Une professeure tuée par un lycéen à St-Jean-de-Luz - Jean-Rémi Girard - C à Vous - 22/02/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:35OuverteRéponse directe
Il y a l'émotion, il y a le choc, mais il y a aussi la colère, Jean-Rémi Girard ?
- 4:11OuverteRéponse directe
Est-ce qui donne le sentiment que ça peut arriver à tout le monde et dans tous les établissements ?
- 5:06RelanceRéponse directe
Ça ne veut pas dire qu'il faille tirer des conclusions sur la situation, l'état de la violence à l'école ?
- 5:49FerméeRéponse directe
n'existe pas, n'a jamais existé ou existe de moins en moins ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Parce que c'est vrai que le fait qu'on puisse arriver au lycée ou au collège avec une arme blanche pose question.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:22Invité politiqueFait
« Un enseignant tué dans le cadre de ses fonctions, c'est une tragédie qui fait forcément écho à l'assassinat de Samuel Paty. »
- 3:29Invité politiqueFait
« C'était le 16 octobre 2020. »
- 4:31PrésentateurFait
« On est toujours très pudiques au ministère de l'Éducation nationale. »
- 5:25PrésentateurFait
« On a une crise d'évocation, on a tout ça. »
- 5:43PrésentateurFait
« le risque zéro n'existe pas. »
- 6:09PrésentateurFait
« si on met des portiques qui détectent les métaux à l'entrée, d'un seul coup, il n'y aura plus de danger »
Temps de parole
- Présentateur60 %
- Présentateur 214 %
- Invité politique10 %
- Invité9 %
- Auditeur6 %
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Ce drame, cette élève de 16 ans qui a mortellement poignardé son enseignante du collège lycée de Saint-Jean-de-Luz. C'était à 10h ce matin. Agnès, professeure d'espagnol de 54 ans, donne un cours, comme à son habitude. Quand l'un de ses élèves se lève, sort un couteau qu'il aurait dissimulé avec du papier et la poignarde. Touchée au thorax, elle va décéder quelques minutes plus tard. Les secours, dépêchés très vite sur place, n'ont rien pu faire. Beaucoup d'élèves de seconde ont donc été témoins de cette scène et ont raconté.
J'étais en cours d'espagnol. Tout se passait normalement jusqu'à ce qu'un élève se lève et plante un grand couteau à la prof d'espagnol sur sa poitrine. Je ne l'ai pas vraiment vu se lever, mais quand il a planté le couteau, il était très calme. On a fui, moi je suis passée par le portail du bas. Je n'arrive pas vraiment à réaliser ce qui se passe. Si je ne pensais jamais vivre ça, ce n'est pas quelque chose qui arrive et je n'arrive pas vraiment à réaliser.
Juste après l'attaque, l'agresseur présumé âgé de 16 ans se serait lui réfugié dans une autre classe. C'est là qu'il aurait confié à un enseignant qu'il était possédé, qu'il avait entendu des voix. Il a pu être interpellé, placé en garde à vue où il est entendu actuellement car son état le permet. C'est ce qu'a précisé le procureur de la République de Bayonne qui a ajouté qu'une enquête pour assassinat, donc meurtre avec préméditation, était ouverte. On en saura plus demain après-midi lors de sa conférence de presse.
En attendant le temps de l'enquête, le temps de l'émotion immense, c'est ce qu'a rappelé le ministre de l'éducation Papendiaï sur place cet après-midi, notamment dans un établissement privé réputé pour son sérieux et dans une région, le Pays Basque, réputé pour son calme.
C'est un jour triste pour l'éducation nationale. C'est un jour triste, bien sûr, pour cet établissement. Rien ne laissait penser à la survenue d'un drame aussi épouvantable. Cet établissement est un établissement très calme, réputé pour son sérieux et pour la sérénité de son climat scolaire. Il n'y a donc pas lieu d'en tirer des conclusions hâtives. Laissons le temps à l'enquête. Pour aujourd'hui, c'est le temps de l'émotion. C'est aussi le temps de la solidarité nationale.
Bonsoir Jean-Rémi Gérard, président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, le SNALC. Vous êtes également professeur de français. Le temps de l'enquête viendra, dit le ministre de l'éducation nationale. Là, c'est le temps de la solidarité nationale et de l'émotion. Il y a l'émotion, il y a le choc, mais il y a aussi la colère, Jean-Rémi Gérard ?
Il y a avant tout la stupéfaction. C'est-à-dire que ce n'est quand même pas courant, c'est même quasiment jamais arrivé, qu'un enseignant soit tué, soit tué dans sa classe et soit tué dans sa classe par un élève. C'est quelque chose qui est quasi inconnu dans notre système scolaire. Donc il y a vraiment ce choc-là. Il y a cette émotion absolument terrible quand même de se dire que cette collègue est partie, comme tous les jours, faire ses cours et n'est pas rentrée. Il va finir au cimetière pour juste être allé enseigner. Et la colère parce qu'effectivement, c'est tellement injuste. C'est quelque chose d'absolument inconcevable.
Donc forcément, toute la communauté enseignante, toute la communauté éducative est sous le choc.
Un enseignant tué dans le cadre de ses fonctions, c'est une tragédie qui fait forcément écho à l'assassinat de Samuel Paty. C'était le 16 octobre 2020. C'est un traumatisme qui est évidemment encore dans toutes les têtes.
Alors le traumatisme de Samuel Paty est effectivement toujours très présent chez nos collègues. Ensuite, là, on est sur deux choses qui, des éléments de l'enquête que l'on a, effectivement, il faut attendre de voir exactement ce qu'il s'est passé, sont assez différentes. Samuel Paty, on a vu qu'il y avait toute une mécanique, tout un enchaînement. Il y avait du fondamentalisme derrière. Il y avait Charlie Hebdo, il y avait tout ça. En fait, là, on est plus probablement, et je garde, enfin voilà, je reste très très prudent, on n'est plus probablement sur quelque chose qui ressemble plus à un acte isolé dont il va falloir creuser les motivations.
Mais c'est un acte qui a eu lieu en classe, ce qui n'avait pas été le cas pour Samuel Paty.
Est-ce qui donne le sentiment que ça peut arriver à tout le monde et dans tous les établissements ?
Mais parce que ça peut arriver à tout le monde et dans tous les établissements. C'est-à-dire qu'on a des établissements où il y a plus de violence. On le sait, il y a des enquêtes du ministère qui disent que, par exemple, il y a plus d'incidents. On est toujours très pudiques au ministère de l'Éducation nationale. Il y a plus d'incidents dans les lycées professionnels que dans les lycées généraux et technologiques, dans les établissements d'éducation prioritaire que dans les établissements qui ne le sont pas. Sans aucun doute, même si on n'a pas cette enquête, il y a plus d'incidents dans le public que dans le privé.
Mais ça n'empêche pas qu'un élève qui disjoncte, ou un adulte parfois qui disjoncte, parce qu'il y a aussi de plus en plus de conflits avec les familles, ça peut arriver n'importe où. On n'a pas le profil psychologique de nos élèves. On ne sait pas de quoi ils peuvent être capables. Et effectivement, dans un établissement qui, a priori, n'a aucune des caractéristiques des établissements dits difficiles, c'est là où ce drame se produit.
Ça ne veut pas dire qu'il faille tirer des conclusions sur la situation, l'état de la violence à l'école ?
Ça ne veut pas dire que ce qui s'est passé soit un marqueur de la situation de l'éducation nationale. La situation de l'éducation nationale, on le dit au SNAC depuis très longtemps, et on a tous les indicateurs du ministère qui le montrent, est dégradée, est compliquée. On a une crise d'évocation, on a tout ça. Enfin, je veux dire, maintenant, le constat est établi. Ça ne veut pas dire que si on avait tout résolu et que tout marchait bien, ça ne se serait pas produit. C'est même assez probable que ça se serait quand même produit.
Donc il y a d'un côté l'état de notre système éducatif, qui n'est pas bon, et il y a de l'autre côté ce qui s'est produit, et qui est probablement, effectivement, quelque chose qui est plus de l'ordre du « le risque zéro n'existe pas ».
n'existe pas, n'a jamais existé ou existe de moins en moins ?
Alors le risque zéro n'a jamais existé. On peut ensuite, et c'est probablement ce qui va se passer aussi, on va peut-être essayer de réfléchir collectivement à ce que l'on peut faire pour réduire le risque. Et j'espère qu'on sortira de choses un petit peu, j'allais dire, symboliques, ou un petit peu, voilà, faciles comme, mais si on met des portiques qui détectent les métaux à l'entrée, d'un seul coup, il n'y aura plus de danger, ce qui, un, n'est pas vrai, deux, on a déjà essayé, ça ne marche pas, trois, ça crée des attroupements d'élèves, et donc on augmente le risque au niveau des attentats. Donc voilà, qu'on aura peut-être des réflexions.
Parce que c'est vrai que le fait qu'on puisse arriver au lycée ou au collège avec une arme blanche pose question.
Bien, mais alors, évidemment que ça pose question. Nous, on n'est pas de toute façon en mesure, on n'a pas le droit de fouiller les sacs de nos élèves. Les assistants d'éducation, les CPE n'ont pas non plus le droit de fouiller les propriétés des élèves. Nous ne sommes pas agents de police ou de la douane. Donc, effectivement, on peut réfléchir à comment on fait, comment on peut sécuriser, mais on n'y arrivera pas. À un moment, il y a des armes qui ne sont pas métalliques aussi. Et on aura toujours quelque chose ou quelque chose qu'on aura trouvé à l'intérieur de l'établissement. Donc, on n'aura pas le risque zéro.
Nous, ce que l'on dit, c'est que oui, la situation s'est dégradée, qu'une fois encore, cet acte, il y a quand même toutes les chances qu'il se serait produit, quelle que soit la situation, et que si en tout cas, ça peut au moins faire un petit peu prendre conscience qu'il faut essayer de limiter les risques, y compris en réfléchissant un petit peu à l'encadrement dans les établissements scolaires. On manque quand même beaucoup d'assistants d'éducation, de personnels. On parlait des questions éventuellement psychiques, psychologiques des élèves. On n'a quand même pas forcément beaucoup de psychologues, de personnels infirmiers non plus à disposition ou à demeure.
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