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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 novembre 2019 25 min

Réforme des retraites, service militaire obligatoire... le "8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. On va parler de votre livre dans quelques instants qui sort cette semaine, mais d'abord les affrontements parfois très violents du week-end. La Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, un centre culturel notamment, a été incendié. Comment vous les expliquez, ces violences ?

0:20
Guillaume Peltier

Et là, ce n'est pas la première fois. Ça fait très longtemps que dans de nombreuses villes de notre pays, quotidiennement, la République est testée. Elle est testée parce que la République s'affaiblit et parfois disparaît. Et je plaide d'abord pour un soutien absolu à nos élus locaux et à nos maires. Je plaide aussi, on en reparlera tout à l'heure, pour l'embauche de plusieurs milliers de policiers et gendarmes. Qui teste la solidité de l'État ? J'entendais encore le maire ce matin témoigner avec beaucoup de clarté, de sagesse et de fermeté. Elle nous disait, comme dans la plupart des villes de notre pays, ce sont 20 à 30 mineurs délinquants récidilistes.

C'est-à-dire une très petite minorité. Bien sûr. C'est tout le problème de la République. C'est-à-dire qu'à aucun moment je dis que l'écrasante majorité des habitants de nos quartiers sont dans un état d'insurrection. Ce qui est certain, c'est que partout, dans toutes les villes de France, des minorités agissantes se croient tout permis. Parce que la police n'a pas suffisamment de moyens, parce que lorsqu'elle en a, la justice est trop lente. Et parce que même quand la justice n'est pas trop lente, les sanctions ne sont pas appliquées avec rapidité et fermeté. Et donc c'est toute une architecture de l'autorité de l'État qu'il nous faut réaffirmer. Plus de moyens pour nos forces de sécurité.

Plus de moyens pour la justice. Et moi je plaide, j'en parle d'ailleurs dans le livre, pour que ces mineurs délinquants récidilistes, au-delà des sanctions judiciaires qu'ils méritent, puissent par exemple aller dans des services militaires obligatoires, à encadrement militaire, pardon, parce que je crois qu'il y a un certain nombre de valeurs civiques et patriotiques qu'il nous faut rappeler. Ce que disait Ségolène Royal il y a quelques années, non ? Elle en parlait en 2007 avec je pense une bonne intuition. Parce que chacun sait que le service militaire n'est pas recréable pour l'ensemble d'une génération, pour des raisons essentiellement financières.

Mais ma conviction, c'est que tout à la fois pour les mineurs délinquants récidilistes, comme pour les décrocheurs scolaires, on aura peut-être l'occasion d'en reparler, le service militaire obligatoire, l'encadrement, le réapprentissage des valeurs de la République, de l'autorité de l'État, du respect civique, sont des valeurs à réimposer. Ce qui m'a marqué, c'est d'ailleurs François Hollande qui l'avait créé. Vous savez, il a créé le service national volontaire, il y a quelques années. Pas loin de 500 jeunes l'ont choisi en Ile-de-France. Ils étaient en décrochage. C'est 500 jeunes, 75% retrouvés ou un emploi ou une formation. Le service militaire, ça n'est pas un gros mot.

C'est sans doute l'une des erreurs qui fut commise par ma famille politique que de le supprimer il y a près d'une vingtaine d'années. Et donc je plaide pour son rétablissement, pour ceux qui en ont le plus besoin.

3:13
Présentateur

Et un responsable des Républicains qui, en l'espace de 3 minutes, cite François Hollande et Ségolène Royal sur ce plateau, ça faisait très longtemps.

3:19
Guillaume Peltier

J'ai repris à la volée votre intuition. Mais vous savez, la politique, moi je suis de droite et fier de l'être, chacun le sait, oui Ségolène Royal avait dit des choses intéressantes.

3:29
Invité

Justement, il y a un climat social en cette rentrée, enfin en cet automne plutôt, qui est assez bouillant. Il y a des mouvements de grève, de protestation qui s'annoncent. Bientôt un mouvement dans l'hôpital public mi-novembre. La grève annoncée le 5 décembre contre la réforme des retraites, notamment dans les transports. Qu'est-ce qui vous inspire ce climat social ? Est-ce qu'il y a à vos yeux un risque ou une possibilité d'embrasement social, de convergence des luttes, comme on dit ?

Ou est-ce que vous reprendriez par exemple le mot de Ségolène Royal, puisque c'est une de vos références ce matin, qui disait hier, Ségolène Royal, c'est un mouvement de résistance désespérée à la disparition du modèle français ?

4:02
Guillaume Peltier

Alors, elle n'est pas ma référence politique. Elle peut avoir dit ici ou là des choses intéressantes et l'honnêteté intellectuelle commande de le dire. Sur la question que vous évoquez, oui, la France est à la veille d'une immense explosion sociale et d'une véritable fracture civique. De Chantoulé-Vigne, dont nous venons de parler, à la désespérance, la colère très profonde de nos compatriotes sur les questions sociales, sur les questions identitaires, sur les questions économiques, il y a urgence à tracer un cap. Sur la question des retraites, je vais être très précis. Je suis, nous sommes, favorables à une réforme des retraites. Disons la vérité aux Français.

Nous vivons plus longtemps et les réformes qui ont été conduites, d'ailleurs, avec courage par ma famille politique, ont été des belles réformes, mais il faut continuer l'effort. Le grand problème avec Emmanuel Macron, le nouveau prince immobile, c'est que c'est flou et on n'y comprend rien. Et donc les Français demandent une clarté dans la réforme. Emmanuel Macron prône une réforme,

5:06
Invité

donc un système de retraite par points qui serait universel et plus juste selon le gouvernement. Ça, c'est clair. Un système de retraite par points, c'est une vraie réforme systémique.

5:16
Guillaume Peltier

Mais je plaide pour une réforme universelle par points. Mais vous avez bien écouté ces derniers jours le président de la République. Il reporte d'abord le début de la réforme à 2026. Il annonce que pour la plupart des cas évoqués, ce ne sera que pour les nouveaux entrants, c'est-à-dire à horizon 40 ans.

5:32
Présentateur

Pas pour la plupart des cas, pour l'instant, on n'en sait rien. Et l'une des hypothèses, c'est que ça ne concerne que les régimes spéciaux, c'est-à-dire une infime minorité, 3% des retraités. Sauf, Marc Fauvel, que vous le savez,

5:41
Guillaume Peltier

que la question des régimes spéciaux pèse lourdement sur l'équilibre des retraites, pas loin de 6 milliards d'euros, selon la Cour des comptes. Nous, ce que nous disons, avec Christian Jacob et les Républicains, oui, il y a une réforme des retraites, mais une réforme lisible. Deux choses fondamentales. Premièrement, une véritable reconnaissance de la pénibilité, qui est à peine évoquée par le gouvernement. C'est une question centrale de justice sociale. Deuxièmement... Il y a encore une mesure réclamée par la gauche. Mais portée par notre famille politique. Lorsque nous avons fait des réformes, nous avons pris en compte la pénibilité. Certains parlent, nous nous avons agi.

Deuxièmement, et c'est important qu'on le dise, c'est de dire la vérité aux Français. Ou on va baisser les cotisations, les pensions. On ne le veut pas. Ou on va allonger la durée de cotisation.

6:29
Invité

Vous voulez reporter l'âge légal de départ en retraite. Le repousser. Moi, j'ai... Votre parti, le parti dont vous êtes le numéro 2, veut repousser l'âge légal de départ en retraite.

6:37
Guillaume Peltier

Nous disons la vérité aux Français. François Barolin disait encore aujourd'hui. Jusqu'à quel âge ? Et il a raison. Il va falloir cotiser plus longtemps. Moi, je vais même encore un peu plus loin. Je plaide pour un système et un régime très clair et très transparent. C'est-à-dire... Quel âge légal, Guillaume Pelletier ? Attendez. Je crois que la question de l'âge légal est dépassée. C'est le programme de votre parti. Votre parti prône... Non, pas du tout.

6:57
Présentateur

C'est-à-dire que si on commence à travailler à 30 ans, il faudra s'arrêter à 70 ans, 75 ans.

7:00
Guillaume Peltier

Laissez-moi juste finir. Allez-y. Ma famille politique, et à la raison, dit qu'il faut cotiser plus longtemps. Si on veut sauver notre régime de retraite, c'est obligatoire. Comment le faire ? Moi, je plaide pour la suppression de l'âge légal de départ à la retraite, qui pour moi n'a aucun sens. Et je dis que chaque Français devra cotiser, selon la Cour des comptes, 43 à 43 ans. Si vous avez commencé... 43 à 44 ans. J'ai dit 43 à 44. Pardon, 43 à 44 ans. Si vous avez commencé à travailler à 18 ans, vous partez en retraite beaucoup plus tôt que j'avais commencé... Et si vous avez commencé à 28 ? Eh bien, si on a commencé à 28 ans...

7:39
Présentateur

On rajoute 44 et on arrive à... 82 ans. Si mes comptes sont bons. 72 ans, d'ailleurs. 72 ans, ce sera déjà ça. Mais c'est lundi matin.

7:48
Guillaume Peltier

S'il n'y a plus de seuil... D'abord, si vous connaissez beaucoup de nos compatriotes qui ont commencé à travailler à 28 ans... Ceux qui font des études longues, hein. En tout cas, je peux vous dire, j'en connais plus dans mon territoire de gens qui ont commencé tôt. Vous avez raison. Il y en a sans doute plus à 18 et à 28. Et donc, je dis... Mais après, il... Attendez. Vous ne me laissez même pas finir. Allez-y. Je plaide pour une durée de cotisation, 43 à 44 ans, pour sauver notre régime de retraite. Et ensuite, chacun part à l'âge de son choix. J'ai bien dit à l'âge de son choix. Vous pouvez partir tôt, mais votre retraite est moindre.

Vous pouvez partir tard, et votre retraite est plus élevée. Il faut un régime de justice. Aujourd'hui, le régime est injuste. Il n'y a plus d'égalité entre le public et le privé. Il y a près de 43 régimes. Créons un régime universel, pourquoi pas par points, en prenant en compte la pénibilité et les ruptures de carrière. Et chacun, chaque Français, connaîtrait tous les 10 ans l'âge de départ à taux plein et pourrait faire son choix en toute liberté. Ça, c'est un régime moderne

8:49
Présentateur

et sauvé sur le plan financier. Guillaume Pelletier, vous restez avec nous. On va aborder avec vous une proposition que vous faites dans ce livre qui va sans doute en fâcher quelques-uns dans votre partie. Ce sera juste après le rappel des titres à 8h42 avec Mélanie Delonnet.

8:59
Invité

La journée commence sans électricité pour 35 000 foyers du Sud-Ouest, dernier des comptes d'Enedis après le passage de la tempête Amélie. Perturbations sur les rails, aussi 2 000 passagers coincés dans 4 TGV hier entre Andail et Paris. Et puis dans le Sud-Est, une retraite est toujours recherchée à Nice après un glissement de terrain. La compagnie des contraires lance un appel au don sur France Info pour reconstruire l'école de cirque incendiée à Chantoulévingne dans les Yvelines. Samedi, un lieu important pour l'accès à la culture pour tous, dit sa directrice. Deux personnes sont en garde à vue après ces violences nocturnes.

4 500 accompagnants en plus, 23 000 nouveaux élèves handicapés accueillis, le nombre de personnes en attente divisé par deux selon le ministère de l'Éducation nationale. Mais les familles regrettent que certains enfants n'aient qu'un accompagnement partiel. Et puis pas de premier roman cette année, ce sera un prix de la consécration, dit Bernard Pivot, le président du jury Goncourt remis à 13h. Amélie Nothomb et Jean-Paul Dubois font partie des finalistes.

10:01
Auditeur

France Info Et tout est plus clair.

10:05
Présentateur

Guillaume Pelletier, le vice-président délégué des Républicains et député des Républicains du Loir-et-Cher est avec nous jusqu'à 9h dans votre livre Milieu de Cordée qui sort donc cette semaine. Vous faites une proposition choc, c'est que le salaire brut des Français devienne leur salaire net, c'est-à-dire plus aucune cotisation ni pour les patrons, ni pour les salariés. Vous allez couler l'État français ?

10:25
Guillaume Peltier

Non, parce qu'avec des économistes, pendant plusieurs mois, nous avons travaillé à équilibrer sur le plan financier cette proposition. Vous l'avez assez bien résumé. Suppression des cotisations patronales pour créer un choc de compétitivité pour nos entrepreneurs, nos artisans, nos commerçants. Suppression des cotisations salariales. Combien il manque à cet instant précis dans les caisses de l'État ? Si on fait cette réforme, c'est 400 milliards. Pour trouver ces 400 milliards, nous proposons un micro-prélèvement à hauteur de 2% sur l'ensemble des flux de consommation. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que les transactions financières d'une part, mais aussi les paiements électroniques.

Un exemple, quand on va faire un plein de courses à 50 euros, vous paieriez 51 euros.

11:05
Présentateur

Si je sors 100 euros,

11:06
Guillaume Peltier

admettons, avec ma carte,

11:07
Présentateur

vous en prenez 102. Il y a 2 euros qui partent dans les caisses de l'État.

11:10
Guillaume Peltier

Exactement. Mais, comme vous l'avez dit, entre-temps, et c'est quand même fondamental, votre revenu brut est devenu votre revenu net. Un exemple, pour un salarié médian dans notre pays, 1700 euros net, il gagnerait chaque mois avec cette réforme, 2200 euros net. Une hausse de pouvoir d'achat considérable. Alors, je lance le débat, je mets ça sur la table, j'entends ici ou là, par quelques sachants que cette proposition est moquée ou caricaturée, nous avons la conviction profonde

11:37
Présentateur

que depuis... C'est même plus la taxe Tobin qui visait à prendre 0,1% sur les transactions. Là, vous prenez absolument partout et vous prenez 2%. Soyons très précis,

11:45
Guillaume Peltier

c'est un micro-prélèvement en échange d'une révolution fiscale et sociale. Depuis un siècle... Vous supprimez aussi

11:50
Présentateur

l'impôt sur le revenu ?

11:51
Guillaume Peltier

Non, puisqu'on garde l'esprit de redistribution pour tous les Français dont l'assiette forcément sera un peu plus large et les taux seront abaissés. Ce que nous disons, depuis un siècle, l'État, et c'était juste à l'époque, avait décidé de taxer le travail qui était pléthorique. Le travail s'est raréfié. Ce qui ne s'est pas raréfié, ce sont les mouvements d'argent, les mouvements de capitaux, les mouvements bancaires. Et donc, il nous semble plus juste pour créer un électrochoc parce que ce qui m'a marqué avec la crise des Gilets jaunes, ce qui nous marque au quotidien dans nos territoires, c'est l'immense crise du pouvoir d'achat.

C'est millions de Français qui disent on travaille, on trime, on se lève le matin, mais on a beaucoup de mal à boucler nos fins de mois. Et tout le problème du chômage, des embauches, des recrutements pour nos entreprises, tout ça est fondé sur une idée toute simple, c'est qu'il n'y a plus d'écart entre les revenus du travail et les revenus de l'assistance. Si on veut recréer un écart entre ces revenus du travail et ces revenus de l'assistance, il faut créer un électrochoc. Cette proposition, elle est sur la table, elle mérite d'être débattue de manière apaisée et sereine,

12:51
Invité

mais ça mérite d'être proposé. Mais pour être précis, pour être concret, Guillaume Pelletier, donc une taxe de 2% sur toutes les transactions, tous les achats, toutes les transactions numériques, les achats par carte, les retraits en liquide aussi ? Bien sûr, pour éviter, bien sûr, pour que ce soit encadré. Quels seraient les effets sur la consommation

13:05
Guillaume Peltier

d'une telle mesure ? Ah bah la conviction des économistes avec lesquels j'ai travaillé, parce que c'est pas sorti du chapeau, c'est pas sorti un beau matin, c'est des mois et des mois de travail. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de faire fléchir pour baisser la consommation ? Dites aux Français, chacun connaît son revenu brut sur sa feuille de paye. Si vous dites à chaque Français que votre brut devient votre net, c'est-à-dire que pour le salarié moyen, je l'ai dit, à 1700 euros, il va gagner 500 euros net de plus chaque mois. Vous croyez que ça bride ou que ça améliore la consommation ?

Ma conviction économique, c'est que la croissance peut être soutenue et maintenue par la relance de la consommation et qu'évidemment, une augmentation aussi significative des revenus et des salaires qui concernerait d'ailleurs aussi les retraités, puisque les retraités, vous le savez, payent des cotisations aussi salariales. Vous êtes le numéro 2 des Républicains, cette proposition ? C'est la proposition de votre parti ? Bien sûr que non. Christian Jacob nous a demandé, lorsqu'il a été élu, d'ouvrir pendant 6 mois le grand débat des idées. Ce livre y contribue.

Humblement, moi je ne prétends pas avoir raison, surtout, je dis sur 9 grandes propositions, dont des propositions économiques et des propositions salariales, qu'il y a des choses à faire. Cela fait 10 ans que la droite travaille, mais trop souvent dans l'ombre, et que les Français ne voient pas ce que nous avons à leur dire. La dernière fois que nous avons eu des choses à dire de manière très claire aux Français, c'était en 2007 avec Nicolas Sarkozy, avec le fameux Travailler plus pour gagner plus, par exemple, et les heures supplémentaires défiscalisées.

L'idée que je propose s'inspire de cette mesure à une autre échelle, tenant compte de 10 années d'évolution, d'une crise sociale sans précédent, d'une exaspération profonde de nos entrepreneurs, d'une part, du poids des charges et des taxes, et de la désespérance de nos compatriotes qui ont envie que les salaires augmentent et que le travail soit enfin récompensé. Vous voulez aussi rétablir l'ISF, Guillaume Pelletier ? Alors plus précisément, soyons précis, je propose de supprimer l'IFI, c'est-à-dire ce qu'a créé Emmanuel Macron qui taxe aujourd'hui les propriétaires immobiliers et les investisseurs dans l'économie française.

Donc je propose qu'il n'y ait plus d'impôts type ISF-IFI qui pèsent sur les propriétaires immobiliers et les investisseurs dans l'économie. Mais vous voulez rétablir un autre impôt sur la fortune ? Je souhaite, oui, qu'un impôt soit rétabli contrairement à Emmanuel Macron pour les spéculateurs et ceux qui jouent avec l'argent au quotidien.

15:17
Présentateur

Ça s'appelle de la triangulation ce que vous faites ? Non, ça s'appelle... C'est-à-dire aller prendre, vous avez commencé cette interview en citant Ségolène Royal, rétablir l'ISF aujourd'hui dans votre parti, même avec les conditions que vous venez de poser, je crois que vous êtes le seul. Marc Fouvel, non, je ne pense pas. Vous êtes nombreux aujourd'hui chez les Républicains à plaider ouvertement pour le retour de l'ISF.

15:34
Guillaume Peltier

Nous étions majoritaires à l'Assemblée nationale, dans mon groupe, entre toute la nouvelle génération, à dire la chose suivante. Quelle est l'erreur quasi génétique sur le plan politique d'Emmanuel Macron lorsqu'il est élu président de la République ? Le même jour, en 2017, il annonce la suppression de l'ISF et la création d'une hausse de la CSG pour les salariés et les retraités en particulier. Et les retraités,

15:57
Présentateur

hausse pour les retraités sur laquelle il est revenu.

16:00
Guillaume Peltier

Vous imaginez le choc pour nos compatriotes. Nous, nous proposons autre chose. Qu'il y ait un impôt qui pèse sur ceux qui spéculent et qui détiennent d'innombrables capitaux ne nous choquent en rien. Ceux qui ont beaucoup doivent participer à l'équilibre de la nation. Par contre, qu'Emmanuel Macron ait fait supporter cela sur les propriétaires immobiliers nous a paru très vite comme une erreur. Et donc, la proposition que je fais, vous savez, moi je suis de droite et fier de l'être. Je suis du côté de l'ordre. Je l'ai expliqué et exprimé tout à l'heure parce que la droite c'est depuis toujours le parti de l'ordre.

Mais d'un ordre juste, oui, parce que je crois que la justice sociale, dans le prolongement de ce qu'incarnaire le général de Gaulle, Georges Pompidou, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, ma filiation, notre filiation politique, c'est cette droite qui est intraitable sur les questions d'autorité de l'État, de laïcité, comme François Baroin, de fermeté, mais qui sait aussi s'adresser au cœur des Français en établissant la justice sociale. Le général de Gaulle, lorsqu'il fait la participation à l'intéressement, il est de gauche ou il est de droite ? Il est gaulliste et il est français. Jacques Chirac, lorsqu'il parle de la fracture sociale, il est de gauche ou il est de droite ?

Il est de droite ? Et il est français. Et Nicolas Sarkozy, lorsqu'il augmente les salaires des fonctionnaires, des ouvriers, à travers les heures supplémentaires des fiscalisés, il est de droite

17:16
Présentateur

mais il est aussi français. On va parler dans quelques instants de quelqu'un dont vous avez prononcé le nom, non pas Ségolène Royal, mais François Baroin. Vous nous direz si c'est lui le meilleur espoir masculin pour votre parti à la prochaine présidentielle. On parlera également de l'assurance chômage dénoncée ici même vendredi avec des mots très durs par le patron de la CFDT, sa réforme, l'assurance chômage, Laurent Berger. D'abord à 9h moins 10, Lauriane Delanoë pour le rappel de l'actualité.

17:38
Invité

Emmanuel Macron en Chine pour trois jours à Shanghai et Pékin, le chef de l'État accompagné d'une délégation de chefs d'entreprise pour développer les exportations françaises vers la Chine. Une quarantaine de contrats doivent être signés. Un adolescent de 15 ans mis en examen placé en détention provisoire, il est soupçonné d'avoir mis le feu à une école primaire à Béziers jeudi dernier. Ce matin, les élèves font leur rentrée dans une maison de quartier. Le début des grands travaux en Seine-Saint-Denis pour construire le village olympique des JO de Paris 2024. Edouard Philippe est 11 ministres sur place pour en donner le coup d'envoi ce matin.

Il n'est plus qu'à un titre du record de Michael Schumacher, le britannique Louis Hamilton, sacré champion du monde de Formule 1 pour la sixième fois grâce à sa deuxième place hier au Grand Prix des Etats-Unis.

18:26
Auditeur

France Info Et tout est plus clair.

18:31
Présentateur

Merci Mélanie Delaunay. Vendredi matin, dans ce même studio, Guillaume Pelletier, le patron de la CFDT, Laurent Berger, a critiqué très durement la réforme de l'assurance chômage qui est entrée en vigueur en fin de semaine dernière. Il a dit qu'elle allait jeter des milliers, peut-être des dizaines de milliers de chômeurs dans la pauvreté. Est-ce que vous partagez ces critiques ?

18:49
Guillaume Peltier

Ce que je partage, en tout cas, qu'il faille une réforme profonde de l'assurance chômage est une évidence pour tout le monde. Là où Laurent Berger a raison, c'est que ce type de réforme annoncée au milieu de nulle part, sans compensation, sans cadre précis, au fond, cette politique très macronienne, cosmétique du sparadrap où dès qu'il y a une urgence ou un problème, on règle une conséquence et non pas la cause. Une petite partie du problème et pas le tout. Je vais revenir avec ce que je disais à l'instant pour montrer cette cohérence. Quel est le grand problème français sur le plan du travail et du chômage ? Je vais vous donner l'exemple de ma circonscription.

Dans l'arrondissement, il y a un millier d'emplois à pourvoir et 3 000 chômeurs. Et ça fait près d'un an qu'avec la préfecture et la sous-préfecture, nous tentons de mettre ça en corrélation. Un exemple encore plus précis, le zoo-parc de Beauval avec les fameux pandas qui se situent dans ma circonscription. Nous avons encore 80 postes à pourvoir. Pourquoi nous ne trouvons pas ? Pourquoi ? Parce que des chômeurs refusent de retrouver du travail ? Parce que les chômeurs que je reçois dans ma permanence me disent la chose suivante avec beaucoup, pour la plupart, de sincérité.

Monsieur le député, entre les revenus que je touche aujourd'hui et le salaire qui m'est proposé, l'écart est si ténu que je n'ai pas intérêt à aller travailler. Pire, si j'allais travailler, je gagnerais moins puisque je serais contraint d'utiliser ma voiture et que dans nos territoires ruraux, le coût d'une voiture en moyenne en France est estimé à 500 euros par mois entre l'entretien, l'assurance et le carburant. C'est la raison pour laquelle plutôt qu'une assurance chômage sur un bout de table, sans explication et sans changement systémique... C'est en vertu

20:29
Invité

de ce raisonnement que le gouvernement prétend vouloir durcir les conditions d'indemnisation ou abaisser la durée d'indemnisation.

20:34
Guillaume Peltier

Tout le problème de ce gouvernement qui pratique une casse territoriale et sociale monumentale. On peut, il faut réformer l'assurance chômage à la condition qu'on réforme le système de fiscalité, de taxes, de cotisations et de charges qui paient sur le travail. Vous ne pouvez pas asphyxier ceux qui sont tout en bas sans redonner de l'oxygène à ceux que j'appelle les milieux de cordée. Ma conviction...

20:58
Invité

Le gouvernement mène une traque aux chômeurs d'après vous ? Est-ce que vous l'accusiez de casse sociale ?

21:02
Guillaume Peltier

Non, le gouvernement pratique de manière très arrogante une politique de casse sociale. J'ai pas compris d'inquiéter votre position

21:09
Présentateur

sur la réforme chômage. Vous nous dites que c'est très bien de remettre des chômeurs en les forçant à retrouver un travail et en même temps vous critiquez la proposition et la réforme faite. Vous êtes pour ou contre la réforme qui est entrée en vigueur vendredi dernier ? Si c'était comme ça ce serait trop simple Marc Fauvel. Je dis que cette réforme... Ah non, je vais vous répondre très précisément... Dans deux ans est-ce que vous supprimez cette réforme ou pas ?

21:27
Guillaume Peltier

Quand nous arriverons aux affaires j'espère que ma famille politique aura la force d'abord et avant tout avant toute réforme sur l'assurance chômage de trouver une solution pour augmenter les salaires et les revenus de ceux qui bossent. Tant que vous n'augmenterez pas les revenus et les salaires... C'est Nicolas Sarkozy qui le disait c'était son grand discours de 2007 et il le disait et c'était étonnant disait-on pour un homme de droite à l'époque les salaires sont trop bas. Le grand problème français c'est que les salaires sont trop bas.

Tant que vous n'augmenterez pas les salaires par une baisse des cotisations et des charges qui pèsent sur les entreprises vous ne réglerez aucun des problèmes. Donc cette réforme je le répète et je suis très cohérent part d'une bonne intention mais ce fait à l'envers. La priorité des priorités c'est de mieux récompenser ceux qui bossent pour donner envie à ceux qui bossent de continuer à travailler et à ceux qui ne travaillent pas de retrouver un emploi.

22:16
Invité

Renaud Delis. Vous évoquez l'éventuel retour de la droite au pouvoir à terme pour mener à bien les réformes que vous prenez. Est-ce que quelqu'un qui a intégré comme vous la direction des Républicains il y a quelques jours François Baroin l'ancien ministre François Baroin dont on suis sûr qu'il pourrait être justement le candidat de la droite pour 2022 est-ce que vous c'est un candidat qui vous conviendrait et que vous soutiendriez ? À coup sûr

22:37
Guillaume Peltier

François Baroin parce qu'il incarne quatre valeurs qui me sont chères que j'essaye de détailler dans mon livre la valeur du travail de l'émancipation de l'ascenseur social et non pas le parti de l'argent cher à M. Macron ou le parti de la cistana cher aux extrêmes le parti de la laïcité qui est une valeur fondatrice de notre République et qui est aujourd'hui abîmée le parti des territoires lui qui est le président des maires de France le parti de l'écologie d'une écologie positive reliée au pouvoir d'achat et non pas d'une écologie fiscale comme Emmanuel Macron oui François Baroin fait partie de ceux qui peuvent prétendre il y en a d'autres d'ailleurs qui d'autres ?

Xavier Bertrand en tant que président de la région Hauts-de-France mais j'ajoute tout de suite et François Baroin Xavier Bertrand et les autres le savent bien et ils pensent comme moi la question aujourd'hui n'est pas celle-ci il serait particulièrement prétentieux pour qui que ce soit de se positionner dans la perspective de l'élection présidentielle tant nous avons en priorité et c'est toute la mission que nous allons relever avec Christian Jacob Aurélien Pradier Annie Gennevar et toute l'équipe dirigeante c'est de refédérer notre famille politique de remettre tout le monde autour de la table c'est une première réussite vous l'avez évoqué François Baroin revient des proches de Xavier Bertrand comme Julien Dive ou Sophie Gauguin sont revenus première étape et deuxièmement présenter sereinement humblement mais avec détermination ce que nous avons à dire aux français qu'est-ce que la droite a à dire aux français aujourd'hui demain et en 2022 c'est ce que nous devons établir nous l'établirons à l'occasion d'un grand congrès des idées et lorsque nous aurons quelque chose à dire aux français et ce temps est venu alors notre conviction c'est que par-delà le duel mortifère que tentent de nous apposer Emmanuel Macron et Madame Le Pen nous pourrons offrir aux français cette troisième voie qui deviendra un premier choix la droite bouge encore la droite est en train de se relever elle était convalescente et cela réclame beaucoup d'humilité de notre part mais ce qui est certain c'est que la vie politique est d'abord et avant tout fondée non pas sur des égaux ou des ambitions mais sur des idées la droite lorsqu'elle reconquiert le coeur des français du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy c'est lorsqu'elle fait des propositions et j'essaye moi humblement dans ce livre d'y contribuer comme vous l'avez relevé je vous en remercie

24:55
Présentateur

et ça s'appelle milieu de cordée ça sort jeudi c'est sorti il y a quelques jours mais allez acheter sans problème y compris jusqu'à jeudi merci beaucoup Guillaume Pelletier vous étiez ce matin avec nous l'invité de France Info et l'info politique n'oubliez pas c'est aussi un podcast original sur France Info Paris la bataille le feuilleton des municipales un nouvel épisode tous les vendredis un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France Sous-titrage ST' 501