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interviewEurope 1· 28 novembre 2025 8 min

Pluralisme chez Radio France : "Glucksmann est la personnalité politique la mieux traitée"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

sur Europe Dimitri Pavlenco. Vous recevez ce matin le directeur général de l'institut Thomas Mor Jean-Thomas Leeur. Bonjour Jean-Thomas le Suur.

Bonjour Dimitri Plavco. Bienvenue sur Europe. L'audiovisuel public respecte-t-il ces obligations de pluralisme et d'équité de traitement des personnalités et formations politiques ?

Alors la question, on le sait, elle est au cœur des travaux de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité du service public qui ont commencé cette semaine. Alors, vous voulez poser également cette question à l'institut de Thomas Mor qui est un think tank orienté, on va dire conservateur. Vous publiez Jean-Thomas Leir en exclusivité pour le Figaro Magazine cette semaine une étude assez impressionnante.

C'est la seconde fois que vous le faites hein. La première fois, c'était il y a un an et demi. Même sujet mais alors à une plus vaste échelle.

Qu'en est-il du pluralisme sur les antennes de Radio France ? Alors, peut-être un mot d'abord sur votre méthode. Comment vous avez fait pour mesurer le pluralisme dans les programmes du service public audiovisuel de manière, on va dire, scientifique ?

Alors, en fait, on a confié à l'intelligence artificielle. Pourquoi ? D'abord parce que elle permet de de de d'analyser un volume de données considérable sur donc on a analysé trois antennes, France Inter, France Culture et France info pendant un mois du 1er au 31 octobre. et on a on a pu comme ça analyser plus de euh 2500 mentions de personnalité ou de formation politique ou analyser le contenu de de 1280 chroniques.

Donc la première avantage de notre titre de l'IA, c'est euh c'est le volume. Euh le deuxème c'est euh le fait que ben en fait elle est assez euh rigide et systématique si je puis dire. Donc elle applique les mêmes critères à l'ensemble de des chroniques ou des interventions qu'on lui demande qu'on lui demande d'analyser.

Donc en fait, elle offre une lecture assz assez stable et vérifiable de de ce qu'on lui met dans la machine, si je puis dire. Et puis enfin euh ce qui est intéressant et ce qui change un peu par rapport à ce qu'effectivement au rapport que nous avions publié en en mai 2024, c'est que on on analyse pardon ce qui est dit, pas qui le dit. Donc là, on est vraiment sur du verbime et pas non non pas sur le profil socioitique de l'intervenant.

Oui, parce que c'est pas le tout de parler de quelqu'un, c'est ce qu'on en dit, comment on en parle ? Est-ce qu'on c'est bienveillant ? Est-ce que c'est hostile ?

Vous avez créé d'ailleurs un indice d'hostilité bienveillance, un autre indice d'orientation droite gauche. Bon, allons directement aux conclusions. Quels enseignements vous retenez de ce mois entier d'analyse des antennes ?

Alors, les trois trois antennes de Radio France, France Interre, France info, France Culture, qu'est-ce qu'il faut retenir ? Alors le le la le premier renseignement que nous on retient, c'est qu'en fait les parties d'opposition radicale, donc la gauche radicale et la droite radicale, sont à la fois sous-représenté euh par rapport à leur poids électoral réel. nous avons pris le poids des législatives de de 2024 et en même temps euh extrêmement euh enfin leur traitement est assez hostile he puisque sur cette échelle de - 10 + 10 comme vous le disiez - 10 hostilité complète + 10 bienveillance et bien la gauche radicale est à - 293 et la droite radicale à -3 - 304 et ces forces politiques pour le dire vite et lesfillen sont associé en fait à ce qu'on appelle la stratégie du chaos déstabilisation ou risque pour la vie démocratique.

D'accord. Mais donc la France insoumise est aussi maltraitée si je vous comprends bien que que le Rassemblement national ou les c'est ses partis. Oui.

Et oui et ça c'est l'une des l'une des leçons de notre étude, c'est qu'en fait la gauche radicale LFI est effectivement assez maltraité. Et pour aller rapidement à l'essentiel, le la partie du segment politique qui est mieux traitée, c'est clairement le centre et le centre gauche. Et donc, il y a aujourd'hui dans le traitement de l'analyse, enfin de la vie politique, une différence entre la gauche radicale et lesfi et le reste des partis de gauche.

Oui. Donc, si je comprends bien, c'est une partie de la gauche, la gauche gluxman, si je puis dire, qui semble-t-il ressort comme la mieux traitée des antennes du service public. Jean-Thomas le Suur.

C'est exactement c'est exactement ça. Et d'ailleurs, la figure de Raphaël Gluxman elle-même est celle qui est la mieux traitée dans le le l'analyse que nous avons faite. C'est la personnalité politique la mieux traitée par par les trois antennes pendant ce mois-là.

Bon, qu'est-ce que ça vaut ? Et les autres alors c'est intéressant parce que c'est c'est ce que je dis, c'est vraiment centre et centre gauche. Les quatre mieux traités si je puis dire, c'est Raphaël Glisman, Laurent Nugèz, Manuel Vals et Édouard Philippe.

D'accord. Donc ça c'est intéressant. Mais qu'est-ce que ça vaut concrètement la fiabilité de Lia ?

Parce qu'on sait qu'elle est elle-même biaisée. Il y a eu plein d'études qui montraient qu'il y avait quand même des biais cognitifs dans l'intelligence artificielle. Pourquoi ?

Elle mange le web et forcément elle en fait une synthèse. Ses opinions à elle-même sont influencées. Je vous dis ça parce que il y a un petit détail qui m'a un peu turlupiné.

Je vois que sur France interre, vous jugez que même la météo est de gauche. Je trouvais ça plutôt drôle. Bon oui.

Alors ça c'est c'est peut-être c'est peut-être une une coquet si je puis dire de de l'IA. Évidemment, il y a un biais, si vous voulez euh IA euh qui est effectivement assez analysé, mais qui est plutôt un biais centregauche euh globalement hein dans les études quand on les voit. Euh donc on peut quand même considérer que d'une certaine manière euh ce que nous disons est en fait validé par le BM idéologique de l'outil.

Oui. Alors ça votre étude, elle porte pas sur France Télévision. Malgré tout, je voudrais quand même vous poser une question Jean-Thomas Leur puisque il y a cette affaire complément d'enquête, ce numéro de complément d'enquête diffusé hier soir à charge contre ces news avec l'utilisation bah d'une étude qui ressemble d'ailleurs un petit peu à la vôtre, celle menée par Reporteur sans frontière qui a été désavoué hier par l'Arcom.

RSF jugeait que sur le mois de mars 2025, ces news ne respectaient pas les obligations de pluralisme. L'ARCOM a été très clair hier en disant "Non, non, il y a rien à reprocher à ces news sur ce sur ce mois-là." Comment vous regardez alors d'abord le documentaire en lui-même et puis euh le fait que des outils qui ressemblent au vôtre commencent à à percer ailleurs et notamment bah chez Reporter sans frontière qui est érigé un peu comme un exemple, un modèle he par Emmanuel Macron.

Bah de toute façon aujourd'hui le sujet de du pluralisme et du respect du pluralisme par les médias compte tenu de la polarisation du débat politique et du débat intellectuel euh va être un sujet qui va monter de plus en plus de plus en plus fortement. Donc il y a des mises en cause effectivement dans les deux sens-je. Donc c'est évidemment comme toujours dans ces cas-là, il peut y avoir un mieux démocratique parce que ça permet quand même de bah d'ouvrir le d'ouvrir le capot, de regarder ce qu'il y a dans le moteur, de regarder finement ce qui est dit par tel ou tel intervenant médiatique.

J'ajoute toujours un peu le même argument mais pour ce qui est des groupes de l'audiovisuel public, il y a quand même une différence fondamentale, c'est que ils vivent de nos impôts, ce qui est pas le cas de privé comme celui que vous citez. Euh voilà, c'est-à-dire que ben on sait que France Télévision c'est 2 milliards et demi de budget. On sait que Radio France c'est c'est 650 millions.

Tout ça vit principalement, il y a un peu de pub, il y a peu de ressources propres, enfin principalement de la des dotations publiques. Donc il est assez légitime qu'on soit plus exigeant ou plus regardant pour ces groupesl. Bon, il y a aussi cette idée qui est poussée en ce moment par Emmanuel Macron justement de labelliser les sites d'information.

Et alors, je cite le président parce que les détails comptent hein, c'est pas le gouvernement ou l'État qui peut dire ceci est une information, ceci n'en est pas, mais je pense que c'est important qu'il y ait une labellisation faite par des professionnels des médias qui puissent dire ceci correspond à la déontologie. Et alors, il citait justement reporter sans frontière le président de la République. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Est-ce qu'il y a pas là une tentative d'arsenalisation réglementaire quelque part et de pour clouer au piloris certains médias qui sont jugés hostiles ? Euh si si et je vais être très franc, c'est extrêmement inquiétant euh que effectivement le le président de la République et le représentant de l'État s'investissent à ce point euh sur ces sujets-là parce que euh certains découvrent aujourd'hui euh euh le cette préoccupation du président de la République. Or en fait, elle est elle existe depuis des années.

Je rappelle que lors de ses vœux à la presse en en 2020 déjà Emmanuel Macron expliquait qu'il fallait collectivement que nous alors il disait nous à ce moment-là donc il se mettait dedans ou en tout cas la puissance publique définisse ce qu'est une fake news et une vraie information. C'est extrêmement inquiétant. Ça ne veut pas dire qu'il y a pas de problème he de diffusion de de fake news effectivement de d'influence étrangère et cetera, mais moi il me paraît pour la liberté d'expression et la sérénité du débat public assez inquiétant qu'effectivement la puissance publique se se saisisse à ce point de de ce type de question et et entendre le faire réglementer en effet.

Merci beaucoup Jean-Thomas Le sueur euh directeur général de l'Institut Thomas Mor. Votre étude elle est à retrouvé d'ailleurs en exclusivité euh cette semaine dans le Figaro magazine titré ce jour panique à Radio France. Merci d'être venu nous en parler ce matin.

Bonne journée. Merci à vous. Il est 7h20.