Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 15 mai 2026 11 min

Emmanuel Macron : Que peut-on attendre de la dernière année de mandat du président ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Revenons sur Emmanuel Macron puisque dans exactement 1 an jour pour jour, il aura tout juste quitté le pouvoir. Ça veut dire qu'il lui reste un an, un an pour forger un héritage. Alors pour certains, ce sera court, pour certains ce sera long cette année.

Mais qu'est-ce qui d'un point de vue d'analyse politique tel que vous êtes Relstinville, Jean-Michel Salvator, qu'est-ce qui pourrait être emblématique pour lui ? On parle de plusieurs plusieurs de ces lois qui sont en cours d'examen en parlement, notamment l'euthanasie, l'interdiction des réseaux sociaux. ce service national volontaire ou alors plutôt une voix qui porte sur l'international Raphael Stinville.

Non mais quel est quel héritage ? La question elle est vertigineuse je pense pour Emmanuel Macron. On on se souvient que la grande réforme, la seule réforme euh qu'il a qu'il a pu faire passer ces dernières années, c'était la réforme des retraites.

Il a été obligé euh d'abandonner cette réforme pour pouvoir durer euh pour s'éviter une dissolution et s'éviter surtout cette petite musique qui revenait avec insistance de sa propre démission. Euh et aujourd'hui, la dernière chose qui restait encore à l'actif de de d'Emmanuel Macron, c'était d'avoir euh fait reculer le chômage à des niveaux euh rarement atteints en France ces dernières années et depuis maintenant quelques mois, on voit les les chiffres du chômage gonflé euh et donc tout le bénéfice qui et le seul bénéfice qui était encore le le sien sur le terrain économique est en train de s'évaporer et la situation mondiale fait craindre Malheureusement que ces perspectives noires ne cessent de de se confirmer au fil du temps. Jean-Michel.

Bah moi je pense que il ne restera pas grand-chose de 10 ans de de Macron à l'Élysée. Je pense que il est à l'origine de la de la décision la plus absurde de toute la 5e République. Et cette décision c'est la dissolution.

Bon et depuis la dissolution euh d'un côté les quelques réformes qui avaient été faites ont été entamé où on on est revenu dessus. Alors Raphaël parlait de de de de la réforme des traites. C'est c'est exact.

Mais en fait depuis la dissolution, moi j'ai quand même un peu l'impression que le président il est dans une réalité différente. Il ne s'occupe plus du tout des Français. Regardez ce qui se passe ces derniers jours.

Regardez la les difficultés des Français. Vous avez le chômage qui augmente. Vous avez les vous avez les faillites qui n'ont jamais été aussi importantes, plus de 70000.

Vous avez des problèmes de pouvoir d'achat, vous avez des problèmes les problèmes de des prisons, vous avez les problèmes d'immigration, vous avez les problèmes de narcotrafic, vous avez bon et que fait le président de la République ? Il voyage, il voyage donc il va voir le pape, il lui tape pas sur le ventre comme comme avec le pape François mais il va voir le pape et puis il va en Arménie où il va chanter avec avec l'exécutif arménien la chanson d'Aznavour et puis il fait sa petite tournée en Afrique où il fait la leçon à tout le monde. Il fait du buz sur les réseaux sociaux, il fait voilà et puis et puis et puis et puis bon, il s'occupe un peu de la guerre mais on voit bien que jamais la France n'était aussi peu influente que ce soit sur le proche Orient ou au Liban.

Bon, il s'amuse il prend un plaisir fou à être président et pendant ce temps-là, bah les Français se retrouvent dans une dans dans dans dans des problèmes absolument incroyables et il y a une déconnexion parce qu'il a plus de levier, vous l'avez dit vous-même à cause de cette dissolution. Oui, mais c'est un peu la stratégie du coucou. C'est-à-dire il voyage et il s'amuse parce qu'on a vraiment l'impression qu'il jouit du pouvoir.

Je sais pas quand vous le voyez, vous avez l'impression qu'il est vraiment c'est le c'est le grand kiff quoi. Bon, c'est le grand kiff. Il sait qu'il en a plus pour un an, il s'amuse et alors de temps en temps, il revient en France.

C'est la stratégie du coucou pour vous dire "Ah bah tiens, les réseaux sociaux, il faudra peut-être les interdire pour les moins de 15 ans. Ah bah tiens, le service national, il faudra peut-être le décider parce que la situation géopolitique a changé. Ah bah tiens euh l'euthanasie, il faudrait peut-être accélérer.

Il pousse voilà et puis ensuite bah il il il euh il retourne dans sa boîte et puis il repart voyager. Bon et ben excusez-moi mais je pense que les Français si vous voulez sont totalement interdits de vendre cette attitude et je pense que il le perra très très cher à l'heure du bilan. L'heure du bilan, il a quasiment sonné aujourd'hui parce que finalement si vous voulez non seulement il ne reste rien mais j'ai l'impression que les Français ils s'en fichent.

Oui, moi je serais presque encore plus sévère que Jean-Michel parce que on a l'impression non [rires] mais à vous entendre que la dissolution, l'acte de de dissou de cette assemblée a été décisif finalement dans dans le dans l'évanaisscence d'un d'un pouvoir qui avait déjà très largement fui l'Élysée. Moi ce que je pense c'est que d'une certaine manière le bilan d'Emmanuel Macron avant même c cette dissolution était déjà assez terrible. Euh d'ailleurs le les élections euh législatives qui ont suivi sa réélection euh ont été le premier signal.

Les Français ne lui ont pas accordé une majorité absolue pour poursuivre sa politique. C'était déjà un premier avertissement qui montrait toutes les fragilités euh du de ce de ce macronisme qui effectivement est très largement ivre de lui-même pour des résultats très incertains, voire extrêmement médiocres. Il y a la seule chose, moi que je retiens euh de ces 10 ans d'Emmanuel Macron, c'est la résurrection de Notre-Dame.

Euh et s'il avait appliqué la même énergie, s'il avait pu euh finalement décider de lois spéciales, notamment sur les prisons, ça a été évoqué par Jean-Michel. On on manque cruellement de place de prison. Il y a des blocages administratifs, des blocages politiques qui font que ça n'avance pas ou pas assez vite.

S'il avait pris cette décision courageuse de se passer d'un certain nombre de Il a dit, il a inventé cette méthode Notredame. C'était la méthode Notredame, la méthode aussi. Il l'a fait, il l'a fait véritablement qu'une seule fois et sinon c'est pour nous imposer des éoliennes dont les Français ne veulent pas.

Euh la question de les suites du macronisme après son départ, est-ce que c est-ce que le macronisme survivra au départ d'Emmanuel Macron ? Ben alors, écoutez, moi je pense que il va se passer pour Macron ce qui s'est passé en Angleterre pour Tony Blair. Tony Blair, vous vous souvenez, hein, qui bon qui avait un positionnement euh d'une gauche très réaliste, très pro business.

Bon, Tony Blair a fait ses deux ou trois mandats et puis une fois qu'il est parti, bah la gauche est revenue à la gauche et la droite est revenue à la droite. Moi, j'ai un peu le sentiment qu'il va se passer exactement la même chose. C'est-à-dire qu'il y a pas vraiment de place pour les pour pour le macronisme.

Et d'ailleurs, quand vous regardez tous les candidats qui se présentent à la succession de de Macron et qui appartiennent au bloc central, il y en a pas un seul qui se revendique véritablement de de Macron. Et vous avez même Édouard Philippe qui lui a toujours assumé qu'il était qu'il était de droite. Gabriel Atal, c'est vrai que bon là c'est peut-être un petit peu moins un moins évident mais moi mais [rires] ce que je mais je sais pas ce que vous en pensez Raphaël mais moi j'ai quand même le sentiment que le macronisme n'existera plus après Macron.

Alors ensuite le sujet c'est est-ce qu'il veut revenir ? Est-ce qu'il aura les moyens de revenir en 2032 ? Ça on verra.

Ouais on a encore le temps là. Oui. Oui.

Non, mais c'est certain que euh cette promesse d'Emmanuel Macron de dépasser l'éclivage politique, d'en finir avec la gauche et la droite, elle a vécu avec Emmanuel Macron et on voit l'extrême polarisation aujourd'hui du paysage politique pour se convaincre que ce n'était qu'une parenthèse. Après, effectivement, la question centrale est de savoir si Emmanuel Macron, à défaut d'avoir encore le pouvoir ou même de l'exercer aujourd'hui, n'a pas la volonté de durer et de placer un certain nombre de ces hommes. soit pour revenir, soit pour contrarer contrarer contrarier ceux qui sont amenés à lui succéder.

Et c'est probablement ce qui est en train de se passer comme l'ont fait ses prédécesseurs. On a parlé d'un état socialiste sous Emmanuel Macron avec un certain nombre de postes clés de la République qui était occupé par des figures du socialisme. On est peu ou prou en train de de voir la même chose se passer avec Emmanuel Macron.

Ah bah justement transition formidable. Merci beaucoup Raphaël Stinville puisque le président de la République a procédé depuis quelques mois là à dénomination de proches à des postes sensibles et exposés, ça fait polémique. Citons Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel, Amélie Monchalin la tête de la Cour des comptes, le l'ancien secrétaire général de la à la présidence de la République Emmanuel Moulin qui pourrait être devenir gouverneur de la Banque de France.

Alors est-ce qu'il façonne les institutions à sa main pour l'après 2027 ? Aucun doute répond Sébastien Chenu, député du Rassemblement national. Écoutez-le.

C'est le verrouillage de l'appareil d'État par les amis d'Emmanuel Macron. Tous les jours, Emmanuel Macron nomme, c'est le cas aussi au Conseil d'État, des amis, des copains pour verrouiller l'État pour que s'il y avait demain une alternance, si le Rassemblement national arrivait au pouvoir, il soit entouré d'amis d'Emanel Macron. Et puis le parcours de monsieur Moulin qui euh à titre personnel est probablement quelqu'un d'estimable, mais son parcours nous démontre que ses compétences ont été très limitées.

Il a été le directeur de cabinet Bruno Lemire, le ministre des finances qui a flingué le pays euh et flingué les finances publiques euh du pays. Donc si vous voulez, ce parcours ne plaveur de l'intéresser. Donc bon, Jean-Michel Salvator en même temps pour reprendre cette expression, ils l'ont tous fait, non ?

Alors, c'est vrai qu'ils l'ont fait notamment, je me souviens Chirak, il avait nommé au conseil constitutionnel quelques mois avant de partir euh il avait nommé Jean-Louis Debré qui était l'ennemi personnel de Nicolas Sarkozy qui s'est retrouvé président assez vite et qui a dû subir Jean-Louis Debré pendant tout son tout son quinquena. C'est vrai qu'ils l'ont tous un peu fait. Là, ce que je trouve assez cocasse, si vous voulez, enfin, je trouve que c'est assez grave parce que bon, on sait très bien que Emmael Macron, sa antise, c'est de donner les clés de l'Élysée au Rassemblement national.

Il l'avait il l'avait dit d'ailleurs avant même d'être élu une première fois en 2017, il avait dit que en fait son objectif, l'objectif de dépassement, c'était de rendre le Rassemblement national sans objet. Bon là, il y a un vrai risque que finalement bah il soit obligé d'accueillir dans la cour de l'Élysée l'année prochaine soit Jordan Bardella soit Marine Le Pen. On verra ce que donne les élections.

Mais c'est vrai que quand on regarde les sondages, il y a un vrai risque. Et là, il a il essaie de jouer un espèce de 3è tour. C'est-à-dire, il se dit surtout avec le conseil le Conseil constitutionnel.

Je pense que c'est surtout ce poste là qui est le plus qui est le plus contestable là avec Richard Ferrand qui est l'un des l'un des grognards de la Macronie. Euh, il l'a installé là avec cette idée que il faudrait que tu les empêches de faire ce qu'ils ont envie de faire. Bon, en fait, Stinville, sur ces nominations.

Oui, il y a il y a quelques semaines, on on a consacré notre une euh à la République des copains et justement aux nominations euh qu'Emmanuel Macron réalisé. Je sais pas si vous savez, mais euh ce nombre de de nominations qui relève du pouvoir présidentiel, on ne on est incapable de dire exactement le nombre de postes qu'il relève. C'est entre 5 et 10000 postes euh que qu'Emmanuel Macron peut avoir à sa main.

Et je pense que ce pouvoir, ce dernier pouvoir qui le reste, il l'utilise jusqu'au bout avec un certain plaisir.