Entretien avec Fabien Roussel
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'actualité la plus chaude, peut-être, Fabien Roussel, sur laquelle on attend une de vos réactions, une de vos réponses, c'est ce remaniement ministériel. Est-ce qu'il y a un nouveau souffle pour terminer le mandat, pour vous ?
J'ai pas l'impression. Ce remaniement, c'est changer de tête, mais c'est pas changer de politique, a priori, puisque le budget a été voté en fin d'année. Le gouvernement prévoit toujours de sacrifier les dépenses publiques. Il y a 16 milliards en moins de dépenses publiques, donc toujours des moyens en moins pour les communes. Pas de plan pour aider les agriculteurs, rien de neuf pour l'industrie, pour renégocier le traité européen. Je crois qu'on continue à foncer droit dans le mur et en klaxonnant. Donc il va falloir que les Français se réveillent.
Il y a eu lors des dernières élections une espèce d'union entre le Front de Gauche et les écologistes. De voir arriver justement ces écologistes, ça vous a surpris ?
J'ai une pensée un peu émue pour mes amis verts, écolos que je côtoie ici dans le département, dans la métropole lilloise et que, effectivement, j'avais rencontré pendant les élections régionales. On aurait pu faire liste commune. Je l'ai toujours dit. Je pense qu'on a encore beaucoup de choses à faire ensemble, à partager. Ils doivent être, je pense, pour certains, malheureux de voir que leur secrétaire national fait le choix de rentrer au gouvernement et de partager les dépenses publiques. Ils doivent partager cette politique gouvernementale qui est terrible et qui nous fait tant de mal. Maintenant, il faut leur poser la question.
Je pense qu'on a plutôt intérêt, nous, à se rassembler et puis ne pas se faire voler comme ça. Ce que fait Manuel Kos, secrétaire national des Verts, qui a tant tapé sur ce gouvernement et qui, aujourd'hui, décide toute seule d'y rentrer, ce n'est pas bon pour la politique. Ça, par contre, ça fait du mal à tout le monde. C'est pas bien du tout.
Dans l'actualité politique, également, de cette semaine, il y a eu cette annonce un peu surprise de la candidature à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, celui qui représentait le Parti communiste et Front de Gauche en 2012. Là aussi, ça a été une candidature surprise. Au niveau du timing, c'est assez tôt. Cela vous a surpris ?
Ça, c'est un peu la spécialité de Jean-Luc Mélenchon. C'est un one-man show. Donc, il avance tout seul et il décide souvent seul. Mais bon, il avait fait le choix aux dernières élections régionales. Il avait fait le choix de soutenir les Verts, ici, dans la région, et pas de soutenir le Front de Gauche et la liste que je conduisais. Maintenant, il décide de se présenter tout seul à l'élection présidentielle. Vous comptez discuter avec lui, justement, pour voir... Écoutez, moi, je suis membre du Parti communiste français. On a aussi peut-être vocation, nous, à défendre un projet pour la France. Il y a des vraies questions qui se posent, quand même, dans notre pays.
Il n'est pas certain que vous serez allié avec lui.
Comme dans toute élection, chaque formation politique... ...doit présenter ses idées, doit défendre ses idées, défendre son projet pour le pays, et les électeurs tranchent. Voilà.
Alors, dans l'actualité, je le disais, l'actualité de la gauche, c'est l'actualité sociale. On a évoqué la condamnation des salariés de Goudière. Il y a aussi les salariés de Valourec qui sont menacés. Des dossiers importants qui occupent beaucoup de votre temps, j'imagine.
Oui, bien sûr, parce que les Goudières, bon, c'est une campagne nationale qui est menée pour empêcher que ces huit salariés fassent de la prise de la parole. La prison pour avoir défendu leur emploi. Mais il y a surtout un sujet qui nous préoccupe dans la région, c'est Valourec, puisque c'est une industrie de pointe, de haute technologie, qui est menacée pour des questions purement financières, de concurrence internationale.
Et l'État, au lieu de mettre le paquet pour défendre cette industrie, pour défendre l'emploi, les machines, les savoir-faire, l'État, au contraire, se rend complice de la direction de ce groupe en rentrant au capital de Valourec, et en organisant la délocalisation de nos productions. Valourec Saint-Solve, Valourec-Aulnoy-Emery, c'est plus de 1 000 emplois, c'est 3 000 emplois indirects. Tout doit être fait pour préserver ces bijoux de notre industrie dans notre région.
Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Alors, qu'est-ce que vous allez faire dans les prochaines semaines ?
Quand l'État décide de mettre 550 millions d'euros dans le groupe Valourec, ça doit servir à maintenir l'industrie dans notre pays pour produire en France. Produire en France, c'est pas un gros mot, quand même. C'est une question de volonté politique. Aujourd'hui, le choix du gouvernement, c'est de mettre 550 millions et d'accompagner le groupe qui est en train d'acheter une usine en Chine pour fabriquer en Chine la même chose que nous pouvons fabriquer ici. Donc, nous demandons, nous, que la politique reprenne la main sur l'économique. On doit servir à ça.
Et Emmanuel Macron, ministre des Finances, qui prend 15% de part dans le groupe Valourec, eh bien, il doit se servir de cette action pour faire en sorte que le groupe Valourec ne ferme pas. Il ne ferme pas le laminoir de Saint-Solve et ne supprime pas d'emplois à Aulnoy-Emery. C'est le combat que nous allons mener avec l'ensemble des syndicats qui défendent, eux aussi, cette position et l'ensemble des élus politiques, toutes tendances confondues, qui, eux aussi, défendent cette position et c'est important.
Justement, j'allais vous demander par rapport aux élus politiques. Alors, dans la région, aujourd'hui, on a basculé à droite. Il y a un soutien, tout de même. Vous avez pu rencontrer certains responsables ?
Je dois rencontrer Xavier Bertrand prochainement. C'est une des questions que je lui poserai. Je sais d'ores et déjà que... La vice-présidente Valérie Létard, qui est aussi une élue du Valenciennois, soutient la démarche d'être tous ensemble pour soutenir le groupe Valourec. Donc, j'espère que tout le monde dans la région conservera cette unité pour exiger du gouvernement qu'il mette tous les moyens en œuvre auprès du groupe et faire en sorte que le laminoir de Saint-Sol ne ferme pas.
Merci, Fabien Roussel, responsable du Parti communiste dans le Nord, d'être venu aujourd'hui et sur Grand Lille TV vous exprimer. Merci à vous de nous avoir suivis dans un instant. L'information continue.
Fabien Roussel