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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 20 octobre 2023 24 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

Frédéric Péchenard : "Vouloir lutter contre l'immigration et en même temps régulariser, ça n'a aucun sens"

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous ce phénomène d'alerte à la bombe qui se multiplie et comment y mettre fin ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Vous qui êtes en charge de la sécurité à la région Île-de-France, pensez-vous qu'il faut interdire ces manifestations ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Fin juin, vous réclamiez l'état d'urgence lors des émeutes qui ont suivi la mort de Naël. Est-ce que ce serait le cas aujourd'hui ?

  • 5:07RelanceRéponse directe

    Est-ce que l'état de droit peut parfois constituer un obstacle à la garantie de la sécurité des citoyens ?

  • 5:59OuverteRéponse directe

    La presse rapporte ce matin des menaces en hausse contre les élus. Ça vous touche, vous aussi ?

  • 7:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que la France manque d'outils juridiques pour lutter contre certains phénomènes liés au terrorisme islamiste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41PrésentateurChiffre
    « Il y a eu 11 aéroports qui ont été évacués. »
  • 0:52PrésentateurChiffre
    « 299 depuis la rentrée et 75 pour la seule journée d'hier, disait Gabriel Attal. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « On voit quand même que tout ça reflète un climat de plus en plus tendu depuis l'attaque du Hamas contre Israël il y a presque deux semaines maintenant. »
  • 3:53Invité politiqueChiffre
    « 4 000 personnes dans le calme des l'agence France Presse. »
  • 6:03Invité politiqueChiffre
    « Une dizaine de députés, notamment la présidente de l'Assemblée nationale, qui auraient été menacées d'égorgement et de décapitation. »
  • 9:03InvitéChiffre
    « C'est 5% des cas qui partent réellement. »
  • 12:28InvitéChiffre
    « Il y avait 180 000, je ne parle que des étrangers en session régulière, carte de séjour délivrée en 2012, il y en a 500 000 l'année dernière. »
  • 19:02InvitéFait
    « On a tué des vieux, on a tué des enfants, on a tué des bébés, on a tué des femmes, on les a violés, on a capturé des gens, on a capturé des otages. »
  • 19:14InvitéFait
    « C'est le plus grand pogrom de juifs depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur15 %
  • Invité politique9 %
  • Auditeur2 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. L'invité du grand entretien de la matinale avec Marion Lourdes, nous recevons le vice-président de la région Île-de-France, en charge de la sécurité et de l'aide aux victimes. Également vice-président du parti Les Républicains, ancien directeur général de la police nationale. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Frédéric Péchenard, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, on va commencer par ces fausses alertes à la bombe qui se multiplient. Tout à l'heure, on l'entendait dans le journal de 8 heures que c'était quasiment une épidémie. Elle se répète partout ces derniers jours en France.

Il y a eu 11 aéroports qui ont été évacués. Le château de Versailles fermé pour la quatrième fois. De nombreux établissements scolaires qui sont aussi concernés. 299 depuis la rentrée et 75 pour la seule journée d'hier, disait Gabriel Attal. Comment est-ce qu'on analyse d'abord ce phénomène d'alerte à la bombe qui se multiplie et comment est-ce qu'on y met fin ?

1:07
Invité

Les alertes à la bombe, notamment dans les établissements scolaires, c'est un sport national. C'est des choses qui se passent assez régulièrement. Ce qui est vraiment, par contre, caractéristique en ce moment, c'est le nombre tout à fait effrayant des alertes à la bombe et spécifiquement d'ailleurs dans les aéroports, ce qui désorganise fondamentalement l'organisation de notre société. Donc, c'est un vrai sujet.

Je pense que derrière ces alertes à la bombe, il y a, comme l'a dit le ministre de la Justice, quelques guignols et puis aussi probablement quelques militants qui, de manière systématique, font finalement, c'est une première forme d'attaque bénigne, par rapport bien sûr à des attentats, mais forme d'attaque, de désorganisation. Quand vous êtes obligé de reporter des avions, de faire poser des avions dans d'autres aéroports, tout ça a un coût, un coût financier, un coût politique qui n'est pas neutre.

1:53
Présentateur

Donc, ça n'est pas qu'une question qui peut faire sourire ?

1:56
Invité

Non, moi, ça ne me fait pas sourire du tout. On est dans une forme d'attaque, de sabotage, de petit sabotage, mais de sabotage quand même. Alors, comment y faire face ? Il n'y a pas mille solutions, il n'y en a qu'une. Il faut que les services de police... Naturellement, il faut prendre en compte sérieusement tout ce qui se passe parce que la meilleure façon pour un terroriste de placer une bombe, c'est de faire plusieurs alertes successives et puis finalement, quand on baisse les bras, de poser réellement une bombe. Donc, la seule solution, en dehors du principe de précaution, c'est d'interpeller les gens qui font ça.

Il y en a d'ailleurs 18 qui ont été interpellés ces jours-ci et qui ont eu des sanctions suffisamment significatives pour dissuader les autres.

2:34
Invité politique

On voit quand même que tout ça reflète un climat de plus en plus tendu depuis l'attaque du Hamas contre Israël il y a presque deux semaines maintenant. Le Conseil d'État et le tribunal administratif ont par deux fois empêché l'interdiction des manifestations pro-palestiniennes qui avaient été demandées par l'État au préfet, encore hier soir à Paris, une manifestation qui a été interdite et puis qui a été autorisée. On n'y comprend plus grand-chose, c'est vrai. Vous qui êtes en charge de la sécurité à la région Île-de-France, vous pensez qu'il faut les interdire ces manifestations ?

3:01
Invité

En fait, le Conseil d'État et le tribunal administratif n'ont pas dit tout à fait la même chose. Le Conseil d'État a dit qu'on ne peut pas interdire systématiquement une manifestation pro-palestinienne. Voilà ce qui avait été demandé au départ par l'eux. Et puis après, la manifestation, celle-là, celle d'hier, avait été interdite par le préfet de police. Le tribunal administratif a estimé qu'on n'aurait pas dû l'interdire, celle-là. C'est donc deux petites choses. Vous savez, moi, je ne suis pas en charge. Moi, je suis toujours un petit peu étonné que quand la préférence de police interdit une manifestation, c'est assez rare.

Il faut savoir qu'il y a plusieurs dizaines de milliers de manifestations chaque année à Paris, toutes aux confondues, des interdictions comptent probablement sur les doigts des deux mains ou d'une main. Et quand on voit les images qu'on a vues hier de la Place de la République, finalement, on se demande si ce n'était pas une bonne idée de l'interdire. Moi, ça ne me dérange pas...

3:53
Invité politique

4 000 personnes dans le calme des l'agence France Presse.

3:55
Invité

Oui, c'est ça. Il n'y a pas énormément de monde, mais il y a quand même eu des slogans qui sont un petit peu choquants. Moi, ça ne m'embête pas qu'on dise que Dieu est grand, mais qu'on le dise en disant à la Ouagbar, alors que c'est avec ce cri qu'ont été assassinés le professeur Arras et les civils israéliens. C'est un peu choquant.

4:16
Invité politique

C'est aussi une expression commune au départ.

4:19
Invité

C'est une expression commune, mais comme elle est employée systématiquement par les terroristes avant de passer à l'assaut, c'est quand même une expression qu'il faut utiliser à bon escient.

4:27
Invité politique

Alors, fin juin, vous réclamiez l'état d'urgence lors des émeutes qui ont suivi la mort de Naël. Est-ce que ce serait le cas aujourd'hui, vu la situation ? Il faudrait aller jusque-là.

4:36
Invité

Alors, pour l'instant, le plan Vigipirate a été renforcé. Le plan Vigipirate, qu'est-ce que c'est ? C'est un plan de défense qui ne change pas fondamentalement les règles juridiques. L'état d'urgence, c'est autre chose. L'état d'urgence permet au gouvernement, à l'État, de s'affranchir d'un certain nombre de règles de droit, par exemple, sur l'hyperquisition.

4:53
Invité politique

La liberté d'aller et de venir aussi.

4:55
Invité

Et la liberté d'aller et de venir, pour certaines personnes. Aujourd'hui, on n'en est pas là, même si je ne suis pas très optimiste pour l'avenir. Et ce n'est pas un outil qu'il faut négliger éventuellement.

5:07
Présentateur

Mais est-ce que l'état de droit, pour vous, peut parfois constituer un obstacle à la garantie de la sécurité des citoyens ? C'est un principe, l'état de droit, qui est remis en cause régulièrement depuis quelques mois, et particulièrement chez les Républicains ?

5:22
Invité

Non, je ne pense pas qu'on remette en cause l'état de droit. L'état de droit, qu'est-ce que c'est ? C'est une démocratie dans laquelle il y a des gens élus, les sénateurs et les députés, qui votent des lois. Et l'état de droit, ça veut dire qu'on ne s'affranchit pas de ces lois. Mais les lois peuvent évoluer. À aucun moment, les Républicains, naturellement, ne sont restés à l'état de droit. On est fondamentalement, c'est un parti fondamentalement, Républicain et démocrate. Donc, le respect des lois est une nécessité. Maintenant, est-ce que, dans certains moments, on peut changer les lois ?

Bien sûr, les lois, elles évoluent tout le temps, et en fonction, pour ce qui concerne les lois pénales, en fonction des menaces.

5:55
Invité politique

Vous, vous êtes vice-président, on le disait, de la région Île-de-France en charge de la sécurité. La presse rapporte ce matin des menaces en hausse contre les élus. Une dizaine de députés, notamment la présidente de l'Assemblée nationale, qui auraient été menacées d'égorgement et de décapitation. Ça vous touche, vous aussi ?

6:09
Invité

Oui, bien sûr.

6:10
Invité politique

Vous avez eu des menaces ?

6:11
Invité

Moi, personnellement, je n'ai pas eu... Enfin, à chaque fois que vous passez à la radio ou à la télévision, vous dites des choses et vous avez des commentaires, notamment sur Twitter. Oui, j'ai reçu quelques menaces de mort ou de violence et autres. Mais franchement, ce que j'ai reçu, moi, ce n'est pas très grave. Vous le dites avec beaucoup de calme. Je pense... Vous savez, j'ai été policier pendant 30 ans. Tant qu'on ne me tire pas dessus à balles réelles, je considère qu'il n'y a rien de vraiment grave. Mais c'est des choses qui peuvent arriver, auquel cas, vous me verrez beaucoup moins stoïque.

Mais je pense, par exemple, à Vincent Jambrun, qui est un élu du conseil régional à mes côtés, qui est maire de l'Aile et Rose et qui a été attaqué pendant les émeutes à son domicile, avec les émeutiers qui ont essayé de mettre le feu à sa maison alors qu'il y avait sa femme et ses enfants. Donc, lui, évidemment, a été beaucoup plus choqué. Violences contre les élus. Les élus, en soi, ce n'est rien un élu, mais c'est ce qu'il représente. Dans une démocratie, l'élection, c'est quelque chose de fondamental. Les citoyens désignent leurs représentants pour exercer une politique. Donc, il faut protéger les représentants des citoyens.

7:16
Invité politique

Mais c'est en hausse avec cette guerre au Proche-Orient ?

7:19
Invité

Alors, pour l'instant, c'est difficile de le dire. C'est en hausse depuis quelques mois ou quelques années. Probablement, ça sera en hausse. Pour l'instant, c'est trop récent pour qu'on puisse dire de manière significative qu'il y a une hausse des atteintes contre les élus.

7:31
Présentateur

Est-ce que la France manque d'outils juridiques pour lutter contre un certain nombre de phénomènes liés au terrorisme islamiste, par exemple ? On a entendu plusieurs représentants de votre parti réclamer un durcissement de la loi, réclamer aussi une exécution systématique des OQTF, les obligations de quitter le territoire. L'arsenal juridique dont dispose la France, n'est pas suffisant,

7:58
Invité

Frédéric Péchenard ? Alors, ça dépend. L'arsenal juridique pénal me paraît suffisant. On a, depuis 1986, les premières campagnes d'attentats terroristes islamiques, islamistes, pardon, même si, en l'occurrence, c'était un fauné du Hezbollah. On a été frappé, rappelez-vous, par la suite, par le GIA algérien en 1995-96, et puis à Daesh, l'État islamique, le Hamas, depuis 2015. Donc, on a, depuis 1986, on a une centralisation des poursuites, on a des magistrats spécialisés, on a eu un peu plus tard l'assassion de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste qui nous a permis préventivement d'interpeller énormément de personnes.

Donc, globalement, je trouve que, pénalement, on a de quoi se défendre. Par contre, on a vraiment un trou noir qui est la lutte contre l'immigration et notamment les OQTF. Les OQTF, aujourd'hui, qu'est-ce que c'est qu'une OQTF ? C'est une obligation de quitter le territoire national. Vous êtes en situation irrégulière en France, on vous délivre cette obligation de quitter le territoire national et en fait, aujourd'hui, c'est 5% des cas qui partent réellement. Donc, vous arrivez en France, vous n'avez pas d'OQTF, vous restez, vous avez une OQTF, vous restez aussi.

9:08
Présentateur

Parce qu'il faut un laisser-passer consulaire et il faut que le pays où on renvoie la personne soit d'accord pour l'accueillir, ce qui n'arrive pas très souvent.

9:16
Invité

Oui, alors, vous savez, c'est une sorte de parcours du combattant, c'est-à-dire qu'il faut d'abord rentrer dans les cases de la loi française et des décisions européennes. Il y a tout un tas de phénomènes qui s'opposent à votre expulsion et puis, in fine, quand, au bout d'un moment, on arrive à mettre l'étranger indésirable dans un centre de rétention administrative, et bien, à ce moment-là, effectivement, il y a le problème de laisser-passer consulaire. Mais laisser-passer consulaire, Mais c'est un très gros problème, en l'occurrence, est-ce qu'il bloque l'exécution de nombre d'OQTF ? Oui, évidemment, mais c'est un gros problème qui peut se régler un jour diplomatiquement.

Le sujet, c'est quoi ? De quoi on parle ? Vous avez un certain nombre de personnes radicalisées en France, je ne parle pas des fiches S sur lesquelles on reviendra, des gens qui sont au fichier des radicalisés. Ce fichier des radicalisés empêche un certain nombre de personnes d'obtenir un certain nombre d'emplois. Parce qu'on se dit que ce n'est peut-être pas une bonne idée qu'un radicalisé suspect éventuellement de basculer dans le terrorisme soit policier, gendarme, pilote d'avion, etc. Mais dans ce fichier, vous avez des Français, une majorité, et vous avez des étrangers.

Et à chaque fois qu'on veut expulser ces étrangers qui représentent un danger potentiel terroriste pour la France, on s'aperçoit que c'est très difficile et qu'on n'y arrive pas. Donc oui, si on pouvait changer la loi pour simplifier l'expulsion d'étrangers qui représentent un risque pour notre pays, ça serait utile. On l'a vu, alors je n'aime pas trop parler de ce qui vient de se passer, parce que j'ai plutôt envie d'inscrire les idées que je porte sur le long terme, sur la résilience.

10:49
Invité politique

Vous parlez de l'assassinat de Dominique Bernard ?

10:51
Invité

L'assassin est quelqu'un qui aurait dû être expulsé depuis 2014 et finalement on n'a pas réussi à l'expulser. S'il avait été expulsé, il serait peut-être éviter ce drame. Mais vous savez, en France, j'ai remarqué, au moment de l'attentat, on surréagit. C'est-à-dire, au moment de l'attentat, il faut tout changer, il faut tout bousculer, le président de la République se déplace, parle, etc. Et puis, donc un jour, on n'en parlera plus. Mais cet homme

11:14
Présentateur

n'a pas été expulsé, d'ailleurs, en raison d'une loi qui avait été votée sous Nicolas Sarkozy et à laquelle vous étiez opposé puisqu'il avait moins de 13 ans quand il est entré sur le territoire.

11:25
Invité

Oui, oui, bien sûr. Mais vous savez, les lois, elles sont bonnes à un moment, elles sont moins bonnes à un autre moment. On ne peut pas... Il faut voir ça. Mais ce qui est très important, je trouve, c'est ce qu'on appelle dans les pays qui sont en difficulté ou les gens qui sont en difficulté, c'est la résilience. La résilience, c'est la faculté qu'il y a de lutter tout le temps. Pas forcément à une haute intensité, mais tout le temps. on surréagit et après on sous-réagit. Or, il faut avoir une ligne conductrice sur le long terme pour pouvoir être efficace, notamment dans la lutte antiterroriste.

11:56
Invité politique

Et justement, Frédéric Péchenard, c'est l'objectif de la loi immigration que défend Gérard Darmanin qui vient justement de votre parti et qui dit je veux faciliter l'exécution des OQTF, que ça soit fait plus rapidement, de façon plus efficace. Est-ce que vous, votre parti, êtes prêt à voter cette loi ?

12:12
Invité

Alors moi, je ne la voterai pas parce que je ne suis pas parlementaire. C'est la première raison.

12:17
Invité politique

Est-ce que vous le soutenez ?

12:18
Invité

Alors sur le fond, je suis tout à fait d'accord avec l'idée qu'il nous faut une nouvelle loi sur l'immigration, à la fois pour lutter contre l'immigration massive que nous subissons. Il y avait 180 000, je ne parle que des étrangers en session régulière, carte de séjour délivrée en 2012, il y en a 500 000 l'année dernière. Il faut qu'on puisse choisir qui vient sur le territoire. Il faut qu'on puisse les accueillir, ces gens qui viennent. On a besoin de l'immigration. L'idée de l'immigration à zéro est une idée absurde. On a besoin de l'immigration, naturellement, mais il faut qu'on puisse les accueillir, les assimiler.

12:51
Invité politique

Donc prêt à voter cette loi, enfin prêt à faire voter ou à encourager vos camarades à voter cette loi, même s'il y a un titre de séjour pour les métiers en tension ?

12:58
Invité

Vous savez que pour l'instant, non, ça c'est la ligne rouge, mais je vais y revenir. Pour l'instant, c'est discuté devant le Sénat. Nous avons déposé, nous, les Républicains, deux projets de loi qui vont être examinés par l'Assemblée en décembre, je crois. Un projet de loi constitutionnel qui nous paraît absolument nécessaire pour pouvoir mettre dans la Constitution un certain nombre de choses pour ne pas être englué par un certain nombre de traités ou décisions européennes. Alors, en ce qui concerne le projet de loi...

13:24
Présentateur

Vous voulez dire le respect des libertés fondamentales ?

13:26
Invité

En ce qui concerne... Je finis. Le projet de loi de Gérald Darmanin, il y a des tas de choses qui sont bonnes dedans et puis il y a des choses qui ne sont pas bonnes. C'est dû en même temps. On a l'impression d'entendre le président Macron. On sait, en même temps, on va lutter contre l'immigration massive et irrégulière. Bon, pourquoi pas ? Mais en même temps, on régularise massivement des étrangers dans les situations irrégulières, notamment ceux qui travaillent dans les métiers en tension. Là aussi, chacun y retrouve ses petits, mais ça n'a aucun sens.

Où on pense qu'il faut donner à l'État plus de moyens pour lutter contre l'immigration et on le fait, ou on pense le contraire et on ne le fait pas. Ça, c'est un choix politique. Mais vous ne pouvez pas faire du en même temps sur ce sujet et c'est un petit peu la faiblesse de la loi présentée par Gérald Darmanin.

14:08
Présentateur

On file au standard Frédérique Pechnard. Bonjour, Juliette.

14:11
Auditeur

Oui, bonjour.

14:12
Présentateur

Merci de participer au grand entretien de France Inter. Vous avez une question pour notre invitée ?

14:18
Auditeur

Ma question est toute simple. À la veille des vacances, dans ce climat, disons, un petit peu anxiogène qui règne en ce moment, alors je vais peut-être rêver, mais est-ce qu'il ne serait pas opportun que l'opinion de tout goût, l'opinion politique, l'opinion citoyenne, émettent des messages d'apaisement au lieu de faire monter la polémique sur des sujets extrêmement sérieux. Voilà. Ce serait mon souhait, mais je pense que c'est un souhait un peu pieux, quoi. Je voudrais savoir ce que vous en pensez.

14:51
Présentateur

Qui c'est Frédérique Pechnard ? Merci, Juliette.

14:53
Invité

C'est une excellente réflexion et une très bonne question. Moi, je partage complètement votre avis. J'essaye d'ailleurs, je ne dirais pas toujours, mais j'essaye toujours d'être mesuré et plutôt d'apaiser les choses. Et moi, j'appelle tous les gens qui ont des responsabilités, c'est vrai des hommes politiques, naturellement, c'est vrai des journalistes, c'est vrai des footballeurs, c'est vrai d'un certain nombre de personnes qui sont emblématiques à faire preuve de retenue et de mesure. Vous pouvez très bien défendre être opposé à ce qui se passe ou avoir une idée différente et pourtant, chercher toujours l'apaisement plutôt que la confrontation et le rassemblement.

L'unité nationale, c'est quelque chose qui est absolument fondamental.

15:35
Présentateur

Karim Benzema vous a choqué lorsqu'il a tweeté pour soutenir les populations civiles de la bande de Gaza ?

15:42
Invité

Je vais vous dire, Karim Benzema, c'est un immense footballeur qui est suivi, je crois, son compte Twitter est suivi par 20 millions de personnes. Il a été sélectionné près d'une centaine de fois en équipe de France. Il a représenté la France. Personne n'est obligé d'aller en équipe de France. Il a représenté la France. Moi, son tweet, quand vous reprenez ce qu'il a écrit, ça ne me choque pas. Ce qui est dommage, c'est qu'on a un petit peu l'impression en creux que pour lui, il n'y a qu'une seule sorte de victime. Pas un mot sur le professeur assassiné, pas un mot sur les civils assassinés du Hamas.

16:13
Présentateur

Donc, ce que vous lui reprochez, c'est ce qu'il n'a pas écrit. C'est assez paradoxal. Olivier Giroud, par exemple, Antoine Griezmann, n'ont pas tweeté sur ces questions. Eux aussi sont coupables ?

16:22
Invité

Je vais vous dire, je ne lui reproche rien. Je ne suis pas dans la reproche. Je suis juste en train de dire que quand vous appelez Karim Benzema et que vous êtes suivi par 20 millions, mais ce qui est vrai pour lui est vrai pour moi et vrai pour vous, et que vous êtes suivi par 20 millions de personnes, on n'est pas suivi, nous, par 20 millions de personnes, mais quand vous êtes suivi par 20 millions de personnes, il faut faire extrêmement attention aux mots que vous employez. Voilà. Et il est évident que vous pouvez très bien défendre des victimes civiles, vous dire que ça vous fait de la peine, priez pour les victimes civiles, mais à ce moment-là, on met un petit peu d'équilibre.

Une victime civile, un bébé assassiné, c'est un bébé assassiné et c'est insupportable, quel qu'il soit.

16:58
Invité politique

Vous-même, Frédéric Pechenard, vous avez connu les attentats de 2012 en tant que directeur général de la police nationale, un militaire assassiné à Toulouse, deux à Montauban et puis la tuerie du collège lycée juif d'Ozaratora, quatre victimes notamment, vous feriez la comparaison avec le climat actuel ? L'école toujours visée aussi ?

17:19
Invité

Oui, oui, c'est compliqué. Mohamed Merah, c'était le début. C'est-à-dire que j'ai eu, entre guillemets, la chance. Moi, j'ai été cinq ans directeur général de la police de 2007 à 2012 et à l'exception notable, bien sûr, de l'affaire Merah, nous n'avons pas eu à connaître pendant cette période d'attentats islamistes sur le sol français. On a eu des Français tués à l'étranger, en Arabie Saoudite et en Mauritanie. Mais sur le territoire français, on n'avait pas du tout la même situation.

D'ailleurs, on n'avait pas la même situation de la délinquance, on n'avait pas les mêmes problèmes dans les banlieues et finalement, avec le recul, c'était plutôt une période heureuse et plus facile à vivre que maintenant. Évidemment, Merah, c'est quelque chose qui nous a choqués. Moi, j'ai vu les images. J'ai passé presque dix ans de ma vie à brigade criminelle. J'ai été sur plus de 400 scènes de crimes. Je crois que je suis un petit peu endurci à ces choses-là. Les images de Mamed Merah assassinant les enfants étaient absolument... Moi, je n'ai vu que les images. Je n'ai pas vu les cœurs. Étaient absolument insupportables. C'était insupportable.

Et ça a été le début, finalement, c'est le précurseur de Daesh et le début de tout ce qu'on a connu ensuite. Finalement, là aussi, il ne faut pas l'oublier, Charlie Hebdo, le Bataclan, etc., Amagnonville et tout ça. Aujourd'hui, la situation est un peu différente et d'une certaine manière plus inquiétante. Quand vous avez des tensions internationales, ça se répercute toujours, bien sûr, sur le pays. C'est illusoire de penser que quand il y a des tensions internationales, il ne se passe rien. Mais en ce moment, la situation n'est pas tendue. Elle est explosive. Voilà. Elle est explosive. L'attaque du Hamas, qui était une attaque ciblée contre les civils.

Il y a des policiers et des militaires israéliens qui ont été tués, mais c'était tout à fait à la marge. L'attaque du Hamas était ciblée contre les civils. On a tué des vieux, on a tué des enfants, on a tué des bébés, on a tué des femmes, on les a violés, on a capturé des gens, on a capturé des otages. Donc, c'est le plus grand pogrom de juifs depuis la Deuxième Guerre mondiale. Et donc, le Hamas savait qu'évidemment, Israël était obligé de riposter, d'intervenir. Ça sera très compliqué. On est là en l'attente du début de l'invasion. C'est la pire des situations pour l'armée israélienne. C'est-à-dire qu'il y a des immeubles, des souterrains, des trous, des gens qui sont aguerris.

Il va y avoir énormément de victimes de part et d'autre. Il va y avoir une tension qui ne va ne faire que monter. Et cette tension qui ne va faire que monter, cette explosivité qui ne va faire que monter, forcément, on va en ressentir les effets sur le territoire national. Et c'est ça qui est très inquiétant.

19:50
Présentateur

Alors, il y a le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, qui annonçait hier travailler à des mesures pour sortir, je le cite, les élèves radicalisés des établissements scolaires. Et il travaillera avec ses collègues de la justice et de l'intérieur pour permettre de sortir ses élèves des établissements scolaires. Est-ce que vous pensez que c'est une solution possible et souhaitable ?

20:14
Invité

En tout cas, c'est une position possible. Gabriel Attal a pris des positions extrêmement fermes ces derniers jours, position que je partage à titre personnel. Alors après, on va voir ce qui est de la communication et ce qui est de l'effectivité. Mais vous savez, il faut savoir... Mais qu'est-ce qu'on fait les élèves ? Il faut savoir qu'est-ce qu'on veut comme société. Radicaliser et qu'on sort

20:35
Présentateur

des établissements.

20:36
Invité

Ou vous considérez que notre modèle social, qui est une république démocratique, laïque, mérite d'être défendue, ou vous considérez qu'elle ne mérite pas d'être défendue ? Moi, je pense que notre modèle mérite d'être défendue. Moi, j'aime la France, j'aime mon pays, j'aime la République, j'aime la laïcité. Moi, j'ai une religion, je n'en fais pas part à tout le monde. Et il est important de respecter les règles de la laïcité. Si vous ne les respectez pas, eh bien, vous devez être sanctionné. Je vais vous donner un exemple.

Nous avons, en région Île-de-France, 67 clubs de basket qui ont fait une pétition pour expliquer qu'ils voulaient que leur joueuse féminine joue avec le foulard islamique sur la tête. Nous, à la région Île-de-France, nous y sommes opposés. Patrick Caram, qui est le vice-président en charge des sports, et Valérie Pécresse ont décidé de ne plus donner de subvention à des clubs qui feraient ça parce que c'est contre la laïcité et contre l'égalité homme-femme. Donc, on va lutter. Donc, je pense qu'il n'y a pas d'autre moyen que de lutter contre. Et lutter contre, ça veut dire prendre des sanctions.

21:38
Invité politique

Un mot de politique, Frédéric Pechner. La cellule d'investigation de Radio France a révélé hier que trois emplois au sein du cabinet du président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, sont soupçonnés d'être fictifs en plus d'un premier déjà mis en cause. Les collaborateurs auraient des activités qui seraient plutôt la préparation de la campagne présidentielle. Quelle est votre réaction ce matin en tant que membre d'ALER ?

21:57
Invité

Je n'ai pas beaucoup de réactions parce que d'abord, je ne travaille pas avec Laurent Wauquiez. C'est votre champion,

22:02
Invité politique

a priori,

22:03
Invité

en tout cas celui d'Éric Ciotti. Je ne travaille pas au sein de la région. Donc, je ne sais pas exactement et même pas du tout de ce qui s'y passe. J'ai juste vu un communiqué de presse qui dément formellement vos accusations et qui remet en cause votre enquête. Bon, attendons d'en savoir plus.

22:18
Présentateur

Il faut dire que la cellule investigation de Radio France a 10 ans, elle va fêter ses 10 ans, elle n'a jamais perdu un procès et elle n'a jamais été accusée d'avoir mené une enquête qui n'était pas sérieuse.

22:30
Invité

Je ne remets rien en cause. Je vous dis juste que je n'en sais rien et vous savez, vous pouvez être invaincu pendant 10 ans et perdre un match, ça arrive.

22:37
Invité politique

Et pour vous, Laurent Wauquiez, c'est l'homme de la situation, c'est votre candidat à la présidentielle ?

22:41
Invité

C'est très prématuré pour en parler, il n'a pas été désigné, il ne s'est d'ailleurs pas lui-même porté candidat aujourd'hui et très honnêtement, au parti, ce qui nous préoccupe maintenant en termes d'élections, parce qu'il y a d'autres choses qui nous préoccupent bien sûr, et largement plus, mais en termes d'élections, ce sont les prochaines européennes qui auront lieu en juin 2024 où on aimerait bien avoir un score qui nous permette d'exister au Parlement européen, parce que vous savez, dans le domaine de la sécurité, l'Europe a fait énormément de choses et finalement, c'est là-bas que ça se passe.

Les équipes communes d'enquête, le mandat d'arrêt européen, les équipes communes de renseignement, le PNR, la montée en puissance d'Europol, toutes ces choses qui ont facilité l'efficacité de la police judiciaire française, eh bien, on le doit à l'Europe.

23:21
Présentateur

Merci infiniment Frédéric Peschner d'avoir été l'invité de France Inter ce matin. Je vous souhaite une excellente journée.