Conseil européen | Conférence de presse conjointe avec le Chancelier Olaf Scholz.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a surpris ou agacé lors de votre premier Conseil européen ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Faut-il créer une banque de développement euro-africaine ?
- 14:00OuverteRéponse directe
La situation sanitaire avec Omicron : faut-il réintroduire des tests PCR à l'entrée ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Les centrales à gaz et nucléaires seront-elles considérées comme vertes ?
- 18:00OuverteRéponse directe
La dissuasion peut-elle faire peur à Poutine ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Les sanctions contre la Russie seront-elles renforcées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Emmanuel MacronFait
« ceux qui violent ces frontières auront à s'attendre à des conséquences graves »
- 2:00Emmanuel MacronFait
« nous exhortons le régime à ne pas instrumentaliser des êtres humains »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« nous avons pu constater tous ensemble que nous exhortons le régime à ne pas instrumentaliser des êtres humains »
- 8:00Emmanuel MacronPromesse
« nous voulons travailler Allemagne et France ensemble pour trouver le plus vite possible les bonnes solutions »
- 10:00Emmanuel MacronPromesse
« nous comptons également le continent à l'avenir »
- 12:00Emmanuel MacronChiffre
« nous avons acté la réallocation de 100 milliards de DTS qui couvrent environ un tiers du besoin identifié par la Banque mondiale »
- 20:00Olaf ScholzFait
« nous débattons des mesures que nous pouvons prendre et qu'il va falloir prendre si jamais on n'arrive pas à avoir un développement pacifique »
- 28:00Olaf ScholzFait
« il s'agit d'un projet de l'économie privée qui nous a donné comme résultat un gazoduc »
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Mesdames et Messieurs, soyez les bienvenus à la conférence de presse du chancelier fédéral Olaf Scholz et du Président français Emmanuel Macron après le Conseil européen à Bruxelles. Tout d'abord, le chancelier fédéral va faire quelques déclarations après le Président français. Nous avons donc prévu deux à trois questions pour chaque côté et au total, un maximum de 40 minutes.
Nous avons commencé ensemble hier avec une réunion trilatérale avec le président ukrainien Zelensky, c'est aussi une bonne raison de clore ensemble ces deux journées de délibérations. On a commencé avec un grand sujet qui était au centre du Conseil européen : l'intégrité et la sécurité de l'Ukraine. Pendant le Conseil, nous avons également parlé de l'importance de l'inviolabilité des frontières européennes qui viennent de la sécurité pour tous, et pour cela, il faut donc ce respect de la sécurité commune en Europe.
Les membres du Conseil européen ont tous été d'accord, et notamment tous deux, nous étions d'accord pour dire que ceux qui violent ces frontières auront à s'attendre à des conséquences graves. Nous voulons également utiliser le format qui existe déjà, un format auquel participe l'Allemagne, la France, de le réactiver qui soit efficace, c'est donc le format Normandie, avec les principes qui sont attachés à ce format. Et nous en avons parlé également avec le Président Zelensky À part sur la sécurité de l'Ukraine, on a également parlé de la situation difficile en Biélorussie.
Nous avons pu exprimer notre solidarité avec la Pologne et les pays baltes et nous avons pu constater tous ensemble que nous exhortons le régime à ne pas instrumentaliser des êtres humains et l'Europe a pu contribuer à ce que le nombre de ces personnes ait pu être diminué et que déjà, des personnes ont pu être évacuées. En outre, nous avons parlé de notre politique migratoire en Europe qu'il faut coordonner, nous avons pris quelques décisions, notamment nous avons parlé de la pandémie de la COVID 19 qui reste bien sûr un grand défi global et européen. Et nous devons œuvrer tous ensemble pour pouvoir protéger nos citoyennes et nos citoyens et bien sûr également la stabilité de notre continent.
Il ne faut pas seulement se concentrer sur nous bien sûr, il faut également faire en sorte que le reste du monde soit vacciné, il faut soutenir les autres pays du monde pour donc le rendre accessible. Les vaccins et l'initiative Covax est très importante. Finalement on a parlé de la question de l'énergie, de l'approvisionnement énergétique et toutes les questions liées.
On n'a pas encore produit de conclusions là-dessus, mais il y a eu un accord pour dire qu'il faut suivre de près l'évolution des prix dans les pays européens et voir comment faire en sorte qu'il y ait une meilleure évolution. Également, suivre de près l'évolution des prix dans le système européen d'échange de quotas. Et bien sûr, il va falloir déterminer des prochains pas, une fois que la Commission aura présenté ses propositions pour la transformation du marché énergétique, notamment concernant l'acte délégué prévu.
Il y a encore des opinions divergentes en Europe et donc le débat va continuer. La France et l'Allemagne sont sûres de vouloir coopérer en la matière, ce n'est pas seulement le cas aujourd'hui mais également dans nos entretiens antérieurs et nous comptons également le continent à l'avenir. Le président Macron : Bonsoir à toutes et tous, d'abord, je suis très heureux d'être ce soir aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz pour cette conférence de presse commune à l'occasion de ce premier Conseil européen auquel nous avons participé ensemble, je ne vais pas répéter ce que Monsieur le chancelier vient de dire.
Simplement, nous avons eu une discussion importante avec le président Zelensky et nous avons très clairement réaffirmé notre attachement au format Normandie, une volonté de réengager ensemble avec la Russie et j'en avais déjà parlé au président Poutine il y a quelques jours, et je veux ici saluer vraiment l'engagement que nous avons bien senti du président Zelensky, à proposer, à avancer sur ce volet. Hier nous avons eu une discussion plus plus large avec les pays dits du Partenariat oriental, c'est-à-dire l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine. Les conclusions sont claires qui ont été hier présentées par Charles Michel et Ursula von Der Leyen et je considère que c'est un espace de réengagement extrêmement important pour nous.
L'Ukraine, nous l'avons évoqué, j'ai pu hier soir aussi passer un long moment avec le président d'Azerbaïdjan et le Premier ministre d'Arménie et je veux vraiment saluer le travail que Charles Michel a effectué il y a deux jours et qui dans la discussion à trois, s'est hier consolidé. Il y a une vraie volonté là aussi de réengagement de part et d'autre et sur les sujets de sécurité, de frontière commune, de désescalade, mais aussi d'infrastructures à venir. Une volonté d'avancer ensemble et le travail va se poursuivre d'ici là avec l'Union européenne et bien entendu aussi dans le cadre du groupe de Minsk.
Sur les autres sujets de ce Conseil, nous avons pu très clairement réaffirmer notre fermeté à l'égard de la Biélorussie et de toutes les attaques hybrides. Notre solidarité à l'égard de la Pologne, mais aussi de Lituanie, de la Lettonie et de l'Estonie, et une volonté de protéger les frontières extérieures de l'Union européenne de manière extrêmement claire. Nous déclinerons d'ailleurs cet agenda dans les prochains mois, en particulier, à travers les avancées sur justement la rénovation de Schengen et le paquet "asile immigration" mais également les mesures très claires que nous avons souhaitées prendre contre toute forme d'attaque hybride.
Sur le sanitaire, le chancelier a été très clair et je n'ai rien à rajouter sur ce qu'il a pu dire de la même manière sur l'énergie où nous voulons travailler Allemagne et France ensemble pour trouver le plus vite possible les bonnes solutions et où il y a eu une une très longue discussion durant ce Conseil. Sur les sujets de sécurité et de défense nous avons des conclusions qui sont en droite ligne avec ce qui a été discuté à Rome avec le président Biden, l'importance d'une défense européenne plus forte et plus opérationnelle et nous avons pu faire un point sur l'avancement des travaux, sur la boussole stratégique qui je le rappelle a été lancée sous présidence allemande et qui a vocation à s'achever sous présidence française au mois de mars prochain. Plusieurs autres sujets ont pu être évoqués, nous avons présenté ce que seront les principaux attendus du sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne sur les sujets sanitaires, éducatifs, de transition énergétique, d'investissements économiques, de sécurité et de contrôle des migrations.
Ce sommet, qui se tiendra ici même à Bruxelles en février a pour vocation de bâtir une nouvelle alliance et s'inscrit d'ailleurs dans la droite ligne de notre manière d'approcher la relation, comme l'a dit le chancelier, sur les vaccins où nous avons très clairement réitéré notre solidarité. Je veux ici dire aussi combien l'Europe est le continent sur les sujets vaccinés le plus ouvert du monde en termes de production, en termes de dons, en termes de partenariat technologique. Mais donc ce sommet sera un rendez-vous important pour cette nouvelle alliance euro-africaine, qui, je crois sur beaucoup de sujets qui touchent nos compatriotes, est extrêmement structurante.
Enfin, lors du sommet de la zone euro, nous avons fait le point sur la situation économique en Europe, les avancées de l'union bancaire et de l'union des marchés de capitaux, discussion qui a permis là aussi d'avoir un premier échange sous ce format sur la gouvernance économique et l'avancée des différents travaux sur ce volet et évidemment, le contexte financier et macroéconomique qui a été décrit par la présidente de la Banque centrale européenne et le président de l'Eurogroupe. Voilà les quelques éléments que je souhaitais faire en complément, je veux, pour conclure, d'une part remercier le premier ministre slovène pour sa présidence et les progrès faits durant ces six mois où il a présidé à nos travaux en matière de santé, de numérique, d'agenda social et le remercier pour sa disponibilité constante et nous nous nous apprêtons donc à prendre la présidence de ce Conseil européen à partir du 1er janvier et donc dans 15 jours sur les sujets de sécurité, de défense, de réforme de Schengen, de relations avec l'Afrique, de modèle européen, de croissance et d'investissement. Conformément à ce que j'ai pu présenter il y a maintenant quelques jours, nous déclinerons cet agenda au service du collectif et de l'ensemble des Vingt-Sept.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. [ INAUDIBLE ] [ INAUDIBLE ] à Bruxelles, une question pour le chancelier fédéral : c'était donc votre premier Conseil européen, vous êtes donc nouveau, alors, c'était comment pour vous, qu'est-ce qui vous a surpris, qu'est-ce qui vous a agacé alors vraiment, comment avez-vous senti votre premier Conseil européen ?
C'est peut être assez banal, mais je viens de passer des négociations de coalition qui étaient elles aussi très longues. J'ai participé à de nombreuses réunions de ce type, alors je n'étais pas tellement surpris, c'était un peu comme partout, mais c'est quand même [INAUDIBLE] qu'on a pu voir dans presque toutes les discussions cet esprit de construction, vraiment, il y a cette union de l'esprit européen quand il faut se défendre des menaces comme par exemple des attaques hybrides par la Biélorussie ou la difficile situation sécuritaire autour de l'Ukraine. C'est une expérience vraiment intéressante et j'étais bien à l'aise.
Merci. J'espère que vous m'entendez tous. Ma question s'adresse au Président français : Comme vous avez mentionné l'Afrique, je voulais savoir si vous croyez que maintenant il est temps d'avoir une banque de développement euro-africaine, si c'est la BERD avec son siège à Londres, et si c'est ce le cas, est-ce que vous seriez prêt à en parler avec les Américains de se retirer de la BERD ?
Parce que la BERD est déjà présente en Afrique subsaharienne, mais là, il n'y a pas de modèle de développement convaincant, s'il y avait un nouveau modèle, ou est-ce que vous voulez construire sur ce processus qui a été commencé en 2018, ce statu quo plus. Donc, est-ce que cela va être suffisant ? [INAUDBILE] missions et les montants.
Vous avez parfaitement décrit la situation, aujourd'hui la BEI et la BERD sont impliquées en Afrique. Je pense qu'à court terme, nous allons travailler sur la base, en effet, de statu quo amélioré et la conclusion du rapport des Sages parce que c'est ce qui est le plus efficace et que si on rentrait dans une transformation pour avoir un réseau dédié, je pense que nous perdrions beaucoup de temps. Pour moi sur le partenariat de cette alliance, sur le plan économique, le plus important est le suivant : le premier, c'est que l'Europe doit contribuer à donner à l'Afrique davantage de moyens d'investissements en propre.
C'est donc la réallocation des droits de tirage spéciaux du FMI et/ou la vente de réserves d'or, selon les réticences et les cultures de chaque pays. A cet égard, le rôle du président du Conseil, Charles Michel, sera très important en ce qu'il aura à coordonner ce travail. D'ores et déjà, en G20, nous avons acté la réallocation de 100 milliards de DTS qui couvrent environ un tiers du besoin identifié par la Banque mondiale en matière de financement pour les économies africaines entre 2020 et 2025.
Il nous faut aller plus loin sur ce sujet et nous devons travailler, nous Européens, avec la Banque mondiale et le FMI pour faire davantage. La deuxième chose, c'est travailler avec nos instruments et en effet, nous avons ces deux banques de développement qu'il faut améliorer dans leur coordination. C'est ce que propose le rapport des Sages.
Est-ce que nous allons mettre en place ? Mais il faut surtout accroître leur implication et mieux travailler avec les banques régionales africaines et qu'il s'agisse de la réallocation des droits de tirage spéciaux ou de l'implication des droits des banques africaines. Je pense que l'un des points clés de la préparation de notre sommet avec l'Union africaine comme avec les enceintes régionales, c'est l'utilisation des banques existantes parce que ces banques africaines ont une capacité justement à avoir un effet de levier, à optimiser ses financements, à monter des programmes qui, d'une part, rendraient plus efficaces nos propres financements.
D'autre part, permettraient une implication des Africains dans la gouvernance. Et je pense que ce qui est attendu en termes de gouvernance économique et financière des Africains, c'est précisément d'être davantage acteur dans le fonds de la Banque mondiale qui sera déterminant pour les prochaines années. Le Fonds Aida.
Ils ne sont pas présents. Nous allons défendre l'idée qu'ils soient présents. Dans les programmes aujourd'hui de la BEI et de la BERD, indépendamment de l'amélioration que vous avez soulevée et qui ressort du rapport des Sages, nous allons surtout proposer qu'il y ait des partenariats et que nous aidions davantage les Africains à mener leurs propres projets.
Tout dernier point, la question qui est posée par le président Macky Sall et plusieurs autres est une capacité africaine à lever de l'argent sur les marchés, et donc à utiliser les mécanismes du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et des Européens pour avoir des mécanismes couvrant les premières pertes, plutôt que des mécanismes pensés depuis Washington, Bruxelles ou nos capitales, couvrant l'intégralité des programmes. C'est un des points sur lesquels nous allons avancer en vue de ce sommet. Une question du côté français. [INAUDIBLE], France Télévisions.
Merci de prendre ma question. La situation sanitaire est jugée alarmante en raison de la propagation du variant Omicron. Plusieurs pays ont décidé de réintroduire des tests PCR à l'entrée, y compris pour les personnes vaccinées.
Est-ce que vous approuvez cette décision ? Est-ce que vous allez faire de même dans vos deux pays ? Et puis une question plus personnelle pour Monsieur Macron.
Demain se tient un Conseil de défense. Est-ce qu'au regard de cette situation sanitaire, il faut s'attendre à un tour de vis supplémentaire pour les fêtes de Noël ? Merci beaucoup.
Sur le Conseil de défense de demain, nous analyserons la situation en fonction de son évolution. Je crois que ce qu'il nous faut regarder dans la période, c'est bien évidemment l'ensemble des indicateurs. Mais c'est plutôt la charge hospitalière qui doit déterminer nos choix en ce qu'il s'agit en effet beaucoup plus de taux d'incidence qui dans nos pays montent beaucoup, mais avec des formes qui sont plus légères, et nous n'avons pas à lire les chiffres, si je puis dire, de la même manière compte tenu des taux de vaccination.
Donc nous allons regarder l'évolution de la situation hospitalière, actualisée à la lumière de ce que le Conseil scientifique et les experts nous diront de leur connaissance de ce nouveau variant Omicron et de sa diffusion en France, et prendre toutes les décisions qui s'imposent. Sur le premier point, la France a des tests PCR avec des pays non membres de l'Union européenne. Le Gouvernement a annoncé il y a deux jours le passage en catégorie rouge du Royaume-Uni, ce qui a conduit à remettre justement de tels tests et à remettre des contraintes, en particulier le motif impérieux.
Mais nous n'envisageons pas de mettre des tests au sein de l'Union européenne parce que nous sommes attachés au bon fonctionnement de notre espace commun, et parce qu'à partir du moment où tel ou tel variant est dans un des pays de l'Union européenne, très vite, il se diffuse dans les autres. J'ajoute à cela que, pour ce qui nous concerne, la plupart des mouvements sont faits, en tout cas une très grande majorité, par les transfrontaliers, qui ont toujours été exempts de telles mesures, et donc l'efficacité d'une telle mesure serait très, très réduite. Donc nous ne comptons pas mettre de tests PCR entre les pays membres de l'Union.
Nous en mettrons à l'égard des pays tiers lorsque nous les classons dans les catégories qui l'imposent. La libre circulation en Europe est très importante, voilà pourquoi nous avons pris ces mesures. Pour quelques pays en dehors de l'Europe où la situation est très dangereuse, nous avons pris des mesures très strictes pour limiter les voyages.
Pour ceux qui rentrent chez nous, nous avons aussi établi des tests PCR, mais ce n'est pas le cas pour l'espace dont vous parlez. Nous suivons tout cela de très près, bien sûr, mais pour l'instant, nous avons la même situation que la France. Peut-être encore sur le nouveau variant et les décisions que nous serions amenés à prendre, nous allons continuer notre campagne vaccinale, et notamment donner une dose de rappel à ceux qui ont déjà un schéma complet.
Nous déployons de grands efforts pour accélérer cette campagne vaccinale de rappel, qui fonctionne à un bon rythme. Et grâce à la vitesse de cette campagne vaccinale, nous avons vu qu'il y a aussi un grand nombre de personnes qui ont pris la décision de se faire vacciner pour la première fois. C'est donc notre objectif de vacciner 30 millions de personnes d'ici à la fin de l'année, et nous allons bien sûr le poursuivre également au début de l'année prochaine.
Hans Kazan de DPA. Une question qui s'adresse à tous les deux. Dans les semaines à venir, il faut définir si les centrales à gaz et les centrales nucléaires dans l'Union européenne seront considérées comme une technologie respectueuse de l'environnement ou écologiquement durable.
Est-ce que vous en avez parlé ? Est-ce qu'il y aura une position commune franco-allemande, ou est-ce que la Commission européenne aura à trancher dans cette dispute entre la France et l'Allemagne ? Évidemment, nous avons parlé de l'orientation de notre politique énergétique et de ses conséquences sur la politique européenne.
Il y aura prochainement un deuxième acte délégué présenté par la Commission, européenne, et, bien sûr, nous sommes en train d'échanger entre nous et également avec la Commission européenne sur ce contenu. Nous avons choisi des voies un peu différentes. L'Allemagne a décidé il y a un moment déjà que, pour notre mix énergétique, l'énergie nucléaire ne joue pas un rôle, qu'on va abandonner également le charbon et qu'on veut développer les énergies renouvelables pour tenir compte de l'augmentation de la demande énergétique et d'électricité en Allemagne, et pour pouvoir la satisfaire de cette manière.
Il ne s'agit pas seulement de produire de l'électricité à partir du charbon, il faut vraiment transformer tous ces processus industriels, donc le secteur de l'acier qui ne fonctionne plus avec du charbon, mais avec de l'électricité. Il faut donc des quantités très importantes d'électricité. La même chose est vraie pour le secteur chimique.
C'est donc la voie que nous avons choisie. La France a opté pour une autre voie, il y a différents modèles. Il est important pour chacun de pouvoir choisir sa voie, mais maintenir l'union de l'Union européenne n'est pas une tâche facile.
Il ne s'agit pas seulement d'une discussion entre nous, mais entre tous. Et finalement, il va bien falloir trouver une solution en Europe, même si chacun a ses propres priorités. Je rappelle que ce n'est pas une question franco-allemande, mais une démarche initiée par la Commission européenne, de prendre ces actes délégués, et un engagement de la Commission européenne de prendre successivement un acte délégué sur la taxonomie pour les renouvelables, qui a déjà été pris quant à lui, et sur les autres formes d'énergie.
Ensuite, comme l'a parfaitement décrit à l'instant Monsieur le Chancelier, nous avons des modèles de production de l'électricité qui sont différents, et qui, ces dernières années, ont continué de se différencier. Il est donc normal que nous ne poursuivions pas les mêmes objectifs. Ce qu'il nous faut réussir, c'est à trouver la taxonomie qui nous permet de poursuivre nos choix industriels, d'être cohérents avec l'objectif de décarbonation de nos économies, et en particulier de la production d'électricité, et de le faire de telle sorte que nous puissions mobiliser utilement les financements privés pour mettre en œuvre le paquet climat, et en particulier la stratégie dite " Fit for 55 " Nous avons discuté de cela ces derniers jours, et nous continuerons dans les jours prochains pour trouver la voie d'un bon compromis franco-allemand, mais qui n'est pas la condition à ce qui reste un acte délégué que la Commission prend, et qui est d'abord le travail de la Commission.
Mais il est important que nos deux pays soient pleinement engagés dans ces préparatifs, et que nous échangions de manière transparente et respectueuse, ce qui est le cas, et ce que nous continuerons de faire. La prochaine question est pour [INAUDIBLE]. En Russie, pensez-vous que cette dissuasion plutôt que des sanctions préventives peut vraiment faire peur à Vladimir Poutine ?
Une question pour tous les deux, merci. Pour la question ukrainienne, au fond, puisque je pense que c'est ce qu'il y a derrière, notre stratégie repose sur une approche multiple. La première, c'est en effet l'approche par la dissuasion, qui a été à la fois celle des États-Unis d'Amérique et du président Biden lors de son échange avec le président Poutine, et celle de l'Union européenne, sur une situation que nous connaissons déjà, en envoyant des signaux très clairs et en nous coordonnant.
La deuxième chose, c'est de réengager la Russie dans un cadre politique qui est le seul permettant de régler la question ukrainienne, celui des accords de Minsk dans le Format Normandie. C'est ce que nous avons acté de faire ensemble hier, et ce sur quoi nous souhaitons avancer dans les prochaines semaines. La troisième chose, c'est de continuer à aider l'Ukraine et c'est ce que nous avons aussi acté de faire dans le cadre du Partenariat oriental, c'est-à-dire une consolidation de la situation économique, sociale, industrielle, liberté de la presse, de protection de la qualité de l'information en Ukraine, pour justement venir en soutien au Président Zelensky pour l'action qui est la sienne.
C'est cette approche coordonnée sur ces trois fronts qui, je crois, est celle qui nous permet à court terme d'avancer le plus efficacement. Nous sommes très vigilants, évidemment, sur l'évolution de la situation militaire et sécuritaire, mais nous considérons qu'en ayant un dialogue régulier sur cette base avec la Russie, pour ma part, vous savez que c'est la position toujours tenue, pas de naïveté, mais pas non plus d'absence de dialogue, nous devons trouver le seul chemin qui peut prévaloir dans la région et dans la relation, c'est-à-dire celui de la discussion et de la solution politique. Effectivement, c'est le grand projet que nous avons voulu faire avancer.
Voilà pourquoi nous avons eu un entretien avec le président Zelensky sur sa situation, pour comprendre les enjeux et les défis auxquels l'Ukraine est confrontée, et nous en avons discuté dans le cadre du Partenariat oriental. Une conclusion très importante, c'est que nous avons un très bon format, le Format de Normandie, que nous voulons réactiver et redynamiser, et nous devons apporter notre contribution à vraiment trouver une solution. Ce n'est pas chose facile.
Il ne faut pas être naïf et il faut avoir des propos très clairs quand il s'agit de l'intégrité des frontières. Markus Greis, de ARD. Une question qui s'adresse à tous les deux, pour enchaîner sur le sujet des sanctions.
Quand l'Union européenne a décidé de sanctions par le passé, on a toujours essayé de partager, de distribuer un peu le fardeau des sanctions. Est-ce que c'est également l'objectif de ces sanctions, ou bien il s'agit maintenant d'une question de guerre et de paix, et cela n'est plus important ? Nous débattons des mesures que nous pouvons prendre et qu'il va falloir prendre si jamais on n'arrive pas à avoir un développement pacifique.
On va bien sûr évaluer les différentes mesures de sanctions par rapport à leur efficacité. C'est, bien sûr, juste pour nous préparer à un cas que nous ne voulons pas voir se réaliser. Oui, pour six mois les sanctions existantes et, en effet, là la question est plus de l'impact et de l'efficacité de ce qui pourrait être envisagé, qui est préparé comme il se doit de manière plus confidentielle et que nous rendrons publique si la situation l'imposait, l'objectif étant plutôt de réengager, comme on le dit depuis tout à l'heure, une solution politique et un dialogue.
Pour les sanctions, nous avons simplement formellement aujourd'hui réengagé pour six mois et confirmé la prorogation des sanctions existantes. Prochaine question. Bonsoir, Monsieur le Chancelier, Mathieu Coache, BFM TV.
Une question qui s'adresse à tous les deux, avez-vous parlé pendant ce Conseil, des Ouïghours en Chine ? Est-ce qu'un boycott diplomatique des J.O. au niveau européen est une piste étudiée à ce stade et, surtout, envisagez-vous au niveau européen aussi des mesures pour empêcher l'importation de coton issu du travail forcé de plus d'un million de musulmans chinois internés de force dans des camps dits de rééducation ?
Ce sujet d'abord nous le connaissons et nous en avons plusieurs fois parlé. Nous n'avons pas parlé de ce sujet aujourd'hui, il n'était pas à l'ordre du jour du Conseil mais nos ministres des Affaires étrangères l'ont évoqué et vont le réévoquer. Je distinguerai les deux sujets.
Sur la question du travail forcé des Ouïgours, nous nous sommes engagés, et nous avons précisé cet engagement d'ailleurs en décembre 2020 sous présidence allemande, sur un processus visant à faire ratifier les conventions de l'Organisation internationale du travail interdisant justement ce travail forcé par la Chine. Nous en avons fait une condition préalable de l'avancée de l'accord sur les investissements. Les signaux que nous avons eus, les déclarations officielles, semblent indiquer une volonté de la Chine d'aller dans cette direction.
Maintenant nous avons un travail politique et diplomatique très concret pour essayer d'engager la Chine sur cette voie qui est une des manières de traiter ce sujet terrible que vous évoquez. La deuxième chose ensuite, il y a des actions qui sont conduites et évidemment, en fonction de l'évolution de ce dialogue, nous serons peut-être amenés sur le plan politique à faire des choix filière par filière. La question ne s'est pas encore posée aujourd'hui puisque nous sommes dans cette phase d'engagement pour convaincre la Chine d'avancer sur cette coopération.
Je distinguerai ce sujet de la question du boycott des Jeux olympiques puisque sinon nous aurions pris la décision il y a bien longtemps et le choix qui a toujours été fait est de ne pas politiser les Jeux olympiques et de laisser ça justement au Mouvement olympique international. Sur les Jeux olympiques, je le redis en deux mots, premièrement, à ma connaissance aucun pays au monde n'a décidé du boycott sportif qui est le boycott qui a un sens et un impact. La deuxième chose, c'est que nous sommes en train de nous coordonner entre Européens pour regarder l'évolution de la situation et le niveau de représentation qui sera décidé in fine.
C'est bien cette coordination européenne qui se poursuit. J'ai exprimé pour ma part quelle était ma perception de l'efficacité ou de l'impact de celle-ci. Je n'ai rien à ajouter à cela.
Madame [ INAUDIBLE ] de Bloomberg. Vous avez aussi parlé du développement des prix de l'énergie. Est-ce qu'une intervention dans les marchés est une option si les prix continuent d'augmenter ou quelles autres mesures avez-vous considérées ?
Nous avons analysé la situation et nous allons continuer de le faire et nous avons parlé, au sein du Conseil, de quelle est l'évolution des prix sur les marchés. Cela reste notre tâche de voir quelle est la cause de cette évolution. Il y a bien sûr des évolutions de longue durée.
Il y a des mesures plutôt à court terme. Il y a une demande accrue d'énergie dans toutes les économies du monde et nous voyons également que, dans des pays qui n'avaient pas beaucoup de force économique par le passé, il y a maintenant une relance et une demande accrue d'énergie. Il faut vraiment observer attentivement la situation avant de prendre des décisions.
Prochaine question. Je voudrais revenir sur le sujet de la taxonomie. Je voudrais savoir finalement vous, Monsieur Scholz, est-ce que vous pourriez être favorable un jour à ce que l'énergie nucléaire soit considérée comme une énergie verte et vous, Monsieur Macron, est-ce que vous pourriez envisager qu'elle ne le soit pas ?
D'abord la question ne va pas se poser exactement en ces termes, en termes de méthode, puisque l'acte délégué qui sera proposé par la Commission avancera et donc ça ne signifiera pas que chaque État accepte tout. Ça voudrait dire qu'il faudrait, pour le bloquer, qu'il y ait un nombre d'États suffisant, ce qui est peu probable, surtout si les deux avancent. C'est pour ça que le travail de la Commission des prochains jours est très important.
Juste en un mot, l'énergie nucléaire ne peut pas être considérée comme équivalente au renouvelable mais, à coup sûr, c'est une énergie bas carbone et une source d'électricité, une énergie bas carbone donc c'est plutôt comme ça que nous cherchons à la qualifier. Les couleurs, je m'en méfie beaucoup parce qu'après on rentre dans une palette qui devient un peu confuse. Par contre je pense que ce qu'on cherchera à consacrer et ce qui est vérifié et reconnu, y compris par le GIEC, c'est le fait que c'est une source non intermittente de production d'électricité bas carbone.
Peut-être que je devrais aussi dire quelque chose là-dessus, très brièvement. Je crois qu'on parle trop de cette question. Il s'agit de classement d'activités d'entreprises.
C'est important pour ceux qui veulent investir de l'argent et donc, vu l'intensité du débat et les investissements, c'est une activité importante. Finalement, c'est aux pays eux-mêmes de choisir leur voie en fonction de leur voie vers une économie bas carbone. Vous connaissez bien la voie qu'a choisie l'Allemagne et donc l'abandon de l'énergie nucléaire.
L'année prochaine, ce sera au tour de la dernière centrale nucléaire d'être mise à l'arrêt et ce sera le développement des énergies renouvelables. La taxonomie est un tout petit sujet dans une vaste question. [ INAUDIBLE ] Monsieur le Chancelier fédéral, le sommet et la réunion trilatérale étaient donc dans l'esprit de la solidarité avec l'Ukraine.
Est-ce qu'il ne sera pas conséquent donc de remettre en cause Nord Stream 2 ? Est-ce que cela a été objet de débat ? La question pour vous, Monsieur Macron, est-ce que vous êtes d'accord ou pas d'accord avec le chancelier ou le gouvernement fédéral concernant Nord Stream 2 ?
C'est une question à laquelle je m'attendais donc merci de l'avoir posée. Concernant Nord Stream 2, il s'agit d'un projet de l'économie privée qui nous a donné comme résultat un gazoduc. Il faut juste décider, sur les critères de [ INAUDIBLE ] de l'Union européenne mais c'est une autorité, un régulateur en Allemagne qui va prendre la décision sans motif politique.
C'est un processus en cours et, à part ça, c'est une question tout à fait différente de celles dont on a parlé avant, c'est-à-dire ce que nous pouvons faire pour que nous n'ayons pas le cas du viol de l'intégrité de l'Ukraine. L'Allemagne se sent très responsable que l'Ukraine reste un pays de transit de gaz et nous avons fait en sorte que le contrat de transit de gaz puisse continuer parce que sa prolongation pendant un long moment n'était pas garantie et nous avons contribué à la garantir. Nous allons nous sentir responsables également, à l'avenir, du fait que le transit de gaz fonctionne également en Ukraine et d'un bon développement de l'Ukraine.
C'est également important pour l'avenir de l'Union européenne, les énergies renouvelables, une structure également de l'hydrogène vert qui pourrait peut-être assumer un rôle très important à l'avenir, comme le fait maintenant le gaz, et c'est ce qu'on est en train de faire. Sur ce sujet, nous en avons parlé il y a plusieurs années, nous avons acté du bon encadrement géopolitique des conséquences de Nord Stream 2, en particulier lors du sommet à Paris du 9 décembre 2019, de mémoire. La discussion, à ce moment-là, a été nourrie.
Elle s'est tenue avec l'Ukraine et l'Allemagne. Il y a eu ensuite une discussion évidemment bilatérale avec la Commission et je considère que les équilibres ont été trouvés. Donc ce n'est pas un fait nouveau et ça n'est pas quelque chose qui porte en soi la solution aux difficultés actuelles ni ce n'est un facteur aggravant de celles-ci.
Merci beaucoup à Monsieur Macron et au Chancelier fédéral. J'ai appris que c'était une conférence de presse qui s'est déroulée assez tôt. Peut-être que, pour un prochain Conseil européen, ce sera à une heure plus tardive.
Malheureusement, maintenant il faut rentrer à Berlin et à Paris donc merci à toutes et à tous.
Emmanuel Macron