2027 : et si tout se jouait aux législatives ?
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– Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Sens Public, votre rendez-vous quotidien de débats, chroniques et reportages. On est ensemble du lundi au jeudi à 18h et 22h pour donner du sens à l'actualité grâce à nos experts et aux journalistes de la rédaction de Public Sénat.
Ouvrez vos agendas et notez ces dates 18 avril et 2 mai, deux dimanches pour élire le prochain président de la République. Deux dates qui font déjà polémiques. Le second tour, surtout au lendemain de la fête du travail, c'est la gauche qui dicte ses choix, disent les LR, qui a décidé le calendrier électoral.
Pourrait-il nous réserver une surprise avec des législatives anticipées ? Le nouveau président aura-t-il forcément une majorité confortable à l'Assemblée ? On répond à toutes ces questions dans une minute.
Et puis dans la seconde partie de ce sens public, la France qui entre dans une nouvelle ère, celle des pénuries d On a considéré que l'eau était un bien commun qui coulait naturellement du robinet, qu'on allait puiser dans des nappes qui étaient inépuisables, qu'on allait prendre dans des rivières qui avaient des étiages tout à fait correct l'été. C'est fini ce monde-là. Donc économiser de l'eau, c'est bien, mais il faut faire autre chose.
Pour préserver les agriculteurs, le Sénat a voté cette semaine la loi d'urgence agricole qui prévoit notamment de doubler nos capacités de stockage d'ici 2035 est ce le retour des méga bassines ce texte va-t-il rallumer la guerre de l'eau ne ratez pas l'analyse et la confrontation nos experts sur ce thème ce sera dans trois quarts d'heure et comme tous les jours participer à notre émission en flashant ce qr code je poserai vos questions à nos invités première interrogation fallait-il choisir le 2 mai comme second tour de la présidentielle clémentine louise un premier tour le Le 18 avril, ça ne pose pas de soucis particuliers. Un second tour le 2 mai, là en revanche ça coince. Car qui dit 2 mai, dit lendemain de la fête du travail.
Un événement éminemment politique qui tombe en pleine période de réserve électorale. A partir du vendredi, minuit, les candidats n'ont plus le droit de solliciter les électeurs, que ce soit à travers des réunions, des tracts ou des messages de campagne afin de garantir la sincérité du Or, avec un 1er mai en plein milieu de cette réserve électorale, le silence politique semble compliqué à tenir. Le chef de file des Républicains dénonce même une date qui avantagerait la gauche, traditionnellement plus visible lors de la fête du travail qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges dans les prises de position il n'y aura aucun écho politique une fois de plus ce gouvernement a obtempéré le choix du gouvernement a été le choix de la gauche parce qu'elle pense qu'un second tour après le 1er mai l'avantagera.
Mais pour la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet, il n'y avait pas vraiment le choix. Le calendrier ne proposait qu'une seule autre alternative, une élection en pleine vacances scolaires. Alors ce sont des mauvaises dates oui, et les autres étaient tout aussi mauvaises.
Le problème c'est qu'on a des délais qui sont inscrits dans la Constitution c'est l'article 7 entre 35 et 20 jours avant la fin du mandat du Président. Donc il y a d'autres possibilités quand même « S'il y a une unanimité de tous les partis politiques pour considérer que ça n'est pas une bonne date et que les dates en plein milieu de toutes les vacances scolaires de tout le pays sont meilleures, dans ce cas-là, il faut écouter les partis politiques. Le gouvernement appelle à ne pas polémiquer sur ces dates et rappelle qu'elles respectent strictement les exigences de la Constitution et qu'elles ont été arrêtées après consultation de l'ensemble des partis politiques.
On se projette dans le calendrier électoral de l'année prochaine avec cette question. Et si tout se jouait aux législatives ? Je vous présente mes invités Jean-Philippe Derosier.
Bonsoir, bienvenue. Vous êtes constitutionnaliste, professeur de droit public titulaire de la chaire d'études parlementaires à l'université de Lille. Aurore Malval, bonsoir.
Bienvenue. Grand reporter à Marianne, Philippe Moreau-Chevrolet, bonsoir et bienvenue. Vous êtes président fondateur de l'agence MCBG Conseil, professeur à Sciences Po et Tam Tranuit.
Bonsoir Tam, bienvenue à vous directrice adjointe de l'information de Public Sénat et littoraliste pour Sens Public. On va donc voter, sauf si tous les partis politiques se rendent en délégation à l'Elysée ou à Matignon pour demander à ce que ça change mais je n'y crois pas trop. 18 avril, 2 mai pour élire le 9e président de cette 5e République, Jean-Philippe Derosier.
Est-ce qu'elles vous semblent tout simplement logiques ces dates ? Absolument. Elles sont logiques.
D'abord ça a été rappelé, la Constitution impose un calendrier, il faut que le scrutin ait lieu 20 jours au moins, 35 jours au plus avant l'expiration du mandat d'Emmanuel Macron, enfin du président en exercice. C'est 14 mai. Voilà, le 14 mai.
Si bien que, eh bien là aussi ça a été rappelé, vous l'avez rappelé, il n'y avait qu'une seule alternative, soit l'option qui a été retenue 18 avril et 2 mai, soit 11 avril et 25 avril. Alors premièrement, aucune date n était bonne parce que toutes les dates étaient pendant les vacances scolaires. 11 avril, 18 avril faisait un deuxième tour là où toutes les zones étaient en vacances en même temps, donc ce n'aurait pas été idéal non plus.
L'autre problème est que, eh bien, comme on l'a dit, la fin du mandat de Emmanuel Macron est le 14 mai. Je suis à peu près prêt à parier que si c'était l'autre option qui avait été retenue avec un deuxième tour le 25 avril, on aurait dit il faut qu'il démissionne avant, il faut qu'il passe la main dès le 25, le 27, le 28, le 29 ou pourquoi pas le premier maire. Enfin bon bref, ça aurait soulevé d'autres sujets.
Je crois que tout est sujet à discussion bien sûr mais à politisation à outrance et qu'il faut s'en tenir à ce que la constitution impose, à ce que sont nos habitudes. C'est assez rare que l'élection présidentielle ait lieu tout au mois d'avril, ça s'est produit en 2022, parce que là c'était le dimanche lui-même, qui était le 1er mai ou le 8 mai, le jour du vote. Ça effectivement, c'était difficilement concevable.
Là, c'est la veille, moi je n'y vois absolument aucune difficulté. Mais alors il y a aussi ce que ça dit du climat de l'instant et peut-être de ce que sera cette campagne quand même horreur malval à peine on a déjà une polémique sur les dates quoi oui je pense moi je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit je pense que chaque date aurait pu aussi dire d'ailleurs qu'emmanuel macron choisissait des dates très très tôt pour que finalement les élections législatives aient lieu plus tard et que donc le président nouvellement élu n'aurait pas bénéficié de l'effet d'entraînement un petit peu mécanique qui dont il bénéficie lorsque les élections législatives suivent de près l'élection présidentielle enfin en tout cas on sait que plus c'est éloigné moins cet effet drapeau joue justement derrière le président ou la présidente nouvellement élue donc c'est vrai je pense que chaque choix aurait été sujet à polémique on voit bien qu'on s'engage dans une campagne qui va être extrêmement violente moi je pense d'ailleurs que peut-être monsieur Rotaillot finalement n'aura pas le loisir en en revanche de commenter les manifestations du 1er mai telles qu'il aurait peut-être aimé les faire c'est à dire en pointant d'éventuels débordements ou en critiquant justement les partis de gauche et des syndicats c'est vrai que ça va rester une manifestation finalement qui n'aura Il n'y aura pas, pour une fois, toutes les caméras braquées sur elles avec des leaders politiques qui prendront la parole. – Il n'y aura pas de leader politique, mais il y aura quand même un peu de contenu politique. – Bien sûr, il y aura du contenu politique.
Et j'imagine que de toute façon, il y aura quand même une une certaine...
Enfin, cette règle, en fait, de faire une trêve entre le vendredi soir minuit et le dimanche, c'est aussi justement pour que les candidats puissent se défendre, en fait, et riposter contre de nouvelles informations qui seraient portés à la connaissance de ses lecteurs et contre lesquels ils ne pourraient pas se défendre s'ils n'avaient pas ce délai nécessaire, enfin le délai nécessaire du coup qui courrait avant. Donc là je vois pas en l'espèce, je trouve pas que, je pense que c'est vraiment une polémique qui montre bien effectivement le moment de tension dans lequel on se trouve actuellement. Oui, alors plusieurs critiques exprimées, il n'y a pas seulement celle de Bruno Retailleau, on va écouter la réponse de la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon.
Les règles seront les mêmes qu à l'habitude, il y a une période de réserve, il y a des dates qui ont été fixées eu égard aux différentes contraintes et aux différentes exigences qui s'imposent à nous. Les premières sont constitutionnelles et les secondes ont été partagées encore une fois avec l l'ensemble des partis politiques. On aurait pu choisir d'autres dates qu'on nous aurait probablement reprochées au regard du calendrier des vacances scolaires.
C'est la gauche qui dicte ses choix. Je reprends le verbatim du du communiqué des LR et particulièrement de leur candidat, Bruno Retailleau. Votre avis là-dessus ?
Bruno Retailleau cherche à prendre le leadership à droite. Le meilleur moyen de prendre le leadership à droite est d'être le seul à faire une polémique avec la gauche, même si elle a inventé de toute pièce, à ce moment-là où toutes les caméras sont braquées sur les dates de l'élection. C'est plutôt malin.
Bruno Rotailleau fait par ailleurs un plutôt bon début de campagne, c'est le seul à dérouler des programmes, etc., qui tiennent la route et il joue un peu son va-tout parce qu'il sait qu'il a une toute petite fenêtre face au rouleau-compresseur Edouard Philippe, par exemple. Donc c'est plutôt malin, ça reste une polémique absolument infondée et puis il faut lui rappeler deux choses.
Un, les médias vont couvrir le 1er mai, les gens pour l'essentiel vont entendre parler du 1er mai à travers les médias. Les médias sont tenus à une obligation d'équilibre qui respecteront le 1er mai comme n'importe quel autre jour de la campagne. Ensuite, il y a un deuxième point, c'est que le 1er mai, il n'est pas que à gauche.
Il y a aussi l'extrême droite qui défile le 1er mai. Moi, je vois un seul cas où ça peut vraiment être problématique, c'est si on a un second tour, Eren et les filles, où il est possible pour le coup qu'on ait des militants qui jouent la castagne dans l rue la veille du scrutin, ça c'est possible. – Oui, je veux bien vous entendre là-dessus parce que c'est vrai que c'est peut-être le seul risque sur lequel on peut tomber d'accord, c'est-à-dire le risque d'un premier lien qui deviendrait une date à haut risque, un peu d'affrontement possible entre les extrêmes parce que c'est aussi ça le climat politique de la France depuis un certain nombre de mois. – Oui, mais que ce soit la veille du scrutin, le lendemain ou à n'importe quel autre moment, c'est le cas.
Il y a eu d'autres premiers mai dans dans le passé, où il y a déjà eu des affrontements de ce type-là. Il y a eu d'autres manifestations où il y a eu aussi ces affrontements-là. Et donc c'est dépourvu de liens avec l'organisation du scrutin le lendemain.
Là où ça va avoir un impact en effet, c'est que les responsables politiques ne vont pas pouvoir s'exprimer médiatiquement sur le sujet. Que si des médias couvrent ces manifestations et qu'il y a des responsables politiques, eh bien les médias ne pourront pas évoquer et présenter...
Ou alors il faudra tous les montrer. Non, non, même puisqu'on est dans la période de réserve. Ah oui, c'est vrai, c'est la période de réserve, vous avez raison.
On ne peut pas aller les démontrer. On va flouter les parties d et je rappelle que cette période de réserve s'impose d'abord et avant tout aux médias précisément, un candidat a le droit de sortir dans la rue c'est la faiblesse de l'argument de Bruno Rotaillot on a tout prévu au niveau de la législation sur les Donc, le fait qu'il y ait un affrontement entre l'extrême droite et l'extrême gauche est indépendant de l'organisation du second tour de l'élection présidentielle le lendemain. – Tam Oui, je trouve que ça sent vraiment la polémique qui est finalement faite pour exister médiatiquement actuellement.
Parce qu'on l'a dit, le premier AMS est un symbole pour la gauche, c'est un symbole pour l'extrême droite, mais c'est aussi un Un symbole pour la droite. Regardez le débat qu'on a eu cette année autour du 1er mai. Il s'est énormément focalisé sur le fait de travailler le 1er mai.
Donc on voit bien que la droite aussi a tenté de se saisir de ce symbole. Donc c'est toujours la même chose. Une date aussi symbolique soit telle.
Et bien ça dépend de ce que chaque parti politique en fait. Et donc la droite peut aussi essayer de porter son message à cette occasion. Et d'ailleurs c'est tout à fait ce qu'elle a tenté de faire cette année.
Un mot tient de cette période de réserve, Philippe Maud-Chevrolet est-ce qu'elle n'est pas un peu datée ? C'est-à-dire qu'elle n'existe peut-être pas forcément dans tous les pays, je ne sais pas. Et est-ce que ce n'est pas un schéma un peu ancien finalement ?
Ça n'existe pas dans tous les pays. Il y a deux façons de voir les choses soit on considère que c'est daté parce qu'il y a des réseaux sociaux et que de toute façon, ce n'est pas respecté. Soit on considère qu'il faudrait réguler les réseaux sociaux pour la faire appliquer.
Moi, je suis plutôt dans la deuxième optique. Moi aussi, mais sauf qu'on sait tous que c'est illusoire aujourd C'est une façon d'essayer de rendre le débat public un tout petit peu plus apaisé, un tout petit peu plus intelligent laisser effectivement aux gens le temps de se défendre parce que sinon on peut avoir des attaques jusqu'au dernier moment On aura beaucoup de désinformation, ça va être une campagne assez sale. On sait que la Russie a la manœuvre, il y a d'autres pays qui le sont aussi pour balancer des boules puantes.
Si on a ce type d'agression possible la veille du scrutin, c'est quand même dommage. On a plutôt un bon système. Pour moi, il faudrait l étendre et faire en sorte que les réseaux sociaux ne soient plus des espaces de non-droit.
La démocratie en a besoin. Après, est-ce que le législateur veut faire ça ? C'est différent.
Ça pose aussi la question des sondages, par exemple. Jusqu'à quand on peut ou on doit publier un sondage, votre avis ? Jusqu'au vendredi minuit.
Oui, mais est-ce qu'il faudrait changer cette règle ? Est-ce qu'on pourrait changer cette règle ? Alors moi je serais favorable à la changer mais pour la durcir...
Est-ce qu'il y a encore moins de sondages Par exemple, en Italie, c'est 15 jours avant qu'on ne peut plus publier de sondage sur un scrutin à venir afin de précisément éviter que les électeurs soient trop influencés par les sondages eux-mêmes et puissent forger leurs propres convictions, eu égard au positionnement idéologique de chaque candidat. Votre avis là-dessus, Aurore Maldal ? Je pense qu'effectivement, on a un sujet sur les réseaux sociaux, mais qui est en l'état assez difficile parce qu'il ne dépend pas seulement des réseaux sociaux, il dépend aussi de l'usage que chacun en fait.
Si je décide d'ouvrir mon téléphone le samedi pendant la période de réserve, l L'algorithme ne va pas, évidemment, bloquer des publications qui ont été publiées les jours prochains et va me proposer ce qu'on dit dans le feed, justement, des publications. Donc en fait, cette temporalité sur les réseaux sociaux l'ont complètement modifié et il me semble en tout cas aujourd'hui extrêmement difficile, en tout cas de le geler comme ça pour une période de 24 heures. On a vu, par exemple nous interrompre lors des municipales, qu'il y avait quand même près d'un quart des Français qui avaient consulté leur OIA avant, alors pas forcément de faire leur choix mais en tout cas pour s'informer et pour certains d'entre eux avant de faire leur choix donc ça, ça échappe à nos règles finalement.
Exactement mais après je veux dire ça existait aussi avant c'est-à-dire C'est-à-dire qu'avant l'ère des réseaux sociaux, on pouvait aussi discuter avec ses voisins, avec sa famille, avec son groupe d'amis, avec sa bulle de filtre que j'appellerais IRL à l'époque, qui étaient les gens qui nous entourent et qui ne sont pas, contrairement quand même à ce qu'on peut On peut penser des gens qui étaient de tous horizons et absolument différents. On a quand même tendance à s'entourer de gens qui pensent comme nous, un petit peu comme dans les réseaux sociaux, sur les réseaux sociaux d'ailleurs. Et donc en fait ça ne change pas radicalement.
On peut très bien décider de se renseigner, de lire aussi des articles avant le scrutin pour faire un choix éclairé. Donc je pense que...
Je trouve que la règle, en l'état, elle n'est pas si mal faite. Elle empêche peut-être, en tout cas, certaines attaques. Elle ne les empêche pas toutes parce qu'on l'a vu.
D'ailleurs, certaines fois, certaines publications flirtent un petit peu avec la limite. Il m'a semblé que le JDD, lors des élections de dernières élections, je ne sais plus si c'est les municipales ou une autre, avait publié quelque chose comme ça dans cette période de réserve. Le droit de la presse en ligne est en tout cas moins précis que les règles pour les médias audiovisuels, donc il y a des brèches et effectivement on doit s'y préparer.
Alors ce débat, alors là on a commencé par le calendrier parce que c'est l'actualité, mais on va essayer d'aller évidemment plus loin avec la question de l'impasse politique dans laquelle on est depuis deux ans. Cette élection présidentielle va-t-elle nous permettre d'en sortir ? Alors il faut d'abord peut-être se pencher sur le quinquennat avec vous, Tam.
C'est encore un jeune homme à peine plus de 25 ans ce quinquennat mais c'est déjà l'heure de tirer le bilan. Et oui rappelez-vous en 2000 la France vit sa troisième cohabitation il y a eu Mitterrand-Chirac. de 1986 à 1988, puis Mitterrand-Balladur de 1993 à 1995, et enfin Chirac-Jospin entre 1997 et 2002.
Ce qui fait que moi, qui suis une femme des années des années 80, enfin, une enfant des années 80. Je croyais alors tout à fait dans la norme d'avoir un président de gauche et un premier ministre de droite ou bien le contraire. Il faut croire que les parlementaires et les Français pensaient tout autrement, ce qui a abouti finalement à l'adoption du quinquennat qui a été massivement approuvé par les Français par voie de référendum avec un score de 73%.
Enfin, massivement. En réalité, le camp qu'il a emporté de très loin ce jour-là était celui de l'abstention puisque plus de 70 % des Français avaient piscine. La réforme est donc passée dans une forme d 'indifférence générale.
Et peut-être parce qu'on n'avait pas en tête les effets du quinquennat de cette réforme. D'autant plus comment au moment où elle a été adoptée, les effets n'ont été complets que l'année suivante lorsque l'on a décidé l'inversion du calendrier électoral en repoussant d'avril à juin les élections législatives pour donner au président nouvellement élu une majorité parlementaire. Objectif, diminuer sensiblement l'éventualité d'une cohabitation, renforcer la présidentialisation du régime, moderniser nos institutions, aller au rythme de l'accélération de l'histoire.
Voilà pour les arguments. Alors, un peu plus de 20 ans plus tard, on peut dire que les effets sont probants. Emmanuel Macron a fini par perdre la majorité absolue à l'Assemblée un mois après sa réélection, avant de perdre encore plus de plumes après les élections européennes et la dissolution, ce qui a fini par une éphémère période, rappelez-vous, de coalitation avec Michel Barnier, un néologisme journalistique barbare, pas terrible, on l'a tous trouvé à la rédaction.
D'ailleurs, on l'a oublié très vite. – Tout à fait, nous l'avions tous oublié, on l'a recherché. Un mélange de cohabitation et de coalition qui a au moins battu un record, celui du gouvernement le plus bref de la cinquième.
Adieu, action, réforme et cohérence, place à la machine à laver – Donc si je comprends bien, vous dites que le quinquennat n'est pas parvenu à ses fins ? – Non, et d'ailleurs certains l'avaient prédit bien avant la mise en déroute macronienne, revenant aux fondamentaux, la constitution. Elle dit dans son article 5 que, je cite, « Le président de la République veille au respect de la constitution.
Il assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat ». On retient le mot « arbitrage » pour pouvoir exercer cette fonction d'arbitre au-dessus des partis. Michel Debré voulait même aller à l'époque au-delà du septennat.
Il y avait même été évoqué 12 ans par exemple. En tout cas, avec le quinquennat, le président de la République n'est -il pas au contraire obligé de rentrer dans la mêlée politique ? Est-ce qu'il ne se comporte pas justement en chef de parti quand il en a, en tout cas, les moyens ?
Enfin, on peut s'interroger sur le temps utile qu'il reste dans le quinquennat pour réformer. On va regarder par exemple le nombre de budgets qu'il va pouvoir librement décider. Pas le premier, il est largement fait par le prédécesseurs.
Ensuite, on peut dire que vous avez deux budgets où le gouvernement a à peu près les mains libres et puis un budget en prévision des élections locales. Enfin, le dernier budget n'aura une durée de vie que de quelques mois. Bon, alors revenons au septena à ce moment-là, sauf que c'est pas la solution dans le bazar que nous vivons, il est difficile de faire la part des choses entre ce qui tient à la façon de gouverner d'Emmanuel Macron, de ses choix, ce qui provient du quinquennat, de nos trois blocs politiques qui paralysent tout, des postures politiciennes des uns et des autres le septennat ne viendrait sans doute pas résoudre tout cela d'un coup de baguette magique mais cela mérite réflexion 7 ans de réflexion merci beaucoup tam un seul mandat de cet entier jean-philippe de rosy est ce que c'est une solution ou pas pour vous voulez le regard du professeur de droit ou mon avis personnel le regard du professeur de droit vous dira que c'est une solution qui est proposée par certains mon avis de professeur de droit c'est que ce serait comment est-ce qu'il a dit avec l'interdiction de pouvoir se représenter une funeste connerie ou quelque quelque chose comme ça.
Ce qui vaut pour la possibilité de se présenter après deux mandats, vaut pour le septennasec. D'accord. Ça retire tout engagement de la responsabilité, la La seule possibilité d'engager la responsabilité du président de la République, c'est devant les électeurs.
En se représentant. En se représentant bien sûr. Et donc si on le prive de cela, on prive les Français de la possibilité de le sanctionner d'une façon ou d Mais alors, quel bilan vous faites de ce quinquennat ?
Peut-être de l'inversion du calendrier. Je ne suis pas d'accord avec le bilan qui a été dressé par TAM. Je trouve que le bilan est positif.
Ça ne veut pas dire que les 10 dernières années que nous avons passées, il faut en tirer un bilan positif, mais je ne pense pas que la cause en soit le quinquennat. Avant le quinquennat, donc sous l'ère du septennat-quinquennat, parce que rappelons-le, c'était un septennat pour le président et un quinquennat pour les députés. Eh bien, il y avait une désynchronisation, une atemporalité, une arythmie, avait-on pu dire, électorale, une arythmie dans l'attribution du pouvoir.
Le pouvoir n'était jamais attribué pour 7 ans. Il ne l'a jamais été au mieux de temps à autre mais de façon très exceptionnelle pour cinq ans et tantôt pour un an tantôt pour deux ans et l'un de mes collègues avait dit 7 plus 5 égale 3 parce que septennat plus quinquennat égale pouvoir attribuer – Je me souviens des critiques parce que moi j'étais déjà journaliste à TF1 qui était exprimé sur le fait qu'une majorité passait son temps à détricoter ce que la précédente avait fait et que le pays n'avançait pas. – Absolument, et donc ce quinquennat avec non pas l'inversion, mais le rétablissement du calendrier parce qu'il n'a pas été inversé.
Jamais les élections législatives ont précédé l'élection présidentielle. Au contraire, elles les ont toujours succédées et donc il fallait rétablir le calendrier pour conserver cette logique qui est la logique initiale de la Ve République, celle voulue par le général de Gaulle, par son instigateur, à savoir un chef de la nation, qu'il soit un chef politique, qu'il ne soit pas juste premier magistrat, mais bien un un chef politique qui dispose ensuite d'un gouvernement soutenu par une majorité à l'Assemblée nationale pour conduire la politique que les Français lui ont demandé de conduire. Et cette majorité, le résultat d'élections législatives qui sont prévues après l'élection présidentielle, c'est-à-dire après le choix de ce chef.
Mais cette question de la majorité dont disposera le futur président ou la future présidente, Orhan Malval, alors peut-être que ce qui s'est passé lors de précédents scrutins se renouvellera, c'est-à-dire effectivement cet élan qu'une présidentielle peut donner, mais la tri-voire quadri-partition de l'Assemblée aujourd'hui nous fait douter quand même. On l'a vu en 2022, Emmanuel Macron n'a pas réussi à avoir une majorité absolue en en 2022, alors ça nous semble être il y a une décennie maintenant, mais il n'avait déjà pas vraiment les moyens de sa politique. Alors évidemment, 2024 a encore aggravé les choses, mais en 2022, on n'était pas dans ce scénario idéal et je pense que c'était une première, d'ailleurs, derrière l'élection présidentielle, donc ça fait douter en même temps.
Je pense que 2022 était une campagne très singulière qui, quand même, s'est déroulée pour beaucoup avec ce contexte de la guerre en Ukraine, avec Emmanuel Macron qui a fait une campagne minimale. Et je pense que c'est aussi cette campagne -là qui est responsable du résultat qu'on a connu aux élections législatives. Donc aujourd'hui, on a effectivement cette tripartition.
Je pense quand même, en tout cas sentir, comme je suis sur le terrain et aussi dans les enquêtes d'opinion par ailleurs, que les Français ont un désir qu'il se passe des choses, un désir que ça change. Donc est-ce qu'ils vont pas quand même être tentés de donner une majorité et les moyens du pouvoir à celui ou celle... – Une cohérence politique. – Ils auront élus. – Voilà, on a voté pour telle ou telle, on lui donne une majorité. – Parce que le blocage institutionnel, en tout cas aujourd'hui, il a quand même profondément marqué les Français. – Première question, vous en avez vu ça afficher quelques-unes mais je reprends dans ma voix celle de Chantal qui nous écrit Damien Bardella affirme que seul le Rassemblement national pourra obtenir une majorité absolue.
Est-ce que le parti est vraiment avantagé aux élections Islaty-Philippe, Moreau-Chevrolet ? Ça peut sembler un peu paradoxal cette réaction pour l'instant. Il est loin de la majorité absolue. – Oui il est très loin de la majorité.
Après s'il est élu président de la République c'est quand même un gros si surtout que peut-être que ce ne sera pas lui le candidat le 7 juillet. On saura si c'est Marine Le Pen ou lui. Oui moi je pense ma conviction profonde c'est que s'il est élu président les français lui donneront une majorité par légitimisme beaucoup, par désir d'alternance, ça vient d'être dit et je ne vois pas ce qui les empêcherait de le faire.
L'élection 2022 était une élection atone, le président n'a pas fait campagne, il a fait une campagne un peu de dépressif, il s'est baladé à droite à gauche sans y croire. Les gens lui ont quand même donné une majorité pour être élu président de la République mais pas les moyens de sa politique derrière. C'est une forme de sanction si on veut, là on a quelqu'un de neuf qui peut arriver au pouvoir, c'est évident qu'il aurait une majorité.
C'est également le cas aussi pour Edouard Philippe ou Gabriel Attal s'ils sont élus. Je pense qu'il y aurait une majorité derrière pour des raisons un peu similaires ou symétriques. Il y a une volonté quand même de redonner effectivement du pouvoir aux politiques.
Pas de réaction anti-RN si un président. Si on en est au stade où le RN est élu à la présidence de la République, qui est l'élection la plus importante des Français, où il y a la plus forte mobilisation et où a priori le Front républicain doit jouer, c'est fini. Après, il n'y aura pas de résistance et il ne faut pas s'attendre non plus.
Je dis ça au passage, un troisième tour dans la rue comme le LFI en rêve. Ça n'existera pas. On a titré notre débat et si tout se jouait aux législatives ?
C'est vrai que cette élection législative, elle sera peut-être encore plus importante que que les précédents. Vous vouliez intervenir les uns et les autres ? Je commence avec Auréon Malval, je vous redonne la parole juste après. – Je voulais juste ajouter par rapport au RN, je pense qu'effectivement ce...
Enfin, je ne sais pas si ce sera plus facile d'ailleurs, je pense qu'effectivement le centre ont douté qu'en 2017, Macron puisse obtenir une majorité en ayant un parti balbuçon, qui n'existait même pas avec aucun élu implanté et pourtant il réussit à avoir une majorité absolue. Mais je pense qu'en plus l'élection d'un président ou d'une présidente RN fracturerait les républicains qui irait en plus garnir les rangs de cette nouvelle majorité. Donc je pense qu'effectivement pour le Rassemblement national c'est la configuration la plus simple pour avoir une majorité absolue ce sera dans l'hypothèse Rassemblement national.
Mais effectivement, ces élections vont être extrêmement importantes et déterminantes puisqu'on va sortir enfin de la situation dans laquelle on se trouve aujourd Jean-Philippe de Rosier. Oui, plusieurs choses. Rapidement, d'abord, 2022, Emmanuel Macron est réélu par défaut.
Vous l'avez très bien dit. Il n'y avait pas de véritable alternative. Il réussit à se qualifier au second tour face à l'extrême droite et à nouveau l'extrême droite perd dans le cadre de ce contour.
Mais élu démocratiquement, il est battu politiquement. Dès huit semaines après l'élection présidentielle, il y a les élections législatives et c'est une sanction immédiate. L'effet d'entrain de sa victoire fait qu'il réussit à peu près à sauver les meubles et à obtenir 240 députés dans sa coalition, la coalition présidentielle.
Mais il partait en 2017, ils étaient 340, donc par rapport au résultat de 2017, il en perd 100. Donc là, il y a déjà une défaite qui est confirmée en 2024. Et je ne pense pas qu'il faille acter la fin du fait majoritaire.
Je ne dis pas qu'il va revenir dès 2027. Mais il ne faut pas prendre acte de sa disparition définitive, parce qu'il peut revenir. Comment peut-il revenir ?
La victoire de l'extrême droite, Bardella ou Le Peut y contribuer. Maintenant, ce n'est pas le débat de ce soir, mais je ne suis pas certain qu'ils aient encore pleinement les moyens de réussir à s'imposer à l'élection présidentielle, même si aujourd'hui, les sondages sont d'un autre chose. On est à un an de l'élection, donc il peut se passer à moins de 10 mois.
Et on le sait que les sondages donnés à même 10 mois d'élection vont évoluer. À chaque fois qu'on cite un sondage ici, on rappelle que c'est une photographie à l'instant. Exactement.
Et ensuite, il y a potentiellement d'autres candidats qui peuvent l'emporter. D'autres camps, je ne veux pas donner de nom, mais voilà la Macronie actuelle où la droite, centre-droit peut l'emporter. Pourquoi pas le centre-gauche si pas rien à se mettre d'accord, à trouver une figure qui les entraîne.
Et tout cela peut engendrer à nouveau l'effet d'entrain, d'un fait majoritaire aux élections législatives. Et je termine par ça, à la condition, mais je crois qu'on va y venir, à la condition qu'elle puisse avoir lieu. Parce que je rappelle qu'à ce jour, l'Assemblée nationale qui est élue en ce moment voit son mandat expirer en 2029 et pas en 2027.
À ce jour, il n'y a pas d'élection législative en Pour cela, il faut qu'il y ait une dissolution. Effectivement, on va se poser la question d'une dissolution anticipée. C'est une sorte de folle rumeur qui court les rédactions depuis quelques jours.
On va en parler avec Steve Jourdin tout de Ensuite, dissolution de l'Assemblée nationale avant la prochaine présidentielle. Expliquez-nous. Effectivement, c'est une petite musique qu'on a pu entendre ces dernières semaines du côté d'élus macronistes.
L'idée la voici, Thomas provoquait des élections anticipées juste avant l'élection présidentielle. Pour bien comprendre, il faut avoir les dates en tête. Si l'on s'en tient au calendrier actuel, le prochain scrutin législatif ne doit pas avoir lieu avant 2029.
Mais en toute logique, le Le prochain président, la prochaine présidente devrait dissoudre l'Assemblée nationale après son arrivée au pouvoir pour demander aux Français une majorité. C'est par exemple ce qu'avait fait Mitterrand en 81 et 88. Effectivement donc Emmanuel Macron pourrait contrecarrer ses plans alors double question comment ça pourrait se passer et puis surtout pourquoi il le ferait s'il dissout avant la présidentielle les français pourraient élire d'abord leurs députés le futur président quel qu'il soit hériterait donc d'une assemblée déjà élu il ou elle ne pourrait pas provoquer immédiatement de nouvelles élections pourquoi et bien parce que la constitution l'interdit tout simplement article 12 après une dissolution il faut compter un délai d'un an avant de reconvoquer les électeurs et donc si le rassemblement national remportait à l'Elysée il ne pourrait pas avoir de majorité à l'assemblée c'est à peu près ça c'est tout l'intérêt stratégique des scénarios pour certains macronistes on considère que si un candidat du L'URN remportait la présidentielle, il bénéficierait comme ses prédécesseurs d'un élan pour gagner des législatives organisées dans la foulée.
Or avec une dissolution avant la présidentielle, cet avantage disparaît, le nouveau président devrait composer avec une assemblée élue quelques semaines plus tôt qui pourrait ne pas lui être favorable, ça freinerait considérablement toute velléité de réformes de la part du côté d'un pouvoir éventuellement le pénis. Allez, dernière question, Emmanuel Macron a-t le droit de faire ça ? Oui, complètement.
Article 12 encore de la Constitution qui lui permet de dissoudre l'Assemblée après consultation du Premier ministre et des présidents des deux chambres. La seule limite, c'est qu'il faut attendre un an après une précédente dissolution. On y est à la dernière a eu lieu en 2024.
Mais politiquement, Thomas, ce scénario serait évidemment complètement inédit. Jusqu'à présent, les dissolutions, vous en avez parlé, avaient un objectif simple, sortir d'une crise ou bien tenter de retrouver une majorité. Là, ça serait très clairement différent.
Certains juristes parlent déjà d'une possible instrumentalisation de la Constitution. Merci beaucoup, Steve. On va vous faire un aveu.
On est fans de politique. On adore jouer avec ces scénarios qui parfois sont un peu à probable, mais projetons-nous quand même. La ficelle serait quand même un peu trop grosse.
Je pense que ce serait terrible. Je pense que ça produirait le contraire peut-être même de l'effet escompté. C'est-à-dire que là, on serait dans un scénario fiction, effectivement, Emmanuel Macron ou ses conseillers et visiteurs du soir qui propagent d'ailleurs cette folle rumeur dirait, bon, fort de ce qui s'est passé en 2024, des brebis galeuses de ces candidats à minima raciste et idiot ou les deux du RN seraient à nouveau dans l'incapacité de...
Parce qu'effectivement, une élection législative, c'est 577 élections. Donc on est sur un autre contexte que l'élection présidentielle. Mais est-ce que, si c'est aussi grossier, il ne va pas y avoir ce désir justement des électeurs de se dire on est en train de nous voler l'élection, on est en train de nous voler à la fois l'élection présidentielle... – Donc on va encore plus se mobiliser aux législatives. – Et on va encore plus se mobiliser aux législatives et anticiper justement cette manœuvre.
Ça peut tout à fait être le cas et être une énorme sanction pour en tout cas le bloc central ou le camp des raisonnables qui aurait anticipé par là ce verrouillage des pouvoirs parce que finalement Emmanuel Macron dans ce cas là usurperait un petit peu une décision qui revient quand même à son successeur ou à sa successeuse. D'autant plus qu'en 2024 on sait aujourd'hui qu'avec la dissolution certains partisans de cette dissolution espérait voir l'arrivée du rassemblement national après ce qu'il y avait eu le raz-de-marie lors des européennes et que ce n'est pas ça qui s'est déroulé. On ne peut pas prévoir en fait ce que vont faire penser les français à arrêter de faire de la stratégie permanente et en tout cas on avait vu aussi que d'une élection à l'autre les français peuvent penser très différemment.
Avant de se poser la question de la constitution du fait qu'on la torde ou pas, je reviens vers vous dans une minute peut-être, Philippe Moreau-Chevrolet. Pourquoi cette rumeur ? Ça sort d'où ?
À qui ça profite ? – Ça profite au président, c'est une manière qu'ont les conseillers du président, qu'ils la font circuler, de dire aux gens de la majorité qu'il serait tenté de s'émancipait trop vite. Attention, il n'est pas fini Emmanuel Macron.
Il peut venir vous embêter très fortement. Ce qui serait incroyable, c'est qu'il le fasse un an avant le scrutin ou un peu moins d'un an avant le scrutin pour empêcher le nouveau président de faire lui-même une dissolution mais là je pense j'y crois pas du tout ce serait complètement absurde donc ça n'arrivera pas ce scénario il est fait pour cadrer les troupes le président il est comme tous les présidents qui sortent il n'a pas envie d'avoir de successeurs et il ya des ils ont resté président jusqu – Oui, il va choisir son successeur. Peut-être ce qui arrive, Mitterrand avait choisi Chirac, il l'appelait en privé le grand con, mais il l'a quand même choisi comme successeur.
Il y a des formes de...
Parfois les présidents n'ont pas envie de mourir, en tout cas pas envie de se mourir politiquement et c'est vraiment moi ce qui me frappe le plus et par ailleurs, le quinquennat pour la petite histoire a été proposé par Giscard pour embêter Chirac et raccourcir, c'était la vengeance de l'ancien président contre le de nouveau. C'était magnifique. – C'est joli.
Question de Robert qui nous écrit d'Abile, faire une dissolution juste avant l'édition présidentielle, n'est-ce pas dévoyer le sens de la Constitution même si ça reste légal ? Vous pouvez nous répondre disons que ça a été dit par votre collègue c'est pas du tout dans l'esprit dans le c'est pas dans les dents dans l'objectif de la dissolution une dissolution est généralement soit une sanction, c'est-à-dire qu'il y a eu une crise parlementaire, par exemple une motion de censure, et on dissout pour sanctionner et redonner la parole aux électeurs. Ou alors c'est pour une construction, c'est-à-dire qu'on veut s'assurer une nouvelle majorité pour une durée de tout un mandat, de 5 ans.
Et c'est ce qu'a fait Mitterrand en 81, à nouveau en 88 et c'est ce qu'espérait pouvoir faire Jacques Chirac en 1997 avec la fameuse Dissolution ratée. Et il a ainsi eu plutôt que 5 ans de majorité, 5 ans de cohabitation. La dissolution de 2024 d'Emmanuel Macron, c'était un peu ni l'un ni l autre.
Parce que ce n'était pas une dissolution sanction, étant donné qu'il ne s'est pas passé une crise parlementaire. Ce n'était pas une dissolution construction parce qu'on voyait bien, même si certains disent qu'il en On avait le secret d'espoir, mais on voyait bien qu'il ne pouvait pas conforter davantage sa majorité. En revanche, c'était une dissolution, moi j'ai toujours défendu ce point de vue, qui s'imposait au regard des circonstances politiques après plus que la La défaite ou la déroute, vraiment la déculottée, pardonnez-moi l'expression, qu'a subi le président de la République lui-même et son camp aux élections européennes.
Il y a souvent eu des déculottés pour le camp au pouvoir lors des Européennes. Au contraire, l'idée c'était de mettre ça sous le tapis le plus vite possible pour continuer d'avancer. Oui, mais pas à ce point-là.
Et là, elle avait été véritablement sévère. La solution classique, ça aurait été de changer de Premier ministre, sauf qu'il avait grillé cette cartouche cinq mois plus tôt, le le 9 janvier, en limogesant Elisabeth Borne sans aucune raison. Et en grillant cette cartouche, il n'y avait pas d'autre choix me semble-t-il que de dissoudre.
Là, s'il refait ce pari, il a déjà tordu la constitution dans tous les sens, alors une fois de plus, une fois de au moins, ce ne serait pas forcément surprenant. En revanche, politiquement, je pense que ce serait effectivement très dangereux. C'est aussi une façon...
Vous l'avez très bien dit et vous connaissez votre métier bien mieux que moi, c'est-à-dire de montrer qu'il existe, c'est aussi une façon de dire, moi c'est ce que j'y vois, je peux le faire juste avant, mais je peux le faire aussi six mois avant. Et six mois avant, de quoi on parle ? D'un budget qu'il va falloir adopter.
Donc sur l'adoption et les discussions dans le cadre du budget qui vont se tenir à l'automne, planera l'arme de la dissolution. Vincent qui nous écrit de Toulouse, je reste avec vous Jean-Philippe Derosier, deux fois quatre ans comme aux États-Unis, c'est suffisant pour éviter les gestions catastrophiques comme la dette sous Macron. Deux fois quatre ans d'abord, ce n'est pas garanti, même si beaucoup de présidents américains ont été réélus.
Et puis, il y a aussi le phénomène du canard boiteux qu'on va peut-être voir à partir de novembre pour Donald Trump, c'est-à-dire un président élu qui, au bout de deux ans, n'a plus de majorité au Parlement. Oui, parce que la Chambre des représentants est élu pour deux ans, là où le président est élu pour quatre ans. Et en effet, le président des États-Unis connaît très souvent une forme de cohabitation partielle avec l'une des deux assemblées seulement, le Sénat ou la Chambre des représentants, ou les deux parfois, lorsque les deux sont hostiles.
Je ne suis pas certain que ce soit une bonne solution, surtout que le temps politique s'accélère, donc réduire les mandats, ce n'est pas véritablement...
C'est encore accéléré, le Sénat En revanche, une proposition que j'avais pu formuler dans un autre débat, c'était d'aligner la durée de tous les mandats sur une même durée. L'élection présidentielle, le mandat présidentiel et le mandat législatif sont les deux seuls mandats à n'être que de 5 ans. Tous les autres dans cette maison, au Sénat et au niveau local, c'est 6 ans.
Donc on pourrait parfaitement aligner tous les mandats sur 6 ans, y compris présidentielle et et législatif, regrouper les élections locales à mi-mandat, ce qui serait une forme de respiration démocratique à la moitié du mandat qui aurait inévitablement un impact sur l'élection sénatoriale et sur la politique gouvernementale. On se pose la question de l'importance de ces législatives qui seront, a priori on est tous d'accord pour dire que le calendrier va être respecté après la présidentielle. Avec une question intéressante qui nous vient de Blois, Boris, les partis politiques commencent -ils déjà à discuter pour former des alliances à l'Assemblée nationale ?
Derrière ça, je peux peut-être reformuler la question. Est-ce que les enjeux de circonscription pèsent aussi dans les alliances qui pourraient se nouer pour la présidentielle ? Vous voyez ce que je veux dire ?
Un PS qui se dit qu'on a besoin de sauver tant de circonscriptions, avec qui on s'allie ? Ils sont au cœur de la pensée de tous les députés. Alors pas tout à fait avec les mêmes enjeux.
Vous avez par exemple des députés communistes qui vont essayer de sauvegarder leurs circonscriptions et de ne pas se les faire, si je me permettez, shipper par les insoumis. Et qui donc vont être plus enclins à se ranger derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Par exemple le cas de Stéphane Peu en Seine-Saint-Denis.
Donc avec une négociation parti communiste insoumis. Exactement, mais qui va se faire aussi au cas par cas je pense les partis vont explodent en tout cas pour le PCF par exemple c'est le cas pour les écologistes aussi on voit bien que chez les écologistes on a la même tentation. On a certains qui sont plus allants pour partir avec cette union de la gauche alors avec des contours très mouvants pour l'instant mais ou alors ceux qui se disent déjà d'ores et déjà il faut se ranger derrière celui qui est le mieux placé à la gauche et c'est la France insoumise ça dépend aussi de contingences locales, de mandats locaux, de députés et puis vous avez aussi tout ce qui va se passer à droite et au centre droit où aujourd'hui vous voyez que je ne pense pas que par Par exemple, Edouard Philippe, qui a engrangé quelques ralliements, va voir massivement aujourd'hui des députés de la droite ou du centre-droit se rallier derrière son panache.
Ils vont attendre un petit peu que les choses mûrissent et se ranger derrière le mieux placé, qui qui sera le plus à même de leur offrir, en tout cas de leur permettre de regagner leur siège justement avec cet effet d'entraînement de l'élection présidentielle. Et puis vous avez aussi le Rassemblement national alors qu'il lui est confronté à d un autre dilemme, c'est-à-dire qui prendre, comment trouver, justement c'était la grande question du Rassemblement national jusqu'alors, c'était comment trouver des gens en fait capables d'être députés et de garnir leur rang dans l'Assemblée nationale. Vous allez avoir aujourd'hui des transfuges de LR qui vont venir, il va y avoir la question des accords avec l'UDR d'Éric Ciotti.
Tout ça va se décanter. alors je pense d'ailleurs plutôt assez tardivement c'est-à-dire que chacun a un petit peu intérêt à attendre et à voir les uns et les autres se positionner et donner son ralliement au meilleur moment pas trop tard et pas trop – Avec Philippe Moreau-Chevrolet, pour les partis, on va dire, traditionnels que sont LR ou le Parti socialiste, peut-être un enjeu de survie à l'occasion de ces législatives. Est-ce que vous vous voyez les blocs se fissurer avant la présidentielle ou alors plus tôt on attend le résultat de la présidentielle et ensuite c'est au moment des législatives ou même peut-être après qu'on prendra les décisions.
Il y a un bloc qui se fissure en direct, c'est le bloc de gauche, parce qu'il l La tension imposée par LFI est très forte. Et de fait, le Parti Socialiste n'a plus vraiment de traction. Il n'a pas de candidat crédible.
On va quand même s'avouer les choses. Il en a trop ou pas assez. d'un côté, Jean-Luc Mélenchon de l'autre.
Clairement, il n'y a plus d'existence de ce parti ou de ce camp-là. Donc, il va falloir faire un choix assez prématuré pour la droite. Ça peut être plus tard.
Je pense qu'ils vont jouer la montre parce que beaucoup de figures de droite s'y barrent où Marine Le Pen est élue, rallieront sans trop d'état d'âme l'extrême droite en vue des législatives, mais ils n'ont pas forcément intérêt à le faire trop tôt. Et pour répondre tout à l'heure à ce que disait notre téléspectateur sur le déficit, je voudrais quand même rappeler qu'on a un président américain, Donald Trump, qui n'a qu'un mandat de 4 ans et qui vient déjà de planter le déficit américain dans les très très grandes largeurs. Donc si on tombe sur quelqu'un d'incompétent, ça peut aussi mettre 6 mois.
Allez, puisqu'on fait de la politique fiction aussi dans cette émission, je prends la question de Laurent qui nous écrit d'Élin-Beaumont. Est-ce qu'Emmanuel Macron souhaite revenir en 2032 ? Rien ne l'en empêche, on peut rappeler la règle, c'est ça ?
Tout à fait, nous ne sommes pas aux Etats-Unis où effectivement Donald Trump, c'est un mandat de 4 ans mais c c'est un deuxième mandat de 4 ans après une interruption au bénéfice de Joe Biden. La fin de son mandat, Donald Trump ne pourra pas être candidat car ce sont deux mandats consécutifs ou non. En France, ce sont deux mandats consécutifs et donc Emmanuel Macron ne peut pas être candidat cette fois-ci à sa propre succession, même s'il démissionnait aujourd'hui ou s'il va jusqu'à la fin de son mandat au 14 mai 2027.
En revanche, il peut tout à fait être candidat ensuite en 2032 ou plus tard ou avant, si, sans successeur. Et puis alors quand je vois la tentation de François Hollande aujourd'hui ou celle de Nicolas Sarkozy il y a quelques années...
Il faut qu'il forme un club ou qu'ils aillent faire des trucs ensemble. Ils n'ont pas tout à fait le même âge non plus. Non, non, on est bien Il a déjà un fan qui est aussi celui de la première heure.
C'est François Patria qui a déjà fait son fond d'écran. Hashtag Macron 2032, c'est ce qu'il nous a confié. Merci beaucoup.
Merci à tous d'avoir participé à ce débat. Je vous dis à très bientôt sur Public Sénat. Or, Malval, on vous lit évidemment dans les colonnes de Marianne.
A bientôt. C'est l'heure du second débat de ce sens public consacré à la loi d'urgence