ce quinquennat, c'est ce qu'elle aurait voulu faire et qu'elle n'avait pas fait. Et la gauche elle-même, quand elle a combattu la fameuse TVA sociale, l'a en fait refait avec le CICE. Donc, nos concitoyens sont plongés dans un jeu de dupes absolument terrible. Bon. A la fin des fins, de quoi a-t-on besoin ? Si on veut créer des emplois, il faut des entreprises qui embauchent. Moi, je ne connais pas d'autres solutions pour cela, en tout cas afin de créer des emplois durables dans une économie.

Et c'est pour ça, d'ailleurs, que je m'oppose et au programme de Mme Le Pen, et au programme de M. Mélenchon à cet égard, puisque eux proposent la création spontanée d'emplois ou la création par l'argent public. Donc, une fois qu'on a dit ça, on doit avoir une politique qui baisse les charges des entreprises et qui incite ces dernières à davantage investir et embaucher à travers une baisse de l'impôt sur les sociétés. C'est la trajectoire financière que je propose, en baissant de 6 points les charges de toutes les entreprises, 10 points au niveau du SMIC, et en ramener l'impôt sur les sociétés à 25%.

Puis, à côté de ça, on a besoin d'avoir un droit du travail beaucoup plus souple, c'est-à-dire adapté aux contraintes du terrain. C'est ce qui n'a pas été fait durant le quinquennat qui s'achève, et sur lequel je propose d'aller beaucoup plus loin. Et c'est là où il y a un premier élément de rupture, partagé avec d'autres candidats, c'est-à-dire de renvoyer aux accords majoritaires d'entreprises ou de branches pour fixer les bonnes règles, parce qu'une entreprise, selon qu'elle a 15 salariés ou 500 n'a pas les mêmes contraintes, et selon les secteurs non plus.

5:14
Locuteur 1

– Sur la question des charges, Emmanuel Macron, le quinquennat qui s'achève, commence avec le CICE, crédit d'impôt, compétitivité, emploi. Aujourd'hui, on s'oriente vers la baisse des charges. Est-ce qu'il n'aurait pas fallu, finalement, partir beaucoup plus tôt sur ce dispositif beaucoup plus identifiable ?

5:28
Emmanuel Macron

– Si, mais il ne vous a pas échappé que quand j'ai été ministre, c'est ce que j'ai défendu. Donc là-dessus, je suis cohérent. Simplement, ça n'a pas été fait pour des raisons de contraintes budgétaires, et parce que le gouvernement a voulu tenir un dispositif qui avait été engagé en 2013. Mais je pense que c'est à la fois plus clair et plus juste, parce que le CICE ne bénéficie qu'à ceux qui payent l'impôt sur les sociétés. L'allègement de charges bénéficie à tout le monde et est perçu comme durable.

5:50
Locuteur 1

– Après, il y a un dernier… – C'est moins proche au CICE, c'est aussi de bénéficier à des entreprises qui finalement ne sont pas confrontées à la compétition internationale.

5:58
Emmanuel Macron

– Mais ça, vous savez, vous l'aurez sur tous les allègements de charges. Ne nous trompons pas. Là, en France, on a toujours ce débat. On voudrait que ça ne bénéficie qu'aux petites entreprises. Puis après, on se dit qu'il y a un effet de seuil, quand on grandit, on le perd. On voudrait que ça ne bénéficie qu'aux entreprises qui travaillent en France. Mais enfin, c'est très compliqué, parce que cette entreprise, elle peut être fournisseur d'une entreprise qui est internationale. Si c'est un allègement de charges, ça vaut pour toutes les charges. On ne peut pas le conditionner. – Jean-Pierre Bédé.

– Dernier point sur l'emploi qui est un élément de rupture dans la politique que je propose et qui est très important, c'est la réforme en profondeur de l'assurance chômage et de la formation professionnelle. Et ça, on ne l'avait jamais fait, c'est fondamental.

6:35
Locuteur 3

– Jean-Pierre Bédé, il a des pêches. – Je voulais juste revenir sur le droit du travail que vous voulez réformer par ordonnance. Est-ce que ça ne signifie pas que vous allez vous exposer à beaucoup de difficultés, parce qu'il n'y aura pas de dialogue social à ce moment-là ?

6:46
Emmanuel Macron

– Non, le dialogue social, ce n'est pas forcément la même chose que le dialogue parlementaire. Je propose qu'il y ait une concertation accélérée en début de quinquennat et sur ce sujet-là, qu'on fonctionne par ordonnance pour le faire durant l'été. Pourquoi ? Parce qu'il y a besoin d'un choc de confiance, d'une vraie accélération, d'une détermination à l'épreuve. Et parce que nous avons besoin de faire passer cette réforme pour que les premiers effets s'en fassent sentir assez rapidement. Donc il y aura un dialogue social dès le printemps-été.

Mais derrière, je demanderai à ce que le Premier ministre sollicite par un projet de loi d'habilitation, l'autorisation au Parlement de procéder par ordonnance, parce que c'est plus rapide et efficace sur ce sujet. Par contre, le temps sera pris durant l'automne pour la réforme de l'assurance chômage et de la formation continue et un temps de concertation plus long encore sur la réforme des retraites.

7:32
Locuteur 1

Il y a un point qui étonne un peu dans votre programme sur l'indemnisation du chômage, c'est que vous voulez qu'elle soit finalement universelle, y compris pour des personnes qui démissionnent. Est-ce que l'assurance chômage, qui est aujourd'hui en difficulté financière, peut supporter de nouvelles charges ?

7:46
Emmanuel Macron

Mais parce que j'en propose une réforme profonde du financement et de la philosophie. Notre assurance chômage, comme vous l'avez dit, c'est une assurance. Ça a deux défauts. Le premier, ça veut dire que ça ne touche que les salariés. Ce qui est une vraie injustice, parce qu'aujourd'hui, un commerçant, un artisan, un agriculteur, un entrepreneur ne touche pas le chômage. Or, ce n'est plus un risque individuel sur lequel on peut se couvrir individuellement. C'est devenu un risque économique et social qui est lié aux perturbations de l'économie. Et on ne le prend pas en compte. Puis la deuxième chose, c'est que ça pèse sur le travail. Parce que c'est financé par les cotisations.

Et c'est pour ça que je propose de supprimer les cotisations sociales salariales qui le financent pour le transférer vers la CSG. Ce qui constituera un gain de pouvoir d'achat pour l'ensemble des travailleurs, quel que soit leur statut. Et c'est d'ailleurs exactement ce qu'on a progressivement fait en 20 ans sur la maladie. Et donc, c'est parce que je transforme notre chômage en une prestation universelle comme la maladie que je propose, en même temps, de mieux le contrôler. Et donc, oui, tout le monde y a droit, y compris quelqu'un qui voudrait tous les 5 ans démissionner.

Mais en même temps, j'équilibre le système en ayant un vrai contrôle, c'est-à-dire en faisant qu'au bout de 2 offres descendent d'emploi, vous ne pouvez pas refuser, sinon vous perdez le chômage. Mais il y a un point important, c'est que je l'ai... Comment la droite proposait ce système-là ?

9:01
Locuteur 1

Ça faisait hurler, quand même.

9:02
Emmanuel Macron

Mais moi, ça ne m'a jamais fait hurler, vous savez. Mais je n'ai jamais été dans le réflexe pavlovien. Mais il faut le faire. Mais pourquoi les gens qui le proposaient à une époque étaient faibles sur leur base ? Parce que c'était une assurance. Et les gens venaient leur dire, « Moi, j'ai cotisé pour avoir droit au chômage. Vous n'avez pas vu à me contrôler. » Là, je dis, c'est payé par l'impôt. Donc je suis légitime à contrôler, puisque c'est tout le monde qui paye. Mais cette réforme, elle sort de deux hypocrisies. La première, c'est que, quand je dis, quelqu'un qui démissionne tous les 5 ans doit pouvoir y avoir droit. C'est qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?

On a cette fameuse rupture... On va avoir droit avec une limitation, quand même. Avec une limitation qui existe. Vous n'y touchez pas. Non, avec la limitation qui existe. Mais parce que, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?

9:42
Locuteur 4

Il y a eu des abus sur la rupture conventionnelle.

9:43
Emmanuel Macron

La rupture conventionnelle, c'est la moitié des ruptures individuelles. Donc les gens vont toucher le chômage alors que c'est une démission déguisée. Donc de toute façon, le système est contourné. Et quand vous n'obtenez pas... Parlons très concrètement. Nos concitoyens qui nous écoutent le savent très bien. Quand celui qui veut démissionner n'obtient pas la rupture conventionnelle, qu'est-ce qu'il fait ? Il dit « T'es pas d'accord ? Très bien. Je vais me mettre en maladie. » Et puis il finit par se faire licencier et il va au prud'homme. C'est une source de contentieux infinie.

10:09
Locuteur 4

Vous gardez quand même la mesure de la rupture conventionnelle ?

10:12
Emmanuel Macron

Je garde la rupture conventionnelle parce que c'est un élément de flexibilité. Je sécurise la rupture individuelle en allant au bout de la réforme des prud'hommes que j'ai commencé à porter. Parce que parfois, ceux qui se disent comme les grands tartarins de Tarascon de la réforme du droit du travail qui n'ont jamais rien fait quand ils ont été aux manettes n'ont pas touché aux prud'hommes. Quand j'ai été ministre, j'ai réformé les prud'hommes. Je souhaite aller au bout de cela en mettant le plafond. Oui, alors c'est ça

10:34
Locuteur 3

que je voulais vous poser comme question. Vous voulez plafonner les indemnités prud'hommes ? Je veux, oui, exactement. Oui, est-ce que c'est pas une manière où vous dites que vous voulez protéger les salariés ? Est-ce que ce genre de mesures les protège justement ? Oui, parce que je vais vous dire aujourd'hui, c'est l'incertitude

10:48
Emmanuel Macron

qui est leur ennemi. Aujourd'hui, quel est le problème des prud'hommes ? Il y a énormément de volatilité, de différence selon les régions, les ressorts territoriaux pour une même situation. C'est d'ailleurs corrigé ensuite en appel ou en cassation. Et donc, ce que je propose, c'est au vu des peines prononcées pour un licenciement justement sans cause réelle et sérieuse, hormis la discrimination, hormis le licenciement abusif, qu'on ait un référentiel des peines observées et qu'on définisse un plancher et un plafond. Et ce sera beaucoup plus visible pour tout le monde, beaucoup plus simple. Ça conduira d'ailleurs les gens à faire quoi ?

À négocier, à concilier dès le début ce qu'on ne fait pas suffisamment aujourd'hui. Et donc, c'est bon pour les salariés qui parfois croient qu'ils vont toucher des sommes mirifiques et découvrent des mois après que ce n'est pas le cas. Et c'est très bon pour l'embauche parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup de petits patrons qui disent « Moi, je n'embauche pas, j'ai déjà eu un prud'homme, c'est infernal, ça dure des mois, j'ai été pénalisé, j'ai eu des dommages à 500 000 euros. Ça a été corrigé que X années plus tard. » Il faut simplifier tout ça.

11:48
Présentateur

C'est Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, qui est notre invité ce matin sur Public Sénat à Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. On aborde maintenant les questions régaliennes. Emmanuel Macron, la défense, la sécurité, le terrorisme et la justice. Hervé Favre, de la Voix du Nord.

12:01
Locuteur 1

Oui, Emmanuel Macron, si vous êtes élu président, vous allez hériter d'une situation inquiétante. Le terrorisme, la menace pèse toujours. On a vu la Suède attaquer la semaine dernière alors qu'elle n'est pas un pays a priori en première ligne et elle n'appartient pas à la coalition contre Daech. Depuis 2015, on vit sous l'état d'urgence, 10 000 militaires dans les rues avec l'opération Sandil. Qu'est-ce que vous pouvez faire de plus, finalement, pour protéger le pays par rapport à ce qu'a fait François Hollande depuis 5 ans ?

12:28
Emmanuel Macron

D'abord, là aussi, vous avez raison de dire, il ne faut pas tomber dans la démagogie. Ce qui a été fait a été solidement fait. Les avancées législatives sont au rendez-vous. Les embauches dans le secteur en particulier de la police et de la gendarmerie ont repris suite aux attentats de 2015 et donc, il y a un élément de continuité à avoir et il ne faut pas être toujours dans le yo-yo. Et que peut-on faire de plus ? Ce qu'il faut faire de plus, c'est d'abord consolider nos forces de police et de gendarmerie.

10 000 embauches sur le quinquennat à venir si je suis élu pour aller justement au bout du travail qui a été commencé, à la fois en déploiement sur le terrain et dans la police de sécurité quotidienne que je souhaite aussi créer au plus près du terrain. Ensuite, il y a un élément sur lequel on doit aller plus loin, c'est le renseignement. La réforme de 2008 a été une profonde erreur parce qu'elle a détricoté le renseignement territorial. Or, aujourd'hui, pour comprendre ce qui se passe sur le terrain, la nature du terrorisme tel qu'il se fait, on a besoin d'avoir une vraie capillarité et une présence sur le terrain. La réforme de 2013-2014 l'a recréé, mais encore insuffisamment.

Donc, je propose d'aller plus loin, y mettre des moyens parce qu'on a besoin de cela. Ensuite, en matière de renseignement, on a besoin d'une plus grande coordination. Aujourd'hui, notre renseignement, il est encore très séparé entre la police, la gendarmerie, la préfecture de police avec des informations qui ne sont pas toujours parfaitement échangées. C'est pour ça que je propose de renforcer cette coordination avec une cellule en charge de cela et en particulier une task force anti-Daesh qui rapporte directement au président de la République et qui soit en appui aux travaux du Conseil de défense.

14:02
Locuteur 1

Vous voulez vous attaquer aussi si j'ai bien compris à la diffusion des idées djihadistes sur Internet et d'estimer que les grands opérateurs d'Internet ne font pas assez. Eux disent qu'ils font déjà quelque chose, qu'ils interviennent régulièrement quand il y a des signalements.

14:16
Locuteur 3

La loi de 2014 impose à ces grands groupes d'Internet de coopérer justement avec les États. Ils commencent à le faire et même Twitter a supprimé un certain nombre de comptes.

14:27
Emmanuel Macron

Ils commencent à le faire mais ils ne vont pas assez loin. Là-dessus, des avancées ont été faites. Je ne les nie pas du tout. On ne pourra pas faire beaucoup plus en franco-français. Je l'ai rappelé hier lorsque j'ai présenté ma stratégie de lutte contre le terrorisme. Par contre, on peut et on doit faire plus en européen et même en occidental. Et donc, mon souhait, c'est en effet d'engager dès l'été au sein du Conseil de l'Union européenne mais également au G7 et à l'OTAN une vraie discussion pour qu'on aille plus loin.

Parce qu'aujourd'hui, on ne s'est pas donné tous les moyens pour jusqu'au bout et rappelez-vous Bernard Cazeneuve lorsqu'il était ministre de l'Intérieur d'ailleurs, avait fait plusieurs démarches à leur endroit qui avaient conduit à certaines facilités mais qui n'avaient pas permis d'aller au bout de ce qui était recherché. On a besoin là-dessus d'une vraie initiative internationale pour en effet aller au bout et ça va avec la démarche de renseignement que je souhaite là-dessus renforcer et intensifier. Il y a un dernier point qui est sur le cyber.

Parce qu'aujourd'hui, on voit tout ça, ça relève du cyber-risque et au-delà en effet des éléments de chiffrement ou de la coopération de certains grands sites internet, la lutte contre le cyber, c'est aussi un investissement à la fois en sécurité intérieure et extérieure que je souhaite renforcer.

15:36
Présentateur

Lorsqu'on vous avait reçu dans le territoire d'info un peu avant Noël, Emmanuel Macron, vous arriviez de Washington, vous avez été prendre des informations, échanger avec les Américains là-dessus, vous veniez de rencontrer les gens de l'administration Trump.

15:47
Emmanuel Macron

J'avais rencontré à ce moment-là non pas vraiment l'administration mais l'équipe de transition puisque le président américain nouvellement élu n'était pas encore installé. Je n'ai pas eu d'échange officiel avec les équipes en charge sur ce sujet à ce stade. J'en ai eu en particulier avec les Allemands qui partagent cette volonté d'aller plus loin.

16:04
Locuteur 4

Dès l'été, si vous êtes élu, vous devrez prendre une décision quant à l'état d'urgence. Qu'est-ce que vous comptez faire ?

16:09
Emmanuel Macron

Aujourd'hui, compte tenu des informations dont je dispose qui sont les mêmes que vous, il est hors de question de le lever. Et donc je demanderai au service compétent de pouvoir me faire un point cohérent en la matière dès le premier conseil de défense que je réunirai si je suis élu. Il faut pour cela d'abord avoir une juste perception de la menace, de la nature des risques qu'encourt notre population mais également des pratiques que permet seul l'état d'urgence et qui sont nécessaires pour lutter contre ces derniers. La question c'est

16:38
Locuteur 4

qu'on est en état d'urgence depuis longtemps maintenant et est-ce qu'il est efficace quand il est prolongé à du temps éternel ?

16:45
Emmanuel Macron

Écoutez, tant qu'il y a une menace dont la nature justifie d'avoir recours à des procédures par exemple de perquisition administratives qui ne sont pas possibles hors d'état d'urgence, il est évident qu'il faut le maintenir. S'il est avéré que ce n'est pas le cas, il faut en sortir en expliquant pourquoi, en expliquant les moyens pérennes qu'on met en place. Et là-dessus, je serai clair, beaucoup des lois récentes ont permis de répondre hors d'état d'urgence à une menace terroriste.

Il y a encore un ou deux éléments que je souhaiterais compléter, je l'ai dit, en particulier les éléments de démantèlement des associations prônant un communautarisme radical ou ne respectant pas les lois de la République qui sont difficiles à démanteler hors d'état d'urgence. Donc je souhaite là-dessus qu'on aille un peu plus loin. Mais c'est surtout la perception, la juste appréhension et l'analyse du risque et des moyens que seul donne l'état d'urgence qui permet de répondre à votre question. Il n'y a pas de réponse théorique, il y a une réponse pragmatique au moment où l'information est donnée.

17:38
Locuteur 1

Sur le plan de la sécurité intérieure, il y a aussi tout ce qui se passe dans les quartiers. Bon, à Lille, ville où j'habite, il y a eu deux fusillades encore récemment entre bandes de dealers. Martine Aubry demande des renforts de police. Vous, vous prenez le retour de la police de proximité, vous l'appelez autrement. Est-ce que cette police serait suffisamment armée pour lutter contre des bandes qui aujourd'hui n'hésitent pas à s'attaquer violemment aux policiers ? On a vu des images de voitures incendiées avec des policiers à l'intérieur. Est-ce qu'une police de proximité est à la hauteur de ce problème ?

18:09
Emmanuel Macron

Alors, d'abord, la police, elle a trois missions principales. Il ne faut jamais les oublier. Le renseignement et le travail judiciaire, l'intervention et la sécurité publique. Et on confond trop souvent l'intervention et la sécurité publique. Quand il y a la nécessité sur un conflit chaud d'y aller, c'est de l'intervention. Et donc là-dessus, ça restera des pratiques d'intervention avec des brigades spécialisées, voire les CRS ou des équipes plus spécifiques. Par contre, on a un problème, c'est qu'on a délaissé la sécurité publique du quotidien. Mais est-ce que c'est pas

18:42
Locuteur 1

la police municipale ?

18:43
Emmanuel Macron

Mais pas seulement. Évidemment, la police de sécurité quotidienne que je compte créer, qui n'est pas exactement la police de proximité, elle devra travailler avec les polices municipales. C'est indispensable. Mais on doit redonner des moyens sur le terrain pour faire ce travail au quotidien. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire mettre plus de moyens. Ce sont les 10 000 embauches. Une bonne partie sera mise sur ce sujet. C'est ensuite donner d'autres moyens d'intervention à cette police de sécurité quotidienne.

Premièrement, elle va construire la solution de sécurité au contact du terrain et au niveau du quartier, avec les associations de quartier, avec les élus, pour rendre compte et répondre à la perception de sécurité. Parce que bien souvent, c'est vous qui savez si le problème se pose à la gare, si le soir, vous avez des problèmes avec telle ou telle bande. Et ça n'est pas une équipe éloignée du territoire avec une doctrine parfois un peu abstraite qui peut répondre à cela. Deuxième point, je lui donne un autre moyen qui est ce pouvoir d'amende. Aujourd'hui, sur la petite délinquance du quotidien et les choses s'installent comme cela, eh bien, notre police, elle n'a pas de réponse immédiate.

Elle fait des procédures lourdes, elle envoie devant le juge, ça dure longtemps, c'est classé la plupart du temps sans suite pour les petits délits ou les infractions légères. Et donc, il y a une forme de sentiment d'impunité aussi bien pour nos concitoyens que pour celles et ceux qui commettent cela.

19:58
Locuteur 1

que vous remettez dans votre programme,

20:00
Emmanuel Macron

on l'a beaucoup entendu. Oui, mais on n'a pas donné les moyens. Et donc là, je donne à cette police de sécurité quotidienne ce pouvoir d'amende lorsqu'il y a un vol à l'étalage, lorsqu'il y a une violence du quotidien, pouvoir d'amende immédiat comme on l'a fait pour la route. Ça va marcher. Et un petit point là-dessus qui est très important, je leur donne aussi un pouvoir qu'ils n'ont pas aujourd'hui, qui est un pouvoir d'éloignement du territoire sous le contrôle du juge. On sait que ces trois jeunes ou moins jeunes sont en train de polluer l'avis du quartier. En 48 heures, on a la réponse du juge. On peut leur dire vous n'avez plus le droit de zoner en bas de l'immeuble ou ici ou là.

20:31
Locuteur 3

Oui. Très très vite. À propos des jeunes justement, vous voulez instaurer un service militaire d'un mois pour les jeunes. Est-ce que c'est pas un mois, c'est pas un gadget ? Vous avez fait votre service militaire ? Non.

20:41
Emmanuel Macron

Alors, c'est pas grave, moi non plus. Moi je l'ai fait. Alors, vous vous rappelez des classes ? Moi aussi. Oui. Eh bien c'est les classes. Donc vous savez, pour les gens qui ont fait leur service militaire, le reste du temps, ils allaient dans des bureaux, ils retrouvaient des emplois qui avaient peu de choses à voir avec la chose militaire. Eh bien, c'est remettre les classes. C'est ce qu'on fait d'ailleurs pour certains réservistes. Ça dure à peu près autant de temps. Vous êtes trop jeune pour faire votre service militaire ? Exactement. Je suis la première génération dans ma promo qui ne l'a pas fait, voyez-vous.

21:08
Présentateur

Merci. Emmanuel Macron, candidat à l'action présidentielle et notre invité ce matin sur Public Sénat Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. On passe à la troisième partie de cette première partie d'émission. Quelle santé pour les Français ? Emmanuel Macron, c'est Nathalie Moreau et du Groupe Ébrard.

21:20
Locuteur 4

Oui, d'abord, avant d'attaquer sur votre programme santé, une petite question. Est-ce que vous êtes en bonne santé ? Et est-ce que vous, président, vous ferez la transparence sur votre santé ?

21:28
Emmanuel Macron

Je suis en bonne santé. Ce n'est pas du bois, mais il faut toujours être prudent parce que la santé, c'est ce qu'on perçoit. Maintenant, les dernières analyses que j'ai faites sont bonnes et je pense que la transparence sur ce sujet doit continuer à être faite comme elle l'est aujourd'hui avec une communication régulière des bulletins de santé du président.

21:45
Locuteur 4

D'accord, donc vous vous y engagez. Ensuite, on parle assez peu, finalement, de santé dans cette campagne électorale, mais l'une de vos promesses phares est de prendre en charge à 100% à la fois les prothèses auditives, les lunettes, les problèmes dentaires, etc. Comment allez-vous faire ? Et est-ce que ça veut dire que c'est une augmentation systématique des complémentaires santé ?

22:06
Emmanuel Macron

Non. Justement, aujourd'hui, pourquoi le système fonctionne mal ? Parce que la sécurité couvre très peu, mais un petit peu, de ces prestations, parce que vous avez ensuite des mutuelles qui sont très différentes et qui régulent mal le secteur. Et donc, vous avez des professionnels qui font plus ou moins payer la prothèse, qu'elle soit dentaire, qu'elle soit auditive ou visuelle. Vous avez une grande dispersion des prix, vous avez une grande dispersion des situations et vous avez un coût moyen qui est supérieur à beaucoup de pays voisins.

Donc, ce que je propose dès le début du quinquennat, c'est d'abord une concertation pour remettre tout le monde autour de la table et homogénéiser les pratiques. Je ne ferai pas cette réforme contre les professionnels, en particulier les professionnels de santé. Ils sont les premiers d'ailleurs à vouloir une réforme qui aille dans ce sens parce qu'ils considèrent qu'ils ne sont pas assez remboursés ou accompagnés sur les soins de prévention qui sont préférables et qu'au fond, ils sont conduits du coup à aller plus vers les gros soins plus chers qui sont mauvais pour tout le monde. Donc, là-dessus, concertation.

On va rééchelonner vraiment les remboursements pour inciter à plus de prévention qu'il s'agisse du dentaire, de l'auditif ou du visuel, ce qu'on fait très mal en France, ce qui limitera le coût. Et ensuite, moi, je veux qu'on aille vers des conventions type. On est cinq autour de la table. Je pense que nous ne savons pas ce matin comparer nos mutuelles ou nos assurances complémentaires santé sur le dentaire, l'optique et l'auditif. C'est impossible parce qu'il y a quasiment autant de contrats qu'il y a de compagnie. Et donc, vous pouvez me dire, moi, je suis très bien couvert. Peut-être, mais vous allez peut-être, ça va vous coûter très cher. C'est souvent le cas.

Et vous ne savez pas si vous êtes mieux couvert que moi. Et donc, c'est pour ça, je l'ai annoncé à la Fédération nationale de la mutualité française. Pour aller dans ce sens, j'imposerai trois contrats types. Un contrat faible couverture, moyenne couverture et haute couverture, qui devra être exactement similaire entre toutes les compagnies. Ce qui va créer plus de concurrence, réduire les frais et là aussi, me permettre d'aller dans la direction que je recherche.

24:01
Locuteur 4

C'est forcément du long terme, ça, non ?

24:03
Emmanuel Macron

Non, ça se fait en cinq ans si on s'y prend tout de suite. C'est pour ça que j'ai dit que c'est un objectif à la fin du quinquennat. Et puis enfin, tous les prothésistes et tous les professionnels s'inscriront du coup dans cette logique qui permettra de mettre tout le monde à égalité et de réduire les prix aberrants.

24:16
Locuteur 1

Emmanuel Macron, il y a un problème qui intéresse nos territoires, c'est la désertification médicale. Les maires s'arrachent les cheveux pour faire venir des médecins dans leur commune. Ils ouvrent des maisons et personne n'est candidat. Comment vous faites sans passer par des mesures plus coercitives ou des incitations financières à l'implantation dans ces zones rurales ? Je ne crois pas du tout aux mesures coercitives.

24:38
Emmanuel Macron

Je n'y crois pas parce que c'est un choix de vie et parce que je sais trop bien comment fonctionnent nos médecins. Après dix ans d'études dans une profession qui est très attachée à sa liberté, c'est faux de dire on va vous obliger à passer dix ans dans une région. Ça n'existe pas. Et c'est faux de dire on va régionaliser les examens nationales classantes comme le proposent d'autres. Elles sont rendues finalement après des études largement financées par l'État. Elles sont financées par l'État mais déjà derrière quand vous êtes externe puis interne vous les rendez beaucoup par la sous-rémunération qu'ont les externes et les internes pendant leur garde.

C'est ce que vous diront tous les professionnels. Et puis surtout c'est un choix de vie. N'oubliez jamais aujourd'hui quel est notre problème ? On a un numerus clausus qu'il faut ouvrir mais ça prendra dix ans. Mais c'est surtout qu'on a 40% des médecins formés qui ne pratiquent plus. Et donc si vous allez dans ces règles-là vous en aurez de plus en plus qui ne pratiqueront plus qui diront à ce tarif-là je préfère faire autre chose. Pas de déconventionnement pour les médecins qui s'attraient en zone... Non, par contre il faut une politique incitative avec deux choses.

Un, c'est dans le plan d'investissement que je porte une politique volontariste de l'État pour aider en infrastructure c'est-à-dire aider à recycler les hôpitaux de proximité travailler sur des plateaux techniques sur le terrain en particulier dans la ruralité pour créer ces maisons pluridisciplinaires de santé. C'est un vrai élément d'attractivité. Les jeunes professionnels de santé ils veulent travailler en équipe avec des plateaux à la pointe de l'art. Et donc ça c'est un investissement que l'État fera pour doubler le nombre de maisons de santé.

Et les collectivités elles donc les mairies en particulier mais aussi les départements doivent être là pour inciter avec des bourses avec une politique comme le font certains moi j'ai été par exemple dans l'Allier il y a quelques semaines voir cela avec une commune qui s'est formidablement engagée et bien la commune elle doit réserver son argent non pas sur l'infrastructure et ceux d'immobilier mais pour avoir une bourse qui incite à s'installer pour aider à trouver un emploi pour le conjoint parce que c'est quand même bien souvent ça aussi le problème pour le médecin et créer des solutions de terrain.

26:28
Locuteur 3

Jean-Pierre Bédéhi sur l'hôpital qu'est-ce que vous faites ? On voit que les hôpitaux sont en souffrance par manque de personnel qui sont débordés que ça présente des risques pour les patients qu'est-ce que vous faites sur l'hôpital ?

26:38
Emmanuel Macron

Premier point je m'engage à ce qu'il n'y ait aucun effort sur la fonction publique hospitalière durant les 5 ans c'est là où le plan que propose François Fillon est un plan mortifère pour l'hôpital pourquoi ?

parce qu'on est déjà en manque dans certains hôpitaux en particulier des petits hôpitaux moi j'étais à l'hôpital de Nevers il manque des praticiens hospitaliers des aides-soignantes des infirmières bilan des courses c'est plus cher à la fin parce que comme on a un manque on n'a pas un manque de patients et bien on va recruter derrière des vacataires qui coûtent beaucoup plus cher à la journée deuxième chose je réforme la gouvernance en donnant plus de place aux personnels soignants en particulier aux médecins pour travailler les solutions la réforme dans l'hôpital troisième chose je sors de la tarification à l'activité elle ne sera qu'une composante de la rémunération de l'hôpital pourquoi ?

parce qu'on doit mieux rémunérer certaines missions de l'hôpital qui ne sont pas simplement des actes mais des missions de service général on doit inciter davantage l'hôpital à travailler avec la médecine libérale et le privé en particulier sur ce qu'on appelle l'ambulatoire parce que ça coûte beaucoup plus cher et puis enfin je développe les maisons de suite parce que ce qui coûte cher c'est une fois qu'on a fait l'intervention c'est qu'on ne peut pas sortir les gens de l'hôpital parce qu'ils n'ont pas donc il faut développer des maisons de suite pour cela

27:49
Présentateur

Merci Emmanuel Macron le candidat à l'élection présidentielle est notre invité ce matin dans Territoire d'Info à l'initiative d'Emmanuel Kessler Public Sénat est allé à la rencontre des citoyens et en les interrogeant d'ailleurs sur les initiatives qu'il mettrait en exerce s'il devenait président eux-mêmes nous avons sélectionné trois interventions trois thématiques Emmanuel Macron l'environnement le territoire le travail je vous demande d'en choisir une parmi les trois puis de réagir à cette proposition

28:14
Emmanuel Macron

alors laquelle ? Je pense que à la fois à vos lecteurs et puis nos éditeurs peut-être ces territoires ce qui les intéressera le plus

28:21
Présentateur

Alors on va écouter l'intervention sur les territoires

28:24
Locuteur 10

Bonjour ma première réforme concrète et positive en tant que présidente serait de donner plus de pouvoir aux régions ça permettrait déjà d'accélérer les décisions mais aussi de rapprocher les citoyens des décisions donc de les impliquer davantage dans la vie politique pour une démocratie plus directe

28:41
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron J'y suis favorable Je ne suis pas pour remettre sur le métier une grande réforme de toutes les compétences mais je souhaite que dans le quinquennat à venir on aille plus loin en termes de décentralisation c'est-à-dire que là il y a un travail qui a été fait entre collectivités territoriales mais je suis girondin en la matière et donc à la fois dans la gestion des finances des collectivités locales je veux un pacte sur cinq ans en leur donnant de la visibilité en les responsabilisant mais je pense qu'en effet sur beaucoup de sujets concrets on doit pouvoir donner plus de pouvoir en particulier aux régions Je ne change pas la carte administrative ?

Non, vous savez on a beaucoup déstabilisé ces dernières années les choses Je ne change pas En changeant les cartes je ne suis pas totalement favorable à la carte qui est aujourd'hui en pratique mais je pense qu'on perdrait beaucoup d'énergie à la remettre sur le métier Vous comprenez ? Je ne suis pas contre les Hauts-de-France J'étais attaché à ma Picardie cher ami Et vous à votre Nord-Pas-de-Calais même si j'ai un peu un pied de chaque côté Mais non, je pense que c'est ainsi Par contre donner plus de responsabilités de responsabilités concrètes et aider au développement de solutions locales c'est une bonne chose

29:48
Présentateur

Je voudrais que c'est une bonne idée une initiative pour que tout le monde puisse contribuer à poser questions pour être président ?

Je pense que c'est une bonne idée Je vous donne Très bonne idée Merci Emmanuel Macron Encore une direction présidentielle Deuxième partie de cette émission dans un instant On va regarder ensemble le zapping le zappellisé de Christophe Combarieux et puis on retrouve Emmanuel Macron dans la deuxième partie de cette matinale d'info A tout de suite Voilà, Emmanuel Macron est notre invité ce matin dans Territoire d'Info donc sur Public Sénat sur Sud Radio avec la presse quotidienne régionale Merci d'être avec nous Emmanuel Macron pour la deuxième partie de cette matinale d'info Télé Radio pour vous interroger à mes côtés Véronique Jacquet de Sud Radio Bonjour à tous et Mickaël Zames de Public Sénat Bonjour Mickaël

30:26
Locuteur 6

Je vous laisse Mickaël commencer On commence avec les prises en vérité

30:29
Locuteur 5

Oui, la grève des personnels pénitentiaires de Fleury-Mérogie le mouvement risque de s'étendre en cause bien sûr la surpopulation carcérale on en parle depuis des années mais rien n'est fait si vous êtes élu président de la République comment vous réglez le problème tout de suite là pour que le feu s'éteigne

30:45
Emmanuel Macron

Le feu je ne prétends pas forcément l'éteindre en totalité il y a toujours en fin de mandat en fin de quinquennat des mouvements de ce type dans la pénitentiaire c'était exactement la même chose au quinquennat précédent l'erreur sans doute faite au début de ce quinquennat avait été d'abandonner totalement le plan qui avait été proposé en 2011-2012 moi je l'ai dit je serai dans un élément de continuité d'ailleurs tous les candidats raisonnables proposent cela et donc la création de 15 000 postes de prison ce qui a été proposé par le garde des Sceaux actuel est une bonne chose il n'en voit pas les conséquences aujourd'hui par définition

31:19
Locuteur 5

Il faut 5 ans pour construire une prison

31:21
Emmanuel Macron

Il faut 5 ans je pense qu'on peut aller beaucoup plus rapidement si on allège justement les procédures ce que je propose de faire mais donc dès le début du quinquennat la mise en oeuvre de ces 15 000 places crée et dans les moyens qui sont donnés justement à nos forces de l'ordre des moyens qui seront disposés aux forces de l'ordre et à la justice au monde pénitentiaire parce que c'est en effet un monde qui est sous pression et qui vit la pression carcérale les conséquences de ce que aujourd'hui le monde carcéral les pénitentiaires subit Il faut de la continuité sur tous ces sujets ce dont la France a souffert ces 20 dernières années pardon de l'anglicisme mais c'est d'une politique de stop and go et là dessus c'est pas de gauche c'est pas de droite c'est pragmatique il y a une surpopulation carcérale depuis des années donc il faut y répondre par un investissement et des moyens je le ferai

32:07
Locuteur 6

Emmanuel Macron Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que vous dites une chose et son contraire je vais prendre un exemple très précis vous avez parlé des ordonnances dans la première partie pour que les choses soient très claires en 2016 dans le monde vous dites que vous n'êtes pas pour les ordonnances vous ne croyez pas aux 100 jours très bien aujourd'hui vous appliquerez des ordonnances

32:26
Emmanuel Macron

comment vous croire ?

Mais parce qu'on a sorti complètement de son contexte que j'ai dit en 2016 qui était sur la loi travail donc c'est formidable mais en effet quand on est en fin de quinquennat sans l'avoir expliqué sans l'avoir porté dans une présidentielle et en débat de dire on va y aller par ordonnance c'est pas une bonne idée par contre quand on est au moment d'une présidentielle qu'on propose des idées depuis des mois puisque cette réforme du droit du travail je la porte depuis le mois de décembre dernier je l'explique dans tous mes meetings dans tous les articles dans tous les débats j'explique aujourd'hui je dis comment je vais faire je dis il y a une partie de mon programme je le ferai dans des lois classiques une autre la réforme du droit du travail qui vise à le déconcentrer en quelque sorte à donner plus de place à l'accord d'entreprise je la ferai par ordonnance l'ordonnance ça n'est pas contre la loi l'ordonnance c'est une technique qui a valeur d'un texte qui a valeur de loi mais qui permet d'aller plus vite pardon c'est mieux que le 49-3 pas du tout c'est très différent ça permet d'accélérer les débats le 49-3 pour moi il doit venir à la fin d'un débat pas au début c'est ce qui a été fait sur la loi que j'ai porté ce qui a été fait des dizaines de fois par Michel Rocard mais là dessus on peut reprendre des déclarations si on les sort de leur contexte on a l'impression qu'on dit tout et n'importe quoi je le dis et je le redis quand on dit clairement les choses dans une campagne qu'on les porte il faut être clair et assumer les choses mais vous entendez également

33:41
Locuteur 6

François Fillon d'autres candidats aussi qui disent que vous n'avez pas l'expérience que vous n'avez pas l'étoffe aujourd'hui qu'est-ce que vous leur répondez ?

33:48
Emmanuel Macron

mais de quelle étoffe parle-t-il ? je sais ce qu'est le secteur privé j'ai travaillé dans l'État comme fonctionnaire et j'ai été ministre je ne suis pas comme eux en effet quelqu'un qui depuis 30 ans est dans la parade si c'est ça avoir l'étoffe je ne ferai pas de mauvais jeu de mots enfin en parlant d'étoffe il y en a qui ont montré en effet oui enfin l'étoffe c'est quoi ? ce sont les pratiques c'est les pratiques de ce monde politique qui depuis 30 ans est dans l'entre-soi et l'inefficacité je ne suis en effet pas là-dedans

34:17
Locuteur 5

un mot quand même sur votre méthode Emmanuel Macron on vient de parler du fait que vous précède rien par ordonnance pour simplifier le code du travail sur un point

34:25
Emmanuel Macron

oui sur un point

34:26
Locuteur 5

un point mais c'est la loi El Khomri puissance 2 ou 3 avec le recours aux ordonnances est-ce que là-dessus vous ne marchez pas sur les plates-bandes d'un François Fillon ? est-ce que ce n'est pas la méthode d'un François Fillon ?

34:36
Emmanuel Macron

je ne sais pas il a été 5 ans Premier Ministre il n'a rien fait sur le sujet c'est peut-être la méthode du candidat ça n'a pas été celle de l'homme c'est d'ailleurs le problème qu'il a en général mais vous savez

34:45
Locuteur 5

que vous heurtez les électeurs de gauche avec cette façon de faire

34:48
Emmanuel Macron

non parce que je l'explique je le porte je dis il y aura une concertation sociale expresse en début de quinquennat mais je pense qu'il faut être clair c'est-à-dire il faut donner un cap expliquer pourquoi on fait les choses et donner une méthode moi je veux à la fois libérer et protéger je veux qu'on puisse donner de l'impulsion simplifier les choses dans la vie économique et sociale et je considère qu'aujourd'hui nos règles ne protègent pas vraiment les gens et de l'autre côté créer des vrais droits

35:14
Locuteur 5

qui protègent

35:15
Emmanuel Macron

vraiment les salariés et donc c'est très important une fois qu'on a expliqué ça il faut se donner les moyens de le faire et donc je dis pour avoir des résultats il faut aller vite et donc dès le début du quinquennat je fais passer la réforme sur le droit du travail mais en même temps je donne le temps à la réforme fondamentale très sensible pour les partenaires sociaux

35:33
Locuteur 5

donc vous dites il n'y aura pas de contestation comme on l'a vu avec la loi El Khomri

35:35
Emmanuel Macron

il n'y en aura pas parce que c'est expliqué le problème de la loi El Khomri

35:38
Locuteur 5

même si c'est une loi El Khomri puissance 5

35:40
Emmanuel Macron

elle est arrivée en fin de quinquennat elle est arrivée sans explication et elle est arrivée alors qu'elle n'était pas dans le débat de 2012 là les choses sont claires je les porte et donc je dis dans le souffle de la présidentielle avec la légitimité concertation et texte à valeur législative par ordonnance pour aller vite et puis on prend le temps d'une concertation plus longue sur deux autres réformes économiques et sociales qui sont la réforme de la formation professionnelle et de l'assurance chômage où là je veux procéder par une vraie concertation et par une loi complète à l'automne-hiver et puis on prend le temps complètement sur la réforme des retraites où là on a une phase d'analyse et de concertation et on a un travail législatif sur le premier semestre 2018 le temps presse on a pas mal de questions c'est très important il n'y a pas là-dessus de provocation il n'y a pas de contradiction il y a une méthode et un volontarisme ce qui a pêché ce qui a pêché ce qui a pêché durant les cinq dernières années c'est l'absence de sens donné à l'action et c'est l'absence de détermination dans les différents rythmes moi je veux agir tout de suite et pas perdre 18 mois au début et je veux donner le sens le sens général c'est qu'on doit libérer et protéger

36:49
Locuteur 6

et on fera les deux ensemble je voudrais vous entendre sur la dynamique Jean-Luc Mélenchon il y a même un jeu vidéo qui va sortir sur lui il y a même des meetings qui va multiplier par 10 sur les hologrammes le candidat de la modernité c'est lui ?

37:00
Emmanuel Macron

moi je respecte les techniques de chacun c'est un côté en plus amusant et il ne faut pas là-dessus faire de

37:08
Locuteur 5

là on va rester sans voix mais il a une dynamique il est quand même à 18% je ne vais pas attaquer ni les hologrammes ni les jeux vidéo c'est plutôt sympathique ce n'est pas l'idée

37:17
Emmanuel Macron

que je me fais de la modernité après quand je regarde le programme le programme il n'a rien à voir avec la modernité il parle de la paix mais enfin j'entends les accents et d'ailleurs c'est assez cohérent des communistes il a exactement les mots que les communistes des années 50 avaient en politique internationale comment faites-vous

37:36
Locuteur 5

si vous êtes au deuxième tour et qu'il est à 18% vous allez quand même lui demander de vous soutenir alors vos programmes sont diamétralement opposés

37:42
Emmanuel Macron

chacun prendra ses responsabilités dans le champ républicain et moi je ne demande rien à personne ils prendront tous et toutes leurs responsabilités et c'est le cas de chacune et chacun d'entre nous mais le programme qui est le sien

37:55
Locuteur 5

ça fera un droit d'attelage pour la gauche quand même

37:56
Emmanuel Macron

mais attendez quelqu'un qui vous soutient n'est pas forcément quelqu'un qui rentre dans votre gouvernement Jacques Chirac lorsqu'il a été face à monsieur Le Pen en 2002 a été soutenu par toute la gauche je ne crois pas qu'il soit rentré dans le gouvernement ou dans quel qu'attelage restons raisonnables donc là-dessus la cohérence elle est au cœur de l'offre politique qui est la mienne mais quand je regarde le programme en effet de Jean-Luc Mélenchon il est irréaliste voire dangereux sur le plan de la politique internationale il propose la paix enfin c'est l'ordre mondial de monsieur Poutine qu'il souhaite il propose la paix il propose de désarmer le pays face aux risques terroristes enfin la belle affaire je pense que les gens n'ont pas bien écouté ce qui était dit c'est d'un irréalisme qui n'a rien d'angélique qui pourrait s'avérer coupable quand au plan dangereux vous le dites dangereux il est résolument dangereux mais il est dans la tradition d'une gauche communiste qu'il représente et puis sur le plan économique et social il est tout bonnement impraticable et en tout cas il serait dramatique pour les classes moyennes et les classes laborieuses

38:57
Présentateur

c'est Emmanuel Macron le candidat à l'élection présidentielle qui est notre invité ce matin dans Territoire d'Info Emmanuel Macron Mediapart révèle que Pénélope Fillon aurait été rémunéré dès 1982 et non 1986 comme l'avait déclaré François Fillon jusque là leurs avocats dénoncent des fuites à charge et une instrumentalisation est-ce que ce sont des épisodes qui ne s'arrêteront jamais est-ce que vous les déplorez ces épisodes

39:19
Emmanuel Macron

de campagne ?

Bah écoutez vous savez ce que je déplore ce sont les faits ce que je déplore c'est la chronique de tout cela ce que je déplore c'est la théorie du complot pour la énième fois mise en avant donc tout ça n'a pas beaucoup d'intérêt parce que ce qui intéresse nos concitoyens sont leurs problèmes ce dont on parle et je vous remercie d'ailleurs depuis le début de notre discussion parce que vous savez le jour d'après l'élection les deux candidats qui sont face à la justice continueront à être face à la justice mais les françaises et les français seront eux face à leurs problèmes et l'anaphore du président exemplaire qu'on entend de la part de François Fillon depuis quelques jours bah écoutez est-ce que ça trompe quelqu'un ?

c'est pas mais ça trompe personne le François Fillon il a perdu l'autorité morale qui lui permettrait d'être président de la république il est disqualifié

40:08
Locuteur 5

alors que pensez-vous ?

40:09
Emmanuel Macron

il a perdu l'autorité morale est-ce que vous pensez une seconde que François Fillon s'il était élu président de la république pourrait regarder les françaises et les français dans les yeux en leur disant je vais vous demander des efforts est-ce que vous pensez une seule seconde qu'il pourrait non mais dans la situation où il est aujourd'hui compte tenu des faits qu'il a lui-même reconnus je parle même pas de la loi je parle de l'autorité morale je ne me suis jamais moi prononcé sur les faits qui relèvent de la justice j'ai toujours dit et je l'ai redit d'ailleurs lors du débat à 11 dans ce contexte moi je respecte la justice et j'ai désapprouvé les appels à la trêve et autres mais je crois à la présomption d'innocence donc sur ce plan-là moi je n'ai jamais commenté ce qui relève de la justice par contre sur le plan moral il l'a lui-même évoqué ce qui a été fait disqualifie son autorité morale et il l'a quasiment reconnu dans son dernier rassemblement lorsqu'il dit à ses propres supporters je ne vous demande pas de m'aimer mais enfin une élection présidentielle on demande qu'il y ait quand même un entrain on demande qu'on croit dans celui qu'on porte si le jour d'après on a quelqu'un qu'on n'a pas aimé qui est disqualifié moralement est-ce qu'on pense une seule seconde qu'il peut présider le président il est garant des institutions le président il est celui qui peut impulser une politique je vous le dis il ne pourra pas les yeux dans les yeux dire au peuple français je vous demande des efforts je vous demande d'aller dans cette direction

41:24
Locuteur 6

dans ce contexte ceux qui ont voté Alain Juppé ceux qui ont voté Nicolas Sarkozy est-ce que vous les appelez ce matin et ceux qui sont déçus par François Fillon et qui hésitent aujourd'hui est-ce que vous les appelez à voter pour vous ?

41:36
Emmanuel Macron

mais je les appelle en conscience depuis le début comme j'appelle toutes les françaises et tous les français personne n'est propriétaire de ces votes ou de ces soutiens il reste moins qu'un jour mais je le dis depuis le début et je leur redis regardez les projets et les programmes qui est en proximité qui défend l'Europe qui défend la réforme économique sociale à la fois l'efficacité et l'esprit de justice qui défend l'éducation c'est mon projet et donc je crois qu'il s'y retrouve davantage que dans celui de François Fillon Emmanuel Macron

42:05
Locuteur 5

il faut quand même qu'on ait des éclaircissements sur le Figaro qui publie un écrit signé de votre main que vous avez envoyé à François Fillon c'était au moment du vote sur la déchéance de la nationalité vous étiez tous les deux contre ce vote François Fillon vous demande si vous le rejoignez sur ses positions vous écrivez en fait j'y suis déjà sans doute voyons-nous on en parle pas mal ce matin de ce petit manuscrit je vais vous dire trois choses

42:28
Emmanuel Macron

la première hier c'était un SMS aujourd'hui c'est un mot donc je l'ai dit hier je n'ai jamais échangé de SMS avec François Fillon il avait menti mais là il y a l'écrit deuxièmement

42:37
Locuteur 5

vous ne pouvez pas contester cet écrit

42:40
Emmanuel Macron

non mais attendez deuxièmement il dit qui il est si besoin en était c'est à dire quelqu'un qui n'a pas grande valeur morale et pas grande éthique

42:50
Locuteur 5

non mais vous ne le saviez pas vous avez demandé à le rencontrer

42:53
Emmanuel Macron

non attendez je vais aller au bout et sur le fond mais là je parle du procédé entre responsable politique si on se met à donner à la presse les mots qu'on échange je vous laisse apprécier ce qu'il en est mais ça ne sert à rien que François Fillon ait été donné des leçons à François Hollande parce qu'il allait donner des mots à des journalistes voyez il est bien pire que cela il a perdu tout repère éthique moraux de comportement tout repère et donc François Fillon est un homme de peu de valeur c'est la conclusion que j'en tire et enfin sur le fond de quoi s'agit-il il me dit vous venez sur mes positions sur la déchance de nationalité c'est à dire qu'il était contre et j'avais rappelez-vous annoncé que j'étais contre je lui confirme et je lui dis oui j'y suis déjà je ne le rejoins pas j'y suis déjà j'étais contre la déchéance et je lui propose qu'on se voit et d'ailleurs nous en avons discuté comme j'ai toujours discuté avec des responsables de gauche de droite de ses positions mais qui prouve son incohérence dans cette affaire François Fillon qui aujourd'hui défend la déchéance de nationalité dans son propre projet mais à l'époque je l'ai rencontré plusieurs fois quand j'étais ministre il était parlementaire c'est lui qui a soutenu d'ailleurs la motion contre la loi qui était la mienne et nous avons à plusieurs reprises échangé de dossiers industriels et de sujets politiques jamais nous nous sommes rencontrés sur des positions il était déjà candidat s'apprêtait à être candidat à la primaire de la droite je n'ai jamais eu cette perspective ni de construire quelque chose avec lui mais j'ai toujours discuté avec les responsables politiques mais je le redis là ce qu'il faut voir sur le fond de cette affaire c'est l'incohérence profonde de sa position puisqu'il a utilisé ce mot pour dire que je n'étais pas constant mais la belle affaire qui n'est pas constant le François Fillon qui en février 2016 était contre la déchéance nationalité et qui aujourd'hui propose de l'appliquer dans son programme parce qu'il a rejoint la pire des droites en quelque sorte moi je suis constant je suis contre je pense que ça ne sert à rien

44:45
Présentateur

c'est Emmanuel Macron le candidat à l'élection présidentielle vous l'avez compris qui était notre invité ce matin on va passer au débrief de vos propos vous restez avec nous en plateau on accueille nos journalistes dans un instant et ça tombe bien Emmanuel Macron puisqu'on accueille Yves Traire le directeur adjoint de la rédaction du Figaro bonjour Yves bonjour Emmanuel Macron

45:11
Locuteur 7

bonjour Cyril bonjour Yves

45:13
Présentateur

et on accueille Denis Jambard éditorialiste à Nice Matin bonjour Cyril bonjour Emmanuel Macron bonjour Yves bonjour à tous

45:19
Locuteur 7

alors lequel des deux veut commencer ? ah je veux bien commencer parce que Yves Traire je vous ai écouté longuement et vous avez eu une formule il n'y a pas très longtemps vous vouliez être un président jupitérien Diantre et alors en vous écoutant je vous disais un président jupitérien qui parle de prothèses dentaires est-ce qu'il n'y a pas là un décalage c'est la fausse parce que je suis étonné de voir et c'est pas uniquement votre cas puisque vous y êtes poussé vous y êtes contraint on vous pose des questions là-dessus on a parfois l'impression qu'on demande à un candidat à la présidence de la république de résoudre des problèmes de secrétaire d'état

45:54
Emmanuel Macron

mais vous avez raison vous aurez noté que pendant des semaines et des mois j'ai moi-même dit que le programme n'était pas le coeur d'une campagne simplement votre corporation je crois même votre journal chaque jour écrivait il n'y a rien chez ce bonhomme il n'a pas de programme donc il faut un programme et donc pas de procès au figuero on ne peut pas être non mais je le dis vous répondez rien sur le journal c'est pas mal votre corporation au sens large mais vous étiez en pointe mais sur ce sujet vous pouvez vouloir une pratique pour être président simplement quand vous êtes candidat vous ne pouvez pas jouer au président oui c'est quoi un président jupiterien ?

non mais je l'ai dit c'est quoi un président jupiterien ? cela dit c'est un sujet qui est très important et auquel moi j'attache beaucoup de sens parce que je pense que c'est une partie du malheur démocratique dans lequel on vit je pense que depuis 10-15 ans nous vivons dans un système où le président par pratique politique et politico-médiatique descend dans l'arène sur tous les sujets et sur le quotidien et si je suis élu président de la république je n'entends plus parler de prothèses dentaires pour reprendre votre expression c'est ça votre 6ème république à vous ? non c'est pas la 6ème c'est la 5ème dans ce cas là mais pourquoi je ne lise en bas ?

non mais c'est une expression elle n'a jamais été expliquée je vais vous dire je suis pour articuler un peu mieux l'horizontalité et la verticalité c'est-à-dire que sur certains sujets le président de la république doit s'abstraire du quotidien doit laisser son premier ministre son gouvernement faire et donner à la fois un sens et trancher pourquoi ?

parce que le président de la république il est le garant des institutions et le garant des institutions ne peut pas être responsable de tout tout le temps c'est la grande erreur d'avoir un président qui est tous les jours sur les chaînes d'information continue c'est la grande erreur d'avoir un président qui va régler tous les micro-problèmes parce que si vous êtes responsable vous-même de tout vous n'êtes plus le garant des institutions je vais prendre la foudre je veux simplement prolonger il y a un paradoxe parce que le candidat ne peut pas être jupitérien

47:49
Locuteur 9

je vais prolonger la question d'Yves moi je suis frappé dans cette campagne on a l'impression que chaque émission c'est un concours de l'ENA il faut répondre à tout surtout en permanence et ça ne vous concerne pas simplement c'est tout le monde et du coup on n'a pas la vision d'ensemble et moi je me pose la question qu'est-ce que c'est que sera la France de 2022 après un quinquennat d'Emmanuel Macron je rappelle vous avez fait l'ENA j'ai fait l'ENA mais j'en suis très honnête parce que je rappelle M. Macron répond à tout on l'a encore entendu tout à l'heure mais la plupart des candidats

48:19
Locuteur 7

il y a une bonne chance il en est sans alors répondez à la question

48:21
Emmanuel Macron

j'ai démissionné de la fonction publique mais je rappelle que l'ENA quelle est la France en 2022 vous l'avez décrit

48:29
Locuteur 9

quelle est votre vision de la France en 2022 je l'ai décrit

48:32
Emmanuel Macron

dans le livre que j'ai fait avant tout le programme qui était Révolution qui donne à la fois la vision et la philosophie de ce que je porte c'est une France que je voudrais réconcilier c'est-à-dire que ça veut dire que sur les grands sujets aujourd'hui la défiance s'est installée et donc c'est une France qui quand on parle de ses institutions économiques, sociales de ses règles a vu la situation des uns et des autres se rapprocher se clarifier c'est-à-dire que je veux une France qui ne soit moins corporatiste et prise dans un système beaucoup plus transparent et de confiance recrée c'est le sens de la réforme que je porte sur le chômage sur la retraite sur la fonction publique ensuite je veux une économie qui soit plus tournée vers l'avenir où on a moins peur du changement précisément parce qu'il y a de nouvelles libertés et en même temps des protections individuelles une économie où on ne protège plus les emplois quand bien même ce sont les emplois d'hier mais plutôt les individus et les protégeant en les formant et une société où on a remis au coeur du projet et bien l'émancipation par l'apprentissage l'école et la culture c'est pour moi le coeur de la bataille et c'est une bataille morale parce que c'est celle qui redonne du sens et qui remet tout le monde dans un creuset un peu commun je pense que ce qui mine la France c'est la défiance institutionnelle économique sociale et de ce fait qui l'affaiblit quand elle est touchée par des attaques extérieures

49:51
Locuteur 7

On est à un territoire d'info et justement je voudrais vous poser une question sur le premier de ces territoires je crois que vous proposez la suppression des départements dans les zones urbaines en cela sans doute inspiré aussi un petit peu par Gérard Collomb qui a bien réussi son affaire à Lyon est-ce que la première des réformes somme toute et on voit que la réforme territoriale qui a été faite par François Hollande elle est assez imparfaite et incomplète c'est pas justement de réformer la première des collectivités territoriales c'est-à-dire l'Etat de commencer par l'Etat que fait l'Etat qu'est-ce qu'il ne doit pas faire pour déléguer puisque vous êtes girondin si j'ai bien compris pour déléguer aux régions aux départements aux collectivités inférieures ce qu'a fait la Suède et le Canada d'ailleurs

50:34
Emmanuel Macron

et l'Angleterre et l'Angleterre ils l'ont pas tellement fait en décentralisant ils l'ont fait en privatisant donc je pense que la plupart sauf quelques exceptions je l'ai dit tout à l'heure pour les régions la plupart des décentralisations ont été faites il y en a encore un peu vers les régions le cœur c'est en effet de revoir le fonctionnement de l'Etat de le moderniser et parfois de se séparer de certaines missions et donc là-dessus j'y suis prêt c'est un peu le cœur du projet qui est le mien en termes d'économie et d'investissement le problème c'est qu'aujourd'hui on gère l'Etat avec énormément de myopie et donc sans en changer jamais les paramètres que ce soit d'ailleurs de gauche et de droite c'est pour ça que moi j'essaie dans le projet que je propose de m'affranchir de cette logique année par année pour dire on a besoin d'avoir une stratégie sur 5 ans et un vrai mécanisme de responsabilité ce qui rejoint d'ailleurs les équilibres institutionnels sur lesquels vous m'interpelliez c'est pas un président de la République qui fait une réforme de l'Etat efficace en France il en pose les bases et la vision il en donne les moyens et il demande à son premier ministre et à ses ministres de les mettre en oeuvre mais en disant dès le début une chose si vous ne le mettez pas en oeuvre j'en tire les conséquences et c'est pour ça que j'ai dit je veux redonner du sens à la responsabilité ministérielle avoir un plan quinquennal d'économie porté par chaque ministre avec un plan d'investissement qui permet de le faire moi je pense qu'il y a des pans entiers où l'Etat n'a plus à être opérateur lui-même

51:50
Locuteur 7

il est élaboré ce plan quinquennal là déjà ?

51:51
Emmanuel Macron

il est pour moi élaboré on le connait pas ?

si il est dans mon projet simplement je le déclinerai par portefeuille ministériel dans les deux premiers mois pour que à l'issue des législatives chacun ait sa feuille de route mais ce qui est très important pour faire une telle réforme et ce qu'a fait d'ailleurs la Suède c'est qu'il faut avoir une politique à la fois d'économie et d'investissement un exemple très simple pour que ce soit clair c'est que si vous n'investissez pas par exemple dans les systèmes d'information dans la numérisation de votre administration qui vous permet ensuite de déléguer énormément de choses vous restez aux mêmes équilibres et donc vous êtes totalement paralysé par le groupe Emmanuel Macron

52:23
Présentateur

Bernard-Henri Lévy vous apportiez son soutien il a dit de vous que vous êtes un mi-Kennedy mi-Alcibiade est-ce que c'est pas un peu encombrant comme soutien ?

52:31
Locuteur 9

pardon Alcibiade il a été dans tous les camps vous le savez c'est pas ça qu'il veut dire aussi

52:36
Emmanuel Macron

il parle de retour du romanesque en politique réponse il parle du retour du romanesque en politique il était sur un Alcibiade qui était un peu moins un peu moins pervers que le vôtre écoutez il a fini comme ça écoutez sur ce sujet moi je le prends avec beaucoup d'honneur comme tous les soutiens qui me sont faits j'ai de l'estime pour Bernard-Henri Lévy pour ses positions et sa vision des choses et après c'est la même question qu'on me pose à chaque fois dès que quelqu'un me soutient on dit est-ce que c'est pas encombrant ?

enfin moi j'aspire à être soutenu par une majorité de français comme disait je crois que c'était François Mitterrand qui avait cette formule je ne tripe pas les bulletins de vote donc je me félicite qu'il y ait des soutiens parce que j'ai chaque jour aussi beaucoup d'attaques donc voilà c'est la vie démocratique mais je cherche surtout le soutien de chacun de nos concitoyens je cherche à essayer de convaincre sur un projet et sur ce que vous avez très bien dit c'est-à-dire la vision ce qui est très important c'est qu'on revienne dans ces 12 derniers jours sur quelle vision quelle projection du pays on a parce qu'on a besoin d'expliquer à nos concitoyens où on emmène le pays à 5 ans

53:45
Présentateur

merci infiniment d'avoir été invité de Territoire d'Info ce matin sur Public Sénat Sud Radio avec la presse quotidienne régionale on remercie Mickaël Bourguignon de La Dépêche Interactive d'avoir diffusé en live en direct cette émission sur le site de La Dépêche et José Biosca qui dirige la rédaction de ce joint vous serez d'ailleurs je crois à Toulouse jeudi exactement jeudi matin voilà chez eux merci à vous Emmanuel Macron passe au zapping le premier zapping politique des matinales d'info qu'on regarde ensemble il est très bon vous le savez merci

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